Macron : un anniversaire...et des casseroles ! #cdanslair Archives 2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 45 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:38OuverteÉludée
Comment Emmanuel Macron peut-il reprendre la main sans majorité à l'Assemblée nationale ?
- 1:01OuverteÉludée
4 ans de mandat, combien de mois utiles ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Le déplacement de Papendiaï a été perturbé par des casseroles à Lyon.
- 4:04OuverteRéponse directe
Quel est l'état de l'opinion ? Ces casserolades reflètent-elles un mécontentement intense ?
- 6:15OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est peut-être un peu tôt pour Emmanuel Macron d'organiser cette rencontre avec les Français ?
- 7:49OuverteRéponse directe
Comment s'est passée l'interview d'Emmanuel Macron avec les lecteurs du Parisien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20PrésentateurFait
« J'aurais dû plus me mouiller, a d'ailleurs regretté ce matin Emmanuel Macron dans une longue interview accordée au lecteur du Parisien Aujourd'hui en France. »
- 0:30PrésentateurFait
« Le chef de l'État qui veut renouer le dialogue avec des Français qui ne digèrent toujours pas cet épisode des retraites. »
- 1:37PrésentateurChiffre
« Votre dernière enquête pour le journal du dimanche montre que 72% des Français sont mécontents d'Emmanuel Macron. »
- 1:44PrésentateurChiffre
« Et dont 47, donc près d'un sur deux, très mécontents en hausse de 7 points. »
- 13:28PrésentateurFait
« Peut-être que j'aurais dû plus me mouiller, peut-être que l'erreur a été de ne pas être assez présent pour donner une constance et porter cette réforme moi-même. »
- 15:18PrésentateurFait
« Marine Le Pen arrivera si on ne sait pas répondre aux défis du pays et si on installe une habitude du mensonge ou de déni du réel. »
- 16:35PrésentateurFait
« Il s'en est pris à cet horticulteur. Il dit qu'il n'a jamais traversé la rue, il a refusé plein de jobs, et n'a jamais voulu bosser dans un autre secteur. »
- 18:52PrésentateurFait
« Là, il dit, alors là, oui, c'était une énorme erreur, etc. »
- 27:43PrésentateurFait
« C'est la question du projet de loi immigration que le président de la République veut remettre sur l'établi en tant que projet de loi que texte à part entière. »
- 36:23PrésentateurFait
« Et aujourd'hui, ces conditions ne sont pas réunies. »
- 36:47InvitéFait
« C'est le plus roué des hommes politiques, Gérard Larcher. »
- 36:53InvitéFait
« Dans le dernier quinquennat, il était très critique, c'était vraiment le premier des contre-pouvoirs. »
- 37:10InvitéFait
« Pas tout de suite parce qu'en septembre, il y a les élections sénatoriales. »
- 37:27InvitéFait
« Il a rendu ce service à Emmanuel Macron. »
- 37:46InvitéFait
« Il disait une parole un jour, il ne la tenait pas le lendemain. »
- 38:10InvitéFait
« Lui, il ne peut pas se représenter, Emmanuel Macron. »
- 38:42InvitéFait
« « Les conditions ne sont pas remplies ». »
- 38:53InvitéFait
« « Ce qui ne va pas ». »
- 38:56InvitéFait
« Il dit qu'il y a des désaccords, notamment en dépenses publiques, décentralisations, régaliens. »
- 39:07InvitéFait
« « Moi, mon horizon, c'est les sénatoriales de septembre, point barre. » »
- 40:03InvitéFait
« Absolument, il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. »
- 40:11InvitéFait
« Emmanuel Macron en a besoin, il est en train de réfléchir. »
- 42:12PrésentateurFait
« Emmanuel Macron, qui a besoin du soutien du Parlement, des deux chambres. »
Temps de parole
- Présentateur59 %
- Invité15 %
- Invité 213 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
- Invité 53 %
- ?2 %
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Bonsoir à toutes et à tous. La visite de Papendiaï, le ministre de l'Éducation nationale à Lyon, a dû être écourtée cet après-midi suite à un concert de casseroles orchestré par des opposants à la réforme des retraites. J'aurais dû plus me mouiller, a d'ailleurs regretté ce matin Emmanuel Macron dans une longue interview accordée au lecteur du Parisien Aujourd'hui en France. Le chef de l'État qui veut renouer le dialogue avec des Français qui ne digèrent toujours pas cet épisode des retraites.
Question, comment Emmanuel Macron peut-il reprendre la main et donner un nouvel élan à son quinquennat sans majorité à l'Assemblée nationale, sans changer de Premier ministre et avec 72% des Français mécontents ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air intitulé ce soir Macron, un anniversaire et les casseroles. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Cécile Cornudet, vous êtes journaliste politique aux Echos. Je cite votre dernier article, 4 ans de mandat, combien de mois utiles ? Nathalie Moret, journaliste politique pour le groupe de presse régionale Ebra. Je cite votre dernier article publié ce matin dans les dernières nouvelles d'Alsace.
Macron, un anniversaire au son des casseroles. Olivier Beaumont, vous êtes grand reporter politique pour le Parisien Aujourd'hui en France. Avec en une ce matin l'interview d'Emmanuel Macron qui a répondu à vos lecteurs. Votre livre « Chéri, j'ai rétréci la droite » co-écrit avec Nathalie Chuc et c'est publié aux éditions Robert Laffont. Et enfin Frédéric Dhabi, directeur général opinion de l'institut de sondage IFOP. Votre dernière enquête pour le journal du dimanche montre que 72% des Français sont mécontents d'Emmanuel Macron. Et dont 47, donc près d'un sur deux, très mécontents en hausse de 7 points. Merci de participer à cette émission en direct.
Nathalie Moret, c'est vrai que le déplacement de Papendiaï a été perturbé cet après-midi par des casseroles à Lyon. Tous les ministres redoutent l'irruption d'opposants. C'est très simple des casseroles en plus, tout le monde en a chez soi. C'est très bruyant, il y a vraiment de quoi se faire entendre et perturber le déplacement d'un ministre.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les déplacements des ministres sont officialisés à la dernière minute. Là par exemple, la note aux rédactions pour le déplacement du président de la République cet après-midi est tombée dans nos boîtes mail trois heures avant et il n'était déjà plus possible de s'accréditer. Donc on voit que tout est fait pour que l'information arrive vraiment à la dernière minute et ça ne suffit pas.
Oui, moi ce qui m'interroge, c'est de savoir si effectivement on entre dans une ère des casseroles pour longtemps ou si c'est simplement quelque chose qui est assez irruptif et qui finalement arrivera à s'éteindre, pourquoi pas à la fin de la semaine avec la manifestation du 1er mai qu'on annonce importante et qui pourrait être une sorte de baroude d'honneur de la révolte contre la réforme des retraites. Je n
'ai
pas la réponse. En tous les cas, c'est quelque chose qui est assez mal vécu au sein de l'exécutif. Cette histoire de manifestation des casseroles, c'est quelque chose qui est interprété comme une réponse politique organisée par des oppositions. C'est d'ailleurs pour ça qu'Emmanuel Macron s'est arrêté à Pérole la semaine dernière, juste après son voyage à Ganges dans l'Hérault, où il n'avait pas rencontré les manifestants et en rentrant sur Paris avant d'aller à l'aéroport, il s'était arrêté dans une petite ville qui s'appelle Pérole, justement à l'improviste, et là, il avait été bien accueilli.
Donc on voit bien que le président de la République est assez embarrassé par ces casserolades et essaye de mettre en scène le fait que quand il rencontre les vrais gens, entre guillemets, ça se passe plutôt mieux.
Ces casserolades. Alors c'est vrai que LFI appelle à organiser une casserolade ce soir à 20h devant les mairies. La CGT Spectacle prévoit un comité d'accueil pour la ministre de la Culture, Ima Abdulmalak, à la cérémonie des Molières ce soir. Frédéric Dhabi, quel est l'état de l'opinion ? Est-ce que l'ambiance est aux casserolades
?
Ces casserolades, comme vous dites, c'est le reflet d'un mécontentement intense des Français vis-à-vis de la réforme des retraites. Pour une majeure partie des Français, la page n'est pas tournée. Emmanuel Macron fait tout pour, avec le cap des 100 jours, avec une exposition médiatique très forte, intervention présidentielle, déplacement sur le terrain, interview aux Parisiens, on
fait
tout pour purger, pour tourner la page. Les Français ne tournent pas la page. Donc ces casserolades, c'est le reflet de ce mécontentement qui touche de plein fouet le président parce que je suis frappé par la personnalisation de la relation entre les Français et le président. Cette réforme des retraites, c'est moins les 62 qui deviennent 64 ans que c'est lui contre nous. C'est pas Papendia qui est visé, là, cet
après-midi par les casseroles,
c'est
Emmanuel Macron.
La colère est là, les Français ne veulent pas passer outre pour l'instant, mais est-ce que la réponse politique attendue par rapport à cette réforme des retraites, ce sont des vociférations
et
des casserolades ? Sincèrement, je ne le pense pas. Tous les indicateurs, quand on regarde qui incarne le mieux l'opposition à Emmanuel Macron, qui pourraient constituer une alternative,
ce
n'est pas LFI, ce n
'est
pas la NUPES qui émerge. On le sait, c'est le Rassemblement national, c'est Marine Le Pen. Je pense que sur le court terme, cette volonté d'empêcher le gouvernement d'agir, comme vous le disiez tout à l'heure, Nathalie, on avait voulu empêcher François Fillon, empêtré dans ses affaires, dès la campagne, dès janvier ou février 2017, ça peut faire plaisir, ça peut faire sourire, mais en termes d'alternative, en termes politiques, en termes d'opposition, les Français n'attendent pas une opposition faite de casserolades et de vociférations. Ils attendent un contre-projet, ils attendent une alternative, ils attendent des critiques de fond.
