L'intégrale du mardi 2 décembre
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce mardi 2 décembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Va-t-on vers un compromis sur le budget après leur rencontre à Matignon ? Les socialistes ne le jugent possible, mais le Bloc Central est-il vraiment prêt à accepter toutes les demandes d'UPS ? Dans une demi-heure, nous recevons Marc Fénaud, le vice-président du Modem. Un budget détricoté par la droite sénatoriale qui ne veut pas d'impôts, pas de taxes supplémentaires.
Alors sur quelle mesure droite et gauche peuvent-elles tomber d'accord ? Et quid de la suspension de la réforme des retraites ? De retour aujourd'hui à l'Assemblée nationale. C'est le thème de notre débat politique dans une heure entre la sénatrice à l'ère Dominique Estrosi-Sasson et le sénateur communiste Yann Brossat. Emmanuel Macron qui a apporté hier son soutien à Volodymyr Zelensky qu'il a reçu à l'Elysée est-on dans un moment décisif pour la paix en Ukraine ? Le sénateur centriste Olivier Kadic est notre invité dans quelques instants. Et puis à la une de nos régions, les cartes sont-elles rebattues pour les municipales à Saint-Etienne après la condamnation du maire Gaël Perdriot hier ?
Nous irons sur place voir comment a été accueilli ce jugement. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Stéphane Duguay. Bonjour Auriane, bonjour à tous. À la une de ce mardi de décembre, Emmanuel Macron qui affirme la mobilisation des Européens pour une paix juste et durable en Ukraine. Oui, le président de la République s'est exprimé hier après avoir reçu Volodymyr Zelensky à l'Elysée. Une rencontre à la veille d'une visite de l'émissaire américain Steve Witkoff à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine et lui présenter le plan de paix de Donald Trump.
Un plan de paix incomplet selon Emmanuel Macron.
S'il n'y a pas aujourd'hui à proprement parler un plan qui soit finalisé. Sur la question des territoires, il ne peut être finalisé que par le président Zelensky. Sur la question des actifs gelés, des garanties de sécurité, de l'accession à l'Union européenne, des sanctions européennes, il ne peut être finalisé qu'avec les Européens autour de la table. Donc nous sommes encore à une phase préalable. Mais je veux saluer les efforts de paix des États-Unis d'Amérique et l'effort de médiation qui sera fait demain une nouvelle fois.
Le budget de la Sécurité Sociale est de retour à l'Assemblée. Deuxième lecture et deuxième marathon pour les députés. Le budget de la Sécurité Sociale doit être voté mardi prochain, le 9 décembre. Les députés vont discuter à nouveau de la suspension de la réforme des retraites ou encore du gel des prestations sociales. Hier, le Premier ministre a demandé à ce que le budget de la Sécurité Sociale soit voté.
Je ne suis pas là pour rassurer les gens. Les parlementaires, ils ont du pouvoir. Ils sont là pour rassurer les Français sur le fait qu'il y aura bien un budget
pour la Sécurité Sociale dans les temps. Ils sont là pour rassurer les partenaires sociaux dans le paritarisme qu'est le nôtre pour expliquer que les caisses pourront fonctionner. Ils sont là pour rassurer le monde hospitalier en disant qu'il y aura une visibilité sur les tarifs. Ils sont là pour rassurer les marchés financiers aussi pour lesquels on doit beaucoup emprunter, pour notamment notre modèle social. C'est bien notre problème d'ailleurs. La ministre a été ministre de ces questions. Elle pourrait en parler bien mieux que moi. 23 milliards d'euros de déficit de la Sécurité Sociale. Et s'il n'y a pas de PLFSS, ça sera 30 milliards.
Donc moi, je ne suis pas un papa qui est là pour rassurer ou inquiéter les gens. C'est juste qu'à un moment donné, chacun doit faire son job. Voilà, et là, Sébastien Lecornu pense notamment aux socialistes avec qui il a négocié la suspension de la réforme des retraites. Justement, il a reçu les responsables du PS hier à Matignon. Et Olivier Faure, le patron du parti, ne ferme pas la porte à un accord sur le budget de la Sécurité Sociale.
Nous avons fait le tour d'horizon ligne par ligne avec le gouvernement. Nous pouvons dire que nous progressons. Nous sommes dans une approche qui peut permettre d'aboutir à un compromis. Nous n'en sommes pas encore là.
C'est dans ce contexte que la CGT, la FSU et Solidaire appellent aujourd'hui à la grève contre le projet de budget du gouvernement. La mobilisation concerne le secteur des transports et de l'éducation, mais il ne devrait être que peu suivi. À Paris, le ministère de l'Intérieur attend 5 à 10 000 manifestants cet après-midi. Et c'est dans ce contexte aussi que le Sénat poursuit l'examen du budget. Les sénateurs qui ont voté hier pour augmenter de 2 à 5 euros la taxe sur les petits colis. Oui, et si le budget est définitivement voté, cette taxe concernerait tous les colis de moins de 150 euros.
Les sénateurs ont décidé d'augmenter cette taxe sur les petits colis contre l'avis du gouvernement qui voulait maintenir cette taxe à 2 euros. Un vote des sénateurs de gauche et de droite. Cette taxe vise notamment à ralentir l'entrée de petits colis en France et dans l'Union européenne commandés sur des plateformes comme Chine ou Temu. Deux mineurs mis en examen pour un projet d'attaque antisémite. Oui, ils ont tous les deux 16 ans. L'un d'eux est russe, originaire de Tchétchénie, en France depuis 4 ans. Ils ont été mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes.
Ils voulaient s'en prendre à des lieux de culte juifs. Depuis le début de l'année, 20 mineurs ont été mis en examen pour une infraction terroriste. Merci Stéphane, à tout de suite. Et bonjour Olivier Kadic. Merci d'être notre invité. Vous êtes sénateur union-centrique des Français établis hors de France, vice-président de la Commission des affaires étrangères. On va évidemment revenir sur la visite de Volodymyr Zelensky à Paris. Et ça fait la une de la presse régionale. On va regarder trois titres ensemble. La une de la dépêche. Et c'est donc Volodymyr Zelensky. Plan P, Kiev sous pression. Les négociations autour du plan P en Ukraine pourraient s'accélérer.
Avec la visite aujourd'hui à Moscou de Sivwitkov, l'émissaire de Trump, Volodymyr Zelensky, qui se retrouve donc sous pression militaire et diplomatique. La deuxième une, c'est celle de Ouest-France, un peu sur le même thème. Le dilemme des Européens sur les Avoirusses gelées. La Belgique qui bloque l'utilisation par l'Union Européenne des Avoirusses gelées pour financer l'Ukraine est mise sous pression de ses partenaires européens. Et puis la troisième une, c'est un tout autre sujet. Ce sont ces boulangeries qui quittent nos villages. Elles ouvrent davantage dans les villes. Commerce essentiel pour nos petits villages. Pourquoi disparaissent-elles de nos zones rurales ?
C'est ce que demande le journal. Quelle une avez-vous envie de commenter ce matin, Olivier Kadjik ? Peut-être le dilemme des Européens sur les Avoirusses gelées. Puisqu'en fait, chaque épreuve est un défi pour l'Union Européenne. Nous sommes unis dans la diversité. C'est ce qui fonde l'Union Européenne. Et parfois, on a l'impression qu'on est un peu divisé dans l'Union. Et donc, qu'on a du mal à aboutir à des solutions. Il faut les utiliser pour ces Avoirusses. Il faut voir, c'est pourquoi, effectivement, la Belgique bloque. Quels sont les moyens de pression sur la Belgique qui font que ce pays se retrouve dans cette situation. Évidemment, il faut utiliser ces Avoirusses.
C'est nécessaire pour financer, justement, l'effort de guerre que mène l'Ukraine. pour, je le rappelle, se défendre et défendre leur pays. Et justement, on va en parler de l'Ukraine, puisqu'on l'a vu dans le journal. Emmanuel Macron a reçu hier Volodymyr Zelensky à l'Elysée. Que peut faire la France pour aider à la paix en Ukraine ? Est-ce qu'elle a encore un poids aujourd'hui ? Le ministre des Affaires étrangères ukrainien a été en France hier. Et on était au lancement hier soir de la saison culturelle ukrainienne avec Jean-Noël Barraud, Rachida Dati, la ministre de la Culture, pour accompagner justement cet effort en disant qu'il peut y avoir aussi une contre-attaque culturelle.
Le ministre des Affaires étrangères ukrainien a rappelé comme quoi Paris est au centre de la diplomatie internationale et qu'hier encore, elle le prouvait, elle l'avait montré. Et je crois que si le président Zelensky vient à nouveau voir le président Macron, c'est qu'il pense bien qu'en Europe, le président Macron est le leader aujourd'hui pour pouvoir soutenir l'Ukraine. Ce conflit... Oui, mais sauf que l'Europe aujourd'hui, est-ce qu'elle n'est pas l'Union européenne ? Est-ce qu'elle n'est pas spectatrice de ce que fait Donald Trump, de ce que font les Américains ? Je pense que le monde entier est spectateur de ce que fait Donald Trump. Ce n'est pas seulement l'Union européenne.
Donc la problématique n'a pas changé pour les Ukrainiens. C'est bien un pays qui a été attaqué il y a près de 4 ans maintenant, et encore je ne parle pas de 2014, qui depuis 4 ans se bat à 2 contre 1, qui résiste près de 4 ans plus tard à ce qui est considéré comme une des meilleures armées au monde, qui n'a pas réussi à envahir leur pays. Je voudrais quand même rappeler que la mer Noire n'est plus du tout accessible aux bâtiments russes, c'est-à-dire qu'ils ont été obligés de quitter. Ils n'ont plus de maîtrise du ciel au-dessus de l'Ukraine. Donc c'est un pays qui résiste courageusement, enfin c'est au-delà de courage, c'est héroïque.
Et donc quand on est avec des héros qui se battent pour leur pays, et qu'en face d'eux, il y a des gens qui n'hésitent pas à tuer leur propre peuple, aujourd'hui, écoutez-moi, 1200 russes vont mourir ou être blessés aujourd'hui. Et demain, il en sera pareil, et ainsi de suite. Ça fait plus d'un million de russes qui sont morts depuis près de 4 ans ici. Mais M. Poutine pousse, il sait qu'il peut compter sur toute une population. Et en face, les gens doivent résister de façon héroïque. Alors maintenant, que certains puissent se dire que c'est le moment d'arrêter, il faudrait peut-être que ça se calme, que M. Poutine lui donne un petit peu ce qu'il veut, peut-être que ça va s'arrêter.
Mais non, ça recommencera demain. Et donc là maintenant, ce qu'il faut, c'est absolument que s'il paie, il doit y avoir, il faut que les Ukrainiens puissent accepter ces conditions de paix, et ça n'est pas une condition de réédition. Il faut voir que tous ces jeunes, hier encore, hier soir, au théâtre de l'hôtel de ville, on était en direct avec deux jeunes qui étaient sur le front. Je veux dire, la salle s'est levée pour les applaudir. Et vraiment, ce qu'ils font, ils donnent une leçon au monde. Est-ce que les Russes, eux, sont prêts à arrêter la guerre ? On va voir ce qu'en dit Emmanuel Macron.
Alors, il s'est exprimé hier, après avoir reçu Volodymyr Zelensky, spécifiquement sur le plan de paix de Donald Trump. À côté du président ukrainien, Emmanuel Macron a rappelé le rôle que devaient jouer le rôle les pays européens, pardon, dans ce plan de paix, et il estime que les Russes ne veulent pas la paix.
La Russie signe et aggrave un peu chaque jour le forfait de son agression, en contredisant les lois les plus fondamentales de l'humanité et du droit international. Au moment où on parle de paix, la Russie continue de tuer et de détruire. C'est évidemment une insulte aux droits et un obstacle à la paix.
La Russie ne veut pas te cesser le feu, comme le dit le chef de l'État. Vous êtes d'accord ? Le président de la République parle vrai, avec gravité. Nous sommes face à une puissance qui utilise 18 millions d'obus par an, 700 000 drones, ça ne s'arrête jamais. Et donc, effectivement, il faut comprendre à qui on a affaire, qu'il ne s'arrêtera pas. Il l'a montré au cours de toutes ces années, et qu'il faut se préparer à la suite, ce qui veut dire que ça rend beaucoup de débats que j'observe aujourd'hui en France un petit peu anecdotique quand on voit à quoi on doit se préparer. Mais juste, c'est quoi la suite ?
