Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 28 août 2024 16 min

"Il y a une surdélinquance étrangère avérée": l'interview en intégralité de Marion Maréchal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Alors qu'elle s'installe sur notre plateau, bonsoir Marion Maréchal. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous ce soir dans Tout le monde veut savoir. Vous êtes députée européenne, alors on ne sait pas précisément où vous situez. On y reviendra, puisque c'est plus reconquête, vous n'êtes pas non plus rassemblée nationale. Mais d'abord, l'actualité c'est bien sûr ce drame, on en parlait il y a un instant. Le gendarme tué à Amougin et l'émotion de sa veuve, vous avez réagi dans la journée. Ouvrez les guillemets, oui, la politique de ce gouvernement est criminelle. La douleur de cette femme ne peut rester sans réponse.

L'émotion, la détresse de cette veuve est absolument bouleversante, incontestable. Mais Marion Maréchal, très concrètement, qu'est-ce que vous auriez fait différemment au pouvoir pour éviter que ce drame n'arrive ?

0:40
Marion Maréchal

Écoutez, je viens d'écouter le député du Nouveau Front Populaire qui s'est exprimé, M. Vico, juste avant. Et je l'entendais dire, un peu désarmé, oui, mais finalement ça n'est pas anticipable, donc il n'y a pas grand chose à faire. Mais pardonnez-moi, de quoi on parle ? On parle d'un homme qui a été arrêté et condamné près d'une dizaine de fois, et pas simplement pour des délits routiers. pour violences, pour outrages, notamment évidemment sur personnes dépositaires de l'autorité publique, pour rébellion. Donc c'était un délinquant multirécidiviste. Et malgré tout cela, son titre de séjour a été renouvelé en 2022.

Je rappelle que le renouvellement d'un titre de séjour, c'est une décision administrative.

1:10
Présentateur

Ce que répond M. Maréchal, Gérald Darmanin, à être dans le débat, c'est de dire qu'avant le vote de la loi immigration, il n'y avait pas l'arsenal législatif qui permettait de ne pas expulser cette personne, notamment parce qu'elle était arrivée jeune sur le territoire.

1:22
Marion Maréchal

Ce n'est pas vrai sur le renouvellement du titre de séjour. Mais qu'importe, au-delà de ça, expliquer aujourd'hui que ça n'était pas anticipable, ce n'est pas vrai. Moi, je considère qu'aujourd'hui, quand on a un fonctionnement et un octroi de titre de séjour qui aboutit à ce que des personnes qui soient multicondamnées voient leur titre de séjour renouvelé, c'est une mise en danger de la vie des Français qui est volontaire et qui est d'une certaine manière subie évidemment directement par cette femme.

1:43
Présentateur

Mais la loi le permet désormais. Il n'y a pas sur ce point-là une forme de laxis.

1:47
Marion Maréchal

Je vais vous dire, il y a une forme de laxis pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui, l'interdiction du territoire français, donc l'expulsion, n'est pas une peine automatique lorsqu'il y a une condamnation, mais une peine complémentaire. Ça signifie qu'elle peut être, elle peut être potentiellement, comment dire, décidée par le juge, mais elle n'est pas systématique. Ce qui fait qu'aujourd'hui, nous avons en effet sur le territoire français des personnes étrangères qui sont parfois multicondamnées et qui peuvent continuer évidemment de pouvoir rester légalement sur le sol français.

2:13
Présentateur

Pour bien comprendre ce que vous dites, Mme Maréchal, attendez une seconde. Ça veut dire que vous considérez que cet individu, avec des délits routiers qui sont de gravités diverses...

2:21
Marion Maréchal

C'est pas que des délits routiers, des violences. Il a été condamné pour violences à terrorisme.

2:24
Présentateur

Absolument, aurait dû être automatiquement expulsé.

2:26
Marion Maréchal

Le titre de séjour n'aurait pas dû à minima être renouvelé en 2022, puisque la plupart des faits étaient antérieurs à 2022. Donc je veux dire, moi je ne comprends pas. C'est qu'aujourd'hui, nous avons en effet, c'est ce que je dis, et c'est ce que je comprends d'ailleurs des propos de cette femme, un gouvernement qui mène des politiques qui aboutissent à être criminels.

