Face à Face : David Lisnard - 28/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05OuverteRéponse directe
Est-ce que vous n'êtes pas trop nombreux ?
- 2:42OuverteRéponse partielle
Vous ferez quoi sur l'héritage ?
- 4:15OuverteÉludée
Est-ce qu'il est compréhensible de taxer dès le premier euro ?
- 5:01OuverteRéponse directe
Dans les détails, ça veut dire quoi favoriser la transmission ?
- 7:36OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous sur l'âge pivot des retraites ?
- 9:35RelanceRéponse directe
Faut-il accepter davantage d'immigration face à la démographie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:53Invité politiqueChiffre
« On est le pays qui a le plus d'impôts et de charges. C'est incontestable. 45% de prélèvement obligatoire. »
- 2:56Invité politiqueChiffre
« On est le pays qui taxe le plus l'héritage aujourd'hui. C'est incontestable aussi. Le taux de 45% le plus élevé, ou un des plus élevés du monde, un des trois plus élevés. »
- 3:23Invité politiqueFait
« Comment se fait-il qu'alors qu'on paie plus d'impôts qu'ailleurs, on ait de plus en plus de dettes ? »
- 3:54Invité politiqueFait
« Comment se fait-il qu'il manque 20 000 places de prison depuis 15 ans ? »
- 4:48Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, c'est 100 000 euros par tranche, par 15 ans, par enfant, mais c'est totalement insuffisant. »
- 8:11Invité politiqueChiffre
« On va fermer 4000 écoles, pas classe, en France dans les cinq prochaines années. »
- 8:37Invité politiqueChiffre
« L'année dernière, seuls 13% des titres de séjour ont été pour le travail. »
- 12:42Invité politiqueChiffre
« On a 950 milliards de dépenses sociales en France. »
- 20:01Invité politiqueChiffre
« Le chiffre d'affaires du narcotrafic, on l'évalue à 8 milliards en réalité il est supérieur au budget de la justice. »
- 20:07Invité politiqueChiffre
« Il y a 300 000 familles qui vivent du narcotrafic en France. »
Temps de parole
- David Lisnard71 %
- Présentateur27 %
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Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour David Lissner. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes maire de Cannes, vous êtes à la tête de votre propre mouvement politique, un mouvement libéral, résolument libéral, et vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Honnêtement, vous devriez être le candidat des patrons. Et pourtant, hier, ils ne vous ont pas mis sur la scène. Est-ce que vous n'êtes pas trop nombreux ? Pardon de vous poser la question aussi franchement, mais est-ce que vous n'êtes pas trop nombreux ?
C'est pour ça que je propose une sélection, pour éliminer un certain nombre d'entre nous. Vous dites candidat des patrons. Moi, j'ai été petit patron, j'ai été commerçant, j'ai été aussi salarié. Je suis aussi le candidat de ceux qui veulent s'en sortir dans la vie. C'est-à-dire de montrer que le système tel qu'il est aujourd'hui ne peut créer que du déterminisme social, de la précarité, etc. Le débat d'hier, c'était entre ceux qui ont planté le pays et ceux qui le planteront encore plus. Donc, moi, j'arrive avec mon expérience du terrain, à la fois de maire, de père de famille, de personnes qui viennent aussi du privé. Et on le sent bien, David Lissner.
Et j'ai envie de faire entendre cela, parce que je crois qu'on peut vraiment redresser le pays, à condition de tenir une direction, de redonner le pouvoir aux Français, de travailler avec pragmatisme, bref, de retrouver une certaine constance.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a, vous parlez souvent aussi de questions régaliennes, de sécurité, mais sur l'économie, clairement, ce début d'année présidentielle, il commence avec des problématiques très clivantes, avec la question de la dette, de l'héritage, des retraites. Sur l'héritage, voilà une question fondamentalement clivante. On a eu cette semaine, du côté de la gauche, quelqu'un comme Mathilde Panot, à mon micro, qui disait, à partir de 12 millions, on prend tout. On a la CFDT qui dit, il faut taxer dès le premier euro. Et on a, de l'autre côté, quelqu'un comme Marine Le Pen, qui dit que c'est un impôt immoral, l'impôt sur les successions.