Parce qu'hier, Vladimir Zelensky, il dit qu'on doit terminer cette guerre de manière digne et préserver l'indépendance de l'Ukraine. Est-ce que vous pensez que l'Ukraine pourra ne pas céder de territoire ? Mais je crois que surtout, les Ukrainiens demandent qu'on ne décide pas à leur place. Et ça se comprend. Ils ont toute une jeunesse, ils ont toute une population qui est en ce moment sur 1 200 km de front. Et donc, ce que nous devons, c'est simplement leur porter assistance. N'oubliez pas qu'en face, la Russie a le soutien avéré de l'Iran, de la Corée du Nord, de la Chine. Il m'a encore parvenu cette nuit un rapport sur l'utilisation de drones fait par les Chinois lors du conflit.
C'est évident. Donc, il faut voir la puissance de soutien qu'il y a pour la Russie aujourd'hui. Et donc, nous, de notre côté, les démocraties, on regarde, on analyse. Est-ce que vraiment on peut y aller ? Mais quel rôle jouent les États-Unis aujourd'hui ? Steve Witkoff, l'émissaire de Donald Trump, prend contre Vladimir Poutine. Est-ce qu'il faut s'inquiéter ? – Il faut évidemment se préoccuper du fait que les Ukrainiens puissent avoir, encore une fois, leur mot à dire sur ce qu'il n'y ait pas un renversement d'alliances possibles. – Mais vous pensez que les États-Unis, Steve Witkoff, il y va dans cet état d'esprit ?
Avec les Ukrainiens doivent avoir leur mot à dire, les Ukrainiens ne doivent pas lâcher de territoire ? – Je pense que les États-Unis souhaitent que ce conflit s'arrête parce qu'ils se préparent à un autre conflit. – Mais à quelles conditions ? – Ils souhaitent certainement que le conflit s'arrête, comme ils souhaitaient que le conflit s'arrête à Gaza. Donc après, on voit bien que la réalité, c'est qu'entre le fait de dire on arrête avec face à soi, quelqu'un qui dit qu'il va le recevoir mais qu'il va continuer à pousser sur le terrain, et c'est bien ce que dit le président de la République, donc il y a un moment pour le théâtre et il y a un moment qui est sur le terrain.
Et sur le terrain, rien ne s'arrête. Donc on peut effectivement commenter ce qui se passe à Moscou, mais la réalité c'est que sur le terrain, en Ukraine, les forces russes continuent à appuyer, et on voit très bien qu'elles ne s'arrêteront pas, et on voit très bien qu'ils sont en train de préparer la suite, on le voit à la frontière en Estonie, on voit bien tous ces barraquements qui sont en train d'être construits, ce n'est pas pour faire Disneyland, donc on voit bien que c'est pour préparer une arrivée de troupes, donc il faut dire les choses telles qu'elles sont, on doit aujourd'hui tous se préparer à une escalade potentielle.
– Donc quand Vladimir Poutine, encore la semaine dernière, dit que c'est ridicule qu'on puisse penser que la Russie va attaquer un pays de l'OTAN, il ne faut surtout pas le croire ? – Oui, vous savez, je crois que même à la RADA, deux semaines avant que Poutine entre en 2022 en Ukraine, les députés de la RADA disaient que non, il n'est pas assez fou, il ne peut pas aller faire quelque chose comme ça. Donc la réalité a montré qu'à chaque fois, il fait le contraire de ce qu'il dit. – Mais du coup, est-ce que vous parliez du soutien de la Russie, qui est notamment l'appui de la Chine ? Est-ce que l'Union européenne, elle est de nature à faire le poids face à ça ?
– La question n'est pas savoir si on est capable de faire le poids, il faut se confronter, il faut montrer que nous avons des ressources qui retirent l'envie à des pays comme la Russie d'attaquer. – Donc la dissuasion stratégique, comme dit le chef de l'État. – C'est très exactement ce à quoi nous devons travailler dans tous les domaines. Pour la Russie, nous sommes des pays faibles, les démocraties, ce sont des systèmes faibles, et ils s'emploient à détruire les démocraties de l'intérieur en faussant, en dénaturant les élections.
– Et face aux menaces russes, et malgré le contexte budgétaire difficile, Emmanuel Macron et le gouvernement maintiennent l'augmentation du budget de la défense, et on va en parler avec vous, on va faire le point Stéphane, sur ce budget ensemble. Comme prévu, on le disait, le budget de la défense est continué d'augmenter. – Oui, le budget des armées, s'il est voté définitivement par le Parlement, va augmenter de 6,78 milliards d'euros par rapport à l'année dernière. Ça fait plus 11,3% pour atteindre un total de 66,7 milliards d'euros en 2026. C'est le deuxième poste de dépense de l'État derrière l'école, même si c'est le secteur qui enregistre la plus forte augmentation dans le budget.
Et hier, le Premier ministre, à l'issue d'une réunion à laquelle vous avez participé, Olivier Cadic, a parlé du budget de la défense. En mettant en garde les parlementaires qu'il a reçus, il faut qu'ils votent le budget. – Au fond, on ne veut pas prendre la représentation nationale en traître, on ne veut pas la prendre à revers, en quelque sorte, en leur disant,
« Voilà, attention, parce que cette somme-là, l'année prochaine, elle est clé pour nos militaires, elle est clé pour l'entretien de nos matériels, elle est clé pour un certain nombre de commandes sur des fonctions qui sont absolument critiques et essentielles.
Et ça, là, va durer dans le temps, puisqu'on est sur une augmentation de pratiquement 36 milliards d'euros entre 2026 et 2030. » – Et ça s'explique par la loi de programmation militaire. – Oui, cette loi de programmation militaire, elle contraint l'État dans le domaine militaire et budgétaire. Elle est entrée en vigueur en 2019, avant d'être modifiée en 2024, sur fonds de guerre en Ukraine. L'objectif, c'est l'achat de matériel, d'équipement, de recrutement d'effectifs, entretenir la défense française. L'objectif, il est aussi financier. Le budget des armées augmente chaque année pour arriver à un total de dépenses de 400 milliards d'euros en 2030.
– Et vous le disiez, la tendance, elle est à l'augmentation, Stéphane, mais le budget de la défense, il connaît une hausse plus rapide cette année. – Oui, parce que la loi de programmation militaire prévoyait une hausse de 3,2 milliards d'euros en 2026. C'est le cas chaque année, mais vient s'y ajouter cette année une autre hausse de 3,5 milliards d'euros. Celle-là a été décidée par Emmanuel Macron, c'était le 13 juillet lors de son discours aux armées. L'objectif est simple, doubler le budget des armées en 2027 par rapport à son arrivée à l'Élysée en 2017.
Le président de la République justifiait aussi cette hausse par les conclusions de la Revue nationale de défense stratégique pour qui nous sommes entrés dans une nouvelle ère avec un risque important de guerre à haute intensité en Europe. L'annonce est intervenue aussi après l'engagement des pays de l'OTAN à consacrer 3,5% de leur PIB aux dépenses militaires. Aujourd'hui, pour vous donner une idée, la France est à peu près à 2%. – Alors à quoi vont servir ces 6 milliards d'euros supplémentaires pour les armées ?
– Alors de ce qu'on en sait et ce qu'on peut en dire aujourd'hui, on a commencé à l'entendre avec le Premier ministre tout à l'heure, cet argent, il va servir à renforcer les équipements militaires, la cybersécurité, l'espace, le renseignement. On sait qu'il va y avoir 2,4 milliards d'euros d'achats de munitions l'année prochaine. L'augmentation du budget cette année permettra aussi l'achat de drones, de capacités spatiales, mais aussi la préparation des forces armées ou encore le remplacement d'avions de l'armée française. – Et est-ce que ce budget va prendre en compte le nouveau service national qui a été annoncé il y a quelques jours sur Emmanuel Macron ?
– Pas vraiment, Auriane, le président de la République a chiffré ce service volontaire à 2,3 milliards d'euros. La somme est importante au regard du budget total alloué à la défense et pour le moment elle n'apparaît pas clairement dans le PLF 2026, dans le budget 2026, ce qui sous-entend qu'il devrait y avoir une révision de la loi de programmation militaire qui court jusqu'en 2030. Cette révision, elle a été promise par Emmanuel Macron cet été, elle devait intervenir cet automne, mais pour le moment on n'en a pas vraiment de nouvelles.
Olivier Cadic, vous qui êtes dans la commission de défense, vice-président même de la commission de défense ici au Sénat, est-ce que vous espérez, est-ce que vous appelez le gouvernement à une révision de la LPM, de la loi de programmation militaire, maintenant ou à la rentrée 2026 ? J'appelle surtout au vote du budget, parce que sans PLF, on ne pourra pas progresser. Aujourd'hui, je le rappelle, pour la Russie, nous sommes des pays faibles, les démocraties. Et donc, ce qu'il faut montrer, c'est notre capacité justement à augmenter notre niveau de défense. On a besoin de cet argent supplémentaire pour de nouveaux équipements, on l'a dit, pour commencer à se préparer.
La semaine dernière, le SGDSN a sorti le document « Tous responsables ». C'est que tout le monde comprenne bien qu'on a tous une responsabilité dans la bonne marche de notre pays. Et donc, effectivement, pour les parlementaires, aujourd'hui, il faut voter ce PLF. Il faut retrouver une solution, puisqu'il faut continuer, poursuivre cet effort au niveau de la défense, qui devra certainement être, encore une fois, augmenté. C'est lié aussi à l'évolution de la menace. On voit qu'elle est très prégnante pour nous, mais on voit aussi qu'il y a une possibilité d'escalade en Asie.
C'est bien ce qui préoccupe les Américains, qui le disent à tout bout de champ, et que donc, ils doivent se préparer, eux aussi, à un potentiel, je dirais, conflit sur la région. Et donc, on peut imaginer, s'il y avait un conflit dans l'Indo-Pacifique, j'ai eu l'occasion de le rappeler hier, que par rapport à ce qu'on voit même avec les outils en mer rouge, on voit que l'impact sur le commerce international serait sans commune mesure avec ce qu'on connaît en Ukraine, et que donc, ça aussi, ça fait partie des sujets qui sont sur la table. On doit se préparer, on doit se renforcer, on a trop attendu.
J'entends encore le Premier ministre Laurent Fabius, je crois, qui disait, nous devons toucher les dividendes de la paix après la chute du mur de Berlin. Eh bien, en faisant ça, il faut maintenant rattraper cette erreur stratégique, parce qu'en fait, en baissant l'arme, l'autre, l'adversaire, s'est dit que c'était le bon moment pour y aller. Et aujourd'hui, on voit que c'est beaucoup plus difficile de se rétablir, ça demande des efforts d'investissement importants. Eh bien, effectivement, nous devons payer aujourd'hui pour ceux qui ont bénéficié des dividendes de la paix et se préparer pour éviter la guerre. Il faut qu'on soit prêts, il faut qu'ils soient dissuadés de nous attaquer.
Et pour être prêts, ça suppose des moyens. Le rapporteur du budget de la défense de la commission des finances, Dominique Delège, ici au Sénat, estime que les 3,5 milliards d'euros qui ont été ajoutés par Emmanuel Macron poursuivent un objectif qui n'est pas vraiment clair. On ne sait pas vraiment à quoi ils vont servir. Est-ce que vous, vous avez eu des précisions hier lors de la réunion ? Est-ce qu'on en sait plus ? Est-ce que les parlementaires ont toutes les informations dont ils doivent disposer ? Le Premier ministre a été très transparent et on sentait bien que le ministre des armées était encore en lui.
Donc pour justement venir détailler tout ce qu'il avait prévu dans ce qu'on appelle cette surmarche, ce surbudget, cette enveloppe supplémentaire pour pouvoir se préparer avec cette vision effectivement de conflits à haute intensité, qu'on avait besoin d'un certain nombre d'outils, prendre avantage de l'expérience, de ce que l'on observe en Ukraine, de ce que l'on voit sur le terrain, de ce qu'on voit aussi, ce qu'il a dit, de ce qu'on a vu dans la confrontation Iran-Israël encore l'année dernière, récemment. Fort de ces expériences, on a besoin d'évoluer et il a listé hier tout un nombre à la fois d'équipements, de souhaits exprimés. Mais est-ce qu'on est encore en retard ?
Parce qu'on l'a compris, vous l'avez rencontré hier après-midi, Sébastien Lecornu, est-ce qu'on a encore du retard sur les équipements, sur les forces, sur la cyber-guerre aussi, la cyber-défense ? Alors, est-ce qu'on a du retard ? Est-ce qu'on est là où nos forces armées sont confortables aujourd'hui ? Ben non, s'ils réclament des besoins, des ressources supplémentaires, c'est bien justement qu'ils considèrent qu'on n'est pas à niveau. Mais la question, vous savez, malheureusement, c'est comme le jour du match. C'est lorsque vous voyez la confrontation, vous savez si vous êtes au niveau ou pas.
