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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 22 octobre 2025 36 min

Vote du budget : la suspension de la réforme des retraites aboutira-t-elle ?

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Invité

Et c'est l'heure de notre reportage en région et on va parler de l'état d'esprit des maires. Jérôme Rabier s'est rendu au Creusot pour la Convention annuelle de France urbaine il y a quelques jours afin de prendre le pouls des maires des grandes villes. Comment perçoivent-ils les efforts que Sébastien Lecornu veut demander aux collectivités et quel impact ces efforts pourraient-ils avoir sur le quotidien des habitants ? On regarde son reportage. Les grandes villes et agglomérations de France sont remontées.

Les 4,7 milliards d'euros d'économies réclamées aux collectivités par Sébastien Lecornu les fait enragés, surtout que l'addition pourrait être encore plus élevée en prenant en compte les cotisations plus importantes pour la retraite de leurs agents. L'addition n'est pas seulement 4,7 milliards, en réalité elle est 6 milliards parce que c'est 4,7 milliards plus 1,3 milliard pour la CNR ACL. C'est donc 3 fois plus que l'année dernière. C'est tout simplement pas soutenable et pas juste. L'unanimité est de mise au sein de France urbaine qui rassemble toutes les sensibilités politiques hors extrêmes. Pour le maire de Versailles, c'est toute la machine économique locale qui est en danger.

1:18
Sébastien Lecornu

On estime, nous, si vous voulez, que ça va avoir un effet déflationniste très important. Il ne faut jamais oublier que les collectivités territoriales, c'est 70% de l'investissement civil. Et si on a un prélèvement aussi lourd, en fait, on va encore accroître cette crise économique. On voit aujourd'hui le nombre très inquiétant de défaillances d'entreprises.

1:43
Invité

Tous ces élus dénoncent des économies trop importantes qui vont stopper l'investissement. Autre sujet d'inquiétude, la fin de la compensation d'exonération de taxes pour les sites industriels. Et là, on a des mesures qui, très concrètement, si elles s'appliquent, vont freiner les investissements des entreprises industrielles. Donc, il y a quand même quelque chose qui ne va pas dans ce pays. La ministre de l'Aménagement du Territoire et de la Décentralisation a tenu à venir rencontrer ses élus des grandes villes. Mais si les échanges ont été courtois, le ton est resté ferme sur le fond. Tout le monde doit contribuer aux efforts.

Collectivité et élus, nous sommes élus locaux, nous sommes sur le bateau France. État, collectivité. Et il nous appartient parce que nous croyons, dans l'avenir, et que nous croyons devoir rendre les services aux habitants, il nous appartient de nous redresser. Donc, ce qui est proposé, c'est un effort de redressement. Ce n'est pas un budget d'austérité. En contrepartie des efforts demandés, la ministre a promis un chantier pour alléger les normes et que le futur débat sur la décentralisation permettrait de redonner du pouvoir aux élus locaux. Et on poursuit le tour de l'actualité dans nos régions avec nos partenaires de la presse régionale. On va aller à Tours, on retrouve Valérie Pernet.

Bonjour Valérie, merci beaucoup d'être avec nous. Journaliste à la Nouvelle République en Indre et Loire. Valérie, on va parler avec vous d'un tout autre sujet, la santé mentale des étudiants en médecine. Oui, c'est un vrai sujet qui s'est révélé dans nos colonnes en fin de semaine dernière et on y revient dans la Nouvelle République de ce mercredi, car le sujet a beaucoup fait réagir. Dans notre édition de samedi, Cécile Lassev est allée à la rencontre de trois étudiantes en cinquième année de médecine à la faculté de Tours. Ces étudiantes ont voulu briser la loi du silence, alors non sans une grande angoisse.

Elles ont vraiment pris beaucoup de précautions avant de rencontrer notre journaliste. Tant l'Omerta est présente, elles ont évoqué la surcharge de travail, le stress du concours national. Elles ont évoqué aussi la précarité financière, car l'une d'entre elles, par exemple, est obligée de travailler, d'avoir un petit boulot en plus de tout ce travail qu'elle effectue à la faculté et à l'hôpital. C'est vraiment une grosse surcharge de travail. Ces jeunes externes de 22 ans évoquent notamment leur stage, par exemple aux urgences. Elles nous expliquent avoir déjà été amenées à faire des prescriptions, alors qu'elles ne sont même pas encore médecins.

Donc forcément, elles vivent avec la pression d'une erreur médicale. Et le soir, quand elles rentrent de stage, elles se repassent le film de leur journée et se disent qu'elles ont peut-être loupé quelque chose, qu'elles n'ont peut-être pas vérifié une allergie et que tel patient pourrait avoir des complications. Donc forcément, ça crée un stress énorme. Elles sont vraiment en grande difficulté et elles ont vraiment lancé un cri d'alerte. Et ces trois témoignages n'ont pas vraiment surpris le doyen de la faculté de médecine de Tours. Le professeur Denis Angoulevent a même révélé qu'un étudiant en cinquième année avait mis fin à ses jours l'été dernier.

Donc pour prévenir de ces situations dramatiques, des mesures se mettent en place. Deux psychologues expérimentés ont été embauchés et la consultation avec un psychologue sera rendue obligatoire pour les étudiants de deuxième et de cinquième année. Mais on peut se demander, et les étudiants se demandent aujourd'hui, si deux psychologues pour mille étudiants, est-ce que ce sera suffisant ? Merci Valérie. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Valérie Pernet, journaliste à la Nouvelle République en Indre-et-Loire, la une de la Nouvelle République, magasin général, le projet relancé. Merci beaucoup Valérie Pernet.

