Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationBLAST (sur YouTube)· 31 décembre 2022 99 minAutoproduitDivertissementNumériqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

LA NOVLANGUE D'EMMANUEL MACRON, SYMPTÔME D'UNE TENDANCE TOTALITAIRE DES SOCIÉTÉS NÉOLIBÉRALES ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 18 %Attaque 62 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Comment peut-on expliquer que cette novelangue, d'évidence absurde, infuse si bien et se diffuse si facilement au sein de la population ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    La novelangue est-elle au cœur d'un combat de classe ? Pouvons-nous vivre une lutte de classe complète sans les outils de langage du capitalisme ?

  • 28:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les techniques ou perspectives pour lutter contre une telle novelangue ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la novlangue et pourquoi est-elle insidieuse ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi la novlangue est-elle devenue la langue naturelle du quotidien ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Quelles méthodes proposez-vous pour lutter contre la novlangue ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 24:00Marc WeinsteinFait
    « Le capitalisme est le problème et la solution. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et à tous. Pour notre 7e masterclass interactive, nous recevons Mark Weinstein, professeur de littérature et d'anthropologie à l'université d'ExMseille. Aujourd'hui, nous abordons le thème de la nove langue et plus particulièrement la novelue d'Emmanuel Macron.

Nous verrons que celle-ci est révélatrice d'une tendance totalitaire des sociétés nolibérales. Tendance que nous explorerons par le prisme de la philosophie et de l'anthropologie politique. Tendance totalitaire qui, vous le verrez, est elle-même le symptôme d'une désacralisation politique.

Je ne vous en dis pas plus. Comme vous le savez, nous nous retrouvons dans un peu moins d'une heure pour la séance de questions-réponse avec Marc. Excellente masterclass à toutes et à tous. [musique] [musique] [musique] Bonjour à toutes et à tous.

Je m'appelle Marc Weinstein. J'enseigne la littérature et l'anthropologie à l'université d'Ex-Marseille et je suis ravi de présenter cette masterclass aujourd'hui pour Blast sur le sujet de la novelue un petit peu en général plus particulièrement et plus longuement sur la novelangue d'Emmanuel Macron. Nous savons, vous savez sans doute que le mot novangue vient du roman que Rel a publié en 1948. roman qui qui s'intitule 1984, roman sur un monde totalitaire qui se serait installé, n'est-ce pas, en Angleterre.

Je parlerai de ce sujet parce que j'ai fait paraître tout récemment un livre qui s'intitule tout simplement "Décrypter la novelue d'Emmanuel Macron". C'est à partir de cela que je vais parler mais sans m'enfermer sur ce sujet-là qui est un petit peu aride disons et je vais essayer d'élargir vers ce que signifie finalement cette no langue ce qu'elle dit cette novel langue de notre civilisation de notre société de notre époque. Et maintenant, j'annonce le plan, la progression de cette masterclass dans un premier temps ou dans une première étape, nous verrons ce qu'est la novel langue en général et à quoi ressemble la novelangue d'Emmanuel Macron.

Dans un second temps, nous verrons que cette novelangue est le symptôme de forte tendance totalitaire au pluriel de notre époque, de notre civilisation. Et dans un 3è temps, nous verrons que ces fortes tendances totres sont à leur tour le symptôme d'une puissante désacralisation de la société occidentale. Avant de définir la noble langue, évidemment, il faut que nous nous entendions sur ce qu'est une langue.

Qu'est-ce qu'une langue ? Alors, il me semble pouvoir dire que une langue, c'est principalement deux fonctions. Une fonction esthétique, poétique, impérative.

Quand je dis impératif, c'est vraiment euh de façon tout à fait euh intuitive, élémentaire, c'est le mode impératif, le mode verbal impératif qui précède, contrairement à ce qu'on croit parfois qui précède le mode indicatif. Impératif, ça veut dire que nous tous, tous ensemble, la communauté politique, n'est-ce pas, nous donnons l'ordre, c'est impératif, nous donnons l'ordre les uns aux autres d'instituer d'instituer la société, d'instituer autrement dit, un monde de sens et de signification. C'est la fonction que j'appelle donc esthétique ou poétique.

Poyin en grec qui a donné le mot poétique signifie créer ou agencer. Donc il s'agit bien de créer, de créer d'instituer si vous voulez un monde de sens, la société, un monde de signification qui nous unit ou qui nous unisse. Et c'est une fonction impérative.

J'ai j'ai déjà dit pourquoi, n'est-ce pas ? parce que en quelque sorte nous donnons l'ordre, nous nous commandons les uns aux autres collectivement de façon commune de d'instituer, de créer, de d'installer la société. En deuxième fonction, il y a bien sûr la fonction, je [raclement de gorge] n'en dirai pas grand-chose, la fonction parce que elle est à peu près disons intuitive ou évidente, c'est la fonction de communication ou d'information.

Fonction communicative, informative qui consiste à quoi ? qui consiste à nous transmettre les uns aux autres le sens que nous avons élaboré en commun, le sens social commun, les significations sociales que nous avons élaboré en commun en vertu de la de la première fonction donc esthétique, poétique ou impérative. Et là, je voudrais tout de suite euh mettre en garde en quelque sorte contre une illusion assez fréquente à la fois dans le grand public et euh chez les universitaires, y compris chez les linguistes, ceux qui s'occupent de de linguistique.

Illusion qui consiste à en quelque sorte à inverser l'ordre de priorité réelle, c'est-à-dire à croire que le la fonction communicative ou informative est première par rapport à à toute autre fonction. En réalité, non. C'est l'inverse, c'est la fonction esthétique, poétique, impérative qui est première, qui crée le sens.

Et c'est la seconde fonction, non pas secondaire certes, mais seconde quand même par rapport à la première, c'est la fonction communicative informative qui consiste à transmettre le sens que nous avons en commun, n'est-ce pas ? Élaborer, créer, institué en vertu de la de la première fonction. Maintenant que nous avons [raclement de gorge] défini ce que c'est qu'une langue, nous sommes à même de définir ce qu'est la novel langue.

La no langue finalement c'est ce qui apparaît lorsque la première fonction disparaît. Lorsque la première fonction disparaît, le sens commun n'est plus élaboré. Il y a plus de sens commun.

Donc ce crée une sorte de qu'est-ce qu'on va dire ? On va dire une sorte de vide de vide de signification, de vide de sens. celle que le philosophe Cornélius Castoriadis, philosophe français d'origine grec, grand philosophe, peut-être le plus grand du 20e siècle, a appelé ou a en tout cas mot qu'il a utilisé pour former le titre de de d'un de ses livres qui s'intitule La montée de l'insignifiance.

On peut renvoyer ici aussi à un essai de Gil Lipovetski qui s'intitule l'air du vide. Tout cela, voilà, ce sont des des des essais, des études, des réflexions qui montrent bien à quel point nous sommes entrés depuis quelques années, voire peut-être même quelques dizaines d'années, dans l'aire de l'insignifiance ou l'air du vide. Alors, évidemment, la fonction esthétique ou impérative ou poétique a disparu.

Donc, le sens ne se crée plus. Nous sommes dans le dans le vide de sens en quelque sorte. Mais ça ne signifie pas que euh la 2e fonction communicative euh informative, celle qui consiste à transmettre donc des informations, des communications, cela ne signifie pas que elle s'arrête de fonctionner, elle s'arrête de s'exercer, mais disons que tendantiellement, elle ne communique plus que du vide.

C'est comme si les mots euh ne renvoyaient plus qu'à eux-mêmes, ne renvoyaient plus à eux à aucune réalité comme s'il n'avaient plus de de sens. Ici, on peut peut-être renvoyer euh pour en quelque sorte mettre une note d'humour dans ce propos extrêmement sérieux, n'est-ce pas ? On peut renvoyer un sketch qui a maintenant quelques années de l'humoriste et comédien Franck Lepage qui a parodié dans un célèbre sketch la langue de bois du néolibéralisme.

Vous avez besoin d'une dizaine de concepts opérationnels, c'est-à-dire de mots qui ne veulent strictement rien dire mais qui donnent l'impression de dire quelque chose. Je voudrais revenir dans le temps qui m'est imparti sur une notion qui moi me paraît essentielle et cette notion c'est évidemment la question des habitants que je voudrais mettre avec cet autre concept qui est celui des acteurs. Si nous voulons considérer les habitants comme des acteurs, c'est-à-dire réaliser avec eux un authentique diagnostic partagé qui prennent véritablement en compte la dimension interculturelle.

Alors, à l'heure de la décentralisation, ce que nous appelons encore citoyenneté doit nécessairement s'inscrire dans une proximité parce que la question démocratique est tout entière contenue aujourd'hui dans celle de la préservation du lien social. Et à l'heure de la mondialisation, c'est désormais l'espace du local qui est l'espace du partenariat que nous devons que nous devons tisser de solidarité. La langue de bois de ce sketch euh a sans doute un tout petit peu vieilli, pas complètement hein, mais un tout petit peu de sorte qu'on on verra que euh à cette langue de bois de l'époque, il y a une dizaine d'années, disons se sont se sont ajoutés d'autres d'autres mots.

Bref, on voit bien en tout cas dans la façon qu'à euh Franck Lepage dans sa parodie de d'utiliser les mots à la mode, les mots de la langue de bois un petit peu n'importe comment, on voit bien que ces mots ne signifient plus rien et qu'on peut les utiliser un petit peu n'importe comment. Ce qui se passe, c'est que dans ce vide de signification s'opère une fusion des contraires. Blanc égal noir, noir égal blanc, ce qui est euh évidemment extrêmement dangereux pour la pensée commune et pour la pensée politique.

On le voit bien au début du roman de d'orwell 1984 au moment où le personnage principal Winston Smith se promène dans les rues de Londres et voit diverses affiches sur lesquelles est écrit par exemple la guerre c'est la paix ou bien la liberté c'est l'esclavage et viceversa évidemment donc s'opère au au centre si vous voulez de la novelangue s'opère une fusion des contraires et cette fusion des contraires elle forme ce que j'appelle le noyau de la novelandu et autour de ce noyau se forme une périphérie qu'on appelle justement la langue de bois celle quelques parodies Franklage se sont adjoints à cette langue de bois des mots plus plus récents que chacun reconnaîtra aujourd'hui des mots comme par exemple défi, résilience, réactivité, mobilité, agilité et cetera et cetera. Voilà, maintenant que au cours des deux premières sous-parties de cette première grande partie sur la novel langue, nous avons vu ce qu'était la langue et nous avons vu ce qu'était la novel langue, et bien nous pouvons passer à l'examen de quelques exemples de la novelangue d'Emmanuel Macron parce que nous sommes des enracinés. Il y a des arbres à côté de nous, il y a des rivières, il y a des poissons, il y a des frères et des sœurs et c'est ce commun notre trésor.

Et donc si on pense qu'on peut être heureux en l'oubliant, on oublie les devoirs de nos racinés. Par exemple, en 2016-27, Macron a écrit ou fait écrire un livre manifeste, un livre programme qui s'appelle révolution. Mais dans ce livre, le mot révolution désigne à la fois les bouleversements négatifs qui détruisent la nature, mais aussi les innovations technologiques apparemment positives qui permettent, dit le président de, je le cite, relever les défis du monde.

Voyez, monde, mot un petit peu insignifiant, on sait pas qui c'est le monde qui lance les défis dans ce monde, on sait pas trop. Donc il permettent de relever les défis du monde avec plus de réactivité, dit le président, de flexibilité, d'agilité. Mais on sait bien en réalité, nous nous savons bien que ces innovations techno-industrielles sont en réalité très nuisibles écologiquement parlant.

On comprend alors que la révolution macronienne, c'est à la fois la destruction de ce qui existe, la nature par exemple, et la conservation renouvelée du processus destructeur dans la première fusion macronienne des contraires si vous voulez. Détruire, c'est conserver et conserver c'est détruire. À quel point cette novelue est dangereuse, c'est ce qu'on voit dans un autre passage particulièrement particulièrement épicé du manifeste macronien révolution.

Nous sommes en train de vivre, dit le président un stade final du capitalisme mondial qui par ses excès manifeste son incapacité à durer véritablement. Les excès de la financiarisation, les inégalités, la destruction environnementale, la transformation numérique, ce sont là les éléments d'un grand bouleversement. qui nous impose de réagir.

Cette grande transformation nous oblige tous. Refuser les changements du monde. Ce n'est pas la France.

Fin de citation. Ce paragraphe d'Emmanuel Macron ressemble, si on prend une métaphore mathématique ou géométrique, elle ressemble à un ruban de Mebius. Mebius, mathématicien allemand du 19e siècle, qui a inventé la figure d'un ruban qui se ferme sur lui-même et qui surtout se tort sur lui-même de sorte que on ne voit pas on ne voit pas en quel point exactement l'endroit devient l'envers et l'envers devient l'endroit.