Et Bruno Retailleau qui dit, je les baisserai. Vous ferez quoi ?
Vous voyez, je ne vais pas aller tout de suite sur la morale, mais on pourra aller sur les principes. Si la France manquait d'impôts, je trouve que ce débat serait légitime. On est le pays qui a le plus d'impôts et de charges. C'est incontestable. 45% de prélèvement obligatoire. Premier élément. Deuxième élément, on est le pays qui taxe le plus l'héritage aujourd'hui. C'est incontestable aussi. Le taux de 45% le plus élevé, ou un des plus élevés du monde, un des trois plus élevés. Donc, je veux bien, mais tout ça, c'est du détournement d'opinion. Parce que ça évite la seule question qui vaille aujourd'hui.
Comment est-il possible que dans le pays où nous payons le plus d'impôts et de charges, on ait une dégradation des services publics et des comptes publics ? Comment se fait-il qu'alors qu'on paie plus d'impôts qu'ailleurs, on ait de plus en plus de dettes ? Et comment se fait-il que dans le pays qui a le record du monde de la dépense publique, on attende de plus en plus aux urgences ? Moi, je vois dans ma commune et dans pleine commune, on a quasiment plus...
C'est-à-dire les impôts en soi, on ne voit pas, mais ça fonctionne.
Il faut de l'impôt, évidemment. Il faut du bien commun et il faut du service public. C'est une évidence en subsidiarité, comme on dirait. Mais ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, quelle est l'efficacité de l'impôt ? À quoi sert notre argent ? Comment se fait-il que dans plein de villes aujourd'hui, dont la mienne, après une heure du matin, il n'y ait quasiment plus, voire plus, de police nationale ? Comment se fait-il qu'on ait des multirécidivistes dans la rue ? Comment se fait-il qu'il manque 20 000 places de prison depuis 15 ans ? Donc, il ne parle pas de ça, il ne parle absolument pas de l'organisation des pouvoirs publics.
On a de plus en plus d'agents de la fonction publique, très souvent, d'ailleurs, pas managés, pas commandés, pas bien traités, et on a de moins en moins de services publics sur le terrain. C'est ça la question. Et c'est cette question-là, moi, que j'essaie de répondre, parce qu'en tant que Français, c'est ce qui me préoccupe.
Sur la question de l'héritage, je vous repose la question. Est-ce qu'il est compréhensible, acceptable, de taxer dès le premier euro, ou alors, à l'inverse, de se dire qu'il y a un seuil et en dessous, on ne fait rien ?
Moi, je suis, en environ principe, je pense qu'il faut respecter la propriété privée, et notamment la propriété du fruit de son travail. Pourquoi Mme Panot dit qu'on prend tout, mais c'est qui ceux-on ? Pourquoi l'État gérerait mieux l'argent que ceux qui l'ont gagné ? Moi, je suis même pour la liberté d'attribution de l'héritage à qui on veut. De faciliter, de baisser toutes les fiscalités pour le transmettre aux jeunes du vivant. Aujourd'hui, c'est 100 000 euros par tranche, par 15 ans, par enfant, mais c'est totalement insuffisant. Tous les pays qui ont libéré cela ont recréé de la mobilité du capital au profit de la jeunesse. Et je le répète.
Dans les détails, ça veut dire quoi ça, David Disnarkand ? Vous dites deux choses. C'est-à-dire, un, je veux favoriser la transmission. Ça veut dire qu'il faudrait pouvoir transmettre plus et moins taxer, plus régulièrement, tout au long de sa vie, à ses enfants, ses petits-enfants.
Oui, notamment l'indirect, mais aussi donner une plus grande liberté d'attribution pour des gens qui ont de l'argent, pour des causes, la cause animale, attribuer pourquoi pas un fonds de capitalisation, que vous remarquerez que je propose depuis des années pour la retraite. Et maintenant, j'ai vu que d'autres le reprennent, les mêmes qui les disqualifient.
