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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 14 juillet 2026 64 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalNumériqueInstitutions & élections

Trump : un anniversaire... et un accord de paix ! - C dans l’air - 15.06.2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:03OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cette fois, c'est la bonne? Est-ce que l'accord annoncé par les Iraniens et les Américains est plus qu'un cessez-le-feu?

  • 3:28RelanceÉludée

    Ca apparaîtrait comme une faiblesse de la part des Etats-Unis...

  • 4:10OuverteRéponse partielle

    Comme d'habitude, il fait une sorte de geste de tous ses exploits géopolitiques.

  • 7:05FerméeRéponse partielle

    Est-ce que le détroit d'Ormuz est ouvert? Quand D.Trump dit que les navires peuvent passer à Ormuz, c'est le cas?

  • 7:38OuverteRéponse directe

    On revient au point de départ. Les 2 buts de guerre, le 28 février 2026, quand les Etats-Unis et Israël attaquent l'Iran, c'est un changement de régime.

  • 9:07OuverteRéponse directe

    Question. Pas exactement les mollahs...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:28C.RouxFait
    « Ca apparaîtrait comme une faiblesse de la part des Etats-Unis... »
  • 4:54C.RouxFait
    « Trump parle de "navires chargés de pétrole" en train de quitter Ormuz. "J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droit de passage. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!" »
  • 7:05M.PirzadehFait
    « Rapidement, la télévision d'Etat a annoncé qu'un accord avait été conclu, que "la République islamique avait mis en défaite l'ennemi sioniste et son allié, les Etats-Unis" et que les Iraniens avaient gagné cette guerre. »
  • 7:38M.PirzadehFait
    « On rouvre un détroit qui était ouvert le 28 février. »
  • 8:23M.PirzadehChiffre
    « Il y a eu au moins 30 000 morts. »
  • 9:07N.BacharanFait
    « Il y a du génie et du charlatanisme. »
  • 10:32C.RouxFait
    « Sur le détroit d'Ormuz, Trump a dit: "J'autorise la pleine réouverture du détroit d'Ormuz." »
  • 12:37Fait
    « Les Etats-Unis ont été forcés à signer un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre contre la République islamique d'Iran. »
  • 13:19D.TrumpFait
    « Ils veulent conclure un accord. On va conclure un accord. Je ne peux pas vous dire que c'est sûr. »
  • 14:04Fait
    « Le président présente cela comme une victoire, mais son principal objectif, empêcher l'Iran de développer son programme d'armement nucléaire, n'est pas du tout réglé. »
  • 14:46E.MacronPromesse
    « Nous allons tout faire pour que cet accord soit une réalité et pour qu'Ormuz puisse rouvrir de manière pacifique et que le trafic puisse reprendre. »
  • 15:31E.MacronChiffre
    « C'est à peu près un quart du pétrole et du gaz produits dans le monde qui sort par ce détroit. »
  • 17:35G.LaganeChiffre
    « On estime à 300 milliards de dollars les destructions opérées par les Américains. »
  • 18:20G.LaganeChiffre
    « 23 milliards, ça couvre à peine 10 % de ce qu'il faudra reconstruire. »
  • 21:15Chiffre
    « Selon la presse américaine... Iranienne, pardon, dans l'accord, il y a le dégel de 24 milliards d'avoirs gelés iraniens. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00

grâce à Décolor Stop. ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue. Pour son anniversaire, D.Trump a offert au monde un accord avec l'Iran et un combat de MMA. Le chef de la Maison-Blanche a annoncé un deal avec Téhéran et affirme que les navires commencent déjà à quitter Ormuz chargés de pétrole. Mais les questions demeurent sur le contenu de cet accord avec les Iraniens, qui sera finalisé vendredi. Que devient l'uranium enrichi? Qu'est-ce qui a été décidé pour les 24 milliards d'avoirs gelés iraniens? Est-ce qu'Israël va suspendre son offensive au Sud-Liban? L'annonce de cet accord a soulagé les marchés, avec une chute du prix du pétrole. A Evian, au G7 qui débute aujourd'hui, tout le monde veut croire à cet accord. E.Macron a même affirmé que la France était prête à être engagée dans une mission maritime de sécurisation dans le détroit d'Ormuz. Avec nous pour en parler, G.Lagane, spécialiste des questions de défense, enseignant à Sciences Po.

1:24

L.Mandeville, vous êtes grand reporter au "Figaro". Vous avez été correspondante à Moscou et Washington. M.Pirzadeh, vous êtes rédactrice en chef et ancienne correspondante à Téhéran pour France 24. N.Bacharan, vous êtes historienne, politologue, spécialiste des Etats-Unis. Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à cette émission en direct. 39 annonces d'accord, 108 jours de guerre... Est-ce que cette fois, c'est la bonne? Est-ce que l'accord annoncé par les Iraniens et les Américains est plus qu'un cessez-le-feu? C'est d'abord l'annonce de 60 jours de négociations. - G.Lagane: Difficile de répondre. - C.Roux: Au moins, c'est honnête! - G.Lagane: Si je le savais, je serais riche. Cet accord, du point de vue de l'administration américaine, marque une étape importante. Il s'inscrit dans la venue de monsieur Trump au G7. Il pourra expliquer à ses homologues occidentaux qu'il a conclu la phase militaire du conflit.

2:47

Ca correspond aussi à un épisode personnel pour lui. Il y avait ses 80 ans, l'anniversaire à la Maison-Blanche. Il peut présenter cet accord comme une forme de succès. C'est probablement plus qu'un cessez-le-feu. Du côté américain, il y aura la volonté de de le perpétuer. Il faudrait connaître les détails de cet accord, qui est très flou. Les Iraniens clament une victoire. Il y a des points qui sont contestés par les Américains. Ce serait une forme de victoire pour les Iraniens. Ils obtiendraient le maintien du nucléaire sur leur territoire. Il n'y aurait pas de sujet sur le balistique. Ils auraient même un droit de péage dans le détroit d'Ormuz.

3:28

Ca apparaîtrait comme une faiblesse de la part des Etats-Unis... Si cet accord est celui-ci, il y aura beaucoup d'opposants, régionalement avec Israël, et aux Etats-Unis, car je ne pense pas que le Parti républicain l'achètera comme ça. - C.Roux: Trump parle de "navires chargés de pétrole" en train de quitter Ormuz. "J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droit de passage. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!" C'est fini, pour D.Trump.