Et si je transpose, si je traduis ce phénomène-là pour traduire à nouveau le propos d'Emmanuel Macron, pour le simplifier un petit peu pour en montrer la la la substantifique moelle no langagière, je dirais la chose suivante : le capitalisme nous détruit dans un grand bouleversement que nous ne pouvons pas refuser parce que la solution est de s'adapter au bouleversement des structurs. En bref, le capitalisme est le problème et la solution. Un peu plus tard pendant le Covid, le président va même jusqu'à reprendre une fusion des contraires proprement orwellienne.

La paix, c'est la guerre et la guerre, c'est la paix. Nous sommes en guerre. Le Covid d'abord c'est la guerre, c'est la mobilisation, c'est l'union sacrée.

Discours du 12 mars 2020. Le maximum de médecins et de soignants, dit le président seront mobilisés. Nous allons mobiliser les étudiants en médecine.

Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance. La mobilisation générale est également celle de nos chercheurs. Cette épreuve est aussi une mobilisation sociale envers les plus démunis, envers les plus fragiles.

Cette crise doit être l'occasion d'une mobilisation nationale de solidarité. Le temps est à cette union sacrée qui consiste à suivre tous ensemble le même chemin. Fin de citation.

Le Covid c'est la guerre donc et c'est toujours la guerre 4 jours plus tard dans le discours du 16 mars 2020 qui annonce le confinement et l'effort du confinement. Cet effort que je vous demande est inédit mais les circonstances nous y obligent. Nous sommes en guerre en guerre sanitaire certes.

Nous ne luttons ni contre une armée ni contre une autre nation mais l'ennemi est là invisible insaisissable. Il progresse et cela requiert notre mobilisation générale. Nous sommes en guerre.

Fin de citation. Mais il s'avère finalement que la guerre covidienne ou covidesque, c'est aussi la paix. Dans le même discours du 16 mars 2020, le président déclare "Les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les universités sont fermés.

Samedi soir, les bars, les restaurants, tous les commerces en essentiel à la vie ont clos leur portes. Les rassemblements de plus de 100 personnes ont été interdits. Jamais la France n'avait dû prendre de telles décisions en temps de paix.

Fin de citation en temps de paix, hein, je répète, j'y insiste. Voilà. Donc, on voit bien ici comment la guerre c'est la paix pour Emmanuel Macron et la paix guerre.

C'est en quelque sorte sa première fusion des ou sa seconde fusion des contraires. Autre fusion des contraires, l'activité et la passivité, la passivité et l'activité ou le passif est l'actif, le passif est l'actif comme on veut. Alors pour comprendre cette fusion des contraires, il me semble intéressant de revenir à ou de partir de la philosophie de Spinoza, une grand philosophe donc du 17e siècle dont le l'ouvrage le plus célèbre est l'éthique dans laquelle donc il expose un certain nombre de principes éthiques et même physiques.

Et dans la troisème partie duquel il donne une définition de ce que c'est que l'activité ou l'action ou l'agir, le fait d'agir. Je dis que nous agissons lorsque nous sommes cause adéquate de ce qui arrive en nous ou hors de nous. Fin de citation.

Autrement dit, il y a action ou activité quand nous sommes la cause de notre action, quand nous décidons nous-même d'agir. Et un autre grand philosophe, mais cette fois-ci à peu près 3 siècles plus tard, Gunter Anders, philosophe allemand, donc au milieu à peu près du 20e siècle, lui aussi saisit avec une très grande pertinence ce lien entre action et cause décision si vous voulez. simplement, il saisit ce lien-là, je dirais par le contraire.

Je cite "Des millions d'hommes qui ont un emploi ont désormais le sentiment d'être agis. Ils sont actifs mais sans fixer eux-mêmes l'objectif de leur travail. La dépendance est si totale que l'activité est devenue une variante de la passivité et que même là où l'on se fatigue à mort, elle a pris la forme d'une inactivité." Fin de citation.

C'est dans un grand livre qui date de 1956, me semble-t-il, qui s'intitule l'obsolescence de l'homme. On voit donc que cette fusion des contraires activité passivité actif passif passif égal à actif. On voit que cette fusion des contraires est propre au capitalisme ou peut-être plus précisément à la société industrielle.

Quand on agit ou du moins quand on croit agir mais qu'on est pas la cause de son action, il n'y a plus d'action. Il y a au fond, pour utiliser un mot euh qui est formé sur le même radical, agir actif, euh il y a agitation. On comprend ici pourquoi notre société est une société de gens agités.

Sur la base de ces quelques prémisses, nous sommes à même de comprendre ce qui se passe dans ce même discours du 16 mars 2020 à la veille du premier confinement lorsque le président appelle à une solidarité pour le moins bizarre. Je cite "Sans signe grave, contactons notre médecin traitant, n'appelons le SAMU et ne nous rendons à l'hôpital qu'en cas de forte fièvre. Faisons preuve au fond d'esprit solidaire.

Si vous voulez nous aider, il faut rester chez vous et limiter les contacts. Plus nous agirons en citoyens, plus vite nous sortirons de cette vie lentille. Nous y arriverons en étant solidaire.

Ne nous laissons pas impressionner. Agissons avec force. Fin de citation.

On voit ici que pour Macron, rester passivement chez soi, c'est être activement solidaire. Et vice-versa être activement solidaire, c'est être passif en restant chez soi. J'en viens maintenant à une autre fusion des contraires, c'est celle de la liberté et de la servitude.

Liberté égale servitude, servitude égale liberté. Le 25 mars 2020 à Mulouse, au moment où le président visite un hôpital de campagne, il déclare ceci : "Je cite, "Nous sommes en guerre et face à ce qui se profile, ce pic de l'épidémie qui est devant nous, j'ai décidé de lancer l'opération résilience." Fin de citation.

Et là, j'enchaîne tout de suite avec une autre petite citation qui se trouve dans le discours du 13 avril 2020, soit à peu près 3 semaines plus tard. Dans ce discours-là, on apprend que seul, je cite, la résilience peut permettre de faire face aux crises à venir. Et je répète cette phrase parce qu'elle est extrêmement importante.

Seule la résilience peut permettre de faire face aux crises à venir. Fin de citation. Donc écoutons bien les mots.

Si les crises sont à venir, c'est que l'affaire est entendue. Inutile inutile d'agir. Une sorte de déterminisme supérieur fait que les crises vont venir, n'est-ce pas ?

Sorte de déterminisme que je serais tenté de dire divin s'impose à nous. Il nous faut non pas résister aux causes plus ou moins divines, en tout cas supérieur, n'est-ce pas, transcendantes de ces crises. Non pas agir pour éliminer ses causes, mais s'adapter à leurs effets.

S'adapter et d'ailleurs le verbe même de l'activité passive. pâtir devant les causes et agir dans les effets. Finalement, la résilience, c'est adapté au capitalisme de la crise et des désastres la fusion de la liberté et de la servitude, de la décision active autonome et de la passivité obéissante hétéronome en condensé, c'est la liberté servile.

Le 13 avril 2020, au moment même si vous voulez, où euh Emmanuel Macron évoque le déterminisme des crises à venir, on pourra pas les éviter en quelque sorte, n'est-ce pas ? Il promet que je cite le confinement ne nuira pas aux libertés démocratiques. Cette épidémie dit-il ne serait mordre sur quelques liberté.

D'un côté donc il affirme les libertés donc en principe la liberté d'agir pour empêcher des crises sanitaires analogues de se produire dans l'avenir. Donc la liberté de ralentir les rythmes de vie de production la liberté de prévenir les dysfonctionnements antisociaux et antécologiques qui favorisent l'émergence et la propagation des virus. Mais de l'autre côté, étrangement, cette liberté antidéterministe devient la servitude déterministe.

La croissance nous impose de continuer à accélérer et à surproduire. Les crises à venir sont donc de l'ordre non de la possibilité ou de la contingence, mais de la nécessité. La liberté active qui en principe s'oppose à la nécessité des crises à venir devient la nécessité à laquelle il faut stérilement se résigner ou s'adapter.

Pour conclure la première partie de ce propos, je dirais que il faut évidemment se garder personnaliser les choses d'une certaine façon. Macron et Ventrilo, c'est finalement la novel langue, toute la novelue de du néo ou de l'ultralibéralisme qui parle, qui s'exprime à travers lui. Et maintenant se pose à nous une question, une question qui va faire transition vers le second grand moment, si vous voulez de cette masterclass.

La question c'est de quoi cette novel langue est-elle le signe, le nom ou le symptôme ? Et je peux tout de suite en quelque sorte répondre et donc préciser le titre de cette seconde grande partie. Elle est le symptôme d'une forte tendance totalitaire ou de forte tendance totalitaire au pluriel de notre civilisation ou de notre époque.

On aura remarqué dans cette façon de dire, n'est-ce pas, tendance totalitaire que j'évite de parler de totalitarisme. Alors pourquoi ? parce que le terme de totalitarisme est un substantif et il a tendance à substantialiser à à à immobiliser, à statiser, à rendre le le phénomène statique, le phénomène totalitaire.

Or, il s'avère que les tendances totalites, partout où elles se sont produites, partout où elles sont apparues, en Allemagne nazi, en Italie fasciste, en soviétique et peut-être encore aujourd'hui, sûrement même encore aujourd'hui, et bien ces tendances totalitaire, on le voit dans l'histoire, n'est-ce pas, en rencontre des résistances, des résistances paysanes, des résistances ouvrières, des résistances artistiques, des résistances intellectuelles, bref des résistances populaires. de sorte que le totalitarisme n n'est jamais n n'est jamais achevé en quelque sorte, n'est jamais un tout bien fermé sur sur lui-même. Et de cela, je trouve une confirmation intéressante chez un grand philosophe du 20e siècle qui s'appelle Claude Lefort qui dit la chose suivante.

C'était en 1981 dans un livre qui s'intitule l'invention démocratique. Je précise avant de citer que Claude Lefort était un pour qu'il y ait pas d'ambiguïté était un un un philosophe un critique implacable rigoureux du totalitarisme ou des tendances totalitaire soviétique. Je cite "La société soviétique est souvent présentée comme toute soumise au pouvoir communiste.

Je veux faire reconnaître qu'il s'agit d'une fiction. Le concept de totalitarisme permet de repérer le projet neuf d'une domination qui ne laisserait hors de ses prises aucun aspect de la vie sociale. Mais la croyance qu'un tel projet soit accompli me paraît relevé du fantasme qui est à sa source.

Le système totalitaire n'atteint pas à ses fins. Plus que tout autre, il se heurte au démenti de l'expérience. Encore importe-t-il d'apprécier sa cohérence fantasmatique.

Fin de citation. Et bien voilà, je me situe là si vous voulez en ce point où il s'agit de en quelque sorte d'apprécier comme dit Claude Lefort la cohérence fantasmatique des tendances totalites néoultra libérales. Je parle donc de tendances totalitaire et vous pourriez euh immédiatement me dire mais tendance à quoi ?

Alors je dirais pour répondre avec Hannah Arent que c'est une tendance à rendre l'homme superflu. Et si je veux le dire avec les mots de Gunta Anders qui fut son premier mari, je dirais que c'est une tendance à rendre l'homme obsolète. Mais le problème c'est que pour rendre l'homme superflu ou obsolète, il faut d'abord détruire les relations sociales et les relations politiques.

Et il faut donc auparavant, au préalable produire ce que l'économiste Jacques Généreux appelle une dissociété. Il faut tout simplement dissoudre les relations sociales. Question maintenant, comment définir qui sera qui envisagera la la question en en quelque sorte sous l'aspect plutôt négatif ?

Comment définir une tendance totalitaire ? Négatif parce que Spinoza encore lui dit omnis détermination négati c'estàd toute définition commence par nier ce qu'elle n'est pas. Donc on va essayer de voir ce que n'est pas la tendance totalitaire.

Une tendance totalitaire n'est pas forcément le terrorisme d'État. Le nazisme est totalitaire avant d'être terroriste d'État. Et c'est la même chose en URSS.

L'URS est totalitaire avant Stalin et elle est totalitaire après Staline, c'est-à-dire après la mort de Staline en 1953. Et elle est totalitaire encore après le 20e congrès du parti communiste de l'Union soviétique en 1956. Moment où l'URS commence à se libéraliser et où s'inaugure un moment historique que les historiens en général appellent le dégel.