Et pardon, vous avez dit une autre chose, David Disnark. Vous avez dit, je suis pour aussi faciliter le fait de transmettre, y compris à d'autres, et à qui on veut. Vous avez peut-être vu que Clémence Guettet, député LFI, est favorable à davantage de droits pour l'amitié, et notamment la question de la transmission du patrimoine.
Non, mais moi, je ne comprends pas ces gens-là, si vous voulez. Mais vous dites la même chose, non ? Ce n'est pas la politique, mais ce n'est pas l'amitié. L'amitié, c'est subjectif, c'est intime. Enfin, je comprends que quand on est ultra-interventionniste, d'extrême-gauche, ultra-communiste, on veut même réguler l'amitié, on veut même faire un régime fiscal pour l'amitié. Mais moi, ça ne m'intéresse pas. Ce que je veux, c'est qu'on laisse les gens tranquilles, qu'on les laisse faire leur vie, quoi. C'est aussi simple que cela. Sur ce point, ça aussi... On ne va pas faire un régime fiscal pour l'amitié. Et en plus, elle ne dit pas que cela. Pardonnez-moi, elle ne dit pas que cela.
Elle rattache cela à, évidemment, le dénigrement de la famille. Dans le même propos que j'ai entendu à posteriori, elle estime que la famille traditionnelle, on va dire, qui peut être recomposée ou pas, d'ailleurs, est une espèce de scorie d'extrême-droite. Donc, vous voyez, ces gens-là sont des idéologues, sont des extrémistes et sont très dangereux, à mon sens.
Donc, favoriser, malgré tout, effectivement, la transmission... Mais la propriété...
Parce que, vous savez, l'impôt... Moi, je ne suis pas concerné, à toute personne, par l'héritage, dont j'en parle très librement. Mais l'héritage, il a déjà payé l'impôt. Plein de fois. C'est un impôt sur la mort, l'impôt sur l'héritage. C'est quand même un argent qui a été déjà le plus taxé au monde. Nous avons le record du monde des prélèvements obligatoires, des impôts et des charges. Alors, tous ces gens-là sont des génies pour inventer des nouveaux impôts. Ça, je leur fais confiance. Ils sont super astucieux pour ça. Mais aujourd'hui, on a trop d'impôts.
Si on veut relancer l'activité économique, la prospérité, si on veut que les Français gagnent plus d'argent, il faut aujourd'hui moins pénaliser la création de valeur et la transmission du capital et de la valeur.
David Gysnard, tout est lié au fond. La question de la transmission, la question de la vie, la retraite, l'âge. Vous l'avez peut-être entendu. Vous venez de parler de la capitalisation, on va y venir. Mais simplement sur l'âge pivot, l'âge de la retraite. Bruno Retailleau, hier, dit qu'il faut indexer potentiellement ou faire évoluer l'âge de départ à la retraite en fonction de l'espérance de vie. Qu'en pensez-vous ?
Oui, c'est une proposition qu'on fait depuis très longtemps qui a été suivie dans beaucoup de pays. C'est un principe de réalité. Mais moi, je vais bien plus loin. Je pense qu'il faut cesser de vouloir entretenir un système qui est mort. L'État-providence ne peut plus fonctionner tel qu'il a été conçu en 1945 parce qu'il reposait sur trois piliers qui n'existent plus. Le premier pilier, le plus important, c'était la démographie. On faisait des enfants et on faisait reporter. C'était une base de pyramides qui cotisait pour les autres. Aujourd'hui, c'est une pyramide de Ponzi, comme on dit. C'est-à-dire qu'il y a de moins en moins de cotisants.