Ça me rappelle de manière bruyante, encore plus bruyante, ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale pendant les retraites, où très clairement, les Français, de gauche comme de droite, ont été très déçus du débat où c'était la bordélisation, où c'était le tumulte, le bruit, la fureur et le fracas, plus qu'un vrai débat sur la réforme des retraites. Cécile Cornudet,
est
-ce à dire que c'est peut-être un peu tôt, finalement, pour Emmanuel Macron que d'organiser cette rencontre, cette volonté d'aller au contact des Français, parce qu'on le voit, la marmite est encore bouillante et il s'expose, du coup, à des casserolades. –
Oui, il y
a
eu des débats autour de lui, à partir de quel moment il faut essayer de reprendre langue avec les Français. Après, il y a tout de suite le soupçon d'être enfermé dans le palais de l'Élysée, donc il a préféré cette stratégie que j'appellerais, moi, du « poaching ball ». On met un poaching ball au milieu de la colère, les gens se défoulent dessus et on fait le pari qu'au bout d'un moment, ils finiront par se lasser et d'arrêter de donner des coups de poing dedans. Je crois qu'on est là-dedans parce qu'effectivement, c'est assez stérile, ça ne produit rien.
À part du bruit, les casseroles, si ce n'est énerver Emmanuel Macron, mais peut-être aussi arriver à montrer que les oppositions ne sont pas très constructives dans un moment où lui essaye d'embrayer sur autre chose. Mais si vous voulez me faire dire que ce sera long, avant qu'il arrive à retrouver l'oreille des Français et à réenclencher la dynamique de son quinquennat, oui, je pense que ce sera long.
Pas forcément seulement des casseroles, mais en tout cas cette colère ancrée des Français, cette étincelle sociale prête à exploser et puis ce blocage au Parlement qui est quand même là, on le voit moins du coup parce qu'on parle beaucoup de la rue, mais on n'a pas avancé d'un pouce sur le fait de pouvoir construire des réformes par la voie parlementaire. Et je pense que ça, ça va être un énorme souci et il n'a pas avancé là-dessus.
Alors Olivier Beaumont, vous, vous l'avez organisée, cette rencontre entre Emmanuel Macron et les Français au journal. Comment ça s'est passé d'ailleurs ? Comment on sélectionne les lecteurs ? Est-ce qu'ils étaient à l'image des Français, mécontents à 72% ? Et est-ce qu'il y avait parfois l'envie d
'en
découdre ? Et dans quel état d'esprit était le président ? Est-ce que lui-même semblait affecté ou au contraire, plutôt à retrousser les manches ?
Alors,
le face au lecteur, c'est un exercice assez connu. C'est une des marques de fabrique du Parisien aujourd'hui en France. Ce n
'est
pas le premier qu'on fait avec le président de la République. On en a fait plusieurs, notamment au cours ces 12 derniers mois. Souvenez-vous de cette fameuse phrase sur les vaccins, les non-vaccinés, que je n
'ai
pas fini de les emmerder. C'était déjà un face au lecteur qui s'était déjà passé au palais de l'Elysée en janvier 2022. On avait fait la proposition à l'Elysée il y
a
déjà quelques semaines de ce format-là puisqu'on savait qu'après la décision du Conseil constitutionnel sur la réforme des retraites, on savait que le président allait vouloir très vite revenir sur les devants de la scène médiatique.
Et
dans ces cas-là, on sait que ça passe par des allocutions, ça passe par des interviews télévisées et aussi des interviews en presse écrite. L'avantage face au lecteur,
c
'est qu'il n
'a
pas en face de lui des journalistes, tant pis pour nous j'ai envie de dire, mais face à un panel représentatif de Français qui est constitué par notre service communication notamment puisqu'on a un fonds de réserve comme ça de panélistes perpétuellement qui peuvent participer à des panels sur des sportifs, des stars du showbiz et des politiques aussi. Et donc on a eu le go pour tout vous dire de l'Elysée 48 heures avant. Donc il a fallu organiser assez rapidement ce panel qui d'ordinaire est un panel qui se fait plutôt autour de 6-7 invités. Là,
il
y avait 11 personnes. Il y avait quand
même
une volonté quand même aussi du côté de l'Elysée d'aller se les faire ces Français. Et d'ailleurs, on le voit, cet entretien, il a duré 2h30. C'est beaucoup. C'est beaucoup. Honnêtement, en général, ça a duré 1h30. Avec Emmanuel Macron, ça a souvent tendance à déborder un petit peu. Là, ça a duré 2h30. Et on le voit ce matin dans les colonnes de notre journal. Ils y sont allés, nos lecteurs, dès la première question d'ailleurs. Quand notre première lectrice lui dit « Mais comment vous avez fait pour en arriver là ? » On lui parle de cacophonie.
Ou
d'ailleurs, on lui demande « Mais est-ce que là, vous ne faites pas même aussi une opération de communication en nous recevant à l'Elysée ? »
Donc
des lecteurs qui ne sont dupes de rien, qui sont allés chercher sur toutes les thématiques du moment. Et Emmanuel Macron qui aime cette confrontation. Il ne
faut
pas oublier que pour sortir de la crise des Gilets jaunes, il s'était déjà embarqué dans la fameuse séquence du Grand Débat national où on se souvient, il avait été interpellé par le maire, mais aussi par beaucoup de Français qu'il rencontrait sur le terrain et qu'il y allait franchement. Donc c'est un exercice dont son entourage dit qu'il n'est jamais aussi bon que quand il est face à l'adversité. Et de ce qu'on a cru en avoir en retour après cette interview, en tout cas, il n'était pas mécontent des 2h30 qu'il avait passées avec nos lecteurs parce qu'il a
eu
le sentiment de pouvoir balayer un certain nombre de choses, beaucoup de sujets, et qui contrairement peut-être aux fois précédentes où il ne s'est pas enfermé dans la petite phrase de la petite polémique. On voit que dans ce qui tourne depuis ce matin, beaucoup de choses de fond sur les sujets de préoccupation des Français tournent autour de ces propos. Une fois que j'ai dit ça, qu'est-ce qu'on en retiendra dans une semaine et dans trois mois et dans six mois ?
Je suis un peu plus perplexe parce qu'on va peut-être y revenir au cours de cette émission, mais dans toutes les thématiques sur lesquelles il a été interrogé, il y a beaucoup de points sur lesquels il n'engage pas une clause de revoyure pour les prochaines semaines que de véritables annonces fortes. Nathalie Moré, sur la forme, on va revenir sur le fond de ce qui a été dit, sur la forme, on se le disait juste avant le début de l'émission, ce qui a été frappant, c'est le langage très parlé, presque, j'allais dire, familier. Est-ce que c'est dû au mode de l'exercice ? Au fond,
c
'était une discussion, vous avez écrit la discussion. Ou est-ce qu'il y a peut-être aussi une volonté de Jupiter qui descend dans l'arène, de désacralisation un peu de la fonction présidentielle et d'un Emmanuel Macron qui va au contact avec les mots des Français ?
Je le pense, parce que dans l'interview qu'il nous a accordée et qui a été publiée jeudi dernier, il avait une façon de parler comme ça qui était très cash, et effectivement c'est une interview qui a été relue par le président et qui n'a pas été amendée ou vraiment très très peu,
c
'est-à-dire qu'il a gardé ce vocabulaire très cash, très parlé, et je trouve qu'effectivement c'est sans doute pour travailler cette proximité qu'il veut installer avec les gens, on le voit, il s'arrête, il va les rencontrer dans des bars, comme à Pérole, j'étais en train de vous le dire l'autre jour, ou quand il était dans l'entreprise à Célesta, il leur parle de façon comme ça, c'est son but, un peu comme vous le disiez à la façon du grand débat post-Gilet jaune, on voit qu'il a envie d'aller rencontrer les gens au petit comité, donc ça s'est passé la semaine dernière, ça se repassera à nouveau cette semaine, même si pour l'instant on ne sait pas trop où, et effectivement le but c'est ça, c'est de renouer le dialogue, mais que ce ne
soit
pas d'une façon verticale, mais beaucoup plus horizontale.
Alors, des concerts de casseroles et des sondages au plus bas, le président aurait sans doute rêvé d'un anniversaire plus joyeux, un an jour pour jour après sa réélection à l'Elysée, Emmanuel Macron a choisi de s'exprimer dans les colonnes du Parisien, une interview et une volonté affichées, celle de se réengager dans le débat, sujet de Juliette Vallon et Nicolas Baudry-Dasson.
Un
an jour pour jour après sa réélection, Emmanuel Macron s'offre une interview d'anniversaire. Dans un long entretien accordé à 11 lecteurs du journal Le Parisien, retour d'expérience pour le président de la République, la réforme des retraites, il l'assume sur le fond, un peu moins sur la forme.
Peut-être que j'aurais dû plus me mouiller, peut-être que l'erreur a été de ne pas être assez présent pour donner une constance et porter cette réforme moi-même.
Qu
'il semble loin le temps de la victoire. Le 24 avril 2022, la Macronie célébrait la réélection d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. De la marche de la victoire au champ de Mars,
à
la crise politique et au concert de casseroles depuis la promulgation de la loi retraite. Emmanuel Macron tente de faire bonne figure sur le terrain.
