F.X.Bellamy, "Macron et Le Pen s’entretiennent l’un l’autre pour susciter la défiance dans l'Europe"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
François-Xavier Bellamy, bonjour.
- 0:39OuverteRéponse partielle
Partons d'abord de sa philosophie générale telle qu'énoncée par le Président.
- 1:00OuverteRéponse partielle
N'est-ce pas exactement la position équilibrée que vous cherchez aussi à défendre dans cette campagne ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Vous avez l'impression qu'aujourd'hui, il vous pique vos mots, Emmanuel Macron ?
- 4:15OuverteRéponse partielle
Mais êtes-vous en opposition avec une quelconque de ces propositions ?
- 6:11OuverteRéponse directe
Est-ce que vous le déplorez ? Jean-Pierre Raffarin soutient la liste LREM.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:14Invité politiqueFait
« frappé de voir à quel point, effectivement, le Président de la République, aujourd'hui, semble infléchir son discours sur l'Europe, au point qu'on se demande qui est le vrai Emmanuel Macron. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Nous, nous ne pensons pas qu'il faut faire plus, par définition, nous pensons qu'il faut faire mieux, et que toute la réponse à nos problèmes ne se trouve pas nécessairement dans plus d'Europe, dans plus d'intégration. »
- 2:07Invité politiqueFait
« À aucun moment, Emmanuel Macron, dans ce texte, ne nous dit qu'il faut mettre un terme à l'immigration massive qui entretient aujourd'hui le business des passeurs et qui menace de déstabiliser profondément notre pays et notre continent. »
- 3:11Invité politiqueFait
« Est-ce que c'est celui qui nous disait il y a quelques mois encore que le premier problème et la première nécessité, c'était de créer un budget de la zone euro avec un ministre de l'euro ? »
- 3:55Invité politiqueFait
« Je ne crois pas que le compte y soit quand on nous propose de créer cette nouvelle agence, commission, comité en un seul texte. »
- 8:03Invité politiqueFait
« La politique agricole commune va voir son budget baisser parce que le gouvernement français n'a pas su la défendre. »
- 11:21Invité politiquePromesse
« Ces 20 noms, d'abord, ils seront tous d'une certaine manière éligibles parce que nous allons faire un très beau score à cette élection. »
- 13:21Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, c'est 12 partis européens sur les plus de 70 que compose le PPE qui ont effectivement engagé cette procédure. »
- 14:03Invité politiqueFait
« La campagne d'affichage qui a eu lieu en Hongrie et qui visait Jean-Claude Juncker, dont j'ai trouvé qu'elle n'était pas à la hauteur du débat politique. »
- 17:44Invité politiqueFait
« Le candidat du Front National a découpé neuf secondes de mon intervention pour me faire dire le contraire de ce que je voulais dire. »
- 19:02Invité politiqueFait
« Ce que je crois d'abord, c'est que ça n'est pas un sujet pour les élections européennes. »
- 19:04Invité politiqueFait
« Il ne s'agit pas du tout de remettre en cause la loi Veil. »
- 20:15Invité politiqueFait
« La grande question qui se pose à nous, c'est la question de notre rapport d'une manière très générale à la technique, à la médecine. »
- 21:04Invité politiqueFait
« Les états généraux de bioéthique qui ont été organisés en France ont permis à des milliers de citoyens de s'exprimer d'une manière très intelligente et constructive. »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy69 %
- Présentateur16 %
- Invité7 %
- ?4 %
- Auditeur2 %
≈ 11,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et avec Alexandra Ben Saïd, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 la tête de liste Les Républicains pour les élections européennes. Dialoguer avec lui, questions dans 10 minutes, les vôtres au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. François-Xavier Bellamy, bonjour. Bonjour. Avec la lettre aux citoyens d'Europe pour une renaissance européenne publiée ce matin par le Président de la République dans 28 titres de presse des 28 pays membres de l'Union. La campagne des élections européennes démarre véritablement. Il y a nombreuses propositions dans le texte, on va y venir.
Mais partons d'abord de sa philosophie générale telle que l'énonce le Président. Ni béatitude europhile, ni fermeture nationaliste. Le nationalisme, c'est le rejet sans projet, dit Emmanuel Macron. Non, c'est un plaidoyer pour la liberté, la protection et le progrès qui sont, selon lui, les valeurs cardinales de l'Europe. N'est-ce pas exactement la position équilibrée que vous cherchez aussi à défendre dans cette campagne
?