4:10

- L.Mandeville: Comme d'habitude, il fait une sorte de geste de tous ses exploits géopolitiques. Il nous explique que les choses sont formidables, puisque le pétrole va à nouveau couler, l'économie mondiale va rebondir, il a réussi à convaincre les Iraniens de renoncer pour toujours à l'arme nucléaire... Le problème, c'est que, comme le dit Eli Lake, qui était relativement positif au début de cette aventure... - C.Roux: Qui est-ce? - L.Mandeville: Un ancien haut responsable sous George Bush. C'est un républicain. Il dit que D.Trump célèbre un accord qui résout

4:54

temporairement un problème qu'il a lui-même créé. Pour l'instant, nous ne savons pas ce qui va sortir de cet accord. Il y a d'énormes interrogations. Pour l'instant, on a le sentiment que ceux qui ont gagné, d'une certaine mesure, parce qu'ils n'ont pas perdu, c'est le régime. L'idée initiale de Trump et de son partenaire Nétanyahou, c'était de mettre à bas ce régime. Aujourd'hui, c'est un échec total. On en est à l'idée qu'on va déminer un détroit pendant qu'en Iran, on pend les opposants après avoir organisé un massacre terrible. Je dirais que c'est un échec. Ce qui est aussi un échec assez important, c'est que Trump a fait réaliser aux Iraniens qu'ils disposaient d'une arme presque aussi importante que l'arme nucléaire: Ormuz. De ce point de vue, nous ne savons pas ce qui va advenir. Si des pays pensaient que l'arme nucléaire n'était pas utile, peut-être se diront-ils, après cette aventure américaine, qu'il faut, en catimini, se mettre

6:21

à construire une arme nucléaire à toute vitesse. - C.Roux: On a aussi célébré une forme de victoire en Iran avec l'annonce de cet accord. - M.Pirzadeh: C'est une guerre de communication des 2 côtés. Rapidement, la télévision d'Etat a annoncé qu'un accord avait été conclu, que "la République islamique avait mis en défaite l'ennemi sioniste et son allié, les Etats-Unis"et que les Iraniens avaient gagné cette guerre. Rapidement, les agences principales de presse, l'agence Mehr, a énoncé ses 14 points de l'accord. Nous n'avons pas le contenu exact de cet accord, qui n'est pas vraiment un accord. C'est une ébauche d'accord. Un temps diplomatique s'ouvre, 60 jours de négociations. L'accord sur le nucléaire iranien en 2015, il a fallu des années pour le conclure. - C.Roux: Est-ce que le détroit d'Ormuz est ouvert? Quand D.Trump dit que les navires peuvent passer à Ormuz, c'est le cas? Ce serait le retour à une situation qu'il a lui-même créée. - M.Pirzadeh: C'est ubuesque. On rouvre un détroit qui était ouvert le 28 février.

7:38

On revient au point de départ. Les 2 buts de guerre, le 28 février 2026, quand les Etats-Unis et Israël attaquent l'Iran, c'est un changement de régime. Même si les Américains n'assument pas clairement cet agenda israélien... Mais au début de la guerre, il y a une élimination de haut caciques du régime, dont A.Khamenei, dans une frappe spectaculaire. Les Iraniens ont manifesté un mois et demi avant. Ils se sont fait massacrer dans la rue. Il y a eu au moins 30 000 morts. Ils se sont dit que l'aide arrivait, qu'on allait changer de régime. Je me suis entretenue avec des personnes à Téhéran qui ont manifesté en janvier

8:23

et qui voulaient une guerre pour que ce régime parte. Ils avaient compris que tout seuls dans la rue, à mains nues, ils n'y arriveraient pas. "On s'est rendu compte au bout de quelques semaines que ce n'est pas comme ça que le régime allait tomber." Il y a un soulagement que les bombes se taisent, mais ce sentiment de déception immense de se dire que D.Trump négocie avec le régime. Le régime ressort renforcé de tout ça. Il a compris quelque chose qu'il n'avait pas compris en 2025: le détroit d'Ormuz, c'est son arme nucléaire. - C.Roux: Question. Pas exactement les mollahs... - M.Pirzadeh: Ils ont perdu. C'est plutôt les Gardiens de la révolution,

9:07

qui ont transformé ce régime, qui est de nature plus militaire qu'avant. - C.Roux: Il y a du génie dans D.Trump? Arriver, le jour de son anniversaire, à la veille d'un G7 qui va tourner quasiment exclusivement autour de D.Trump, avec la séquence qui va se clore, un dîner à Versailles... Il arrive en disant: "C'est bon, j'ai gagné, on a un accord, on va discuter des broutilles, du nucléaire et du reste pendant 60 jours." Il parvient à retourner la table à son avantage. - N.Bacharan: Il y a du génie et du charlatanisme.

9:47

Il vend des choses qui n'existent pas. C'est assez stupéfiant de voir que ce G7 va tourner autour de lui et qu'il va vendre sans aucun complexe un succès magnifique. Il l'a écrit. "Great deal." Pour l'instant, on n'a pas le contenu. Ca veut dire que le contenu n'est certainement pas arrêté. Je ne pense pas que ce mémorandum soit déjà inscrit dans le marbre, même avec toutes ces failles, pour les Iraniens et les Américains. On ne parle pas de la même chose.

10:32

Sur le détroit d'Ormuz, Trump a dit: "J'autorise la pleine réouverture du détroit d'Ormuz." Sauf que ce n'est pas lui qui détient le détroit d'Ormuz. Le blocus américain, c'est vrai que ça dépend de lui, mais pas le détroit d'Ormuz. Les Iraniens, au lieu de parler de péage, parlent de frais de service. C'est la même chose. Ca s'appelle du racket. Les buts de guerre essentiels: empêcher ce régime d'avoir le nucléaire... Les négociateurs ont négocié pendant des années à l'ère Obama. Combien de fois, dans les 25 dernières années, le régime iranien a promis de ne jamais avoir l'arme nucléaire? Or, ils ont toujours menti. Ca fait des semaines qu'on le dit, tristement. D.Trump se fabrique une victoire. Il raconte une victoire, mais ça n'existe pas. - C.Roux: Les 2 parties célèbrent leur victoire au lendemain de la conclusion d'un accord qui reste assez flou. D.Trump n'a pas attendu pour affirmer la réouverture du détroit d'Ormuz. Mais qu'est-ce que les Etats-Unis ont obtenu après

11:54

108 jours de guerre? - C'est arrivé le jour de ses 80 ans, quelques heures avant le grand spectacle donné à la Maison-Blanche pour son anniversaire. D.Trump annonce qu'un accord de paix a été conclu avec l'Iran. ... Le monde entier diffuse la nouvelle, chacun à sa manière. - Les Etats-Unis ont été forcés à signer un protocole d'accord pour mettre fin à la guerre contre la République islamique d'Iran. - Selon le Premier ministre pakistanais, médiateur depuis le début des négociations, la signature est très prochaine. - La cérémonie officielle célébrant cet accord historique aura lieu le vendredi 19 juin à Genève. - L'accord de paix, tant de fois annoncé comme imminent par le président ces dernières semaines. - D.Trump: Ils veulent conclure un accord. On va conclure un accord. Je ne peux pas vous dire que c'est sûr.

