GABRIEL ATTAL SUR FRANCE INTER | TOUTES LES SOLUTIONS N'ONT PAS ÉTÉ ESSAYÉES
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:02OuverteRéponse partielle
Bonjour Gabriel Attal.
- 0:09OuverteRéponse partielle
Merci d'être avec nous ce matin au micro de France Inter alors que Sébastien Lecornu a jusqu'à demain soir pour résoudre une équation presque impossible.
- 0:14OuverteRéponse directe
De votre côté, vous avez décidé de frapper fort hier en vous démarquant encore un peu plus du président de la République.
- 0:18OuverteRéponse directe
Je ne comprends plus les décisions d'Emmanuel Macron, avez-vous dit.
- 0:22RelanceRéponse partielle
C'est la rupture entre lui et vous, vous parlez comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ?
- 1:04OuverteRéponse directe
Et on va parler de la méthode que vous proposez, mais est-ce que le mot de rupture vous paraît approprié ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« Ça me coûte personnellement. Le président de la République, je l'ai accompagné. »
- 0:35Invité politiqueFait
« J'ai été d'abord un militant, j'ai fait sa campagne en 2017, je l'ai accompagné ensuite. »
- 1:46Invité politiqueFait
« Et c'est vrai que depuis la dissolution, qui est en elle-même une décision incompréhensible, »
- 2:37Invité politiqueFait
« Je l'ai proposé juste après la chute du gouvernement de François Bayrou, »
- 2:43Invité politiqueFait
« la méthode qui a été utilisée depuis un an, c'est-à-dire que le président désigne un premier ministre, en le chargeant d'aller discuter avec les formations politiques, n'a pas fonctionné, »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« puisque trois premiers ministres ont dû quitter leur fonction en un an, »
- 3:55Invité politiqueFait
« Vous avez aujourd'hui des partis qui sont représentés à l'Assemblée Nationale, aucun ne peut former une majorité. »
- 4:51Invité politiquePromesse
« Moi je propose une vraie négociation avec un négociateur indépendant des partis politiques »
- 5:03Invité politiqueFait
« parce que je constate depuis un an que les négociations ont toujours été menées par des personnalités désignées par le Président de la République comme Premier ministre. »
- 7:30Invité politiqueFait
« L'Assemblée nationale telle qu'elle existe aujourd'hui en France, c'est-à-dire aucune majorité, elle est inédite dans l'histoire de France, »
- 8:42Invité politiqueFait
« Ça veut dire des Français qui ne sauront pas de quelles aides ils peuvent bénéficier pour rénover leur logement par exemple en matière d'isolation thermique. »
- 8:55Invité politiqueFait
« Donc, il faut un budget pour le pays. »
- 9:51Invité politiqueFait
« Tout n'a pas été essayé depuis un an. »
- 9:53Invité politiqueChiffre
« Le président a essayé trois fois la même chose. »
Temps de parole
- Gabriel Attal69 %
- Présentateur28 %
- ?3 %
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Bonjour Gabriel Attal.
Bonjour Benjamin Duhamel.
Merci d'être avec nous ce matin au micro de France Inter alors que Sébastien Lecornu a jusqu'à demain soir pour résoudre une équation presque impossible. De votre côté, vous avez décidé de frapper fort hier en vous démarquant encore un peu plus du président de la République. Je ne comprends plus les décisions d'Emmanuel Macron, avez-vous dit. C'est la rupture entre lui et vous, vous parlez comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ?
Je dis les choses telles que je les pense et telles que je les ressens. C'est pas facile évidemment, évidemment que ça me coûte. Ça me coûte personnellement. Le président de la République, je l'ai accompagné. J'ai été d'abord un militant, j'ai fait sa campagne en 2017, je l'ai accompagné ensuite. Si on m'avait dit il
y
a deux ans que je prononcerais cette phrase, évidemment que je ne
l
'aurais pas cru. Évidemment que ça me coûte aussi probablement politiquement parce que je sais que certains, y compris dans ma famille politique, ne sont pas forcément d'accord avec ça. Mais moi j'ai toujours essayé d'être lucide, j'ai toujours essayé de dire les choses telles que je les ressens, telles que je les crois et surtout, j'ai toujours cherché les solutions qui permettaient à mon pays d'avancer.
