"Nous nous tenons aux côtés des Ukrainiens" : le discours intégral du roi Charles III au Sénat
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« il s'agit de ma 35e visite officielle en France. »
- 8:08PrésentateurFait
« nous faisons face encore une fois à une agression injustifiée sur notre continent. »
- 8:36PrésentateurPromesse
« que l'Ukraine triomphera et que nos libertés si chères l'emporteront. »
- 10:14PrésentateurChiffre
« investir des milliards pour développer les solutions qui permettront une transition réussie vers un monde durable. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Invité politique26 %
- Présentateur 25 %
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Monsieur le Président, Madame la Présidente, Mesdames les Sénatrices et Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les députés, Merci mille fois pour votre mot très émouvant. Je suis flatté d'avoir été invité par les présidents de vos deux chambres à parler ici, dans cette illustre enceinte qui a été, d'une manière ou d'une autre, la Chambre haute du Parlement français depuis 1799. Je suis bien conscient que ma visite précède la rentrée officielle des deux chambres de votre Parlement et je ne peux que vous présenter mes excuses d'avoir interrompu votre pause. C'est la raison pour laquelle je suis très touché par votre présence à tous aujourd'hui.
La longévité de votre démocratie est reflétée aussi dans la longue amitié que lient nos nations et nos peuples. Notre partenariat, construit sur une expérience partagée, demeure absolument vitale alors qu'ensemble nous confrontons les défis de ce monde. Tout simplement, le Royaume-Uni sera toujours un des alliés les plus proches et un des meilleurs amis de la France. Hier, mon épouse et moi-même avons commencé cette visite à la tombe du soldat inconnu. Là, nous avons commémoré tous ceux qui sont tombés pour défendre les libertés si chères à nos deux pays. Au cœur de cette grande nation, nous avons rendu un hommage silencieux et solidaire debout.
Côte-à-côte avec vous, comme nos pays se sont tenus côte-à-côte si souvent dans l'histoire. Je me souviens que c'était là, à l'Arc de Triomphe, 16 mois ailleurs, que, avec une générosité d'esprit caractéristique,
vous avez marqué le jubilé de platine de ma mère bien-aimée, feu la reine Elisabeth II.
À cette occasion, le président Macron l'a qualifié, il a qualifié feu sa majesté,
comme le fil d'or qui relie nos deux nations.
Quand ma mère est décédée l'année dernière, ma famille et moi avons été émus, sans commune mesure, par les hommages qui lui ont été rendus dans toute la France. Ce matin, j'ai relu les très touchants mots de condoléances que vos excellences, présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, ont écrits à cette occasion. Vous avez décrit feu sa majesté la reine comme ayant incarné avec dignité la permanence de la démocratie britannique et qu'elle aimait la France, la France l'aimait. Je ne peux vous décrire ce que ces mots ont signifié pour moi et pour ma famille.
Je peux seulement vous remercier et remercier le peuple de France pour la grande bonté que vous avez exprimée à notre égard et à celui de notre peuple à un moment de telle tuistesse. Dans la riche et complexe tapisserie de la relation entre la France et le Royaume-Uni, le fil d'or que représentait ma mère brillera pour toujours. Je souhaite qu'elle nous inspire à continuer de tisser des liens entre nos deux pays avec détermination, avec espoir et avec amour.
Mesdames et Messieurs, inspirés et encouragés par l'exemple de ma grand-mère et de feu mammaire, la France a été une partie essentielle de l'étoffe de ma propre existence, aussi lointain que je m'en souvienne. Effectivement, comme j'ai été épaté de le découvrir, il s'agit de ma 35e visite officielle en France. Et à chaque fois, j'ai été frappé par l'accueil chaleureux que l'on m'a toujours réservé et par le bien immense qui peut être accompli lorsque la France et le Royaume-Uni oeuvrent conjointement. Aujourd'hui, à l'occasion de ma première visite d'État en France, ma croyance en la relation indispensable entre nos deux pays est plus ferme que jamais.
Aujourd'hui, confronté au plus grand défi de notre époque, nous poursuivons l'oeuvre de ceux qui nous ont précédés.
