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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 4 janvier 2022 27 min

Couac à l'Assemblée Nationale : Gabriel Attal dénonce une "amicale de l'irresponsabilité"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h21 France Inter Léa Salamé Nicolas Demorand, le 7-9 Mais oui, c'est avec Léa Salamé que nous recevons ce matin le porte-parole du gouvernement. Et oui, et oui, question réaction au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Et bienvenue, on va parler évidemment de la situation sanitaire au sens strict dans quelques instants. Mais d'abord ce coup de théâtre à l'Assemblée Nationale hier soir. L'examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal a été interrompu. Suspension surprise après qu'une majorité de députés a refusé par un vote à main levée la poursuite des débats après minuit.

Camouflé pour le gouvernement dit LR. Correction infligée à Olivier Véran dit la France Insoumise. Dites-nous pour commencer comment un tel couac a-t-il pu être possible ? Il n'y avait pas assez de députés LREM dans l'hémicycle, voire à l'Assemblée ?

1:03
Gabriel Attal

On a vu hier soir une forme d'amicale de l'irresponsabilité se constituer avec effectivement les députés de la France Insoumise, du Rassemblement National et les députés LR pour faire un coup de procédure, pour essayer de faire dérailler le calendrier de l'adoption du pass vaccinal. Pour le Rassemblement National, la France Insoumise, on est plutôt habitués. Pour les LR, je pense que ça vise à masquer ce qui semble être manifestement des grandes turbulences en interne.

1:31
Présentateur

Mais cet amical a rencontré des amateurs.

1:35
Gabriel Attal

Vous savez, toute la soirée, dans les votes précédents, la majorité était majoritaire. Il y a eu un désaccord sur le fait de poursuivre les travaux et poursuivre l'examen du texte dans la nuit. Je dois dire que le résultat du vote a donné lieu à une scène assez choquante. On voyait les députés RN, France Insoumise, LR, en liesse, se réjouir qu'on ne puisse pas examiner, continuer l'examen de ce texte. Mais je vais vous dire...

1:58
Présentateur

Mais pardon, Gabriel Attal, la faute à qui, à l'origine ? On est en plein face à une explosion des contaminations. Vous défendez le passage à ce pass vaccinal sur un texte qui est controversé. Vous le défendez. Vous n'êtes pas suffisamment nombreux dans l'hémicycle pour le voter. Nicolas Demorand parlait d'amateurisme. C'est quoi ? C'est de l'amateurisme ? Ou c'est que vous avez un problème de fond vis-à-vis de ce pass vaccinal dans votre majorité ?

2:22
Gabriel Attal

Il y a salamé, ce que je disais à l'instant. Il y a eu des dizaines de votes hier soir, avant ce vote, sur la poursuite de l'examen du texte pendant la nuit. À chaque fois, la majorité était majoritaire sur l'adoption du pass vaccinal, sur le rejet des amendements qui visait à supprimer le pass vaccinal. Ce que je dis, c'est qu'il y a eu un désaccord et que les oppositions ont voulu faire un coup. Elles ont fait un coup. Manifestement, elles ont réussi. Même si, évidemment, on ira au bout de l'examen de ce texte et on visera le calendrier qui était prévu. On essaiera d'être au plus près du calendrier qui a été prévu. C'est-à-dire quoi ?

Si je peux juste aller au bout de ce que je disais tout à l'heure. Pourquoi est-ce que les LR se sont livrés à ce coup avec la France Insoumise et le Rassemblement National ? Parce qu'ils n'ont pas de ligne. Parce que qu'est-ce qu'on a entendu ces derniers jours ? On a entendu Eric Ciotti, Valérie Pécresse dire dans les médias qu'ils soutenaient le pass vaccinal. Et qu'est-ce qu'on a vu hier soir dans l'hémicycle ? On a vu les députés LR et Aurélien Pradié, le porte-parole de la campagne de Mme Pécresse, voter contre le pass vaccinal. Donc on se demande qui il faut croire. Et il faut que Valérie Pécresse, elle clarifie sa position.

Soit elle a menti en disant qu'elle soutenait le pass vaccinal et elle a demandé à ses troupes d'essayer de supprimer le pass vaccinal. Soit elle disait la vérité quand elle disait soutenir le pass vaccinal. Mais à ce moment-là, ses troupes ne la suivent pas.