13:19

Ils veulent tellement conclure un accord, vous n'avez pas idée à quel point ils veulent conclure un accord. - Cette fois, l'exécutif iranien confirme, revendiquant la victoire, annonçant 2 mesures immédiates. - D'abord, il y a la fin immédiate et définitive de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, mais aussi la levée du blocus naval que les Etats-Unis avaient imposé à la République islamique d'Iran. - Mais l'accord semble bien fragile, notamment parce que les sujets les plus épineux, comme l'avenir du programme nucléaire iranien ou la levée des sanctions américaines, doivent faire l'objet de nouvelles négociations pendant 60 jours. - Le président présente cela comme une victoire,

14:04

mais son principal objectif, empêcher l'Iran de développer son programme d'armement nucléaire, n'est pas du tout réglé. - Les Iraniens ont exigé d'emblée un accord financier sans aucune concession, et ça coince, car ça consisterait à rétablir la situation d'avant-guerre dans le détroit d'Ormuz en échange d'une somme d'argent. C'est un pot-de-vin. - Selon Téhéran, l'accord prévoit le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours de la prochaine phase de négociations. Mais hier, alors que la fin des combats est annoncée, l'armée israélienne bombarde la banlieue sud de Beyrouth. Sur X, 2 ministres disent tout le mal qu'ils pensent

14:46

de l'accord de paix. ... L'accord peut-il tenir? Tous les regards sont de nouveau tournés vers le détroit d'Ormuz, censé rouvrir, mais quand? Avant de recevoir ses homologues du G7 à Evian ce soir, le président français se dit optimiste. - E.Macron: Nous allons tout faire pour que cet accord soit une réalité et pour qu'Ormuz puisse rouvrir de manière pacifique et que le trafic puisse reprendre. C'est important pour nos compatriotes. C'est à peu près un quart du pétrole et du gaz produits dans le monde qui sort par ce détroit. - En tout cas, ces annonces de paix ont soulagé les marchés boursiers. Les cours du pétrole sont ramenés à leur plus bas niveau depuis mars dans l'attente d'une signature vendredi. - C.Roux: Question. - M.Pirzadeh: De rester en place. - N.Bacharan: Il est question... On a tous quelque chose à dire là-dessus.

16:13

Même l'heure à laquelle l'accord a été annoncé... L'Iran ne voulait à aucun prix offrir un cadeau d'anniversaire à D.Trump, mais ils ont quand même besoin de cet accord, pour l'instant. D.Trump a annoncé à 18h, heure de Washington, un grand deal. Ca a été annoncé à Téhéran à 1h30 du matin le lundi matin. Ce n'était pas le cadeau d'anniversaire. C'est un petit exemple... C'est même une mascarade, mais ça montre à quel point le régime des mollahs, qui est devenu le régime des Gardiens de la révolution, donc encore plus dur,

16:51

ne cède absolument rien à Trump. - G.Lagane: La question de Guy, ça pourrait être "qu'est-ce que l'Iran accorde à Trump?" Par rapport aux objectifs optimistes de février, c'est-à-dire la chute du régime, on n'y est pas. Peut-on dire pour autant que l'Iran sort renforcé de la crise? Je nuancerais assez fortement. Sur un plan militaire, l'intervention israélo-américaine a écrasé l'appareil militaire iranien. Les Iraniens ne sont plus capables de contrôler leur propre espace aérien.

17:35

Il y a eu des bombardements croisés, des interventions américaines sur le sol iranien sans que ceux-ci réagissent. Ils ont réalisé que le détroit d'Ormuz était important pour eux, mais ils l'ont aussi réalisé à leur détriment. Le blocus du blocus a montré que l'Iran ne pouvait pas exporter son pétrole sans avoir accès à la mer. Quand je vois le chiffre de 90 % de chute des exportations iraniennes en mer sur le plan pétrolier... Cette histoire de 23 milliards d'avoirs gelés, c'est vital pour eux. C'est pour continuer à alimenter la machine de guerre, la machine administrative du régime iranien. Il ne faut pas non plus tomber dans un récit trop triomphaliste.

18:20

Les semaines de bombardements ne sont pas passées inaperçues en Iran. On estime à 300 milliards de dollars les destructions opérées par les Américains. 23 milliards, ça couvre à peine 10 % de ce qu'il faudra reconstruire. L'Iran a été un peu secoué et assommé. En Iran, il y a des petites tensions. Certains commencent à demander pourquoi on cède tant aux Américains. S'il y a eu des concessions sur l'uranium enrichi, la réouverture du détroit sans péage, peut-être quelque chose sur le balistique ou l'abandon des milices... - C.Roux: Des proxy? - G.Lagane: On n'a pas parlé du Hezbollah.

19:03

S'il n'est pas inclus dans l'accord, c'est une mauvaise affaire pour l'Iran. - L.Mandeville: Je suis assez d'accord sur le fait que ce n'est pas non plus tout rose pour les Iraniens. Le fait que Trump avait maintenu ce blocus a fait que les Iraniens ont eu une sorte de dégradation très importante dans les dernières semaines, depuis le début de cette crise. Ils ne sont pas dans une situation facile... - C.Roux: Ca veut dire qu'il y avait un empressement

19:47

de la part des Iraniens pour en finir avec cette guerre? - L.Mandeville: Oui. Les Iraniens s'affaiblissaient, malgré tout. Chacun se demandait quand l'autre allait céder. Trump, pour des raisons politiques, Et les Iraniens... Les Iraniens n'ont pas le temps économique. C'est cette espèce de course contre la montre... Les 2 parties ont besoin d'une forme d'accord. C'est peut-être là que ça s'est joué. Beaucoup d'éléments semblent défavorables pour les Iraniens... Pardon, pour Trump.

20:31

- G.Lagane: On se disait... - L.Mandeville: Il a abandonné la question des proxy. Il lâche quelque chose là-dessus, Trump. Sur le Liban, il semble lâcher aussi. Il semble que ce serait quand même inclus dans l'accord... Il me semble qu'il a dit ça. Maintenant, est-ce que ça va être confirmé? Je n'en sais rien. Il y a aussi la question des missiles, qui était considérée comme majeure par les Américains, qui semble avoir disparu de la conversation. - C.Roux: Selon la presse américaine... Iranienne, pardon, dans l'accord, il y a le dégel de 24 milliards d'avoirs gelés iraniens. Dans ce que disent notamment les autorités iraniennes, dans le lot des points qui auraient trouvé un terrain d'entente avec les Américains, il y aurait contribuer à la reconstruction et au développement économique du pays. - M.Pirzadeh: Si les 24 milliards sont récupérés, ils n'iront pas à la reconstruction de l'Iran. Ca ira dans l'arsenal militaire, pour reconstituer les stocks d'armes. - C.Roux: Pas dans la reconstruction du pays? - M.Pirzadeh: Pas du tout. Si on peut faire un point sur le Liban... Trump a toujours dit: "Le Liban, c'est pas ma guerre,

21:59

c'est la guerre de Nétanyahou." - L.Mandeville: Mais il a le droit de la mener. - M.Pirzadeh: Sur les 24 milliards, il y a une histoire importante en Iran. Un père et son fils ont été emprisonnés pendant 6 ou 8 ans. Pour obtenir leur libération... Ce sont des Américano-Iraniens. J.Biden avait débloqué des avoirs gelés depuis la révolution de 1979. On disait que J.Biden avait fait livrer des cargaisons de billets, de dollars à la République islamique.