Ce ne sont
pas les casseroles
qui feront avancer la France, donc je n
'ai
pas le droit de m'arrêter.
Au programme, loi immigration, service national universel ou rénovation énergétique des écoles, il promet de grands chantiers à venir pour la suite de son quinquennat. Pas de quoi calmer les Français pour l'instant. Selon un sondage IFOP publié hier, 47% d'entre eux se disent très mécontents de leur président. Et du côté de l'opposition, on ne croit pas aux 100 jours d'apaisement promis par l'Elysée. Sa première année de ce nouveau mandat, je ne sais pas pour vous, mais en tout cas pour beaucoup de gens peut-être qui nous regardent, ont paru comme une éternité. Et en un an de mandat, il s
'est
passé déjà beaucoup trop de choses, à un tel point que je pense que le compte à rebours est déjà lancé et que l'ère Macron est en train déjà de se terminer.
On
a l'impression qu'Emmanuel Macron lui-même est à bout de toutes les solutions, de tous les mensonges, de tous les dénis de réalité qu'il a pu raconter au pays et qu'aujourd'hui, à part allonger les phrases, utiliser beaucoup de place, il n'a plus grand chose à dire au pays. Face à la montée du RN dans les sondages et toujours dans son entretien aux Parisiens, Emmanuel Macron se présente comme seul rempart à la chef de file de l'extrême droite.
Marine Le Pen arrivera si on ne sait pas répondre aux défis du pays et si on installe une habitude du mensonge ou de déni du réel.
Encore faut-il réussir à convaincre, notamment les syndicats et plus particulièrement la CGT. Quand un lecteur du Parisien lui demande s'il a été blessé par l'emploi du mot LOL, utilisé par la nouvelle secrétaire générale Sophie Binet pour répondre à son invitation à l'Elysée.
Je
pense que ce n'est pas un formidable exemple. Quand vous avez un responsable syndical ou politique qui a ce type de réponse
? Le
président de la République n'a peut-être pas l'habitude du franc parler. Peut-être qu'il faut qu'il sorte davantage pour être habitué à ce type de formule. Mais le problème, en fait, cette formule, ce n
'est
pas tant un trait d'humour qu'un résumé de la situation, c'est-à-dire qu'on est confronté à une hypocrisie totale. Cet après-midi, le ministre de l'Éducation, Pape Ndiaye, a dû annuler sa visite à Lyon pour des raisons de sécurité. Comme d'autres ministres la semaine dernière, il était attendu par une centaine de manifestants venus avec leur casserole.
Olivier Beaumont, dans votre interview aussi, ce qui a été frappant, c'est qu'il est revenu sur ce fameux horticulteur qui, lors des journées du patrimoine, qu'il avait conseillé de traverser la rue pour trouver du
boulot.
Un de vos lecteurs demande à Emmanuel Macron s'il regrette cet épisode. Pas du tout, je le cite. Il s'en est pris à cet horticulteur. Il dit qu'il n'a jamais traversé la rue, il a refusé plein de jobs, et n'a jamais voulu bosser dans un autre secteur. Il a un peu enfoncé, ce pauvre jeune homme. Oui,
alors
deux choses, parce qu'effectivement, après cette fameuse séquence qu'avait fait beaucoup parler quand même à cette époque, l'Elysée avait essayé, effectivement, d'essayer de ce jeune homme à pouvoir trouver un emploi, pas forcément dans la restauration, mais en tout cas essayer de sortir de sa situation. Là, c'est très intéressant ce qu'il dit Emmanuel Macron, parce qu'effectivement, il règle ses comptes, mais il envoie aussi un message. C'est-à
-dire
que cet horticulteur, on est au début du précédent quinquennat, il incarne finalement ce discours aujourd'hui porté par Emmanuel Macron sur la place du travail, sur la valeur du travail, sur le retour du travail, et sur son objectif de plein emploi en France. Et quelque part, quand on revient aujourd'hui sur cette séquence a posteriori, ça corrobore finalement quatre ans par avance, ce qu'Emmanuel Macron veut faire aujourd'hui, et l'image qu'il veut aussi laisser à l'issue de ce quinquennat. Donc là, il y a bien plus loin que de régler ses comptes,
cet
horticulteur. Ça lui permet aussi de confirmer, de montrer qu'il y a une logique dans sa pensée, et qu'il n
'y a
pas un opportunisme politique aujourd'hui à vouloir aller effectivement sortir du dossier retraite par la question du travail. Non, la crise du travail, c
'est
un sujet central chez lui, c'est dans son ADN. C'est la question de l'assistanat, au fond, qu'il y a derrière cette question.
Oui, d'ailleurs, c'est
des
classes moyennes. C
'est une façon de sortir de cette crise des retraites en posant la question de la valeur travail. Oui,
en restant sur ses fondamentaux, que sont l'emploi et le travail, et en montrant qu'il peut encore faire des réformes. Une des réformes importantes à venir, qu'il mentionne dans cette interview, c'est celle du RSA, pour accompagner. Alors, on ne sait pas jusqu'où ce sera obligé ou accompagné. Les détenteurs du RSA à retourner vers l'emploi. Il dit qu
'il
y a une partie des gens au RSA qui ne pourront pas, parce qu'ils sont handicapés ou pas, revenir vers l'emploi, mais il y
en
a une partie qui se fiche du monde. Il dit qu'il a
une
expression comme ça, en disant, là, il faut vraiment les pousser à reprendre un emploi, parce que c'est un peu des emplois de confort. Alors, il ne reconnaît pas de faute sur l'horticuteur. En revanche, il y
a
une question sur, quand vous avez parlé des gens de rien, est-ce que c'était
une erreur ? Qui ne sont rien dans les gares.
Là, il dit, alors là, oui, c'était une
énorme
erreur, etc. Donc, il est toujours dans le même temps. Il fait des mea culpa, mais jamais
totalement
non plus. Il avait été suivi par les Français sur la phrase dont vous parlez, s'agissant de l'horticulteur. Les phrases d'Emmanuel Macron, c'est vieux comme le monde. Sa première prise de parole, avant qu'il soit président de la République, c'est Europe 1, les ouvrières de Galles, qui n'ont pas le permis, qui pour certaines sont illétrées.
C'était
sa première prise de parole, il s'était excusé. L'opinion publique, au moment de l'affaire de l'horticulteur, traversait la rue pour trouver un travail, mais a suivi massivement, était d'accord avec cette idée,
sauf...
Avec l'idée d'Emmanuel Macron. Oui, sauf les 25-30 ans, la génération de l'insertion, qui peine à s'insérer, parce que tout cela, déjà, c'était un contexte où le chômage avait fortement décru en termes de préoccupations pour les Français. Il y avait la petite musique, maintenant, de plus en plus forte, des emplois non pourvus. Et quand on interroge les Français sur la fameuse phrase que l'IFO pose depuis une vingtaine d'années, une trentaine d'années, « Les chômeurs pourraient trouver du travail s'ils le voulaient vraiment », on est passé au moment où Laurent Wauquiez, qui parle du cancer, pardon, de l'assistanat, lance cette phrase à un petit 50%, à quasiment trois quarts des Français.
Et c'est majoritaire à gauche. Donc, il avait, de ce point de vue-là, bien senti le pays. Par contre, ceux qui ne sont rien, ça a encore plus enraciné l'image d'un président déconnecté, arrogant, qui ne connaît pas la vie des Français. Donc, ces petites phrases, ça fait partie de lui. Ça a
quand
même permis, vous parliez du sondage JDD, qui n'est pas très bon, avec ce 47% de très mécontent, c'est son record, même au moment des Gilets jaunes, il avait moins de rejets, si je puis dire, épidermiques. Mais quand même, ses déplacements sur le terrain, où il montre un certain panache, un certain courage pour sa base, lui a permis de garder son socle. Il a toujours trois quarts de son électorat du 10 avril 2022, qui lui est favorable, et il progresse à droite. Mais le chemin est très long, parce que le voir sur le terrain, c'est aussi réactiver cette relation de plus en plus envenimée avec les Français.
Alors, et on précise d'ailleurs qu'on voit certains manifestants s'en prendre à Emmanuel Macron de façon très familière. Il faut savoir qu'attention, il y a trois manifestants qui vont être jugés en septembre prochain, alors parce qu'ils avaient fait les bras d'honneur et insulté le président. Et donc, ils seront poursuivis pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, parce que Frédéric Dhabi, la personne d'Emmanuel Macron, c'est plus que son action, c'est la personne qui est au centre de ce qu'on appelle la détestation. Mais complètement, dans l'enquête IFOP-JDD dont vous parliez, il y a une partie qualitative.
On pose des questions ouvertes, vous nous dites être mécontent ou satisfait d'Emmanuel Macron, qu'est-ce qui explique cela ? Moi, j'étais frappé de voir qu'il n
'y
avait quasiment rien
en
dehors de la réforme des retraites. Même l'inflation, le pouvoir d'achat, était très fortement atténué dans les discours.
Et
sur les retraites, on ne parlait pas de la réforme du 62-64 ans, mais on parlait surtout, les Français mécontents, parlaient d'une forme de surdité d'Emmanuel Macron. Il n'écoute pas la rue, il n'écoute pas les manifestants, il n'écoute pas les syndicats, il n'écoute pas les Français, même au travers des sondages, une sorte de drôle de mise en abîme. Il n'écoute pas les partis d'opposition. C'est en cela qu'on est dans un drôle de mandat qui commence à peine, qui n'est pas mort-né, mais qui est mal-né, mais qui, pour beaucoup de Français, est un mandat de 10 ans. Et quand on parle de fin de règne, j'ai envie de nuancer, on a toujours dit que c'était très difficile un second mandat.