3:32
Présentateur

On entend ce que vous dites sur l'opposition et notamment les LR. Mais pardon, cette nuit, c'est l'absence de députés La République En Marche qui ont fait capoter les choses. Et ce n'est pas la première fois que ça arrive. On a regardé en novembre 2020, toujours sur le même sujet, sur la crise sanitaire, en novembre 2020, prolongation de l'état d'urgence sanitaire, pas assez de députés La République En Marche dans l'hémicycle, on reporte le vote. En mai 2021, il y a quelques mois, toujours sur l'état d'urgence sanitaire, le modem, membre de votre majorité, est absent de l'hémicycle. Le texte n'est pas passé là, dû passer deux jours après. Ce n'est pas la première fois.

Est-ce que vous reconnaissez une forme d'amateurisme sur des textes ultra importants ?

4:06
Gabriel Attal

Ce que je vous ai dit, Léa Salamé, c'est qu'hier, il y a eu des dizaines de votes, qu'il n'y a pas eu de problème, qu'il y a eu un coup qui a été fait à ce moment-là...

4:12
Présentateur

Donc ce n'est pas votre vote, c'est ça ? Ce n'est pas ce que je dis, Léa Salamé, manifestement... Vous nous dites que c'est un coup politique de l'opposition.

4:19
Gabriel Attal

J'ai dit qu'il a fonctionné. Ce que je dis simplement, c'est qu'on pourrait peut-être s'interroger sur comment expliquer que des parlementaires, dans un contexte de crise sanitaire, dans un contexte d'urgence, on a besoin de faire adopter des mesures essentielles, décident de faire un coup politique, un coup de procédure, pour faire dérailler un texte qui est absolument nécessaire, et des mesures qui sont nécessaires. C'est quand même ça la difficulté, surtout quand vous avez des responsables LR, une candidate à la présidentielle, qui explique dans les médias, qui soutiennent les mesures du texte, alors qu'ils font exactement l'inverse dans l'émissage.

4:46
Présentateur

Le pass vaccinal pourra-t-il entrer en vigueur dès la mi-janvier ?

4:51
Gabriel Attal

Je vous ai dit qu'on allait viser, évidemment, le calendrier qui était prévu, c'est-à-dire la mi-janvier.

4:56
Présentateur

Il va être examiné ce soir ?

4:58
Gabriel Attal

Il y a la conférence des présidents de l'Assemblée qui va se réunir dans la journée, et qui déterminera le calendrier de la poursuite de l'examen du texte. Mais évidemment que l'examen du texte va se poursuivre, et évidemment on a toute confiance pour qu'il soit adopté par la majorité, qu'ensuite le Sénat, évidemment en responsabilité, examine ce texte aussi, et que le pass vaccinal puisse rentrer en vigueur. Mais pourquoi ? Parce qu'encore une fois, on est face à une situation urgente.

5:21
Présentateur

D'autant plus qu'Abraïel Attal parle, vous parlez vous-même, ce sont vos mots, on est face à une situation d'urgence. C'est pour ça qu'on voulait examiner ce texte, cette nuit, la salamée. Et pourquoi vos troupes étaient absentes ?

5:31
Gabriel Attal

Je vous dis, moi je n'y étais pas, vous pouvez interroger des responsables du groupe La République En Marche, ce que je vous dis c'est qu'ils étaient présents toute la soirée hier, et qu'il y a eu une suspension de séance dans des conditions, moi je n'y étais pas, mais qui reste à clarifier. En tout cas, ce qu'on a observé, c'est une volonté manifeste d'obstruction, de cette amicale d'irresponsabilité, avec les députés RN, insoumis, et DLR, ce que je déplore et ce que je dénonce.

5:56
Présentateur

Mais vous dites, le calendrier sera tenu pour le pass vaccinal, application dès mi-janvier.