22:43

C'est ce que disait Trump, et il est en train de faire pareil. Il n'a eu de cesse de critiquer l'accord de B.Obama sur le nucléaire iranien. Cet accord a permis de contenir un peu l'uranium enrichi sur une période donnée. Finalement, il donne encore plus de concessions à la République islamique. - C.Roux: Ca dépend ce qu'il obtient sur le nucléaire, qui est au coeur des discussions. Si on met de côté la question du détroit d'Ormuz et du péage... On a compris que la situation était stable avant cette guerre. Est-ce que l'enjeu pour savoir si Trump a gagné ou obtenu des concessions de la part des Iraniens, ce n'est pas sur le nucléaire...

23:27

- M.Pirzadeh: L'uranium enrichi, les 440 kg enfouis dans le sol après le bombardement en juin 2025, est très difficilement atteignable. Seules quelques entreprises américaines auraient la technologie pour rechercher cet uranium. Je fais le distinguo entre les Iraniens et la République islamique. Le régime de la République islamique a compris que bloquer un détroit de 55 km avait beaucoup plus d'impact que l'uranium. Ils ont peut-être promis qu'ils allaient limiter leur uranium, avec le traité de non-prolifération nucléaire... "On va maintenir un seuil d'uranium strictement civil et non militaire." Mais ce sont des paroles. Concrètement, on sait que le programme

24:11

nucléaire iranien est en perpétuelle recherche. C'est l'assurance-vie du régime. Il y a les 24 milliards d'euros, mais aussi des sanctions. L'Iran est, avec la Corée du Nord, le pays le plus sanctionné au monde. Ils auraient pu obtenir que certaines sanctions et des embargos pétroliers soient levés pour que les Iraniens puissent vendre leur pétrole. Attaquer la manne pétrolière, c'est comme ça qu'ils ont pu affaiblir le régime sur un espace donné. - C.Roux: Question.

24:54

On a vu la colère de D.Trump hier matin, qui était en train de conclure son accord. "Pourquoi Bibi s'est-il senti obligé de lancer cette putain d'attaque?" Est-ce qu'aujourd'hui, leurs sorts ne sont plus liés? - N.Bacharan: Ils sont moins proches. Le début de la guerre les avait vus totalement imbriqués sur le plan politique et militaire. Ce n'est plus le cas. D.Trump lâche Israël en rase campagne. Il faut rappeler les fondamentaux des buts israéliens. On le voit dans la presse israélienne. Tout le monde est extrêmement critique.

25:39

Le but d'Israël, en dépit de Nétanyahou, de certains ministres épouvantables, n'est pas d'agrandir son territoire, mais d'avoir des zones de sécurité tout autour pour arrêter de se prendre des missiles et des roquettes. C'est phénoménal de voir que D.Trump acte de facto la mainmise de l'Iran sur le sort du Liban et indirectement sur le sort d'Israël. L'Iran exige le cessez-le-feu au Liban. Que je sache, le Liban n'appartient pas à l'Iran, mais le Hezbollah, oui. D.Trump admet que l'Iran a son mot à dire sur le sort du Liban.

26:22

Les négociations ont été ouvertes à Washington il y a quelque temps. Pas à un très haut niveau, mais néanmoins... C'était entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien, pour essayer de se débarrasser de la mainmise du Hezbollah. Ces négociations sont balayées. Trump dit "OK". Il engueule Nétanyahou en lui disant "arrête avec tes putain de frappes". - C.Roux: Israël peut tenir sur cette ligne? - N.Bacharan: On va voir ce qu'ils vont faire... Tout n'est pas écrit... Même la force du régime iranien sur la durée,

27:07

il n'y a rien de garanti. En tout cas, la veille du grand deal, la République islamique d'Iran avait annoncé, pour répliquer aux frappes israéliennes au Liban, une pluie de missiles sur "les juifs". Ils disent toujours "les juifs". Le dégel des avoirs gelés, 12 milliards dans l'immédiat, serait un pot-de-vin payé aux Iraniens pour qu'ils ne répliquent pas sur Israël, pour que l'accord, la signature du mémorandum ne soit pas mise en danger. C'est très grave.

27:50

- C.Roux: Nous sommes en direct avec P.Smolar, correspondant permanent pour "Le Monde", à New York. Avant de revenir sur l'anniversaire de D.Trump et son arrivée au G7, comment est reçue aux Etats-Unis l'annonce de cet accord avec l'Iran? - P.Smolar: Il y a plusieurs écoles de pensée. Les Etats-Unis sont un pays extraordinairement polarisé. Sur de nombreux sujets, il y a des réflexes pavloviens, où les démocrates vont systématiquement accuser D.Trump de mille maux. De l'autre côté, les républicains, de façon assez sectaire, vont lui passer tous ses travers. Cela étant dit, il y a des petits mouvements sismiques assez intéressants, y compris au sein des républicains. Une personne comme Lindsey Graham, un sénateur influent en matière de politique extérieure, qui était très proche de D.Trump depuis le début de cette opération, met la responsabilité de ce protocole d'accord sur les épaules de J.D.Vance en le qualifiant de négociateur en chef, comme s'il n'osait pas attaquer

29:15

lui-même le président américain. En revanche, J.D.Vance se retrouve avec cette espèce de cadeau embarrassant. C'est plutôt S.Witkoff et J.Kushner qui mènent les négociations. Pour mesurer le caractère extraordinaire, voire légèrement grotesque du moment que nous vivons... J.Kushner et S.Witkoff se trouvaient déjà à Genève en février à 2 reprises pour rencontrer le chef de la diplomatie iranienne, Araghtchi. Il y avait déjà une forme d'accord sur le nucléaire, un certain nombre de compromis jugés insuffisants de la part du régime iranien,

29:58

notamment un engagement qu'on n'avait pas entendu jusque-là, celui d'accepter de ne plus avoir de stock d'uranium sur le sol iranien, c'est-à-dire de l'utiliser en fonction des besoins énergétiques. - C.Roux: Ca veut dire qu'au fond, cet accord n'est pas perçu comme une capitulation? L.Mandeville disait que c'était extraordinaire que l'un des premiers messages qu'il envoie sur son réseau social soit de dire: "Super, le détroit d'Ormuz est rouvert." Ca peut paraître comme une forme de capitulation face à l'Iran de la part des Etats-Unis. Ce n'est pas perçu comme ça.