Si vous regardez ce qu'est à la une de nos autres quotidiens régionaux et à la une de beaucoup de nos journaux ce matin, c'est la détention de Nicolas Sarkozy. Première nuit en prison pour l'ancien chef de l'État qui a été incarcéré hier à la Santé à Paris. Ça fait la une effectivement de plusieurs quotidiens ce matin. Auriane, corps ce matin, titre sobrement incarcéré pour le Dauphiné libéré. Nicolas Sarkozy est un détenu, pas comme les autres, puisque deux policiers sont dédiés à sa sécurité 24h sur 24. La dépêche du midi revient aussi. Sur cette première nuit en prison, la Marseillaise un peu taquin, titre avec un sourire un peu en coin.

Quelle indignité, référence au propos de l'ancien chef de l'État sur un plateau télé il y a quelques années. Puis la palme de la une sarcastique, on va la voir. Elle revient peut-être à Nord-Éclair. Regardez cette une sur la gauche. Un gros plan sur le placement extérieur comme alternative à la prison. Et puis de l'autre côté, sur la droite, Nicolas Sarkozy dort derrière les barreaux. Et le débat sur l'exécution provisoire des peines ne fait que comment ? On va voir la une de Télégramme. Hier, Emmanuel Macron s'est dit favorable à un débat sur la question de l'exécution immédiate des peines de prison. Même lorsqu'un appel est formulé, les juristes semblent ouverts à des évolutions.

Mais dans les pages du journal, certains invitent à bien réfléchir à la question. Il y a un risque, nous disent-ils, de désarmer les magistrats. Argument et contre-argument à lire ce matin dans les pages du Télégramme. Retour sur le casse du siècle. La Dordogne Libre se penche notamment sur la fameuse couronne de l'impératrice Eugénie, dérobée puis retrouvée à l'extérieur du musée du Louvre. Le journal donne la parole à quelqu'un qui connaît bien le joyau, Baudouin de Witte. Il est le propriétaire du musée Napoléon à Cendrieux. Il est surtout le fils de Marie-Clautilde Bonaparte, filleule de l'impératrice Eugénie.

Lorsque Eugénie est décédée, la couronne a été transmise en héritage à la mère de Baudouin de Witte, qu'il a conservée pendant longtemps dans le coffre d'une banque belge. Cette histoire incroyable est racontée dans les pages de la Dordogne Libre, Orianne.

7:24
Présentateur

Autre sujet des loyers toujours plus cher.

7:26
Invité

Sud-Ouest revient sur 20 ans de hausse continue des loyers dans l'agglomération bordelaise. Selon l'Observatoire des loyers, ils ont augmenté plus rapidement que dans les autres métropoles ces dernières années. Dans le détail, on a d'un côté un parc locatif qui augmente faiblement à raison de 1 à 2 % par an. Et de l'autre, une demande de logement qui progresse plus vite que l'offre. Résultat, il est de plus en plus difficile de se loger dans la région. Et Montpellier va s'illuminer. Chaque année, au mois de novembre, la manifestation Cœur de Ville en lumière illumine les rues de Montpellier. 13 sites emblématiques de la ville seront cette année mis en scène avec des créations lumineuses.

Le programme est à retrouver dans un midi libre aujourd'hui et ça fait envie. Merci Steve. Merci beaucoup pour cette revue de presse. Passons à notre débat d'éditorialiste. La suspension de la réforme des retraites annoncée par Sébastien Lecornu survivra-t-elle au débat parlementaire ? Le Bloc central affiche sa réticence et pour tenter de rassurer la gauche, Sébastien Lecornu a annoncé hier un conseil des ministres pour l'aggraver dans le budget de la Sécurité sociale. On voit ça avec Adrien Pan. La suspension de la réforme des retraites avait été promise par le Premier ministre. Mais sa forme n'était pas encore claire. A l'Assemblée, Sébastien Lecornu rassure les socialistes.

8:38
Sébastien Lecornu

La suspension, c'est bien la suspension des deux mesures et âge et nombre de trimestres. Je souhaite vous dire que le Conseil d'État a été saisi cette nuit d'une lettre rectificative et qu'un conseil des ministres aura lieu jeudi matin pour l'adopter.

8:52
Invité

La suspension de la réforme sera donc inscrite dans le budget de la Sécurité sociale. Et une lettre rectificative permet d'assurer que la promesse soit bien tenue, même en cas d'enlisement des débats. Une clarification bien accueillie par le RN. Voilà, il n'y avait rien, c'était que du vent. Donc là maintenant, il y a un début d'éléments concrets pour discuter. Une position qui amuse les socialistes. Il est savoureux autant que grotesque de voir Mme Le Pen qui avait moqué notre victoire essayer de voler à son secours. Mais hier matin, depuis la Slovénie, Emmanuel Macron sème la confusion. Il balaie le terme de suspension et préfère celui de décalage.

Le Premier ministre a fait un choix pour apaiser le débat actuel qui a consisté à proposer le décalage d'une échéance. Je le dis ici parce que ça n'est ni la brogation ni la suspension, c'est le décalage d'une échéance. Un désaccord sémantique entre le Président et le Premier ministre qui révolte la France insoumise. Emmanuel Macron dévoile l'arnaque. La réforme des retraites n'est en aucun cas abrogée ni suspendue. Elle est décalée. Les débats autour de la réforme des retraites se poursuivront jusqu'à la fin de l'année. Une conférence sur le système de retraite et le travail doit s'ouvrir fin novembre et l'hypothèse d'un référendum n'est pas exclue par l'exécutif.