6:00
Gabriel Attal

Évidemment, il faut que le pass vaccinal puisse entrer en vigueur aussi vite que possible, encore une fois, parce que cette mesure, elle est nécessaire. On a aujourd'hui une situation qui est tendue dans nos hôpitaux. On a aujourd'hui un besoin que la campagne de vaccination, et que la campagne de rappel, se poursuivent, parce que c'est ça qui permet de nous protéger. Regardez où on en était il y a un an. J'ai regardé avant de venir dans votre studio ce matin. Il y a un an, jour pour jour, on avait dix fois moins de cas en France, et pourtant on avait 25% de personnes hospitalisées en plus.

On avait dix fois moins de cas, et pourtant les bars, les restaurants, les théâtres, les cinémas étaient fermés. Il y avait un couvre-feu dans le pays, à 18h, dans 15 départements. Comment est-ce qu'on explique qu'avec dix fois plus de cas qu'à cette période, on n'ait pas toutes ces mesures, grâce à notre couverture vaccinale qui est large ? Pourquoi est-ce qu'on a cette couverture vaccinale large ? Parce qu'on a mis en place le pass sanitaire dès cet été, qu'elle nous a permis de l'obtenir.

Pourquoi est-ce qu'on veut continuer à avoir cette couverture vaccinale, et avoir des Français qui fassent leur rappel, précisément pour continuer à les protéger, et qu'on n'ait pas à en revenir à ces mesures ? Et pour ça on a besoin du pass vaccinal, il faut qu'il rentre en vigueur aussi vite que possible.

7:04
Présentateur

L'exécutif Gabriel Attal a fait le choix, je cite, de laisser circuler le virus pour atteindre l'immunité collective, un pari très risqué, selon les mots de l'infectiologue Eric Caume. Est-ce le choix que vous avez fait, laisser circuler le virus pour arriver à l'immunité collective ?

7:23
Gabriel Attal

On a toujours pris les mesures que nous jugions sur la base, par ailleurs des avis des autorités scientifiques, nécessaires pour protéger les Français. Et encore une fois, notre ligne, elle est claire, c'est un, la vaccination, on a une couverture vaccinale extrêmement large, et une campagne de rappel qui nous place dans le peloton de tête des pays européens. C'est deux, nos outils de passe sanitaire et bientôt de passe vaccinale. Et c'est trois, des mesures de freinage. Je vous rappelle qu'on a pris des mesures tout au long du mois de décembre, précisément pour réduire la circulation du virus. Et vous les avez assouplis.

On est face à un variant, Omicron, qui est incroyablement plus contagieux que les variants qu'on a pu connaître avant. Et Olivier Véran le disait, l'expérience qu'on a de nos voisins, des pays qui nous entourent, c'est que prendre des mesures type couvre-feu, type fermeture de certains établissements, vu la contagiosité de ce variant, donc très peu d'effet sur sa circulation.

8:17
Présentateur

Mais en tout cas, vous contestez les propos d'Eric Homme, vous n'avez pas fait un pari très risqué qui est de faire circuler le virus.

8:22
Gabriel Attal

On ne fait pas de pari avec la santé. Alors un choix, est-ce que vous avez fait un choix alors ? Est-ce que vous avez fait un choix ? On constate que ce variant, en France, comme partout dans le monde, est infiniment plus contagieux que les variants précédents. et qu'il est très difficile, voire impossible, sauf, le rappeler Olivier Véran ce week-end, à faire un confinement total et absolu, ce qu'on ne veut pas faire, d'essayer de stopper sa circulation. Et donc ce qu'il faut, c'est continuer à protéger les Français pour limiter le nombre de formes graves. Et ça, ça se fait avec la vaccination.

8:48
Présentateur

Pour le dire différemment, beaucoup ne comprennent pas qu'au moment où on a plus de 200 000 contaminations par jour, beaucoup ne comprennent pas que vous assouplissiez les conditions d'isolement des cas positifs. Sur ce point, est-ce que votre position est clairement de favoriser l'économie au détriment du contrôle sanitaire ?

9:04
Gabriel Attal

Non, parce que vous savez que cette décision qui a été prise, elle a été prise sur la base d'une recommandation du Haut Conseil à la Santé Publique, qui est une autorité indépendante composée de scientifiques qui ont fait cette recommandation à la lumière des données scientifiques qu'on a sur le variant Omicron. Et c'est d'ailleurs une décision qui a été prise dans beaucoup de pays à l'international.

