Intervention de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale (21 octobre 2020)
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Chapitres
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- 0:37Invité politiqueFait
« je soutiens les mesures prévues pour l'augmentation de la rémunération des soignants et l'investissement dans les hôpitaux »
- 1:03Invité politiqueFait
« Nous savons tous que l'hôpital manque cruellement de personnel soignant »
- 1:14Invité politiqueChiffre
« Les 6 milliards d'investissements peuvent paraître importants, mais ils sont encore trop faibles face aux besoins »
- 1:28Invité politiqueChiffre
« la hausse de la contribution de la France au budget européen, qui a été votée en quelques heures, de 5 milliards en 2021 »
- 1:43Invité politiqueFait
« La France bénéficie du taux d'emprunt à taux négatif historique »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« reprendre l'intégralité de la dette hospitalière, plutôt que les 13 milliards prévus dans ce projet de loi »
- 3:35Invité politiqueFait
« Selon Mediapart, plus de 100 lits, dont certains d'EHPAD, sont fermés au CHU de Nantes, en pleine crise sanitaire »
- 3:50Invité politiqueChiffre
« les capacités de réanimation disponibles en Ile-de-France pour les patients Covid auraient diminué de 30% par rapport à Mars »
- 4:25Invité politiqueChiffre
« la fraude était de 2,3 milliards d'euros, soit 3,2% des prestations »
- 4:30Invité politiqueChiffre
« En extrapolant ce taux à l'ensemble des branches de la sécurité sociale, cela fait 16 milliards d'euros par an »
- 4:55Invité politiqueChiffre
« les différents régimes sociaux comptaient plus de 2,4 à 3 millions d'assurés fantômes et 5 millions d'assurés de plus que de résidents en France »
- 5:04Invité politiqueChiffre
« Elle a découvert une fraude de 40% »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan94 %
- ?6 %
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Monsieur
le Président, Messieurs les Ministres, Madame le Ministre, Ce projet de loi pour 2021 contient toutes les contradictions
qui
expliquent l'échec du gouvernement
face
à la crise sanitaire, économique et sociale du Covid-19. Ainsi, votre projet prétend prendre les mesures d'urgence nécessaires dans les mots, mais ne sont pas suivies
par
des décisions durables et cohérentes qui permettraient vraiment
de
remettre debout notre système de santé. Bien entendu,
je
soutiens les mesures prévues pour l'augmentation de la rémunération des soignants et l'investissement
dans
les hôpitaux, car toute amélioration est bonne à prendre pour celles et ceux
qui,
on le sait, se dévouent pour notre bien commun.
En
revanche, je ne pourrai pas voter votre projet dans sa globalité, car ces mesures sont insuffisantes et incomplètes. Seule la bérésina du Covid vous a obligé à consentir un effort financier.
Mais
la deuxième vague montre que cette prise de conscience est bien trop superficielle.
Nous
savons tous que l'hôpital manque cruellement de personnel soignant, et la hausse salariale prévue ne suffira pas à faire revenir les professionnels épuisés par votre système.
Les
6 milliards d'investissements peuvent paraître importants,
mais
ils sont encore trop faibles face aux besoins et aux retards pris qui ne datent pas d'ailleurs de votre gouvernement.
Il
suffit de relativiser cet effort budgétaire, avec d'ailleurs la hausse de la contribution de la France au budget européen,
qui
a été votée en quelques heures, de 5 milliards en 2021. Autrement dit, l'effort de la Nation pour l'investissement à l'hôpital
est
à peine supérieur aux raquettes de la bureaucratie européenne.
La
France bénéficie du taux d'emprunt à taux négatif historique. C'est donc le moment ou jamais d'investir dans des dépenses utiles, mais aussi de reprendre l'intégralité de la dette hospitalière, plutôt que les 13 milliards prévus dans ce projet de loi.