Parce que quand on organise le cocktail explosif, d'une part, d'une impunité généralisée, d'un laxisme judiciaire, qui fait qu'aujourd'hui, près de 4 personnes condamnées à de la prison ferme sur 10 ne mettent jamais les pieds en prison, et qu'en parallèle de ça, vous avez une politique migratoire non seulement en partie hors de contrôle, mais aussi organisée pour des raisons idéologiques, et quand on connaît le poids de la surdélinquance étrangère,

3:01
Présentateur

oui, je le dis, c'est donc une mise en danger volontaire de la vie des Français, et cette femme a raison quand elle dit que le gouvernement est responsable. Dans le cas d'Espèce, le suspect est capverdien, avec effectivement un titre de séjour qui avait été renouvelé en 2022. Il y a aussi toute une série de refus d'obtempéré qui sont le fait de Français nés en France. Dans ce cas-là, qu'est-ce que vous proposez ? Est-ce qu'il suffit de dire qu'on va passer la peine de 2 ans de prison à 3, 4, 5 pour empêcher ces refus d'obtempéré ? Au fond, sans polémiquer parce que le sujet est trop grave, est-ce que vraiment il y a l'émotion bouleversante de cette veuve ?

Mais quand on est responsable politique, est-ce que vraiment on peut arriver sur un plateau de télévision et considérer que d'un claquement de doigts, les choses arrêtent de se passer ?

3:39
Marion Maréchal

Non, non, non, mais monsieur Duhamel, excuse-moi, c'est pas polémiquer, c'est mettre le sujet au bon endroit. Voilà. Ça n'est pas seulement le sujet d'un refus d'obtempéré dont on parle là. C'est un sujet plus général, qui est celui, je le rappelle, de la surdélinquance étrangère. Vous avez raison, il y a dans tous les pays, quels qu'ils soient et fort malheureusement, une criminalité qui perdurera toujours et qui malheureusement fera des victimes, c'est inéluctable.

Mais là, on parle de personnes qui, en l'occurrence, n'avaient rien à faire sur le sol français, c'est-à-dire des personnes qui ne sont pas des citoyens français, à qui on accorde l'hospitalité pour différentes raisons, qu'il faudra peut-être réformer, vous avez raison, et qui abusent de cette hospitalité en violent la loi française et en s'en prenant à des personnes. Donc c'est quand même un sujet totalement différent. Maintenant, il y a donc deux réponses. La première, selon moi, je vous en ai parlé, puisque j'ai parlé des deux raisons, me semble-t-il, principales qui aboutissent à ce genre de drame.

D'une part, en effet, le fait que nous ayons une politique d'accueil excessivement généreuse. Madame parlera de tolérance, en l'occurrence, l'épouse de ce gendarme, puisque nous avons 3,8 millions de titres de séjour fin 2022 qui étaient accordés sur le sol français. C'est un record historique. Et 323 000 premiers titres de séjour en 2024, c'est deux fois plus.

4:44
Présentateur

Il n'y a pas un lien direct, automatique entre les titres de séjour qui sont délivrés et ce genre de drame.

4:48
Marion Maréchal

Monsieur Duhamel, s'il y a aujourd'hui une surdélinquance avérée des étrangers dans notre pays, pas tous, mais il y a une surreprésentation. Mais ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur. Quand plus de 50% de la délinquance à Nice, à Paris, à Marseille est commise par des étrangers, quand 20% des détenus dans les prisons françaises aujourd'hui sont de nationalité étrangère, alors qu'ils sont censés représenter 8% de la population. C'est un fait. Voilà, ça peut plaire, ça peut déplaire, c'est un fait. Et je suis désolée de vous dire que les cas, les chiffres dont je vous parle à l'instant, derrière ces chiffres, il y a des drames monstrueux.

Évidemment, le drame vécu par cette femme et ses deux orphelins, mais on pourrait parler à Carpentras du viol, cette année, du viol de cette femme de 22 ans en pleine rue par un Tunisien multirécidiviste qui était légalement sur le sol français. Vous pourrez parler en Seine-et-Marne de cette femme qui a été éventrée par un Algérien multirécidiviste.

5:39
Présentateur

Sur ces plateaux, et souvent dans des interviews, on a parlé sans aucun tabou de la question de l'immigration et de la délinquance. Là, le cas d'Espèce était sur la question des refus d'obtempéries. Je voudrais vous poser une question sur... Je vais vous répondre sur la partie judiciaire. Allez-y rapidement parce qu'après j'aimerais poser une autre question sur ce cas.