Et on va en parler avec Françoise Degoy. Bonjour François. Bonjour ma chère Oryane. Merci d'être là. Et Benjamin Morel. Bonjour Benjamin. Merci également d'être l'homme de la lettre rectificative. Benjamin Morel. Écoutez, la lettre rectificative qui d'habitude est un point qu'on n'enseigne même pas dans nos pré-pénats est devenue tout d'un coup un instrument de buzz. Et alors ça c'est quand même très très improbable. Les constitutionnalistes sont ravis. Mais surtout vous, pardon. Parce que du coup vous avez parlé de cette lettre rectificative. Vous allez nous dire évidemment après Françoise. Et du coup, ce qui est extraordinaire, c'est la qualité de ce peuple français politique.

C'est-à-dire qu'à un moment donné, les gens ne savent pas ce que c'est qu'une lettre rectificative. Mais tout le monde s'informe, tout le monde cherche. Chad GPT, ce que vous voulez. Et d'un seul coup, on devient des spécialistes. Et moi quand je dis ça, je ne me moque pas. J'adore ce pays qui à un moment donné s'empare des trucs et devient spécialiste, pas au niveau de Benjamin, mais comprend les enjeux. Moi, la lettre rectificative, au-delà du talent de Benjamin, ça me donne, comment dirais-je, vraiment une confiance dans ce pays. Je trouve que ce pays fait de la politique inlassablement et est bien plus intelligent d'ailleurs que les gens qui gouvernent.

Voilà, on va démarrer avec ce message d'espoir. Ça c'est déjà une bonne chose. Je suis assez d'accord. Vous êtes d'accord ? Exactement. Benjamin, du coup la lettre rectificative que vous avez lancée dans le débat, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ça va changer ? La lettre rectificative, en fait, c'est un instrument qui permet à un gouvernement de rattraper son projet de loi et de dire « tata tata tata, j'ai oublié quelques petits éléments, je rajoute ces éléments dans mon projet de loi initial ». Et donc ça permet que le texte sur lequel on commence à débattre soit un texte modifié.

En l'occurrence, ça a deux avantages pour ce qui nous concerne, c'est-à-dire le projet de loi supplémentaire de la Sécurité sociale, ce qui doit comprendre la suspension de la réforme des retraites. Le premier élément, c'est que, moi je n'y crois pas trop, mais certains craignaient que ça puisse être ce qu'on appelle un cavalier législatif. Souvenez-vous, on avait eu un grand débat sur les cavaliers législatifs il y a quelques années, au moment de la loi immigration. C'est une disposition qui n'a rien à voir avec le fond du texte. – Et c'est rejeté, il faut le dire, après. – Oui, ensuite le Conseil constitutionnel balade le truc.

La réalité, c'est qu'ici c'est peu probable, tout bêtement, parce que ça a un impact sur les comptes de la Sécurité sociale, et que donc, mais bon, au moins ça rassure tout le monde. – Et que la réforme banque, c'était déjà une loi rectificative du budget de la Sécurité sociale ? – Oui, mais elle était spécialisée sur la question de la réforme des retraites. Donc, on peut toujours en discuter, j'y crois peu, mais au moins ça rassure tout le monde. L'autre élément, c'est que, même si ce n'est pas du tout une bonne idée, même si les ordonnances, on ne les a jamais utilisées, parce que c'est un peu la bombe nucléaire en matière de processus législatif.

– Oui, François Mitterrand les a utilisées. – Pas celles-là. – Non, mais pas celles-là, mais l'ordonnance, on les utilise assez souvent. – Des ordonnances de l'article 38, oui, mais là on parle des ordonnances budgétaires, et ce n'est pas que la même chose. Les ordonnances de l'article 38, il faut une loi d'habilitation, le Parlement doit donner son avis. Là, ce n'est pas le cas, c'est-à-dire qu'au bout de 70 jours pour le budget, de 50 jours pour le PLFSS, il peut y avoir un gouvernement qui dit « Ah tiens, vous n'êtes pas mis d'accord ? Eh bien, j'applique mon budget par loi d'ordonnance, il vaudra jusqu'à ce que vous adoptiez un budget, ou jusqu'à fin 2026 ».

Ça, évidemment, c'est très violent, il faut voir qu'on emprunte ça au droit allemand, et le dernier qui les a vraiment utilisés, il s'appelait Autophone Bismarck, ce qui n'est pas vraiment un gage de démocratie. Il explique à ce moment-là, au hashtag, qu'en fait, ils se sont trompés que le deuxième empire allemand n'allait pas vraiment être une démocratie, et que donc s'il n'y a pas de budget, il n'y en aurait un quand même. Donc comprenez bien que les ordonnances, ce n'est pas non plus tout à fait la panacée.

Mais si elles devaient être utilisées, si on ne devait pas avoir de budget, et si, à défaut de budget, on devait se satisfaire d'ordonnances, ce qui serait appliqué, selon une interprétation contestable, mais qui est visiblement celle du secrétariat général du gouvernement, c'est le budget tel qu'il a été déposé à l'Assemblée nationale. Si vous amendez votre budget, si vous rajoutez dans votre budget, par exemple, la suspension de la réforme des retraites, et que vous passez par voie d'ordonnance selon l'interprétation du gouvernement, il n'y a pas de suspension.

