"Beaucoup de perturbations" : sur RTL, Valérie Pécresse demande aux Franciliens "de télétravailler" et "limiter les déplacements en transports"
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Thomas Soto, RTL Matin. Elle est la présidente et l'ère de la région Île-de-France, ancienne candidate à la présidentielle Valérie Pécresse, est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Valérie Pécresse. Comment s'est passée cette fête de la musique caniculaire dans la région hier soir et cette nuit ?
Écoutez, elle s'est passée très chaudement. Je pense qu'il y a beaucoup de villes qui ont préféré annuler les festivités, les décaler dans le temps, parce qu'elles avaient peur, effectivement, que ça ne se passe pas bien pour les personnes les plus vulnérables ou les plus fragiles.
Bon, on a plusieurs sujets très concrets à voir, les hôpitaux, les écoles, les transports. On va commencer par les hôpitaux. Est-ce qu'avec la semaine qui s'ouvre, caniculaire, vous êtes inquiète pour les hôpitaux d'Île-de-France et leur capacité à faire face à cette vague de chaleur ?
De toutes les façons, c'est tout le pays qui va être soumis à une rude épreuve. C'est tout le pays parce que, bien évidemment, d'abord, si je prends ma première responsabilité, les transports, nos transports vont énormément souffrir. Ils vont souffrir parce que les rails ne supportent pas une chaleur au-dessus de 50 degrés. Donc, on va avoir beaucoup de perturbations dans les transports.
Y compris, d'ailleurs, sur les RER en Île-de-France dès aujourd'hui, les transiliens ?
Oui, il va y avoir des réductions d'offres qui seront, malheureusement, en fonction des conditions climatiques, de l'état du matériel, de l'état des rails. Donc, la SNCF et la RATP adapteront leur offre en fonction des circonstances et de ce qu'elles constatent au jour le jour. Et c'est pour ça que nous recommandons, bien sûr, à tous les voyageurs qui peuvent éviter de se déplacer, de ne pas le faire. Nous recommandons à tous ceux qui peuvent télétravailler, de télétravailler. Et surtout, nous demandons à tous les voyageurs, avant de prendre les transports, de vérifier. De vérifier si leur transport est bien là, si le train va bien circuler.
Ne pas se déplacer pour rien.
Ne pas se déplacer pour rien. Et aussi, vérifier la carte des fontaines à eau, parce qu'on a 130 fontaines à eau désormais déployées sur tout le réseau. Donc, vérifier et prendre des gourdes, s'hydrater.
Bon, mais juste, quand on entend le patron de la SNCF, Jean Castex, déconseiller aux personnes vulnérables de prendre le train, on se demande, et on entendait François Langlais parler de la climatisation, si on n'a pas raté quelque chose. La septième puissance économique du monde, on dit aux gens vulnérables, ne prenez pas le train. Les rails qui se dilatent, on peut comprendre, c'est la chaleur, mais des trains pas climatisés aujourd'hui.
Alors, nous, moi, j'ai fait prendre le tournant de la climatisation à l'île de France. Il faut savoir qu'il y a dix ans, la région était dirigée par une coalition de gauche, avec des verts, qui avaient interdit d'acheter des bus climatisés. Parce qu'à l'époque, la croyance... Enfin, d'abord, parce que les bus étaient diesel à l'époque. Et donc, la croyance était que la climatisation augmentait, effectivement, la consommation de carburant carboné.
En vrai, c'est 12% de plus des émissions de gaz à effet de serre, la clim.
Ça représente 12% des émissions. Absolument. Mais moi, j'ai fait l'inverse. C'est-à-dire que j'ai acheté des bus décarbonés et j'ai mis la climatisation dedans. Donc, nous avons aujourd'hui 1 600 nouveaux trains qui ont été commandés depuis dix ans. Ces 1 600 nouveaux trains, ils sont climatisés. Ils sont climatisés. Il y a dix ans, vous rouliez, vous alliez à Montreau, vous alliez à Nemours, vous rouliez dans des petits gris. C'est-à-dire dans des cubes d'aluminium où ils faisaient une chaleur épouvantable. Le problème, c'est que la climatisation dans les transports, c'est une climatisation douce. Et c'est une climatisation qui n'est pas capable d'absorber les heures de pointe à 40 degrés.
Non, ça, ça n'est pas possible.
Donc, la consigne est très claire. Aujourd'hui, quand on peut, on évite de prendre les transports en commun.
Enfin, il y aura des bouteilles d'eau qui seront distribuées. 400 000 bouteilles d'eau dans une centaine de gares par les agents de la SNCF et de la RATP.
Vous parlez de climatisation. Marine Le Pen réclame un grand plan de climatisation pour les transports, les établissements scolaires, les hôpitaux. Est-ce qu'il faut accélérer sur ce plan de climatisation aujourd'hui ?