D'abord, merci pour votre invitation.
Merci. On est
frappé de voir à quel point, effectivement, le Président de la République, aujourd'hui, semble infléchir son discours sur l'Europe, au point qu'on se demande qui est le vrai Emmanuel Macron. Est-ce que c'est celui qui, dans le discours de la Sorbonne, dans le discours d'Athènes, nous disait que ce qui comptait, c'était de transférer la souveraineté nationale vers une souveraineté européenne ? Ou bien est-ce que c'est celui qui, aujourd'hui, nous parle d'une Europe qui protège, en reprenant, effectivement, des mots qui nous paraissent essentiels ? Mais derrière les mots, il
y
a les actes. Et au fond, ce qui est frappant, c'est de voir à quel point tout le problème est posé dès le début, quand Emmanuel Macron nous dit que ce qui compte, c'est de faire plus et plus vite. Nous, nous ne pensons pas qu'il faut faire plus, par définition, nous pensons qu'il faut faire mieux, et que toute la réponse à nos problèmes ne se trouve pas nécessairement dans plus d'Europe, dans plus d'intégration. Parfois, il faut que l'Europe soit plus efficace, par exemple, sur la question migratoire, qui n'est pas vraiment posée dans ce texte.
Il y a celle de
Schengen, des frontières. Mais voilà, c'est ça qui est très intéressant.
La réforme de Schengen. Il faut
remettre à plat Schengen, mais pour faire quoi ? Et quel est d'ailleurs le diagnostic ? À aucun moment, Emmanuel Macron, dans ce texte, ne nous dit qu'il faut mettre un terme à l'immigration massive qui entretient aujourd'hui le business des passeurs et qui menace de déstabiliser profondément notre pays et notre continent si nous ne faisons pas face au défi qui est représenté par la question migratoire dans les années qui viendront. À aucun moment, Emmanuel Macron ne pose ce diagnostic. Alors, remettre à plat Schengen, oui, mais pour faire quoi ? Font tout ce texte effet, je crois, de formules qui sont un peu creuses.
Et le décalage est très grand entre les grands mots que vous avez rappelés à l'instant et
la réalité des années. Liberté,
progression, protection, pardon, progrès, vous
pourriez
vous retrouver dans ces mots-là. Mais qui ne s'y
retrouverait pas ? Qui ne veut pas plus de
liberté, de progrès, de protection ? C'est peut-être ça l'habileté du texte, non ? Mais oui, mais le problème, c'est que vous savez... Difficile
d'être contre. Moi, je crois à la démocratie et je crois au pluralisme. Et je reconnais à Emmanuel Macron la légitimité de défendre sa vision, mais qu'il la défend d'une façon précise pour nous dire vers où il veut nous conduire. Aujourd'hui, le problème, c'est que le débat qui s'engage ressemble à un jeu de dupe. Et je le redis encore une fois, qui est le vrai Emmanuel Macron ? Quelle est sa véritable vision de l'Europe ? Est-ce que c'est celui qui nous disait il y a quelques mois encore que le premier problème et la première nécessité, c'était de créer un budget de la zone euro avec un ministre de l'euro ?
Ou est-ce que c'est celui aujourd'hui qui a totalement abandonné, comme par enchantement, ces propositions qui lui paraissaient hier si nécessaires ?
Vous avez l'impression qu'aujourd'hui, il vous pique vos mots, Emmanuel Macron, qu'il prend des thèmes de droite, sciemment,
qu'il vous coupe l'herbe sous le pied ? Ce que j'observe, c'est que la droite ne devait pas être si loin de la vérité pour qu'effectivement, aujourd'hui, on se mette à limiter. Que ce soit Emmanuel Macron en disant effectivement qu'il faut défendre une Europe qui protège, ou bien Marine Le Pen qui nous dit désormais qu'elle ne veut plus sortir de l'Europe. La vision que la droite défend et qu'elle continuera de défendre dans cette campagne avec beaucoup de rigueur et pour le coup de précision et de concret, cette vision-là, c'est, je crois, en effet, celle qui est nécessaire pour l'avenir de l'Europe.
