De Ryad à Paris, l’offensive Macron #cdanslair 10.11.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 27 %Attaque 30 %Défensif 43 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 59 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:18OuverteRéponse partielle
La une du magazine Time, Yves Tréard, c'est quoi ? C'est comme un Oscar ou un prix Nobel ?
- 3:48OuverteRéponse partielle
Le titre est un peu trompeur. C'est un peu ironique, c'est un peu moqueur, c'est quoi d'ailleurs ?
- 6:22OuverteRéponse partielle
Diriger la France, il y arrive pour l'instant, Bernard Salamès ?
- 8:20OuverteRéponse partielle
Cette une, elle ne montre pas aussi qu'au fond, on a le sentiment parfois qu'ils s'intéressent plus à l'international qu'à la situation intérieure ?
- 14:17OuverteRéponse partielle
Qu'est-il allé faire en Arabie Saoudite ? Yves Tréhard, est-ce que ça s'est vraiment décidé à la dernière minute ?
- 17:30OuverteRéponse partielle
Ça a servi à quelque chose, cette escale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30PrésentateurFait
« Le président imprime sa marque et devrait être le prochain leader de l'Europe. »
- 0:43PrésentateurChiffre
« 50% estiment qu'il est trop tôt pour juger son action, selon l'institut Elab. »
- 1:06PrésentateurFait
« Les ministres ? Une armée d'inconnus pour l'opinion publique. »
- 1:13PrésentateurFait
« Ce qui exaspère Emmanuel Macron. »
- 7:53InvitéChiffre
« Près de trois quarts des Français considèrent que le pays est en déclin. »
- 11:07InvitéFait
« Il a une faculté d'arranger les choses peut-être excessives par rapport à la réalité. »
- 24:25InvitéChiffre
« 38% des Français font confiance à Emmanuel Macron pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays. »
- 26:53InvitéChiffre
« Il y a un électorat qui est coupé en deux, l'électorat de François Fillon, 50% pour faire simple de confiance, 50% de pas confiance. »
- 29:55InvitéChiffre
« 53% « il fait de la politique autrement ». »
- 30:40InvitéFait
« Il a l'avantage d'être nouveau, mais effectivement, par définition, ça ne peut pas durer. »
- 31:34InvitéFait
« Il n'a pas du tout apprécié ces petites phrases distillées sous couvert d'anonymat ciblant tel ou tel ministre. »
- 31:55InvitéFait
« Colère d'Emmanuel Macron. »
- 46:23InvitéFait
« Emmanuel Macron lui-même avec ses expressions « les feignants, le bordel ». »
- 49:24InvitéFait
« Les procès sur la personnalité des uns et des autres ne mènent à rien. »
- 51:04InvitéFait
« Ils vont se diviser, de toute manière, ça y est, c'est déjà acté. »
- 51:53InvitéFait
« On va revenir vraisemblablement finalement à une situation hantée qui précédait 2002. »
- 56:30InvitéFait
« on revient quand même à une forme bonapartiste de la droite »
- 57:29InvitéFait
« il entretenait des relations assez étroites avec le prince Salman »
- 59:00InvitéFait
« c'est là où on achète de l'armement »
- 59:31InvitéFait
« il ne prend pas partie parce qu'il ne prendra jamais partie »
- 1:00:31InvitéFait
« il était en Egypte »
- 1:01:10InvitéFait
« ceux qui ont été mis en avant le premier ministre les deux ministres de Bercy sont plutôt dans le et droite et gauche »
- 1:02:37InvitéChiffre
« le sondage ce matin d'Odoxa est assez dur »
- 1:03:09InvitéFait
« Macron veut dépolitiser leur exercice du pouvoir »
- 1:03:37InvitéFait
« ils souffrent aussi de ne pas avoir eu l'exposition de la campagne électorale »
Temps de parole
- Invité44 %
- Invité 224 %
- Présentateur13 %
- Invité 38 %
- ?4 %
- Invité 43 %
≈ 23,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Une fois de plus, Emmanuel Macron joue son vatou sur la scène internationale. Après avoir inauguré le Louvre à Abu Dhabi, le chef de l'État a effectué une visite surprise en Arabie Saoudite hier soir. Une escale de deux heures à Riyad pour rencontrer le prince héritier Mohamed Ben Salman en pleine crise diplomatique avec l'Iran. Le président imprime sa marque et devrait être le prochain leader de l'Europe. C'est le prestigieux magazine américain Time qui l'affirme en une. Une consécration pour le chef de l'Élysée. A une condition, ajoute le journal, qu'il arrive à diriger la France. Justement, ça fait six mois qu'il est au pouvoir.
Qu'en pensent les Français ? 50% estiment qu'il est trop tôt pour juger son action, selon l'institut Elab. Et un tiers se disent déçus, pas vraiment un plébiscite. Déception aussi pour le gouvernement, jugé sévèrement par une autre enquête, d'Odoxa, les ministres ? Une armée d'inconnus pour l'opinion publique. Des ministres de surcroît ? Bavard. Ce qui exaspère Emmanuel Macron. Le chef de l'État a passé un savon aux membres du gouvernement cette semaine et leur interdit désormais le off. Les petites phrases dans la presse. On en parle avec nos invités ce soir. Yves Tréard,
vous
êtes directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Dans le numéro paru aujourd'hui du Figaro, c'est E1. Macron exhorte ses ministres à mieux défendre sa politique. Et ce sondage, selon lequel les ministres d'Emmanuel Macron resteraient des inconnus pour l'opinion publique. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes chef des services politiques de France Télévisions. Béatrice Houchard, vous êtes journaliste à L'Opinion, auteure du livre Le fait du prince. Petit et grand caprice des présidents de la Ve République.
C
'est aux éditions Calman Levy. Bernard Salanès, politologue, président des labs, cabinet d'études et de conseils. Et donc, je rappelle ce sondage sur les six premiers mois d'Emmanuel Macron. On va en parler ce soir, bien sûr, selon lequel la moitié des Français estiment qu'il faut attendre avant de juger le président. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci beaucoup de participer à cette émission. Nous attendons vos questions par SMS et Internet. La une du magazine Time, Yves Tréard, c'est quoi ? C'est comme un Oscar ou un prix Nobel ?
C'est une sorte d
'aboutissement ? C'est jamais déplaisant, surtout après six mois de pouvoir.
C
'est quand même pas mal. Mme Merkel avait déjà eu les honneurs de ce magazine. Ce qui est sûr, si vous voulez, c'est qu'il y a évidemment un espace pour Emmanuel Macron puisque on voit qu'aux États-Unis, il y a un Donald Trump qui n
'est
pas quand même très apprécié du monde entier. Il a une popularité certaine dans son pays. En face, il y a Poutine. Et Poutine n'a jamais eu une grande cote non plus sur le plan international. Et puis,
il
y a Xi Jinping. Xi Jinping, on ne
veut
pas dire que ce soit un modèle de démocratie. Donc, restent des Européens. Mme Merkel, certes, a été réélu, mais n'a pas été réélu avec la même popularité que par le passé. Et donc, eh bien, dans une Europe qui se cherche, dans une Europe qui est quand même très fatiguée, elle aussi, eh
bien,
vous avez un jeune homme. Un jeune homme qui a été élu contre toute attente et qui se dit résolu, justement, à prendre la tête de la communauté internationale pour essayer de régler les sujets les uns après les autres. Donc, il se multiplie, je dirais, sur la scène internationale. Il a raison. Il y
a
un espace. Personne ne l'occupe. Puisqu'on voit bien qu'America's first, ça, c'est le slogan du président américain, donc il défend ses intérêts. Alors que lui, le président Macron, veut non seulement défendre les intérêts de la France, mais aussi montrer qu'on peut être un messager de la paix. Et c'est ce qu'il essaye de faire actuellement.
Nathalie Saint-Cricq, bon, le titre est un peu trompeur.
Oui, parce qu'il y a l'astérisme. Voilà. Il y a l'astérisme. C'est comme dans les
contrats d'assurance, il y
a
ce qu'on voit, et puis il
y a
l'astérisme en bas.
Oui, le prochain leader de l'Europe, si seulement il arrive à diriger la France, c'est quoi d'ailleurs ? C'est un peu ironique, c'est un peu moqueur,
c'est un peu vache
? Vache non, c'est réaliste. C'est-à-dire qu'il y
a
effectivement une espèce d'engouement pour lui, comme disait Yves, c'est-à
-dire
ce jeune homme, 39 ans quand même, mais cette espèce de fraîcheur, de vent de fraîcheur, au bon sens du terme, qui peut être reconnue par un certain nombre de pays européens, c'est un phénomène. Aux États-Unis, ce n
'est
pas très étonnant que le style Macron s'applaisse, parce qu'il a quand même tous les ingrédients pour pouvoir être apprécié, si ce
n
'est par la population du mois pour les journalistes, donc c'est un petit phénomène. Et puis après, il y
a
quand même un doute sur sa capacité à faire avancer les choses, parce que dans le fameux papier, à l'intérieur, il
y
a aussi l'inquiétude sur la grogne sociale, c
'est-à-dire
pour l'instant, ils ont l'impression de dire que la grogne sociale, elle est relativement mise entre parenthèses, mais il y a quand même une sorte de doute. Et de toute façon, Emmanuel Macron le sait très bien lui-même, il l'a formulé, il l'a formalisé, il l'a dit, c'est-à-dire, on va voir, et d'ailleurs c'est ce qu'il y
a
dans les enquêtes, c'est qu'on l'attend au tournant, et il lui se donne un certain temps, six mois, un an, un temps long pour faire ses preuves. Donc c'est une une qui est à la fois ironique, relativement bienveillante quand même. Et l'intérieur du papier est assez bienveillant, et c'est totalement conforme à ce que je pense que les Français ressentent. Un mot sur la photo
? Ça va
si je le trouve beau ?