On va fermer 4000 écoles, pas classe, en France dans les cinq prochaines années. Moi, je suis maire, je vois ça partout parce qu'il n'y a plus de gamins. Et c'est une réalité. On va ouvrir 2000 EHPAD et on va fermer 4000 écoles. La révolution démographique, elle change tout. Elle change le rapport à la santé. Elle change le rapport aux bénévolats. Elle change tout. Le deuxième pilier, c'était une immigration maîtrisée, moins de 100 000, et du travail. L'année dernière, seuls 13% des titres de séjour ont été pour le travail. Donc, c'est une immigration massive, non maîtrisée de peuplement, qui coûte cher aux finances publiques. Troisième élément, c'était des gains de productivité énormes.
On va en retrouver dans quelques années. Je travaille beaucoup actuellement sur la robotique, l'évolution du rapport au travail. J'aurais aimé, d'ailleurs, qu'on parle de ça hier dans les débats. J'ai essayé d'en parler dans mon débat avec M. Roussel. Le vrai débat de la REF, hier, c'était entre M. Roussel communiste et moi. Il y avait deux versions. Et c'est celui, d'ailleurs, je trouve qu'une grande chaîne telle que la vôtre, on a dû s'en emparer, laisser le débat pénible aux autres.
Qui n'aurait pas dû être privatisé, ce débat. En effet, vous avez bien raison. Je n'ai pas dit ça, je n'ai pas dit ça. L'an dernier, j'étais moi-même sur cette scène. Et c'est moi qui avais animé le grand débat de la REF. Et nous avions tout à fait laissé les autres chaînes pouvoir le partager. France Info avait d'ailleurs diffusé ce débat en même temps. Je ne pensais pas toucher une corde aussi sensible. Oui, mais je le fais parce que je trouve que c'est très important, la démocratie. David Lissner, vous disiez, les robots, en effet, vous l'avez vu, notamment en Chine, ils se développent.
Est-ce qu'au fond, il faut accepter que face à cette réduction de la démographie, certains disent, ça justifie davantage d'immigration. Vous vous dites, non, ça ne doit pas justifier davantage d'immigration. On doit transformer le travail ?
Oui, absolument, parce que la population française, y compris, moi j'ai beaucoup d'immigrés récents dans ma commune, c'est une ville qui a un taux de pauvreté élevé, beaucoup d'immigration maghrébine, capverdienne, etc., veulent de l'ordre. Et me disent qu'aujourd'hui, eux-mêmes sont les premiers à me dire qu'il faut fermer le robinet migratoire. Et qu'il y a un enjeu, c'est de préserver un mode de vie, l'égalité homme-femme. Vous voyez cette extrême gauche qui voit du patriarcat dans une côte de bœuf sur un barbecue, mais qui ne voit pas de patriarcat sur la burqa. Ils sont quand même un peu désingués, si vous voulez. Désingués ? Oui, je le pense.
Et ce problème, c'est qu'ils sont en train de... Cette idéologie indigéniste, racialiste, qui devient raciste, qui est souvent antisémite, est en train de contaminer des écoles, des universités, parfois des médias, parfois des grandes écoles. Donc il y a un problème civilisationnel aussi, qu'il faut regarder en face. Et la robotique, je vous annonce, je fais du teasing, comme on dit, mais je vais sortir un ouvrage sur l'IA et la robotique, un petit ouvrage sur l'encyclique du pape dans quelques semaines. Il y a un lien ? Oui, parce qu'en fait, d'abord c'est accrocheur pour le vendre. C'est ça ce que je me disais, mais attendez, le pape, la robotique, je ne comprends pas.
Je vais vous dire tout simplement, j'ai visité une entreprise à Paris qui s'appelle Vendercraft, qui est fantastique, une des meilleures au monde pour les exosquelettes et les robots, qui vont faire un accord stratégique avec Renault. Et j'ai compris beaucoup de choses ce jour-là. Et en même temps, j'avais lu l'encyclique, qui pose des vraies questions. Après, je ne suis pas d'accord surtout dans l'encyclique, mais j'aurais aimé que les hauts commissariats aux grands machins qui ne servent à rien en France, ou commissariats aux autorités, machin, aient la même réflexion de prospective.