30:42

- P.Smolar: Il y a énormément d'analystes, d'experts des 2 bords qui considèrent que les Etats-Unis sortent extraordinairement affaiblis de cette séquence, sur le plan de leurs stocks d'armement qui ont été largement dépeuplés, utilisés à tort et à travers par le Pentagone. Ils sortent affaiblis sur le plan de la réputation dans les rapports avec les alliés. Ils sortent aussi extraordinairement affaiblis car ils donnent l'impression d'avancer comme une taupe dans un couloir, En se cognant contre les murs, sans véritable stratégie de pensée, en évoluant au fil des semaines, des jours, voire des heures.

31:27

Tout ça projette une forme de vulnérabilité stratégique qu'on n'a sans doute pas vue depuis l'invasion de l'Irak au début des années 2000. Il y a un autre point important à rappeler quand on se penche sur l'opinion publique américaine. La plupart des Américains ne sont pas politisés au jour le jour comme nous le sommes. La plupart des Américains, rien que par la distance psychologique et géographique, vivent extrêmement loin de cette réalité. Ce qui les touche, c'est le prix à la pompe. C'est un facteur politique déterminant. Le prix à la pompe a augmenté de façon très importante,

32:07

plus de 50 % depuis le début de la guerre. - C.Roux: D.Trump a dit que des navires pleins de pétrole pouvaient passer le détroit. On revient dans un instant sur les premières déclarations de D.Trump à Evian, qui s'adresse précisément à la France. D'abord, un mot sur ce qui s'est passé aux 80 ans de D.Trump. D.Trump est arrivé à Evian cet après-midi et tout a été organisé pour qu'il participe à ce sommet jusqu'à mercredi, avec un dîner à Versailles pour célébrer les 250 ans de l'indépendance américaine. Le calendrier du G7 avait été aménagé pour lui permettre

32:46

d'être présent après la célébration monumentale de son anniversaire. - Il y avait tout ce que D.Trump adore: des avions, du rock, l'aigle à tête blanche symbole de l'Amérique, et surtout des combattants de MMA dans l'octogone installé sur les pelouses de la Maison-Blanche. Grande soirée samedi pour les 80 ans du président. Son sport fétiche à l'honneur, au plus près du bureau Ovale, devant près de 4000 fans VIP et heureux vainqueurs d'un tirage au sort. - On fête l'anniversaire de Trump, le meilleur président de tous les temps.

33:31

- On va regarder quelques combats. Ca va être légendaire. - Je sais que beaucoup de gens critiquent tout ça parce que ça se passe sur un site historique, mais ce n'est que la prochaine étape de l'histoire de l'Amérique. C'est une excellente chose, ce qui se passe aujourd'hui. - Le président américain célébré tout le week-end sur Fox News, avec une révérence rarement vue, même sur la chaîne conservatrice. - Joyeux anniversaire, monsieur le président. Le président est né il y a 80 ans aujourd'hui, à 10h44 précisément. Nous allons célébrer cet anniversaire du président Trump ce matin et toute la journée. Nous lui souhaitons un joyeux anniversaire. Quelle incarnation du rêve américain!

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Joyeux anniversaire, président. - On frôle alors le crime de lèse-majesté quand certains questionnent le coût de cette soirée. 60 millions de dollars entièrement payés par l'organisateur, l'entreprise privée UFC, dans laquelle le président a récemment investi. - Des relents de corruption... Trump et plusieurs de ses proches pourraient tirer profit personnellement de cette soirée. Le président a acheté pour plusieurs dizaines de milliers de dollars d'actions de l'entreprise

34:45

qui a organisé ces combats il y a quelques semaines. - On nous dit qu'UFC paie tous ses frais, mais ils ne peuvent pas payer toutes les dépenses. La sécurité, le contrôle de la foule... - Loin de ces controverses, D.Trump est arrivé cet après-midi en France pour un sommet du G7 dont la date avait été déplacée pour lui permettre d'assister à sa soirée. Le président américain reste visiblement en mode combat, menaçant la France de nouveaux droits de douane en représailles à la taxe en vigueur sur les géants du numérique. à la mi-journée, de désamorcer la crise avant même le début du sommet. - E.Macron: Les Européens ont décidé de cette taxe du numérique. Ca fait partie de notre droit. Ce n'est pas les Etats-Unis qui décident pour le droit des Européens ou des Français. On aura une discussion respectueuse mais ferme. - Car il ne faut pas froisser le tout-puissant président américain, capable, comme l'an passé au Canada, de quitter le G7 en cours s'il estime avoir mieux à faire. Or, les Européens ont besoin de le garder à la table pour évoquer notamment l'Ukraine, durement frappée encore cette nuit par des drones et missiles russes. - V.Zelensky: Nous espérons parvenir à la paix et à ce succès

36:14

ensemble avec les Etats-Unis et tous nos partenaires. C'est la chose la plus importante pour nous et il est crucial que les Américains soutiennent totalement cette aspiration ukrainienne. - Une réunion entre V.Zelensky et D.Trump est prévue demain à Evian, avant un dîner mercredi soir sous les ors de Versailles pour le locataire de la Maison-Blanche. Le faste de la royauté pour s'assurer que l'invité américain ne quitte pas cette fois-ci le sommet en cours de route. - C.Roux: Un mot sur cet anniversaire qui restera dans les annales?

36:53

- G.Lagane: Un anniversaire assez original. D'abord, les 250 ans des Etats-Unis et les 80 ans du président Trump, avec ce combat de MMA organisé dans un site historique... Un spectateur l'a relevé. Ca crée une polémique aux Etats-Unis. En même temps, c'est pas si surprenant. Depuis le début de sa carrière politique, monsieur Trump a comme positionnement de toujours franchir les limites, d'être celui qui est dans le mauvais goût et la transgression. C'est une forme de transgression. Ce n'est pas un événement culturel mais sportif, et pas dans un sport reconnu et classique, mais un de ces sports

37:36

un peu controversés... Le MMA est un sport un peu original. Ca combine plusieurs catégories de sports de combat. L'idée est de savoir si on est les meilleurs au judo, à la boxe ou à la lutte. Dans la logique politicienne qui est la sienne, ça a du sens. Ca parle à son coeur électoral. Le MMA est beaucoup suivi par les hommes blancs, les jeunes un peu redneck qu'on voyait dans le reportage. Il y a une forme de bénéfice politique à organiser une compétition. Par ailleurs, un Français a obtenu un prix mondial