Non, mais
il
y
a un côté comme ça, bon, c'est jamais anodin quand même.
C'est une photo qui montre quelqu'un qui est dans le clair-obscur quand même, qui sort de l'ombre, et c'est quelqu'un aussi qui...
Qui
voit loin. Qui essaye de se voir loin, c'est ce qu
'ils
veulent exprimer en tous les cas. C
'est
un
peu
de cinéma aussi,
un peu.
Oui, un peu de cinéma.
C
'est son objectif.
C'est
ce
qu'il sait
faire aussi.
C'est
ce
qu'il sait faire aussi.
Béatrice
Ouchars.
Il a fait du théâtre d'ailleurs,
au
lycée.
C
'est son objectif, être le patron de l'Europe, incontournable
en Europe.
En tout cas, occuper une place que personne n'occupe vraiment. C'est vrai qu'Angela Merkel est
plutôt,
même si elle a été réélue chancelière, mais plutôt affaiblie par le résultat de ses élections, et de prendre la place que François Hollande n'a pas été capable d'occuper pendant les cinq ans. C'est-à
-dire
de prendre le leadership, d'être à l'initiative et de s'affirmer comme le patron de l'Europe. Je dirais que par rapport à François Hollande,
ce
n
'est
pas très difficile, étant donné ce qui s'est passé pendant ces cinq années. Donc oui, il essaie. Et avec
une
France qui, par rapport à l'Allemagne, a des atouts, puisqu'elle est au Conseil de sécurité de l'ONU et forces nucléaires, ce que n'est pas l'Allemagne. Donc il y
a
un poids traditionnel aussi de l'intervention française sur le plan international et sur le franco-allemand, évidemment.
–
Diriger la France, il y arrive pour l'instant, Bernard Salamès ?
–
En tout cas, pour l'instant, il n'a pas eu d'obstacle,
enfin, il a réussi à surmonter les premiers obstacles. Alors on verra si c'était les plus difficiles ou si c'était les plus faciles. Moi, j'ai tendance à penser que la réforme du Code du travail était en termes d'opinion. Je ne parle pas en termes de négociations avec les syndicats. Sans doute que le sujet de l'assurance chômage est plus compliqué. Mais en termes d'opinion, c'est un sujet extrêmement fort. Et il a réussi, au prix de points d'impopularité quand même, engrangé pendant l'été contre cette réforme, mais il a réussi à faire passer cette réforme qui donc va s'installer comme un des marqueurs du quinquennat.
Mais le codicil de Time, il est quand même important parce qu'il dit aussi au président Macron, pas d'arrogance, avant de venir vouloir être le leader de l'Europe, voilà, il faut faire vos preuves en quelque sorte. Vous n'êtes là que depuis six mois, faites vos preuves et on en reparlera un peu plus tard. Et l'opinion
entend
un peu ce sujet-là. Vous avez rappelé ce 50% des Français considèrent qu'il est trop tôt pour juger. C'est incontestable. Il y a cette attente. Ensuite, il y a cette insatisfaction parce que 50% juge qu'il est trop tôt, mais plus d'un tiers sont mécontents.
C
'est ça le deuxième chiffre. Maintenant, on ne peut pas exclure quand même que cette une dont on a beaucoup parlé ait un impact. Et un impact en France auprès de
l
'opinion publique. Pourquoi ? Parce qu'il y a, et on le sait depuis plusieurs années, et ça, ça n'a rien à voir avec l'élection d'Emmanuel Macron, il y a un sentiment du déclin français. Près de trois quarts des Français considèrent que le pays est en déclin. Déclin qui a une double composante. Le déclin collectif, le déclin du pays et le déclin individuel.
Et
c'est vrai que le fait que l'image de la France ait pu changer depuis six mois, ça peut agir sur le sentiment du déclin collectif. Pas encore, bien sûr, sur le sentiment du déclin individuel. Même s'il y a des indicateurs de reprise, les Français considèrent toujours que la situation économique reste très difficile pour eux. Mais
cette une, elle ne montre pas aussi qu'au fond, on a le sentiment parfois qu'ils s'intéressent plus à l'international qu'à la situation intérieure ? C
'est-à-dire que
parfois on peut avoir cette impression, effectivement, surtout quand on voit qu'il donne des interviews au Spiegel, qu'il donne des interviews à tout le monde, et que les seuls, bon, il y a eu la grande interview à TF1, et qu'en gros, il est relativement moins d'Isère avec les Français. Mais à côté de ça, la fierté, comme disait Bernard,
qu
'on peut avoir, c'est quand même plus agréable d'avoir un président qui présente bien, comme on dit, qui est capable de parler anglais. Parce que quand on entend l'interview, d'avoir quelqu'un qui est capable, qui a cette espèce d'agilité dans toutes les langues, donc c'est plutôt flatteur pour nous, plutôt que d'avoir quelqu'un qui serait un peu empoté, pas capable de faire deux phrases dans une langue étrangère, et qui n'aurait peut-être... Alors, il y a de la mise en scène. Quand il fait son discours à Athènes, il est entouré, il est derrière devant l'acropole, et il a ce sens de la communication, on l'a vu, dès l'investiture, quand il a remonté les champs en commande-car.
Mais c'est quelque chose qui, quand même, est plutôt flatteur pour les Français, même si les Français ne sont probablement pas dupes de ce qui est la communication,
et
de ce qui est très maîtrisé et très calculé. Et il
y
a toujours cette petite idée aussi d'arrogance. Vous parliez de la photo tout à l'heure, il y a le côté martial, il y a cette façon de se présenter, et il y a tout le temps une espèce de petit soupçon du « non pas je suis le plus fort, je suis le plus grand, mais rien ne m'arrête ». C'est-à-dire, y compris l'Europe, je suis le maître de la France, et je pourrais être aussi le maître de l'Europe. Et c'est toujours sur cette ligne de crête qu'il faut faire attention.
Je
rejoins juste, Nathalie, sur un point. L'anglais, ce n
'est
pas anecdotique. On avait fait, avant la campagne, un portrait robot des qualités personnelles attendues par le Président. Je ne parle pas des qualités politiques. Et le premier prérequis, pour reprendre un terme à la mode, attendu par les Français, c'était qu'il s'exprime en anglais. Donc ça fait partie du statut, ça fait partie du job, en tout cas, dans l'opinion.
Au point que c'est salué dans l'article de Time. Cette aisance bilingue est saluée par nos confrères du magazine américain. Programme chargé pour Emmanuel Macron en visite dans le Golfe cette semaine, au menu inauguration du Louvre à Abu Dhabi, négociations de contrats commerciaux, mais aussi une visite surprise en Arabie Saoudite. Le Président a profité des tensions qui secouent le Royaume pour s'imposer sur le front diplomatique dans la région, alors que, on le disait à l'instant, le magazine Time lui consacre ça une. Myriam Zéard.
Le
futur leader de l'Europe,
c
'est la une du prestigieux Time Magazine qui consacre un portrait au président français cette semaine. Un titre élogieux, mais en y regardant de plus près en bas à droite,
le
magazine estime qu'il faudrait d'abord qu'il arrive à diriger la France.
Dans
une vidéo mise en ligne par les domadaires, Emmanuel Macron joue la carte de la modestie.
Je
ne veux pas être le leader de l'Europe, ça n'a pas de sens.
Je
veux être l'un de ces leaders, de cette nouvelle génération de leaders, totalement convaincus que notre avenir est européen. Parmi les sujets abordés,
l
'Europe donc, ou encore sa relation avec Donald Trump,
le
président américain, grand amateur de Twitter, auquel Emmanuel Macron donne au passage une petite leçon.
Je
ne tweet pas moi-même et je ne suis pas les gens personnellement sur Twitter parce que ce n'est pas compatible avec la distance dont vous avez besoin pour gouverner et présider. Présider et même s'imposer comme un champion de la diplomatie. Emmanuel Macron s'y est attaché ces deux derniers jours. Arrivé mercredi à Abu Dhabi pour inaugurer le Louvre, le président français accueilli par le prince héritier fait de cette visite officielle une occasion de parler terrorisme et stabilité dans la région.
Le
lendemain, c'est d'ailleurs en chef de guerre qu'il s'adresse aux troupes françaises basées aux Émirats.
Nous
avons gagné à Raqqa.
Et
les prochaines semaines et les prochains mois,
je
le crois profondément,
nous
permettrons de gagner complètement sur le plan militaire dans la zone irako-syrienne. Mais il n'en sera pas terminé pour autant de ce combat. Pendant cette visite de deux jours,
le
président français va également se risquer à parler religion.
A
Dubaï, quelques heures plus tard, il va évoquer la loi française de 1905 à demi-mot
comme
un modèle en terre d'islam.
Je
sais qu'il y a aujourd'hui des dirigeants
de
cette région, et en particulier ici,
qui
veulent une séparation claire entre
le
gouvernement des hommes
et
la religion des hommes,
qui
refusent
de
tomber dans la crise que vit aujourd'hui l'islam
et
qui refusent le travestissement de ce qui est leur religion comme
être
libre
en
une logique
de
destruction
mortelle
et de terrorisme.
La
visite officielle aurait dû s'arrêter là,
mais
au cours de la conférence de presse, à la surprise générale, Emmanuel Macron décide de prolonger son voyage de deux heures direction Riyad, en Arabie Saoudite. Emmanuel Macron bouscule son agenda
pour
cet homme, l'ambitieux prince héritier Mohamed Ben Salman.