Je ne crois pas, moi, pour ma part, vous savez, encore une fois, derrière les mots, je ne crois pas que le compte y soit. Je ne crois pas que le compte y soit quand on nous propose de créer cette nouvelle agence, commission, comité en un seul texte. Au fond, nous sommes en train d'exporter vers l'Europe le pire de ce que nous savons faire,
c
'est-à-dire ces 387 comités que Mediapart avait comptés et qui font, au fond, la paralysie technocratique française. Si l'Europe qu'Emmanuel Macron veut,
c
'est ça, alors de fait, ces grands mots ne seront suivis d'aucun effet.
Mais êtes-vous en opposition avec une quelconque de ces propositions ? Lutter contre l'ingérence des puissances étrangères, repenser l'espace Schengen, comme le disait Nicolas, affirmer la préférence européenne en matière économique, avoir une autorité de contrôle pour les aliments. Est-ce que vous êtes en opposition avec quoi que ce soit là
-dedans ?
Dans ces propositions que vous avez formulées, au fond, il y a les trois types de situations qu
'on
peut trouver dans ce texte. Il y a certaines propositions avec lesquelles on pourra être d'accord. Par exemple, refuser des ingérences étrangères dans la vie politique européenne. Ça, pour le coup, ça me paraît nécessaire. Ça se fait en France, ça se fait au niveau européen, ça doit peut-être être mutualisé avec les autres pays européens. Il y
a
d'autres propositions qui sont absurdes parce qu'elles sont déjà réalisées. Et si souvent, Emmanuel Macron nous propose dans ce texte de créer des choses qui existent déjà. Sur une autorité sanitaire en matière d'alimentation, c'est une autorité qui existe déjà, ça s'appelle l'EFSA, et les gens qui y travaillent seront ravis d'apprendre que le président de
la
République veut inventer leur métier. Et puis la dernière chose,
c
'est que oui, il y
a
des propositions avec lesquelles on sera profondément en désaccord parce que dans ce texte, et c
'est
la philosophie générale malgré tout qui semble animer Emmanuel Macron, c'est toujours plus d'Europe,
c
'est toujours plus surtout de constitutions d'agences, de technostructures, toujours plus de distances et d'éloignements avec la décision politique. Et c'est cela, je crois, qui fait la maladie de l'Europe aujourd'hui. Au fond, vous savez, il me semble que Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'entretiennent l
'un
l'autre pour susciter la défiance dans l'Europe. Moi, sur le terrain, ce que j'entends depuis le début de cette campagne, c'est que l'Europe est devenue illisible, incompréhensible, qu'on ne sait plus exactement à quoi elle peut nous servir. Et on agite de grands mots pour créer des commissions, des comités, des agences, tout cela qui constitue dans l'Europe une strate supplémentaire d'administration qui n'est pas ce dont nous avons besoin.
Parlons de choses concrètes, parlons encore une fois de la question migratoire, parlons du défi que représente le terrorisme qui n'est pas cité dans ce texte, du défi que représente la menace communautariste et l'islamisme qui suppose que nous sachions en Europe redire ce qu'est notre civilisation. De tout cela, il n'est pas mention dans ce texte. Et je crois qu'au fond, ce texte passe à côté de
l
'essentiel et de ce dont les Français ont besoin.
Jean-Pierre Raffarin a fait savoir, François-Xavier Bellamy, qu'il soutiendrait, et quand on lit son entretien dans le Figaro, visiblement, il le soutient même avec enthousiasme, il la soutient même avec enthousiasme, cette liste LREM, et donc il ne soutient pas la vôtre. Est-ce que vous le déplorez ? Il est encore membre de votre parti
?
J'ai du mal à comprendre que Jean-Pierre Raffarin dise qu'Emmanuel Macron a le meilleur projet européen, dans la mesure où tous les projets n'ont pas été dévoilés. Le nôtre en particulier le sera de façon complète à l'occasion du Conseil national, qui va venir dans quelques jours. Donc Jean-Pierre Raffarin, c'est bien dommage, se prononce, me semble-t-il, un peu tôt. Sur le fond, en revanche, écoutez, je crois que la clarification était nécessaire. Jean-Pierre Raffarin partageait déjà des réunions stratégiques avec le président de la République il y a quelques semaines de cela sur le projet européen. Que les choses soient affichées clairement, vous savez, c'est ce qui me paraît nécessaire.