Mais si vous avez une lettre rectificative, souvenez-vous, vous modifiez votre texte originel, et donc vous reprenez votre texte, et vous dites « tu restes, le texte originel, c'est ça ». – Donc là, ça fait tomber l'argument politique, notamment du RN et de LFI, qui disent « le PS s'est fait enflé, pardon pour l'expression, ça ne passe pas par ordonnance ». – Oui, mais attendez, on peut faire du droit constitutionnel toute la matinée. – Deux mots quand même là-dessus, ça veut dire que si jamais il n'y a pas de budget adopté in fine, en effet, et que ça passe par ordonnance, on aurait suspension.

Toutefois, il y a deux voies pour qu'il n'y ait pas de suspension, la suspension n'est pas évidente. – Un, on peut avoir un projet de loi de suspension de la sécurité sociale qui soit adopté sans la question de la suspension de la réforme des retraites, ce n'est pas gagné a priori, mais disons que c'est une possibilité. L'autre option, c'est qu'on n'utilise pas les ordonnances, c'est qu'on reprenne comme l'année dernière des lois spéciales. Ça a un gros coup pour l'économie, on pourrait y revenir, les lois spéciales. Mais malgré tout, s'il y a lois spéciales, il n'y a pas de suspension. – Oui, c'est de la politique…

– Est-ce que c'est passionné, politiquement parlant, il a voulu rassurer les socialistes avec le reste ? – Oui, c'est pas qu'il a voulu rassurer, parce que moi j'aimerais bien qu'on fasse… OK, il a absolument raison dans tout ce qu'il dit, la réalité, si vous voyez, c'est que le véhicule législatif, alors c'est Benjamin Morel qui est dans sa connaissance de la Constitution, qui donne cette option. Évidemment, le Rassemblement national et LFI se jettent dessus comme la misère sur le monde, en réalité, parce que pourquoi ?

Parce que politiquement, ils se rendent compte quand même qu'ils sont à la ramasse, ils sont complètement à côté de la plaque, en fait, politiquement, je vois bien ce qu'ils poursuivent, ils étaient persuadés, il y a un problème avec LFI, ils étaient persuadés que la censure passerait, que les socialistes craqueraient, les socialistes ne craquent pas, ce gouvernement n'est pas censuré.

Ils sont persuadés ensuite que c'est une promesse, de la monnaie de singe en réalité, avec laquelle le gouvernement aurait acheté le Parti socialiste, Olivier Faure et Boris Vallaud, surtout Olivier Faure d'ailleurs dans la négociation interne, beaucoup plus d'ailleurs que le patron du groupe socialiste, si on va dans le détail de l'histoire, eh bien, ce n'est pas de la monnaie de singe, ils se mettent même à travailler sur l'outil législatif.

Quand LFI commence la semaine dernière sa polémique sur « vous vous êtes fait acheter pour une poignée de cerises, ça ne marchera jamais », en réalité, plutôt que de faire du bruit de la fureur, vous avez quand même les législateurs du Parti socialiste et le cabinet de Lecornu et le Premier ministre qui travaillent sur le véhicule parce que le véhicule n'est pas satisfaisant. La loi ad hoc, elle n'est pas plus satisfaisante que l'amendement.

Donc, cette histoire de la traité significative, en réalité, elle travaille, Benjamin la sort, donc, LFI se dit « tiens », mais ils sont persuadés jusqu'au bout qu'en réalité, les socialistes ne l'obtiendront pas parce que c'est un engagement, un ciment d'une certaine manière. Et par mière après-midi, coup de théâtre, ils l'obtiennent. Et là où je trouve que tout le monde est un peu injuste, juste, retenez bien, notez-leur Gréffier, tout le monde est un peu injuste avec Emmanuel Macron.

Parce que la vérité, c'est qu'imaginer que Sébastien Lecornu serait d'un seul coup devenu une créature ex nihilo émancipée d'Emmanuel Macron et qu'il arrache tout au président, c'est vraiment une fable qu'il faut raconter aux enfants. La réalité, c'est que celui qui a lâché sur les retraites s'appelle Emmanuel Macron. Quand on connaît le personnage, on le connaît bien, et quand on connaît son entêtement et surtout sa détermination sur cette question des retraites, ce que ça représente pour lui, qui quasiment, c'est un totem pour lui, c'est sa signature, véritablement. Il lâche parce qu'il n'a pas d'autre choix politiquement, mais c'est lui qui le lâche.

Qui est-ce qui dit, on va la passer l'ordonnance en Conseil des ministres demain matin ? C'est Emmanuel Macron, c'est absolument pas Sébastien Lecornu. Donc, moi, je crois qu'il faut arrêter d'être un peu comme des enfants, se dire Lecornu, Macron. C'est un numéro de claquette parfaitement organisé entre les deux. Il n'y a pas de cohabitation entre Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron. Moi, je vois simplement une intelligence politique, en réalité, de tous les protagonistes de cette affaire. Je pense qu'il y a un chemin de crête et qu'on peut passer. Et je rigole de voir Jean-Luc Mélenchon, qui a lui-même interpellé Benjamin Morel, disant qu'il faut écouter ce que dit Morel.