François Mitterrand, en son temps, Jacques Chirac-Rélieu, avait réussi à créer une sorte de différenciation entre le premier et le second mandat. Ils sortaient tous les deux de la cohabitation. La nomination de Michel Rocard avait fait du bruit. Même celle de Jean-Pierre Raffarin avait aussi suscité un certain écho. Là, on a vu une sorte de continuité fâcheuse,
ce
qui fait que, comme le dit Manon Aubry tout à l'heure, c'est ce que nous disent beaucoup de Français, il n'y a pas eu d'oscillation, de différenciation qui fait que l'ambiance de fin de règne s'installe. Alors qu'il lui reste 4 ans, il a la durée. Et Nathalie Moret, est-ce que si le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'on a l'impression que le pouvoir est très... Tout remonte à sa personne. Et ce matin, dans l'interview, il était à noter qu'Elisabeth Borne, elle a fait l'objet à peine d'une phrase. Elle est comme un fantôme. Alors si, il a dit quand même, elle a ma confiance, elle fait bien son travail, dans un moment difficile pour le pays,
point. Et c'était quasiment mot pour mot ce qu'il m'a répondu lors de l'interview qu
'il
nous a donnée la semaine dernière. Tout ça sans citer son nom.
Il
cite la fonction, la première ministre.
Et quand on est Elisabeth Borne, comment on reçoit, qu'on lit la double page
?
On dit, tiens, moi je fais une phrase.
Je pense qu'on tousse un peu. Mais j'allais dire que je ne
suis
pas sûre qu'Elisabeth Borne soit... Évidemment qu'elle doit être touchée par ça. Mais Elisabeth Borne, il faut avoir confiance que c'est une ingénieure, et donc c'est une femme de mission. Elle a une mission à faire. La première, c'était la réforme des retraites. C'est fait. La seconde, c'est de relancer le quinquennat d'Emmanuel Macron. Parce que pour répondre à
ce
que vous disiez, Frédéric, c'est vrai que pour l'instant, on a vu un certain continuum entre le premier et le second quinquennat. Mais ce n
'est
pas pour rien qu'il annonce 100 jours. Il annonce 100 jours puisque c'est généralement les 100 premiers jours d'un quinquennat, c'est là où tout s'installe. Donc le fait qu'il installe ce récit de 100 jours, c'est justement pour donner l'impression qu'on rentre réellement dans le second mandat. Et c'est donc la mission d'Elisabeth Borne qui a jusqu'au 14 juillet pour installer une feuille de route qu'elle détaillera mercredi. Est-ce qu'elle a une durée de vie au-delà des 100 jours ? Je lui ai posé aussi la question la semaine dernière et il a gentiment éludé.
Ce
qui n'est pas bon signe
? Ce
qui est dans
la vienne d'un premier ministre.
Je pense que de toute façon, il ne sait pas aujourd'hui, là, à date, Emmanuel Macron, ce que deviendra Elisabeth Borne dans un mois ou dans 45 jours ou dans 3 mois. C'est la durée de vie d'un premier ministre. Ce n'est jamais écrit d'avance. Lui
-même ne le sait pas.
Je
ne crois
pas.
Et surtout, il s'en fiche, en fait. Je pense que c'est vraiment ça. Parce que ce qu'il dit dans l'interview, c'est « j'aurais dû m'investir plus ». Et c'est vrai que là…
En creux, il
faut
que je fasse tout.
Oui, c'est ça. Et on sait qu'il
y
a plein de positions. Par exemple, c'est Elisabeth Borne qui a demandé plus de temps pour négocier avec les syndicats. Ça n'a rien donné. Donc, il a perdu 3 mois à l'automne. En plus, après, c'est elle qui a dit « je vais négocier avec LR ». Et on va avoir un vote à LR. Il n
'y a
pas eu de vote à LR. On a été obligés de passer par le 49.3. Et elle, la super techno, c'était sa réputation. On a vu que dans cette réforme des retraites, il y avait plein de choses qui n'allaient pas, les 1 200 euros.
Enfin,
il y a eu plein de petits bugs. Donc là, il dit, comme souvent, comme faisait Nicolas Sarkozy, quand quelque chose ne va pas, « décidément, je ne
peux
compter sur personne. Il n
'y a
que moi qui pourrais faire. » Et est-ce qu'on pouvait penser que dans cette période, il changerait un peu cette conception du Premier ministre en prenant quelqu'un de fort politiquement parce qu'il y a ce blocage à l'Assemblée qui empêche de trouver des majorités ? Et en fait, quand il dit ça, ça veut vraiment dire que non. Lui, sa conception du Premier ministre, c'est un exécutant qui compte à peine. Donc on répond du bout des lèvres quand on demande s'il va durer ou pas. De toute façon, ça ne compte pas. Elle, elle cherche des signaux de réassurance.
Elle demandait par exemple un mini-remaniement ministériel pour que ceux qui sont vraiment très invisibles comme ministre soient remplacés, qu'elle ait des gens plus doux. Pour l'instant, on ne voit pas ça venir. Donc à priori, il reste dans sa conception. Quel ministre aurait fait
des prêts ? Eh bien, ceux dont
vous ne savez pas les noms. Il y en a au moins une bonne dizaine et quinzaine, dit Nathalie, qui n'existent pas du tout. Et puis,
il
y a toujours cette interrogation autour de Papendai. C'est la grande cause, l'école d'Emmanuel Macron dans ce quinquennat. Et on voit que jusqu'à présent, c'est un petit peu pour lui difficile d'exister médiatiquement et avant les casseroles.
Olivier Beaumont, vous vous êtes dit au terme de cet entretien qui a duré deux heures et demie,
il
n
'y a
pas eu de réassurance pour Elisabeth Borne ?
C
'est l'un des enseignements en creux ? Déjà, il répond à une question, il en parle à minima, certes, mais il faut se souvenir que dans son allocation du 17 mars, il ne la cite pas du tout. Donc, il y
a
un petit progrès quand même. Elisabeth Borne, elle est dupe de rien. De toute façon, elle sait très bien que déjà, Matignon,
c
'est un poste en CDD. Et encore plus là, quelque part, les 100 jours actent la fin presque de son mandat à Matignon.
C
'est-à-dire que, enfin,
son
mandat, ce n
'est
pas un mandat à Matignon, mais que, grosso modo, après le 14, entre le 14 juillet et puis la rentrée de septembre, on peut supposer, on peut supposer qu'il y aura un changement de Premier ministre à ce moment-là. Il veut encore sonner du temps parce qu'effectivement, Emmanuel Macron, ce n
'est
pas quelqu'un, c'est-à
-dire
quelqu'un qui décide au dernier moment. Encore plus quand il s'agit du choix des femmes et des hommes.
Il n'aime pas changer, oui.
Voilà, exactement. C'est quelqu'un qui est très mauvais en termes de ressources humaines, qui n'aime pas se séparer des gens, quand bien même il peut y
avoir
des désaccords politiques. Et puis, Isabelle Bourne est encore très pratique et très utile à la place à laquelle elle est aujourd'hui parce qu
'il
y a quand même une information majeure dans cette interview. C'est la question du projet de loi immigration que le président de la République veut remettre sur l'établi en tant que projet de loi que texte à part entière et non pas un texte saucissonné comme il l'avait laissé entendre il y a quelques jours. Non, mais ça, c'est quand même une annonce parce que déjà, ça veut dire que Gérald Darmanin a obtenu un arbitrage là-dessus parce que lui ne voulait pas d'un saucignage du texte. Première information.
Et deuxième chose, Emmanuel Macron, il a bien compris que sur le PSG et l'immigration, il n'aura pas, une fois de plus, de majorité à l'Assemblée nationale et que bien qu'Elisabeth Bourne ait dit dans une interview à
l
'AFP qu'elle ne voudrait plus recourir au 49.3 hors texte budgétaire, petite parenthèse, le président de
la
République était très en colère qu'elle aille faire cette affirmation comme ça, de manière un peu péremptoire et très risquée politiquement auprès de l'AFP. Il se doute bien que, quelque part, Elisabeth Bourne, si le texte, puisque l'idée, c'est qu'il soit débattu d'ici cet été,
on
peut très bien imaginer qu'elle ait, malgré tout, l'obligation d'avoir recours au 49.3, vaut mieux utiliser un 49.3 avec une Première ministre en fin de règne plutôt que d'aller cramer, pardon, excusez
-moi
l'expression, un ministre, un Premier ministre qui vient d'arriver et se prendre tout de suite le mur d'un 49.3 dans l'hémicycle et qui serait en fait tout de suite décrédibilisé, à peine arrivé à Matignon.
–
Tout cela, Nathalie Mouret, est
-ce
que ça ne donne quand même pas l'impression d'un président qui est seul, qui a une communication compliquée avec sa Première ministre ? On n'a plus du tout cet effet de bande, de la Macronie qu'on avait lors du premier quinquennat. Et on a l'impression d'un Emmanuel Macron même qui a une piètre estime des ministres qui composent son gouvernement. –
Moi, je pense qu'il est seul mais il l'était déjà avant. C'est
-à
-dire qu'effectivement, au tout début du premier quinquennat, il y avait la bande qu'on avait appelée des Mormons qui était très présente. Bon, ils sont partis mais ils sont quand même un petit peu revenus et de temps en temps, il les écoute et il échange avec eux. Mais depuis qu'il est président, il est seul. Et c'est la conception qu'il se fait du président de la République. Donc, ça se voit. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle son épouse, Brigitte Macron, a dit cette phrase la semaine dernière en disant non, non, l'Élysée, c'est un lieu certes à part mais il n'est pas isolé.