Au
menu des discussions, les
tensions entre l
'Arabie Saoudite et l'Iran, un conflit qu'Emmanuel Macron a l'ambition d'apaiser.
Avec
cette rencontre, le président français continue, même s'il s'en défend, de renforcer sa position de leader sur la scène internationale.
Alors,
qu'est-il allé faire en Arabie Saoudite ? Yves Tréhard, est-ce que ça s'est vraiment décidé à la
dernière minute ? Oui, ça s'est décidé à la dernière minute, certainement. Et puis, là, il
y
a de l'opportunisme, si vous voulez. Comme sur tout ce qu'il fait, il ne
faut
pas se le cacher, l'opportunisme est un mot clé de son action. Alors, il y a des choses qui sont réfléchies, ce qu'on a dit tout à l'heure en présentant le fait qu'il voulait être un des figures montantes du monde. Ça, il l
'a
réfléchi, parce qu'en fait, il veut faire la même chose sur la scène internationale que ce qu'il fait sur la scène nationale. Le monde est en ruine et il y a peu de leaders. Alors, après, son voyage. Son voyage dans les Émirats a été prévu et il a eu, je dois dire, une action en allant à Riyad qui est tout à fait étonnante, puisqu'il faut situer le contexte pour comprendre. Riyad, il y
a
eu une révolution de palais qui s'est produite ce week-end, où le prince Ben Salman, qui est l'héritier, a fait emprisonner une bonne partie de la classe politique, beaucoup d'hommes d'affaires, en gros, pas loin de 200 personnes qui ont été embastillées pendant ce week-end-là. Deuxième chose, l'Arabie saoudite voit d'un très mauvais œil la montée dans la région moyenne orientale de l'Iran. L'Iran qui est l'allié de la Syrie et qui est l'allié aussi du Hezbollah libanais qui occupe le sud du Liban. Et donc, là, il s'est dit qu'il avait un coup à jouer, le président de la République. Pourquoi ?
Pour essayer d'être le médiateur entre l'Iran et l'Arabie saoudite, qui se déteste parce que ces deux pays, si vous voulez, revendiquent le leadership de la région.
Et
la deuxième chose, c'est que le Liban, ce n
'est
pas du tout anodin pour la France. D'abord,
c
'est un pays qui est en grande partie francophone. C'est un pays qui est habité par 40% de chrétiens. Les chrétiens d'Orient sont principalement au Liban. Et c'est un pays qui peut très vite être balayé par, si vous voulez, des mouvements militaires dans la région. Donc, la France, elle a un attachement, je dirais, ancestral vis-à-vis de ce pays. Et donc, il fallait qu'il se pose là en médiateur, d'autant que le Premier ministre libanais
est
en résidence surveillée
à
Riyad.
Il
est
en résidence
surveillée, pourquoi ? C'est M. Hariri, qui est le fils de celui qui a été tué il y
a
quelques années, sur les ordres, d'ailleurs, vraisemblablement de Bachar el-Assad, enfin, du père de Bachar el-Assad, Afez el-Assad. Et M. Hariri, Rafiq Hariri, le fils, eh bien, est accusé... Sade. Sade Hariri, est accusé, pardon, par Riyad, eh bien, d'être un peu trop proche, justement, des Iraniens, d'être un peu trop proche du Hezbollah iranien, qui est un bras armé au Liban de Téhéran. Et donc, eh bien, il a quelque chose, il a une carte à jouer, là, si vous voulez. Et puis,
il
y a
une
dernière chose, c'est que l'Arabie, c'est des intérêts énormes. Ce sont des intérêts économiques énormes pour la France.
OK, mais bon, ça reste deux heures, Béatrice Souchard, qu'est-ce que c'est ? C'est de l'agitation diplomatique ? Ça a servi à quelque chose, cette escale ?
Ça n
'est pas
sûr, c'est effectivement du symbole. Ça m'a rappelé un peu Nicolas Sarkozy partant en Géorgie, en Ossétie du Sud, l'été où il y avait eu l'invasion de l
'Ossétie du Sud, où il
était tout de suite parti et était revenu en disant, ça y est, grâce à moi, la paix règne sur la région. Là encore, ce n'était pas aussi simple que ça, mais ça s'apparente un petit peu à cette réaction-là. Il y
a
un problème, j'y vais. Il y
a
aussi ce qui s'est passé au Yémen avec le missile qui a été intercepté, parti du Yémen. Et le soupçon de tentation guerrière du nouveau, du prince Ben Salman vis-à-vis du Hezbollah. Il
y a
beaucoup d'inquiétude aussi là-dessus.
En
termes de communication, ça donne un côté positif qui est celui, on va dire, du mouvement. Et on voit bien qu'Emmanuel Macron essaie, semaine après semaine, de fixer le propre tempo, y compris médiatique, et de ne pas subir de l'actualité. En revanche, c'est vrai que le téléspectateur qui est, hier soir ou ce midi, devant les images, se dit finalement, est-ce qu'il y est allé pour se mettre en avant, pour se donner un rôle, ou est-ce que ça a servi à quelque chose ? Alors ça, on ne le saura pas, bien sûr, mais par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure, il y a toujours cette équation, les Français ont un rapport à la politique étrangère qui est très paradoxal.
La politique étrangère, ils suivent ça de loin, même si on parle beaucoup de la mondialisation, évidemment, du risque terroriste, etc. Mais par contre, se dire que la France joue un rôle, ça renvoie à ce sentiment de fierté. Et puis, il
y a
un autre sentiment qui est, bon, c'est très bien qu'il fasse ça, mais quand même qu
'il
s'occupe de nous. Donc, c'est assez paradoxal, assez ambivalent, et je ne suis pas sûr que cette image toute seule, on verra comment elle est expliquée, comment les résultats du voyage sont mis en lumière, je ne
suis
pas sûr que ça ait suffi à donner un côté positif à ce saut, comme vous le disiez,
de deux heures. Un petit communiqué de l'Élysée. Regardez cette question à SMS. « En étant le premier dirigeant européen à rencontrer le nouveau prince héritier saoudien, Macron ne relance-t-il pas le leadership
de
la France ? » Et j'ajoute même, est-ce que ça ne conforte pas, au fond, sa doctrine qui est quoi ? Parler à tout le monde
?
Parler
à tout le monde. Le prince héritier ? Moi, je serais
moins dur qu'Yves, c'est-à
-dire
qu
'il
parle de vous parler, tu parlais d'opportunisme, moi je parlais d'opportunité, c'est-à
-dire
qu'il a eu l'opportunité en étant dans, pas loin finalement, de faire ça. Ça ne veut rien dire, parce que pour l'instant, effectivement, des entretiens de deux heures, on ne sait pas ce que ça peut dire, mais ça donne effectivement l'impression qu'il est là où ça se passe, qu'il n'y a pas d'opprobre, c'est-à-dire qu'effectivement, il discute avec... Il discute, parce que sa foi profonde, c'est qu'on peut toujours régler les problèmes, essayer de régler les conflits, et rien ne l'arrête. Dans sa tête à lui, je ne
suis
pas en train d'être en extase en disant que rien ne l'arrête, mais qu'il ne voit pas, il pense qu'il peut être utile, il pense qu'il a une faculté d'arranger les choses peut-être excessives par rapport à la réalité, mais il est transgressif là aussi,
c
'est-à
-dire
que même si on lui dit ça ne se fait pas, il faudrait voir si dans quelques mois... Comment ? Il y va et il discute. Je ne
suis
pas persuadée que les Français risquent de penser que... Je ne me souviens plus, je pense que c'est Mitterrand qu'on appelait la madone des aéroports internationaux, à
une époque on considérait
qu
'il
passait son temps à voyager à
l
'étranger...
On l'a dit aussi sur Chirac à une
époque...
Je ne pense pas qu'il ne soit encore dans
l
'excès de trop s'intéresser à l'étranger. En
gros, il passe son temps à l'étranger et puis il se fiche des Français, on n
'en
est pas encore là, je pense qu'on en est
toutefois
un petit peu au stade où on se dit, eh bien on existe, et puis finalement, on est là où ça se passe, ça marchera, on verra, mais pour l'instant on est absolument incapable de
juger. Il y a un point
supplémentaire encore qu'il faut ajouter sur le plan de la géopolitique internationale, c'est que l'Arabie saoudite, Washington a pris beaucoup de distance par rapport à ce pays, même si c'est un pays capital pour les États-Unis. Et
Trump y est
allé il n
'y a
pas très longtemps. Et Trump y est allé il n
'y a
pas très longtemps, mais il y avait eu quand même un petit peu de brouille et Macron sent bien qu'il y a quelque chose à faire, surtout qu'il y a un dossier que j'ai oublié dans l'énumération que j'ai faite, pardon d'avoir été long, c'est la brouille entre le Qatar et l'Arabie
saoudite. Et
donc là, cette brouille, et le Qatar qui
est
considéré comme un allié de l'Iran d'ailleurs, par ailleurs, et bien là il sent qu'il y a un rôle à jouer. Ce qu
'il
veut c'est avoir un rôle. Oui, avoir un rôle et mettre la France au
centre du jeu.
Au
centre du jeu.
Ce
qui n'était plus le cas. Tout le temps. Ce qui n'était plus le cas parce que François Hollande, on a toujours dit que c'était la politique étrangère qui avait été la moins mal réussie de son action. Et c'est vrai qu'il a eu des choses à faire et qu'il les a plutôt pas trop mal faites. Et je rappelle quand même que c'est de mémoire l'homme d'État en France qui a fait venir je ne sais combien 50 chefs d'État et de gouvernement après les attentats, souvenez-vous, du mois de janvier 2015.