Et on va parler de la méthode que vous proposez, mais est-ce que le mot de rupture vous paraît approprié ?
Pour moi c'est plus du commentaire politique, du commentaire journalistique. Je pense que ce qui est important en ce moment, c'est comment est-ce qu'on aide le pays à sortir de cette crise. Les Français qui nous écoutent, je pense que la
question
de savoir la relation entre le Président et moi, c'est pas la priorité aujourd
'hui. Ce n'est
pas qu'une question de relation, Gabriel Attal, c'est la question d'essayer de comprendre. Quand vous dites, je ne le comprends plus, qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? Qu'est-ce que vous lui reprochez précisément au Président de
la
République ?
Moi je me suis engagé, je le disais il
y
a un instant, en 2017, avec cette idée d'une pratique différente du pouvoir. Et cette idée quand même de partager le pouvoir à tous les niveaux de la société, d'ailleurs avec les élus locaux, avec les partenaires sociaux. Et c'est vrai que depuis la dissolution, qui est en elle-même une décision incompréhensible, les décisions ont le plus souvent donné le sentiment d'au contraire ne pas vouloir partager le pouvoir. Alors que tout dans les résultats de la dissolution de 2024 invite quand même à partager le pouvoir, y compris avec des forces politiques qui ne faisaient pas partie de la majorité auparavant.
Donc à vous écouter, Emmanuel Macron ne comprend plus le pays,
ne ressent pas
suffisamment la colère que ressentent les Français ?
Ce n'est pas ce que j'ai dit Benjamin Duhamel, moi je me suis exprimé hier, vous l'avez dit, j'ai dit que je ne comprenais pas ces décisions, qui ont été prises depuis un an avec la dissolution et ce qui en a suivi. Maintenant je pense que l'important c'est surtout de trouver des solutions. Et moi je propose une solution, elle ne date pas d'hier, elle ne date même pas d'avant-hier, ça fait plusieurs mois maintenant que je la propose.
Je l'ai proposé juste après la chute du gouvernement de François Bayrou, puisque la méthode qui a été utilisée depuis un an, c'est-à-dire que le président désigne un premier ministre, en le chargeant d'aller discuter avec les formations politiques, n'a pas fonctionné, puisque trois premiers ministres ont dû quitter leur fonction en un an, essayons une autre méthode. Et
on va parler de cette méthode, mais juste encore un mot sur ce que vous avez dit et les mots que vous avez employés. Et ceux qui nous écoutent, et vous le disiez, savent que vous devez beaucoup voir tout au président de
la
République. Vous vous êtes engagé à ses côtés, il vous a nommé ministre, premier ministre. Est-ce que ce n
'est
pas un peu opportuniste, voire ingrat, de jouer la carte de la rupture au moment où le président est le plus affaibli ? Vous vous réveillez anti-macroniste au moment où c'est le plus porteur dans l'opinion d'être anti-macroniste
?
Moi je dis que je ne comprends pas certaines décisions, ça me semble plutôt être de la lucidité. Vous savez, je pense que l'opportunisme en ce moment, ça serait de se cacher, ça serait de parler le moins possible, pour ne pas montrer aux Français qu'on est un des protagonistes de cette situation, parce que la réalité, c'est que ce spectacle affligeant de la politique, il éclabousse tout ce qui s'exprime. À chaque fois que vous vous exprimez, vous rappelez que vous êtes un de ces protagonistes, je ne
suis
pas sûr que ce soit quelque chose qui vous aide, donc l'opportunisme, ça serait plutôt de parler le moins
possible. Vous êtes
encore un soutien
du président ?
Non mais Benjamin Duhamel, aujourd'hui, le sujet, c'est comment est-ce qu'on fait pour que le pays ait un budget ?
Donc on en est au point où l'ancien Premier ministre ne peut pas dire qu'il est encore un soutien
du président de la République ? Benjamin Duhamel, il
n
'y
a plus de majorité à l'Assemblée Nationale. Vous avez aujourd'hui des partis qui sont représentés à l'Assemblée Nationale, aucun ne peut former une majorité. Donc le sujet, il n'est plus dans le rapport au président, il est dans le rapport aux autres partis politiques qui sont représentés à l'Assemblée. Et moi je crois encore une fois qu'une solution est possible.