– Frédéric Dhabi, cette solitude, est-ce que ça n'est pas propre à l'Élysée
? –
Il l'a lui-même voulu avec ce qui était sa marque de fabrique en 2017 dont les Français ne veulent plus. En 2017, c'est le gouvernement des experts. Les Français ont vu échouer la gauche sous François Hollande, la droite sous Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. Ils se disent dans leur imaginaire mettons une sportive au sport, un DRH à l'emploi, un médecin à la santé et ça se passe plutôt bien même si c'est vrai que très peu de ministres inconnus en 2017 émergent véritablement. On peut citer Marlène Schiappard,
on
peut citer Jean-Michel Blanquer, on peut citer dans la deuxième partie du quinquennat Gabriel Attal qui ne
fait
pas partie des experts, il n
'y a
pas une expérience professionnelle même s
'il
était expert des questions de santé. Là, en 2022, avec d'un côté comme ça a été très bien dit à l'Assemblée ce cas par cas de plus en plus compliqué à mettre en œuvre, du côté
du
gouvernement, il est extrêmement seul puisque quand on a cité tout à l'heure, je ne donnerai moi pas de nom, mais les sujets qui intéressent le plus les Français, qui les inquiètent le plus en dehors de l'inflation et du pouvoir d'achat, les sujets sur lesquels et le 22 mars et le 17 avril, Emmanuel Macron est dans vos colonnes à donner quelques mesures concrètes. Santé, éducation, grand âge, les ministres en charge de ces dossiers
sont
parfaitement estimables mais pour les Français ne sont pas connus, n'incarnent pas. François Braun, Mappé Niaï et Jean-Legrand et Jean-Legrand
en
politique, il faut incarner et quoi de mieux avoir ce président qui ne donne pas beaucoup de relief à son second mandat, même s'il y a maintenant les 100 jours le vote de la réforme des retraites, d'être épaulé. On se souvient de la Dream Team celui-là de Jospin, je remonte loin à Dessin, un gouvernement très fort sous Nicolas Sarkozy et François Fillon, voire sous François Hollande. Là, le président apparaît encore plus seul avec la plupart de ses ministres en dehors de Bruno Le Maire, Gabriel Attal, Gérald Darmanin qui n'incarnent pas vraiment leurs fonctions. C'est ça qui donne cette impression de solitude absolue.
Alors,
c'est bien connu en politique, le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres. Les difficultés d'Elisabeth Borne aiguissent donc tous les appétits et une question qui pourrait la remplacer. Alors, au jeu des pronostics, un nom revient régulièrement, c'est celui de Gérard Larcher, le président LR du Sénat semble aujourd'hui incontournable, sujet de Juliette Perrault et Axel Bertrand. Les
traits tirés après des heures de débat jusqu'au bout de la nuit au Sénat. Gérard Larcher, fatigué et qui, chose rare, perd même son sang-froid. ... S'il vous plaît,
du
dernier alinéa de l'article 44b, c'est moi qui préside.
Qu
'importe, le président du Sénat a réussi à tenir ses troupes. La réforme des retraites est adoptée grâce aux Républicains.
Une
victoire pour ce ténor de la droite, discret mais incontournable. Gérard Larcher ou la politique à l'ancienne. Gaulliste depuis ses années lycées, ce vétérinaire de formation adhère au RPR dès sa création en 1976 et enchaîne les mandats.
Maire
de Rambouillet, sénateur des Yvelines, ministre délégué au travail puis à l'emploi sous Chirac.
En
2008, il se présente à la primaire UMP pour la présidence du Sénat. Face à lui, un certain Jean-Pierre Raffarin. Gérard Larcher est élu dès le premier tour et joue la carte de la modestie.
Je
mesure toujours le caractère
un
peu injuste de
la
proclamation toujours des résultats. Et je voudrais dire que j'entends être avec eux celui qui maintenant va s'adresser à la majorité sénatoriale que nous devons constituer. Monsieur Larcher, 173.
Une
semaine plus tard, il remporte le Sénat dès le premier tour là aussi.
Je ferai tout pour qu'ensemble, chacun d'entre nous, sur tous les rangs de cet hémicycle, nous soyons heureux et fiers de notre action commune.
Et
c'est peut-être là la plus grande force de Gérard Larcher. Prendre de la hauteur pour rassembler. En 2019, il se lance dans un tour de France des régions.
Il
découvre les cités minières. Le président du Sénat se laisse guider à la rencontre des élus de son camp et des Français.
C'est CIS qui disait que
c
'était le premier président du Sénat il y a bien longtemps. Il disait la confiance vient d'en bas.
Une reconquête des territoires qui doit permettre de relancer la droite en déliquescence depuis la fin de l'ère Sarkozy. Gérard Larcher a l'habitude de vrai en coulisses. Lorsque Jacques Chirac et Édouard Balladur s'affrontent en 1995, il soutient Balladur mais achète un téléphone pour continuer de parler à Chirac.
Dans
la guerre Copé-Fillon en 2012, il est en première ligne pour tenter d'éteindre l'incendie. Quant à ceux qui prendraient des libertés à l'image d'Aurélien Pradier sur les retraites, il n'hésite pas à les recadrer en public.
Je
dis à Aurélien Pradier qu'il appartient à une famille politique qui a défini un certain nombre de valeurs. S'il se sent vraiment de notre famille politique, il doit à un moment prendre la décision de voter la loi.
Un chef de filtre est respecté.
Pas
de critique virulente de la part de la gauche et l'oreille de l'Élysée. Gérard Larcher est reçu par Emmanuel Macron et Élisabeth Borne, allié de circonstances de la majorité sur la réforme des retraites.
Au
Sénat,
je
vous le disais, depuis 4 ans, nous pensons indispensable de sauver le système par répartition.
Mais
le président du Sénat peut aussi hausser le ton, notamment sur la méthode Macron.
C
'est une crise de gouvernance et la manière de gouverner d'Emmanuel Macron est interrogée par cette crise comme elle l'avait été au moment des Gilets jaunes,
comme
elle a été à un moment de la crise sanitaire.
C
'est aussi une crise liée au déficit du dialogue social.
Alors le nouveau et l'ancien monde peuvent-ils cohabiter
?
Gérard Larcher pourrait-il devenir le prochain Premier ministre
? Pour
gouverner, il faut une majorité,
il
faut un projet, il
faut un
contrat. Et aujourd'hui, ces conditions ne sont pas réunies.
Aujourd
'hui, je ne dirais pas oui.
Pas
oui, mais pas vraiment non.
Comme
toujours l'art de l'équilibre qui explique peut-être sa longévité politique.
Alors,
Cécile Candudé, est-ce que ça pourrait être une solution pour Emmanuel Macron pour commencer le
nouveau
quinquennat ? Alors, que Gérard Larcher ait tout fait pour que ça puisse être une possibilité, ça c'est sûr. C'est le plus roué des hommes politiques, Gérard Larcher. On se souvient peut-être, mais dans le dernier quinquennat, il était très critique, c'était vraiment le premier des contre-pouvoirs. Et depuis ce nouveau quinquennat, il a bien vu qu'Emmanuel Macron n'avait pas la majorité. Et il s'est dit peut-être qu'à un moment du quinquennat, il aura besoin de quelqu'un de droite qui lui apporte les élus de droite. Donc, je pense qu'il est dans ce calcul. Pas tout de suite parce qu'en septembre, il
y a
les élections sénatoriales, mais là, dans la réforme des retraites, on voyait des images d'Elizabeth Borne avec Gérard Larcher, c'est lui qui a été à la manœuvre pour essayer de faire un accord entre LR, alors ça n
'a
pas marché, entre LR et l'exécutif sur les retraites. Donc, il a rendu ce service à Emmanuel Macron. Du côté d'Emmanuel Macron, donc, il a besoin d'une majorité. Mais, d'abord, Gérard Larcher, il vient du Sénat et donc, il ne connaît pas forcément les députés LR. Et on a vu combien ils étaient divisés et totalement inconséquents. Il disait une parole un jour, il ne la tenait pas le lendemain. Donc, est-ce qu'il a la maîtrise des élus à l'Assemblée nationale ? Ce n
'est
pas évident. Et puis, il faudrait, pour cela, qu'Emmanuel Macron change de conception de Premier ministre. On disait qu'il avait pour l'instant toujours considéré que c'était un exécutant et que c'était lui qui était en première ligne. Gérard Larcher, ce ne serait pas un exécutant, ce serait quasi une cohabitation. Quel serait son intérêt ? Lui, il ne peut pas se représenter Emmanuel Macron, donc il a quatre ans utile devant lui à pouvoir marquer le pays. « Je ne le vois pas » à l'heure qu'il est, déléguer son pouvoir, même si ce sera très compliqué d'avancer à l'Assemblée.
Mais Nathalie Moret, vous aussi, on peut lire dans l'attitude de Gérard Larcher qu'il en a envie de Matignon, parce qu'on parle souvent de l'enfer de Matignon. Beaucoup y pensent et beaucoup scrutent la place d'Elisabeth Borne sans le dire officiellement.