Et je veux dire à nos compatriotes qu'il ne faut pas attendre le jour de l'entrée en conflit pour voir si on est au rendez-vous. Donc, les Jeux olympiques, si ça a été un succès fantastique, c'est parce qu'on l'a préparé, on y a travaillé. Et que n'avait-on entendu comme critique, comme, je dirais, comme blague sur notre capacité justement à s'affronter à un tel événement ? Eh bien là, c'est pareil. Il faut se préparer. Vous parlez comme si c'était inéluctable une entrée dans un conflit. Pour vous, c'est inéluctable ? On va forcément rentrer en conflit à court, à moyen terme ? On ne sera pas au conflit si l'adversaire décide de ne pas nous attaquer et ne nous attaquera pas si on est fort.
Voilà. Donc, pour moi, c'est inéluctable aujourd'hui si on ne se prépare pas, si on n'élève pas notre niveau. Une dernière question sur ce service national annoncé par Emmanuel Macron. Est-ce que le Premier ministre vous a dit comment il serait financé ? Parce que ça coûte quand même plus de 2 milliards d'euros. Ce n'est pas une petite somme. Est-ce que vous savez quelle ligne budgétaire va permettre de financer ce service national ? Là, ce qui est annoncé, c'est qu'on aurait un nombre limité qui démarrait cet été. Je pense que là, ils sont en train de préparer, je dirais, la façon de le faire.
Il y a beaucoup de questions qui se posent autour de ça puisque le diable se cache dans les détails. Donc, la ministre des Armées a rappelé que ça commençait quand même par une journée où à l'âge de 17 ans, tous les jeunes passeraient par une sorte de journée préparatoire où ils exprimeraient leur avis, leur opinion. Moi, mon observation, c'est que je l'ai vue en Suisse pour les franco-suisses. J'y étais la semaine dernière. Les jeunes franco-suisses, à 17-18 ans, on leur demande de faire le choix. Est-ce que vous êtes plutôt côté français ou plutôt côté suisse ? S'ils sont plutôt côté suisse, ils iront faire le service militaire.
Eh bien, dans 9 cas sur 10, s'ils préfèrent se considérer comme français. Donc, ça vous donne aussi un ordre d'état de pensée des jeunes parce qu'effectivement, si on leur demande de faire un effort personnel, eh bien, on voit que le pourcentage n'est quand même pas très élevé. Mais pourtant, encore une fois, il y a différentes formes de faire, je dirais, cet appui, ce service. Et ça, ça nécessite effectivement d'être travaillé, d'être mieux exprimé, explicité. Ça s'est passé en quelques jours. On ne peut pas demander d'avoir un plan très détaillé encore aujourd'hui. Olivier Cadic, on va terminer par un autre sujet. Vous représentez les Français établilleurs de France.
Vous connaissez bien le Royaume-Uni. France et Royaume-Uni qui ont signé un accord migratoire. Et la France qui, ces derniers jours, a acté une nouvelle doctrine d'intervention en mer contre les traversées clandestines vers l'Angleterre. Alors, qu'en pensent les élus des communes côtières qui voient des migrants partir de leur plage et parfois y mourir ? On va aller dans le Pas-de-Calais. Bonjour Christian Foucroix. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire sans étiquette dès qu'il y a un plage. On vous avait reçu Christian Foucroix il y a quelques semaines. Ici, on était ensemble car depuis votre commune, il y a des migrants qui tentent de rejoindre le Royaume-Uni.
Les traversées connaissent parfois une issue dramatique. D'abord, quelle est la situation depuis ? Est-ce qu'il y a eu de nouvelles tentatives de traversées ?
Écoutez, je vous dis tout d'abord bonjour. Depuis un mois et demi, on est tranquille ici sur la côte boulonnaise. Les départs sont plutôt du côté de Calais, Gravelines et Dunker et l'eau de plage. C'est là où est-ce qu'il y a concentré une grande partie des migrants.
La France, on le disait, Christian Foucroix, elle met en place une nouvelle doctrine. C'est une doctrine qui est en gestation depuis plusieurs mois. C'est des opérations de contrôle, d'intervention en mer, de petits bateaux. C'est une bonne doctrine pour vous ?
Écoutez, c'est une doctrine qui nous avait été annoncée lors de notre visite avec le collectif conduit par Natacha Bouchard au ministère de l'Intérieur. Le ministre de l'Intérieur, Rotaillot, nous avait dit qu'il allait mettre ça en place. Donc ça se met en place. Disons, c'est nouveau, c'est une nouvelle façon d'arrêter le départ vers l'Angleterre. Mais ça ne va pas, ce n'est pas une recette miracle. parce que, vous savez, les passeurs, quand ils sont à bord des bateaux, ils nous narguent. Et pour les dissuader, ça ne va pas être facile. Il va falloir avoir des moyens pour intercerter ces petits bottes-là qui passent une vitesse excessive.
– Ça veut dire que vous, vous redoutez qu'en fait, concrètement, dans les faits, ça n'est pas beaucoup de conséquences sur le terrain, sur ce que vous visez ?
– Non, c'est une bonne chose. C'est une bonne chose. Mais on ne peut pas dire ça y est, la partie est gagnée. on verra à l'usage, on verra comment ça va se faire et qui va les intercepter. Qui est-ce qui va les intercepter ? On va être obligé d'avoir les mêmes moyens qu'eux pour les intercepter et de la façon qu'on va les intercepter. Il y a des passeurs à l'intérieur. Est-ce qu'ils vont se défendre ? Est-ce qu'ils ne vont pas se défendre ? Est-ce qu'ils vont se laisser faire ? On ne sait pas, donc c'est tout à fait nouveau. Mais c'est déjà quelque chose de concret qui a été réalisé parce qu'on nous laisse un peu à l'abandon depuis des années à ce niveau-là.
On est des communes qui sont traversées par les migrants à longueur d'année et donc on subit quand même des dégradations. Il faut aller ramasser tout le dégât qu'ils laissent sur place. Et puis bon, nous par exemple on est une petite commune touristique, on les voit tous les jours sur la plage. Ça ne rassure pas les touristes qui viennent passer à bon moment sur nos communes.
Olivier Caddy, qu'est-ce que vous avez envie de répondre à M. le maire ? Je comprends son désarroi puisque en réalité c'est une situation que l'on vit maintenant depuis des années et des années. En tant que, vous l'avez dit, représentant des Français établilleurs de France, j'étais il n'y a pas longtemps en Mauritanie et il montrait justement l'impact de tous ces migrants qui essayaient de partir sur les îles Canaries avec tous les drames qui y sont associés. Donc c'est une problématique qui doit s'appréhender de façon européenne. Les bateaux qui sont utilisés par les passeurs, ils viennent bien de quelque part. On sait aujourd'hui qu'ils sont fabriqués plutôt en Turquie.
On sait que, par exemple, j'étais en Bulgarie aussi et donc il y a tout un système pour bloquer, pour essayer de bloquer ces bateaux qui transitent pour aller jusque sur les côtes. après la problématique a été très bien dite par M. le maire. Si ici on est un peu plus tranquille en ce moment, ça veut dire qu'ils sont en train de passer par ailleurs et une fois qu'on va les bloquer ailleurs, ils vont peut-être revenir chez lui. Et donc tout ça, c'est une fuite en avant, un jeu de cache-cache permanent. Ces réseaux de passeurs, ce sont des gens qui font beaucoup d'argent.
Les migrants que l'on voit, ce sont parfois des gens qui ont tout vendu pour pouvoir aller vers un endroit où ils pourront avoir une vie meilleure ou on leur fait croire qu'ils auront d'ailleurs une vie meilleure. Mais parfois, ils ont tout laissé, ils lâchent tout. Ces organisations de passeurs, c'est un peu comme des agences de voyage dédiées pour ces gens-là et qui vivent dans des conditions absolument atroces. On parle du Nord-Pas-de-Calais, mais il faut voir ce que ça donne aujourd'hui en Libye, qui est un autre point avant qu'ils traversent la Méditerranée et ce que ça peut vouloir dire. Donc cette problématique, elle est globale.
On doit l'appréhender d'une façon européenne et ne pas croire qu'en bloquant sur un point, en empêchant un point d'accès, qu'on a réglé le problème. On aura pu régler le problème à cet endroit-là, mais il va se déporter ailleurs et on a le même problème avec le narcotrafic. Un dernier mot, M. le maire, vous nous parliez d'un sentiment d'abandon. C'est difficile à gérer pour vous en tant qu'élu et même personnellement ?
Oui, c'est difficile à gérer. C'est difficile à gérer. M. le sénateur, il dit que c'est un problème européen, mais il n'y a qu'en France que ça se passe en Belgique où on est tout proche de la Belgique, en Belgique ou en Hollande, ils ne vont pas s'y frotter. Il y a une certaine autorité. En France, on est délaissé à ce niveau-là. On est délaissé, on nous abandonne. Il n'y a personne qui veut prendre les responsabilités pour les empêcher de passer. S'ils passent dans le Pas-de-Calais, c'est parce qu'on ne les bloque pas aux arrivées en Méditerranée ou par ailleurs. Ils rentrent en France comme ils veulent. La France, c'est une passoire. Rappelons, Olivier Calais.
Oui, c'est la responsabilité du propos au niveau du maire. C'est ce message-là qu'on entend un peu de façon récurrente. En réalité, cette problématique-là, elle est internationale. Il faut effectivement la traiter de façon européenne. Et la France, une passoire, quand on voit comment ça se passe justement en Libye, les efforts qu'on fait en Mauritanie pour justement essayer de bloquer le flux. Mais encore une fois, vous ne pourrez pas arrêter des gens qui ont tout vendu en espérant, on leur a fait miroiter de passer de l'autre côté. Donc, on est confronté à des gens qui vivent de ce système-là. Merci beaucoup.
Merci Christian Foucroix d'avoir été avec nous, maire Déquien-Plage dans le Pas-de-Calais. Merci Olivier Cadic d'avoir été notre invité. Stéphane, nous, on se retrouve dans 20 minutes. Oui, pour la revue de presse et on parlera notamment de la paix en Ukraine à la une de plusieurs quotidiens régionaux, mais aussi du champion du monde de pâté en croûte qui est français. Et ça, c'est un sujet dont on a beaucoup parlé. On va en parler à nos téléspectateurs dans 20 minutes. Mais d'abord, on va continuer à parler du budget. C'est Marc Fénaud qui nous rejoint. Bonjour Marc Fénaud. Bonjour.
Merci beaucoup d'être notre invité députée de l'or et cher président du groupe Les Démocrates à l'Assemblée nationale et premier vice-président du Modem. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Yann. Bonjour Marc Fénaud. On va évidemment parler de l'Assemblée nationale. Le Sénat, qui poursuit lui l'examen du budget de l'État ? Est-ce qu'il y aura un compromis sur ces budgets selon vous ?
Impossible de le dire à la date où nous sommes. En tout cas, nous y travaillons et nous avons en sorte qu'il y ait un compromis. Il faut distinguer les deux budgets. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, d'une certaine façon, on a plutôt avancé puisqu'en tout cas dans la lecture à l'Assemblée nationale, il y avait eu un compromis et un vote favorable sur la partie recette. Reste la partie dépenses qui n'est pas la moindre des parties. Il y a eu un travail sérieux qui a été fait par le Sénat. On sait qu'on a un point de blocage et que c'est pour ça que la commission mixte a échoué qui est celui de la suspension de la réforme des retraites.
Je ne suis pas favorable en soi à la suspension. Simplement, c'était le gage et le donner au Parti socialiste pour aboutir à un compromis. Donc, votre groupe la votera à nouveau ? On s'est abstenu. Très majoritairement, on s'est abstenu sur la réforme parce qu'on peut assumer de laisser passer un engagement du Premier ministre et en même temps assumer le fait qu'on n'est pas d'accord avec l'idée d'une suspension parce qu'en soi, la suspension, certes, mais le problème, c'est que dans beaucoup de sujets que nous avons aujourd'hui dans le moment budgétaire, c'est que personne ne dit comment on fait et quelle est la voie alternative.
Tout le monde dit qu'il faut faire des économies, personne ne nous les montre. Tout le monde dit qu'il faut faire moins de 5% de déficit et personne ne nous montre comment faire. Alors, juste pour le PLFSS, on a peut-être une voie. Alors, j'allais dire, ce n'est plus dans la main de ceux qui soutiennent le gouvernement, c'est dans la main du Parti socialiste. Il y a un moment, comme disait l'autre, il faut savoir finir une grève, il faut aussi savoir clôturer un compromis. Ils ont demandé quoi ? Non, on verra dans la semaine qui s'ouvre. À la fin, il faut que le compromis soit acté et qu'on en finisse. Mais est-ce que vous l'avez déjà obtenu la suspension des retraites ?