Ce que je veux dire, c'est qu'on va avoir dans 30 ans d'hypothèses raisonnables, 50 millions de robots en France, 20 millions dans l'industrie et les services, 20 millions dans les ménages, ça va être un marché colossal, et 10 millions pour aider les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées et tout. Donc tout cela, il faut voir quelle sera la fiscalité là-dessus, comment on répartit la productivité, la valeur ajoutée et la taxation de la valeur ajoutée par rapport à ces nouveaux outils. C'est passionnant, et c'est ce futur-là qu'il faut qu'on construise.
David Lysnard, la dette, voilà aussi un des... Alors, à la fois, évidemment, un des grands débats parce que clivant, là aussi, faut-il brûler la dette, faut-il geler la dette, une partie en tout cas. Mais bien au-delà de ça, comment faire face ? Aujourd'hui même, l'agence Fitch va devoir rendre sa notation de la France. Elle est redoutée, la France qui est non seulement très endettée, mais qui paye cette dette de plus en plus chère, plus chère que l'Espagne ou l'Italie. L'Italie, c'est la droite, l'Espagne, c'est la gauche. Ils ont réussi, nous, on n'y arriverait pas ?
Si, on va y arriver, évidemment. On n'y arriverait pas avec ceux qui nous ont amenés dans le mur. Enfin, c'était extraordinaire. Dans le débat d'hier, vous aviez ceux qui nous expliquent comment ils vont régler les problèmes alors que ça fait 20 ans qu'ils les créent et qui ont créé la dette et qui nous expliquent tout de façon très docte. Et puis, vous avez les autres qui ont des propositions encore pires, ultra-dépensières, ultra-démagogiques. Voilà, il faut faire comme on fait dans n'importe quelle entité, dans n'importe quelle entreprise, dans n'importe quelle association. Il faut regarder à budget zéro, regarder les dépenses qui ne servent à rien.
On a 950 milliards de dépenses sociales en France. On n'a jamais autant eu de SDF dans nos rues.
Mais est-ce qu'il faut baisser les dépenses sociales ou est-ce qu'il faut changer le modèle ?
Il faut les deux, évidemment. Parce que le problème, c'est que ce modèle de dépenses sociales non maîtrisé, avec plus de 200 aides, il ne permet pas d'aider les plus précaires que nous, on traite dans les centres communaux d'action sociale et qu'on aide, il y a une réalité humaine. Et parallèlement, il favorise l'importation de la pauvreté et la culture de l'oisiveté. Donc, il faut en finir totalement avec ce modèle qui n'est plus finançable.
Ce qui arrive sur la dette, enfin, c'était prévu, enfin, je vous avais interviewé il y a trois ans, et après la dissolution, les mêmes qui nous font des leçons d'austérité sont ceux qui viennent de voter sous la pression du Parti Socialiste l'abandon de la réforme des retraites. Ce sont les mêmes qui votent des surfiscalités, ce qu'ils ne comprennent pas. On est tellement en apnée budgétaire qu'on ajoute des impôts qui, eux, tuent l'activité économique et qui réduisent les flux qui reviennent aux services publics.
David Lissnard, vous allez tenir combien de temps ?
Moi, je vais tenir... Écoutez, je ne sais pas si je ferai un ou deux mandats de Président de la République, mais...
Non, vous avez bien compris, évidemment, vous pouvez ironiser, mais... Je me disais, vous êtes très heureux, on est en train de se retrouver dans une sorte de primaire sauvage, où les uns et les autres espèrent peut-être une sorte de sortie comme dans les courses automobiles où il y en a un qui va, à un moment ou à un autre, prendre la tête et que les autres vont dire « Allez, ok, je lâche la ferme. »
Écoutez, moi, entre 50 nuits et 11 d'étatisme, je propose autre chose. Je propose que la société civile, que le pays se reprenne en main. Je crois que je le travaille. Après, on est d'accord ou pas avec moi. Mais c'est élaboré, c'est le fruit de mon travail. J'irai au bout. Et je propose une compétition à droite avant. Ça veut dire quoi, à droite ? C'est à ceux qui la refusent de se justifier. N'inversons pas la charge de la peur. Ceux qui la refusent, c'est qui ? C'est Édouard Philippe ? Oui, apparemment. Mais quand Gabriel Attal dit « Je ne suis pas hostile. »
Gabriel Attal, ici même, à mon micro hier matin,
disait « Mais moi, cette primaire, je suis ok. » Chiche, qu'il le fasse. Brûlons-Retaille aussi. Allez, on y va. On se réunit.