Alors
moi, j'ai lu l'interview que Gérard Larcher a accordé aux Parisiens la semaine dernière et la question lui est posée.
Et
il répond « Les conditions ne sont pas remplies ». Excusez-moi, mais il ne répond pas « Ah non, il en est hors de question, je ne suis dans l'opposition ». Non, il dit « Les conditions ne sont pas remplies ». Pire, il dit « Ce qui ne va pas ». Il dit qu'il y
a
des désaccords, notamment en dépenses publiques, décentralisations, régaliens. Donc, il acte en trois points ce qu'il faut changer. Et enfin, dernière phrase, il dit « Moi, mon horizon, c'est les sénatoriales de septembre, point barre. Traduction,
on
verra à partir du mois de septembre. » Moi, j'avoue que je ne croyais pas trop à cette hypothèse pour les raisons, Cécile, que vous venez d'énoncer. Mais quand je vois cette réponse de Gérard Larcher, je me dis « Tiens, j
'ai
l'impression qu'il y pense ». Et finalement, bah oui, il est très roué, c'est un politique connu tout le monde, respecté tous. Et surtout, il est président du Sénat depuis des années. Qu'est-ce qu'il peut espérer de plus
?
Rien. S'il était Premier ministre, c'est vrai que c'est quelque chose qui terminerait, j'allais dire, pardon de le dire comme ça, mais superment bien sa carrière politique. Donc peut-être que dans son esprit, il y pense. En tous les cas, moi, la réponse qu'il a fait à votre confrère, je crois que je sais qui c'était la semaine dernière, je me suis dit « Tiens, oui,
il y pense ». Voilà. Et l'idée, ce serait d'amener au moins les 40 députés qui n'avaient pas voté la censure pour faire tomber Elisabeth Borne.
Absolument, il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Emmanuel Macron en a besoin, il est en train de réfléchir. Donc qui peut me les apporter ?
Alors, Olivier Beaumont, question de Marie à Paris qui vous pose cette question parce que c'est une hypothèse qui a circulé et qui circule et pourquoi pas Nicolas Sarkozy comme Premier ministre. Il y a plusieurs articles de presse qui évoquent cette piste. Oui, alors je vous avoue que
je
suis assez circonspect quand même. Ah, ça
se
fait un coup là ! Oui, alors franchement, je n'y crois pas du tout. C'est que la politique est au revoir du vide. Donc dans ces moments-là, les hypothèses parfois les plus farfelues peuvent sortir du chapeau. Déjà, il faut comprendre la psychologie de Nicolas Sarkozy. Déjà, il
faut
savoir que quand on rencontre Nicolas Sarkozy,
il
tient à ce qu'on lui salue toujours d'un monsieur le Président de la République. Je ne
vois
pas demain que ce Président de
la
République
se
faire rappeler monsieur le Premier ministre. Rien que cet argument-là, il balaye tous les autres. Et puis franchement, Nicolas Sarkozy, du haut de son aventin, son bureau de la Réunion roménile avec ce sentiment de retirer encore parfois quelques ficelles. Il reçoit tour de bras, tout le banc et l'arrière-ban de la droite mais aussi de la Macronie, y compris aussi des élus de la gauche. Il a l'oreille du Président de la République. Il a ses activités à l'étranger. Il a ses titres honorifiques. Il représente parfois aussi Emmanuel Macron dans les institutions et les organisations internationales. Que va-t-il faire
? Que
va-t-il faire à aller comme ça dans l'enfer de Matignon pour reprendre cette expression effectivement ? Aller les mettre dans le cambouis
?
Franchement, il n'y a aucune, aucune, aucune hypothèse. Je rebondis juste sur l'hypothèse de Gérard Larcher quand même pour appuyer, pour apporter un autre élément, un dernier élément. Effectivement, Emmanuel Macron, il est à la recherche d'une personnalité idoine
peut
-être à droite effectivement pour la suite de ce quinquennat. Gérard Larcher, comme l'a rappelé Cécile, il n'a jamais été en anti-pouvoir mais il se voit en contre-pouvoir. Gérard Larcher, dans les moments importants du précédent quinquennat, et même là, il a toujours répondu présent près d'Emmanuel Macron pendant la crise du Covid, pendant la réforme des retraites. Gérard Larcher a toujours été attaché au bicamérisme, au respect des institutions.
Emmanuel Macron, qui a besoin du soutien du Parlement, des deux chambres, peut avoir, par l'entremise et par la personnalité de Gérard Larcher, avoir une figure comme ça qui permettent effectivement de pouvoir parler et de brasser beaucoup plus large et d'autant que, lui pour le coup, on ne lui suspecte pas d'autres ambitions, peut-être matignon, mais en tout cas, pas au-delà. En tout cas, pour revenir à Nicolas Sarkozy, voilà, vraiment, j'y crois pas.
Ça a
été convaincu,
monsieur le Premier ministre.
Frédéric Davy, alors on parlait de trouver une personne qui serait capable de ramener ses 40 députés de droite mais aussi, beaucoup pensent, j'imagine, à l'élection présidentielle de 2027 où Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter. Ça veut dire qu'il
y
a toute une partie de l'aile droite de la Macronie qui va être en déshérence qui, pour récupérer à la fois ses personnalités de droite, pour les fédérer, et pour récupérer cet électorat de droite qui devra se trouver un nouveau héros pour 2027. C'est drôle, c'est le décalage entre la droite, canal historique, LR, en difficulté parce que cette tripartition du champ politique entre le bloc central, la NUPES et le RN, la condamne à une force d'appoint mais comme ça a
été
très bien dit, une force d'appoint qui pourrait être indispensable pour sortir de la logique du cas par cas. Mais aujourd'hui, la droite, ça se passe à droite, ça se passe partout, ça se passe nulle part. Il y a une droite qui soutient Emmanuel Macron, on l'a vu dans les enquêtes encore de ce dimanche, il y
a
une droite qui est très tentée par le vote RN et puis il y a une droite qui plébiscite Édouard Philippe, une enquête IFOP pour Paris 1ère, l'émission Ne nous fâchons pas, on demande, alors c'est bien sûr un exercice de style, quelle personnalité est le plus capable de rassembler les électeurs de droite parce qu'ils sont maintenant éclatés dans la perspective de 2027, Édouard Philippe arrive nettement en tête, il rassemble deux tiers des sympathisants LR et il devance très nettement Nicolas Sarkozy, comme vous, les Français ne croient pas à l'hypothèse d'un président qui maintenant appartient à l'histoire, revenir mettre les mains dans le cambouis, Xavier Bertrand fait un score assez intéressant auprès des sympathisants de droite et sympathisants LR et c'est intéressant de son interview dans Le Monde où il conseille à Emmanuel Macron d'être dans un état de cohabitation, il intériorise le fait que Emmanuel Macron comme Jacques Chirac comme François Mitterrand devraient vivre une sorte de cohabitation intérieure et pour pouvoir sortir du cap à cas pour pouvoir sortir de l'incarnation très mal aisée de beaucoup de ministres appeler quelqu'un de chez LR qui permettrait de donner une majorité plus cohérente puisque
on
a vu pendant le premier quinquennat sur des grandes réformes du point de vue de l'opinion publique une sorte de sainte alliance LR, LREM qui soutenait comme un seul homme toute une série de réformes. Là où le bas blesse où cette théorie peut être un peu plus fragilisée c'est qu'on a vu pendant la séquence retraite la droite être laminée entre la droite du Sénat et la droite de l'Assemblée nationale chez les sympathisants LR eux-mêmes 1 sur 2 favorables à la réforme mais en tout cas aujourd'hui l'homme qui rassemble la droite n'est pas chez LR c'est très clairement Edouard Philippe.
Alors
même le président le souligne le Rassemblement National pourrait être le grand gagnant de cette crise politique quitte à recruter directement chez ses adversaires Laura Radeau et Marion Devauchel ont rencontré des jeunes LR qui vous allez le voir préfèrent le parti de Marine Le Pen pour qui le parti de Marine Le Pen n'est clairement plus infréquentable on regarde.
En
ce moment les bonnes nouvelles se fêtent au Rassemblement National
Ce
soir-là on se réjouit des très bons sondages
et
on accueille les nouveaux venus comme Flavien Termet cet étudiant de 21 ans a claqué la porte des Républicains en décembre pour prendre sa carte au RN
Aujourd'hui chez les jeunes républicains quand on défend les classes moyennes et populaires quand on défend la retraite à 62 ans
on est traité de gauchiste on dit qu'on est de gauche et moi je le dis non moi je le dis non moi je ne
suis
pas de gauche moi je suis gaulliste
Le
gaullisme il est avec Marine Le Pen maintenant
?