Non, mais il n'y a pas que la suspension des retraites parce qu'on ne va pas résumer la pensée des socialistes, ça serait leur faire injure ou leur demande, de la gauche d'ailleurs, il n'y a pas que les socialistes. À ça, il y avait la question d'un certain nombre de mesures d'économie sur lesquelles le Parti socialiste ne souhaitait pas qu'on allait aussi loin. Notamment les franchises médicales. Les franchises, etc. Bon, il y a un moment, il me semble que le compte me paraît ressembler à ce qui pouvaient être les demandes du Parti socialiste. Ce n'était pas par plaisir non plus qu'on faisait ces mesures d'économie. Moi, j'ai deux balises.
Un, qu'on arrive à un compromis et qu'il soit votable par une majorité à l'Assemblée nationale. Et deux, qu'on ne dégrade pas au point que ça soit inopérant.
Les franchises médicales, le Parti socialiste, en fait pour l'instant encore une lune rouge, est-ce que vous seriez prêt à céder aussi là-dessus sachant que ça coûte...
C'est 2 milliards, un peu plus de 2 milliards. Mais je suis prêt à bouger sur un certain nombre de lignes dès lors qu'on m'explique comment on arrive à tenir quand même un déficit, non pas un excédent, un déficit qui soit supportable pour tout le monde. Parce que si c'est pour faire 35 milliards de déficit sur la Sécurie sociale, c'est non. Supportable, c'est quoi ?
En dessous de 20 milliards ?
Oui, c'est autour de 20 milliards. C'est autour de ce chiffre-là que les choses peuvent s'organiser. On sait que si on n'a pas de budget, c'est 30 milliards de déficit.
Je vous pose la question justement parce qu'au sein du Bloc central, certains disent qu'ils vont mieux à un mauvais budget que pas de budget du tout. C'est très dramatique.
Oui, mais moi, vous me trouvez plutôt sur le chemin depuis le début du compromis. Mais il y a un moment... Pour le coup, on a été parmi les plus actifs et je crois que même à gauche, on reconnaît que nous avons été au fond ceux qui ont essayé de trouver le point d'équilibre. Mais le point d'équilibre, c'est un point d'équilibre. Ça n'est pas un point de déséquilibre. C'est-à-dire qu'à un moment, on ne peut pas tout dégrader au motif qu'il faudrait à toute fin trouver un compromis. On sent un peu votre exaspération,
Marc Fénaud. Là, vous dites que le socialiste stop, vous avez déjà obtenu des choses.
Non, non, non, ce n'est pas dans l'exaspération. On est dans la ligne droite. On voit quels sont les points de demande des uns et des autres. Il faut jusqu'à un moment qu'on en finisse et qu'on arrive au vote. Parce que les parlementaires peuvent être lassés, les sénateurs et les députés. Je ne suis pas sûr que ceux qui nous regardent ou nous écoutent ne soient pas extrêmement lassés. Et après, on arrive au PLF, projet de loi de finances.
Pardon, parce que hier, Olivier Faure est sorti de Matignon en disant « nous avançons ». Est-ce que le Premier ministre vous a détaillé les points sur lesquels il avait avancé ? Non, non, je pense…
Non, mais on a plusieurs lectures. La première lecture, c'était un peu… On tâtait le terrain, si je peux dire. On regardait quels étaient les points, non pas forcément de convergence, mais de divergence, en tout cas les points qui étaient importants pour les uns et pour les autres. Ce que je crois veut dire Olivier Faure, enfin, je ne suis pas un exégèse de sa pensée, je ne suis pas l'exégèse, mais c'est qu'on commence à voir les balises qui sont données par les uns et les autres, qui les franchisent, qui le gel ou le dégel d'un certain nombre de prestations, qui les ressources supplémentaires, je pense à la CSG patrimoine. Donc, on commence à voir ce que peuvent être les balises.
Ça nécessite que chacun se mette en ordre de marche et qu'on ne vienne pas en rajouter de part et d'autre pour trouver un point d'équilibre. Donc, c'est cette semaine sur le PLFSS et c'est important. Donc, je pense qu'on peut y arriver sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Mais le Premier ministre ne vous a pas dit sur quoi il avait échangé hier précisément avec Olivier François.
Mais rien n'est nouveau sur la table que ce qui a déjà été mis sur la table. Pardon de le dire ainsi. En fait, tout a été déjà mis sur la table. La question, c'est est-ce que tout ça, ça rentre dans une boîte qui fasse un déficit qui soit acceptable ? Pas pour moi, pour ceux qui nous prêtent, en fait, tout simplement.
Vous dites, on va sûrement y arriver, mais si ça n'était pas le cas, hier, le Premier ministre a dit, pas de 49.3, il n'y a pas de loi spéciale pour un PLFSS. Absolument. Pas d'ordonnance. Quelle est l'issue ? Ça veut dire...
L'issue, c'est 30 milliards et sans doute un système qui se mettra en défaut pas en 2026, mais en 2027. Enfin, on n'est pas obligé de...
Et une nouvelle discussion en 2026 ?
Oui, mais enfin, je ne vois pas au nom de quoi ce qui était impossible en décembre deviendrait possible en janvier. À deux mois des ministres.
S'il n'y a pas de compromis là, il risque d'y avoir un défaut du système de sécurité sociale ?
Non, je ne veux pas faire... Ce n'est pas la pluie de sauterelle et les plaies d'Egypte que je promets. Je dis juste qu'à un moment, ce système... Jean-Carles Grenier, dans mon groupe, le disent souvent. Il y a un moment, on ne va plus prêter sur le système de retraite, en particulier le système d'assurance sociale. On est au mur. La Cour des comptes, il suffit de dire ce que dit la Cour des comptes. La Cour des comptes dit, si on ne réduit pas le déficit de la sécurité sociale, du PNFSS, on va aller au mur du financement. Alors, pas en 26, je disais, mais 27, 28 ou 29 et nous, on serait comptable de quelque chose qui irait au mur. Moi, je suis attaché à la sécurité sociale.
Je pense que la gauche est attachée à la sécurité sociale. Personne n'a intérêt à ce qu'elle fasse défaut. Personne. Et personne n'a intérêt à ce qu'on soit obligé de prendre des mesures drastiques d'économie. Simplement, il faut faire des efforts, les uns et les autres. Des efforts de recettes, en partie, mais des efforts aussi sur la dépense.
Mais par exemple, sur la réforme des retraites, Gabriel Attal dit qu'on est en train de mettre des sparadraps sur un système qui prend l'eau de toutes parts. Est-ce qu'il faut revoir le système ? Est-ce que vous soutenez, par exemple, sa proposition de mettre en place une retraite par points ?
Oui. D'abord, il me semble que ça avait été proposé en 2020 et que nous n'avions pas réussi. Donc, je partage ce qu'il dit, mais reconnaissons que ce n'est pas la temporalité du mois de décembre 2025. Ça, c'est pour 2027, si j'ai bien compris, puisque Gabriel Attal a dit retraite par points et capitalisation. Enfin, tout le monde sait qu'on ne va pas le mettre en place en 2025, 2026 et 2027. Ça sera pour après 2027. Dans l'intervalle, il y a deux budgets. Celui de 2026 et celui de 2027.
Notre responsabilité, c'est de faire en sorte que le budget qui soit voté ne vienne pas complètement obéir les capacités de ceux qui viendront à partir de 2027 et les capacités tout simplement de la Sécurité sociale à faire face à ces dépenses. C'est ça, la responsabilité. Après, qu'on ouvre d'autres chantiers comme l'a fait Gabriel Attal, moi, je n'ai aucun problème. Il y a plusieurs versions. Mais ce n'est pas un débat du mois de décembre 2025. Enfin, je veux dire, on ne va pas… Il fait de la politique. Je ne sais pas s'il fait… Enfin, on fait tous de la politique. Enfin, on fait de la politique quand on fait un budget. Il fait de la politique.
Il essaie de dire, je crois, je ne sais pas, de son parti politique, mais que de toute façon, ce n'est pas un seul de tout compte. Et de ce point de vue-là, c'est pour ça que nous, nous le disons, parce qu'on suspend la réforme des retraites que par miracle, on a réglé le problème des retraites.
Alors, passons au budget. Il n'a été voté que par un seul député à l'Assemblée nationale. Il est en train d'être réécrit au Sénat. Est-ce que vous avez un espoir qu'il puisse être voté à l'Assemblée au final ?
– Alors, c'est là aussi qu'on recommence un exercice avec à la fois l'Assemblée nationale et avec le Sénat. Est-ce qu'il peut y avoir une commission mixte conclusive sur le PLF ? Théoriquement, plus facilement, puisqu'il n'y a pas dans la pièce un objet qui soit un objet radicalement opposant l'une chambre à l'autre. – Comme la situation des remords de retraite.
– On est assez optimistes. Philippe Juvin et Jean-François Husson
– Oui, mais la question, pardon, ce n'est pas la CMP si elle est conclusive, c'est est-ce que les conclusions de la CMP, de la commission mixte paritaire vont être votées ? Parce qu'on peut se mettre d'accord dans le cercle qui est un cercle très précieux, moi je trouve, dans la vie politique de la commission mixte paritaire. Mais enfin, c'est quelques sénateurs et quelques députés. S'ils se mettent d'accord, c'est très bien, mais si l'Assemblée ne le vote pas, on recommence. Or, les délais courts, puisque la commission mixte n'aura lieu que passé la mi-décembre. Et donc, si jamais elle est conclusive et que ce n'est pas voté, c'est fini.
On repart dans une logique pour le coup là de loi spéciale. Et moi, je pense que nous devons là aussi, je le dis aussi bien auprès de ceux qui soutiennent le gouvernement que ceux qui s'y opposent, les socialistes, la gauche, etc. Je pense que nous avons intérêt à terminer cette séquence budgétaire. Parce que, Olivier Cadic le disait avant moi, si jamais on n'a pas de budget, on n'a pas de dépenses en augmentation sur le champ militaire. Si on n'a pas de budget, on a des collectivités qui vont aller au budget sans savoir quels sont les moyens que leur donnera l'État.
– Mais est-ce que vous trouvez que la droite sénatoriale détricote trop le budget pour permettre un compromis ?
– Non, je ne dis pas ça. Non, non, je pense qu'ils font leur travail. Reconnaissons quand même une forme de continuité. Je suis venu sur le plateau parfois dire que je n'étais pas d'accord avec la droite sénatoriale ou avec le Sénat. Mais enfin, j'essaie d'être un peu juste. Ça fait 15 ans qu'à chaque fois qu'il y a un budget, ils essaient d'être ceux qui font plutôt des économies que ceux qui font des économies. – Mais là,
ils ne sont pas dans le compromis, en revanche.
– Oui, mais parce qu'ils ne sont pas soumis aux mêmes contraintes. D'abord, parce qu'ils ont une majorité. Donc quand vous avez une majorité, c'est beaucoup plus simple d'imposer un vote compromis, au fond. Et deux, ils ne sont pas soumis, et c'est très bien ainsi d'ailleurs, le Sénat n'est pas soumis aux mêmes votes. C'est-à-dire que leurs électeurs ne sont pas nos électeurs, si je peux dire les choses ainsi. Donc ils n'ont pas les mêmes contraintes. Mais qui détricote, non, mais qui rappelle la balise qui est… D'ailleurs, quand vous regardez, il y a un peu de fiscalité quand même. Ils ne disent pas zéro fiscalité. Et par ailleurs, ils disent qu'il faut faire des économies.
Est-ce que là, il y a un point d'atterrissage ? Pour nous, oui. Enfin, on est 36 au groupe Les Démocrates, au groupe Modem. La question, c'est est-ce que d'autres le feront ? Mais je répète, je ne vois pas qu'un PLF qui ne serait pas voté en décembre serait plus votable en janvier. Parce que, rappelons le chemin, loi spéciale, c'est-à-dire qu'on expédie les affaires courantes, en gros, et on se donne juste les moyens de ne pas avoir ce qu'on appelle un shutdown à l'américaine. C'est-à-dire qu'on peut payer les fonctionnaires, ce qu'on appelle les services un peu votés, les choses un peu obligatoires. Enfin, en janvier, il faut se remettre autour de la table.
Donc, si on peut en avoir fini au mois de décembre, y compris pour les chefs d'entreprise, pour les collectivités, pour les Français, dont je crois qu'ils sont extrêmement lassés de cette affaire, et maintenant que le Premier ministre a réussi, avec nous tous, à entamer les voies du dialogue, aller au bout du dialogue et finissons-en, si je peux me permettre.
Pour qu'il soit adopté, il ne faut qu'il ne soit pas trop pur tiquant pour les socialistes, au moins. Patrick Cannaire, ici, a semblé trouver une loi en proposant un emprunt, enfin, un chemin, pardon, en proposant un emprunt qui serait demandé aux plus aisés. Voie qui semble avoir été refermée, qu'est-ce que ça pourrait être la voie pour que le budget ne soit pas trop...