5:53
Marion Maréchal

Au-delà des refus d'obtempéries, moi je vous le dis, la loi française n'est pas une loi laxiste. Ça n'est pas le code pénal, le problème. C'est le code de procédure pénale, là pour le coup, qui est beaucoup trop lourd et qui complexifie. C'est quoi ? L'application de... C'est l'effectivité, exactement, et la célérité de la sanction. Il y a aujourd'hui, ça a été dit d'ailleurs par vos experts, on tourne en rond depuis des années. La réalité, c'est qu'on le sait. Voilà, on le sait. Tous les rapports le disent et aucun gouvernement ne s'y attelle. Il n'y a pas assez de place en prison. Il n'y a pas assez de moyens accordés à la justice. Et vous savez ce qui se passe, Marie-Maréchal ?

6:21
Présentateur

Dès qu'une prison doit être construite quelque part, la collectivité, souvent élue de droite comme de gauche, ne veut pas que des centres pénitentiaires soient construits.

6:29
Marion Maréchal

Donc pour le coup, quand on a une vague d'immigration et qu'il s'agit de tous les loger, il n'y a pas de problème. Quand il s'agit de faire appliquer la loi en France et de punir des violeurs et des meurtriers, là on ne trouve pas de solution. Moi je vous dis, c'est un manque de volonté politique parce que derrière ça, il y a une idéologie. L'idéologie qui sévit aujourd'hui dans la société française, et pas dans la société française, d'ailleurs pas auprès des Français, dans les gouvernements, c'est de dire la prison, c'est l'école de la récidive. Et donc qu'ont fait tous ces gouvernements depuis des années ?

6:52
Présentateur

C'est quoi l'idéologie ? C'est les juges ?

6:54
Marion Maréchal

Oui, entre autres choses. De droite comme de gauche, ceux du syndicat de la magistrature peut-être qui vont, vous savez, à la fête de l'humanité.

7:00
Présentateur

Il n'y a jamais eu autant de gens incarcérés dans les prisons et dans le même temps vous dites que la justice est la justice.

7:04
Marion Maréchal

Mais M. Duhamel, parce qu'il n'y a jamais eu autant de crimes et de délits dans notre pays. Voilà, c'est ça la réalité. Et donc mécaniquement et statistiquement ça augmente. Maintenant je vous le dis, le problème c'est l'effectivité de la réponse. J'ai donné un chiffre tout à l'heure, 4 personnes condamnées à de la prison de ferme sur 10 ne mettent jamais les pieds en prison parce que les gouvernements ces dernières années, ils ont fait quoi ? Ils ont passé leur temps à faire voter des lois qui permettaient aux personnes d'échapper effectivement à la prison. Voilà, les peines alternatives, on appelle ça les peines alternatives.

7:28
Présentateur

Ils feront ce qu'on appelle en mauvais français du fact-checking, un certain nombre de circulaires pénales ont été présés dans la dernière année pour précisément diminuer l'effet des remises de peines. Mais là encore, les uns et les autres vérifieront.

7:40
Marion Maréchal

Moi je remets même en cause l'existence même du juge d'application des peines. Je vais vous dire à quel titre avons-nous un juge d'application des peines qui repasse derrière la sanction qui a été décidée par le juge ?

7:47
Présentateur

Elle précise sur la phrase prononcée par la veuve d'Éric Comine qui dit la chose suivante « 1981 n'aurait pas dû exister » en référence donc à l'abolition de la peine de mort par François Mitterrand et Robert Badinter. Est-ce que vous êtes d'accord avec elles ?

7:58
Marion Maréchal

Moi je ne suis pas pour la restauration de la peine de mort. Je suis pour l'application de la perpétuité réelle. Je considère que quand on commet des crimes très graves, on doit pouvoir avoir des cas où les personnes meurent en prison. Voilà, elles ne sont jamais amenées à sortir. Et elle met le doigt d'ailleurs sur l'effondrement de l'échelle des peines. C'est ça, ce qu'elle dit. Et à juste titre pour le coup, c'est que la disparition de la peine de mort a fait que mécaniquement, les peines se sont effondrées. Et il n'y a plus aujourd'hui dans notre pays de perpétuité réelle. Ça n'existe plus. Ça n'est même plus légal.