Alors justement, essayons de comprendre ce qui peut se jouer dans les 48 heures. Sébastien Lecornu a jusqu'à demain soir pour trouver une solution. Vous serez d'ailleurs dans une heure autour de la table avec lui à Matignon. Ça commence bien puisque Bruno Retailleau a décidé de ne pas se rendre à cette réunion. Ça veut dire que c'est perdu d'avance, Sébastien Lecornu va échouer
?
Écoutez, moi je l'ai dit, évidemment que je souhaite que toutes les initiatives qui soient prises puissent réussir. Donc moi à chaque fois qu'on m'a proposé de venir à une réunion, à chaque fois qu'on m'a proposé de rencontrer des responsables politiques en ce moment, je l'ai fait. Et je le fais toujours parce que je considère que
c
'est notre responsabilité en ce moment. Donc oui,
je
vais aller à cette réunion, évidemment. Je vais y aller avec le même message que j'ai depuis un certain temps maintenant, c'est-à-dire le fait qu'on doit être capable de bâtir un compromis. Mais la lucidité vous force à reconnaître que
la réussite de Sébastien Lecornu est peu probable ?
Moi je propose une vraie négociation avec un négociateur indépendant des partis politiques parce que je constate depuis un an que les négociations ont toujours été menées par des personnalités désignées par le Président de la République comme Premier ministre. Et que malheureusement c'est un prétexte assez commode pour beaucoup de partis politiques pour ne pas s'engager dans la discussion parce qu'ils considèrent que les jeux sont biaisés, etc. Donc je pense qu'une autre méthode est possible. Elle ne date pas d'aujourd'hui cette proposition, ça fait un certain temps que je la formule. Et c'est une méthode qui existe dans beaucoup de pays européens autour
de
nous. Trois questions très concrètes sur cette méthode pour tenter de dépasser les éléments de langage. D'abord vous parlez des négociateurs. C'est quoi un négociateur ? C'est quoi un bon négociateur ? Est-ce que c'est l'ancien patron de la CFDT Laurent Berger ? Est-ce que c'est l'ancien ministre Jean-Louis Borloo ? Qui pour tenter d'essayer de trouver ce compromis politique ?
Je pense que c'est une personnalité qui, une ou des personnalités, qui par leur parcours, leur expérience, ont montré qu'elles étaient capables de mettre autour d'une même table des personnes qui pensent différemment mais à chercher un compromis.
Est-ce que par exemple
Laurent Berger, Jean-Louis Borloo,
c'est des personnalités idoines ?
Je pense que c'est des personnalités qui par ailleurs montrent une forme de désintéressement partisan dans la période actuelle. Après vous avez plusieurs personnalités, un certain nombre de personnalités. et donc
je
ne doute pas que si de manière sincère des formations politiques décident de s'engager dans cette méthode, on parviendra à s'accorder sur une ou des personnalités qui pourront mettre tout le monde autour de la table. Encore une fois, on sortira de ce
prétexte qui est utilisé, Valérie
Rabault... Benjamin, je ne
vais
pas moi ici vous dire, c'est une discussion qu
'on doit avoir... Non mais
c'est pour essayer de comprendre quand vous parlez de préfigurateur, là encore ça peut paraître
assez évanescent pour les Français. Je vous ai dit
un peu les traits de personnalité, d'expérience que ça pouvait être. Je pense que cette discussion, il faut qu'on l'ait. Et d'ailleurs, on
a
commencé à l'avoir avec différentes formations politiques.
Deuxième question sur ce changement de méthode. Pour qu'il y ait changement, il faut aussi qu'il y ait des évolutions sur le fond. Est-ce que vous êtes prêt à dire, comme patron de Renaissance, patron des députés macronistes, que vous êtes prêt, par exemple, à dire la suspension de la réforme des retraites, ce n'est plus un tabou ? Parce que c'est bien d'être sur la méthode, mais Olivier Faure, hier soir, vous dit qu'il faut aussi aller sur le fond. Est-ce que sur le fond, vous êtes prêt
à bouger ? Benjamin
Juhamel, moi ce que j'ai dit, c'est que pour aller sur le fond, il faut qu'on ait une méthode pour le faire. Je ne
vais
pas faire la négociation ici, avec moi-même, sur le plateau de France Inter. La négociation, pour qu'elle fonctionne,
c'est comme ça que ça se passe.