Je n'ai pas bien compris, c'est-à-dire que vous obligez quelqu'un à vous prêter de l'argent sans lui donner de ton intérêt. Petit sujet constitutionnel, à mon avis, parce que ce n'est pas des impôts, ça. Tu as 100 francs, 100 euros, 100 dollars, je te les pique et puis tu vas me les prêter et puis je ne te rendrai pas d'intérêt. C'est quand même... Je ne connais pas beaucoup de systèmes qui fonctionnent comme ça. Il cherchait un symbole
de justice fiscale quand même.
Il y a des objets que nous avons portés nous-mêmes, le mouvement démocrate, avec Jean-Paul Matéi, sur la question budgétaire, je pense à quelque chose qui serait un impôt sur la fortune improductive. c'est un objet de justice fiscale. Mettons plutôt que de réinventer... Alors, je comprends bien que le Parti socialiste ait du mal à faire le deuil au fond de la taxe Zuckmann. Bon, enfin, chacun doit faire le deuil d'une partie des choses parce que sinon, on n'y arrive pas. Et donc, réinventer en permanence des dispositifs qui ne sont pas des dispositifs fiscaux, ceux-là. Alors qu'en plus, nous n'avons pas de problème à emprunter et il y a suffisamment en stock, si je peux dire, de...
Non, c'était de l'ordre du symbole, là, pour le coup, vous dire, bah, regardez...
Mais à la fin, le PLM, ça ne peut pas être un symbole. Oui, mais je comprends. Je comprends la logique symbolique. Après, je réponds quand même factuellement. C'est-à-dire que ce dispositif n'est pas opérant. Mais qu'on trouve d'autres dispositifs. Mais je rappelle, 40 milliards, il faut chercher de réduction. 40 milliards. Ça ne peut pas être 40 milliards d'impôts. Parce que c'est une facilité de dire 40 milliards d'impôts. Parce qu'à la fin, vous finissez par appauvrir le pays.
Parce que si chaque année, à la dérive de la dépense, vous répondez par une dérive de la recette, à la fin, parce qu'il n'y a pas de pays qui se soit redressé de finances publiques sans se poser la question des économies.
Est-ce qu'il faut aussi chercher les économies dans une diminution du nombre de fonctionnaires ?
Oui, alors après, tout le monde dit qu'il faut diminuer le nombre de fonctionnaires. Et quand vous dites bon, alors c'est très bien, ça commence chez toi. Donc on va fermer une gendarmerie et on va fermer une école. On va supprimer un poste. Il n'y a plus personne. Donc, ce n'est pas forcément le plus immédiatement opérant. Et je trouve qu'il faut plutôt se demander. La mécanique qui a été celle de « on supprime un fonctionnaire sur deux », on a vu les dégâts que ça a produit. Ce n'était pas d'ailleurs ce gouvernement ni les précédentes. Ce n'était pas sous Emmanuel Macron. C'était sous Nicolas Sarkozy, sous Jacques Chirac, un peu sous François Hollande, même si c'était…
Et on a vu ce que ça a donné. C'est-à-dire qu'on s'est rendu compte qu'on n'avait plus assez de policiers, plus assez de personnel de justice, etc., etc. Donc, regardons là où on peut faire des économies de personnel. Il n'y a pas que là qu'on peut faire des économies. Nous sommes un pays qui est sous la perfusion d'argent public permanente. Les entreprises, nous, citoyens, les services publics. Et est-ce que les gens sont pour autant plus contents de leurs services publics ? J'ai peur que non. Donc, il faut quand même qu'on se dise, sans dogme, moi, je n'ai pas un dogme de la…
Si les gens étaient très heureux avec notre dépense publique, je dirais au moins les gens sont heureux de leurs services publics. La vérité, c'est que les Français que nous sommes ne sommes pas heureux de nos services publics. Et pourtant, nous sommes le pays qui consomme le plus d'argent public pour tous ces services. Donc, il y a quelque chose qui ne va pas. Donc, essayons de les rendre plus opérants et sans avoir seulement une logique de réduction de la dépense, mais une logique de la dépense utile. Et donc, je pense que c'est autour de ça qu'on peut faire des économies. Et il y en a à faire, je n'ai aucun doute là-dessus.
Vous semblez plutôt, vous, enclin en compromis. Est-ce que c'est le cas de tout le monde au sein du socle commun ? Est-ce que c'est le cas d'Horizon ? Est-ce que c'est le cas des LR ? Est-ce qu'ils sont encore en tant que commun ?
En tout cas, il faudra leur demander et c'est les votes qui trancheront, pour être très honnête. Bon, là, ils ont déjà
un peu tranché lors du premier vote du budget. Vous n'étiez pas sur la même ligne, Cori ?
Oui, oui, mais je pense que nous avons intérêt. Alors, on était en première lecture. Il ne faut pas se faire des griefs inutiles, mais je pense qu'on a intérêt collectivement à trouver un compromis parce qu'il n'y a pas d'alternative à l'idée du compromis.
Mais il existe encore le socle commun aujourd'hui ?
Écoutez, on se réunit, on se parle, on discute ensemble, on essaie de se coordonner, ce n'est pas parfait. Mais vous parlez correctement ? On se parle correctement, oui.
Vous êtes sur la même ligne ?
Oui. Non, on n'est pas toujours sur la même ligne. Enfin, je veux dire, si on était sur la même ligne, on serait dans les mêmes groupes, on serait dans les mêmes partis, on soutiendrait, pour ceux qui soutiennent déjà des comptes. La question se pose
parce que le Parti Socialiste a pointé du doigt des divergences assez importantes au sein du socle commun en disant qu'on ne va pas être le soutien du budget si certains groupes du socle commun eux-mêmes ne le votent pas. Oui, alors commençons pas
à rajouter la responsabilité. Si le Parti Socialiste ne vote pas le budget, il n'y a pas de budget. Voilà. Donc, et s'il y a un compromis, c'est pas, passez devant, je vous laisse faire, votez, puis nous on verra si on vote. Chacun doit prendre ses responsabilités. Et c'est ce qui pose la logique que tous les groupes du socle commun soutiennent le budget. Pardon, je l'ai vu sur tous les textes budgétaires que nous avons eus. Or, la partie recette du PLFSS, le PS a voté contre. Bon, donc, dans un compromis, c'est deux parties qui décident de voter pour.
Et on ne peut pas demander toujours à nous, et nous c'est Modem, et les autres, ça ne peut pas être toujours à nous qu'on demande de dire votez, prenez vos responsabilités et nous on vous regarde faire. Et les LR ? Ce n'est pas la responsabilité.
Les LR sont suffisamment le jeu du compromis.
On verra à la fin. Je répète, on a été dans des rangs d'observation dans cette affaire-là.
Bruno Rotailleau sera le dernier à critiquer le budget.
Oui, alors il ne vous aura pas échappé que la ligne LR entre Assemblée et Sénat n'est pas tout à fait la même. Je rappelle que nous avons des ministres qui viennent des rangs des LR au gouvernement qu'on peut peut-être attendre un minimum. On comprend qu'ils aient des lignes différentes des nôtres. Ça aussi, c'est la vie politique. Je rappelle qu'il y a un an et six mois, les LR étaient nos adversaires irrésolus. OK ? C'est la dissolution qui provoque la nécessité, pas l'envie, on ne va pas se raconter l'histoire, la nécessité de travailler ensemble. C'est le même chemin qu'on fait avec le Parti Socialiste.
Il faut qu'on arrive à faire ça parce que je pense que le pays a besoin de cette stabilité-là. Et puis, à partir de septembre 2026, ce que tout le monde se rassure, je crois qu'on va parler de la présidentielle.
D'abord, on va parler des municipales. Est-ce qu'en cas d'absence de budget, vous redoutez de le payer aux municipales ?
Je ne sais pas qui paiera parce que ça dépendra qui est responsable de ne pas avoir eu de budget. Pardon ? Vous pensez que ce sont les partis ? Je considère que nous avons fait dans le socle comment ? En tout cas, je ne parle que pour moi. Les démocrates, nous avons fait la part d'efforts nécessaires pour que je puisse aller facilement sur n'importe quel marché de France pour dire écoutez, nous, on avait fait la part du compromis, ces gens-là ont refusé le compromis. Moi, je n'ai pas de problème avec ça. J'assume absolument devant les électeurs aux municipales comme dans toute autre élection. On n'en est pas là.
Vous pensez que les partis qui n'accepteront pas le compromis le paieront aux élections aux municipales ? Non mais ceux qui disent, pardon, je ne fais pas de chantage comme ça, je dis ceux qui disent on voulait le compromis et qui à la fin n'auront pas donné un échantillon de volonté de compromis, je pense que ça va se payer assez cher. Il y a un moment, ce n'est pas tout le monde à refuser le compromis. Soit il y a un compromis et on aura réussi et tant mieux pour tout le monde et chacun pourra faire sa campagne à gauche, à droite, au centre.
Mais croire que, au fond, c'est ceux qui gouvernent qui auront cherché le compromis qui seraient les premiers visés politiquement par le fait qu'il y a un échec, pardon, nous avons voté une grande partie des dispositions du PLF et du PLF.
Est-ce que ce n'est pas ça qui coince dans les discussions justement particulièrement pour le PS qui pense à cette campagne municipale ? Il dit mais on ne peut pas accepter telle et telle chose parce que nos électeurs vont nous le reprocher.
Alors, pardon, d'abord, la date des municipales était connue au mois d'octobre, elle était même connue au mois de juillet, donc ils ne peuvent pas découvrir maintenant qu'il y a un sujet municipal. Deuxième élément,
plus on s'en rapproche, plus ça devient crucial.
Oui, c'est donc pour ça qu'il vaut mieux le voter tôt que tard. Parce qu'en mois de février à un mois des municipales, je vois bien comment ça va se finir. Ça va se finir avec 6% de déficit et ça, c'est inacceptable. Je le dis parce que ça, c'est le pays court à sa ruine. Moi, je ne serai pas complice d'un pays qui court à sa ruine et notre groupe et notre mouvement ne sera pas complice d'un pays qui court à sa ruine. Il y a un point d'équilibre qu'on peut trouver. Essayons de le trouver.
Je comprends les contingences politiques, mais enfin, il me semble qu'il y a les contingences municipales et puis il y a ce qu'on reprochera à des parlementaires de ne pas avoir été fichus de se mettre d'accord dans un moment de crise. On a évoqué la guerre en Ukraine, on a évoqué les sujets économiques. C'est très bien les municipales et je serai moi-même candidat sur la liste dans ma commune. Bon, enfin, a priori. Donc, on ne va pas commencer à dire qu'on ne parle plus du budget parce qu'il y a les municipales. Enfin, je veux dire, devant les Français, on va dire ça. Moi, je trouve que ce n'est pas très...
Et vous travaillez, sur la question des municipales pour le Modem. Est-ce que vous travaillez, selon les villes, à des alliances qui peuvent aller des Républicains au Parti Socialiste ?
D'abord, point de nouveau téché, je vous rappelle que nous avions, depuis 2008, fait ce choix. Parfois mal compris. peut-être mieux compris maintenant, là où on avait des alliances de sortant avec les uns ou les autres, il n'y a aucune raison de ne pas les reconduire sauf si les choses se passaient mal. Donc, je n'ai pas de fermeture. Il y a une donnée nouvelle, me semble-t-il, pour ces élections municipales, en tout cas plus puissante cette fois-ci que les autres, c'est la question de ceux qui pourraient avoir envie de faire des alliances avec la France insoumise ou avec le Rassemblement national.
En tout cas, nous, on sera ferme sur les positions et on est capable de dialoguer avec tous ceux qui refusent le populisme et qui refusent... Ça, c'est votre ligne rouge. Oui, oui. Vous ne trouvez aucun candidat
qui fait alliance avec la France insoumise ou le Rassemblement national ?
qui refusent d'importer... Nous sommes, nous sommes paris de ceux qui refusent d'importer la radicalisation de la vie politique en lequel, jusqu'alors, la vie municipale était préservée de cette radicalité, de ces éclats de voix. C'est parfois rugueux dans les conseils municipaux, mais on était avec des responsables qui... Alors, il y avait des alternances qui essayaient de tenir un point d'équilibre. Parce que quand vous êtes conseiller municipal, pardon, 95% des sujets, c'est les sujets de la vie quotidienne. Je veux bien que ça soit d'extrême droite ou d'extrême gauche et qu'il y ait une politique LFI ou RN dans les villes, mais je n'y crois pas.
Et donc, ça, pour le coup, c'est une ligne. Or, je vois parfois des tentations ou des tendances à se dire, pour gagner, il faut accepter tout.