Alors, ce que nous allons voter cette semaine, c'est la révision des aides régionales aux communes. Parce qu'en fait, c'est les communes qui sont en première ligne pour la climatisation. Et, j'allais dire, la ventilation de la ville, la respiration de la ville. Donc, cette semaine, nous voterons ce qu'on va appeler un contrat vert et bleu. Le contrat vert et bleu pour les communes, c'est jusqu'à 500 000 euros pour faire tous les travaux d'adaptation au réchauffement climatique. Parce qu'il y a la climatisation, mais il y a aussi l'isolation. Il y a aussi, parce que quand on est dans une passoire thermique, il fait chaud. Même si mettre la clim, ça ne résout pas forcément tous les problèmes.
Il faut aussi mettre des fontaines, il faut mettre de l'eau, il faut remettre de l'eau dans la ville. Dans quel délai il faut faire tout ça ? On a déjà commencé. Le plan d'adaptation au réchauffement climatique de la région, ça fait des années qu'on le met en œuvre. On a déjà réouvert 1000 hectares d'espace vert pour faire des îlots de fraîcheur. On a une carte, d'ailleurs, interactive en Ile-de-France, de tous les endroits où les Franciliens peuvent se rendre pour se rafraîchir. Donc ça, c'est très important. Ils peuvent la consulter sur Internet. Si chez eux, il fait très chaud, ils ont la liste des points où ils peuvent se rendre pour se rafraîchir.
Vous dites que vous avez débloqué un fonds pour aider les communes à s'adapter. On a l'impression que le problème du changement climatique, c'est qu'on s'affole quand on a un pic de chaleur et que tout le monde ou presque s'en fout à marée basse, à commencer par les politiques. Il y a quelques semaines, le gouvernement a renié sur le fonds vert, celui qui permet d'aider les collectivités territoriales, précisément dans leurs investissements sur la transition écologique. Est-ce que ça, c'est une faute politique ?
Alors, 75% des investissements de lutte contre le réchauffement climatique sont portés par les collectivités locales parce que c'est de la proximité, c'est de l'hyper-proximité. C'est changer la ville, changer les services publics. Donc quand l'État nous retire de l'argent, il commet une faute majeure. Parce qu'en fait, il rogne sur la transition écologique qui est indispensable. J'étais ministre de la Recherche, vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais à l'époque, il y avait des climato... Pourquoi hélas ? C'était un très bon moment pour la recherche française. On a énormément mis de moyens sur la recherche à ce moment-là.
Et notamment, j'avais saisi l'Académie des sciences contre les climato-sceptiques pour faire reconnaître l'impact du réchauffement climatique et l'impact de l'activité humaine sur le réchauffement climatique et son existence. Et aujourd'hui, la région Île-de-France dépense 1 euro sur 2 pour la transition écologique de la ville. Donc non, on n'a pas renoncé, mais l'État ne peut pas se désengager.
L'État ne peut pas se désengager. 845 écoles et collèges seront fermés aujourd'hui. 1800 autres établissements vont aménager leurs horaires. Quelle est la situation dans les lycées qui relèvent de la compétence de la région ?
Absolument. On a débloqué 1 million d'euros d'aide. Juste là ? Oui, parce qu'on pensait que la canicule n'allait durer qu'une semaine. Quand on a vu qu'elle se prolongeait et qu'on sait qu'on a tous les euros du bac à faire passer dans 500 centres d'examen, nous avons en urgence, et avec l'accord de l'Éducation nationale, débloqué 1 million d'euros pour que tous les lycées puissent s'équiper en ventilateur, en brumisateur. Nous réglerons sur facture dès cette semaine. Et nous réglerons sur facture. Ils ont carte blanche pour s'équiper des équipements qu'ils peuvent trouver, parce qu'évidemment, aujourd'hui, le problème, c'est que tous les magasins sont dévalisés.
Mais ils ont carte blanche et nous rembourserons sur facture.
On ne leur demandera aucune justification. Et dans le même temps, on lit dans le Parisien ce matin, que dans le 13e arrondissement de Paris, des parents voulaient donner des ventilateurs à une école, une école élémentaire. Refus catégorique de la direction et du rectorat pour des questions de normes, Valérie Pécresse.
Écoutez, les bras m'en tombent et je ne sais plus quoi dire. On est aujourd'hui dans un pays où on a perdu tout bon sens. On a perdu le sens de la mission de service public et on l'a remplacé par le respect des procédures. Ça se voit dans l'exemple que vous citez, mais ça se voit de manière absolument criante et désespérante dans la tragédie de la petite Liana il y a quelques semaines ou dans les drames du périscolaire à Paris. Enfin, je veux dire, la priorité du service public, c'est le service au public. Ce n'est pas de respecter les procédures et des normes, surtout dans une période aussi difficile que celle que nous allons vivre cette semaine.