La fameuse marque du 11 janvier. Ce qui
n'était quand même pas rien. Ce qui montrait que quand même la France
existait dans le monde. Il a aussi très bien à
essayer de... Voilà. Donc il a fait des choses. Mais il est sûr qu'il veut aller beaucoup plus loin. Macron, il veut montrer que la France, elle agit et que c'est elle qui prend, je dirais, la marche, si vous voulez, qui entraîne les autres. Et ça, c'est exactement comme ce qui se fait, ce qui fait en politique être... Oui,
je
voulais rebondir sur ce que disait Bernard Sananès tout à l'heure sur effectivement cette espèce d'ambivalence.
On
demande au président de la République de régler d'abord le chômage, les problèmes franco-français. Et en même temps, il y a cette espèce de nostalgie sur les reportages. Alors je pense notamment dans les classes populaires,
je
pense, il se trouve que c
'est
le secteur que moi je suis beaucoup à l'opinion sur les gens qui votent Front National. Ils vous disent très souvent on était quand même un grand pays puis maintenant on compte plus,
on
est ce petit, cette puissance moyenne comme aurait dit, comme disait d'ailleurs Valéry Giscard d'Estaing il y
a
bien longtemps déjà. Et
il
y a aussi ce besoin, alors c'est pas sûr que quelques images en Arabie Saoudite comblent cette envie, mais je pense que ça il l'a complètement compris, qu'il fallait aussi incarner ça et dire on n'est pas un tout petit pays perdu sur la carte, on compte, on nous écoute et on a de l'influence. Je vous rejoins d'ailleurs les premiers pas d'Emmanuel Macron. Il faut se souvenir que pendant la campagne, un des handicaps malgré tout, atout handicap de Macron, c'est qu'il est jeune mais on se dit est-ce qu'il va avoir suffisamment l'expérience ? Et l'opinion là-dessus a une réaction assez positive après Trump, Poutine, en se disant ben oui, il l'occupe, il est dans le costume.
Et c'est vrai que la dimension internationale elle contribue beaucoup, on le sait, dans les enquêtes, à la question,
à
la stature, à l'incarnation de la fonction présidentielle. Même si électoralement ce n
'est
pas forcément un sujet qui a
une influence.
C'était même la faiblesse.
C'est
-à
-dire
que si on nous reprenait nous, peut-être pas nous les mêmes discutant dans le même endroit avec Bruce, sur Emmanuel Macron,
il
y avait est-ce que le régalien, est-ce qu'il est suffisamment au niveau ? Vous l'imaginez, rencontrer un chef d'État, c
'est
un gamin, bon, il est assez astucieux, d'abord c'est son tempérament je pense, pour aussi combler ça et maintenant personne, ça ne viendrait à
l
'esprit à personne de dire qu'il est faible sur le régalien. Et l'idée de choisir le commande-car pour remonter l
'échangéliser, c'est ce
signal-là qui est très fort dès
ce premier jour.
Alors, il a été élu il
y
a six mois, on avait déjà fait les 100 jours, les six mois, mais bon, c'est toujours un...
On
fera évidemment le premier anniversaire, Bernard Sananès, alors, est-ce qu'il est
populaire ? 38
% des Français font confiance à Emmanuel Macron pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays, selon la question que nous posons. 38% des Français, c'est à peu près ce qu'avait François Hollande, c'est moins que Nicolas Sarkozy, pour donner une référence. En revanche, il
y
a des choses qui sont intéressantes, c'est de voir qu
'il
y a une forte baisse d'Emmanuel Macron pendant l'été. Cette forte baisse, on se dit à la rentrée, tous, quand on regarde les coups, en général, on se dit, il est sur le toboggan. C'est une expression bien connue chez nous, les sondeurs. Bon. Et finalement, ça ne se passe pas. Ça ne se passe pas à la fin septembre, puis, avec l'émission et son interview sur TF1, il réussit, j'allais dire, à s'acheter du temps, à s'acheter un créditant. Voilà. On voit que le nombre de Français qui disent il est trop tôt pour juger, qui était de 44%, repasse à 50%. Donc, il a réussi à faire la pédagogie de cette dimension tant importante avant de le juger.
Et deuxièmement, moi, j'observe quand même, c'est intéressant, qu
'il
a plus reculé
quand
une partie de l'opinion a eu le sentiment qu'il faisait du surplace pendant l'été que quand il a réformé.
Et
ça, c'est un paradoxe. Parce que la réforme du Code du travail, le budget, qui n
'est
pas quand même un exercice populaire, fait qu'il y
a
encore une petite chute, moins de deux, en fonction des instituts. Mais le gros de la chute, ça a été plutôt pendant l'été quand tout d'un coup, il y
a
eu un trouble en se disant mais finalement, est-ce qu'il va réformer ? Alors aujourd'hui, il a, on va dire, un atout et un handicap pour faire très simple. L'atout, dans une grande partie de l'électorat, c'est qu'il tient ses promesses. Y compris d'ailleurs dans les électorats qui lui sont opposés, qui lui sont hostiles, on lui reconnaît cette qualité. Et le handicap, sans doute structurant, on le saura dans quelques mois, c'est la politique injuste, la politique des riches, comme on l'a résumé. Une
précision sur les catégories sociales dans lesquelles il est moins populaire
?
Il est bien sûr
moins populaire comme il l'était au lendemain de
l
'élection présidentielle chez les ouvriers, chez les employés. Mais il faut noter qu'il a, sous l'effet de la CSG, beaucoup reculé chez les personnes âgées, par exemple. Mais au-delà de la lecture sociologique, c'est quand même la lecture politique qui reste structurante.
C
'est-à
-dire
qu'aujourd'hui, il
y
a un électorat qui est très en soutien, entre 80 et 90%, qui est sur les sympathisants d'Ambarche ou ces électeurs du premier tour. Il y a un électorat qui est coupé en deux, l'électorat de François Fillon, 50% pour faire simple de confiance, 50% de pas confiance, et trois autres électorats, Mélenchon, Le Pen, Hamon et les 100 préférences partisanes qui sont en opposition au-dessus de 60%.
C'est vraiment très intéressant. Alors, s'il nous regarde, le président de la République, s'il écoute Bernard Sadanes, il va se dire quoi ? Il va se dire « Il faut que je continue à réformer » parce que ça, ça marche. Même si ça fait
un peu grasser des
dents.
En plus, je pense que vous avez ça sans doute dans les études qualitatives. c'est non seulement on attend de lui et les Français attendent de lui que ça marche, mais même s'ils ne le soutiennent pas. Et il y a même chez des gens très très opposés une espèce d'espoir en disant « On ne l'aime pas, on ne
veut
pas voter pour lui. » On le condesse, mais si seulement ça pouvait marcher, ça serait bon pour le pays. C
'est
extrêmement paradoxal de ne pas aimer quelqu'un ou de ne
pas
le soutenir, mais de se dire finalement pour le pays,
ça
ne serait pas si mal. C'est peut-être pour ça qu'il surfe sur une opinion qui finalement n'est pas si hostile. Il a une chance extraordinaire. Il n'a pas d'opposant.
Il
a fracassé le paysage politique français. Consciencieusement. Consciencieusement. Il avait le nez d'ailleurs, il faut le reconnaître, pour se dire que
c
'était le moment ou jamais. Et aujourd'hui, vous regardez
de
tous les côtés dans l'hémicycle, il n'y
a
pas d'opposant. Alors, on se plaît à dire que Jean-Luc Mélenchon est le premier opposant, mais il est le premier opposant dans les médias. Il est le premier opposant par le verbe, mais ce n
'est
pas pour autant si vous voulez que les propositions qu'il formule, s'il en formule, sont reçues par une partie des Français. À droite, ils sont en pleine période de réflexion. Au Parti Socialiste, ils se demandent s'ils ne
vont
pas disparaître. Et le Front National est très absent d'une certaine façon puisqu'il y a un problème aussi de leadership qui se pose chez eux. Donc, il a cette chance-là. Il n
'y
a pas d'opposant alors que,
ce
qui est incroyable, c'est qu'il l'est, sa majorité repose sur un parti qui n'en est pas un,
qui
est fait de gens qui viennent d'un peu partout, beaucoup inexpérimentés, complètement inexpérimentés. On le voit
à l'Assemblée nationale, notamment,
très inexpérimentés.
Et
même quand ils ont des problèmes avec la justice, puisque ça arrive, et on l'a vu avec M. Ferrand, eh bien, ça ne prend pas. Donc, il a cette chance-là qui est une chance exceptionnelle que n'ont jamais eu
ses
prédécesseurs. Je trouve que dans le sondage de Bernard Salanès, qui est vraiment le plus intéressant, c'est que 50% des Français disent que c'est trop tôt. On lui laisse encore du temps. Ce n
'est
pas toujours le
cas. Je ne suis pas sûr, je n'ai pas le
souvenir, enfin, Bernard Salanès doit le savoir,
mais
je n
'ai
pas le souvenir qu'on ait eu ces chiffres
-là. Non, non, les jugements étaient plus... Et effectivement,
Nathalie Ratton, je pense que derrière ces 50% qui disent qu'il faut lui laisser le temps, ce serait bien que ça marche. Je vais vous donner un autre chiffre. On a posé la question sur, parmi ses promesses, il y avait « il fait de la politique autrement
». C
'est très partagé, 53% « il fait de
la
politique autrement ». Mais dans les électorats de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, qui sont des électorats en opposition à Macron, qui sont des électorats souvent très à distance de la politique, notamment l'électorat de Marine Le Pen, il y a quand même 4 électeurs sur 10 qui disent « il fait de la politique autrement ». Et donc on peut être, c
'est
ce que je reprends sur les électorats, on peut être très opposé à Emmanuel Macron, trouver que le code du travail ce n'est pas bien, trouver que la politique est injuste, qu'elle favorise les riches, et se dire « attendons, mais en tout cas c'est différent ». Et sa différence, aujourd'hui, elle fait sa marque. Il a réussi à convaincre qu'il était différent. Peut-être que ça basculera entièrement dans l'opposition, c'est là où la deuxième question de Time revient d'actualité, mais pour l'instant en tout cas il a réussi à constituer une équation très différente de ses prédécessions. Il a l'avantage d'être nouveau, mais effectivement, par définition, ça ne peut pas durer. S'il n
'y a
pas de résultat au bout de un an, deux ans, quand on se retrouvera pour les deux ans ou trois ans,
ça ne
pourra pas continuer à marcher comme ça.