On publie par exemple des œuvres qui avaient été interdites auparavant, mais cela n'empêche pas le Parti communiste d'Union soviétique de conserver, n'est-ce pas, sa prétenion fantasmatique à exercer son emprise sur tous les aspects de la vie sociale soviétique. Alors, maintenant que nous avons proposé une première définition par la négative de ce que de ce qu'est une tendance totalitaire, on va passer dans une deuxième sous-partie à ce qu'est une tendance totalitaire. vu cette fois-ci du côté positif.

Si j'ose dire, vous allez voir que c'est pas forcément extrêmement positif, mais disons dans cette deuxième sous-partie que une tendance totalitaire se compose de trois forces, de trois éléments. L'état que j'appelle l'état de droit divin, j'expliquerai tout à l'heure pourquoi, l'économie ou le capital ou l'industrie, 2è élément et 3è élément, la technocience. On voit bien en quelque sorte la convergence ou l'imbécation de ces trois facteurs : état de droit divin, économie ou capital et technoscience.

On la voit bien cette imrication, cette convergence par exemple au moment de la Première Guerre mondiale, on la voit tout aussi bien, peut-être mieux au moment de la seconde guerre mondiale. Et elle a en propre de produire d'importants effets, de graves effets de dépolitisation et même de déritualisation de la vie sociale. Pour bien comprendre cette chose-là, il faut se rappeler que euh la dans toute société humaine, la subjectivité collective euh se forme, si vous voulez suivant trois trois lignes. la ligne du pouvoir, la ligne du vouloir et la ligne du savoir.

Le pouvoir, c'est ce que nous pouvons en commun, quelle est notre puissance commune si vous voulez. Le vouloir, ce sont nos besoins. Qu'est-ce que nous voulons ?

De quoi nous avons besoin ? Qu'est-ce que nous désirons pour satisfaire, n'est-ce pas, nos besoins en quelque sorte matériel si cela existe véritablement ? Et enfin, le savoir, c'est ce que nous désirons, ce que nous voulons, ce que nous pouvons savoir ensemble.

E bien la tendance totalitaire de l'Occident moderne consiste à transformer ces trois subjectivités sociales en objectivisme dominateur, souverain, absolu. Le pouvoir collectif devient l'État, ce que j'ai appelé l'état de droit divin. Le vouloir social devient l'économie ou le capital.

Et le savoir, le savoir populaire, j'entends, devient la technience. L'exemple le plus frappant à la fois totalitaire et terroriste et nous savons maintenant qu'il y a une petite différence entre les deux, ce sont les camps nazis de concentration et d'extermination qui aur été impossible sans l'imbation de l'État nazi, de l'économie industrielle allemande et de la science raciale ou du scientisme racial si vous voulez qui soutenait le tout. chose qu'on voit très bien dans le grand livre de euh d'un sociologue polonoanglais qui s'appelle Zigmund Bauman dans son grand livre donc Modernité et holocauste.

La question qui se pose maintenant, c'est de savoir à quoi ressemble si vous voulez cette imbrication aujourd'hui, cette imbrication entre l'État, le capital et la technoscience. Alors, je crois pouvoir dire qu'en général, elle ne prend pas la forme cette imbrication, elle ne prend pas la forme du terrorisme d'État. En tout cas, dans la plupart de nos de nos pays occidentaux.

Aujourd'hui, ce qui rend l'homme euh superflu, ce qui le rend obsolète, ce sont plutôt les désastres écolo-climatiques avec une menace directe sur la survie de l'humanité et une menace indirecte à travers les pandémies qu'on en a comme on en a eu le le l'exemple avec le le Covid Covid précisément où l'on a bien vu l'imbation l'imbrication entre les États et ce qu'on a appelé ce que la sagesse populaire a parfois appelé big pharma, c'est-à-dire cette imbrication euh duale ou duelle entre le capital et la technoscience biomédicale. Par ailleurs, je souhaiterais soumettre à votre attention peut-être une hypothèse. Il y a peut-être quelque chose de nouveau dans l'évolution, si vous voulez, de ces tendances totalitires, c'est le phénomène Gafam.

Vous savez, ces cinq euh grandes entreprises transnationales extrêmement riches, extrêmement puissantes, il est possible que avec les G femmes nous assistions à une sorte de privatisation des tendances totalites. Parce que lorsqu'on regarde un petit peu les bilans financiers de ces entreprises, et bien nous constatons que elles sont financièrement puissantes, très puissante, plus puissante parfois que certains États, certains États européens, certains États africains, certains États d'Amérique latine, certains États asiatiques. Mais les GAF femme, c'est aussi une puissance techno-industrielle, technocientifique qui montre que l'obsolescence de l'humanité va au-delà des dévastations écolo-climatiques.

Google et d'autres ont le projet, il faut le savoir mais on le sait en général simplement on a peut-être peut-être tendance à l'oublier. Google et d'autres ont le projet de mettre fin à l'humanité naturelle culturelle. Je voudrais ici citer un propos d'un penseur néolibéral qui a un certain recul critique si vous voulez sur le néolibéralisme de sorte que son son propos est intéressant.

Il s'agit de Francis Fukuyama, penseur états-unien d'origine japonaise comme on l'entend, qui à la toute fin du 20e siècle, il y a donc 23 ans, 1999, disait la chose suivante. Je cite "Il se pourrait bien que les outils des constructionnistes sociaux du 20e siècle, c'est-à-dire il pense ici Fukuyama, je fais une petite incise, Fukuyama pense ici aux ingénieurs sociaux si vous voulez de l'Union soviétique, ceux qui on qui ont essayé de modifier si vous voulez le soubassement naturel et culturel de l'humain." Donc je reprends.

Il se pourrait bien que les outils des constructionnistes sociaux du 20e siècle depuis la socialisation en basâge jusqu'à la guide propre, la propagande et les camps de travail est été par trop grossier pour modifier en profondeur le substrat naturel du comportement humain. Le caractère ouvert des sciences contemporaines de la nature nous permet de suputer que d'ici les deux prochaines générations, nous serons donc en 2050, ce n'est plus très loin pour nous, la biotechnologie nous donnera les outils qui nous permettront d'accomplir ce que les spécialistes d'ingénierie sociale sous-entendu du 20e siècle n'ont pas réussi à faire. À ce stade, nous en aurons définitivement terminé avec l'histoire humaine parce que nous aurons aboli les êtres humains en tant que tel.

Fin de citation, séparu dans un article du monde en juin 1999. Et maintenant euh pour conclure ce 2e grand moment de notre présentation, de notre réflexion, se pose une autre question qui va faire transition vers la 3e partie, c'est de quoi cette tendance totalitaire à son tour est le symptôme, le signe ou le nom. Et il me semble pouvoir dire tout de suite d'emblé que elle est le symptôme d'une désacralisation historique de l'Occident, de notre époque et de notre civilisation.

Qu'est-ce que la désacralisation ? Et par votre conséquence, par ricochet, si vous voulez, qu'est-ce que le sacré ? Je dirais dans une première sous-partie de cette troisème grande partie sur la désacralisation et le sacré, je dirais que le sacré n'est ni le religieux ni le divin.

C'est un, pour le dire de façon plutôt négative, encore une fois, je dirais que c'est un régulateur de la violence humaine sociale qui est propre donc aux humains et aux sociétés humaines. Et pour le dire de façon plus positive, c'est une puissance montante de signification. Alors, j'explicite ces deux choses.

D'abord, le versant disons plutôt négatif ou préventif si vous voulez. Le sacré est un régulateur de violence. Qu'est-ce que ça signifie ?

Ça signifie que la violence est propre aux humains, elle est propre à la culture, elle est propre à la nature. Et de ce fait, cette violence n'est pas éliminable. Ce serait une super violence. ce serait renchérir sur la violence que d'essayer d'éliminer totalement la violence de nos vies sociales, culturelles, naturelles.

Il nous faut donc accomplir un très grand effort, je dirais de conscience, de lucidité politique pour défaire l'illusion chrétienne et ensuite chrétienne sécularisée, c'est-à-dire libérale, qui consiste à penser que la société peut-être intégralement pacifiée. Les Grecs étaient très forts là-dessus, il étaient très lucides. Et il y a un philosophe grec du 6e 5e siècle avant Jésus-Christ qui s'appelle Héraclit, bien connu, qui a laissé un fragment, fragment lui aussi bien connu, qui dit "La guerre, c'est-à-dire donc la violence est le père de toute chose." Ce propos-là a été confirmé bien plus tard, 25 26 siècles plus tard, donc par un écrivain qui s'appelle Jean Genet qui en 1977 a écrit un article qui s'intitule violence et brutalité. article dans lequel il oppose la violence en quelque sorte humaine, sociale, naturelle, culturelle à la brutalité artificielle, celle que j'aurais tendance à qualifier de étatique euh économique ou capitaliste si vous voulez ou industriel et technocientifique.

Jean-Junet prend euh divers exemples, n'est-ce pas, pour montrer que violence et vie, c'est pratiquement synonyme. Par exemple, dit Jean-Junet, la graine germe, elle pousse, elle brise, elle casse, elle trou le sol gelé au-dessus de sa tête. Violence.

Fécondation de la femme, dit Jean Genet, violence. Accouchement, naissance un enfant, violence. Et nous pourrions ajouter le brindep qui pousse et qui est mangé par une brebie, violence.

Le lion qui court après une gazelle qui finit par la manger, violence, et cetera. vous aurez compris le l'essentiel de la chose. Et à peu près au même moment où écrit Jean-Junet, donc disons dans la deuxème moitié des années 1970, un grand philosophe du 20e siècle, Jacques Derrida écrit la chose suivante en prenant le problème par l'autre bout si vous voulez.

C'estàd par le bout de la non violence qui peut apparaître à certains, on peut le comprendre, n'est-ce pas ? qui peut apparaître comme désirable parce que après une première guerre mondiale, après une deuxième guerre mondiale, on peut concevoir, n'est-ce pas, que les hommes soient repus de violence et qu'ils ai envie de passer à autre chose. Jacques Derrida dit "La non violence est en un sens en un sens la pierre des violences." Fin de citation.

Donc il nous faut accomplir ce gigantesque effort de lucidité. nous font renoncer à l'irénisme cette espèce d'illusion de la de la paix perpétuelle comme aurait dit K et concevoir que [raclement de gorge] accepter admettre si vous voulez qu'à partir du moment où nous vivons, nous avons la puissance de vivre et si nous en avons la puissance c'est que nous en avons aussi la violence. Il y a d'ailleurs des mots des mots phares, des mots clignotants, n'est-ce pas, qui attirent notre attention sur le fait que finalement puissance et violence c'est pratiquement la même chose.

Je pense notamment au mot grec ancien ba qui signifie à la fois la puissance et la violence. Et je pense aussi au mot allemand moderne qui est le mot gevalt qui signifie et puissance et violence de sorte que si un allemand vous parle de la gazette Gben de Gevalt, vous ne savez pas s'il vous parle de la puissance ou du pouvoir législatif ou de la violence législative parce que faire la loi peut-être aussi violent ou peut-être faut-il dire avec Jean-Junet brutal. Alors vous allez me dire qu'est-ce qu'on fait de cette violence ontologique ?

Ontologique c'est-à-dire qui appartient à l'être qui est naturel, culturel, social, humaine. Qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce que du fait qu'elle existe, nous nous devons nous sentir autorisés à renchérir dessus ?

Évidemment non. Et lorsqu'on examine la vie, lorsqu'on regarde, lorsqu'on étudie la vie des sociétés sacrales, celles qui existaient avant, je dirais, avant la naissance de de l'industrie, avant la naissance du du capitalisme, avant la renaissance, disons, pour simplifier un petit peu, et bien on constate que elles avaient un mécanisme pour limiter cette violence et ce mécanisme, c'est le sacré. De sorte que on peut dire si je veux enrichir cette série de synonymes, n'est-ce pas, contenir la violence, limiter la violence.

Si je veux enrichir cette série de synonyme, je parlerai de réguler, je parlerai de régulation. Le sacré, c'est un régulateur de violence. Et si je veux être un tout petit peu plus précis, je dirais que c'est un régulateur immunitaire de violence.

Alors, qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie que les sociétés sacrales avaient des rites au cours desquels ils instyaient, ils inoculaient, ils injectaiit dans le corps social une petite dose de violence, par exemple le meurtre sacrificiel de façon à s'immuniser contre la grande violence, la guerre civile, le cycle des vengeances, le cycle infini interminable des vengeances qui risque de dissoudre, qui risquaiit de dissoudre, n'est-ce pas, de détruire la société. Donc, on voit bien à quel point ici le processus est immunitaire.