9:22
Présentateur

Vous êtes libre ou non de suivre les avis. Bien sûr. Il nous est arrivé d'ailleurs de ne pas suivre. Il nous est arrivé de ne pas suivre des avis. Là, comme vous l'avez suivi d'avis, est-ce pour favoriser l'économie au détriment de la couverture sanitaire ? Non, encore une fois,

9:36
Gabriel Attal

les scientifiques du Haut Conseil nous disent qu'on peut le faire. Évidemment qu'on le fait. Aussi parce que ça permet à notre pays de continuer à vivre. Mais ce n'est pas uniquement l'économie. C'est la vie tout court. Vous savez, c'est permettre que les soignants puissent travailler dans nos hôpitaux. Ils sont éprouvés par ce qui se passe depuis deux ans qu'ils puissent continuer à travailler. C'est permettre que les écoles puissent fonctionner aussi normalement que possible, même si évidemment c'est très compliqué. C'est permettre que la société, que les transports puissent continuer à fonctionner aussi.

10:01
Présentateur

L'école, beaucoup de questions sur l'école. Le Conseil scientifique a estimé qu'un tiers des 800 000 professeurs au moins pourraient être touchés par le Covid d'ici la fin janvier. Un tiers sur les 800 000 profs, ça veut dire beaucoup de classes fermées. L'Éducation nationale dit qu'elle va faire appel à des vacataires mais aussi à des jeunes retraités de l'Éducation nationale pour pallier ces absences. Vous allez mettre des jeunes retraités devant des élèves qui sont probablement contaminés puisqu'ils ne sont pas vaccinés ?

10:25
Gabriel Attal

D'abord, cette estimation du Conseil scientifique, elle tenait compte d'une anticipation des professeurs contaminés, positifs, mais aussi des cas contacts qui auraient dû s'isoler. Or, Nicolas Demorand le rappelait, on a assoupli les règles, notamment pour les cas contacts qui n'ont plus à s'isoler s'ils sont vaccinés, modulo des tests qui sont faits régulièrement. Donc, l'estimation de 30% qui avait été faite avant, elle ne tient plus vu ces nouvelles règles qui ont été mis.

10:48
Présentateur

C'est très difficile à dire.

10:52
Gabriel Attal

On a eu hier une réunion autour de Jean Castex, le Premier ministre, avec les principaux ministres des différents secteurs qui sont concernés, précisément pour faire un point. Ce qu'on a constaté hier, c'est qu'aujourd'hui, l'impact de la circulation d'Omicron sur les principaux services publics est à ce stade modéré. Maintenant, évidemment, qu'il va y avoir des tensions. Il y a eu 15 jours

11:11
Présentateur

d'ouverture de l'école en même temps.

11:13
Gabriel Attal

Oui, vous avez eu beaucoup de Français qui ont été contaminés ces derniers jours, ces dernières semaines. C'était la rentrée. On aurait pu s'attendre à ce qu'il y ait un impact plus important dans un certain nombre de services publics. Je pense notamment aux transports ou à l'éducation nationale. Mais ça va être tendu. Ça va être difficile.

11:25
Présentateur

Avec les jeunes retraités, donc, je poursuis la question de Léa, des jeunes profs retraités ou des profs jeunes retraités devant des élèves potentiellement positifs.

11:33
Gabriel Attal

Et donc, effectivement, ce qui a été décidé pour qu'il puisse y avoir une continuité scolaire, c'est d'augmenter le vivier de remplaçants dont on dispose lorsqu'un professeur est contraint de s'isoler parce qu'il est positif. Vous avez aujourd'hui un vivier qui est de 9% du total des enseignants.

11:50
Présentateur

Ce n'est pas un peu baroque, pour le remplaçant. On augmente de 30%. On est dans une épidémie où l'âge aussi entre en ligne de compte.

11:58
Gabriel Attal

Nicolas Demorand, ce qui serait baroque, c'est de fermer les écoles. On ne veut pas fermer les écoles, on veut que les enfants puissent continuer à l'école le plus possible. Maintenant, quand vous avez un enseignant qui est positif et qu'il doit évidemment s'isoler, il faut faire le maximum pour trouver un remplaçant. On a aujourd'hui un vivier, on l'augmente de 30%, effectivement avec des jeunes retraités, avec des étudiants aussi, pour parer à cette situation évidemment qu'on espère passagère.