Alors comment préside-t-il ? Comment ça se passe en coulisses ? Six mois déjà, on l'a dit, qu'Emmanuel Macron est élu. Depuis qu'il s'est installé à l'Élysée, le chef de l'État dirige ses équipes avec une main de fer. Les derniers qui en ont fait les frais, ce sont les membres du gouvernement sévèrement recadrés cette semaine. Julien Lennet, Marie-Charlotte Duluc et Yvan Bastiau.
Dans
la cour de l'Élysée, en sortant du Conseil des ministres, la consigne du président a toujours été claire. Pas de bavardage avec les journalistes. Cette semaine, les membres du gouvernement n'ont pas dérogé à la règle, surtout après le recadrage d'Emmanuel Macron au lendemain d'un article du Parisien. Il n'a pas du tout apprécié ces petites phrases distillées sous couvert d'anonymat ciblant tel ou tel ministre.
Quand
on les voit à la télé, ça n'est pas le macronisme flamboyant. Gérard Collomb est fatigué et Jean-Yves Le Drian inexistant. Colère d'Emmanuel Macron. Mardi, avant de dérouler l'ordre du jour, il va hausser le ton. Désormais, plus question de s'épancher ici ou là.
Si
le président a tenu à taper un peu du poing sur la table, c'est que ces dernières semaines, il y
a
eu des articles dans la presse où on a vu apparaître pas mal de pics où des proches de ministres sont cités disant du mal d'autres ministres et ça, le président ne le veut pas parce qu'il tient à avoir une équipe très disciplinée.
Si
ces petits bruits commencent à monter, c'est aussi parce qu'on commence à être dans une perspective de remaniement. On aura sans doute une modification de l'équipe gouvernementale le 18 novembre ou autour du 18 novembre et donc beaucoup de tensions chez les ministres qui commencent à s'exprimer voire à manœuvrer par article interposé. Mini remaniement en vue, sujet à crispation. Il aura lieu juste après la prise de fonction de Christophe Castaner à la tête de la République en marche. Quoi qu'il en soit, pour Emmanuel Macron, il y a une discipline collective à respecter. Son entourage en off décrit un homme intransigeant avec ses troupes et avec lui-même.
Il
n'a pas de vie, pas d'affect.
Il
considère qu'il ne doit rien à personne. Il n'y a que le travail, comme à la Silicon Valley. C'est dry. C'est me, myself and I. Et puis, il a un tempérament en acier. Conséquence, pas de répit pour l'équipe qui entoure le chef de l'État, notamment son premier cercle. C'est le cas d'Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, ou d'Ismaël Emelien, conseiller spécial.
Ils
ont un rythme délirant. Ils sont épuisés. Je ne sais pas comment ils vont tenir.
Une
cadence infernale. C'est le tempo Macron, tel un chef d'entreprise déterminé à réussir.
Il
est en mode start-up. La start-up, en l'occurrence, c
'est
dans la France, en permanence. Et il exige de ses collaborateurs et de ses ministres qu'ils soient sur la même longueur d'onde. Il veut tout savoir sur tout. La conséquence, c'est qu'il travaille énormément et qu'il peut se le permettre, puisque maintenant, il est de notoriété publique que Macron est un petit dormeur, probablement un petit dormeur congénital. C'est-à-dire qu'il n'a pas besoin de plus de 4-5 heures de sommeil par nuit. Et que donc, ses collaborateurs et certains ministres sont obligés de suivre s'ils veulent être au cœur de la Macronie. Au cœur de la Macronie, l'une des grandes préoccupations du moment est de donner plus d'écho au chantier en cours.
mieux défendre la politique avec des ministres poussés à se faire entendre. Mais il y a un problème de notoriété.
Comme
le montre un sondage, 12 sur 19 d'entre eux sont totalement inconnus du grand public.
Bon,
est-ce qu'il y a un problème avec ce gouvernement ? Les Français ne connaissent pas leurs ministres. C'est un souci ou pas, Yves Tréard ?
Écoutez, il faut mieux qu'ils soient bons et pas trop connus que très connus et mauvais. On a connu ça, quand même. Donc, les Français, ils ont voulu que le ménage soit fait et qu'il y
ait
des nouvelles têtes. En l'occurrence, c'est le cas. Donc, on ne
peut
pas tout avoir non plus. Non, pour être plus sérieux, je pense que ce qui manque à l'intérieur du gouvernement, parce que même ceux dont on dit qu'ils sont connus, ils ne sont pas très connus, pour dire la vérité, à part Jean-Yves Le Drian et évidemment Nicolas Hulot, qui est une figure médiatique, même le ministre de l'Intérieur et le sondage le montre, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui est quand même un vieux routier de la politique, avec tout le respect qu'on lui doit. Il a été très très peu au Sénat parce qu'il siégeait très peu, il était dans sa ville de Lyon et or les Lyonnais, les gens ne le connaissaient pas tellement.
40%
des Français ne le connaissent
pas.
– Oui, et puis il n'a pas, je dirais, il n
'a
pas la gouaille de Pasqua, il n
'a
pas le…
Vous
voyez, donc, bon, c'est compliqué. Et le reste, ce sont des techniciens. Beaucoup de techniciens, Mme Belloubet, Mme Pénicaud, Mme la ministre Buzyn, Mme la ministre de la Santé, Mme Vidal, enfin, ce sont des techniciens. Est-ce qu'il faut qu'il y ait davantage d'incarnation
?
Probablement. Mais est-ce que le président le souhaite
?
Parce que le problème aussi, c'est que le président est extrêmement centralisateur, autoritaire, et que, eh bien, c'est lui qui conduit la politique. S'il y a des gens qui lui font de l'ombre autour de lui ou qui sont difficiles à maîtriser, eh bien, ça sera plus compliqué pour lui. Donc, moi, je pense que ce n
'est
pas un problème, sincèrement. Je pense que c'est anecdotique à partir du moment où, comme le disait Béatrice, il y a des résultats. Et ces résultats-là, de toute manière, ils ne seront pas là tout de suite. Oui, et les poids lourds politiques, alors il y
en
avait un au tout début avec François Bayon, mais les poids lourds politiques, c'est difficile de leur dire... Et puis ça, c'était difficile. Oui, et c'est difficile de leur dire ne parlez pas quand vous sortez, ne parlez pas aux journalistes, pas de petites phrases, etc. Ceux qui ont une existence politique antérieure, c'est difficile de leur imposer ça. Et sur les ministres connus, pas connus, bon, je pense que c
'est
déjà arrivé. Vous savez, on raconte même que vers la fin, Jacques Chirac, les secrétaires d'État qui étaient emboutables, ils demandaient qui c'était. Donc,
c
'est arrivé, paraît-il, dans un Conseil des ministres.
Donc, si Jacques
Chirac lui-même...
Bernard Sadanes, est-ce que c'était un handicap pour l'action du gouvernement, le fait qu
'il
n
'y ait
pas de poids lourds ?
En tout cas, ça a été suffisamment un handicap jusqu'à la rentrée pour qu'on organise une communication, on va dire, de l'équipe présidentielle qui fasse monter également de nouveaux députés.
Et
donc, on voit bien que la communication de l'équipe Macron, il ne faut pas regarder simplement dans le dispositif classique, président, premier ministre, ministre, mais on voit bien qu'il y a une génération aussi de nouveaux députés qui commencent à envahir poliment, mais les plateaux... Voilà. Maintenant, la difficulté, au-delà de la notoriété, c'est l'attribution des réformes. Et ça, c'est beaucoup plus inquiétant. Yves parlait de la moralisation et de la garde des Sceaux. On voit que la loi sur la moralisation, qui pourtant est plébiscitée, quand on faisait des enquêtes, 8 Français sur 10 ou 9 Français sur 10.
Et bien pourtant, en mémorisation, quand on a demandé aux personnes interrogées quelles sont les réformes qui vous ont le plus marquées, la loi sur la moralisation, elle arrive à peine dans les 10 premières, mais juste juste. Voilà. Alors que c'était une réforme très importante. Donc, au-delà de la notoriété des ministres, ce qui est important, c'est de savoir si les réformes qui sont menées sont attribuées au gouvernement. Par exemple, ce qu'a fait Jean-Michel Blanquer en matière de rentrée scolaire, dont on dit que la rentrée scolaire,
ce
n
'est
pas si mal passé que ça, mais pour l'instant, là aussi, il n'y
a
pas beaucoup d'attribution. Et donc, c'est plus ce sujet-là en termes de communication, en tout cas, qu'il faut régler
pour le gouvernement. ministre de l'éducation, 54% des Français ne le connaissent pas.