Il fait « Morel ! » Il a marreur. Il faut écouter. En règle générale, il faut écouter ce que dit Benjamin Morel. Il faut écouter ce que dit… Elle est d'accord avec Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, oui, mais j'ai longtemps été d'accord. Sur vous, sur vous. Et avec Marine Le Pen. J'ai longtemps été d'accord. Du tout. J'ai longtemps été d'accord avec Jean-Luc Mélenchon jusqu'au 7 octobre. Ce qui est une rupture définitive. Mais ce qui est sûr, c'est que la réalité, si vous voulez, maintenant, ils ne savent plus quoi faire. Maintenant, même cette lettre ne sert à rien. Et donc, ils sont… En réalité, ils sont à côté de la plaque.

Et je pense que la France insoumise et Marine Le Pen peuvent en dire ce qu'ils veulent. Ils ont été… Tels prix qu'ils croyaient prendre. En fait, en réalité, ceux qui se sont fait rouler dans la farine, véritablement, par l'alliance, le cornu Macron d'un côté, et la négociation, sans concession d'ailleurs, du Parti Socialiste de l'autre, eh bien, c'est LFI et le RN. Et c'est savoureux, en fait. Et on va écouter un allié du Rassemblement national, Éric Ciotti, à ce sujet. Il était ce matin sur TF1. On voit bien que le Parti Socialiste a toujours le pistolet sur la tempe du Premier ministre et le fait danser ou chanter. Vous vous retripez ou contre cette mesure ?

Moi, je suis contre cette suspension. Contre la vie de Marine Le Pen ? Je l'ai toujours. On a une divergence là-dessus. Est-ce que, du coup, le point, du coup, est donné au Parti Socialiste face à LFI et face au RN et ses alliés ? Je ne dirais pas que le RN et l'AFI sont les principaux perdants, parce que quoi qu'il arrive, le budget, actuellement, soit les socialistes le votent, et ça va être très, très, très compliqué d'assumer, parce qu'évidemment, pour que les LR... Enfin, il faut rappeler, il faut faire un peu d'arithmétique, c'est-à-dire que si jamais le budget passe, il n'y a, en réalité, pour l'instant, qu'une voie.

C'est une voie où le budget est voté par les LR et par les socialistes. Si vous faites avaler trop de couleuvres au LR, ils ne voteront pas, d'autant qu'après la commission mixte paritaire, le Sénat, a priori, va pondre un budget qui n'est pas vraiment socialiste compatible, et donc, à partir de là, si jamais vous n'avez pas de commission mixte paritaire qui aboutit, un dernier mot qui est donné à l'Assemblée, ça va être dur pour Laurent Wauquiez. Budget invotable, dit ce matin, Bruno Bretagneau. C'est l'une des grosses, grosses difficultés.

Donc, soit les socialistes avalent pas des couleuvres, pas des bois, mais des anacondas, auquel cas, que diront les LFI, les Verts, etc., regardez ces socialistes, etc., soit ça passe par bois d'ordonnance. Et l'AFI a déjà un peu préparé le truc en disant on va déposer une motion de censure l'avant-veille des ordonnances pour dire nous, on ne se la fait pas, on va vers les ordonnances, c'est un 49 aligné à 3 multiplié par 10, et donc, à partir de là, vous serez responsable si vous votez pas les ordonnances. Donc, je ne suis pas sûr que les... Enfin, si vous ne votez pas la censure. Je ne suis pas sûr que ces deux groupes politiques soient les grands perdants.

Ceux qui sont probablement les grands perdants d'hier, c'est le gouvernement. Parce que quelle était la stratégie de Sébastien Lecornu ? C'était de dire, écoutez, voilà, on va mettre la réforme des retraites dans le PLFSS, et on va pousser les socialistes à voter en disant regardez, vous êtes face à un choix binaire. Soit vous votez le PLFSS avec la suspension, et dans ce cas, vous aurez la suspension et le reste, donc votez si vous êtes cohérent, soit, vous ne votez pas le PLFSS, mais adieu suspension. Avec la lettre rectificative, c'est cet argument-là, cette pression-là qui saute.

Et on a un part socialiste qui, en effet, est relativement émancipé, et peut se dire, écoutez, on vote, on vote pas, on aura quand même la suspension. Donc, les socialistes sont les grands vainqueurs. Je crains que, pour Sébastien Lecornu, il soit le grand perdant. Parce qu'au fond, Sébastien Lecornu, il a un objectif. Enfin, il en a deux. C'est de durer... C'est de faire passer son budget et faire passer son budget de la Sécu. Or, là, il n'a pas avancé d'un iota hier sur ce plan-là. Moi, j'entends ce que... J'entends par les arguments de Benjamin, mais après, vous savez très bien qu'on fait de la politique en marchant et que chaque jour est un nouveau jour. En ce sens que vous avez...

Je ne dis pas du tout que vous avez les arguments de LFI, mais on n'en est pas loin. Vous dites exactement ce que je lis de Manuel Bompard depuis hier, d'Éric Ocrel, en disant... Je détaille leur stratégie et elle n'est pas idiote. Non, moi, je ne suis pas d'accord. Leur stratégie, elle est escalée. Mais je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'à un moment donné, on ne trouve pas des points de convergence et que vous expliquez que le PS va avaler des anacondas, c'est quasiment écrit. Moi, je ne suis pas du tout sûre que le PS avale des anacondas sur le budget. Dans ce cas, ce seront les LR qui avaleront des anacondas. Et après, c'est le rapport de force.