Je renvoie ici à un grand livre d'un anthropologue qui s'appelle René Gérard, euh grand livre qui s'intitule La violence et le sacré. Il a abondamment euh exploré, investigué ces phénomèneslà. D'où on peut tirer la conclusion que en réalité euh l'immunité est un phénomène si vous voulez politique, anthropologique avant d'être un phénomène biomédical.

On pourrait maintenant, si vous voulez, prendre euh deux exemples, un exemple de sacralité religieuse et un exemple de sacralité politique. Alors, pour ce qui est de euh la sacralité religieuse, le grand exemple qui vient tout de suite à l'esprit, n'est-ce pas, c'est le sacrifice. Nombre de sociétés anciennes ont été des sociétés, alors pas toutes hein, loin de là, et pas les premières, plutôt les secondes à partir du néolithique, disons.

Nombre de ces sociétésl ont été des sociétés sacrificielles. Elles avaient des rites au cours desquels elles sacrifient un animal. Cet animal était en quelque sorte un bouc émissaire sur lequel ils se déchargeaient de leur propre violence.

Et en expulsant, en tuant ou en expulsant ce bouqu émissaire, et bien les hommes se déchargeaient, expulsaient aussi, n'est-ce pas, anéantissaient le risque de grande violence qui risquait de détruire la société. Exemple donc d'immunité en quelque sorte sacrificielle. Même chose pour le grand exemple de sa crité politique à savoir ces conseils, ces assemblées politiques civiques, civicopolitique si vous voulez qui se forment de temps à autre dans notre histoire.

La dernière fois, c'était au moment des gilets jaunes, n'est-ce pas ? Les conseils civicopolitiques des gilets jaunes se réunissaient, on se on se le rappelle bien, sur les ronds-points. Alors, qu'est-ce qui se passe dans ces conseils civico-politiques qui ont aujourd'hui disparu ?

Et bien entendu, l'oligarchie néolibérale s'est bien empressé de répandre, n'est-ce pas, cette véritable démocratie que à un certain moment Emmanuel Macron a été tenté de répandre dans la société. Qu'est-ce qui se passe dans une assemblée politique civico-politique ? Une assemblée de citoyens, je parle pas des députés hein, je parle véritablement des citoyens à la base.

Qu'est-ce qui se passe dans une assemblée civico-politique ou dans un conseil civico-politique ? Il se passe que on a des décisions à prendre et pour prendre ces décisions, au préalable, on débat et chacun entend bien que dans débattre, il y a combattre. Pourquoi ?

Parce que éventuellement parfois, n'est-ce pas, et peut-être souvent les arguments s'entrechoquent. On n pas les mêmes opinions. Donc les arguments s'entrechoquent. qui a une certaine violence, mais cette violence au lieu de passer par le meurtre, y compris par la guerre civile, elle passe par les mots, ce qui est évidemment euh euh un un mal, je dirais bien moindre que celui de la guerre civile ou du meurtre sacrificiel.

Et ce débat, on le tient, n'est-ce pas ? Les arguments, on les échange chacun avant ces arguments, n'est-ce pas ? Au nom de quoi ?

Et bien, non pas au nom d'un dogme religieux, non pas au nom d'une révélation religieuse, n'est-ce pas, mais au nom du libre examen. Chacun est libre de réfléchir, n'est-ce pas ? selon ses critères, il est libre d'élaborer sa propre raison politique, n'est-ce pas ?

Et en fonction de cela, d'échanger ses arguments avec ses voisins. Voilà pour ce qui est, je dirais, de l'aspect plutôt négatif ou préventif, disons, du sacré. Le sacré n'est ni le religieux ni le divin, mais un mécanisme si vous voulez un régulateur immunitaire de la violence que ce soit sous forme religieuse ou sous forme politique.

Nous sommes à même de passer maintenant à la deuxième sous-partie, c'est-à-dire à l'aspect plutôt en quelque sorte positif, constructif du sacré où l'on peut dire, on peut reprendre ce que nous avons dit tout à l'heure, savoir que le sacré c'est la puissance commune impersonnelle d'instituer la société comme un monde de sens et un monde de signification qui nous permett de vivre puisque nous avons besoin de sens pour vivre. Nous avons besoin de signification sociale, concept central, n'est-ce pas, dans la philosophie de Cornélius Castoriadis, signification imaginaire centrale. Et cette puissance commune, elle est rituelle.

Elle peut-être prérituelle bien entendu dans certaines circonstances d'effervescence sociale ou révolutionnaire si vous voulez. Elle est rituelle et ou prérituelle et elle est langagière. Et cette puissance, élément extrêmement important, elle part d'en bas.

C'est pour cela que je parlais tout à l'heure de conseil civico-politique comme de conseil de citoyens de citoyens venus d'en bas et non pas de l'assemblée, n'est-ce pas, de l'Assemblée par exemple législative, celle qui qui siège au palais bourbon. Cette puissance, il faut se rappeler qu'elle est parfois religieuse mais qu'elle est parfois politique aussi. Je voudrais rappeler ici ou citer peut-être tout simplement à propos du grand sociologue du 20e siècle, Émil Durkaim, qui disait la chose suivante en 1912, euh chose qui nous donne à entendre ce qu'est euh l'esprit d'un débat civico-politique, si vous voulez, dans le cadre d'un conseil ou d'un d'une assemblée de de citoyens.

Je cite Durkaim. Il y a tout au moins un principe que les peuples les plus épris de libre examen, donc les peuples politiques, j'interprète ici hein, tendent à mettre au-dessus de la discussion et à regarder comme intangible, c'est-à-dire comme sacré. C'est le principe même du libre examen.

Fin de citation. Donc, je résume maintenant. Le sacré, c'est un la régulation immunitaire de la violence et de c'est la puissance rituelle commune ou prérituelle si vous voulez commune d'instituer un monde de lien et de sens social.

Et cette puissance, elle part d'en bas. Et en disant cela, je trace tout de suite ou je dessine une forte opposition entre le sacré qui vient d'en bas, n'est-ce pas ? Et le divin qui vient d'en haut, même lorsqu'il est sécularisé.

Au fond, si vous voulez, la désacralisation, c'est le processus historique au cours duquel le christianisme devenu religion capitaliste, a détruit la sacralité politique en installant des verticalités divines. Verticalité divine ou jupitérienne comme on dit aujourd'hui, de la monarchie républicaine. Verticalité divine du capital.

Et ici, il me semble euh pertinent et fécond de euh reprendre les trois forces totres que nous avons vu tout à l'heure. L'état de droit divin, l'état absolu si vous voulez, le capital, la technoscience de les regarder si vous voulez sous sous l'angle de cette troisème partie sur la désacralisation et et le sacré. On verra à ce moment-là que ces trois forces, l'État, le capital ou le l'économie si vous voulez et la technoscience sont en réalité trois transcendan divine sécularisée.

Trois transcendances qui constituent la religion capitaliste, celle qui est née à peu près euh après la renaissance, disons à l'âge classique, au 17e et au 18e siècle. Alors quand je je prononce le gros mot de transcendance, je n'entends rien de très très compliqué. Et je veux simplement dire qu'il y a que avec cette transcendance, s'est installé une s'est créé une coupure entre le ciel et la terre de la société, entre les oligarchies célestes et les citoyens terrestres, ceux qui sont sans grand pouvoir sur l'État, le capital et la techncience.

Ils sont d'autant plus en grand pouvoir que je dirais et je me mets dedans, n'est-ce pas ? Je fais je fais partie de de nous tous hein, de cette communauté que nous formons, la communauté civique française, politique française, si tantit qu'elle existe véritablement, mais enfin admettons, nous avons tous, n'est-ce pas, citoyen de ce pays et d'ailleurs sans doute même indubitablement, nous avons tous tendance à y croire. Nous croyons, n'est-ce pas, nous avons tendance à croire en la bienveillance, en la bienfaisance de l'État.

D'ailleurs, on parle de l'état providence, n'est-ce pas ? en la bienveillance du capital, en la bienveillance de la technoscience qui agit pour notre confort, notre bien-être et pour le progrès. De cette croyance ou peut-être de cette de ces de cette triple transcendance dont j'ai parlé tout à l'heure, euh je veux voir quelques confirmations dans le propos de grands personnages, de grands penseurs de notre époque moderne, celle qui commence donc à l'âge classique au 17e 18e siècle.

À propos de l'État, on se rappelle que euh un grand philosophe anglais Thomas Hops, auteur du Léviatan, disait dans ce même léviat : "L'État est le dieu mortel, n'est-ce pas ? Alors, il y a bien sûr le dieu immortel qui est au ciel et sur terre, le ciel, c'est l'État comme Dieu mortel", dit Hops en toute lettre. S'agissant du marché, et bien on se rappellera la grande formule d'un grand économiste anglais du 18e siècle, Madame Smith, qui disait que le marché, n'est-ce pas, est la main invisible qui descend d'en haut et qui s'imprègne, s s'insinue, n'est-ce pas, dans les mécanismes économiques et qui, de façon plus ou moins automatique, sans qu'on s'emmêle, n'est-ce pas, sans que les citoyens s'emmêlent, régulent, équilibrent l'économie et et le fonctionnement de l'industrie.

D'ailleurs, on pourrait ici ajouter à cette formule là main invisible le mot même de capital, n'est-ce pas, qui renvoie au latin capoute la tête. Parce que si le capital est la tête, c'est que nous nous sommes en bas, n'est-ce pas ? Nous sommes les pieds ou peut-être les petites mains, mais cette fois-ci les mains visibles, pas la main invisible.

Et enfin, s'agissant de la technoscience, je voudrais citer un grand poète anglais du 18e siècle, plus ou moins contemporain d'Adam Smith d'ailleurs, qui s'appelle Alexander Pop. En 1727, année de la mort de Newton, le poète Alexander Pop écrit un grand poème dans lequel il rend hommage au génie de Newton, dans lequel il reconnaît Newton [raclement de gorge] comme le grand, le nouveau dit-il, le nouveau Moïse auquel Dieu a remis les tables de la loi du mouvement. Je cite deux vers de ce poème en français parce que mon anglais a tendance à être détestable.

Je cite "La nature et ses lois étaient cachées dans la nuit. Dieu dit que Newton soit et la lumière fut. Quelques années plus tard, c'est-à-dire en gros trois siècles plus tard, en 2009, une physicienne directrice du CNRS qui s'appelle Catherine Brechignak écrit la chose suivante dans un livre qui s'intitule "N'ayons pas peur de la science".

Je cite "Aujourd'hui, nos nouvelles cathédrales, j'insiste sur le mot cathédrale, sont celles de la science. Fin de citation." Bref, notre ce que j'appellerais notre pour l'instant notre impuissance collective, je dis bien pour l'instant, je ne suis pas pessimiste, notre impuissance collective aller vers de nouvelles sociétés écologique et solidaire me semble tenir au fait, pas seulement à ce fait-là, mais aussi à ce fait-là, c'està-dire au fait que nous croyons en la science bonne, nous croyons en la bienfaisance et en la bienveillance de la technocience.

De cela, j'ai je trouve une confirmation euh chez euh un grand philosophe que j'ai déjà cité, 20e siècle, Cornélius Castoriadis. Je cite "La difficulté de l'homme moderne à admettre l'éventuelle nocivité de la technoscience n'est pas sans analogie avec le sentiment d'absurdité qu'éprouverait le fidèle devant l'affirmation Dieu est mauvais". Fin de citation.

Voilà, maintenant il est temps de conclure et je conclai en posant une question à toutes et à tous, une question qui sera précédé d'un petit préalable. Vous aurez compris, nous aurons tous compris que nous sommes, malgré les apparences athées, malgré les apparences rationnelles, voire rationalistes, nous sommes au fond dans une société très religieuse, certes religieuse sécularisée, voire fanatique, le mot fanatique renvoyant au latin fanou qui signifie le temple. De sorte que cette conclusion là, on peut la formuler sous forme de question et on peut se demander comment faire en sorte que la société se défasse de ces se débarrasse de ces croyances religieuses sécularisées en l'économie, en la technocience.

Bref, comment défanatiser la société ? Voilà, je vous remercie de votre attention et on se retrouve dans quelques instants pour la séance de d'échange et de questions. Bonjour, bonjour à toutes et tous.

Bon ben ravi de vous retrouver de retrouver nos abonnés euh pour cette 7e masterclass interactive avec Marc. Merci Marc d'être avec nous ce matin. Plaisir.

Euh donc on a abordé le thème de la neuve langue d'Emmanuel Macron. Ce thème, c'est aussi un prétexte pour sonder des tendances euh des tendances plus profondes à l'œuvre dans nos société néolibérale. Donc moi, j'ai trouvé ce ce cours passionnant et et on a on a quelques questions de nos de nos abonnés ce matin.