8:25
Présentateur

Et donc pas de débat sur la peine de mort ?

8:27
Marion Maréchal

Non, je ne crois pas que ce soit le sujet de l'entral. Une fois de plus, si nous avions des peines effectives, des peines rapides, des peines systématiques, y compris d'ailleurs des peines de prison pour des délits qu'on considère aujourd'hui de moindre importance et qui font échapper totalement à la prison, je crois qu'il n'y aurait plus ce sentiment d'impunité. Je vais même au-delà de ça, je vais vous dire, au-delà de la question même de la réponse pénale, il y a un discours politique problématique dans notre pays. Revenons sur l'histoire de l'affaire Naël.

L'affaire Naël, ça a été une organisation par la gauche de décrédibilisation et d'attaque sans précédent de l'honneur et de la crédibilité de la police. À travers cette affaire, où il y a eu un drame de fait, puisque un jeune homme est mort, un jeune homme, rappelons-le, qui était un jeune homme délinquant, face à un membre des forces de l'ordre qui avait un état de service exemplaire.

9:10
Présentateur

– Qui est mort ? Un jeune qui est mort ? Une enquête qui est en cours ? – D'accord. – Il y aura un procès ?

9:15
Marion Maréchal

– Et bien, absolument, monsieur Duhamel, vous mettez le point sur le problème. C'est-à-dire qu'avant même que cette enquête ait abouti et qu'on sache exactement ce qui s'est passé, eh bien, on a eu tout un discours absolument immonde expliquant que dans notre pays, la police tue. Voilà, c'est ça le discours aujourd'hui de gauche qui a dominé dans un certain nombre, malheureusement, de médias et qui a contribué, finalement, à un discours victimaire auprès de délinquants et bien qu'ils considèrent ne pas avoir à respecter la police et d'ailleurs l'autorité de l'État en général.

9:44
Présentateur

– J'aimerais qu'on parle de la situation politique, crise politique, certains parlent de crise de régime, les consultations continuent. Mais toujours pas de Premier ministre, la gauche dénonce un déni de démocratie, la droite propose un pacte législatif. Vous, vous regardez passer les trains ?

9:57
Marion Maréchal

– Je n'attends rien de la nomination d'un nouveau Premier ministre, vous savez pourquoi ? – Mais en même temps, on ne vous demande pas votre avis sur sa passivité des choses. – Doublement, ça tombe bien, j'ai envie de vous dire. Mais en revanche, ce qui est dommage, c'est qu'on ne demande pas vraiment l'avis des Français. Parce qu'on a un pays qui n'a jamais autant voté à droite. Je rappelle que les voix cumulées des Français qui ont voté à la fois pour le Rassemblement National, allié à Eric Sotty, c'est 11 millions de voix.

10:19
Présentateur

– Et les Français qui ont massivement fait barrage au second tour de l'éducation au Rassemblement National.

10:23
Marion Maréchal

– Contre 8 millions pour le nouveau Front populaire, donc je vous laisse faire le calcul, la droite est majoritaire dans notre pays, les élections européennes l'avaient d'ailleurs révélé. Donc c'est-à-dire que c'est fascinant. C'est-à-dire que plus le pays vote à droite… – Le Rassemblement National a perdu au second tour. – Oui, mais je vais y venir juste après, ça veut dire qu'il y a un problème institutionnel. En revanche, ce qui est fascinant, c'est qu'on a un pays qui n'a jamais autant voté à droite et on est en train de discuter tous les jours de savoir quel est le Premier ministre de gauche qu'on va mettre aux affaires. Parce que c'est ça en fait, ce qui est en train de se passer.

Donc moi je vais vous dire, je n'en attends rien. De toute façon, le Premier ministre…

10:53
Présentateur

– Emmanuel Macron a dit, ce ne sera pas du nouveau Front populaire.

10:56
Marion Maréchal

– Oui, très court, mais enfin, quel ministre de gauche ou de centre-gauche, parce que c'est ça en fait le sujet. Donc de toute façon, ce sera un Premier ministre qui aura très peu de marge de manœuvre, ne nous l'auront pas. Donc moi je vais vous dire, à la limite, la seule chose…

11:06
Présentateur

– Alors c'est quoi la solution institutionnelle proposée par Marine Leclerc ?