Et si jamais ils avalent des anacondas, ils ne voteront pas le budget. Or, on a besoin de tous les LR et de tous les socialistes. Non, ça ne marche pas. Je voudrais finir là-dessus. Il y a ce que dit Bruno Retailleau, qui est une chose, qui est à l'extérieur de la force, parce qu'il est en mode de forteresse assiégé. Bruno Retailleau, si vous voulez, me fait l'effet, maintenant, d'une sorte de désespéré qui est sorti tout seul du film. Personne ne l'avait rien demandé. Il est sorti du film et maintenant, il essaie d'y re-rentrer. C'est assez pathétique, en réalité. Je vois bien qu'il est aidé par le Figaro ce matin. Son interview, elle est lunaire. Nous ne voterons pas.

Mais en réalité, qui suit Bruno Retailleau, en fait, dans le groupe ? Cette maison ? Hein ? Bien sûr, le Sénat. Et après, la commission mixte paritaire peut échouer. Je sais très bien comment est le Sénat. Je sais très bien comment est... Mais cette maison-là, si l'Assemblée a le dernier mot, cette maison-là, elle n'existe pas. Et par ailleurs, Laurent Wauquiez... Par ailleurs, Laurent Wauquiez n'est pas... Je veux dire, bien sûr que ça sera un vrai débat, mais par ailleurs, Laurent Wauquiez n'est pas Bruno Retailleau. Moi, je suis certaine que vous allez voir sur la partie recette, déjà, sur la partie recette, on va voir ce que ça donne. Il y a 9 milliards en moins.

Bon, je vois bien aussi pourquoi Emmanuel Macron met la pression hier. Il met la pression parce qu'en gros, et c'est là qu'est le rapport de force politique, il met la... C'est le bad cop et good cop, c'est-à-dire que vous avez le gentil flic, c'est le cornu, et le méchant flic, c'est Macron, parce que le message qui est envoyé aux socialistes, c'est en gros, n'exagérez pas. En gros, je vous ai déjà donné la réforme des retraites, n'allez pas trop loin dans le dépeçage du budget. C'est normal, c'est le jeu politique et donc, de façon très courtoise à la Olivier Faure, ok, super, mais je vous assure que si ce budget reste en l'état, on censurera.

Donc vous voyez, on n'est pas dans de la cogestion ou de la coproduction d'un film. On est vraiment, moi je pense, qu'on est véritablement entré dans une cohabitation où chaque chose se dit. Et c'est pour ça que je ne suis pas d'accord avec Benjamin sur l'idée que ce budget ressortira avec des anacondas que le PS avalera. Je pense que ce budget peut être rectifié est dans la partie recette et vous verrez dans la partie PLSSS. Vous aurez des convergences inimaginables. Vous pensez que Marine Le Pen, vous pensez que LFI, vraiment franchement, vous pensez qu'ils vont, qu'ils pourront accepter par rapport à leur électorat de laisser passer le déremboursement des médicaments. Bien sûr que non.

C'est très très simple. Vous savez, quand on fait la politique comparée, celui qui vote le budget, il est dans la majorité. Donc il est à peu près clair que ni les Verts, ni les communistes, ni le RN, ni la FI ne voteront le moindre budget. Ça, c'est évident. Donc ça se joue encore une fois sur un arc LR-PS. Je veux bien que le PS gagne plein de choses sur le budget et qu'il y ait un budget à la bonne source du Parti Socialiste. Derrière, qu'est-ce qui va se passer ?

Après la commission mixte paritaire, si elle échoue, vous aurez une majorité LR au Sénat qui dira à Laurent Wauquiez, mais attends, tu vas donc voter un budget socialiste plutôt que de voter le budget qui sort du Sénat et qui est de droite ? Mais qui es-tu en fait ? Vous allez avoir une Marine Le Pen qui va dire, regardez les LR, et bien, même chose que la France Insoumise et de l'autre côté si les socialistes devaient avaler des anacondas, regardez ces LR qui ne sont pas vraiment des gens sérieux, qui acceptent les hausses d'impôts, qui acceptent, etc. La prochaine fois, toi, électeur de centre droit, tu dis la crédibilité économique est du côté de LR.

En réalité, regardez, nous ne sommes plus droits dans nos bottes. Et donc ça, la pression sur LR et sur Laurent Wauquiez va être gigantesque. Il n'a pas parfaitement résisté à la pression sur la censure ? Parfaitement résisté ? Mais parce qu'il y avait un intérêt. Benjamin, moi je pense que... Pas parce que Laurent Wauquiez est à sa carte ou parfaite socialiste de manière cachée. Donc à partir de là, d'un point de vue purement arithmétique, ça ne passe pas. Écoutez, la politique, ce n'est pas de la rymétique, je suis désolé. Alors d'un point de vue parlementaire, la politique, c'est de la rymétique. Je termine, non. Ce n'est pas que de la rymétique. C'est de la rymétique.

Ce n'est pas que de la rymétique. Je vous explique... Alors donnez-moi une voix. Je vais vous expliquer. Vous aurez bien du mal, par exemple, Marine Le Pen aura bien du mal à la fin du budget. Vous savez très bien que le Rassemblement national va batailler. Mais le RN ne va jamais voter le budget. Ça n'existe pas, ça. Je suis d'accord avec vous. Je vous explique donc. Vous êtes là. Le RN ne va jamais. La censure n'arrivera jamais. La non-censure n'arrivera jamais. Tout ce qui n'était jamais est arrivé. Je vous dis juste que vous ne pouvez pas... La politique, vous le savez très bien, c'est une affaire de cohérence. Les hommes et les femmes politiques sont sanctionnés quand ils sont...