Donc, je vais commencer par celle de Tenatos. Euh comment peut-on expliquer que cette nev langue d'évidence absurde infuse si bien et se diffuse si facilement au sein de la population ? On commence bien en tête.

Oui. Alors là, c'est c'est c'est vraiment une une grosse question. Euh ce qui me vient tout de suite à l'esprit euh c'est le fait que euh nous sommes quand même sous l'empire, sous le sous la sous la domination de ce qu'on appelle les médias.

Et la novel langue est inséparable des de de de la technologie des des médias qui nous accompagne depuis je dirais au moins un siècle. Euh d'abord radio, puis ensuite télévision. Télévision qui a installé une sorte de télécratie contre la démocratie comme dit Bernard Stigler. [grognement] Euh donc il est quand même extrêmement difficile quand on sait que nous regardons, je quand je dis nous c'est collectivement hein et une moyenne quand nous regardons quand nous savons que nous regardons le la télévision par exemple entre euh disons 2h 2h30 par jour et et et 6 7 et cetera ou euh je me demande comment on fait comment on pourrait faire pour résister à la à la pénétration à l'imprégnation de la de la novelande qui se transmet par ce canal là.

Ça ça me paraît ça me paraît difficile, sauf à décider collectivement, je ne sais pas comment faire mais sauf à décider collectivement de d'éteindre la la radio et la télévision. Voilà ce qui c'est une première réponse. Peut-être que d'autres idées me me viendront dans le cours de de nos de nos échanges, mais voilà, c'est une première proposition.

Ce ce qui suggère d'ailleurs, je crois que la question a été posée un peu plus loin que la neuve langue, elle est vraiment reprise par le le elle est diffusée par le milieu médiatique. Euh oui oui, elle elle est elle est reprise mais je disons que de temps en temps, si vous voulez, je m'amuse à à à noter la présence de cette novel langue. Alors, elle elle est massivement présente évidemment dans la sphère médiatique, dans le discours médiatique, mais elle atteint bon comme vous le savez, je travaille à l'université et et je suis parfois stupéfait et le mot est faible, euh je suis stupéfait de voir que les universitaires ont du mal. je serais faible encore, modéré, n'est-ce pas ?

Euh ont du mal à résister à à l'emprise de de cette novel langue. Il il il réemploi et ils utilisent il ils l'utilisent tout simplement. Voilà.

Alors peut-être pas de façon de façon aussi dense que ce qu'on entend dans les médias, mais il y a il y a beaucoup il y a quand même beaucoup de de mots pour faire simple, n'est-ce pas ? qui sont qui sont gênants tout simplement parce que ils ils égarent notre notre pensée commune et éventuellement celle des étudiants, ce qui est encore plus encore plus gênant. Voilà.

Alors, je passe à la question d'Azadi. La neuve langue est au cœur d'un combat de classe, du combat de classe. Pouvons-nous vivre une lutte de classe complète sans les outils de langage du capitalisme ?

Alors, je sais pas ce que [rires] je ne sais pas ce que ça veut dire. Pouvons-nous ? Est-ce que est-ce que ça est-ce que dessous il y a devant nous ?

Alors si dessous il y a devant nous, moi je dis oui. Disons que à titre très personnel he je voilà je je dis très très simplement et sans donner de leçons à quiconque. Euh moi j'essaie de d'éviter j'essaie d'éviter par exemple le mot gouvernance qu'on entend aussi très fréquemment à l'université parce que ça aussi c'est un mot qui est garce.

ça fait penser à un pouvoir, n'est-ce pas, strictement, comment dire, technique, neutre, technologique, enfin voilà, alors que alors qu'il n'est absolument pas neutre, évidemment. Euh donc pour ma part, je j'estime qu'il y a effectivement un un combat de classe et j'estime que ce combat de classe, il passe par euh il passe par un usage euh un usage euh alors je demande à tout le monde de d'être extrêmement prudent sur l'adjectif que je vais utiliser maintenant euh qui ne veut pas dire purisme, je vais utiliser l'adjectif propre mais ce n'est ce n'est pas pour désigner un purisme de la langue, je veux C'està dire que nous avons à utiliser une langue propre, c'estàd une langue propre, c'estàd une langue pure de toute cette novel langue. C'est-à-dire que chaque fois que que admettons le verbe gérer, vous savez que aujourd'hui on gère tout.

D'abord, on gère les entreprises, n'est-ce pas ? Ensuite ensuite éventuellement on gère ses animaux domestiques, on gère ses étudiants, on gère ses examens, enfin bref, on gère tout. Et moi, j'essaie de de et et je je j'aurais tendance à inciter le plus de personnes possibles à éviter ce verbe-là qui qui en quelque sorte installe dans nos têtes l'empire de la gestion, c'est-à-dire du management finalement, hein.

Oui. Voilà. Donc euh ben il y a d'autres verbes.

Il y a s'occuper d'eux, euh traiter ou retraiter et cetera. J'essaie systématiquement, si vous voulez, en tout cas pour ma part de d'éviter d'éviter cette langue là parce que si on l'utilise et bien on a euh déjà un petit peu me semble-t-il perdu le combat de classe dans notre tête. Oui, tout à fait.

Il me semble hein. Oui, il y a des jeux de de combat et de lutte bien évidemment dans la manière dont on parle. C'est ça le Et oui, et oui, et oui, et oui, et oui.

Alors, je pose la question de Jean-Nicolas. Quelles sont les techniques justement, les angles, les perspectives ? euh qui nous permettrait de lutter contre une telle neuve longue.

Bon, alors [rires] déjà quand quand on quand on quand on se parle les uns aux autres, alors évidemment, c'est un peu gênant parce que bon, quand on se parle les uns aux autres, on est spontané quoi. Donc si si on a la si on a un petit peu ingéré la no langue, ben spontanément, on la réutilise, que faire ? Bon, ensuite ensuite, on peut essayer de de de faire le tri un petit peu, hein, y compris dans dans la langue quotidienne.

Ça c'est une première chose, y compris dans nos échanges amicaux et cetera. Bon euh c'est une première manière de de procéder peut-être une première manière de de résister disons euh et de de faire reculer la la novel langue, c'est-à-dire le finalement le le la soumission, la la suggestion pardon, la domination. Euh ensuite, il semble qu'il y a il y a il y a autre chose qui qui me semble extrêmement important, c'est euh la pratique les pratiques verbales artistiques.

Voilà, il me semble extrêmement important de euh alors sous une forme ou sous une autre et c'est vous qui voyez, c'est chacun chacun trouve en quelque sorte sa voix, son moyen, son son espace-temps. dire de la poésie, dire du théâtre, faire du théâtre, chanter, chanter des chansons qui existent, inventer des des chansons, inventer des poèmes, créer des poèmes, écrire des poèmes, chanter, écrire des des chansons que que que quoi d'autre encore ? Voilà, tout toute toute chose qui qui relève en quelque sorte de la de la création populaire, hein, on va le dire comme ça, la création individuelle et collective et qui je dirais très naturellement euh met à distance la novelande quoi, qui qui nous y immunissent contre, mais de façon tout à fait c'est une sorte de vaccination naturelle si vous voulez.

Une collisation dont vous parliez, [rires] voilà, je dirais esthétique ou artistique. Voilà. Mais c'est vrai qu'il a il y a une il y a une euh il y a une il y a quelque chose d'insidieux dans dans la neuve langue parce que ça ça rentre malgré nous presque subconsciemment.

Donc déjà le fait de conscientiser en en parlant ici c'est aussi prendre conscience euh justement des mécanismes à l'œuvre en nous dont on pas dont on perçoit pas forcément les effets. C'estàd en effet parler du mot gestion géré. on se rend plus compte qu'on utilise des mots dans notre quotidien qui qui nous placent déjà euh dans cette perspective.

Je je vous remercie de cette remarque, elle est extrêmement importante. Effectivement, vous avez prononcé le mot clé, le mot pertinent pertinent, c'est c'est le c'est effectivement le le mot insidieux. C'est une langue extrêmement insidieuse parce que tout simplement tout simplement elle est devenue comme la langue naturelle de tous les jours.

Donc on l'utilise de la même façon que quand on se parle les uns aux autres euh qu'on parle au membres de sa famille ou à ses amis, on on on on va pas chercher des mots très très compliqués, on va pas regarder dans le dictionnaire. Bien de la même façon et bien nous avons reçu cette novel langue par par différents canaux et et nous la réutilisons, nous la réutilisons sans sans sans y penser donc de façon insidieuse et c'est là que le piège évidemment du malheur au monde hein. C'est ce que [rires] et et et donc c'est pour cela que pratiquer une sorte de qu'est-ce que je dirais d'hygiène esthétique artistique c'est c'est pas mal pour pour la mettre à distance quoi. sur la première fonction du du langage euh à partir de la première fonction du langage qui doit prim comme vous disz absolument.

Et évidemment, l'idéal c'est c'est de bon, on peut on peut toujours écrire des des poèmes ou des chansons euh tout seul, hein, mais enfin je je l'idéal étant de quand même de de commencer par euh par faire ça, euh je dirais collectivement, faire du théâtre ensemble à plusieurs évidemment parce que tout seul c'est ça existe, hein, enfin c'est un petit peu difficile. Aller chanter dans un cœur, dans une chorale, voilà, tout ça tout ça ça participe à la je dirais à la à la à l'hygiène, qu'est-ce que je dirais ? Langagière. [rires] Voilà Kiki Mini posait un peu la même question je pense.

Donc face à la neuve langue. Quelles sont les méthodes que nous pouvons utiliser donc pour lutter ? Donc donc en effet c'est revenir à la première fonction du langage hein.

Donc il y a la poésie comme vous disiez. Euh il y a donc une seconde question hors or qui demande "Mais pourquoi ont-ils été enfin pourquoi pourquoi sommes-nous peut-être si nombreux à gober ce genre de discours ?" Ben, il y a il y a moins deux réponses.

Celle que j'ai déjà apporté, n'est-ce pas ? Euh, on est quand même sous l'emprise des médias, ça c'est une première chose. Et ensuite, on ne peut pas dire que on ne peut pas dire que l'école fasse véritablement son travail.

Euh c'est pas un reproche contre l'école, je pense que c'est plutôt [rires] un reproche adressé à à ceux qui se sont occupés, qui ont géré l'école depuis depuis 20 30 ans. Moi, je je je pense avec certains que il faudrait enseigner par exemple la philosophie dès l'école maternelle, c'est-à-dire développer l'esprit euh l'esprit critique, ce que Durkaim appelle l'esprit de libre examen, n'est-ce pas ? il faut le susciter, hein.

On ne boit pas ça avec le avec le lait de sa maman. C'est quelque chose que qu'on apprend, on s'y éduque, on voilà, on s'y initie grâce au aux enseignants. Donc il faudrait je pense qu'il faudrait massivement développer euh le le [rires] l'apprentissage de de l'esprit critique et esthétique et artistique.

Ça devrait être les je dirais les les deux matières principales à partir de la maternelle. Il y a des méthodes, j'ai vu des des des méthodes d'enseignement de la philosophie et la maternelle. C'est c'est remarquable, hein.

Il y a des collègues philosophes qui ont travaillé là-dessus. C'est remarquable. Donc euh ça nous permettrait de de résister.

Ça serait une deuxième façon de résister. Ouais. Commencer dès le plus jeunage.

Voilà. première méthode première méthode le le l'art l'esthétique et puis 2è méthode le le développement de l'esprit critique pour résister quand c'est là quoi. Évidemment une question de playload, c'est donc une stratégie pour enlever une liberté euh et ou pour soulager d'une responsabilité.

Donc j'imagine la neuve langue en effet. Oui. Alors je je serais comment dire ?

Je serai peut-être, je suis pas sûr hein, mais je serais peut-être un tout petit peu prudent sur le mot stratégie. Euh, comment dire ? Je je serais assez d'accord pour dire avec Bourdieu que il y a pas de fonctionnalisme du mal.

Euh alors, ça n'empêche pas qu' qu'il y ait des il y ait des gens, des affreux ou des tordus pour pour être polis euh qui qui élaborent des des des plans comme ça, hein, pour essayer de décérébrer les gens. Mais je pense que euh dès lors que nous collectivement, nous le peuple hein euh si ça existe euh nous avons tendance à à perdre en capacité de de résistance et bien le le l'oligarchie se se se sent toutes permises et et en plus quand c'est une oligarchie qui n'est pas une élite euh je fais la différence entre oligarchie grosso modo si vous voulez on va dire financière et élite qu'est-ce qu'on va dire intellectuelle. Parfois ça ça peut coïncider hein. [grognement] Mais là on voit bien que depuis grosso modo depuis euh depuis le deuxème Chirak ou depuis Sarkozi si vous voulez ça ça ne ça ne coïncide plus.