Et vous y allez sans Édouard Philippe ? C'est pour lui ?
Mais je pense que ceux qui ne viendraient pas auraient besoin de se justifier de pouvoir faire gagner Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen.
Ce matin, vous nous dites, David Lissnard, « Allons-y, montons-la tout seul. »
Ben oui.
On y va avec Gabriel Attal, avec Bruno Retailleau, avec qui ? Est-ce que ça va jusqu'à Éric Zemmour ? Est-ce que ça va jusqu'à... Quoi ? Rampage Gussman ?
Je vais vous répondre. Non, non, je ne suis pas de gauche. Non, mais je veux dire,
si on fait entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Moi, si vous voulez, je n'irai pas gouverner avec des gens en qui je ne crois pas. Je n'irai pas gouverner avec Édouard Philippe, avec Attal. Ces gens-là nous ont amenés dans le mur et je pense qu'ils disent des choses intéressantes.
Vous n'irai pas gouverner avec eux. Vous nous dites ce matin, « Je n'irai pas gouverner. » Non, non, bien sûr. Vous ne serez pas ministre d'Édouard Philippe ou de Gabriel Attal.
Je n'y suis déjà pas allé. Hier, je n'irai pas demain. Je ne cherche pas des points à retraite ou ni sur un CV. En revanche, j'ai un principe de réalité. C'est que la division, l'éparpillement sur le centre droit et la droite fait perdre. Ce n'est pas à moi de délivrer des titres de compatibilité républicaine des uns ou des autres etc. Je ne veux pas être assimilé au macronisme. Je ne suis pas d'extrême droite mais vient qui veut à la primaire de droite. Vient qui veut.
Alors, est-ce que vous dites de droite ou de droite et du centre ?
Vous dites quoi ? De droite et du centre si vous voulez mais vient qui veut dans cette primaire de droite et comme il y a une primaire de gauche qui s'organise. Alors, vient qui veut et qui vote ?
Et qui vote ? Tout le monde. La primaire de gauche, il y a plusieurs modèles de primaires. Là, en ce moment, c'est en train de virer effectivement la primaire sauvage mais si on reprend ne serait-ce que la primaire telle qu'elle était faite pour la droite en 2016 ou la primaire de la gauche en 2011. La primaire de la gauche en 2011, c'était une primaire dite ouverte c'est-à-dire que venait qui voulait mais il fallait quand même cocher une petite case qui disait qu'on se reconnaissait dans les valeurs de la gauche et blablabla. Est-ce que vous, vous vous dites on fait le même principe ? On fait une sorte de texte commun sur c'est quoi le texte ?
C'est ce que j'ai écrit. Je ne veux pas vous le dire là mais c'est de dire alors est-ce qu'on va jusque...
Non mais c'est quoi vos valeurs ? C'est quoi les valeurs communes à tous ceux qui pourraient participer à cette primaire ? De refuser les extrêmes ?
De quoi ? Non parce que les extrêmes c'est quoi le dénominateur commun ? Moi je pense que c'est de libérer la société en tout cas c'est ma conviction de dire qu'on s'engage à rétablir les comptes publics de faire en sorte qu'on rétablisse l'ordre républicain de trouver une vraie politique sécuritaire de rétablir l'école et après chacun y mettra ce qu'il veut dedans. C'est aussi simple que cela mais il y a un principe de réalité et la réalité est en face c'est-à-dire qu'aujourd'hui vous voyez bien et ça va s'accentuer à partir de décembre c'est-à-dire que les candidats à mon avis liés à la Macronie s'effondreront parce que personne n'en veut personne n'en veut en réalité dans le pays réel
Est-ce qu'en vrai David Disner vous vous parlez ?
