Les photos libres de Jean-Marie Périer - L’Œil de Pierre Lescure
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
à partir de mercredi prochain. Vous l'avez coécrit et réalisé. C'est votre 2e long métrage. - P.Lescure: Dans L'OEil, je vais vous montrer plein de photos.
J.-M.Périer, photographe des années 60 et des idoles, raconte très bien.
Nous l'avons retrouvé chez Christie's qui propose une expo des photos de J.-M.Périer tout au long de l'été.
Ce sont des photos des années 60-90. Jean-Marie est devenu un photographe mythique. Pourtant, à 16 ans, il voulait être musicien. - J.-M.Périer: Je voulais être musicien.
Mon père ne savait plus quoi faire. On lui a dit: "Quand on ne sait pas quoi faire de son fils, on le met à 'Paris Match'." J'avais jamais fait de photos de ma vie.
J'avais jamais rien appris d'autre. J'ai pas fait d'école nulle part. J'arrêtais en 3e. - P.Lescure: C'est donc à "Paris Match" que Jean-Marie... 86 balais, Jean-Marie!
C'est là-bas qu'il rencontre le pape de la presse magazine de l'époque, le patron de "Paris Match" et créateur de "Salut les copains". - J.-M.Périer: Il m'a dit: "Il n'y a pas de problème d'argent, tu peux dépenser ce que tu veux, tu peux faire tout ce qui se passe dans ta tête, mais tout ce que je te demande, c'est que les photos déplaisent aux parents.
J'ai mis J.Hallyday sur fond de bleu-blanc-rouge quand il est allé à l'armée. On est sous De Gaulle.
Il est belge, le mec. Ca fait du bruit." - P.Lescure: On a demandé à J.-M.Périer de nous raconter l'histoire de 4 de ses photos légendaires.
Il a fait un cliché de J.Dutronc qui a surpris. - J.-M.Périer: J'ai dit à l'assistant: "Tu mets un poisson là avec un truc pour les oreilles. "Nous, on est allés déjeuner.
Qui dit déjeuner dit bourré. L'assistant a dit qu'il fallait revenir parce que ça commençait à puer le poisson. Ca a duré 10 minutes...
Il y a des gens qui ont cherché à expliquer la photo. Elle ne veut rien dire du tout! - P.Lescure: Les Beatles et les Stones ont entendu parler des photos du Français. - J.-M.Périer: Ils étaient chez moi.
Ils étaient un peu fatigués. Je leur ai dit: "Si on allait aux Champs-Elysées?" On n'a rien demandé à personne.
Les mecs, je les ai mis...
Si j'avais fait la photo 2 ans plus tard, ça aurait été l'émeute. Mais là, tout le monde s'en fout. C'est très rare. - P.Lescure: Sa fantaisie a toujours été assez dingue.
La liberté aussi. Quand il a croisé Delon, il a pas fait comme tout le monde. - J.-M.Périer: Celle-là, ce qui est bien, c'est que les gens passent à côté et se disent: "C'est de l'art contemporain, c'est rouge.
Ils voient pas que c'est Alain Delon. Je le connaissais très bien depuis les années 50." C'est vraiment un ami.
Je lui ai dit: "Mets-toi là, c'est le coucher de soleil. Mets-toi de profil." Tac, merci, au revoir. - P.Lescure: Et la photo et... - SUBLIME! - P.Lescure: On termine avec les Beatles. - J.-M.Périer: C'est la 1re fois que je voyais les Beatles.
Je parlais pas un mot d'anglais. C'était très compliqué. Je les emmène dans un studio.
Je donne une cigarette et un briquet à chacun. Je les ai mis dans le noir. J'ai fait 3 ou 4 trucs.
Aujourd'hui, si tu regardes derrière, tu vois tout. Là, il fallait 3 jours. Mais ça avait marché.
Après, ils m'ont engagé. - P.Lescure: L'expo est gratuite jusqu'au 28 août.
Roland Lescure