Lorsque le général de Gaulle s'est adressé au peuple français depuis Londres en juin de 1940,
il leur dit, rappelez-vous ceci, la France n'est pas seule, la France n'est pas isolée, elle peut faire cause commune avec les Britanniques. La confiance de de Gaulle en notre alliance était fondée. Deux jours avant l'appel du 18 juin, le gouvernement de Sir Winston Churchill avait proposé à la France une union politique indissoluble qui aurait permis à nos deux peuples de poursuivre la lutte pour la justice et la liberté comme un seul pays.
Et deux mois, tout juste après cette allocution historique, mon grand-père, le roi Georges VI, qui arborait fièrement le ruban pourpre de la Légion d'honneur, rejoignait de Gaulle au camp Morval près d'Aldershot afin de passer en revue 2500 soldats des forces françaises libres. La détermination commune exprimée ce jour nous a soutenus tout au long des années âpres de cette guerre et nous a portés ensemble jusqu'à la victoire.
Cette éclatante illustration de notre engagement envers la liberté et la démocratie reste d'actualité. Aujourd'hui, nos forces armées s'entraînent ensemble au sein de la force expeditionnaire conjointe franco-britannique, se déploient ensemble avec les troupes de maintien de la paix de l'ONU et par le Conseil de sécurité de l'ONU, le G7 et l'OTAN, assument ensemble une responsabilité jointe pour la sécurité européenne et mondiale. Aujourd'hui, plus de 80 ans depuis que nous nous sommes battus côte à côte pour la libération de l'Europe, nous faisons face encore une fois à une agression injustifiée sur notre continent. Notre détermination et notre alliance sont plus importantes que jamais.
Ensemble, nous nous tenons aux côtes du peuple ukrainien avec une solidarité résolue. Ensemble, nous sommes inébranlables dans notre détermination que l'Ukraine triomphera et que nos libertés si chères l'emporteront.
Ces événements atroces ont démontré une fois de plus la fragilité de tant de choses que nous chérissons. Aujourd'hui, que nous faisons front contre l'agression militaire, nous devons également nous efforcer ensemble de protéger le monde contre le défi existentiel le plus important d'entre tous, celui du réchauffement planétaire, du changement climatique et de la destruction catastrophique de la nature.
Jacques-Yves Cousteau a dit si sagement, « Pour la meilleure partie de l'histoire, l'homme a dû combattre la nature pour se vivre. Dans ce siècle, il commence à comprendre que pour se vivre, il doit la protéger. » Cette vision est encore plus pertinente en ce 21e siècle. Malgré l'ampleur et la sévérité du défi auquel notre planète est confrontée, il est encourageant de voir les mesures prises par nos gouvernements, nos citoyens et, de plus en plus, par le secteur privé.
Je pense depuis longtemps que nos entreprises peuvent jouer un rôle essentiel en travaillant en partenariat et en harmonie avec nos gouvernements et nos populations et investir des milliards pour développer les solutions qui permettront une transition réussie vers un monde durable. Avec le président Macron, je rencontrerai cet après-midi des chefs d'entreprises français et britanniques dont la collaboration, l'innovation et les investissements dans une croissance propre et la préservation de notre précieuse biodiversité font partie d'un leadership mondial essentiel.
J'ai réfléchi aux opportunités que partagent les membres du Commonwealth, et de l'Organisation internationale de la francophonie. J'espère vivement qu'il y aura des possibilités de collaboration future, par exemple, pour trouver une façon de renforcer la coopération en matière de développement durable. Mesdames et Messieurs,
Mesdames et Messieurs, nos deux gouvernements oeuvrent en partenariat afin de répondre à de nombreux défis mondiaux. Et pourtant, comme toujours, ce sont nos peuples qui sont le véritable moteur de notre relation. Notre amitié et notre familiarité chaleureuse sont fortifiées par chaque nouveau lien entre nous. et sont renouvelés par chaque nouvelle joie dans la culture de l'autre. Et chaque rappel de tout ce que nous partageons. Des millions d'entre nous visitent l'autre pays chaque année. Une joie que nous redécouvrons aujourd'hui après les perturbations de la pandémie. Des dizaines de milliers de fans de rugby britanniques suivent actuellement leur équipe nationale en sillonnant la France.