Alors pas avec tout le monde mais oui moi je parle avec certains avec Boulot et Ayo notamment Alors est-ce que vous pourriez
faire cette primaire tous les deux ?
Ah mais non c'est pas une primaire
Non Donc on peut imaginer que vous fassiez ça
La gauche est en train d'y arriver il y aura Mélenchon et il y aura un candidat de gauche Et vous ne vous parlez pas avec Edouard Philippe ?
Si de temps en temps Il n'y a pas de problème humain Ce n'est pas mon souci Qu'est-ce qui bloque Ce qui bloque C'est que ces personnes-là s'imaginent que le pouvoir l'aurait dû Quand vous avez été nommé et que vous êtes conseiller d'Etat vous imaginez que le pouvoir vous est dû Moi c'est cette caste-là Je vais faire voler en éclats Je pense qu'une primaire elle peut révéler non seulement des propositions mais aussi des parcours et des comportements Le courage qui était le thème de la REF c'est bien Le courage dans les mots c'est déjà un début mais il faut regarder le courage d'avoir dirigé des entreprises ou d'avoir été salarié ou d'avoir fait sa vie Je pense qu'il faut ce grand moment démocratique qui peut être un révélateur de projets de personnalités Et puis moi je vais essayer de faire une équipe de France de gens qui savent faire de gens qui ont géré des complexités Ce week-end j'ai le campus de la Gagne Écoutez on joue à guichet fermé je m'en réjouis Il y a des personnes qui viennent certaines me soutiennent d'autres ne me soutiennent pas mais sont plutôt des sympathisants mais vous verrez des profils très différents
Ça veut dire quoi de la Gagne ? Le campus de la Gagne ?
Ça veut dire qu'on peut faire gagner le pays Ça veut dire que c'est un état d'esprit On dit la grinta en football ou en Italie Il faut être méditerranéen
Il y aura qui à votre campus de la Gagne ?
Il y aura beaucoup de monde Parce que pour le coup
le campus de LFI c'était le campus de la Gagne
De la Gagne de quoi ?
L'ambiance le nombre de personnes
Ils peuvent gagner électoralement mais ce serait la loose pour la France En revanche ça j'en suis convaincu
Vous estimez quand vous regardez les sondages qu'effectivement il est de plus en plus crédible désormais ce duel du deuxième tour ?
Malheureusement oui et puis surtout il y a une cohérence c'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon et son équipe ils sont cohérents Je les combats ardemment je suis aux antipodes de ce qu'ils sont et de ce qu'ils disent mais ils ont une dynamique d'offre politique qui correspond à une sociologie etc.
Donc c'est des gens structurés politiquement il n'y a pas de soucis et moi je veux les affronter d'ailleurs je veux les démystifier mais là-dessus donc vous verrez vous aurez des intervenants comme de Laurent Alexandre à Véronique Geneste Jean-Louis Borloo qui va venir Hervé Morin Étienne Blanc le sénateur qui est Nouvelle Énergie et qui a tant fait pour aider à lutter contre le narcotrafic je sais que ça va être évoqué dans quelques instants sur BFM TV avec mon collègue d'ALES dont je salue le courage et qui affronte comme tous les maires le développement de ce fléau et de cette violence ça sera un des enjeux pour vous ?
Oui bien sûr c'est un enjeu fondamental vous vous rendez compte qu'aujourd'hui le chiffre d'affaires du narcotrafic on l'évalue à 8 milliards en réalité il est supérieur au budget de la justice qu'il y a 300 000 familles qui vivent du narcotrafic en France il y a 200 000 forces de l'ordre en France entre les gendarmes les policiers etc. donc si on est face à un phénomène colossal colossal de violence des détournements de la jeunesse de problèmes sanitaires c'est colossal
Merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV David Lysna il est 8h49
David Lisnard