Donc,
LFI, par exemple ? Vous voyez ça... Marseille ? On a entendu ça à Marseille, mais on entend ça partout. C'est-à-dire qu'il y a une espèce de... Il n'y a rien d'explicite pour l'instant. Mais on ne peut pas dire simplement « Moi, mon objectif, c'est de battre LFI. Mon objectif, c'est aussi de battre le Rassemblement national. »
Donc, vous ne soutiendrez pas Martine Vassal si elle ne clarifie pas sa position vis-à-vis du Réunion ?
On va voir si c'était une erreur de langage. Mais enfin, disons que ça ne simplifie pas les choses. On va dire les choses comme elles sont. C'est pas... Comment dirais-je ? C'est un peu loin de la balle pour en parler, mais on ne peut pas justifier toute alliance au seul motif. On ne veut pas... Comment dirais-je ? Accepter LFI. Parce que c'est ni l'un ni l'autre. On n'est pas obligé de choisir entre deux radicalités, deux extrêmes et deux chaos. On n'est pas obligé.
En tout cas, nous, on préfère être dans l'espace de ce qu'on fait à l'Assemblée nationale, en particulier, puisqu'au Sénat, ce n'est pas la même configuration, de travailler avec ceux dont on estime qu'ils ont une porte, une forme de responsabilité.
À Paris, vous soutiendrez qui ?
On vous donnera les éléments avec Maude Gattel et François Bayrou quand les décisions seront prises. Ne vous inquiétez pas, ça viendra. Avant la fin de l'année ? C'est mieux, oui. J'espère. Reconnaissons aussi, mais vous en êtes témoins toutes les deux, je pense que les municipales ne sont pas encore vraiment lancées parce que l'actualité nationale vient un peu saturer l'espace politique.
Mais c'est quoi votre critère de décision pour Paris ?
C'est à la fois un critère de est-ce qu'il y a une cohérence de projet de toutes ces équipes qui sont sur la table et qui sollicitent éventuellement leur soutien. Elles veulent une alternance à Mme Hidalgo et à ses successeurs. Quelle est la meilleure configuration ? C'est ça la question qui sera se posée parce qu'à Paris, s'il n'y a pas à un moment une union, il y aura de nouveau la même gouvernance.
C'est le premier tour ? Vous souhaitez l'union ? Le mieux aurait été
ou serait, je ne sais pas dans quel sens je le mets, aurait été le premier tour.
Vous parliez de François Bayrou, il est en campagne à Pau, on le dit en difficulté.
Moi, je ne crois pas du tout. D'abord, tous les palois dont je ne suis pas, mais tous ceux que vous croisez vous disent que le bilan de François Bayrou est absolument excellent dans sa commune. C'est comme ça le critère aussi pour un maire qui repart. Pardon, est-ce qu'il a bien fait du travail pour cette ville ? Est-ce qu'il a fait rayonner cette ville ? Est-ce que la ville va mieux qu'à 6 ans ? Etc. Après, il y a les contingences nationales, c'est-à-dire ceux qui veulent mélanger, là aussi, le sujet de Pau et quel est le meilleur maire de Pau avec autre chose. Bon, mais moi, j'ai à la fois toute confiance et je sais qu'il y a beaucoup de gens qui reconnaissent à François.
Il vous parle un peu des sujets nationaux parce que là, on est très loin des économies qu'il entendait faire lorsqu'il était Premier ministre. Il est déçu.
Je le vois régulièrement, mais je ne vous dirai pas mes conversations. Mais pour l'instant, difficile de dire où ça va atterrir. Est-ce que vous et moi, on sait quel va être le déficit final ? C'est pour ça que je mets des balises. Je pense que Bayrou a eu raison d'alerter sur les risques d'une dérive, non pas pour le plaisir d'annonner budget-budget-déficit-déficit, mais parce que c'est un risque mortel pour le pays. Quand on sera à 100 milliards de remboursement des intérêts de la dette, c'est de l'argent qu'on ne mettra pas pour les services publics, de l'argent qu'on ne mettra pas pour la transition écologique, de l'argent...
Moi, s'il y a des gens qui aiment bien engraisser les rentiers de l'usure de la banque, tant mieux. Moi, je ne suis pas de ce camp-là.
Merci beaucoup, Marc Rineau. Merci d'avoir été notre invité à la une de la dépêche. Christelle, c'est Kiev, sous pression. Merci beaucoup, Christelle. On regarde ce qu'elle a à une de nos régions. Et c'est l'heure de notre reportage en région. Alors qu'on parle souvent d'engorgement des tribunaux, les conciliateurs de justice sont un bon moyen pour éviter le passage par le tribunal pour régler, par exemple, un conflit de vaginage, un problème avec un artisan ou encore un litige entre propriétaires et locataires. On va voir comment ça se passe en Vendée. Ils sont une trentaine retraités. Pour la plupart, ils endossent bénévolement ce rôle.
On regarde ce reportage de nos partenaires de TV Vendée. Il est signé Florent Vosnac. Vous avez tout rempli. Comme tous les mardis, Yvette tient sa permanence au premier étage de la mairie annexe de Saint-André-Dornay. Retraitée, elle est désormais conciliatrice de justice depuis trois ans. Une mission qui lui tient à cœur. Ce qui est important de dire, c'est que les conciliateurs ne sont pas avocats, ne sont pas magistrats ni experts juridiques. Nous ne devons pas citer la loi. Ce n'est pas notre mission. Nous sommes là pour aider les deux parties à trouver une solution et dans un litige qui les oppose. Problème de voisinage ou encore droit de la consommation.
Ce matin-là, c'est Alban qui a rendez-vous avec Yvette pour un contentieux avec un artisan.
Une procédure de justice pour aussi peu parce que la facture s'est élevée à 260 euros. L'enjeu n'en vaut pas trop la chandelle. Je me suis dit faire appel à un conciliateur de justice avant tout. Essayer de débloquer la situation pour essayer d'avancer sans la justice.
Chaque année, ce sont 1000 à 1500 demandes de conciliation de justice qui sont traitées sur le territoire du tribunal de la Roche-sur-Yon. Une coordination que gère la vice-présidente Anne Bazier. On sait qu'il y a à peu près la moitié de ces dossiers qui vont arriver à leur terme puisqu'il y a des dossiers qui vont s'arrêter. Il y a une des parties qui ne vient pas, qui ne répond pas aux appels. Sur la moitié de ces appels qui vont arriver jusqu'à leur terme, on va avoir à peu près la moitié qui vont donner lieu à une conciliation.
C'est un signe très engageant de dire vous n'avez rien à perdre à aller en conciliation et encore plus, quand les deux personnes sont devant le conciliateur, à plus de 70% on a un accord. Donc c'est dire à quel point la communication, le cadre bienveillant et sécure que procure le conciliateur est un facteur favorisant de la conciliation. Et si toutefois aucune solution n'est trouvée après conciliation, une saisie du tribunal est envisageable, vous n'avez cependant à cette étape plus la décision entre vos mains. Et Stéphane, on va regarder ensemble ce qu'elle a une de nos quotidiens régionaux et d'abord c'est la rencontre entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron c'est hier à Paris.
Paris-Kiev unis pour une paix juste, voilà le titre du quotidien breton, le Télégramme à la une de la dépêche, également on préfère plutôt parler de la mise sous pression de l'Ukraine alors que l'émissaire américain Steve Witkoff rencontre aujourd'hui Vladimir Poutine à Moscou pour parler du plan de paix de Donald Trump. Le Télégramme raconte que sur le front la Russie a réussi en ce mois de novembre sa plus grosse progression depuis un an. L'armée russe occupe 19,3% du territoire ukrainien. C'est un contexte qui met Volodymyr Zelensky sous forte pression politique et diplomatique écrit le Télégramme.
Emmanuel Macron l'a hier en retour assuré du soutien des Européens pour obtenir une paix juste et durable. Et le président ukrainien dit maintenant s'attendre à une discussion avec le président des Etats-Unis sur les questions clés, les garanties de sécurité et les questions de territoire. On va se rendre à Saint-Etienne dans quelques secondes. Saint-Etienne où le maire Gaël Perdriot a été condamné dans l'affaire du chantage à la sex tape. La chute titre le progrès ce matin après la condamnation à cinq ans de prison dont quatre fermes avec mandat de dépôt différé pour Gaël Perdriot qui n'est donc plus maire de Saint-Etienne et cette décision fait donc beaucoup réagir sur place.
Et on y va justement on vous retrouve Thibaut Rivière. Bonjour Thibaut merci beaucoup d'être avec nous journaliste à TL7 c'est la télévision locale de la Loire. Hier était donc rendu vous étiez vous Thibaut dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Lyon.
Et oui ça a été une phrase choc notamment de la juge quand elle a prononcé cette fameuse phrase monsieur vous ne pouvez plus être maire de Saint-Etienne a annoncé la présidente.
Un maire qui était très pressé en arrivant sur vos images ça allait très très vite pour aller dans la salle d'audience et puis au final le jugement a été assez rapide à partir de 9h30 on a su en une demi-heure les sanctions dans un dossier de 100 pages qui a été justifié de 100 pages une condamnation très sévère c'est ce que nous disait aussi l'avocat de la partie civile André Buffard et puis c'est surtout une sanction sévère puisque ça va au-delà des réquisitions qui ont été demandées par la procureure en septembre dernier donc c'est pour ça que ça a fait un effet un effet un peu choc aussi dans la salle on pouvait s'attendre à ce qui est de l'inéligibilité pour le maire de Saint-Étienne s'il était condamné c'était soit une peine très importante dans cette affaire assez sordide dans le rappel donc de chantage à la sextape au sein de la mairie de Saint-Étienne sur son premier adjoint donc de l'époque Gilartic donc voilà ça a été un effet un peu choc hier à Lyon
alors ça c'est l'aspect judiciaire Thibaut mais du coup on a envie d'évoquer avec vous l'aspect politique on a quatre mois des municipales qu'est-ce qui va se passer à présent ?