Et ils profitent du spectacle fantastique qu'est celui de la Coupe du Monde du rugby. Mon fils et sa femme
en font partie.
Et même si nos équipes nationales pourraient se retrouver opposées sur le terrain, eh bien, elles le feront avec une admiration mutuelle et un engagement partagé en faveur des règles du jeu.
Et bien entendu, des centaines de milliers de nos concitoyens ont choisi de vivre en permanence dans nos pays respectifs. Cet échange plein de vie entre nos peuples nous rend beaucoup plus forts,
heureux et prospères.
Nos artistes continuent de s'inspirer les uns des autres comme ils l'ont toujours faits, mêlant l'ancien et le nouveau et créant des œuvres complexes et enrichissantes. des inoubliables images de Londres et de Claude Monet et de bouillards londoniennes qui fascinaient tant les visiteurs français, aux plus récentes représentations sur iPad de David Hockney, des paysages changeants de Normandie, en passant par la collaboration nouveautrice entre le designer britannique Paul Smith et le musée Picasso à Paris, il existe une universitalité dans notre tradition artistique partagée.
En effet, en ce moment même, ma chère épouse célèbre cette collaboration artistique en lançant le premier prix littéraire franco-britannique qui récompense des œuvres de fiction contemporaine exceptionnelle publiée en français et en anglais à l'extraordinaire Bibliothèque nationale de France. Demain,
mon épouse et moi-même nous rendrons à Bordeaux, la première ville à être jumelée avec une ville britannique, Bristol, c'était en 1947. Ce lien partagé est seulement le lien des innombrables liens entre nos villages, villes, communautés, entreprises et établissements scolaires.
Ce sont nos peuples qui, au travers de ce qu'ils font ensemble, écrivent
chaque nouveau chapitre de notre histoire afin que nous puissions laisser en lait à la génération future un monde plus sûr et plus prospère. Aussi, il faut que nos jeunes soient au cœur de nos efforts communs. Ce matin,
je me réjouis donc de rejoindre des jeunes du 19e arrondissement de Paris et de Saint-Denis qui sont aidés dans leur inception professionnelle par le biais d'initiatives associatives. En soutenant des jeunes, nous investissons dans notre avenir, un investissement qui sera remboursé d'innombrables fois. Monsieur le Président, Madame la Présidente, Mesdames les Sénatrices et Messieurs les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les députés, il y a près de 120 ans, mon arrière-grand-père, le roi Édouard VII, s'est engagé au nom de l'Horémonie pour l'entente codiale et le lien entre nos deux pays.
Ce lien fut sanctifié par les sacrifices incommensurables du siècle dernier et poli par chaque exemple de notre projet commun. Aujourd'hui, il est entre nos mains après avoir été transmis avec fierté de père en fille, de mère en fils, tout comme il l'a été à travers les générations de ma propre famille. Pendant le temps qui m'est accordé en tant que roi, je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour renforcer la relation indispensable entre le Royaume-Uni et la France. Et aujourd'hui, je vous invite à vous joindre à moi dans cet effort. Ensemble, notre potentiel est illimité. C'est pourquoi nous devons chérir et entretenir notre entente cordiale.
Renouvelons-la pour les générations futures afin qu'elles deviennent, je leur propose, également une entente pour la durabilité pour répondre plus efficacement à l'urgence mondiale en matière de climat et de biodiversité. un engagement les uns envers les autres et envers les valeurs que nous partageons si fièrement, un engagement inspiré par l'exemple du passé et encouragé à relever les immenses défis du monde qui nous entourent. En tant que voisins, amis, partenaires et alliés, il n'y a pas de défis que nous ne puissions rélevé comme nous l'avons fait si souvent par le passé. Allons de l'avant avec espoir et courage et faisons-le ensemble. Merci.
Des sénateurs et des députés réunis pour écouter une petite vingtaine de minutes de discours du roi Charles. C'était une première, il faut le rappeler, c'est la première fois qu'un souverain britannique s'adresse ainsi depuis l'hémicycle à la représentation française. de l'hémicycle
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