12:17
Présentateur

Pour éviter, Gabriel Attal, que les profs ne tombent malades, pourquoi ne pas leur distribuer des masques FFP2 ? Ces masques sont généralisés dans les transports en Allemagne et en Italie. Pourquoi pas aux enseignants qui sont en première ligne en classe avec parfois des enfants malades devant eux ? Aujourd'hui,

12:33
Gabriel Attal

la doctrine scientifique du Conseil à la santé publique estime que le masque chirurgical apporte une protection suffisante en population générale. On le réinterroge régulièrement pour lui demander si c'est toujours le cas et s'il faut faire évoluer les choses. Je crois d'ailleurs qu'il doit remettre un avis d'ici à la fin de semaine, un nouvel avis sur la question des FFP2. Évidemment, on suivra toujours la doctrine qui sera donnée par les scientifiques.

12:56
Présentateur

Éric Ciotti parle d'une pénurie

12:58
Gabriel Attal

en France des masques FFP2. Est-ce qu'il y en a une ? Aucune pénurie. Il y a des circuits d'approvisionnement qui fonctionnent. Des pharmacies peuvent se procurer des FFP2 et les commercialiser. Des ministères peuvent acheter des FFP2 avec centrales d'achat. On a un stock d'État, je rappelle, de masques qu'on a reconstitués qui comportent plus de centaines de millions de masques FFP2. Donc, il n'y a pas de sujet. C'est un sujet de doctrine. Aujourd'hui, la doctrine, encore une fois, due au Conseil, considère que le masque chirurgical apporte une protection suffisante. Si elle était amenée à évoluer, évidemment qu'on fera évoluer les choses.

13:29
Présentateur

C'est une information France Inter qu'on vous livrait ce matin. Martin Hirsch, le patron de l'APHP, dit avoir eu l'assurance du ministère de l'Éducation nationale que même en cas de fermeture de classe ou d'absence des enseignants, les enfants des personnels soignants seraient accueillis dans l'école. Est-ce que vous nous le confirmez ce matin ?

13:43
Gabriel Attal

Oui, je vous confirme que nous avons prévu un accueil partout en France, pas uniquement à Paris ou en Ile-de-France, évidemment, des enfants de soignants, évidemment, pour faire en sorte que les soignants puissent continuer à travailler. Ils le font dans des conditions extrêmement difficiles. et si les enfants étaient amenés parce que la classe a été fermée à devoir rester chez eux, évidemment, qu'on prévoit un accueil plutôt à l'école pour que leurs parents puissent continuer à travailler.

14:11
Présentateur

Et ça sera aussi le cas pour les enfants des pharmaciens, biologistes, ambulanciers de tous ces autres métiers qui avaient été considérés comme prioritaires lors des précédentes vagues. Leurs enfants pourront aussi bénéficier de l'école ?

14:25
Gabriel Attal

Sur ce point, la liste exacte sera communiquée par mes collègues du gouvernement dans la journée. Mais en tout cas, je vous confirme que pour les soignants, il y a cette demande qui a été faite et il y a cet accueil qui a été prévu partout en France et évidemment, on peut le comprendre.

14:36
Présentateur

Gabriel Attal, Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, a jugé que Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon qui ne prévoient pas de jauge dans leurs meetings sont irresponsables, totalement irresponsables. À ce micro hier, Jean-Luc Mélenchon dit qu'il distribuera des masques FFP2 à l'entrée de ses meetings. Le RN dit qu'il ne va pas se faire voler l'élection. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Vous pensez qu'ils sont totalement irresponsables ?

14:55
Gabriel Attal

Moi, ce que je dis, c'est qu'on a mis en place des jauges, vous savez, pour les grands rassemblements, limités à 5000 personnes en extérieur et à 2000 personnes en intérieur. Et la Constitution ne nous permet pas de fixer des jauges pour les rassemblements politiques, pour des raisons démocratiques. Les partis de la majorité présidentielle qui soutiennent le président de la République ont tout de suite dit même si on n'a pas d'obligation, nous, on se conformera à la règle, d'abord pour des raisons sanitaires, mais aussi pour des raisons d'exemplarité en limitant et en mettant des jauges. Valérie Pécresse nous a suivis sur ce sujet-là et c'est très bien.

