RÉSEAU FRANÇAIS D'EPSTEIN : OMERTA ET IMPUNITÉ
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Maître Anne-Claire LejeuneFait
« on reste sans nouvelles de l’agent et ancien associé de Jeffrey Epstein »
- 5:30Maître Anne-Claire LejeuneFait
« les témoignages sont très compliqués à obtenir »
- 6:30Maître Anne-Claire LejeuneFait
« c’est un milieu où finalement il y a malgré tout une espèce d’omerta »
- 8:30Mié KohiyamaChiffre
« l’amnésie traumatique c’est un mécanisme neurologique qui touche 40% à 60% des victimes de violences sexuelles dans leur minorité »
- 9:00Mié KohiyamaFait
« on a des victimes d’amnésie traumatique qui récupèrent leurs souvenir au bout d’un demi siècle »
- 10:00Mié KohiyamaFait
« le gouvernement a rallongé jusqu’à 48 ans la prescription, donc 30 ans près la majorité des victimes »
- 10:30Mié KohiyamaFait
« on estime qu’il faut aller plus loin »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Après avoir résumé l’ampleur du scandale Jeffrey Epstein, dont la thèse officielle du suicide de convainc pas grand-monde, la parole est aux victimes. Nous sommes allés rencontrer maître Anne-Claire Lejeune, l’avocate des victimes pour le volet français de cette affaire et Tysia Huisman une des victimes de l’associé d’Epstein à Paris, Jean-Luc Brunel. L’avocate des victime craint que le volet français de cette affaire ne se solde par une absence de poursuites à l'encontre de Jean-Luc Brunel.
En effet tandis que depuis octobre 2019, l’avocate de Jean-Luc Brunel a fait savoir que son client se tenait à la disposition de la justice, on reste sans nouvelles de l’agent et ancien associé de Jeffrey Epstein. On s’étonne et les victimes les premières que 30 ans se soient écoulés sans que rien ne se passe. Elles ont l’impression tout simplement de ne pas être entendues par la justice.
Elles ne comprennent pas, elles ne comprennent pas pourquoi il n’est pas auditionné. On nous a dit à plusieures reprise qu’on avait pas de bases légales pour l’entendre pour éventuellement le placer en garde à vue parce que les faits étaient prescrits et donc on n’avait pas une plainte actuelle pour les faits de viols. Ce qui est certain c’est que les témoignages sont très compliqués à obtenir.
Là je ne parle pas des victimes elles-mêmes mais des témoignages c’est-à-dire que quand les gens dans ce milieu savent des choses, la prise de parole est extrêmement compliquée. Personne ne veut se mouiller, tout le monde se cache derrière son petit doigt. C’est vrai qu’on s'aperçoit que c’est un milieu où finalement il y a malgré tout une espèce d’omerta.
Tysia Huisman avait 17 ans quand son agence de mannequin l’a envoyée à Paris, la remettant entre les mains de l’agent Jean-luc Brunel. Travaillant pour l’agence Karin Model, Brunel a logé Tysia chez lui et après avoir essayé pendant des jours de la séduire malgré les refus appuyés de la jeune fille, il finit par la droguer et la violer après un soir de fête. Tysia a fui Paris immédiatement après son calvaire mais malgré son témoignage à l’époque personne n’a voulu la croire ou la soutenir.
Elle a quitté depuis le monde de la mode mais n'a pas oublié l’ami de Jeffrey Epstein et ses amis parisien. Prendre la parole quand on a été victime de viol, c’est extrêmement difficile. Cela peut prendre des années surtout si les violences ont été commises dans l’enfance.
Parfois l’inconscient des victimes occulte l’épisode de violence sexuelle. On appelle cela l’amnésie traumatique. La mémoire du viol peut se révéler douloureusement longtemps après, à l’issue d’une rencontre ou d’un événement du quotidien.
L'amnésie traumatique touche 40% à 60% des victimes de pédocriminalité et explique pourquoi tant de victimes de violence sexuelle parlent longtemps après les faits. Pour en parler nous avons interviewé Mié Kohiyama, présidente de l’association, “Moiaussiamnésie”. L’amnésie traumatique c’est un mécanisme neurologique qui touche 40% à 60% des victimes de violences sexuelles dans leur minorité.
Et en fait c’est un mécanisme involontaire, je veux dire c’est pas la victime qui choisit d’oublier, mais c’est un mécanisme du cerveau par lequel un événement aussi grave et traumatisant qu’un viol provoque un stress énorme pour la victime et donc c’est un mécanisme qui va faire que le souvenir va être mis de côté, de côté pendant quelques années, voire 10, 20, 30 ans, on a des victimes d’amnésie traumatique qui récupèrent leurs souvenir au bout d’un demi siècle. C’est un mécanisme on va dire de protection du cerveaux dans le cas d’un événement aussi traumatisant et violent qu’on peut imaginer le viol pour un enfant. Moi j’ai été la première victime à porter la question de la reconnaissance de l’amnésie traumatique devant la cour de cassation parce que mon cas était prescrit.
A l’époque quand j’ai médiatisé l’affaire, les journalistes me parlaient encore de faux souvenirs. Ça s’est terminé, maintenant on sait que l’amnésie traumatique c'est un mécanisme médical, donc c’est plus connu. Récemment le gouvernement a rallongé jusqu’à 48 ans la prescription, donc 30 ans près la majorité des victimes.
En signalant que c’était notamment en raison des questions d'amnésie traumatique, des difficultés à parler. Ca c’est deux une victoires importantes. Voilà c’est deux victoires importantes.
Après nous on estime qu’il faut aller plus loin. Nous notre combat c’est aussi la reconnaissance de l’amnésie traumatique dans la loi parce que ce qu’on dit c’est “quid des victimes de 48 ans et un jour” qui se réveillent d’un long sommeil. La reconnaissance d’impact psychotraumatique dans la loi.
Nous notre combat c’est que la législateur dise que l’amnésie traumatique est un obstacle insurmontable qui a empêché les victimes de déposer plainte plus tôt. Dès lors, sous réserve d’expertise, on puisse lever la prescription. C’est ça notre combat, et reconnaître l’impact psychotraumatique des viols c’est un combat plus global pour reconnaître la gravité de ce fléau.
On espère que d’autres victimes pourront prendre la parole et être entendues par la justice. Dans le prochain épisode de notre enquête sur l’affaire Epstein le scandale du siècle, nous nous intéresserons aux réseaux internationaux mais aussi français du pédocriminel. A très bientôt.
Thomas Ménagé