Bien sûr bien sûr évidemment moi je ne
me
suis jamais senti autant gaulliste depuis que
je
suis
en
guerre Jean-Pédic que
depuis que j'ai rejoint le RN Je retrouve dans son discours tout un tas de discussions que j'ai pu avoir aussi avec des
amis quand j'étais étudiant etc on a les mêmes références on fait la politique pour les aider mais pour les voir exercer au pouvoir et donc en l'occurrence c'est le Rassemblement National qui est la force principale du camp national aujourd'hui et c'est tout naturel aussi que des gens qui veulent voir ces idées arriver au pouvoir qui n
'ont
pas envie d'attendre 30, 50, 70 ans rejoignent le Rassemblement National
Flavien Termet a même été recruté comme collaborateur à la direction du RN
depuis
la bataille des retraites les départs des jeunes LR se comptent par dizaines s 'ils ne comptent pas s'engager ailleurs pour le moment ces trois là s'interrogent sur l'avenir de la droite
en
mars dernier le très droitier magazine L'Incorrect fait poser en une tout sourire le patron des jeunes républicains avec ses homologues du RN et du parti d'Éric Zemmour
c
'est vrai que ça fait beaucoup parler quand même
oui
mais ça va enfin il n
'a
pas
en fait c'est qu
'il y a du positif et il y a du négatif sur cette une en tout cas une couverture qui choque certains ténors LR pour qui l'extrême droite reste infréquentable et qui creuse encore un peu plus le fossé générationnel à droite
c
'est plus quelque chose qui attire
aujourd
'hui qu'on le veuille ou non et peu importe ce qu'on en pense ils ont quand même 80 députés à l'Assemblée Nationale donc il
y a
un moment donné il faut aussi comprendre pourquoi les français ont élu autant de députés de ce parti là et donc discuter c'est aussi comprendre
qu
'est-ce qu'on appelle fréquentable aujourd'hui moi encore une fois je pense que discuter avec le RN avec toute autre partie politique qui rentre dans le champ républicain c'est pas un problème en soi au contraire ça mène du débat c'est quelque chose de bénéfique pour la démocratie en
pleine tempête eux ne veulent pas quitter le navire
mais
jusqu'à quand
dans
la section LR d'Evreux la colère monte contre une direction parisienne jugée responsable du fiasco pas assez claire et parfois trop conciliante avec Emmanuel Macron
on
a besoin de gens qui vont défendre une droite indépendante droite dans ses bottes claire dans ses convictions et qui sait où elle veut aller aujourd'hui on est à 4% à la dernière présidentielle et parti comme c'est parti je vois pas comment est-ce qu'on pourrait remonter qu'est-ce qui se passera la prochaine fois on risque de perdre des députés à l'Assemblée nationale on risque éventuellement de même pas avoir de députés au Parlement européen il faut réagir il
faut
un électrochoc parce que sinon c'est une mort lente qui attend le parti et c'est triste
Marine Le Pen n'a sans doute pas cette inquiétude selon un récent sondage si le premier tour devait avoir lieu aujourd'hui la candidate du RN arriverait largement en tête avec 31% des voix
Cécile
quand il y
a
eu des questions de Sébastien dans le Calvados plus Emmanuel Macron parle plus Marine Le Pen se tait et engrange des intentions de vote
je
rajouterai plus Emmanuel Macron parle plus la nupesse fait du bruit et des casseroles plus Marine Le Pen se tait et plus elle engrange elle prospère manifestement à l'ombre de cette extrême gauche très très bruyante qui fait de
l
'obstruction à l'Assemblée qui conspue les institutions elle forge par contraste une image de respectabilité qui respecte les institutions raisonnables qui ne va pas brûler les voitures dans la rue comme elle dit donc oui elle engrange est-ce qu'au bout du compte ça se traduira en intention de vote on est très très loin de
l
'élection présidentielle et à un moment ou à un autre on lui demandera qu'est-ce qu'elle pense qu'est-ce qu'elle a dans le ventre est-ce qu'elle est toujours est-ce que voilà les gens la voient ou pas comme compétente est-ce qu'elle a progressé là aujourd'hui on peut absolument pas dire ça mais en contraste avec les autres c'est sûr qu'aujourd'hui c'est elle qui marque des points et que les macronistes sont totalement tétanisés ne savent pas comment vous vous battez contre quelqu'un qui ne dit rien c'est très compliqué c'est pire qu'une savonnette c'est le vide alors là ils sont en train de mettre en place des structures au groupe des députés macronistes à l'Assemblée et au parti de ripostes systématiques dès qu'elle dira quelque chose ils vont commencer à riposter mais c'est très tard pour commencer à le faire je
trouve et Nathalie Moré chez les LR on s'inquiète de voir ainsi comme on le voyait dans le reportage des jeunes militants de droite pasculer à l'extrême droite quitter le parti et aller chez Marine Le Pen
je
vous rappelle que la section jeune de Lille-et-Vilaine s'est sabordée elle n'existe plus et ils sont LR LR oui et ils sont allés chez le Rassemblement National pour eux pour les jeunes LR une partie des jeunes LR la vraie droite c'est le Rassemblement National et quand vous allez dans les meetings et que vous parlez aux jeunes LR ou aux jeunes RN moi je suis stupéfaite ils ont les mêmes mots le même vocabulaire je perçois assez peu la différence le Front Républicain c'est quelque chose qui ne parle absolument plus aux jeunes LR pour une raison simple ils ne savent pas qui est Jean-Marie Le Pen Jean-Marie Le Pen est un repoussoir pour les plus de 40 ans 50 ans j'allais dire ceux qui l'ont connu à la tête du Rassemblement National du Front National mais les jeunes Républicains ceux qui aujourd'hui ont 25 ans ils se trouvent dans une formation politique où ils militent pour des valeurs de droite
et
où ils n'ont pas connu ils n'ont pas été au pouvoir depuis 10 ans et aujourd'hui ils regardent l'état des forces politiques et ils voient ça a été dit dans le reportage le Rassemblement National quasiment 90 députés eux 60 et qui sont divisés donc d'un côté vous avez un groupe solide qui ne bouge pas qui a l'air soudé et qui vote comme un seul homme et de l'autre vous avez un groupe parlementaire où il y a plusieurs courants où effectivement comme vous l'avez dit tout à l'heure c'était ingérable donc quand vous êtes un jeune militant et que vous portez des valeurs de droite vous vous posez la question une fois, deux fois, trois fois et puis vous voyez la une de l'incorrect où il y a l'union des droites et vous vous dites et vous passez de
l'autre côté Frédéric Daby ça veut dire qu'il y a de nouvelles terres de conquête pour Marine Le Pen la jeunesse etc la cartographie du vote Rassemblement National s'étend conquiert de nouveaux domaines le vote jeune a souvent été un vote RN un vote même à l'époque de Jean-Marie Le Pen c'était plus c'est 18-24 quand Marine Le Pen a plus prospéré chez les 25-30 la génération de l'insertion celle qui a du mal à traverser la rue pour trouver un emploi par rapport à ce qui a été dit et pour parler de Jean-Marie Le Pen moi ce qui me frappe tous indicateurs pour le RN sondagiers sont au vert indicateur électoral dans l'ariage une terre de mission le RN a failli être au second tour mais ce qui me frappe au-delà de cette stratégie de distinction entre la distinction par rapport à l'opposition tribunicienne et brouillonne de la NUPES stratégie de distinction par rapport à Emmanuel Macron 18% des français le juge proche de leurs préoccupations Marine Le Pen 58% 40 points d'écart c'est aussi une image qui se construit en contraste en décalque avec celle d'Emmanuel Macron mais la chose la plus forte au-delà des sondages qui effectivement ne veulent pas dire grand chose pour 2027 c'est que Marine Le Pen a enterré le Jean-Marisme qu'est-ce que c'était que le Jean-Marisme en termes de sociologie électorale c'était un vote extrêmement typé masculin jeune ouvrier catégorie populaire personne peu diplômée maintenant dans toutes les enquêtes qu'on a fait à l'IFOP en dehors des cadres supérieurs et des professions intellectuelles il n'y a pas une catégorie où Marine Le Pen ou le RN n'arrivent pas à un score qui dépasse 20% et c'est une structure il faut le dire ça peut surprendre les plus de 40 ou les plus de 50 qui s'apparentent à une structure de partie de gouvernement c'est en ça que le RN apparaît comme une alternative mais 4 ans c'est long même si Marine Le Pen a un avantage énormissime c'est le cycle électoral en dehors d'une possible dissolution il n
'y
aura pas d'élections intermédiaires terribles pour le RN comme les régionales de 2015 ou celles de 2021 où des régions leur étaient promises et finalement rien ne s'était passé ce qui
décourage
beaucoup de militants beaucoup de sympathisants en tout cas c'est compliqué d'être favori pendant 4 ans c'est compliqué il faut tenir la distance mais en parlant peu en laissant la France insoumise faire le spectacle de manière un petit peu stérile en termes de conquête électorale tout cela
tout
cela la favorise également Olivier Beaumont Nathalie Morel disait l'un des succès du RN aussi c'est la division chez LR qui sur les retraites s'est fracturée ça aussi c'est en fait Emmanuel Macron de ce point de vue a réussi à bien fracturer les républicains la division chez LR et la déception que ça engendre chez les militants les supporters et les électeurs de ce
parti politique
Eric Ciotti quand même quand il fait campagne pour la présidence de ce parti à l'automne dernier il fait campagne sur une ligne de fermeté notamment par rapport au président de la République Emmanuel Macron résultat 5 mois plus tard c'est lui qui a aussi été un des artisans un des promoteurs de la réforme des retraites avec un report de l'âge à 64 ans donc aujourd'hui cette radicalité qui était censée exprimer ou incarner Eric Ciotti ces électeurs ne la retrouvent pas on parle des jeunes les jeunes c'est aussi ça c'est à dire que moi j'ai couvert ce Front National pendant quelques années je l'ai vu effectivement ce mouvement Marine Le Pen performer comme ça chez les jeunes électeurs pourquoi ?
parce qu'on voit bien que dans cette catégorie de la population là je parle sous votre contrôle il y a aussi une recherche de radicalité aujourd'hui qui est bien plus forte qu'il y a quelques années et donc aujourd'hui quand on est jeune et quand on invite de
s
'investir en politique on va où ?