En
transparence, Gabriel Attal, sur
les idées que vous portez, est-ce que l'idée de dire, aboutir pour avoir une stabilité politique, sur une suspension de la réforme des retraites, est-ce que c'est quelque chose que vous envisagez, ou au contraire, est-ce que vous le balayez d
'un regard de main ? C'est comme ça
que ça se passe partout autour de nous. L'Assemblée nationale telle qu'elle existe aujourd'hui en France, c'est-à-dire aucune majorité, elle est inédite dans l'histoire de France, mais elle ne
l
'est pas du tout chez nos voisins européens. Partout en Europe, autour de nous, vous avez des parlements qui ressemblent à celui qu'on a aujourd
'hui
en
France.
Donc je n'aurai
pas
de réponse sur la possibilité
de suspendre la
réforme des
retraites.
Je viens, pourtant dans ces pays, ils arrivent quand même à faire des réformes, ils arrivent à faire des budgets, ils arrivent à avancer. Comment ? En ayant une méthode pour le faire, avec des partis qui se mettent autour de la table, et qui à ce moment-là, acceptent de faire des compromis. Je ne
vais
pas moi faire le compromis tout seul ici, sur le plateau de France Inter. Est
-ce que
c'est un tabou de suspendre la réforme des retraites ? Je suis prêt à avoir toutes les discussions avec les formations politiques autour d'une table. Les
auditeurs là encore entendront
que ce n'est peut-être pas un tabou. Juste, vous avez, j'ai lu ça, il paraît qu'hier soir à TF1, vous avez passé 45 minutes dans une loge avec Marine Tondelier et Olivier Faure. C'est ça, c'est le début de la préfiguration d'un nouveau compromis ? Ce sont vos nouveaux amis, Olivier Faure et Marine Tondelier ?
Ce
n
'est
pas une question d'amis, c'est une question de responsabilité. On est des responsables politiques. On a le destin du pays en partage quand même. On est début octobre, il n
'y a
toujours pas de budget
pour
l'année 2026. Et ça,
c
'est très concret pour les gens. C'est-à
-dire
des entreprises qui ne sauront pas si elles peuvent investir ou si elles peuvent embaucher si on n
'a
pas de budget. Ça veut dire des Français qui ne sauront pas de quelles aides ils peuvent bénéficier pour rénover leur logement par exemple en matière d'isolation thermique. Ça veut dire des jeunes couples qui potentiellement en ce moment ont envie d'acheter leur logement, qui voient les taux s'envoler et qui ne pourront pas emprunter pour acheter leur logement. Donc, il faut un budget pour le pays. Donc oui, je vous confirme. J'étais hier chez TF1 invité du 20h. Il se trouve qu
'il
y avait Olivier Faure et Marine Tondelier qui chacun faisaient aussi une intervention dans la tour de TF1. Donc, j'ai proposé qu'on se réunisse pour échanger. Oui, c'était une loge maquillage.
Ça
aurait pu être... C
'est un
début,
oui.
L'important, c'est de se parler, quoi.
Je
veux dire, ça ne me paraît pas être quelque chose d'extraordinaire. Heureusement qu
'on
se parle.
Un tout dernier mot et en quelques mots, Olivier Faure dit maintenant, c'est à nous d'être appelés à Matignon, c'est à nous de gouverner.
J'ai entendu ses propos. J'ai entendu aussi hier, il était invité aussi du journal de TF1 que quand on l'a interrogé sur ma proposition de cette nouvelle méthode, il n
'a
pas fermé la porte. Voilà. Donc, ce qu'il faut, c'est trouver une solution maintenant. Encore une fois, il n
'y a
pas de fatalité au chaos. Il n
'y a
pas de fatalité à la dissolution. Il n
'y a
pas de fatalité à ce qu'on se retrouve empêtré dans une situation où il n
'y a
pas de budget. Il y a des solutions qui sont possibles. Tout n'a pas été essayé depuis un an. Le président a essayé trois fois la même chose. On peut changer de méthode.
Merci, Gabriel Attal. Voilà pour la méthode. Pour les détails, on vous réinvitera, Nicolas.
Et
merci,
Benjamin.
7h59.
Gabriel Attal