38:21

lors de cette soirée. Même pour la France, c'est un moyen de rayonner. - C.Roux: On va voir à quels sujets peuvent faire référence ces combats de MMA. Voyons un court extrait de la prise de parole du vainqueur du combat. ... - C.Roux: Voilà. - N.Bacharan: C'est dégueulasse. Pardon, c'est vraiment dégueulasse. Ce sont les pires rumeurs, les plus odieuses, les plus racistes. D.Trump organisait son 1er combat de boxe à 40 ans. Il a 2 passions: les combats extrêmement brutaux et les concours de beauté. Concours de beauté à la Maison-Blanche, visiblement, il a pas pu poursuivre... C'est un kidnapping d'une fête démocratique. Les présidents américains fêtent leur anniversaire chez eux, avec un gâteau, en famille. - C.Roux: Comment ils le fêtaient? - N.Bacharan: Discrètement, parce que ce n'étaient pas des monarques. Il a pu y avoir des concerts pour de grands anniversaires, mais c'est toujours relativement discret et relativement de bon goût. Là, c'est un combat d'une extrême brutalité. Ca correspond à la brutalité que D.Trump

39:50

ou son ministre de la Guerre aiment célébrer. "Soyez brutaux, soyez violents." Pour moi, il y a quelque chose de choquant... - C.Roux: Je suis pas sûre que ça soit à vous que s'adresse ce genre de combat. - N.Bacharan: Mais une partie des Américains le voient aussi. Un vieux monsieur de 80 ans est en extase Devant des grands types transpirants qui se cognent au maximum... Au nom de la gloire de l'Amérique... - C.Roux: Et de sa gloire personnelle. - L.Mandeville: Je lisais que des tas de choses ont été organisées à la Maison-Blanche,

40:34

très différentes. Mais T.Roosevelt était un grand fan de boxe. Il organisait des combats de boxe contre qui osait se mesurer à lui. Il a même perdu un oeil en combattant à l'intérieur de la Maison-Blanche. C'est vrai que chez Trump, cette idée... C'est à la fois une manière de faire appel aux pulsions et à ce qu'aime son électorat, mais c'est aussi une métaphore de ce que la politique est pour Trump. Il y a un combat, il faut mettre l'adversaire à plat pour gagner. - C.Roux: Et ça a plu, P.Smolar, à l'Amérique trumpiste? - P.Smolar: Bien sûr. D.Trump ne s'adresse pas à l'ensemble de la population américaine, mais surtout à son camp. Il y a des recoupements entre le public des arts martiaux mixtes et la base MAGA. D.Trump a été invité par le président d'UFC à se rendre à plusieurs reprises pendant la campagne à des soirées, notamment à Miami, pour assister à des combats.

41:59

Il a bénéficié d'un bain de foule à ce moment-là. Ce n'était pas à des moments faciles, notamment celui de son inculpation à New York pour falsification de documents comptables. C'était pour lui un répit et un bonheur. Dans ces moments compliqués à gérer, post-6 janvier 2021, Post-midterms qui s'étaient mal passés, il renouait un peu avec la population. Il y a un lien fort avec ce milieu, un lien politique, culturel et sportif. - C.Roux: On a appris dans l'après-midi qu'il ferait un meeting politique le 4 juillet. Ce sera plus sobre?

42:42

- P.Smolar: "Sobre", Trump? - C.Roux: Visiblement non? - P.Smolar: C'est pas le 1er adjectif qui me viendrait à l'esprit le concernant. Tout ça se passe avec 2 caractéristiques. La 1re, on a l'impression que c'est bordélique. C'est un peu la confusion. Une grande foire va être organisée dans le grand espace central à Washington. C'est censé être une foire de tous les Etats américains. Un certain nombre ont déjà dit "non merci" parce qu'ils ne veulent pas participer à une opération partisane. C'est le mot "partisan" qui compte.

43:26

Au lieu d'être un grand moment de communion nationale et civique, D.Trump est le diviseur en chef. Il divise dans la lecture de l'histoire avec une vision très blanche, très chrétienne, sans mentionner la diversité incroyable de la société américaine. Il divise sur le message politique adressé. Tout cela ne fait pas du tout un 250e anniversaire à la hauteur de ce qu'il aurait pu être. - G.Lagane: Deux petites remarques... D'abord, la société américaine est très polarisée. Monsieur Trump travaille son électorat,

44:09

mais les démocrates travaillaient aussi le leur. C'est une des raisons du surgissement de monsieur Trump. Les démocrates étaient beaucoup allés sur des sujets qui ont beaucoup divisé la société américaine. Et on n'est pas les seuls à regarder ce spectacle. Il y a aussi toutes les nations du monde. Ca renvoie plus généralement à la manière dont on voit les relations internationales. Avec monsieur Obama, très calme, intellectuel, posé, on a eu une projection d'une Amérique assez patricienne, mais qui a pu avoir des critiques. La politique étrangère de monsieur Obama a suscité beaucoup d'interrogations sur la faiblesse de l'Amérique. Mais avec monsieur Trump, on est vraiment dans l'inverse.

44:52

La métaphore sur la vie politique américaine étant une lutte... Cette cage de MMA est une métaphore de l'Amérique qui n'hésite pas à déployer la force, comme avec l'Iran. Je pense à monsieur Poutine, devant ces images. Il avait fait une démonstration autour de sa capacité de maîtrise du judo. Monsieur Trump n'a pas combattu dans la cage, mais il montre que lui aussi a des muscles et peut utiliser la force. - C.Roux: Il est arrivé avec ses muscles à Evian lors d'un entretien avec E.Macron. Il a déjà expliqué qu'il aimerait que la France agisse à Ormuz. E.Macron a expliqué que des chasseurs de mines

45:36

arriveraient dès demain à Ormuz. Les Français et ceux qui restent les alliés de l'Amérique arrivent au lendemain de l'accord pour dire "on va gérer ce qui va être à gérer, déminer le détroit et sécuriser le trafic"? - L.Mandeville: Les Français font quelque chose qu'il est logique de faire. Il y a Trump et il y a l'intérêt national français. L'intérêt national est de maintenir établie une relation de coopération, même si elle est désillusionnée et pas nécessairement fructueuse, avec les Etats-Unis. Le paradoxe, c'est que d'un côté, on est face à une puissance américaine qui sort de cette séquence iranienne affaiblie, avec un prestige affaibli... Elle a montré que, malgré toute sa puissance militaire, l'Amérique ne peut pas tout. Elle n'a pas pu arriver à ses fins. Elle n'a pas pu forcer l'Iran à plier. Mais en même temps, les Etats-Unis restent une formidable puissance militaire, économique et technologique. On va en parler.