Moi, je crois, je vous le disais à l'instant, au pluralisme démocratique, je n'ai jamais eu la moindre réprobation morale envers quelqu'un qui n'a pas les mêmes convictions que moi. Ce qui compte, en revanche, c'est d'offrir aux Français un choix qui soit vraiment clair et
transparent. Il doit
quitter le parti désormais, selon vous
?
Écoutez, il faut aller au bout de sa démarche. S'il considère que La République En Marche est ce dans quoi se trouve son aspiration politique, il me semblerait normal qu'il rejoigne La République En Marche. Vous lui demandez de le faire ? Non,
ce
n
'est
pas à moi de lui demander de le faire, mais encore une fois, je crois à la cohérence. Il n
'y
a aucune espèce de jugement moral de ma part. Jean-Pierre Raffarin a été Premier ministre. Il fait aujourd'hui les choix qui lui paraissent les plus pertinents pour le pays.
Il a été Premier ministre, il a été aussi membre fondateur de LR. Il souhaite un épinet de la droite et du centre qui rassemblerait toutes les chapelles après les européennes. Qu'est
-ce
que vous en pensez
?
Jean-Pierre Raffarin ne voit pas que la droite continue de travailler, qu'elle continue de réfléchir, qu'elle continue de construire. Nous sommes en train, nous, pour le coup, de terminer ce projet européen que nous allons présenter aux Français. Ce sera un projet audacieux, ambitieux. On en a déjà évoqué des éléments fondamentaux. Je pense à la question de la politique agricole commune. Voilà des sujets qui intéressent les Français. La politique agricole commune va voir son budget baisser parce que le gouvernement français n'a pas su la défendre. Si c'est ça que Jean-Pierre Raffarin considère comme étant l'avenir de l'Europe, libre à lui de le rejoindre,
bien sûr. Vous dites
que la droite continue à travailler. Est-ce qu'elle ne continue pas aussi à se rétrécir ? Parce qu'avec Jean-Pierre Raffarin, c'est un bloc de centre-droit qui se détache de l'ex-UMP. Est-ce que vous ne redoutez pas que votre parti devienne au fond un petit parti conservateur ?
Ou
est-ce que vous dites, voilà, maintenant, il faut aller au bout de notre logique et accepter ce qu'on est devenu
? Non,
bien au contraire. Je ne crois pas que la droite menace de se rétrécir. La droite s'est rétrécie quand elle n'a pas su dire ce qu'elle voulait proposer aux Français, avec sérénité, mais avec conviction. Moi, je ne crois pas que la droite gagne quoi que ce soit à une forme de confusion dans laquelle elle deviendrait une forme d'auberge espagnole dans laquelle chacun pense tout et le contraire de tout.
Mais le centre-droit, c'est l'auberge espagnole ?
C'est quand
même
une
composante majeure fondatrice.
Mais bien sûr,
bien sûr.
Est-ce que ce moment-là est passé, d'après vous ? Le
moment d'un parti qui regroupe toutes les droites du centre à la droite de droite, on va dire, sur tout le spectre. Est-ce que ça,
c
'est fini
?
Il
faut
passer à autre chose. Je crois que ce qui intéresse les Français, c'est de savoir ce que nous voulons leur proposer sur des choses très concrètes. Et aujourd'hui, ce que nous allons défendre dans ce débat européen, c'est une manière, pour le coup, de repenser l'Europe telle qu'elle nous semble nécessaire. Et surtout, de repenser une Europe qui pourra faire la preuve de son efficacité pour que nous puissions retrouver l'élan de l'idéal européen. Et ça, je ne crois pas du tout que des gens qui soient issus du centrisme ou d'une droite plus centriste et qui a été historiquement décisif dans la construction européenne se détournent de cela. Bien au contraire.
D'ailleurs, j'observe que la liste que nous avons commencé de construire avec Agnès Sévren, avec Arnaud Dangean, elle représente aussi une pluralité d'histoires politiques. Et pourtant, avec un Arnaud Dangean que vous avez reçu il y
a quelques semaines, nous sommes en
plein accord sur
le cœur du projet européen. En plein accord.