Alors qu'on l'a beaucoup vu, qu'il a donné beaucoup d'interviews, qu'il
est allé sur le...
Le calendrier lui était favorable.
Nathalie Saint-Cricq.
Après, il y a plusieurs paradoxes. Il y
a
effectivement une communication extrêmement centralisée.
C
'est-à
-dire,
tout vient d'Emmanuel Macron, d'un groupe de personnes autour de lui. Tout est très vissé, verrouillé. On l'a encore vu au Conseil des ministres où ils se sont fait copieusement, comment dire, avoiner, pour avoir osé dire quelque chose. Et comment voulez-vous que des gens aient une forte personnalité ? Tout à l'heure, il faisait référence à Pascua. Les gens qu'on a connus dans le temps, le vieux monde, l'ancien monde, il y avait des espèces de grandes gueules de gens qui s'exprimaient. Là, il a voulu un gouvernement anti-grande gueule. C'est-à
-dire
des gens qui sont effectivement des technos, plutôt des technocrates, mais au bon sens du terme, qui connaissent leur dossier, qui n'ont jamais fait de politique.
C
'est-à
-dire
qu'ils ne sont pas forcément en mesure d'aller sur un plateau de télé pour s'opposer à Jean-Luc Mélenchon ou à Marine Le Pen ou alors qu'ils n'en ont pas l'envie. Et après ça, on leur dit que s'ils disent un mot de travers, ça va mal finir. Donc il y
a
un darwinisme, une espèce de darwinisme ministériel d'Emmanuel Macron. Ils les laissent, ils regardent comment ils se débrouillent. Et comment voulez-vous que les pauvres, qui sont à la fois... Enfin, les pauvres, je ne
suis
pas en train de les plaindre, mais si on les fragilise en leur disant à la fois d'aller sur les plateaux de télé, mais jamais vous de dire une ânerie. Comment voulez
-vous
? Ils ne font pas de politique. Ils parlent de leur dossier et ils ont une peur bleue de s'aventurer dans autre chose. Donc à vouloir ne pas faire de politique et ne pas avoir de politique, eh
bien
on est dans un paradoxe. On veut avoir des petits soldats qui sont sur les plateaux de télé, qui ne disent jamais un mot de travers. Et il y
en
a au finish des gens un peu fades, qu'on ne mémorise pas, comme le disait Bernard.
Expliquez-nous ce qui s'est passé en Conseil des ministres. Pourquoi cette, pardon pour le mot, et pourquoi cette engueulade du président ? Qu'est-ce qu'ils ont fait
de si grave ?
Attendez, je ne sais pas, mais en gros, à l'époque où il y a les réseaux sociaux, où il y a quand même des journalistes encore qui existent, où il y a, vous ne pouvez pas aller mettre des ministres dans une bulle, où il y a le hof qui existe de moins en moins. Soit vous voulez que ces ministres fréquentes connaissent un petit peu les relais que sont les journalistes. Et à ce moment-là, si vous avez, vous, journaliste, face à vous, un ministre qui dit systématiquement une espèce de langue de bois digne de ce qui se passe en Corée du Nord, à ce moment-là, ça n'a aucun intérêt.
Donc il est possible, et on le voit tous les jours, qu'à un moment donné, il y en a un parce qu'il a le blues ou parce qu'il y a son collègue qui l'a énervé, qui disent, celui-là, vraiment, c'est la moitié de s'y endormi en Conseil des ministres. Ou vous avez la possibilité de quelqu'un d'autre qui dise, non pas une vacherie, mais voilà, c'est humain. Alors après, Emmanuel Macron, je dis ça par là parce que je vois sa tête en permanence, il a cette espèce de hantise du frondeur.
Alors, il y avait effectivement un cirque pas possible sous François Hollande, quelque chose qui était absolument désorganisé, où tout le monde tapait sur tout le monde, où tout le monde parlait de tout, mais même pas off, même pas en douce. C'est-à
-dire
qu'il le disait carrément partout. Donc, cette hantise du frondeur, je comprends. Je comprends qu'en tant que manager d'une équipe, il a une logique managériale, c'est-à-dire qu'y compris quand on gère une entreprise, on n
'a
pas envie que les gens se tapent dessus, mais la politique, le principe même de la politique,
c
'est d'avoir des gens, y compris de bons orateurs, de gens qui sont passionnés, et ça ne va pas très bien avec une espèce de logique de technicien qui dit jamais un mot plus haut que l'autre.
Sauf
que,
si
vous voulez, il a tort d'une certaine façon de passer un peu trop de temps là-dessus. Sincèrement, parce que les Français ne vont pas les juger à savoir si un tel est populaire, connu ou pas connu, ils s'en foutent. Pardon. Complètement. Ce qu'ils veulent, ce sont des résultats. On est dans un nouveau, puisqu'il dit qu'on est dans un nouveau monde, et je crois qu'effectivement, Bernard peut peut-être nous le confirmer, mais ce qu'attendent les gens, c'est que ça change.
Mais il est sûr que
ça parasite,
peut-être l'action.
Non, là où il a, il devrait se méfier. Beaucoup plus, à mon avis.
C
'est sur sa majorité parlementaire. Parce que sa majorité parlementaire, elle est, alors là, pour le coup, il faut la diriger, cette majorité parlementaire. Elle est vaste. C'est plus de 320 députés. Elle est de provenance très diverse. Et il y a probablement, là-dedans, des gens qui connaissent mal. Enfin, en tous les cas, que la direction du parti connaît mal. Donc ça, il devrait davantage se soucier, à mon avis, du relais parlementaire de son action d'exécutif.
Il
y
a
une question sur, vous évoquiez le management.
On
dit que c'est parfois digne d'une entreprise, enfin, d'une entreprise privée. Il y a parfois une violence. Regardez cette question SMS. L'attitude parfois arrogante et méprisante d'Emmanuel Macron ne risque-t-elle pas de se retourner contre lui, Béatrice Souchard ?
C
'est toujours le risque. Vous savez, il avait annoncé la couleur dans le magazine Le 1, c'était en 2015, où déjà, d'où toute la préméditation qu'on voit. Tout ça n
'est
pas arrivé par hasard. Ça n'arrive jamais par hasard. Il y
a
deux choses qui montrent la préméditation. Il y a cette interview sur laquelle je vais revenir. Et puis, le bouquin de Gaspard Ganser, qui montre étape par étape...
C'est conseiller à la communication de François Hollande. De
François Hollande pendant les deux dernières années, je crois, du quinquennat, et qui décrit, qui raconte des scènes d'Emmanuel Macron.
Et
on se dit, Emmanuel Macron, déjà,
il
ne pense qu'à ça. Il prépare la suite. Il y a vraiment une grande préméditation. Et dans le 1, c'était en juillet 2015, où il dit,
il
y a un absent dans le processus démocratique en France. C'est la figure du roi. Il faut occuper le siège vide du roi. Alors, il occupe ou il pense occuper le siège vide du roi. Tradition monarchique,
autre chose que je voudrais vous faire partager. Dans le monde, sérieux, un proche de l'Élysée est cité. J'ouvre les guillemets. Emmanuel Macron est très dur. Il n'a pas de vie, pas d'affect. Il considère qu'il ne doit rien à personne. Il n'y a que le travail. Il a un tempérament en acier.
Oui, d'un autre côté, c'est peut-être mieux pour faire ce qu'il fait. On a quand même considéré, enfin, les journalistes et les citoyens que François Hollande passait tout à tout le monde, que Cécile Duflo, que Christiane D'Aubira disait tout et n'importe quoi et qu'ils trouvaient que ce n'était pas bien grave et qu'il était toujours souriant et toujours en rondeur. Une fois de plus, qu'il n
'ait
pas d'affect, c'est probablement très dur pour eux parce que dans le même papier, on raconte qu'il leur envoie des SMS à 3h du matin, qu'il les convoque à 6 et que si, en gros, il n'y
a
que le travail dans la vie. Bon, je voulais dire qu'ils ont des états d'âme qu'ils fassent autre chose. C'est pas le sujet.
Je
veux dire, on ne
va
pas partir en week-end avec lui ni en vacances. Après, est-ce que la perception, c'est-à-dire c'est une espèce de jambe gauche, c'est-à
-dire
le côté, il
y a
l'efficacité d'un côté, est-ce qu'il aime les Français ? Est-ce qu'il aime les gens ? Est-ce qu'il fera quelques réformes pour comprendre cette empathie ? Alors, on l'a vu beaucoup pendant la campagne et encore dans ses déplacements, aller au contact des gens, les toucher, leur parler. Il avait ça. Est-ce qu'aujourd'hui, il fera percevoir par l'opinion qu'il les aime, un peu comme Chirac a fait toute sa popularité parce qu'il était capable de cirer 2 millions de mains et même si les gens savaient qu
'il
ne les reconnaissait pas, il allait au-devant des gens, c'est peut-être ce problème d'affect qui sera perçu par l'opinion, pas forcément par l'entourage qui risque de craquer. Bernard Solanès.
Je
crois qu'il a un risque, c'est que le sentiment qu'il veut donner d'autorité qui contribue en positif à l'incarnation de la fonction présidentielle se transforme en perception d'autoritarisme. Et ça, c'est un de ces risques dont il est, j'allais dire, le seul responsable. C'est que ce sentiment de « je décide de tout ». On voit bien que sur l'autorité, il y a 70% des Français qui lui attribuent maintenant cet adjectif. Pour certains, en positif, parce qu'ils trouvaient que François Hollande n'en avait pas assez, mais pour d'autres, en négatif. Deuxième moment mémorisé par les Français en termes d'image, c'est la démission du chef d'état-major des armées. C'est intéressant.