on
va soit chez Mélenchon soit chez Marine Le Pen aujourd'hui LR c'est quoi ? c'est quelque chose assez gazeux effectivement il y a beaucoup de division on ne sait pas trop aujourd'hui quelle est la doctrine de ce parti et quelque part aujourd'hui les français préféreront toujours pardonnez-moi l'expression parce qu'elle est connue mais l'original à la copie et sur les questions d'autorité régalienne d'immigration de sécurité Marine Le Pen elle incarne aujourd'hui beaucoup plus
que
LR où il n'y a pas aujourd'hui de leader c'est ça aussi le problème c'est-à-dire qu'il y
a
un chef de parti qui ne sera pas candidat en 2027 il y a un président du Sénat qui est une autorité mais dont on commençait à dire justement qu'il pourrait être le Premier ministre Emmanuel Macron peut-être dans quelques semaines ou dans quelques mois donc aujourd'hui effectivement c'est moins la question de je suis jeune où est-ce que je vais prendre ma carte que la question de je suis LR il y a aujourd'hui très peu de jeunes LR on n
'a
pas le chiffre mais ils se réduisent à une portion congrue donc on voit ce phénomène
aujourd'hui ça
fait 4 ou 5% chez les
moins 24 ans
donc ça fait très marginal je l'ai dit elle a fait 4,75 oui mais elle n'a pas le dernier candidat à la présidentielle qui a se performé chez les jeunes c'était Nicolas Sarkozy en 2007 ça fait maintenant longtemps qu'une partie de la droite a quand même perdu les délectorats jeunes
oui
allez tout de suite on revient à vos questions
alors
Louis dans les bouches du Rhône Cécile Cornudet devant un tel climat et les casseroles qui accompagnent chaque sortie de l'exécutif comment Emmanuel Macron peut-il tenir
? il
va varier sur le fait qu'ils vont se lasser et au bout d'un moment peut-être à la rentrée de septembre commencer à en réenclencher sur des sujets de réformes plus positives ça va être sans doute très compliqué de mener à nouveau des réformes difficiles de structure type réforme des retraites là et d'ailleurs il ne se risque pas trop à part le RSA et l'immigration qui sont les deux gros morceaux on sent que ça va être plutôt par exemple à cette semaine il a annoncé des revalorisations pour les professeurs donc on sent qu'il va être plus sur des mesures d'apaisement un peu de cohésion et qu'il cherche ça mais sans dégainer le chèque le chèquerier non plus c'est aussi la grande différence avec l'après-gilet jaune où là il y avait vraiment beaucoup d'argent et sans parler évidemment de la crise Covid là a priori il essaye d'être dans une enveloppe un petit peu plus raisonnable donc faire des grandes réformes à mon avis ce sera difficile tenir s'il ne
va
pas être renversé par 10 casseroles à chaque fois qu'il se déplace
et la
carte
de la dissolution est-ce que vous y croyez ? il a quand même eu ce message ce matin dans votre interview à l'adresse des députés LR il dit cela dépend de ce que les oppositions constructives sont prêtes à rejoindre pour avoir une majorité politique à l'Assemblée nationale sous-entendu si vraiment je n'arrive à rien est-ce qu'il peut jouer la carte de la dissolution ?
aujourd'hui il n
'y
a aucun intérêt à ça toutes les projections Frédéric est mieux placé que moi pour le dire mais ce serait catastrophique ce n
'est
pas 40 députés qui lui manqueraient je ne
sais
pas c'est peut-être 80 donc ce serait ce serait pire que tout donc a priori il n
'est
pas prêt à la jouer maintenant peut-être à un moment on voit qu'il réfléchit beaucoup au tournant de 2024 2024 il
y
a les élections européennes qui pourraient être assez favorables quand même pour lui et surtout les JO qui peuvent remettre une autre atmosphère dans le pays si à ce moment-là en plus il y a des résultats économiques moins d'inflation peut-être qu'il aura un petit peu d'air politique et tenter un coup à ce moment-là
Nathalie
Moret Fred dans les Hauts-de-Vienne après s'être tu pendant la réforme des retraites Emmanuel Macron ne parle-t-il pas trop actuellement
?
je pense que
ce
n
'est
pas vraiment la question la question c'est qu'il n'a pas le choix il ne peut plus se taire ça lui a été reproché et je pense qu'à l'inverse s'il restait emmuré dans l'Elysée on dirait mais comment ça c'est qu'il ne dit rien etc il est dans un tel niveau d'impopularité il y a tellement d'intensité contre lui qu'il est obligé d'aller au charbon de rencontrer les gens et d'essayer de s'imposer comme ça
Frédéric Dhabi Christian de Grégoire dans l'Allier Emmanuel Macron ne devrait-il pas parler de pouvoir d'achat et de rien d'autre ? c'est vrai que ça a été la grande inconnue des trois dernières interventions il ne prononce pas le mot inflation lors de
l
'intervention du mois de mars il en parle très rapidement le 17 avril et je crois que dans vos colonnes il parle du fait qu'il
y a
des mauvaises nouvelles qui arrivent mais il est dans une logique de constat de commentateur d'observateur et pas de quelqu'un qui pourrait trouver des solutions c'est vrai que la réforme des retraites c'est qu'il
y a
une vraie focale des français mais l'inquiétude sur l'inflation sur le pouvoir d'achat reste absolument massive et sur ça
une
manière aussi de s'en sortir de fermer l'épisode ou la page retraite c'est avoir des résultats sur ces questions-là qu'est-ce que c'est difficile dans ce contexte budgétaire comme le disait Cécile Candudet contraint où le chéquier n'est plus possible mais en tout cas ça va être de plus en plus ça va revenir comme le sujet de l'heure il a quand même parlé en dehors de l'inflation de sujets qui sont au cœur des inquiétudes françaises santé, éducation, grand âge il n'est pas si je puis dire à côté de la plaque mais difficile de réenchanter le politique de montrer que lui comme président lui président peut changer la vie peut peser sur le cours des choses s'il n'aborde pas le sujet le plus brûlant de l'heure et je partage ce que dit votre téléspectateur Grégoire à
sa décharge il invite les syndicats les partenaires sociaux à une grande négociation sociale sur le travail et sur le pouvoir d'achat sans tabou ni limite donc dès qu'ils veulent ils peuvent commencer ce travail et c'est vrai qu'aujourd'hui ils devanceraient en mettant des propositions de pouvoir d'achat sur la table on dirait alors oui la place à la négociation donc je crois qu'il faut peut-être attendre un petit peu
cette
négociation
Olivier Beaumont notre président ni de droite ni de gauche va-t-il devoir encore se droitiser s'il veut obtenir le soutien des républicains
?
C'est très compliqué puisque se droitiser on va en avoir la démonstration dans quelques semaines normalement avec ce fameux projet de loi immigration on voit que ça ne suffira pas à convaincre les députés des républicains pour le soutenir donc ce droitiser j'ai envie de dire il n'a fait que ça depuis qu'il est élu en 2017 mais essentiellement Emmanuel Macron il parle à cette droite et puis il
a
une forte pression aussi de cette gauche de la Macronie on parlait tout à l'heure du casting de Matignon on revient sur l'hypothèse d'un Gérard Larcher par exemple je pense qu'il y
a
beaucoup de son entourage sur l'aile gauche qui ont une vraie influence y compris dans son cercle rapproché qui ne voudront pas entendre cette petite musique donc quand Gérald Darmanin émet des regrets sur le mariage pour tous c'est une façon de dire je peux je veux avoir un brevet de Matignon il y pense Gérald Darmanin il y pense mais il n
'y
pense pas pour tout de suite c'est à dire que Gérald Darmanin il se dit que sur un concours de circonstances 2027 pourrait peut-être se jouer pour moi en gros si Edouard Philippe n'y allait pas si bon bref et dans ce cas figure là la case Matignon un an avant ou six mois avant ou un an et demi avant pourrait être intéressante mais la case Matignon aujourd'hui à l'instant T avec les crises à gérer pour Gérald Darmanin qui est quelqu'un qui ne manque pas d'ambition on le sait tous c'est pas le bon timing mais évidemment qu'il y pense la loi sur l'immigration pourrait-elle être adoptée en ayant recours au 49-3 c'est Fred en Haute-Vienne qui pose la question oui
en
tout cas Gérald Darmanin il y a eu une réunion de ministre avant l'allocution d'Emmanuel Macron lundi dernier Gérald Darmanin a dit pourquoi pas l'adopter par le 49-3 Aurore Berger la présidente du groupe des députés à
l
'Assemblée a dit oui pourquoi pas
Elisabeth Borne a mangé son chapeau les autres étaient
absolument consternés et Emmanuel Macron n'a pas clôt le débat donc ça peut encore après politiquement ce sera très très lourd à porter
Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Anne-Elisabeth au programme ce soir
Salut
Axel et bien on prolonge un peu votre conversation avec Emmanuel Macron face au lecteur du Parisien 3 heures d'entretien les coulisses avec le chef du service du quotidien David Ducan les rodéos urbains en reconnaissance y compris à l'intérieur de centres commerciaux comment faire face on pose la question au commissaire David Lebarce enfin le mea culpa de certains politiques ceux qui il y a 10 ans voté contre le mariage pour tous voilà le programme
comme
Gérald Darmanin dont on vient de parler à l'instant merci beaucoup c'est à suivre avec Anne-Elisabeth Lemoyne c'est à vous bonne soirée sur France 5 merci à vous
merci à vous à suivre