Eric Ciotti
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un objectif que vous partagez, Éric Ciotti ?
- 1:35FerméeRéponse directe
Vous, vous n'y êtes pas favorable ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Il y a eu un communiqué assez violent de votre parti, qui dénonce un fichage social. Vous n'y êtes pas favorable ?
- 3:12OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut que les populations se mélangent dans les collèges ?
- 3:53OuverteRéponse directe
Le département des Alpes-Maritimes est le premier à augmenter le temps de travail de ses agents. Pourquoi ?
- 6:03RelanceRéponse partielle
Sur la méthode, vous avez fait voter l'Assemblée départementale. Mais vous n'avez pas consulté les agents ou obtenu l'agrément de leur syndicat. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11Invité politiqueFait
« Vous êtes le premier département à faire cette démarche. »
- 4:00Invité politiqueChiffre
« Les 4500 agents départementaux des Alpes-Maritimes vont perdre trois jours de congés et la moitié de leur RTT, à partir de l'an prochain. »
- 5:10PrésentateurChiffre
« Depuis que je suis président du département, nous avons diminué les effectifs de près de 10% dans le département des Alpes-Maritimes. »
- 5:17PrésentateurChiffre
« C'est la première collectivité à s'être engagée dans la diminution des effectifs avec un gain de 20 millions d'euros par an. »
- 5:29PrésentateurChiffre
« Les effectifs des collectivités ont été multipliés par deux depuis 1980. »
- 5:49PrésentateurChiffre
« Les seules rémunérations de la fonction publique, c'est 13,5% du PIB. »
- 6:57PrésentateurFait
« Je considère que les 35 heures ont été une calamité pour notre pays. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Éric Ciotti31 %
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Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter.
Bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Vous êtes député secrétaire général adjoint du parti des Républicains, président du conseil général des Alpes-Maritimes. Et c'est à ce dernier titre que vous venez d'augmenter le temps de travail des fonctionnaires territoriaux. Vous êtes le premier département à faire cette démarche. On va y revenir un peu plus tard. D'abord, plus de mixité sociale au collège. Est-ce que c'est un objectif que vous partagez, Éric Ciotti ?
Oui, l'objectif en soi, qui ne pourrait le partager ? Mais je dirais que c'est un nouvel alibi un peu esbrouf de la part de la ministre de l'Éducation nationale à quelques jours des élections régionales. La réalité, quelle est-elle ? C'est l'échec global aujourd'hui d'un système scolaire qui laisse de côté beaucoup de jeunes. Qui laisse de côté des jeunes issus de certains territoires. C'est ça contre lequel il faut lutter. Et dire, on veut plus de mixité, pourquoi pas ?
Beaucoup de spécialistes pensent justement que par la mixité, on peut élever le niveau d'un grand nombre de jeunes en difficulté.
Je crois que c'est une erreur. Ce n'est pas la mixité en soi. Ce n'est pas une valeur, la mixité. On peut être tiré par le haut s'il y a des élèves un peu plus favorisés. Ça peut être moyen, mais ce n'est pas grâce à la mixité que le système va s'améliorer. Je crois qu'au contraire, il faut revenir à des enseignements fondamentaux, donner peut-être plus de moyens dans les établissements où il y a la conjugaison de beaucoup de difficultés, y compris des difficultés sociales. Donc, revoir notre système et la mixité en soi n'apportera pas une réponse.
Donc, vous ne seriez pas, vous volontaire, il y a 17 départements volontaires, dont certains dirigez par vos amis, chez les Républicains. Et entre 50 et 80 collèges qui vont tester les expérimentations proposées par le ministère. Vous, vous n'y êtes pas favorable ? Il y a eu un communiqué assez violent, assez fort, de votre parti, de la déléguée à l'éducation au sein de votre parti, qui dénonce un fichage social et une violence faite aux familles.
Oui, moi je suis pour la liberté de choix des familles. Tout ce qui va vers la contrainte, tout ce qui va vers un modèle imposé depuis Paris, avec cette volonté de placer des gens dans des moules prédéfinis.
Là, ce n'est pas imposé, Eric Ciotti. Vous n'avez peut-être pas vu le détail des modalités telles qu'on les a expliquées dans les journaux. Ce n'est pas imposé du tout. Oui, mais l'idée, c'est... L'idée, c'est de dialoguer avec les parents pour leur proposer plusieurs offres.
On est au milieu du guet, mais la volonté, ce message, c'est quand même qui est, à terme, quelque chose de plus coercitif. Personnellement, j'y suis opposé. Il faut de la liberté. Il faut faire remonter tous les établissements et donner des moyens supplémentaires à ceux qui accueillent des élèves en grande difficulté. Il faut hisser ses élèves vers le haut et ne pas faire baisser le niveau globalement. C'est un peu la philosophie de Najat Vallaud-Belkacem. On l'a vu avec la question des notes. Sa volonté, son idée, j'oserais dire son idéologie, c'est un nivellement par le bas. Moi, je préfère faire monter ceux qui sont en difficulté.