Mais la première, et ça me permettra de revenir sur un autre point, aujourd'hui, celui qui a, je ne
vais
pas dire le plus fait de couac, parce que dans les explications élisènes, on comprend que ce n'est pas affiché comme un couac. Mais c'est quand même Emmanuel Macron lui-même avec ses expressions « les feignants, le bordel ». Là aussi, dans la mémorisation des Français sur ces six mois, ça arrive respectivement en première image mémorisée et en troisième image mémorisée. Donc là aussi, Emmanuel Macron doit se méfier de lui-même parce que parfois, le risque, c'est que ses propos, les siens, cannibalisent la
perception
de son action. Alors que se passe-t-il à droite pendant ce temps ? Campagne interne pour la présidence des Républicains. Laurent Wauquiez est allé hier à Colombais-les-Deux-Églises pour commémorer l'anniversaire de la mort du général de Gaulle, alors que le favori de l'élection, Laurent Wauquiez, est la cible d'attaques de plus en plus violentes au sein même de son parti. Barbara Aztec et Pierre-Jean Perrin.
47 ans après la mort du général de Gaulle, les hommages sont toujours aussi nombreux.
Comme
chaque année, à Colombais-les-Deux-Églises, les commémorations se transforment en défilé de politique.
À
droite, deux candidats à la présidence des Républicains, Maël Decalan et Laurent Wauquiez, ont fait le déplacement, évitant soigneusement de se parler.
Au
moment où on va refonder notre famille politique,
le
général de Gaulle c'est la figure de référence. C'est celui qui, en 1948, trahi par une partie des siens qui vont à la soupe, décide de refonder notre famille et de poser les bases de ce que sera le gaullisme.
Donc
évidemment que ça a une importance fondamentale pour moi. Difficile de ne pas y voir une allusion directe à la situation des Républicains, plus divisé que jamais. Il y a deux semaines, dans les colonnes du Point, Laurent Wauquiez avait déjà tenté une autre comparaison avec le général.
On
a érigé la diversité comme un vaudor. Identitaire est devenu la pire insulte. Mais de Gaulle était identitaire. Il parlait de l'identité de la France.
Une
idée loin d'être partagée par son adversaire, Maël de Calan. Non, ce n
'est
pas mon avis. Le général de Gaulle portait une certaine idée de la France. Il portait certainement la conviction que la France a des racines, a une culture et qu'on peut être fier de ses racines et vouloir transmettre cette culture. Mais identitaire, ça renvoie à une vision de l'identité française comme étant blanche et chrétienne. Ce n'était pas sa vision. Laurent Wauquiez est certes le favori des sondages pour la présidence des Républicains. Mais il le sait. Il est loin de faire l'unanimité dans son propre camp. J'ai un peu fait mon choix qui est d'avancer, qui est de marcher, qui est de ne
pas
trop écouter les critiques les uns et les autres. Je sais ce que je veux porter. Je sais ce qui m'anime. Et ça, j'irai jusqu'au bout.
Et
même certains de ses amis en conviennent.
il
va parfois un peu trop loin.
Il
a une personnalité qui est un peu clivante. Il a des propos parfois un peu trash. Moi, je fais partie de ceux qui n'ont pas tellement aimé la séquence sur les critiques personnelles à l'égard du président de la République. Parce que je crois que les procès sur la personnalité des uns et des autres ne mènent à rien. C'est une cible l'envoquée aujourd'hui. Probablement parce que sa personnalité laisse pas indifférent. Mais c'est aussi une chance pour les Républicains. d'avoir comme futur président en tout cas, je l'espère, quelqu'un qui a une forte personnalité.
Récemment exclu des Républicains, Thierry Solaire, membre des constructifs, ne participera pas au vote mais condamne une ligne politique mortifère. Sa stratégie, je crois qu'il s'en cache à peine, c'est de considérer que Marine Le Pen est faible électoralement.
On
l'a vu au débat télé. Et qu'au fond, il faut prendre ce positionnement politique-là, c'est-à-dire les outrances, la radicalité, jouer sur les peurs, jouer sur l'identité nationale à fond les ballons pour essayer de capter cet électorat et donc peut-être un jour, j'imagine, être au second tour d'une élection présidentielle.
Un
avis qui trouve un écho chez de nombreux poids lourds du parti qui refusent de soutenir Laurent Wauquiez.
Xavier
Bertrand l'accuse lui aussi de courir après l'extrême droite
et
Valérie Pécresse menace même de quitter le parti.
Je
me réserve
à
voir une position qui dépendra de son comportement et de sa ligne politique. Ça n'a rien de personnel mais je crois qu'on est très nombreux dans ce cas et à penser de la même façon.
Cette
semaine, François Baroin va même encore un peu plus loin en considérant qu'aujourd'hui, l'avenir de la droite a un visage et un nom, celui d'Emmanuel Macron.
Laurent
Wauquiez appréciera.
Alors,
question SMS, si Laurent Wauquiez remporte le parti, que vont faire les républicains modérés ? Yves Tréard
?
Ils vont se diviser, de toute manière, ça y est, c'est déjà acté. Vous avez énormément de républicains, enfin énormément. Il y a un deuxième parti à droite qui est en train de se constituer autour de Laure de la Roudière, de Franck Riester, de Thierry Solaire qui devrait voir le jour en qualité de mouvement à la fin du mois de novembre et probablement de parti au début de l'année prochaine. Donc, c'est un parti qui va jouer la corde,
je ne sais
pas ce que ça veut dire, modérée par rapport à une corde peut-être un peu plus dure de la part de Laurent Wauquiez parce que ça fait guerre de doute que Laurent Wauquiez sera probablement le président des républicains. Et on va revenir vraisemblablement finalement à une situation hantée qui précédait 2002 où Jacques Chirac mais surtout à l'époque Balladur et Juppé avaient créé l'UMP en rassemblant, en tentant de rassembler le RPR et l'UDF. Là, on va se diriger très vraisemblablement, on en saura plus autour de Noël avec un parti qui défendra un gaullisme je dirais nationaliste
et
puis un autre parti qui va défendre un gaullisme plus social et qui ressemblera peut-être de loin à ce qu'était le centre droit il y a quelques années.
Quel regard vous portez sur cette campagne de Laurent Wauquiez ? Est-ce que c'est une campagne c
'est-à-dire ?
Cette, oui, campagne, oui un peu parce qu'ils font campagne les uns les autres,
ils
font des meetings, des tas de choses. Ce qui est frappant c'est que c'est sans doute la première fois qu'un parti va élire président quelqu'un dont pratiquement tout le monde en interne dit du mal. Quand je dis dit du
mal c'est faible
comme expression. Certains de gens qui sont d'une violence alors à la fois sur les idées en disant il n
'a
pas de conviction ce qu'il disait il y
a
10 ans il y a 5 ans il s'adapte et au public auquel il parle et aux périodes et aux circonstances politiques là il voit bien que du côté du Front National il y a un espace effectivement vers la droite donc il s'adresse plutôt à cette partie de l'électorat et puis sur le plan personnel des jugements très sévères qui sont portés sur lui en disant c'est une brute enfin voilà et il va devenir président des républicains. Cherchez l
'erreur.
Donc il sera comme Yves l'a dit il
n
'y
a
pas beaucoup de doute sur l'issue du scrutin il sera au long de cette élection le président du premier parti d'opposition parce que si même si
dans
les sondages c'est Jean-Luc Mélenchon qui aujourd'hui incarne l'opposition dans la réalité des élus que ce soit à l'Assemblée des maires et donc tout l'enjeu pour Laurent Wauquiez ça va être de montrer qu'il y a des opposants mais que lui peut être la force d'alternance. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire montrer que lui peut battre en 2022 Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle ce que pensent-ils et pensent ses soutiens ni Mélenchon ni Marine Le Pen ne peuvent faire. Et donc dans cette bataille-là il va quand même avancer de plusieurs marches.
Maintenant ce qui est étonnant c'est qu'effectivement au-delà même des élus le clivage est très fort chez ces électeurs et chez les sympathisants de droite et chez les sympathisants les républicains. Alors par ceux qui vont aller voter ce sont les militants c'est très différent mais chez les sympathisants les républicains on voyait François Baroin à la fin de ce reportage François Baroin dans le dernier baromètre 78% de bonnes opinions Laurent Wauquiez 54% 54% chez les sympathisants LR donc il est sans doute très populaire dans le noyau dur militant de LR dès qu'on élargit un peu le cercle c'est plus partagé Comme Cillon à la primaire en fait Un peu ou comme Nicolas Sarkozy après sa défi
Nathalie
Saint-Éric Est-ce qu'il y aura un débat entre les protagonistes de cette campagne pour
la présidence
des républicains
?