Elle sera fixée mercredi ?
Alors, mercredi, il y aura une commission d'investiture qui va
continuer à dévoiler
la suite de la liste.
Et
le JDD nous dit ce matin que les noms des candidats de cette liste seront dans le désordre, présentés dans le désordre et que personne, pas même les candidats, ne saura s'il est en phase, le candidat en place éligible ou pas. Est-ce que c'est exact
?
La liste est aujourd'hui proposée par la Commission nationale d'investiture.
C
'est une commission composée de 40 personnes.
Je
ne
peux
pas préjuger du travail qu'elle va faire. Elle se construit
aussi sous
l'autorité de Laurent Wauquiez. Vous,
vous
savez que vous êtes en, par exemple.
Exactement.
N'est-ce pas ?
Ce que j'ai indiqué, c'est qu'il me paraissait nécessaire de faire de cette élection l'occasion d'une véritable alliance entre un renouvellement qui est sans doute nécessaire pour la droite et en même temps une expérience parce que je n
'ai
jamais cru à l'opposition de l'ancien et du nouveau monde.
Je
pense que c'est cette complémentarité qui est nécessaire. Et c'est celle-là qui sera incarnée par la liste qui va suivre où il y aura 50% de nouveaux noms et 50
% de certains. Mais sur la
méthode, donc 20 candidats sont annoncés mercredi, si je comprends bien, mais ne savent pas à quelle place ils seront sur la liste. Et
vous n'avez
pas la main là-dessus, vous ? Enfin, vous pouvez confirmer les infos du
JDD
ou pas ? Non, enfin, si le JDD le publie,
c
'est que sans doute, effectivement, c'est la méthode qui sera retenue. Mais encore une fois, c'est un travail progressif de construction de cette équipe. Pour moi, le plus important, c'est que ces 20 noms, d'abord, ils seront tous d'une certaine manière éligibles parce que nous allons faire un très beau score à cette élection et j'espère bien que nous pourrons avoir le plus grand nombre d'eurodéputés pour pouvoir défendre les intérêts des Français dans les années qui viendront. Et ce que je crois aussi, c'est que ce qui compte le plus, c'est d'abord de définir notre projet parce que c'est ça que les Français attendent, plus qu'une question de casting, au fond.
Aujourd
'hui,
vous avez la main sur le
casting ? Non, ce n'est pas la liste
de François-Xavier Bellamy, c'est la liste d'un mouvement avec, vous le rappeliez à l'instant, la diversité de ses sensibilités. C'est une liste
qui est réalisée. Ce n'est pas un petit
poil baroque
? Mais pas du tout. Vous savez, nous, on n'est pas effectivement dans le parti macroniste où tout semble se décider d'en haut. Nous avons des instances qui fonctionnent, une commission nationale d'investiture présidée par Eric Ciotti, composée de 40 membres, qui a été désignée par les adhérents des Républicains. Et donc, il n
'y a
aucune raison que ce soit par l'arbitraire dans un bureau qu'on compose seule cette liste.
Alors, les 10 places les plus éligibles, ce sont les 10 premières à aujourd'hui en fonction des intentions de vote. Est-ce que, par exemple, dans ces 10 places, il y aura Nadine Morano, Rachida Dati, Brissortefeu ?
Je comprends que votre curiosité soit grande, mais encore une fois, je ne peux rien vous confirmer ni affirmer. Ce qui compte, encore une fois, c'est la philosophie générale de la construction de cette équipe qui associera 50% de renouvellement et 50% de sortant parce qu'il faut le dire aux Français, c'est une institution qui est complexe, le Parlement européen, qui suppose qu'on puisse définir cette complémentarité pour pouvoir représenter au mieux les Français.
C'est tout ce que je
peux vous dire à ce stade.