11:08
Marion Maréchal

– Je ne crois pas qu'on pourra donc attendre beaucoup de réformes de ce gouvernement, parce que de toute façon, la France serait ingouvernable. Emmanuel Macron nous a mis dans une impasse et il est terriblement responsable. En revanche, ce qu'on peut attendre éventuellement de ce gouvernement transitoire, c'est de tirer les leçons de la crise institutionnelle et démocratique majeure que nous sommes en train de vivre.

Et donc la seule chose, j'ai envie de dire, qui devrait mobiliser ce prochain gouvernement, quelles que soient finalement les couleurs politiques des uns et des autres, c'est la mise en place d'une proportionnelle intégrale à un tour ou d'un scrutin uni nominal à un tour, mais en fait de faire en sorte que nous ne retrouvons plus dans cette situation, c'est-à-dire finalement des élus et une Assemblée nationale qui n'est pas représentative aujourd'hui des idées majoritaires dans le pays.

11:46
Présentateur

Est-ce que vous considérez comme la gauche qu'il y a un déni de démocratie en ce moment, qu'Emmanuel Macron prend trop de temps, qu'il aurait dû aller plus vite et nommer un Premier ministre ? Est-ce que vous reprenez cette interprétation-là ?

11:56
Marion Maréchal

Je ne dirais pas un déni de démocratie, je dirais un aveu dramatique. C'est-à-dire qu'on est en train de nous faire la démonstration au prétexte des JO que finalement la France qui n'est pas gouvernée, ça n'est pas si dramatique que ça. Ça fait un mois que la France n'a plus de gouvernement, on ne vit pas si mal finalement, on ne voit pas de grands changements. Et donc moi j'y vois une révélation, c'est-à-dire qu'en réalité on se rend compte que depuis des années maintenant, les gouvernements, c'est vrai, gèrent les affaires courantes, font de la communication, pavoissent, paressent, organisent leur mise en scène d'autorités, de réponses, de consultations.

Et donc finalement, quand ce gouvernement n'est plus actif, on ne voit pas tellement la différence.

12:35
Présentateur

– Mais c'est étonnant Madame Rachel, vous êtes d'une sévérité dans votre rôle d'opposante politique, vous avez fait à peine 5% aux européennes, au second tour des élections législatives, le Rassemblement national a été victime d'un barrage républicain. Si les choses étaient aussi évidentes que vous le dites, pourquoi est-ce que les Français ne plébiscitent pas les idées que vous portez ?

12:53
Marion Maréchal

– Non mais excusez-moi, on a été face malgré tout à des, vous ne pouvez pas le nier, à des combines politiciennes qui ont abouti à ce que les millions de Français, y compris ceux que vous dénigrez un peu en disant « vous avez fait 5% ». – Ah, je dénigre pas, je rappelle des chiffres. J'aurais pu aussi donner le score de Marie-Coussin, la candidate économiste, d'autres ont plus réussi. – Il y a 1,5 million, cumulé d'ailleurs à la plus de plusieurs dizaines de millions, en effet, les 11 millions, pardon, de ceux de l'alliance du RN Ciotti qui se sont exprimés et qu'on a voulu faire taire à tout prix. – Très bien, ça marche, vous savez, depuis des années.

C'est d'ailleurs ce qui conduit aujourd'hui à ce qu'on ait une colère sous-jacente, un désespoir et en même temps un dégoût de la politique qui, je pense, ne rend service à personne.

13:35
Présentateur

– Mais vous avez une préférence sur le profil du Premier ministre ? On entend Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand, la nomination d'un profil technique, pourquoi pas Didier Migaud ?

13:43
Marion Maréchal

– Non, je me fiche de savoir quel sera le courtisan qui arrivera à obtenir ce poste pour se faire valoir. Il n'aura de toute façon aucune marge de manœuvre. Je vous le dis, je n'ai pas un scoop en disant cela.

13:54
Présentateur

– Et donc c'est quoi ? Dissolution dans un an, démission du président de la République ?

13:57
Marion Maréchal

– Donc ce que je dis, c'est que la seule chose pour moi que peut espérer faire ce gouvernement, en effet, c'est une réponse institutionnelle. Ce ne sont pas des grandes réformes idéologiques, qu'elles soient de droite ou de gauche, puisque de toute façon l'Assemblée nationale est bloquée du fait du président de la République.