Est-ce qu'il faut que les populations se mélangent dans les collèges ?
La société, elle est diverse. Il faut que les collèges soient l'image de notre société. Il ne faut pas qu'il y ait des ghettos sociaux. Il ne faut pas qu'il y ait des territoires qui soient aujourd'hui enfermés dans une approche sociale ou ethnique. Pas de ghettos sociaux, pas de ghettos ethniques. Le Premier ministre l'a dit avant moi. Mais la réalité, elle est là aujourd'hui. C'est contre cela qu'il faut lutter. Mais il faut lutter avec des moyens pour donner de l'emploi, pour favoriser l'intégration des populations étrangères qui sont dans ces quartiers. Pas avec des mesures un peu alibi, un peu gadget, des mesures de com' et des mesures qui ne serviront à rien.
Le département des Alpes-Maritimes, le vôtre, est donc le premier à augmenter le temps de travail de ses agents. Les 4500 agents départementaux des Alpes-Maritimes vont perdre trois jours de congés et la moitié de leur RTT, à partir de l'an prochain, ils étaient privilégiés, les agents départementaux ?
Ils vivaient sous un régime qui est issu des protocoles dits Jospin de 2000-2001 suite aux lois Aubry. Et c'est vrai qu'il y avait un système très favorable qui a pu être accepté dans une période qui était plus favorable à nos collectivités. Aujourd'hui, dans un pays où il y a 6 millions de chômeurs, dans un pays où les collectivités locales et notamment les départements traversent une situation budgétaire extrêmement difficile, j'ai appelé les fonctionnaires du département à un effort supplémentaire pour qu'ils travaillent un peu plus au service de l'intérêt général, de leurs concitoyens, pour exercer des missions du quotidien qui sont essentielles.
Ce que je souhaite, c'est qu'il y ait plus de fonctionnaires par jour sur le terrain, présents dans les services et que globalement, il y ait un peu moins d'effectifs pour des raisons budgétaires. Depuis que je suis président du département, nous avons diminué les effectifs de près de 10% dans le département des Alpes-Maritimes. C'est la première collectivité à s'être engagée dans la diminution des effectifs avec un gain de 20 millions d'euros par an. Nous y étions contraints parce que les collectivités doivent aussi diminuer les dépenses publiques. Vous savez, les effectifs des collectivités ont été multipliés par deux depuis 1980.
En 1980, il y avait 1,1 million de fonctionnaires dans les collectivités locales. Il y en a près de 2 millions aujourd'hui, multipliés par deux. Est-ce acceptable ? Est-ce tolérable ? Non. Il faut diminuer les dépenses publiques. Dépenses publiques aujourd'hui, les seules rémunérations de la fonction publique, c'est 13,5% du PIB. Donc, nous avons engagé cette démarche. La contrepartie, c'est comme il y a moins de fonctionnaires, il faut que ceux qui soient présents travaillent un peu plus. C'est le sens de cet effort que je demande.
Sur la méthode, vous avez fait voter l'Assemblée départementale. Absolument, qui est compétente. Oui, mais vous n'avez pas consulté les agents ou obtenu l'agrément de leur syndicat. Donc, c'est votre conception à vous de la réforme sociale.
Nous les avons consultés. Ils ne sont pas d'accord. Il y a eu des réunions. Il y a eu légalement deux commissions techniques paritaires, ce qu'on appelle les CTP. Ils ont émis un avis négatif, ce que je comprends. Ce que je comprends, mais ce qui traduit aussi une forme de posture des syndicats qui refusent de bouger, qui refusent la réforme, qui ne voient pas que le monde évolue, qu'il y a 6 millions de chômeurs à l'extérieur, que des fonctionnaires ont un statut de protection, qui doivent les appeler à faire aussi des efforts. Donc, j'ai pris mes responsabilités. Vous savez, on parle aujourd'hui de la défiance à l'encontre du monde politique, de la perte de crédibilité.
Moi, j'ai des convictions. Je considère que les 35 heures ont été une calamité pour notre pays. Là où je suis, je n'ai pas le pouvoir de supprimer les 35 heures, mais j'ai le pouvoir de faire bouger les lignes. J'ai été élu pour cela, par les habitants de mon département, avec un programme clair. Donc, j'essaie de mettre en accord mes convictions et mes actes. C'est ce que nous avons fait. Nous avons pris nos responsabilités. Les élus ont voté. C'est ça, la démocratie.
Et c'est une méthode qui pourrait valoir au niveau national ? Bien sûr. En cas de retour au pouvoir, vous pourriez réformer de cette façon-là, sans obtenir un accord social, sans passer par ce qu'on appelle le dialogue social et le paritarisme ? S'il y a accord, tant mieux. Mais sinon... Si le paritarisme est un alibi au blocage, ça ne peut pas durer. Très bien. Éric Ciotti, invité de France Inter ce matin. On vous retrouve dans quelques minutes. On rendra aussi hommage au philosophe André Glucksmann, dont on a appris la disparition. Cette nuit, on a plusieurs invités en ligne. Et dans un instant, la revue de presse.
Éric Ciotti