Mais
ce mélange de sortant et de restant, ça doit se faire dans les 10 premières places parce que pour les 10
suivantes... Parce que la Commission nationale d'investiture a voté d'ailleurs à sa première réunion il y
a
quelques semaines de cela, déjà, c
'est
le principe de 50% de renouvellement dans les premiers noms de la liste et donc vous aurez droit à ce renouvellement dans les jours qui viennent. Un peu de patience, je
ne pense pas que vous soyez un
patient. La question, François-Xavier Bellamy, d'une éventuelle exclusion du parti du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, exclusion du Parti populaire européen sera débattue par le Parti populaire européen le 20 mars prochain. Vous ne vous associez pas à cette demande d'exclusion. Pour quelles
raisons ? Alors aujourd'hui, c'est 12 partis européens sur les plus de 70 que compose le PPE qui ont effectivement engagé cette procédure. Nous attendons la réunion du 20 mars qui sera l'occasion d'un dialogue dans lequel Joseph Dole l'a dit, le président du PPE. Il faudra absolument que chacun puisse avoir part, que chacun puisse se faire entendre, y compris le Fidesz, bien sûr. Moi, pour ma part, je regrette profondément la division qui a lieu aujourd'hui
au sein du PPE.
Mais
sur
le fond, vous trouvez qu'il faut t'exclure
?
Vous savez, on ne se sépare pas d'un parti qui a fait partie du PPE depuis 2001 en un revers de main.
Mais qui a pu évoluer
jusqu'à peut-être se porter aux marges de ce qu'est le PPE aujourd'hui
?
J
'ai
profondément regretté. Je l
'ai
déjà dit, d'ailleurs, la campagne d'affichage qui a eu lieu en Hongrie et qui visait Jean-Claude Juncker, dont j'ai trouvé qu'elle n'était pas à la hauteur du débat politique, dont j'ai trouvé aussi qu'elle contribue à cette division. Maintenant, je crois que c'est un enjeu très grave. Vous savez, parce que la dialectique qui opposerait les populistes progressistes et qu'Emmanuel Macron a installée en Europe depuis un an et demi avant de se poser en rassembleur, cette dialectique, elle contribue à fracturer l'Europe comme elle a contribué à fracturer la France. Et l'un des grands enjeux de l'avenir de l'Europe,
c
'est de parvenir à maintenir une unité à l'intérieur de cette Europe qui n'a pas de sens autre que celui de nous permettre de dialoguer ensemble, même à travers nos désaccords.
Mais là, on parle de l'unité de votre parti, là, on parle de l'unité de votre parti, le PPE.
Aucun parti membre du PPE de l'Est de l'Europe ne s'est associé à cette demande. Et le grand risque aujourd'hui, c'est celui d'une fragmentation entre l'Est et l'Ouest. Le différent entre Jean-Claude Juncker et Victor Orban, il date de la crise des migrants, il date de la manière dont Victor Orban a réagi à cette crise migratoire. Je crois que ce serait très dangereux si on parvenait à cette fracturation à l'occasion de ce débat. Vous êtes... Pardon ?
Victor Orban qui cherche des alliés plutôt du côté de Salvini ou de Marine Le Pen, vous vous sentez proche de ces alliés-là
?
Non, justement, c'est la raison pour laquelle, précisément, le grand danger, c'est que si nous raisonnons à coups de diatribe et de jugement hâtif, nous risquons, effectivement, de hâter la constitution de ce groupe populiste, de cette alliance un peu baroque de populistes européens qui pourrait contribuer à la crise du projet européen de manière beaucoup plus forte. Vous êtes plus proche d'Orban ou de Macron
? La
question est absurde, on ne
va
pas rentrer dans... Je pense,
encore une fois... À un moment,
il faut se la poser.
Non, mais je pense... Le PPE va
se poser la question de sortir ou non Victor Orban.
Vous savez... C'est
un ensemble européen. Voilà, il y a différents pôles de valeurs. Duquel êtes-vous le plus proche
?
Je pense, comme je vous le disais tout à l'heure, que l'Europe d'Emmanuel Macron nourrit celle des populistes. Et c'est vraiment un point très important. Emmanuel Macron, dans son texte, nous dit à plusieurs reprises, il commence et il termine en disant que le danger qui guette l'Europe, c'est le nationalisme. Mais Emmanuel Macron n'a pas vu la réalité de la crise économique qui touche tant de nos concitoyens. Il n'a pas vu que l'Europe, bien souvent, est perçue comme, et c'est d'ailleurs ce que votent aussi les membres du parti auquel il s'est rattaché, l'ADLE, il n
'a
pas vu que l'Europe, en votant tous les traités de libre-échange de manière trop idéologique, a favorisé ce sentiment de défiance. Il n
'a
pas vu la réalité de la crise migratoire. Il n'a pas vu la montée du péril djihadiste. Aujourd'hui, il nous dit que le danger, ce sont les nationalistes, que le danger, c'est le Brexit. Mais le danger, ce n'est pas le Brexit. Le danger, c'est ce qui a produit le Brexit et c'est ce à quoi il faut s'attaquer et c'est ce à quoi nous voulons nous attaquer.