On a une oligarchie qui qui est qui est qui est en en suspension dans l'air. Euh il y a plus de de de peuple spirituel pour pour la supporter, la soutenir, pour la nourrir spirituellement. et et donc dès que dès qu'elle dès qu'elle est laissée à ses à ses libres penchants qui sont les penchants les pires, c'est-à-dire euh l'égoïsme, la vidité et cetera, la vulgarité à tous égards euh moral et et spirituelle et intellectuelle, et bien c'est cette chose-là se se répand.

Mais j'ai déjà perdu de vue la question. Vous pouvez me la rappeler Catel ? Je vous entends pas là.

Autant pour moi, j'avais j'avais coupé mon micro. [rires] Oui, c'était la la question en fait. Est-ce une stratégie pour pour retirer, pour enlever une liberté et pour soulager d'une responsabilité ?

Oui. Donc c'est voilà, c'est c'était c'était à propos de stratégie. Je pense qu'ils n'ont même pas, si vous voulez ils n'ont même pas élaboré alors il y en a qui le font hein, je je veux pas le nier, mais ils n'ont pour le reste massivement, je dirais ils n'ont même pas élaboré de stratégie.

ça vient tout seul. Cette espèce de de vulgarité de la langue, si vous voulez, euh qui est pas forcément grossière, hein. Vulgarité n'est pas grossièreté.

Euh cette espèce de de vulgarité, d'abaissement de de de Oui. de de la langue, ça ça vient tout seul. Ils ont pas besoin de se forcer pour euh Macron, il a pas besoin de se forcer quand on quand on lit le le son programme donc de 2016 Révolution, il a pas besoin de se forcer.

Le livre apparemment comme ça quand on le parcours un petit peu rapidement, il a l'air bien écrit. Dès qu'on entre un tout petit peu dans les détails, dès dès qu'on dès qu'on zoome avec son œil, n'est-ce pas, sur le sur le texte, on voit bien que c'est on voit bien que c'est grossier. Il il a il a pas besoin de se forcer, il a pas besoin d' d'être stratège.

Et et deuxième partie de la question Catel pour pour soulager d'une responsabilité finalement, est-ce que l'utilisation de cette langue ce qui ce qui est sûr c'est que je serais pas très très novateur là-dessus mais enfin ce qui est sûr c'est que le projet le projet libéral quand même c'est pour une part pas totalement mais enfin pour une bonne part c'est quand même de responsabiliser les les les individus contrairement à ce qu'on nous à ce qu'on nous enseigne n'est-ce pas ne vous inquiétez de de rien. Le le patron s'occupe de tout. Vous avez qu'à qu'à obéir, y compris lorsqu'on nous dit, n'est-ce pas, que allez-y, prenez des initiative, mais tout ça relève du du double discours, hein, qui fait partie aussi lui aussi de la de la novel.

Donc effectivement, des des responsabilisations, on nous on nous on nous autre la responsabilité, y compris de non seulement de de parler, d'inventer notre notre langue qui est pourtant quelque chose de merveilleux puisque on peut l'inventer, chacun peut l'inventer et en même temps on se comprend. C'est il y a quelque chose de de miraculeux là-dedans et puis ensuite on on nous épargne le la responsabilité de penser, le soin de penser quoi. Donc ensuite c'est béni évidemment pour la pour les dominants.

Euh je passe à la question d'Émilien. Je suis perturbée que beaucoup d'exemples de novandes macroniennes concernent la période de crise Covid. Ma question, la Nlande est-elle une conséquence de de cette crise ?

Non non la la la novelangue est liée au Covid. Disons que nous avons continué à parler no langue et l'oligarchie a continué à parler nove langue sous le sous le le en pendant la période du Covid. Mais c'est quelque chose de bien antérieur hein, le le la novelue, il y en a même qui qui qui disent qu'elle existait déjà euh à l'époque de pour nous c'est presque c'est presque la préhistoire mais à l'époque de de Charles de Gaul, donc au début de la à la fin de la 4e au début de la 5e République.

Si elle existait, c'est possible hein, je je ne veux pas le nier. Si elle existait, c'est quand même un étage dirais plus vaporeux qu'aujourd'hui où elle est aujourd'hui elle est elle est dense quoi. Elle est épaisse, elle est c'est c'est une pâte don qui nous colle à la peau.

On a on a on a vraiment du mal à s'en défaire. Mais il me semble à peu près avéré que la novelue s'est installée de façon beaucoup plus épaisse justement avec le avec le tournant des années 70, c'estàd avec le tournant néolibéral. Oui, c'est ça. 70 80 parce que quelque part il y a une extension euh du langage aussi comme vous disiez de la gestion ou du langage euh des termes qu'on utilise dans l'entreprise ou dans dans vers le domaine public.

Absolument. Oui, oui, oui. À partir du moment, si vous voulez, vous avez coupé votre son là, je crois.

Euh je reçois notification à [rires] à partir de à partir du moment où on commence à dire euh et je me rappelle que je me rappelle avoir été frappé par une un discours de de Jacques Chirac, le 2e 2e Chirac euh où il a parlé de l'entreprise France. À partir du moment où la France devait une entreprise, devient une entreprise, euh la cause est entendue. Quoi ?

Ça veut dire que la le langage de l'entreprise, le langage du management entrepreneurial, autrement dit la novelangue peut déferler sur le sur la France. C'est non pas que Chirak soit en quelque sorte le l'auteur de ce déferlement, mais on a là un symptôme disons. Et ça c'est les années 90 quoi.

Et qui se poursuit aussi. On a beaucoup de on en a parlé pas mal à Blast mais on voit bien aussi c'est ces haut fonctionnaires qui passent du public au privé. euh qui passe des affaires de l'État, de la gestion des affaires de l'État à la à l'entreprise.

Donc il y a aussi une enfin il y a beaucoup de transfuge entre guillemets. Euh Oui. Oui.

C'est le le fameux le fameux pantouflage, n'est-ce pas, qui permet à certains ou fonctionneurs émission sur voilà qui qui permet de de gérer de gérer les hommes et les services publics. Donc comment on gère le un capital ? Exactement.

Exactement. [grognement] Euh alors, je reprends les questions. Euh les étrangers, chômeurs, fonctionnaires et cetera sont donc des mécanisme sacrificiel euh afin d'évacuer une violence sociale sous-jacente.

Serait-il donc Oui, oui, j'écoute. J'écoute. Catel, vous vous m'entendez ?

Oui, je vous entends. Voulez que je reprenne la question ? Euh serait-il donc à partir de serait-il donc euh étranger, chômeur, fonctionnaires, serait-il donc des mécanismes sacrificiel afin d'évacuer une violence sociale sous-jacente ?

Hm [raclement de gorge] hm. Oui. Question commissaires, je pense que ça fait référence à René Girard.

Oui, oui, oui, oui, oui. Euh oui, ce sont ce sont ce sont des boucles émisses, ce qui prouve bien que nous ne sommes pas sortis hein, c'était un petit peu ma ma la conclusion de la masterclass. Nous ne sommes pas sortis du d'une société religieuse, contrairement à ce qu'on croit, nous avons toujours encore besoin collectivement, quand je dis collectivement, tout cela est attisé bien entendu par les oligarchies, hein.

Nous avons besoin collectivement et les oligarchies ont besoin pour détourner l'attention, n'est-ce pas, de désigner des bouqu émissaires. tantôt c'est les fonctionnaires, tantôt c'est les étrangers, euh tantôt ce sont d'autres encore d'autres catégories qui ont été mentionnées dans la question. Euh je ne vois pas d'autres solutions pour sortir de cette logique du bouqu émissaire que de que de nous mettre à ce que j'appelle la politique ou la sacralité politique.

Sacralité politique au sens où dans la politique, si la politique se distingue véritablement de la gestion, n'est-ce pas, c'est qu'il y a en elle quelque chose de comme a dit récemment sur France Culture, enfin récemment, c'était l'an dernier ou il y a 2 ans, c'est pas vieux. Jacques Rancière, il a dit dans la politique, il y a quelque chose de non négociable. Voilà, à partir du moment où il y a du non, si vous voulez le le sacré, j'icipe peut-être sur d'autres questions, je ne sais pas, mais bon, sur la désacralisation, le sacré, c'est intéressant.

Là, je j'en profite puisque j'y suis. Ce qu'on peut ce qu'on pourrait dire si vous voulez c'est que euh si on a du mal aujourd'hui éventuellement hein, si nous nous avons euh tel ou tel ici a du mal à à comprendre ce que ça veut ce que veut dire sacré aujourd'hui, on peut le traduire par des adjectifs dont la structure est la suivante. un préfixe négatif, par exemple 1 in, ensuite le radical et ensuite un suffixe qui qui serait le suffixe ible ou le suffixe hable.

Exemple euh dans un livre un grand livre à mon sens qui s'intitule commun, Pierre Dardau et Christian Laval disent qu'est-ce que c'est que le commun ? Le commun, c'est pas la propriété commune, disent-il. Ça peut exister la propriété commune he c'est il ne le ni bas il pas de négation de de ce point de vue là mais ils disent le le commun c'est l'inapproprible voilà l'exemple d'un adjectif n'est-ce pas il faut qu'il y ait dans nos espaces sociaux et géographiques, il faut qu'il y ait des zones qu'il soient qui soient inappropri c'estàdire qui soi réservé à l'usage commun où n'importe qui puisse venir n'est-ce pas ?

Et je ne sais pas moi, par exemple, cultiver ses carottes. Euh c'est complètement en dehors d'un système marchand mercantil. Ça ça veut pas dire qu'on qu'on illimine le marché, n'est-ce pas ?

Mais ça veut dire que il y a des zones de la société, si j'ose dire, comme ça pour le naturel protéger, très très géographique. Il y a des des des zones inappropries ou bien autre adjectif synonyme, indisponible. Voilà.

Puis il y en a d'autres encore, hein. Euh voilà. Euh et et et donc je reviens je reviens à la question.

Effectivement, nous avons le le le sacré, c'est ça, c'est euh c'est considérer qu'il y a qu'il y a de la violence dans la dans la société. Ça c'est inévitable parce que la violence c'est synonyme de puissance et et nous sommes tous détenteurs de de puissance de façon individuelle et collective. Et donc il faut faire quelque chose de cette de cette puissance, faut la limiter.

Et l'indisponible par exemple ou l'inapproprible ou d'autres choses encore euh et bien servent à poser des limites, n'est-ce pas, à cette à cette violence, à cette à cette puissance que nous avons tous, n'est-ce pas, de de éventuellement de c'est ce que les psychanalystes appellent le fantasme de toute puissance infantile. Ça vient de très loin, n'est-ce pas ? de l'époque où nous étions dans le ventre de notre maman et où nous ne faisions qu'un avec elle puisque nous étions en elle.

Et et donc et bien lorsqu'on sort du ventre, on a du mal à à se dire que on est désormais séparé de ce de cette personne-là qui est la maman. Et donc on on continue à développer, à cultiver ce fantasme infantile de toutepuissance. Euh c'est ce que Castoradis appelle la monade psychique, hein.

Nous je je suis euh je suis le saint et des brous comme disait Freud, je suis le saint. Ben non. Oui.

Non, je je ne suis pas le sein. Nous ne sommes pas la mère. Je ne suis pas la mère. et et politiquement, ça signifie que il y a il y a il faut que nous posions collectivement des limites à à notre à notre volonté, à notre puissance, à notre pulsion de d'emprise sur le monde.

Il faut alors je je fais une boucle et vous tout le monde va tout de suite comprendre. Il y a un philosophe allemand qui s'appelle euh Harmut Hartmut Rosa. Rosa, c'est son nom, une rose donc [grognement] un beau nom. euh qui a écrit récemment un livre qui s'appelle alors en allemand c'est unfaugbar tout simplement, ça veut dire indisponible.

Ça a été traduit euh aux éditions la découverte par le titre euh rendre le monde indisponible. Vous voyez, on retombe sur cette notion de alors il prononce pas le mot sacré parce que [grognement] il est peut-être gêné par ce mot qui tout de suite veut dire apparemment dans nos têtes religieuses qui n'est ce qui à mon avis doit cesser d'être le cas. Mais en tout cas euh il utilise un synonyme qui est le mot voilà, il faut rendre le le le monde indisponible.

Hm hm. Alors je je continue sur une une question de Judex. Orwell avait tendance à penser que la neuve langue et le totalitarisme étaient l'œuvre des intellectuels.

Euh là, il fait référence au personnage de Obryan. Que pensez-vous de cette interprétation ? Ben je je je pense que je pense qu'elle est juste pour vous dire.