alors tout de suite dans un avenir très très proche ça va être plutôt le premier adjoint voilà de Gaël Perdriot donc Jean-Pierre Berger qui va prendre pour le moment on va dire l'intérim de Gaël Perdriot puisque normalement la préfecture devrait annoncer par un arrêté de la démission d'office du maire de Saint-Étienne donc ce premier adjoint Jean-Pierre Berger va pouvoir réunir le conseil municipal pour faire un nouveau vote du maire qui va donc durer jusqu'au prochain municipal en 2026 et à partir de là et bien ça sera voilà un nouveau maire comme dans toutes les villes de France qui pourra prendre la place en tout cas ce qui est important aussi à savoir c'est que Gaël Perdriot représentait dans un sondage qui avait été publié en septembre par la gauche notamment 17% des voix donc ça va aussi être des voix qui vont sûrement peut-être se redistribuer ou alors si la majorité arrive à trouver un nouveau candidat peut-être que ces voix iront vers lui mais en tout cas c'est une image aussi qui va entacher la majorité du conseil municipal qui reste majoritaire dans le conseil municipal et qui va pouvoir normalement élire un nouveau maire même si l'opposition notamment la gauche essaye de précipiter les choses en demandant à la majorité de démissionner
Merci Thibault Rivière merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis Saint-Etienne journaliste à TL7 c'est la télévision locale de la loi Stéphane on va poursuivre nous le tour de la presse régionale avec un appel à la grève peut-être suivi aujourd'hui oui journée de mobilisation lancée par la CGT FSU et solidaire contre les projets de budget du gouvernement mais le mouvement devrait être limité dans les transports et l'éducation la marseillaise mais quand même à sa une ce matin ceux qui ont décidé de faire grève même s'il y a eu des remaniements ministériels même s'il y a eu des modifications dans le budget ils restent très austéritaires voilà ce que dit Alice Richard co-secrétaire solidaire dans les bouches du Rhône elle appelle dans les colonnes de la marseillaise à mettre de l'argent dans les services publics plutôt que dans l'armée il n'y aura pas de festival de BD Angoulême cette année oui l'annonce officielle de l'annulation du festival est tombée hier et c'est à la une de la Charente Libre ce matin la société qui organise le festival 9e Art Plus a admis que sans subvention l'événement prévu normalement du 29 janvier au 1er février ne pourrait pas se tenir elle accuse les financeurs publics de s'immiscer dans la gestion d'un événement privé mais la Charente Libre rappelle les faits ce matin les nombreuses critiques et les appels au boycott des auteurs de BD et des éditeurs la société 9e Art Plus a été très critiqué l'an dernier lors du dernier festival de la BD accusation de management toxique ligne éditoriale contestée plainte d'une salariée pour viol rappelle la Charente Libre dans ses colonnes le quotidien parle même des off parle quand même des off c'est à côté du festival indépendant de l'organisation du festival de la BD ils se tiendront bien à Angoulême en janvier même si l'organisation est encore floue la BD ne sera donc pas absente des rues d'Angoulême à la rentrée on termine par un cocorico ça rigole pas la France est championne du monde de pâté en croûte oui Oriane oublions le budget le 49-3 arrêtons-nous plutôt sur l'avènement du roi hier soir couronné le roi du pâté en croûte il s'appelle Thibaut Gonzales originaire de Tuir dans les Pyrénées orientales sa recette de la gagne elle est très simple pour son pâté en croûte avec poitrine de porc magret foie de canard foie de canard des landes ils ramènent donc le pâté en croûte à la maison Oriane parce que figurez-vous que depuis 5 ans 4 titres ont été décernés à des japonais seul le parisien Frédéric Le Gouen Geoffroy avait fait exception en 2023 voilà donc les français champions du monde à nouveau de pâté en croûte et voilà ça c'est une bonne nouvelle merci Stéphane merci beaucoup on ira le déguster du coup avec plaisir vous nous le ramenez demain oui attention on est Paris merci Stéphane allez on va revenir au budget le Sénat qui poursuit l'examen du budget le budget de la sécurité sociale fait lui son retour à l'Assemblée nationale avec Sébastien Lecornu sur les bancs un compromis est-il possible c'est le thème de notre débat politique la sénatrice à l'air Dominique Estrody-Sassonne le sénateur communiste Yann Brossard vont débattre dans quelques instants d'abord les explications d'Aurélien Romano
les socialistes ont une nouvelle fois rencontré le Premier ministre hier pour tenter d'avancer vers un accord sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale qui arrive en seconde lecture à l'Assemblée le gouvernement espère encore voir les députés voter son texte comportant notamment la suspension de la réforme des retraites c'est une exigence du PS pour ne pas censurer le gouvernement et le projet de loi comporte aussi des dispositions d'économie que la gauche ne veut pas voter nous avons fait le tour d'horizon
ligne par ligne avec le gouvernement nous pouvons dire que nous progressons que nous sommes dans une approche qui peut permettre d'aboutir à un compromis nous n'en sommes pas encore là
un compromis qui doit se construire aussi avec les autres forces politiques notamment les partis de l'ex-bloc central mais peut-être également les communistes ou les verts les verts qui seront d'ailleurs reçus aujourd'hui à Matignon Sébastien Lecornu se veut plutôt alarmiste pronostiquant l'aggravation du déficit si un accord n'est pas trouvé
moi je ne suis pas là pour rassurer les gens les parlementaires ils ont du pouvoir ils sont là pour rassurer les français sur le fait qu'il y aura bien un budget
pour la sécurité sociale dans les temps 23 milliards d'euros de déficit de la sécurité sociale et s'il n'y a pas de PLFSS ça sera 30 milliards donc moi je ne suis pas un papa qui est là pour rassurer ou inquiéter les gens c'est juste qu'à un moment donné chacun doit faire son job
Le vote solennel sur le PLFSS aura lieu mardi prochain d'ici là le gouvernement doit encore convaincre les socialistes que voter ce projet de loi de finances de la sécurité sociale ne signifie pas approuver le gouvernement
Et on va en débattre avec vous Bonjour Dominique Estrelli-Sassane Merci d'être avec nous sénatrice à l'air des Alpes-Maritimes président de la commission des affaires économiques au Sénat Bonjour Diane Brossard Merci d'être avec nous sénateur de Paris porte-parole du parti communiste Il est possible ce compromis il est à portée de main En tout cas si la copie finale du projet de loi de finances de la sécurité sociale ressemble à celle qui a été adoptée par le Sénat je doute que les communistes puissent la valider parce que c'est une version qui est tellement injuste qu'elle confine à l'indécence quand vous avez mis bout à bout le gel des prestations sociales c'est-à-dire leur désindexation le gel des pensions de retraite au-delà de 1400 euros la taxation des mutuelles les apprentis qui sont mis à contribution puisqu'ils étaient jusqu'à présent exonérés de versements de cotisations sociales quand vous mettez bout à bout tout ça c'est une véritable punition qui va s'imposer aux plus fragiles aux plus modestes et il est bien évident que nous ne pouvons pas valider une copie pareille et qu'il n'en est pas question pour nous C'est une punition ?
Est-ce que la copie du Sénat elle empêche possiblement le compromis de la question de la situation ?
En tout cas au Sénat la majorité sénatoriale au moment du vote du PLFSS a souhaité prendre des mesures de responsabilité et c'est vrai que la première des mesures sur lesquelles nous n'avons pas souhaité nous renier c'est de rétablir la réforme des retraites et là-dessus pour nous c'est quelque chose qui ne peut pas faire l'objet d'un compromis puisque ça fait des années que nous disons que c'est simplement arithmétique plus la France vieillit plus longtemps plus on doit travailler plus longtemps et à un moment donné la France sera obligée d'augmenter l'âge de départ à la retraite parce qu'on voit aujourd'hui que la France met une part importante de son PIB plus que les autres pays européens dans la retraite donc pour nous c'est simplement dire la vérité aux français et faire en sorte qu'on ne fasse pas peser sur les générations futures une dette qui pourrait être colossale après ça veut dire quoi que la gauche aimant en disant qu'il y a une autre solution d'augmenter l'âge de départ alors là-dessus il y a toujours eu un clivage entre la droite et la gauche on ne le conteste pas mais c'est factuel c'est arithmétique quand la France vieillit plus longtemps et en bonne santé nous serons amenés à travailler plus longtemps après il y a d'autres mesures que nous nous qualifions de mesures de responsabilité qui ne sont pas partagées bien évidemment par la gauche mais le principal irritant pour nous était bien la suspension de la réforme des retraites à partir de ce moment-là maintenant la balle est dans le camp de l'Assemblée nationale puisque la deuxième lecture s'ouvre cet après-midi on verra ce que feront les députés et quel sera le texte qui sortira de l'Assemblée nationale avant qu'ils ne reviennent ici au Sénat mais il y a fort à parier que de notre côté on déposera a priori une question préalable donc vous ne l'examinerez pas on ne l'examinera pas et pour que ça retourne le plus vite à l'Assemblée nationale pour qu'on perde aussi le moins de temps possible si compromis est possible d'y arriver à travers ce qu'ont donc vous avez exprimé votre opposition à cette suspension mais vous la laisserez passer en tout cas de fait on laissera voir ce que le gouvernement avec les députés décidera de faire mais j'ai cru comprendre que le PS a déjà obtenu énormément de choses de la part du gouvernement sauf que je crois que le PS n'en a jamais assez et que même s'il a obtenu les principales mesures qui peuvent emporter un vote de compromis et bien il va continuer à faire monter certainement les enchères Yann Brossard d'abord peut-être sur la suspension de la réforme des retraites en tout cas je relève quand même une forme de contradiction parce que longtemps la droite nous a expliqué qu'il fallait accepter cette réforme des retraites qu'il fallait accepter de travailler plus tard pour pouvoir toucher sa retraite afin de protéger les retraités et afin d'éviter qu'on ait une baisse des pensions de retraite or là c'est la double peine puisque non seulement vous rétablissez la réforme des retraites mais en plus de cela vous gelez les pensions de retraite au-delà de 1400 euros pas pour tout le monde excusez-moi de vous le dire et vous l'admettrez pour les retraites les plus modestes et pour les bénéficiaires des prestations sociales vous l'admettrez avec moi la H et la PAS vous l'admettrez avec moi quand on est retraité et qu'on touche 1400, 1500, 1600 euros de pension on ne peut pas dire qu'on soit particulièrement fortuné et on peut même dire qu'on est au bord de difficultés sociales si on doit trouver des économies oui d'accord mais une fois de plus et là on est dans un vrai débat droite-gauche et moi je l'assume parfaitement est-ce que la responsabilité c'est de demander à des gens qui touchent 1500, 1600 euros par mois de voir leur pouvoir d'achat baisser moi je pense par exemple qu'il y a d'autres sujets qui devraient être mis sur la table par exemple les 80 milliards d'euros d'exonération de cotisation sociale sans contrepartie au profit des entreprises tout ça ce chiffre il est le fruit d'un travail d'une commission d'enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises dont 80 milliards d'euros sous forme d'exonération de cotisation sociale si on souhaite poser la question de la responsabilité il faut poser toutes les questions tout regarder et de mon point de vue il n'est pas juste de demander systématiquement des efforts aux plus modestes aux petites classes moyennes à ceux qui ont déjà du mal à boucler leur fin de mois mais ayons ce débat nous l'avons d'ailleurs d'ores et déjà en séance et on verra bien à quoi ressemble la copie finale oui j'entends bien la gauche met toujours en avant bien évidemment qu'il faut faire une réforme de la fiscalité du patrimoine taxer les plus aisés personnellement je l'ai déjà dit ici sur votre plateau je ne suis pas opposé nous nous voulons lutter contre l'optimisation fiscale par contre nous ne voulons pas d'une fiscalité de rendement et je crois que dans le budget et dans les discussions qui ont eu lieu là depuis jeudi dernier sur le projet de loi de finances nous avons montré aussi à travers par exemple la contribution des hauts patrimoines que ce que nous voulions c'était taxer tout ce qui était un productif mais par contre ne pas taxer l'investissement qui contribue à la croissance ne pas taxer aussi des ménages qui se retrouvent imposables parce qu'il y a eu une flambée des prix de l'immobilier et ce que nous reprochons aussi c'est que finalement on taxe indistinctement l'immobilier qui est productif comme les terres agricoles comme les biens mis à l'allocation et que parfois on épargne trop effectivement certaines fiscalités de patrimoine comme ça peut être le cas pour des épargnes ou encore pour des liquidités qui elles sont inactives donc on montre aussi mais d'une façon raisonnable que l'on est aussi donc bien évidemment volontaire pour arriver à une plus grande équité entre l'ensemble des français ce que je vois quand même c'est que par exemple dans le cadre des débats sur le projet de loi de finances vous avez supprimé la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises celles mais c'était une contribution exceptionnelle oui mais celles qui ont un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros comment est-ce qu'on peut d'un côté demander des efforts supplémentaires à des retraités qui ont 1500 euros de pension et dans le même temps exonérer d'efforts d'efforts supplémentaires des entreprises qui font 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires je pense quand même que les français qui regardent ça qui ont des difficultés à boucler leur fin de mois ils se disent quand même que s'il y a des gens qui doivent faire des efforts c'est pas d'abord ceux qui aujourd'hui se serrent la ceinture et ont déjà des difficultés mais bon en tout cas c'est le débat qu'on a et je suis persuadé qu'il va se poursuivre dans les jours qui viennent on a supprimé la surtaxe sur les sociétés et la contribution parce qu'elle était exceptionnelle quand elle a été votée l'année dernière c'était pour l'année 2025 donc à partir du moment où c'est exceptionnel on n'a pas considéré qu'il fallait la reconduire pour 2026 mais voilà donc ce sont des positions qui font que nous ce qu'on veut c'est d'abord et avant tout alléger la fiscalité c'est protéger l'investissement c'est orienter prioritairement l'épargne vers l'économie réelle mais c'est effectivement concentrer les efforts sur tout ce qui touche à du patrimoine ou à quelque chose qui est improductif et là effectivement on peut considérer que c'est taxé mais on en revient toujours au même sujet on augmente les taxes on augmente les prélèvements on augmente les impôts mais on ne fait jamais des coupes importantes dans la dépense publique des coupes importantes dans la dépense de l'Etat et ça effectivement pour nous c'est notre priorité mais la question n'est pas de savoir de mon point de vue si on augmente les taxes ou si on augmente les impôts mais vous passez votre temps à augmenter les taxes en l'occurrence quand vous mettez en place une taxe sur les mutuelles c'est vous qui taxez les petits géants quand on va assister au doublement des franchises médicales par décret oui mais de fait ça pèse d'abord et avant tout sur les plus modestes qui auront du mal à faire face à ces dépenses supplémentaires donc la question n'est pas de savoir si on taxe plus si on impose plus la question est sur qui porte l'effort fiscal quand on met bout à bout les mesures que vous avez adoptées de fait l'effort fiscal va peser davantage sur les petits et sur les classes moyennes moi je pense au contraire que dans un pays où les inégalités n'ont jamais été aussi élevées depuis 30 ans ce sont les dernières statistiques de l'INSEE si on veut remettre de la justice sociale il faut d'abord aller chercher du côté des ménages les plus fortunés et je pense que ce serait parfaitement légitime et que les français seraient favorables à une telle politique et qu'ils ne peuvent pas supporter qu'on leur demande toujours de faire des sacrifices supplémentaires vous savez très bien aussi que les français ne supportent plus les hausses d'impôts de prélèvements obligatoires on est aujourd'hui l'un des pays qui a le plus fort taux de prélèvements obligatoires et ça aussi on en vient aujourd'hui à des situations qui sont où on a un refus par rapport à l'impôt or l'impôt à la base permet effectivement d'arriver à un équilibre dans une société et à pouvoir faire en sorte que chacun prenne sa part mais quand c'est devenu à des niveaux tellement importants et bien nous nous pensons que d'abord la priorité c'est de réaliser des économies et je pense qu'il y a de quoi faire vous parliez de la commission d'enquête sur les aides publiques je peux vous parler de la commission d'enquête sur les organismes d'État les agences et sur lesquelles là véritablement je pense qu'il y a des économies drastiques à pouvoir accomplir bien sûr ça ne peut pas être fait tout de suite mais il faut enclencher le processus d'ores et déjà Est-ce que les économies il faut aussi les faire sur le nombre de fonctionnaires est-ce qu'il faut diminuer le nombre de fonctionnaires ?