Laissez-moi finir. Quand ils sont incohérents. Vous comprenez ce que je veux dire ? Donc, vous ne pouvez pas avoir une Marine Le Pen qui va batailler pendant tout le PLFSS, parfois même, je pense, avec la gauche, sur les mesures de déremboursement par rapport à son électorat et qui, à la fin, nous explique « Voilà pourquoi je ne vote pas le budget. » Vous ne savez pas ce qui va se passer dans la discussion. Donc, votre voix, si je la comprends bien, c'est que le RN et le PS votent le budget. Alors, on se parie... On peut y avoir une abstention. Du coup, on va laisser répondre. On se parie un café ou une bière mais le RN ne votera pas le budget et ne s'attiendra pas non plus dessus. D'accord.

Donc, ça, c'est, je dirais, aujourd'hui, pas possible. Ce n'est même pas dans l'intérêt du Rassemblement national. Et par ailleurs, ça voudrait dire que le RN... L'intérêt aurait été de ne pas censurer. Ça veut dire que le RN rentrerait dans la majorité. Non, mais pas du tout. Ça n'a absolument aucun sens. Mais je veux bien parier un café, une bière ou même mon PEL. Ça n'est pas ce que je vous dis. Je vous dis juste qu'à un moment donné, quand les débats vont se faire, vous ne pouvez pas... Marine Le Pen... La logique, par exemple, de la France insoumise ou de Marine Le Pen eût été de ne pas censurer. Ah bah non. Bien sûr que si. Mais regardez... Mais il vise une dissolution.

Mais regardez... Mais j'ai bien compris. Mais regardez par rapport à leur électorat. Je sais bien que tout le monde vise une dissolution. la logique par rapport à l'électorat. Vous me parlez de l'électorat, vous me parlez des électeurs. Vous avez vu les sondages sur la non-censure. La non-censure est majoritaire même dans l'électorat de LFI. Le désir de calme est majoritaire même dans l'électorat du Rassemblement National. J'ai à un moment donné... Non mais à un moment donné... L'électorat RN voulait la dissolution et les enquêtes montraient qu'il faut avoir une majorité... Ah bah si. Écoutez... D'ailleurs, une majorité de Français la voulait la dissolution. Non, mais regardez...

Les enquêtes sont... Mais les enquêtes... Vous avez vu les formes d'il y a trois jours, Benjamin ? Les enquêtes étaient là. Mais je ne vous parle pas d'il y a trois jours. Je vous parle au moment de la censure. Là, vous inventez des chiffres. Je dirais à un moment... Soit on se retrouve sur des bases rationnelles et on peut débattre, soit non. Benjamin, vous ne pouvez pas porter les arguments... Comment dirais-je ? Constitutionnalistes... Attendez, je ne porte pas des arguments... On va voir... La dissolution, ça paraît un fait avéré. L'État-major voulait... Je ne suis pas là pour faire un débat politique avec vous, Mme Desgois. Je suis là pour essayer de poser des faits.

Donc à partir de là, voilà... Et après, on va écouter le président de la Cour des comptes qui alerte sur la suspension dans la forme des retraites. Sur les retraites, c'est comme un sujet hautement inflammable. Et il est clair que pour ça, il faut qu'il y ait un débat serein, il faut qu'il y ait un consensus. Sinon, un référendum, c'est livré en pâture un sujet, un débat qui, par ailleurs, parlera d'autre chose. Le contexte ne s'y prête pas aujourd'hui ? Dans un référendum, il y a toujours deux choses. Il y a le texte et le contexte. Le texte doit être un consensus. Ça bouge.

Et vous continuez, voilà, on va débattre, on a un pire, on a un pire, on a un pire, on a un pire, on a un pire, on a un pire. Je voudrais juste expliquer sur les sondages, en fait, on dit la même chose. Bien sûr qu'avant la dissolution, il y a une majorité, etc. Quand la non-censure arrive, vous regardez le sondage de l'IFOP qui est passionnant deux jours après, vous vous rendez compte que la majorité, à 80% même, des électeurs de la France insoumise considèrent que finalement la non-censure, c'est pas si mal parce que ça met de la stabilité. C'est ce que je vous explique. Mais la censure, ce n'est pas la dissolution. La dissolution, elle a été voulue par, je crois, 68% des Français.

Oui, et la démission de Macron aussi. Et quand vous avez des enquêtes d'opinion aujourd'hui, le RN peut obtenir une majorité relative, voire absolue. La stratégie du RN et ce depuis le mois de mai, c'est de pousser la dissolution. C'est pourquoi l'idée que le RN ne censure pas est aujourd'hui absurde parce qu'en fait, le RN a intérêt, envie d'une dissolution et il s'adresse à son électorat en disant, nous, on est cohérents, on va vers la dissolution. Donc, je vous explique, Benjamin, que ça, la politique, ça bouge tout le temps et vous le savez très bien, vous l'observez autant que moi, sauf que ça, c'est vrai avant, ça n'est plus vrai maintenant. C'est-à-dire que, ça n'est plus vrai.

L'état-major, l'état-major de Marine Le Pen peut faire ce qu'elle veut. Je parle aussi, moi aussi, avec les dirigeants du RN. Quand vous avez un électorat qui vous dit, on est un peu dans la stabilité, essayons d'y rester un peu, vous réfléchissez. C'est juste que l'électorat RN que vous présentez comme quelque chose d'immuable ou LFI a bougé depuis la non-censure. Mais c'est vrai qu'il y a une symbolique dans le vote du budget qui est un marqueur d'appartenance à l'opposition. Bien sûr, mais je ne conteste pas ça du tout. Je ne conteste pas ça.