Avec
cette demi-mesure, vous laissez nos hôpitaux étouffés sous des dettes exorbitantes, alors que l'État peut les libérer pour un coût final qui sera bien moindre à la fin pour le contribuable. Faute de mettre les moyens pour attirer à nouveau des personnels soignants et d'investir, vous ne créez pas de lit de réanimation, et c'est le problème central de la crise d'aujourd'hui pour mettre notre pays au niveau de l'Allemagne.
Réalisez-vous que la France est complètement paralysée, avec un coût économique, social, de plusieurs centaines de milliards d'euros, car nous sommes dépendants de seulement quelques centaines de lit de réanimation de marge, entre une période normale et une reprise épidémique.
Le
faible nombre de lit de réanimation est semblable à une digue sous-dimensionnée, dont la hauteur serait à peine suffisante pour contenir une crue moyenne. Or, un système hospitalier comme une digue doit être paré pour des crises exceptionnelles, ce que vous refusez de faire toujours pour des raisons comptables.
Dans
la plupart des départements de France, des établissements de santé ont été fermés et pourraient tout à fait accueillir à nouveau des patients Covid, ce qui permettrait de maintenir le reste des activités hospitalières.
Vous
avez systématiquement refusé depuis le début de la crise de rouvrir de tels établissements, je pense au Val-de-Grâce à Paris, qui seraient parfaitement adaptés. Pire encore, les agences régionales de santé continuent à vouloir fermer des hôpitaux, des services. Dans mon département de l'Essonne, vous fermez les services des hôpitaux de Juvisy, d'Orsay, de Longjumeau, sans tirer aucune leçon de la crise. Selon Mediapart, plus de 100 lits, dont certains d'EHPAD, sont fermés au CHU de Nantes, en pleine crise sanitaire, malgré un résultat excédentaire de 3,8 millions d'euros en 2019.
Enfin, ce matin, le canard enchaîné nous apprend que les capacités de réanimation disponibles en Ile-de-France pour les patients Covid auraient diminué de 30% par rapport à Mars, pendant que le ministre annonce bien évidemment le contraire dans un journal. Alors vous me répondrez à juste titre que l'argent magique n'existe pas.
J
'ai répondu sur ce point.
Mais
depuis maintenant plusieurs années,
des
voix se sont élevées pour vous alerter sur l'ampleur considérable de la fraude sociale. Plusieurs parlementaires et la Cour des comptes ont fait des rapports accablants.
La
Cour des comptes s'est déclarée incapable de chiffrer précisément l'ensemble des détournements.
Mais
elle a reconnu pour la seule branche famille que la fraude était de 2,3 milliards d'euros, soit 3,2% des prestations. En extrapolant ce taux à l'ensemble des branches de la sécurité sociale, cela fait 16 milliards d'euros par an.
Il
s'agit d'ailleurs de l'ordre de grandeur estimé par le magistrat Charles Prats, mais aussi par notre collègue Pascal Brindeau dans son rapport parlementaire.
La
commission d'enquête parlementaire a prouvé
que
les différents régimes sociaux comptaient plus de 2,4 à 3 millions d'assurés fantômes
et
5 millions d'assurés de plus que de résidents en France. Enfin, la caisse Agirc-Arco a procédé à un contrôle sur 1 000 assurés qui résidaient en Algérie. Elle a découvert une fraude de 40%. Comment accepter, face à de tels chiffres, que vous ne preniez aucune mesure contre la fraude sociale, ne serait-ce qu'un plan d'action pour identifier enfin son ampleur
? La
France est l'un des pays
qui
dépense, et je conclue, M. le Président, le plus dans son système social, en particulier la santé. Nous disposons de professionnels soignants admirables, d'un dévouement, d'un professionnalisme reconnu de tous. Et pourtant, notre système est débordé, saturé, incapable de prendre en charge des milliers de personnes âgées, tout simplement écartés de la réanimation faute de lits disponibles.
En
un mot, comment peut-on dépenser autant d'argent dans un système, laisser tant de fuites d'eau, laisser tant de milliards gaspillés de fausses cartes vitales, et manquer de quelques milliers de lits de réanimation qui éviterait la paralysie de notre pays pour un coût colossal ?
Nicolas Dupont-Aignan