Je pense qu'elle est juste euh au sens où euh euh notre société euh [grognement] est disons inégalitaire de depuis longtemps hein, au moins depuis le moins depuis le Moyen-âge, depuis qu'il y a des seigneurs pour faire simple hein, des seigneurs et puis de l'autre côté évidemment il y a des CERF puis tout cela ensuite c'est c'est modifié. Je ne veux pas dire [raclement de gorge] qu'il y il y avit il y avait des CFS ou du servage dans l'ensemble de la société, hein. Les choses sont beaucoup beaucoup plus complexes au Moyen-Âge.

Il y a des artisans qui sont des des ouvriers libres en quel que soit des artisans libres. Donc euh la chose est compliquée au Moyen-Âge. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que à partir du tournant, on va dire industriel et capitaliste, et bien qui c'est qui est à la manœuvre ou qui c'est qui est qui qui tient la baguette en quelque sorte ?

C'est c'est l'oligarchie quoi hein. L'oligarchie elle est triple hein. On je crois l'avoir dit assez clairement pendant la masterclace.

C'est l'oligarchie [grognement] l'oligarchie la triple oligarchie divine sécularisée, c'est-à-dire étatique, économique, financière et puis technocientifique. Donc effectivement la novelangue n'est pas l'œuvre du peuple, c'est c'est l'œuvre de de l'oligarchie. Je je je tout à l'heure, vous faisiez bien la distinction entre l'oligarchie pour revenir à plus récemment et euh et l'élite intellectuelle.

C'est que l'une ne soutient ne soutend plus l'autre. Bon là là la question portait plus sur le livre d'Orwell, mais il y avait quand même ce distingo que vous faisiez entre oligarchie qui qui qui a le pouvoir de l'argent et intellectuel. C'est qu'il y a quand même une Oui.

Mais alors comment dire euh il y a il y a il faut s'entendreut [rires] il faut il faut s'entendre il faut s'entendre sur le mot intellectuel. Il y a je je dirais que euh Prenons euh prenons un un prenons Jean-Sébastien Bac, grand musicien du grand musicien grand intellectuel, grand musicien du du et artiste du 18e siècle. Bon, Jean-Sébastien Bac, c'est un grand intellectuel populaire. populaire au sens où euh par exemple, il n'écrit pas que des cantates sacrés, il écrit aussi des contactates profanes.

Il écrit euh par exemple des cantates pour le petit-déjeuner et et pour tout [raclement de gorge] cela, non seulement pour la sa musique profane, mais aussi pour sa musique sacrée, il utilise des motifs religieux, il utilise des chansons populaires. Donc qu'est-ce qui se passe ? Il y a je dirais un un mouvement d'élévation.

Il il reprend l'héritage de l'art populaire, de l'art musical populaire et il il l'élève vers une sorte de qu'est-ce qu'on va dire ? D'élite musicale. C'est pas une oligarchie musicale parce que une oligarchie elle a elle a le pouvoir de coercition sur le sur le peuple.

Jean-Sébastien Bac, il a aucun pouvoir de coerion sur le peuple allemand. Voilà. Donc euh je ne sais pas si j'ai répondu à la question mais et puis ensuite alors ensuite il y a je dirais ce se forme avec le le capitalisme euh et avec l'extension de l'université, je dirais toute une classe euh d'intellectuels qui sont euh volince nolince qu'ils le veillent ou qu'il le veuillent pas s'ils n'y font pas attention se se se se mettent au service de de l'oligarchie.

Alors, ils sont une élite intellectuelle certes et mais je dirais j'aurais tendance à dire qu'ils ont tendance à se à se mettre au service du pouvoir, voilà, à se mettre au service du pouvoir oligarchique et donc à se à à je dirais à à à rabaisser à rabaisser le le l'esprit qui de toute façon est un esprit collectif qui vient du peuple et donc à le à le dévaluer. Alors, je je j'enchaîne sur une question de Philippe. Les Zarques ont entre eux un langage un peu abscon pour les non initiés.

Euh, d'après un ami qui a été qui a été confronté, la neuve langue n'en serait-elle pas une n'en serait-elle pas pardon une déviance ? Ainsi, elle viendrait d'un entre soi. Et donc, rattraper cette langue permet une réinterprétation par les gens du commun et des sens faux et des faux sens.

Oui. Alors, je je ne connais pas Denarc personnellement. Euh difficile pour moi, c'est difficile de répondre à cette question.

Euh chaque il est prob Alors, il y a deux comment dire, il y a deux deux problèmes qu'il faut peut-être distinguer ici mais qui finissent par se rejoindre chez les Enars. C'est possible, hein. Euh premier premier phénomène, le jargon de métier.

Il y a toujours je je j'imagine qu'il y a toujours eu des jargons de métier et de corporation par exemple hein. Parce que bon quand quand on taille la terre la pierre, excusez-moi, quand on taille la pierre et bien forcément on utilise des des outils qui ont des noms et que un paysan par exemple peut ne pas connaître ou un enseignant peut ne pas connaître. Donc il y a un jargon de métier, ça c'est une chose.

Et puis ensuite il y a la il y a la novel langue, c'est autre chose. Que ces deux phénomènes là se rejoignent chez les arcs, c'est possible. Mais je franchement je préfère ne pas en dire plus parce que je je n'ai pas étudié le phénomène de près et il est possible que que le l'auditeur spectateur a tout à fait raison.

D'autant plus que en quelque sorte le jargon de métier des Enarques, grosso modo, si j'ai bien compris, c'est le jargon de du management public et privé et que donc il serait pas très étonnant, très très étonnant que finalement ce ce ce ce ce jargon de métier du management finisse par donner la novel langue. Hm hm. [rires] [grognement] Alors, une question de Tatos.

Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est pourquoi l'opposition ne met pas la macronie au pied du mur en lui renvoyant la vacuité de ce langage vide de sens. Alors, je je sais pas de je ne sais pas de quelle opposition il s'agit puisque l'opposition, on va dire, admettons l'opposition législative, disons qui est plus ou moins représentée à à la à l'assemblée. Donc, il y a une opposition de gauche, une opposition de droite. l'opposition de droite c'està dire d'extrême droite he je je je veux dire c'est c'est une opposition qui en réalité est comment dire elle est extrêmement faible du point de vue je veux dire du point de vue de de du point de vue des arguments politiques à part le à part le le le les faux semblants du pouvoir d'achat et des et des et des étrangers bouqu émissair il y a l'analyse critique de de de de de de la politique politique néolibérale mené par les néolibéraux en général et par Macron en particulier.

Cette analyse critique, elle est extrêmement faible. On l'a vu lors du débat hein, entre euh le débat récent du avant le 2e tour des élections présidentielles entre Macron et et Marine Le Pen. Euh elle n'a Marine Marine Le Pen n'a pratiquement rien à à elle ne fait pas d'analy il y a pas d'analyse critique du néolibéralisme macronien chez chez chez Marine Le Pen.

Bon, alors ensuite donc je ne vois pas au nom de comment elle pourrait faire pour pour opposer la vacuité de la novelande néolibérale à à à Macron quoi. Je je je ne sais pas comment elle pourrait faire. Ensuite l'opposition.

Alors, il reste évidemment l'opposition de gauche, le le donc la France insoumise et et le Parti communiste et d'autres qui sont un petit peu représentés au au au Parlement, à l'Assemblée nationale. Euh, ils seront peut-être un petit peu mieux représentés après ces ces élections législatives. Et disons que moi les rares fois où j'ai entendu enf pas les rares fois les quelques fois où j'ai entendu les interventions les interventions de de tel ou tel député par exemple de la France insoumise devant leurs collègues de de l'Assemblée nationale, j'ai trouvé que c'était une objection en acte en quelque sorte à l'avacuité de de de la novelangue.

C'està dire que c'est pas c'est pas ça veut pas dire que je que que je sois totalement d'accord avec ce qu'il disent. Ça ça n'a rien à voir encore que bon réfléchir. Mais en tout cas ce que je veux dire c'est que il parle une langue qui leur est propre.

Voilà, ils ont une langue propre au sens où j'utilisais le mot propre tout à l'heure, n'est-ce pas ? Ils ont une langue qui leur est propre et qui qui n'est pas la la novelue néolibérale. C'est c'est déjà, je dirais, une objection en acte à à la vacuité de la novelue qui est parlé par le en face.

Est-ce que c'est pas aussi Est-ce que c'est pas aussi est-ce qu'il y a pas un combat à mener, j'ai envie de dire, sur les plateaux télé sur où cette où cette loveue est diffusée ? c'est réinvestir réinvestir le sens euh des mots euh aussi dans les médias parce que si on vous suit, il y a quand même on n'est pas dans le modèle de la seringue hypodermique de McLuen, mais enfin il y a quand même il y a quand même les médias euh les médias euh sont quand même des méga indicateurs de cette notion. Absolument.

Je je je [raclement de gorge] pense qu'il serait de de de bonnes politiques euh d'instaurer pour chaque média un observateur de la novelangue. Voilà. l'appeler comme ça.

Alors euh ça veut dire ça veut dire que mais je pense que les les observateurs ne manqueraient pas parce que il y a déjà pas mal de lang de excusez-moi de de de gens hein de de y compris de collègues à la fac euh qui ont écrit sur la la novelangue. Donc je pense que il ne manque pas de gens compétents pourou distants quelque sorte pour avoir une distance précisément à l'égard du phénomène de la novelande et et en quelque sorte qui ces gens-là seraient sur le plateau télé comme vous dites avec une petite lampe rouge clignotant [raclement de gorge] à chaque fois que le journaliste ou l'interview manipule la novel langue hop il y aura une petite interruption lampe rouge allumée clignotant et puis le l'observateur fera un petit commentaire alors on pourrait on pourrait lui accorder 30 secondes ou une minute ça dépend de en quelque quelque sort de la de la décision de de la de la chaîne télé en question. Décision donc des des alors un autre mot novel dont j'ai pas parlé mais qui qui est qui est qui est proprement affreux.

Enfin, je veux dire pour moi c'est affreux et c'est un déni explicite de de de démocratie. C'est le mot décideur. Voilà.

Quelle horreur que ce mot de décideur quoi. Décideur, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que il y a des gens qui décident et donc 99,99 % des des gens nous quoi, nous sommes condamnés à ne jamais décider.

Hm hm. Voilà. Et et beaucoup de gens disent ça très tranquillement sur les ondes, y compris de la radio publique et de la télép.

Il y a des décideurs. Voilà, on sait pas trop pourquoi ni d'où ils viennent, mais il y a des décideurs. Ce que vous disiez tout à l'heure, on avant les avant le live chat, on parlait aussi de euh de de ce moment ce temps démocratique du vote euh où on est tous amenés à décider et ensuite on est on se sent bien sûr, il y a plein de gens qui s'investissent en politique qui vous parliez des assemblées civicau politiques, je crois.

Oui, oui, oui, oui, mais euh mais euh c'est ça rejoint ce que vous dites, c'est on est on se sent complètement exclu euh de Et c'est pour ça que le le mouvement des gilets jaunes est extrêmement important et pour ça que j'espère qu' qu'il va renaître parce que c'est un mouvement en quelque sorte, c'est un mouvement potentiellement instituant, c'est-à-dire ou préinstituant si vous voulez, c'est-à-dire que c'est un un mouvement qui pourrait déboucher sur l'institution d'une autre société. Et ça, encore une fois, ça requiert du ça requiert du sacré. Alors, j'ai parlé tout à l'heure de inappropriable, indisponible, mais il y a encore autre chose, c'est je je crois l'avoir dit, je ne sais plus exactement, il y a du non négociable.

Je me rappelle très bien ce moment au cours du du mouvement des des gilets jaunes où l'oligarchie a pris peur et dit "Allez bon, venez à Paris quelques-uns là et on va négocier." Et je me rappelle très bien ce cette réponse, cette objection des gilones qui dit "Mais on ne veut pas négocier. On ne veut pas négocier.

Sous-entendu, nous sommes une force. Est-ce que nous sommes assez puissants pour bon, je ne sais pas maintenant pour le dire, mais en tout cas nous sommes une force. Nous avons des idées, nous avons une puissance, une puissance d'institué, quelque chose de nouveau.

Nous avons nos propres idées. Nous n'avons pas besoin de négocier avec vous. Voilà, il y a du non négociable dans notre mouvement.

Il y a du sacré. Bon, si on ne alors je suis pas un fétichiste des des mots, hein, encore une fois, si ça si ça dérange certains que j'utilise le mot sacré, je l'utiliserai moins. Mais euh il faut quand même euh se rappeler qu'un certain nombre de de gens qui n'étaient pas croyants, qui n'étaient pas religieux, euh des gens qui qui qui ont une pensée critique, disons, je pense à Durkain, par exemple, le sociologue, je pense à Merlo Ponti, le philosophe, ont utilisé ce mot-là sans que sans que sans que ça les gêne.