Allez, on file au standard. Bonjour Marina, vous nous appelez
de Marseille. Soyez la
bienvenue à l'antenne d'Inter.
Oui,
bonjour. Bonjour Monsieur Bellamy.
Bonjour.
Voilà, je voudrais vous poser une question. Vous êtes quelqu'un d'un intellectuel, un brillant philosophe
et
qui a une hauteur de vue. Je ne commenterai pas ça. Je
voudrais savoir
comment vous vivez le fait de vous retrouver dans un jeu où peut-être vous n'imaginez pas qu'il y avait autant de coups
bas
et autant des fois de simplification de la pensée
et
de caricature des gens, des courants de pensée et de la vie quotidienne des
Français
en nous classant, etc.
Bien compris Marina. François-Xavier Bellamy vous répond. Merci d'être intervenu.
Merci pour votre question. Vous savez, ce qui me frappe beaucoup et je partage ça avec vous ce matin, c'est de voir à quel point notre débat politique aujourd'hui est menacé par le simplisme. Et effectivement, c'est sans doute quelque chose qui me frappe et qui mériterait qu'on y réfléchisse. Parfois, vous êtes exposé à ce qu'on coupe un tout petit bout de votre phrase et qu'on en fasse une déclaration qui veut dire le contraire de ce que vous avez dit. Je pense qu'on aurait
vraiment intérêt... C'est l'avantage de la
radio, c'est nettement plus compliqué.
Surtout en direct.
Mais c'est ce qui m'est arrivé sur une radio concurrente. Le candidat du Front National a découpé neuf secondes de mon intervention pour me faire dire le contraire de ce que je voulais dire. Et je crois que ce qui nous menace, c'est au fond, de voir notre débat démocratique sombrer dans une forme d'absurdité très éloignée de ce que les Français attendent. Moi, je crois à l'intelligence collective, je crois au pluralisme. Je n'ai jamais, je le disais tout à l'heure, jugé quelqu'un pour n'avoir pas les mêmes idées que moi. Au contraire, je pense que
c
'est très important qu'on puisse en faire l'occasion d'un vrai débat. Encore faut-il que ce débat puisse avoir lieu de manière approfondie, de manière respectueuse. Et c'est l'un des enjeux de cette élection européenne. Si nous ne savons pas effectivement éviter le piège des caricatures qui pourraient nous menacer, nous risquons de voir notre débat démocratique se dégrader profondément.
Julia de Toulon est au standard. Soyez la bienvenue. Bonjour.
Oui, bonjour. Merci de prendre ma question.
Je vous en prie. Je
souhaitais interpeller ce monsieur qui a été effectivement décrit comme un brillant philosophe, prof à l'école. Et du coup, je souhaitais l'interpeller sur le fait qu'il soit contre l'avortement à titre personnel.
Donc voilà, ça c'est votre question. Merci de l'avoir posé à François-Xavier Bellamy qui vous
répond. Merci pour votre question. J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer très longuement sur cette question puisqu'elle m'a été posée souvent au cours des dernières semaines. Encore une fois, ce que je crois d'abord, c'est que ça n'est pas un sujet pour les élections européennes. La deuxième chose, il ne s'agit pas du tout de remettre en cause la loi Veil. La seule expression que j'ai eue sur le sujet consistait à dire que si on se préoccupait authentiquement du bien-être des femmes, on pourrait peut-être penser une politique de prévention qui s'adresse réellement à ce dont elles ont besoin,
c
'est-à-dire peut-être notamment pour les plus précaires un accompagnement qui puisse leur permettre de faire un vrai choix et un choix qui soit plus libre. C'est la seule chose que j'ai eu l'occasion de dire. Je ne crois pas que cette position soit si contestable qu'on a voulu le dire. Je ne crois pas non plus qu'elle mérite d'être enfermée dans les caricatures qu'on évoquait à l'instant. Maintenant, ce n'est pas le sujet que j'aborderai dans cette campagne européenne. Ce qui compte,
c
'est de parler d'Europe qui a un tournant de son histoire. Je crois qu'indépendamment de nos convictions sur ces sujets de société, on peut pouvoir dialoguer ensemble sur l'avenir de l'Europe.