Je vous dis simplement que les débats vont être très intéressants parce que vous allez avoir un problème de cohérence politique pour les uns et pour les autres. Et il y a aussi la question du bloc central parce que, du coup, il y a ces alertes sur les finances publiques, sur le coût de la suspension de la réforme des retraites, ce que dit notamment Pierre Moscovici. Est-ce que, du coup, ça va compter, ça aussi, pour le vote du bloc central, Benjamin ? Un peu moins avec la lettre actif-cative parce que si on avait eu un amendement, on part tous du principe que l'amendement aurait été voté. Pas dit.

L'AFI aurait pu dire non mais attendez, c'est une fausse, ce n'est pas une abrogation, c'est une suspension. C'est même ce que disait Gabriel Attal. Exactement. Les voix du bloc central ne compteront pas sur ce sujet. Et alors, le RN aurait pu dire également on s'abstient que vous auriez eu un bloc central qui probablement n'aurait pas en partie voire majoritairement voté l'amendement. Là, ça va être plus compliqué. C'est-à-dire que si on parle de la suspension, ça veut dire qu'au sein de la majorité, on dépose un amendement qui supprimerait une disposition qui vient du gouvernement. Ça peut arriver mais a priori, c'est un peu plus compliqué. Donc dans ce cadre-là, ça veut dire deux choses.

Ça veut dire que, un, c'est un peu plus sûr pour la suspension et que, deux, en revanche, il est tout sauf évident que le bloc central vote d'un seul tenant le budget, on a beaucoup parlé de budget Frankenstein ces derniers jours, en fait, il va être en grande partie... C'est encore vous, ça ? Je ne suis pas sûr. On me le prête à moi mais je pense que c'est pour le coup pas de moi.

Mais bon, je veux bien endosser tous les néologismes du monde mais quoi qu'il arrive, si vous voulez, vous allez avoir un budget dont la tête va être complètement imprédictible parce qu'on commence à le voir entre les amendements croisés entre l'AF, l'ERN, les divisions au sein du bloc central et ça, d'une certaine façon, l'absence de 49 à 1 à 3 fait que le gouvernement garde des instruments mais malgré tout a relativement peu la main. Et donc, il va falloir voir ce que ça donne et in fine, il faudra éviter ce qui s'est passé l'année dernière, c'est-à-dire que le budget soit in fine, inassumable par quiconque et que tout en ayant été adopté détail par détail, eh bien, il y a un rejet global.

Moi, je suis d'accord avec ce que dit Benjamin mais moi, je suis ravi de voir le retour à l'Assemblée nationale de la presse politique. J'ai commencé comme ça, moi, à France Inter, il y a 25 ans et on s'ennuyait et il y avait des débats qui étaient juste extraordinaires. C'est la première fois que je vois à nouveau la presse politique s'intéresser à un budget, déjà, et surtout, comment dirais-je, revenir. Et c'est le changement, il devrait s'en réjouir. Je ne sais pas s'il s'en réjouit, je n'en ai pas parlé avec lui. Mais évidemment, le temps du Parlement est venu, le temps de la discussion est venu.

C'est pour ça que toutes les théories que nous avons élaborées sur papier glacé vont voler en éclats. Vous parliez des amendements croisés, vous parliez de... Je m'amuse à regarder les débats en commission des finances, c'est quand même fantastique ce qui est en train de se passer. Vous avez des convergences incroyables qui sont incroyables au sens premier du terme, non pas qu'elles m'aissent baudissent. Donc, c'est ça qui est en train de se passer, le changement de culture. Et nous-mêmes, nous devons adapter tout ce que nous savons déjà. Je pense qu'il faut oublier ce que nous savions pour voir comment ça va sortir. Et on suivra évidemment ces discussions budgétaires.

On termine par l'histoire du jour, quand même. Allez, on parle beaucoup de la crise de vocation des maires, mais il y a des maires qui ne sont pas prêts de s'arrêter. Regardez, c'est la une de la Charente Libre. À 80 ans, ces maires prêts à rempiler la mairie plutôt que la maison de retraite. C'est le titre de l'article à lire dans la Charente Libre. Alors, ils ont 75 ans. Les journalistes et les constitutionnalistes. Mais c'est ça. Ils ont 75 ans, 80 ans. Il n'y a jamais eu de retraite pour nous. Ils brignent un quatrième, un cinquième, voire un sixième mandat. C'est le cas de Michel Fougère.

83 ans, je continue car j'aime rendre service et le maire a encore un peu de pouvoir tout en promettant dans six ans, j'arrêterai avant de vite se reprendre. C'est vrai, je disais déjà ça il y a six ans. Alors, les maires, ils restent. On n'arrête pas. Les maires, ils restent par passion mais aussi pour pallier la crise des vocations. Une petite question avant terminer. Est-ce que vous savez quel âge avait le plus vieux maire de France ? 97 ans ou 18 ? 98 ans. Bravo Françoise. Il s'appelait Marcel Berthomère et il est décédé depuis qu'il était maire de Saint-Serein-sur-Lille en Gironde. C'est vrai. Et c'est lui qui détenait ce record. Merci à tous les deux. À 98 ans. Ah, c'était...

En fait, on dirait ça. On est passionnés. C'est passionnant ce qui arrive. Merci pour ce débat passionné. Mais on ne s'en doute pas. Merci à tous de nous avoir suivis. À demain.

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Présentateur

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