Oui nous nous disons qu'il faut donc ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite sauf pour les fonctionnaires qui interviennent sur tous les postes régaliens voilà c'est aussi un de nos positionnements qui n'est pas nouveau qui fait partie des valeurs que nous défendons et effectivement aujourd'hui on voit combien il y a de fonctionnaires qui sont plus des fonctionnaires qui sont dans des bureaux ça ne veut pas dire que mais si il y en a à partir à la retraite ne pas les remplacer par contre effectivement sur tous les postes régaliens que ce soit d'abord et avant tout la police que ce soit bien sûr la justice que ce soit la question donc de tout ce qui touche à la fonction régalienne de l'État là nous ne sommes pas bien évidemment pour une diminution du poste de fonctionnaire mais là aussi je pense qu'il y a des économies importantes à faire Il y a des économies à faire selon nos fonctionnaires ?
Je n'y crois pas et le constat que je fais et je pense que beaucoup de Français peuvent le faire c'est qu'à chaque fois qu'on nous a dit on va supprimer des postes de fonctionnaires mais ça n'aura pas de conséquences sur la qualité du service public ça n'est pas ce qui s'est vérifié le dernier président de la République qui s'était fixé comme objectif de diminuer drastiquement le nombre de fonctionnaires c'était Nicolas Sarkozy et ça s'est traduit par 13 500 postes de policiers en moins et de fait ça s'est traduit par une dégradation de la qualité du service public de la même manière dans l'enseignement Mais là c'est hors policiers est-ce que ça c'est entendable ?
Mais à chaque fois on dit ça vous ne trouverez jamais de responsable politique qui va vous dire ouvertement on va supprimer des postes à l'hôpital on va supprimer des postes à l'école on va supprimer des postes de policiers mais à la fin ça se traduit toujours de cette manière-là la preuve lorsque Nicolas Sarkozy qui pourtant n'était pas le dernier à porter les questions de sécurité à diminuer le nombre de fonctionnaires de fait ça s'est traduit par une diminution drastique du nombre de policiers et y compris de policiers sur le terrain donc je pense que non une fois de plus on en revient au cœur de la question qui nous occupe quelle société voulons-nous ?
Est-ce que nous voulons protéger notre modèle social ? Est-ce que nous voulons préserver un niveau de services publics élevés ?
Si on répond oui à ces deux questions-là à ce moment-là il faut se poser la question du partage des richesses et donc inévitablement de l'effort fiscal à assumer pour assurer cet état social c'est le débat qui nous occupe et c'est bien légitime qu'on puisse en débattre Et c'est ce que vous dites mais pas évidemment avec le même point de vue Dominique Estrelli-Sassonne c'est qu'il faut faire des économies pour protéger notre modèle social Oui bien évidemment mais je pense que pour protéger notre modèle social il faut enclencher des réformes structurelles et aujourd'hui ces réformes structurelles ne sont pas là elles ne sont pas même pas le début du commencement d'une réforme structurelle c'est-à-dire quel est le cap que l'on veut donner à la question de l'hôpital c'est-à-dire la question du grand âge qui est une véritable question et qui nécessite une réforme structurelle et bien tout ça c'est important et c'est à partir de ces réformes structurelles que l'on pourra économiser encore mais que l'on pourra aussi rendre notre modèle social à l'équilibre ou en tout cas tendre vers l'équilibre et c'est ce que nous recherchons en tout cas c'est important de l'avoir en ligne de mire La loi spéciale et donc l'absence de budget est-elle une solution ?
C'est la question que je vais vous poser on va d'abord voir ce qu'ont dit le Premier ministre Sébastien Lecornus c'était hier Celles et ceux qui disent en revanche que l'absence de budget n'a pas d'impact mentent et d'ailleurs on l'a bien vu cette année toutes celles et ceux qui disaient mais c'est pas grave les mêmes parfois posaient des questions au gouvernement trois ou quatre mois plus tard en disant mais comment ça se fait qu'il n'y a pas de commande bon ben là ce que je veux c'est que la transparence et la responsabilité soient faites en disant on a le droit dans cette démocratie de ne pas voter le budget pas de mandat impératif on n'a pas le droit de dire que ça n'a pas de conséquences on n'a pas le droit de mentir Ça aura des conséquences s'il n'y a pas de compromis trouvé d'ici fin décembre ?
Oui mais un budget qui serait adopté et qui serait mauvais et qui imposerait des punitions supplémentaires aux Français ça n'est pas une solution non plus vous me demandez si la loi spéciale est une solution c'est pas une solution c'est une possibilité dans la gamme d'hypothèses dont le gouvernement dispose pour faire adopter un budget Marc Fénaud qui était à votre place il y a quelques minutes le président du groupe Modem il dit pourquoi est-ce qu'un PLF un budget qui n'est pas votable en décembre il serait votable en janvier ?
Bonne question en tout cas ce qui est sûr la question n'est pas de savoir si la France sera dotée d'un budget ou pas il y a moyen d'avoir un budget pour le pays la question est de savoir si c'est un bon ou un mauvais budget et c'est tout le débat que nous avons en ce moment le rôle des parlementaires et évidemment des parlementaires communistes c'est de faire en sorte que ce soit un budget qui épargne les classes populaires et les classes moyennes et qui ne leur demande pas des forces supplémentaires dans une période où on a déjà beaucoup d'injustices et beaucoup de Français qui ont des difficultés Dominique Estrevis-Sassonne est-ce que la priorité est d'avoir un budget quitte à ce que ce soit un mauvais budget ?
Alors d'abord je pense que la loi spéciale n'est pas une solution on l'a expérimentée si je dirais l'année dernière et on a vu que ça d'abord coûtait beaucoup plus cher à l'État plus de 10 milliards d'euros et puis la loi spéciale elle gèlerait bon nombre d'investissements dans bien évidemment la question de la police mais ne serait-ce qu'à quelques mois et bien ça gèle aussi des crédits pour l'organisation par exemple des élections municipales alors je pense que la priorité est effectivement que la France est un budget avant le 31 décembre ce budget vraisemblablement il ne satisfera personne il faut essayer Vous êtes prêt à faire des compromis sur ce que vous avez voté ce que vous êtes en train de voter en ce moment au Sénat il y a des choses sur lesquelles vous êtes prêt à revenir dans le cadre du PLF nous portons la discussion budgétaire nous disons où se trouvent nos priorités nous faisons voter un certain nombre de mesures puisque nous avons la majorité ici au Sénat et puis ensuite il y aura une commission mixte paritaire et je pense aussi que chacun peut faire preuve de responsabilité à ce moment-là y compris les républicains y compris les républicains peut-être je pense que sur le PLFSS il y avait ce principal irritant qui était la suspension de la réforme des retraites sur lequel nous ne voulions pas céder je vous ai expliqué les raisons pour lesquelles sur le PLF s'il y a des voies de passage je pense que nous essaierons de les trouver mais en restant raisonnables et à condition que tout le monde fasse un pas l'un vers l'autre même si un budget de compromis ne sera pas un budget qui sera satisfaisant mais qui permettra en tout cas de donner à la France une stabilité législative une stabilité politique dont nous avons quand même grandement besoin au vu de l'année 2026 qui s'ouvre et du contexte aussi géopolitique nous ne l'oublions pas Sébastien Lecornu qui a répété hier qu'il n'utiliserait pas le 49-3 c'est au parlementaire de trouver un compromis c'était une demande de la gauche est-ce que là en vous rendant compte de la manière dont se passent les débats vous dites c'était peut-être une erreur de dire non à ce 49-3 Non enfin ce qui me paraît très absurde c'est de réclamer le 49-3 après l'avoir dénoncé pendant des années nous avons toujours dit que dégainer le 49-3 a été une forme de déni de démocratie je me vois mal aujourd'hui regretter l'absence de 49-3 ce serait parfaitement incohérent j'essaye d'être cohérent et donc non je pense que c'est plutôt une bonne chose Parce qu'on a l'impression en disant l'interview de Boris Vallaud dimanche que lui il semble un peu ouvrir la porte Mais il ne vous a pas échappé que je ne suis pas le porte-parole du Parti Socialiste Donc vous n'êtes pas du tout sur la même ligne 49-3 Non mais j'ai entendu Patrick Cannaire dire plutôt qu'il n'était pas favorable au 49-3 non plus Je ne suis pas son porte-parole non plus Mais en tout cas je pense que quand on est de gauche et qu'on a réclamé que le débat parlementaire puisse être ouvert quand par ailleurs on a dénoncé l'usage du 49-3 sur la réforme des retraites on serait quand même mal placé pour aujourd'hui regretter l'absence de 49-3 Vous Dominique ?
Non moi je pense que Sébastien Lecornu a fait une erreur en abandonnant le 49-3 Maintenant effectivement je vois mal comment il pourrait revenir sur ce qu'il a promis dégainé pour que la gauche puisse être plus consensuelle plus conciliante avec lui Alors il lui reste les ordonnances mais il dit qu'il ne s'en servira pas la loi spéciale donc on voit bien qu'il y a un trou de souris et que tout le monde va essayer en tout cas le plus grand nombre vont essayer de trouver cette voie de passage pour adopter ce budget S'il n'y a pas de compromis est-ce que vous redoutez de le payer au municipal on est à 4 mois maintenant de l'élection ?
Écoutez moi je pense que ça serait effectivement dommageable parce que je pense que ça nationaliserait les scrutins municipaux et aujourd'hui les municipales restent avant tout des enjeux qui sont des enjeux locaux et donc bien évidemment qu'il y a toujours des répercussions ou des conséquences d'une politique nationale ou d'une situation nationale par rapport à des élections et des élections municipales mais là ça les politiserait encore plus fortement et je crois qu'aujourd'hui dans nos territoires on a besoin de pouvoir débattre de pouvoir échanger sur ce qui fait la vie le quotidien des personnes qui sont directement concernées par l'élection municipale dans la ville dans laquelle ils se situent La gauche peut le payer au municipal ?
Pairait quoi ?
Le fait qu'on ait un gouvernement de droite qui met en place des politiques injustes non non je pense que les français ont très bien compris qui les gouverne ils savent qui est aujourd'hui aux manettes du pays et qui conduit au fait qu'on ait des injustices qui s'accumulent les unes sur les autres non je pense que à l'occasion des élections municipales il faudra se doter demain d'équipes solides qui permettent de prendre le contre-pied des politiques qui sont menées à l'échelle nationale ce qui est mené à l'échelle nationale c'est toujours des sacrifices supplémentaires pour les petits ceux dont on a besoin à l'échelle locale c'est de services publics c'est de politiques de solidarité qui nous permettent de nous défendre d'avoir des équipes municipales qui nous défendent c'est ça le sujet des élections municipales donc bien sûr des projets locaux mais personne ne peut nier qu'il y a un contexte national qui est celui qu'on connaît et qui est marqué par des difficultés supplémentaires pour les plus fragiles Merci à tous les deux pour ce débat Merci à l'examen du budget qui se poursuit au Sénat encore toute la semaine et puis à l'Assemblée nationale qui elle réexamine à partir d'aujourd'hui le budget de la sécurité sociale on suivra bien évidemment tout ça on va terminer par l'histoire du jour c'est une note beaucoup plus légère vous allez voir on ne va pas du tout parler de budget est-ce que vous reconnaissez cette musique Dominique Estroisy-Sasson bien sûr Chantal Goya pandie sur scène rappel des faits en juin son costume a été volé à Chantal Goya son costume de panda par conséquent elle ne chantait plus cette chanson sur scène et pourtant elle avait pu compter sur la générosité de Julien Doré qui lui avait prêté son costume de panda en tout cas qui voulait le faire Chantal Goya elle a refusé visiblement les costumes de panda ça ne s'échange pas elle a refusé l'offre mais alors la bonne nouvelle c'est que donc la costumière qui a fabriqué le fameux costume en 1984 Marie-France Larouille l'a reconfectionné et donc pandie panda est de retour sur scène et on va tous avoir cette chanson dans la tête toute la journée ne me remerciez pas c'est cadeau merci
très bonne journée à demain
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Marc Fesneau