C'est important quand même aussi de savoir ce que vous pensez par exemple de la loi de bioéthique qui ouvre notamment la PMA aux couples de femmes et puis aux femmes seules. Maintenant, le gouvernement dit qu'il veut prendre son temps et que cette loi sera plutôt examinée en 2020. Vous, est-ce que vous vous en réjouissez
?
Ce qui compte, c'est qu'on puisse avoir un vrai débat sur le sujet. Je ne crois pas que ce soit en repoussant l'échéance qu'on permettra de trancher les choses. Au fond, derrière cette question bioéthique, il y a l'un des grands sujets qui engagent l'avenir de notre société. Je le dis ici comme prof de philo, en effet, la grande question qui se pose à nous, c'est la question de notre rapport d'une manière très générale à la technique, à la médecine.
La question qui se pose à nous, c'est la question de savoir si nous voulons au fond vaincre la condition humaine quand elle s'impose à nos désirs, si légitime qu'ils soient ou si nous voulons accepter de reconnaître cette condition dont nous héritons. C'est une question qui ne concerne pas seulement au fond le sujet de la PMA qui ne concerne pas d'abord les couples homosexuels. C'est une question qui concerne toute notre société parce que derrière ce qu'on appelle la promesse de l'homme augmenté, il n'y a rien d'autre que cette volonté de faire en sorte que nos désirs, les plus légitimes qu'ils soient, soient satisfaits lorsque nous le souhaitons par le biais de la technique.
Mais là, ce report, comment est-ce que vous l'analysez ?
Est
-ce que vous voyez là une gêne du gouvernement ou bien justement, comme vous le souhaitez, la volonté de laisser le temps au débat
?
Le débat, il a eu lieu. Les états généraux de bioéthique qui ont été organisés en France ont permis à des milliers de citoyens de s'exprimer d'une manière très intelligente et constructive. Je crois que c'est l'un des signes de cette intelligence collective dont je parlais tout à l'heure. Ce qui est dommage, c'est qu'aujourd'hui, le résultat de ces états généraux de bioéthique qui ont très largement montré que les Français souhaitaient justement une forme de sagesse dans le rapport à la technique, dans le rapport au progrès technique, ils ne soient pas entendus pour pouvoir peut-être renoncer définitivement à des projets qui vont contre cette sagesse qui a été sollicitée.
Sur l'application France
Inter, Anna vous demande la chose suivante, François-Xavier Bellamy, que ferez-vous si vous êtes au Parlement européen à propos des régions qui demandent leur indépendance ? Je pense notamment à la Catalogne, dit Anna. Alors, Europe des nations ou Europe des régions ? Point d'interrogation.
C'est très intéressant de voir qu'effectivement, plus l'Europe s'est affirmée, parfois en donnant le sentiment de dévitaliser les états, plus on a vu se multiplier des irrédentismes ou des tentations sécessionnistes. Pour ma part, la première chose que je voudrais dire, c'est que je crois à une pleine souveraineté des démocraties et donc il me semble que l'Europe n'a pas à trancher de la question de la Catalogne ou de la question de ces irrédentismes régionaux.
La deuxième chose, c'est que je crois effectivement que l'échelle de la démocratie suppose un peuple commun, une langue commune et que c'est ce qui doit nous guider dans nos décisions lorsque nous sommes face aussi bien d'ailleurs à des tentations qui voudraient que nous transférions notre souveraineté à l'échelle européenne que lorsque nous voyons se morceler notre société, se fracturer nos sociétés à travers ces tentations-là.
François, Xavier Bellamy, merci d'avoir été au micro de France Inter.
Merci à vous pour votre accueillir. Et revenez nous voir pendant cette
campagne. Nous vous recevrons et dialoguerons avec vous avec plaisir. Merci à vous.
François-Xavier Bellamy