Alors, certains politiques font des propositions. Marine Tondelier, la patronne des Verts et candidate à la présidentielle, propose un congé payé climatique de 5 jours par an. Ils ont même lancé les Verts une pétition hier. Est-ce que c'est une bonne idée, ça, de dire, ben voilà, quand les écoles sont fermées, quand on ne peut pas aller travailler, on a droit à 5 jours par an ?
Évidemment, quand il y a des canicules à 40 degrés, il y a des tâches qui ne peuvent pas être faites. On ne peut pas aller envoyer un ouvrier sur un chantier par 40 degrés à l'extérieur, ça n'est pas possible. Ça, c'est du bon sens. Et d'ailleurs, aujourd'hui, ils n'y vont pas. Toutes les entreprises, toutes les administrations doivent s'adapter, évidemment, pour préserver l'humain. Mais arrêtez les fausses promesses. Le pays ne va pas s'arrêter de tourner. Donc, les premières lignes, ils ne seront pas en congé. Nos soignants, ils vont devoir aller travailler. Et nos essentiels vont devoir être à leur poste. Donc, il faut arrêter les fausses promesses.
Fausse promesse. Bruno Retailleau lui a promis une écologie de droite qui offrira tellement plus de résultats. C'est quoi une écologie de droite ? C'est de droite ou de gauche, l'écologie ?
Oui, c'est une écologie des solutions. Je vous parlais tout à l'heure de cette idéologie anticlima. Cette idéologie anticlima, elle nous a fait prendre 10 ans de retard dans la climatisation des bus. Parce que pendant 10 ans, on les a achetés.
Ce qu'on vit là aujourd'hui, c'est la faute des verts, en fait.
Non, ce que je dis, c'est que quand on fait de l'écologie, il ne faut pas faire de l'idéologie. Quand on fait de l'écologie, il faut chercher la solution aux problèmes qu'on a devant soi. Et la technologie, l'innovation, sont aussi des réponses à l'urgence écologique.
Il n'y a pas que la décroissance. Vous étiez au meeting de Bruno Retailleau samedi. Ça veut dire que pour vous, c'est acquis, c'est définitif. C'est lui le candidat de votre famille politique pour l'année prochaine ?
Aujourd'hui, il est le candidat légitime des Républicains. Il a été désigné légitimement. Il a une parole forte et des choses fortes à porter. Moi, je ne sais pas si vous avez écouté son discours, mais ce qu'il a dit sur l'intelligence artificielle et la nécessité de préserver l'homme, l'humain, dans un monde qui risque de nous échapper, c'était des paroles extrêmement fortes qu'on attend aujourd'hui dans cette campagne. Il est assez étanche avec l'extrême droite. Vous qui avez toujours été la tenant d'une ligne totalement étanche.
Mais de toutes les façons, la droite républicaine, elle est aujourd'hui le rempart entre une gauche qui se mélanchonise et le Rassemblement national, l'extrême droite. La seule question, M. Soto, celle que vous me posez en filigrane, et je l'entends, c'est que, bien sûr, si on veut échapper à cette tenaille LFIRN, il faudra un seul candidat, il faudra se rassembler. Et oui, je le crois, il faudra se rassembler.
Dernière question, rapidement, vous évoquiez le drame de ce qu'on appelle tristement l'affaire Liana. Le rapport des inspections générales de la justice et de la gendarmerie sera rendu aujourd'hui. Il va sans doute parler de dysfonctionnement, d'erreurs individuelles. Quels enseignements devra-t-on tirer de tout ça ?
Le drame de Liana, c'est le drame de trop. C'est le drame de trop, c'est le drame qui bouleverse tous les Français, qui bouleverse tous les parents, et qui montre qu'il y a un problème systémique dans notre pays de violences sexuelles aux enfants. Un problème systémique. Ça veut dire que, oui, s'il y a eu des fautes individuelles, il faudra des sanctions, et des sanctions individuelles. Mais quand ça dysfonctionne à tous les étages, M. Soto, à tous les étages, ça veut dire qu'il y a un problème de système. Ça n'est pas possible que l'enfant ne soit pas au cœur des priorités du service public.
Donc il ne faudra pas se contenter de responsabilités individuelles ?
Mais bien sûr que non. Il faut repenser tout le système. Il faut une loi à 360 degrés. Regardez ce qui se passe dans le périscolaire à Paris. Ça aussi, c'est un scandale. Donc, on n'a pas mis l'enfant au cœur de nos politiques. Où est l'éthique de service public ? C'est une refondation totale du service public qu'il faut envisager. Et arrêter de respecter des procédures au lieu de penser à l'homme qui est derrière ces procédures.
Merci Valérie Pécresse, vous êtes venu ce matin sur l'atel. Vous ne pouvez pas rester avec nous pour...
Valérie Pécresse