Alors, ça gêne d'autres personnes évidemment, mais bon euh voilà, [rires] je pense que il faut pas faut pas se censurer disons. Oui, parce que finalement le sacré de dont vous parlez dans dans la masterclass, c'est elle fait il y a il y a un fil tenu enfin il y a un fil intéressant. Le sacré, c'est cette fonction aussi impérative, c'est cette fonction d'instituer et oui et oui effectivement une société politique et de la faire vivre finalement.

Et oui, c'est bon. D'abord, c'est c'est quand je pense à sa, c'est sacralité politique et non pas sacralité religieuse. Ça c'est une première [rires] chose.

Et ensuite le sacré, c'est la Alors, il y a une chose que que j'ai pas eu le temps de dire pendant la la masterclass, mais il faut se il est intéressant en tout cas de se rappeler que euh le sacré vient du latin sac qui vient lui-même de l'Indo-européen, d'une racine indo-européenne qui est la racine SAC. S a k, on l'écrit souvent comme ça, sak euh qui qui signifie euh exister ou bien faire exister, être réel ou donner conférer la réalité à, c'est-à-dire exercer la puissance de de donner réalité à de donner de de donner existence à à la société éventuellement. Donc donc euh création Oui.

H pardon. C'est pas très loin de la l'idée de création de Poyessis dont on parlait tout à l'heure. Absolument.

Oui oui, il s'agit de créer, il s'agit d'instituer un la société, une société nouvelle, de renouveler la société, de la régénérer, de la revigorer, comme disait euh Kawa à propos de la fête. Euh voilà. Donc donc je pense qu'on peut on peut on peut comment dire l'étimologie on peut on peut se décontracter un tout petit peu.

On peut se décontracter un [rires] tout petit peu. Se détendre un petit peu à propos du du mot sacré et dire tout simplement voilà il y a des choses euh il y a des choses qui pour nous politiquement collectivement doivent être sacrées. C'est-à-dire inappropriible euh non négociable.

Hm. Voilà, c'est comme ça. Ça veut pas alors ça veut pas dire que ensuite on ne puisse pas négocier ou on ne puisse pas s'approprier et cetera, mais précisément ce qui crée le négociable, ce qui crée l'appropriable, ce qui crée le disponible, c'est précisément l'indisponible ou l'inapproprible.

C'est on en est là. C'est l'instituant qui crée l'institué. Donc il nous faut exercer notre puissance instituante commune, impersonnelle.

Tout à fait. [raclement de gorge] C'est c'est oui, c'est c'est vraiment c'est ce que vous montrez bien, je trouve, dans la dans la masterclass que j'ai trouvé très intéressant, c'est que de partir du langage et de comprendre aussi les fonctions subconscientes de domination qui peut y avoir. Voilà. et ensuite comment euh comment on décrypte ces tendances totalites euh des sociétés néolibérales et comment on en arrive finalement au cœur du réacteur qui est la la sacralité politique. vraiment un fil très intéressant je trouve dans votre manière de de présenter les choses et et à cela s'ajoute alors encore une fois je suis pas fétichiste hein si on n'a pas envie de prononcer le mot sacré on peut ne pas on pas prononcer on peut ne pas le prononcer d'autant plus que évidemment depuis le christianisme et depuis le christianisme sécularisé on on on a comment dire le christianisme sécularisé c'estàdire l'état euh et peut-être un certain nombre d'autres institutions ont récupéré le mot sacré ils l'ont récupéré ils l'ont transformé en divin et Il est bien vrai, je ne veux pas le nier, ce serait absurde.

Il est bien vrai que ça créé dans certaines circonstances veut dire religieux, sacré dans certaines circonstances veut dire divin. Mais ce n'est absolument pas dans ce sens-là que nous nous pouvons le le l'utiliser. Si si on on peut on trouve même le mot sacré dans la constitution stalinienne de 1936, donc en russe, hein.

Donc euh donc il est vrai qu'il faut être prudent avec ce mot-là. C'est pour ça que je veux pas être critichiste, mais je pense que on n'est pas obligé de se de se de se de se censurer et de renoncer à l'utiliser. Je pense qu'il faut bien faire comprendre à l'oligarchie que il y a des choses qui ne sont pas négociables quoi.

Nos relations sociales et politiques ne sont pas négociables. Voilà. Et donc nous ferons tout pour les pour les réinstituer.

Je je Et alors et alors excusez-moi Catelajoute [raclement de gorge] un mot, c'est que réinstituer tant que je tant que je dis ça sans dire autre chose euh c'est un petit peu de l'ordre du vœux pieux si vous voulez. Hm. Euh et c'est là qu'on rejoint encore une fois les gilets jaunes, c'est que il y a pas de réinstitution possible sans du rituel, sans du ry sont de la ritualité.

Et la ritualité, elle est pas obligatoirement religieuse, elle peut-être politique. Le fait que des gens euh donc habillés de gilets jaunes se soient retrouvés pendant plusieurs [raclement de gorge] mois régulièrement régulièrement la régularité fait partie du rythme, se soit retrouvé régulièrement dans des espaces bien circonscrits qui sont les les ronds-points ou les carrefours euh pour réinstituer pour instituer une autre société plus juste, plus égalitaire, plus écologique et cetera. Euh c'est de la ritualité.

Voilà. Alors, on peut la dire sacrée, on ne peut on peut ne pas si on est gêné par le mot, mais la ritualité appartient de appartient de de plein droit, pleinement si vous voulez euh au à la sacralité politique. Alors, justement, vous venez de parler à l'instant des Russes et de l'oligarchie.

On a une question euh à ce sujet. Je vous entends utiliser le mot oligarchie. Pourquoi notamment dans les médias, ne parle-t-on euh d'oligarques que quand ils sont russes et jamais concernant euh les Français ?

Bah la la réponse me paraît assez évidente parce que dans notre euh manquéisme qui parfois s'affaiblit, parfois se renforce, en ce moment, il se renforce, hein, depuis le début de la guerre en Ukraine, il se renforce. Donc euh euh chacun aura compris qu'il y a des méchants russes et des gentils ukrainiens, hein. Nous sommes maniqués, hein.

Alors encore une fois euh au dans la mesure où où je n'ai encore rien dit sur le sujet, il y a pas de encore une fois donc je suis en quelque sorte amené à à parler de ce qui se passe en Ukraine. Donc je je condamne et j'ai été j'ai fait partie de de ceux je parle des collègues à la fac et notamment des collègues slaviste. [raclement de gorge] Euh j'ai été des premiers et de ceux qui ont dès le départ condamné le l'intervention l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'intervention de la Russie en Ukraine.

Donc là là-dessus, il il y a aucun problème. Mais ça ne nous libère pas, cela ne nous affranchit pas du devoir de considérer l'histoire, notamment l'histoire de ces 30 dernières années et de d'examiner ce qui s'est passé dans les relations est-uest [rires] et notamment le fait que pendant des années des années depuis Gorbachov, n'est-ce pas, la Russie a essayé de dire faut peut-être créer un ça aurait pas été forcément la panassé ça aurait peut-être été mieux que ce qui s'est passé pendant ces 30 dernières années. la Russie très souvent a à a à a sollicité la l'Europe occidentale pour dire et si on crée un espace unique de dialogue de coopération y compris de coopération financière et cetera économique, bon les Russes n'ont pas été entendus parce qu'il y a me semble-t-il en France une vieille un vieux réflexe un vieux réflexe antirusse qui date sans doute de de du 19e siècle et sans doute de de de plus tôt.

Bon, ça s'était calmé un tout petit peu avec le avec précisément avec le avec l'effondrement de de l'Union soviétique et les 30 années les 30 30 les 30 années qui ont qui ont suivi. Bon, évidemment ça c'est tout cela c'est toutes ces ces ces ces ces mauvaises odeurs ces odeurs nauséabondes sont remontées à l'occasion du du de la guerre de la guerre en Ukraine. Et et ça ça explique aussi pourquoi il y a des méchants oligarques en Russie et pourquoi il y a pas d'oligarques en France.

En France, il y a des il y a des décideurs économiques qui sont éventuellement riches, éventuellement milliardaires, mais qu'on ne désigne pas du nom d'oligarque parce que sinon ça ça serait les renvoyer en Russie quoi, en quelque sorte. H h [raclement de gorge] et on sait que la corruption existe aussi en France. on sait qu'il y a justement tout un tas de enfin je je je fais je fais référence aussi euh enfin quand on parle d'oligarchie, il y a souvent donc cette ce ce lien entre le pouvoir économique parfois la corruption euh aussi vis-à-vis de l'État des marchés publiques.

Oui, bien sûr, bien sûr. Bah, il y a la corruption, il y a la corruption illégale et puis il y a aussi la la corruption plus ou moins légale qui consiste à à laisser des dizaines de de milliards d'euros rejoindre les les paradis fiscaux. Oui.

Chaque année. Donc euh [raclement de gorge] aussi parler de cette corruption légale des des oligarques français. Alors, une dernière question Marc.

Euh donc une dernière question posée par Quant 1 M. Je sais pas si je prononce bien. Euh est-ce que les cours d'éloquence donnés dans certains milieux étudiants peuvent être un biais permanent, un biais permettant pardon, une forme de délayage de la nove langue euh dans un entreto un peu élitiste ?

Alors, je pense que la question Oui. Alors, j'ai j'ai cru entendre parler de ce de de ces cours d'éloquence. Je je n'ai pas assisté à ces cours d'éloquence.

Je n'ai pas assisté aux prestations auxquelles elles ont euh auxquelles ces cours ont donné lieu en en en fin d'année en général où il [raclement de gorge] y a une grande cérémonie puis il y a un lauréat qui est désigné par un jury. J'ai j'ai cru voir ça. Euh je n'ai pas assisté à ces cours, je n'ai pas assisté à ces prestations.

Donc je je j'aurais du mal à à à répondre à cette à cette question. Si dans ces cours d'éloquences, il s'agit de libérer les dons de de parole des des étudiants, je trouve que c'est très bien. Si s'il s'agit d'autres choses, il faut regarder.

D'accord. [grognement] Donc si euh pour résumer euh en fait les moyens de lutte euh les moyens de lutter contre la nove langue euh contre les rapports aussi de domination qu'elle entraîne, vous avez parlé de la la fonction esthétique euh de la fonction créatrice euh et puis puis je pense aussi d'étendre en tout cas de de de continuer aussi cette lutte dans les médias en tout cas de d'arriver à à faire prendre conscience aussi dans les milieux médiatiques. Euh bah des ravages que peu que que peut faire cette neuf langue.

Oui oui, on a on a parlé tout à l'heure de de d'un ensemble parce que c'est une question qui a été posée à plusieurs reprises. Donc finalement les moyens pour lutter, quels sont-ils ? Parce que on voit bien à quel point le fait d'utiliser des termes, une terminologie euh qui renvoie enfin ça renvoie une certaine vision du monde.

Donc il y a aussi une forme de de une forme de résistance à mettre en œuvre. Oui. Ah oui.

Oui. À ce niveau-là. Oui, la résistance passe aussi par la langue.

Il y a aucun doute. Exactement. Voilà.

Aucun doute. Ben je moi je compte sur sur Blast pour on essaie pour pour se tourner vers les les grandes chaînes de télévision [raclement de gorge] publique et éventuellement privé pour leur dire voilà euh il y a des gens qui ont écrit des livres sur la novelande il pourraient pendant le journal télévisé ou à la fin du journal télévisé il pourrai faire une petit un petit un tout petit bilan 2 minutes par exemple avec une petite lampe rouge qui clignote ou verte ou bleu ou verte Allez, soyons amicaux. [rires] Petit angle verteologique qui clignote et qui dit voilà, on éviter de dire ça parce que qu'est-ce que ça veut dire au fond ?

Est-ce qu'on est pas en train est-ce que le journaliste qui est censé être neutre en quelque sorte est-ce qu'il n'est pas en train de finalement d'avanalyser une certaine vision du monde à travers la la langue qui qui le parle ? Ben voilà. Mais écoutez Marc, en tout cas, je vous remercie d'avoir été avec nous ce matin.

Merci à vous. Euh c'était passionnant cette cette masterclass sur la neuve langue et ses implications. On a appris beaucoup de choses, je pense.

Donc au nom de tous nos abonnés, je vous remercie et je pense qu'ils vous remercieront sur le chat aussi. Grand merci à vous. Puis je vous dis à très bientôt.

À bientôt. Merci. Au revoir.

Au revoir. [musique] [musique]