46:55

Les Européens ont besoin des Américains. Que serait le G7 sans les Etats-Unis? On a une série de pays tous en crise. Les Etats-Unis ont une crise de leadership évidente, ont eu des doutes énormes au sein de l'alliance, mais il y a aussi un affaiblissement politique et économique des pays comme la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni... C'est un peu l'alliance des éclopés, actuellement, le G7. Ils ont besoin de se mettre ensemble pour réfléchir de manière sérieuse aux gigantesques défis qui se posent à ceux du côté de leurs adversaires... - G.Lagane: Thérapie de groupe. - L.Mandeville: Notamment Chinois et Russes. - C.Roux: Avant d'arriver, D.Trump a dit avoir demandé aux Européens de ne pas taxer les entreprises américaines. Il nous menace de droits de douane. Avant d'arriver, il fixe le rapport de force. - N.Bacharan: Il est donc urgent de lui rappeler que la Cour suprême a décidé que ces droits de douane imposés au couperet sans l'accord du Congrès n'étaient pas valables. D.Trump a dû reculer.

48:23

Sur la question de déminer Ormuz, les Français sont mieux équipés que les Américains. C'est dans l'intérêt de tout le monde, comme le dit Laure. - C.Roux: En tout cas, ça a de quoi inquiéter les Européens... Les Etats-Unis ont tout simplement coupé hier l'accès aux étrangers aux puissants modèles IA de la société Anthropic, au nom de la sécurité nationale. Une onde de choc Qui révèle une Europe dépendante des grandes plateformes américaines. - Quelques lettres font la une dans toutes les langues.

49:07

- Anthropic... - Anthropic, start-up américaine d'IA, contrainte de restreindre l'accès à ses derniers modèles. - Anthropic indique avoir reçu une directive de l'administration Trump lui ordonnant d'empêcher les ressortissants étrangers d'accéder à 2 de ses modèles les plus avancés. - Une onde de choc pour le monde de l'IA, 3 jours seulement après que l'entreprise a annoncé le lancement de nouveaux logiciels surpuissants. - Conçu pour vos travaux les plus ambitieux, Claude Fable 5 peut rester concentré plus longtemps que n'importe quel modèle précédent. - L'administration Trump invoque des questions de sécurité nationale. L'Europe s'indigne.

49:52

En France, le sujet fait l'objet d'un large consensus. ... Tous plaident pour une IA made in France. - R.Glucksmann: Nous planifierons des investissements massifs publics et privés pour une IA souveraine dont l'intégration dans la vie sociale et économique sera pilotée, encadrée, gérée avec la puissance publique. - L'IA, nouvelle arme de D.Trump. Un outil pour faire pression sur l'Europe et une monnaie d'échange avec la Chine. En mai, lors de sa visite à Pékin, le président américain intègre à sa délégation un invité de dernière minute, le patron du géant des puces électroniques Nvidia. Un geste envers la Chine, qui souhaite acheter des processeurs le temps de développer les siens. D.Trump espère en retour la signature de juteux contrats. Un deal gagnant-gagnant grâce à l'IA. - D.Trump: Nous avons les plus grands chefs d'entreprise, les plus importants et les meilleurs au monde. Des gens extraordinaires qui sont tous avec moi. Ils se réjouissent à l'idée de faire du commerce et des affaires. Tout se fera dans un esprit de réciprocité. - Des méthodes pas toujours du goût des premiers intéressés. Suite à la suspension de ses nouveaux modèles d'IA pour les utilisateurs étrangers, Anthropic s'est fendu

51:16

d'un communiqué. La décision de l'administration américaine serait injustifiée. ... Malentendu ou énième bras de fer entre la start-up et le président américain? Au début de la guerre au Moyen-Orient, Anthropic avait refusé l'utilisation de son logiciel à des fins militaires, provoquant la colère de D.Trump. ... La start-up américaine appelle aussi fréquemment à une plus grande régulation du secteur. Il y a quelques jours encore, par la voix de son patron. - D.Amodei: Il existe de véritables risques liés à cette technologie. Nous proposons une réglementation plus stricte pour donner au gouvernement la possibilité, de manière ciblée et encadrée, d'empêcher le déploiement des technologies dangereuses. - Anthropic se retrouve-t-il pris à son propre piège? Commentaire ironique du directeur général d'une nouvelle start-up d'IA basée en France.

52:41

Une séquence où D.Trump conserve l'avantage, imposant ses choix au secteur de l'IA et, par la même, au reste du monde. - C.Roux: Le sujet sera sans doute traité au G7. - N.Bacharan: Et pendant toute la campagne électorale française. Le terme "souveraineté numérique" est partout. L'Europe se réveille très tard, comme pour le réarmement militaire, mais cette affaire Anthropic... C'est à la fois une punition contre Anthropic et contre les étrangers, surtout les Européens qui croyaient peut-être naïvement avoir encore des alliés aux Etats-Unis. C'est une alerte dont il faut tenir compte. Le président américain a vraiment le droit d'interdire certaines exportations de technologie considérées comme liées à la sécurité nationale et pouvant tomber dans de mauvaises mains.

53:21

C'était autrefois la Chine. C'est maintenant également l'Europe. - C.Roux: C'est ce qui est très nouveau. On est mis dans le lot de l'ensemble des étrangers... - M.Pirzadeh: C'est intéressant de voir où on met le curseur sur le danger qui touchera la société américaine. Anthropic, c'est un nom abscons pour certaines personnes. Claude, c'est un élément du quotidien de beaucoup de Français. C'est un ChatGPT version payante +++. Annoncer ça quelques jours avant le G7, on n'est pas à l'abri, lors des 1res déclarations

54:02

de D.Trump, de recevoir quelques flèches, nous, Européens, qui l'avons laissé dans le bourbier iranien et d'avoir été à la traîne... On verra G.Meloni ou E.Macron acquiescer à côté et D.Trump reçu comme un roi... C'est ubuesque. Ce sont des menaces permanentes contre nous par la voix de J.D.Vance, par lui-même... Il nous considère comme des ploucs. "C'est le Vieux Continent, les Européens sont à la traîne, ils servent à rien..." - C.Roux: A-t-on le choix? - M.Pirzadeh: Non...

54:46

- L.Mandeville: Vous posez justement la vraie question, Caroline. Il y a 2 scénarios possibles. Celui que tout le monde voit pour l'instant se dérouler, c'est qu'on a 2 puissances géopolitiques et technologiques dans des ordres de grandeur tellement écrasants que ça va se jouer essentiellement dans une confrontation sur l'IA, comme sur le reste, entre les Etats-Unis et la Chine. L'IA est une question particulièrement importante. C'est les ordres de grandeur d'investissements qui sont colossaux. Les investissements dans l'IA des grandes entreprises américaines, c'est des centaines de milliards.