Je vous remercie de m'avoir proposé alors on a tout fait pour qu
'il
y
en
ait un on leur a proposé il y a France 2 certes mais aussi d'autres chaînes on leur a même proposé en prime c'est-à-dire avec
une
audience
pas repoussée à 23h ou à minuit c'est-à-dire de faire à leur convenance une heure une heure et quart entre 8h30 et 9h30 on s'est dit parce qu'on entend beaucoup de critiques venant des républicains considérant que les médias intronisent Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen premier opposant Emmanuel Macron donc on s'est dit également que c'était l'occasion de leur permettre d'exposer leurs idées non pas de faire comme ils ont dit un match comme Laurent Wauquiez dit un match de catch et de montrer les divisions pas du tout parce qu'il s'agit simplement de savoir quel est quand même le programme du deuxième parti et manifestement tout le monde était d'accord sauf Laurent Wauquiez ce qui pose un léger problème on n'a toujours pas compris pourquoi pourquoi il ne voulait pas parce que logiquement c'est pas non plus faire preuve d'un courage excessif de venir parler une heure au sein de sa famille alors après il y a eu la fameuse idée remarquable qui est de faire un débat avec dans une salle de meeting animée par des militants alors avec quand même les journalistes qui peuvent venir voir mais
je
ne sais pas qui va animer le débat si c'est Eric Ciotti ça va être un peu bizarre et comment va être composée la salle est-ce que ça sera que des Wauquiez existent si cette expression existe donc écoutez on
a tout fait
mais manifestement pour
l'instant il n'y a pas de débat prévu en
plus il
y
a eu des précédents c'est-à
-dire
qu'on a fait certes les débats de primaire que tout le monde a vu mais on avait fait également une émission avec Fillon François Fillon et Jean-François Copé bien sûr donc on n
'est
pas simplement devenu fou tout d'un coup à faire la chose on a vu François Fillon qui parlait de son programme Copé qui parlait du sien il s'était affronté après avec David Pujadas
pour ce
genre d'émission pour
ce genre de débat ça
veut dire qu'on revient quand même à une forme bonapartiste de la droite ça annonce le fait qu'il n
'y ait
pas de débat pour cette primaire qui sera une primaire fermée et non pas ouverte comme si ce sont des militants qui votent voilà ça annonce quelque chose ça annonce ce qui va se passer d'ici à 2022
c
'est-à-dire qu'à l'intérieur de cette droite là je pense qu'il y
aura
deux parties de droite ça paraît tout à fait clair mais à l'intérieur de cette droite là c'est fini plus de primaire
plus
de débat télévisé plus la corrida en tous les cas c'est le mot la
corrida
ou l'exposé du programme parce
que les débats à la primaire ça ne va pas être une corrida donc ça sera
le candidat de ce parti là
en
2022 sera de toute manière Laurent Wauquiez
voici
maintenant vos questions SMS et internet
allez
on revient à Emmanuel Macron et au début de notre émission cette tournée dans le golfe et regardez cette question comment est-il possible de se rendre par surprise en Arabie Saoudite alors
là je vais vous dire c'est assez simple pour Emmanuel Macron parce que d'abord il entretenait des relations assez étroites avec le prince Salman
avant
cela première chose et puis vous vous appelez Emmanuel Macron vous êtes président d'un pays qui s'appelle la France bon
pour savoir
si on peut passer si
vous voulez en plus peser par rapport aux Etats-Unis avec qui
vous
avez connu quelques temps difficiles
c'est pas très compliqué ça va Emmanuel Macron veut-il être présent seul sur tous les fronts la France l'Europe l'international ambition ou mégalomanie nous demande ce téléspectateur pas seul mais le premier
il
sait très bien qu
'il ne
peut
pas réussir seul mais il ne réussira jamais seul d'ailleurs mais il veut être le premier et c'est ce qu'il essaye de faire
et
les autres plutôt plusieurs pas derrière alors on est encore dans la traînée de l'élection présidentielle il surfe aussi sur la dynamique de
l
'élection présidentielle plus ça va aller plus les difficultés vont être face à lui plus l'impopularité va croître plus il aura besoin d'avoir des soutiens d'élargir ses soutiens que ce soit sur la politique internationale que ce soit sur la politique française
si
on n
'est
pas un peu mégalomane on ne
va
pas très loin enfin vous voyez ce que
je
veux
dire c'est la partie du duel ça
fait partie ou s'arrête si on se dit non non je ne
vais
jamais réussir oh là je ne devrais pas oh là là je ne
suis
pas à la hauteur oh
là
il ne
faut
pas que je le fasse ce n
'est
pas terrible donc voilà
le
déplacement de Macron en Arabie solide beaucoup de questions là-dessus n'est-il pas motivé par de potentiels
contrats ? évidemment vous savez c'est une zone où il y a de l'argent même si les cours de pétrole sont en train enfin s'effondrent depuis 2-3 ans maintenant même s'ils remontent en ce moment et bien c'est là où on achète de l'armement c'est là où et bien on a un niveau de vie qui est quand même très très élevé c'est là où on achète des voitures c'est là où on achète beaucoup de choses des bijoux c'est là où on achète du luxe et évidemment que pour la France c'est tout à fait
capital et regardez la question suivante le rapprochement d'Emmanuel Macron avec l'Arabie saoudite ne risque-t-il pas de mettre la France en porte-à-faux avec l'Iran
? il
y a une crise en ce moment entre Riyad et Téhéran est-ce qu'en faisant
ça il a pris partie ? non il ne prend pas partie parce qu'il ne prendra jamais partie justement il veut toujours être au centre donc si vous voulez être au centre vous ne prenez pas partie ni d'un côté ni de l'autre il faut dire une chose c'est que vous avez le président américain
qui
veut remettre en question les accords sur l'arme atomique iranienne
elle
ne
l'a
pas encore officiellement cette arme mais sur la fabrication de cette arme atomique iranienne ce qui avait été fait par Obama Trump veut le défaire donc qu'est-ce qu'il veut faire Macron ? il veut prendre la place de Trump à la fois en Iran mais aussi
et
bien être celui qui calme les Saoudiens par rapport aux Iraniens les français ont une carte à jouer c'est très clair puisque le langage très tranché de Donald Trump facilite la tâche évidemment d'Emmanuel Macron
on
n'entend pas trop notre ministre des affaires étrangères pour quelles raisons
?
il était en Egypte il
est beaucoup moins présent
que quand il était ministre de la Défense parce que d'abord il avait une petite quand même distance par rapport à Emmanuel Macron on rappelle que c'est Jean-Yves Le Drillon qui
avait une vraie
proximité avec François Hollande
et en
revanche il avait une certaine distance en plus il voit que Macron quand même tire beaucoup toutes les couvertures à lui alors que là il avait un champ libre du temps de François Hollande et donc voilà c'est une des
raisons
ce
serait
évidemment important dans le casting gouvernemental et politique d'avoir des ministres qui sont issus plutôt de l'ancien enfin du parti socialiste qui sont issus du parti socialiste et pour l'instant c'est vrai que ceux qui ont été mis en avant le premier ministre les deux ministres de Bercy sont plutôt dans le et droite et gauche sont plutôt dans le et droite
Macron veut une équipe rangée derrière lui mais sait-il que la liberté d'expression est une qualité essentielle en démocratie
? Oui en démocratie ça dépend ce qu
'on
fait comme travail je rappelle juste on ne
l
'a pas dit tout à l'heure que quand pour tous les députés ils se sont engagés ils ont signé ils ont signé un papier quand ils ont en disant qu'en gros ils avaient le droit de penser ce qu'ils voulaient mais qu'ils avaient surtout le droit de se taire et que s'ils avaient des réserves par rapport à un vote quelqu'un qui pouvait en parler mais au finish il fallait qu'il
y ait
une discipline de vote
ce
qui est un peu anticonstitutionnel quand même mais tout
vote impératif est nul et d'ailleurs on
a vu dans la discussion budgétaire qu'il y avait
quand même des espaces qui
frondent
et qu'ils n'ont même
pas le droit de co-signer une proposition de loi avec quelqu'un d'un autre groupe c'est pas bien c'est
bien
vissé
Est
-ce que Macron ne monopolise pas un peu trop la une des médias ne laissant que peu de place à ses ministres ?
C
'est la logique de la Ve République c'est le Président de la République et tout procède de lui c'est les institutions qui font
ça Même si on a
observé le mois dernier que le Premier ministre a commencé à
s'installer un peu Jean-Michel Blanquer aussi Regardez
la question suivante pardon peut-être plus simple pour répondre avec un tel président les ministres peuvent-ils trouver leur marque ?
C'est difficile il va falloir se battre il y en a quand même parce que là le sondage ce matin d'Odoxa est assez dur quand même parce que je vois j'ai l'impression que quelqu'un comme Jean-Michel Blanquer quand même quelqu'un qui a un vrai programme des vraies idées qui est discret mais
je
pense que ça va venir mais c'est long c'est des
gens
et puis nous on les connaît même pas enfin on a même moi j'en a la moitié je les reconnais pas alors que c'est mon travail vous voyez donc
ils font pas de politique si vous voulez
il y a beaucoup de ministres il faut quand même le dire par rapport à ce qu'on a connu par le passé ce sont des ministres Mme Pellicot Mme Buzyn ils font de la technique ils font pas de politique je
pense
que Macron veut dépolitiser leur exercice du pouvoir exactement et ils sont difficiles pour quelqu'un qui n
'est
pas spécialiste du sujet à entendre à comprendre donc c'est beaucoup plus difficile de se faire entendre quand vous êtes dans la technique du contrat du code du travail que quand vous faites des
phrases
et puis ils n
'ont
pas été choisis pour les mêmes raisons que leurs prédécesseurs qui étaient choisis quand on faisait un gouvernement justement pour avoir des personnalités visibles et par ailleurs
ils souffrent aussi de ne
pas avoir eu l'exposition de la campagne électorale parce que la campagne électorale d'Emmanuel Macron était tellement différente il n'y a eu qu'un visage alors qu'une campagne électorale ça permet à toute une génération d'éclore notamment dans les médias
merci beaucoup à tous les quatre merci d'avoir participé à cette émission en direct merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air dans un instant Anne-Elisabeth Lemoyne pour C'est à vous ce soir la Rodif est à 23h15 très bonne soirée sur France 5