14:08
Présentateur

– Pour terminer, Marion Maréchal, sur votre rôle politique, je le disais, on vous a quitté cet été, vous avez claqué la porte de Reconquête et si j'ose dire, on vous a un peu claqué la porte au nez au Rassemblement national. Qu'est-ce que vous espérez ? Est-ce que vous continuez d'espérer la possibilité de rejoindre Marine Le Pen et Jordan Berdella ? Est-ce que vous avez fait le deuil de cela ? Où est-ce que vous allez ? Où est-ce que vous vous situez ?

14:27
Marion Maréchal

– Alors, M. Duhavel, permettez-moi de préciser quand même vos propos qui ne sont pas tout à fait exacts, puisque je n'ai pas claqué la porte de Reconquête, j'ai été exclue par Éric Zemmour. – Mais disons que vous avez suscité… – Parce que nous avions un désaccord politique, je souhaitais soutenir la coalition quoi qu'il arrive et il a souhaité présenter des candidats Reconquête quoi qu'il arrive contre le Rassemblement national Éric Ciotti. Désaccord politique qui a conduit à une rupture. Deuxième chose qui est inexacte, je ne suis pas allée frapper à la porte du Rassemblement national. Je n'ai pas souhaité retourner au Rassemblement national, ça n'a jamais…

14:53
Présentateur

– J'ai le souvenir d'une réunion avec Marine Le Pen, d'un espoir qu'il puisse y avoir un accord et à la fin de Marine Le Pen et Jordan Berdella disons que les conditions n'étaient pas réunies.

15:01
Marion Maréchal

– Et bien, vous l'avez noté, en effet, c'était un travail sur un accord avec Reconquête à l'époque. Je vous le rappelle, j'étais mandatée pour négocier pour Reconquête. Cet accord, en effet, n'a pas eu lieu pour différentes raisons d'opposition entre Éric Zemmour et Marine Le Pen. Et donc, la situation aujourd'hui, c'est que je travaille activement à la manière dont je vais continuer de défendre les idées qui sont les miennes et de porter la voix des millions de Français, en effet, qui m'ont fait confiance également aux élections européennes.

15:25
Présentateur

– Ça veut dire quoi ?

15:26
Marion Maréchal

– Ça veut dire créer un parti politique ? – Vous en saurez plus d'ici quelques semaines.

15:30
Présentateur

– Un parti politique qui serait allié avec Marine Le Pen et Jordan Berdella.

15:34
Marion Maréchal

– Vous savez, moi, je continue et je continuerai et j'ai toujours défendu l'union des droites. Je le faisais déjà quand j'étais au Rassemblement National à l'époque, je l'ai fait à Reconquête. J'ai considéré être fidèle, d'ailleurs, à cette promesse de Reconquête en soutenant la coalition. Donc, je n'ai pas changé d'avis et je n'ai pas changé d'idée. Donc, je continuerai à les défendre du mieux possible.

15:50
Présentateur

– Vous avez eu des échanges avec Marine Le Pen ou Éric Zemmour cet été ?

15:53
Marion Maréchal

– Je n'ai pas eu d'échanges avec Éric Zemmour. Je ne vais pas vous rappeler quand même que la rupture s'est faite dans des conditions assez violentes. Je n'ai pas voulu alimenter et répondre à tout ce qui a été dit. Mais enfin, voilà, c'est ainsi. Et quant à Marine Le Pen, évidemment, j'ai été en contact. J'ai eu un contact politique, un contact personnel. Et j'espère bien pouvoir faire en sorte de continuer, en effet, à faire avancer le camp national. Parce que c'est vrai que l'une des leçons que nous devons tirer de ces élections législatives, c'est qu'il y a malgré tout encore un travail, évidemment, pour aller vers la victoire.

16:20
Présentateur

– Merci, Marie-Marchal, d'avoir été l'invité de Tout le monde le savoir. Et donc, on vous réinvitera dans quelques semaines pour que vous nous annonciez la création d'un parti politique sur ce même plateau.

16:26
Marion Maréchal

– Vous m'inviterez avec plaisir et je dirai bien ce que j'ai envie de dire.