55:24

La valorisation de Musk en Bourse, c'est 1000 milliards de dollars. A côté de ça, on a celui considéré comme le seul capable d'entrer dans la course côté européen, A.Mensch, avec Mistral... C'est une capitalisation évaluée à 80 milliards, avec 5 milliards à lever sur les marchés. Quand vous demandez si on est fichus et qu'on va devoir s'aligner, il y a ceux qui disent qu'il le faudra... - C.Roux: Sur la Chine ou sur les Etats-Unis. - L.Mandeville: Voilà, choisir notre camp. Mais j'ai récemment déjeuné avec un milliardaire

56:07

de la tech américaine qui est pro-Français, qui disait qu'il fallait se lancer. "Quand Jésus a marché sur l'eau, il croyait qu'il pouvait marcher sur l'eau." - C.Roux: "Il faut y croire et c'est pas trop tard"... - L.Mandeville: Il y a des idées de saut technologique. On peut partir plus tard mais entrer dans la danse. C'est un enjeu capital pour l'Europe sur le cloud, sur l'IA, sur les plateformes... - C.Roux: Ca paraît désincarné pour les gens qui nous regardent. C'est l'un des enjeux majeurs des 5 prochaines années pour défendre une souveraineté européenne? - M.Pirzadeh: Oui, l'IA, effectivement.

56:52

Les Etats-Unis et la Chine ont un poids tellement écrasant qu'il n'y a pas de place pour le reste. - G.Lagane: Je serais plus nuancé. Dans les applications militaires, en tout cas... Il y a une avance américaine et chinoise. La question pour les Européens n'est pas tellement si on peut faire seuls, mais qui on choisit. Ca renvoie à nos systèmes d'alliances et de valeur. Ensuite, en tant qu'Européens, on peut faire mieux, mais ça supposerait une idée que nous n'avons pas. Ce qui fait la force des Etats-Unis et de la Chine, c'est la profondeur de leur marché. Nous avons un marché énorme, mais il est segmenté en marchés nationaux. L.Mandeville parlait de l'introduction en Bourse de SpaceX.

57:36

C'est des sommes considérables. L'unification des capitaux européens devrait se faire. On devrait avoir une Bourse européenne, là où nous avons des Bourses nationales séparées. Si nous avions cette profondeur de marché, rien n'empêcherait les Européens de développer des géants comme ceux qu'ont les Etats-Unis. - C.Roux: Notre invité en duplex lève le doigt... - P.Smolar: Je voulais apporter une petite précision du côté américain. On va entrer dans la période électorale des midterms. C'est la 1re fois, dans une campagne nationale, que l'IA et les data centers sont un objet de contentieux majeur. C'est une donnée importante dans le débat américain.

58:20

L'administration Trump ne fait pas exactement tout ce qu'elle veut. Elle est un peu bloquée entre la course à l'armement contre la Chine en matière d'IA et la poussée de l'opinion publique. Le 21 mai, D.Trump devait signer un décret présidentiel sur l'IA. Sur la base du volontariat, il pousse les entreprises à soumettre leurs nouveaux modèles à l'Etat fédéral. Il a reculé, notamment sous la pression des industriels de ce secteur qui disaient qu'ils allaient tout faire eux-mêmes. - C.Roux: Merci beaucoup. On passe à vos questions. Question. - M.Pirzadeh: C'est pas clair. Dans la dernière minute, le terme de "fret maritime" a été accepté, mais pas sous forme de péage comme ces dernières semaines, où les Iraniens ont gagné de l'argent. Ils ont fait payer jusqu'à 2 millions par cargo, au cas par cas. Les Iraniens ont aussi dit qu'ils feraient passer ça sur des frais de fonctionnement. - C.Roux: Question. - M.Pirzadeh: Non, c'est pas ce qui soit le plus urgent.

59:43

Je pense que ce serait de faire lever une partie des sanctions, ce qu'ils auraient pu obtenir avec cet accord. - C.Roux: Question. - N.Bacharan: L'Iran s'est engagé des dizaines de fois à ne pas s'en doter. Je ne doute pas qu'ils le fassent ni que ce soit extrêmement difficile. Durant les quelques années de l'accord signé par B.Obama et l'Europe, on s'est aperçus à la sortie qu'il y avait des sites cachés où les centrifugeuses fonctionnaient à plein régime.

1:00:26

- C.Roux: Question. - M.Pirzadeh: Il légitime totalement le peuple... La République islamique, excusez-moi. Le peuple est une fois de plus le grand perdant de cette histoire. Ils ont cru que l'aide arrivait et que la guerre pourrait changer le régime. Ils ont vite compris que c'était impossible. L'inflation est titanesque. Les gens se paupérisent de jour en jour. - C.Roux: Il y a des exécutions? - M.Pirzadeh: Evidemment, tous les jours. La répression est extrêmement durcie. De l'extérieur, on peut voir des femmes

1:01:09

qui ont retiré leur voile, mais il y a un traquage des données sur les téléphones portables, des personnes qui ont totalement disparu... C'est terrible, pour la population iranienne. - C.Roux: Question. - L.Mandeville: Justement, ça fait le lien avec la question précédente. Israël et les Etats-Unis n'ont pas les mêmes buts du tout. Ils ne sont pas dans la même posture. On a pu croire, au début de cette guerre, quand Trump s'est dit "donnons le coup de grâce à ce régime et on va le faire tomber"... Je pense que Nétanyahou l'a convaincu que c'était possible. Ils étaient ensemble. Mais on voit bien que Trump a une vision beaucoup plus détachée

1:01:53

et distanciée. S'il peut négocier quelque chose de manière pragmatique et cynique, il le fera. Alors que pour Israël, ça reste une bataille de très long terme. La bataille qu'ils mènent contre le pouvoir iranien est très ancienne et va continuer. On peut s'attendre à ce que, même si dans un premier temps, ils font le gros dos, ça revienne sur le tapis et qu'Israël poursuive la bataille de long terme contre l'Iran. - C.Roux: Question. - G.Lagane: Euh... - N.Bacharan: Non... - G.Lagane: Ce n'est pas une très bonne idée.

1:02:33

- L.Mandeville: Un manque de politesse diplomatique. - G.Lagane: Les membres du G7 veulent que ce format, né en 74 à l'initiative de la France pour coordonner la politique des pays industriels... Les pays membres veulent que les Etats-Unis restent à bord. L'objectif n'est pas de leur dire des méchancetés mais de les convaincre de continuer à soutenir l'Ukraine, ne pas créer une politique protectionniste et éventuellement répondre aux demandes sur l'Iran.

1:03:18

- C.Roux: Justement, question. Oui, vous avez dit? - G.Lagane: Versailles est un bon instrument de politique diplomatique. - L.Mandeville: Je suis d'accord. Malgré tout, si ça peut aider... C'est quand même la relation franco-américaine. C'est le 250e anniversaire. Nous y avons été pour quelque chose dans cette indépendance. Ca se fête. - C.Roux: Merci à tous les 4. On retrouve l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir. Le dernier G7 d'E.Macron, les 80 ans de D.Trump entre spectacle politique et polémique, les manifestations qui se poursuivent devant les tribunaux après l'affaire Lyhanna et l'appel à agir d'une victime d'inceste devenue militante dont le parcours fait l'objet d'un documentaire choc.