Je constate qu'il y a des partis politiques qui ne font pas ce choix-là. Maintenant, c'est les Français qui jugent. Nous, ce qu'on souhaite à chaque fois qu'on a été amené à faire des rassemblements, c'est évidemment respecter les règles et c'est être exemplaire. C'est pour ça aussi, par exemple, on demandait le pass sanitaire à l'entrée de nos rassemblements politiques aussi pour donner l'exemple.

15:43
Présentateur

Juste une question puisqu'on est sur les jauges pour ceux qui aiment le sport. Un amendement qui vient de votre majorité qui n'a pas été suivi par le gouvernement qui dit que ce n'est pas la même chose d'avoir 5000 personnes dans le stade de France ou dans un petit stade. Pourquoi est-ce que vous ne faites pas des jauges proportionnées pour le foot, notamment ?

16:03
Gabriel Attal

Olivier Véran s'est exprimé sur ce point hier soir dans l'hémicycle puisqu'il y a eu le débat avant qu'il soit ajourné et il a indiqué que le système qui était proposé de jauges proportionnelles était extrêmement compliqué à mettre en place et qu'il y avait une forme d'usine à gaz avec ce système qui était proposé dans l'amendement qui a été discuté mais évidemment on fera en sorte d'être pragmatique dans l'application de cette règle. Donc on va aller vers des jauges proportionnées

16:27
Présentateur

sur les stades de foot.

16:27
Gabriel Attal

Il a dit qu'on fera en sorte d'être pragmatique dans l'application de la règle, évidemment.

16:30
Présentateur

Alors sur l'école, Patrick est au standard. Bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

16:36
Auditeur

Bonjour M. Attal. Bonjour. Ma compagne est directrice d'école. Elle s'est couché de très bonne heure hier soir après une journée de rentrée compliquée. Ce matin, elle découvre en écoutant la radio et en prenant sa douche qu'il faut désormais accueillir les enfants de soignants. Ce que elle et moi trouvons particulièrement normal. Elle avait déjà appris d'ailleurs les nouvelles consignes dimanche soir dans un article du Parisien payant de surcroît. Je comprends l'urgence sanitaire mais est-ce que vous trouvez que la façon dont sont traités les enfants, les parents et les enseignants actuellement est quelque chose d'acceptable et quelque chose de tolérable ?

C'est quand même inadmissible de retrouver tous ces gens devant l'école ce matin en situation d'essayer de comprendre comment ils vont pouvoir faire aujourd'hui pour gérer les choses en intégrant les nouvelles règles qui ont encore et encore été appris aux enseignants par l'intermédiaire et l'immédiat. Je trouve qu'il y a quelque chose là en termes de communication qui est quand même assez effarant.

17:35
Présentateur

On entend votre vive émotion Patrick. Qu'est-ce qui l'explique ? C'est le fait de ne pas être informé à temps ?

17:43
Auditeur

Oui. Elle sort de vacances et le dimanche elle guette depuis trois jours d'éventuels courriers électroniques pour savoir quelles vont être les nouvelles consignes. Il n'y a rien qui tombe et à 17h dimanche soir il y a un article payant dans Le Parisien où M. Blanquer explique quelles sont les nouvelles mesures. Alors je peux comprendre qu'on puisse utiliser le média.

18:05
Présentateur

Vous avez été coupé Patrick mais on a bien entendu à la fois votre émotion et le fond de votre question. Gabriel Attal vous répond.

18:15
Gabriel Attal

Évidemment que j'entends ce que dit Patrick et son émotion. Alors Michel Blanquer l'a dit lui-même il y a un matin évidemment qu'on regrette d'être amené à devoir parfois faire des annonces effectivement au dernier moment. Il l'a dit lui-même hier.

18:30
Présentateur

Mais pourquoi c'est vrai que c'est quelque chose qui n'a été pas compris c'est-à-dire que tous les directeurs d'école tous les enseignants attendez le protocole du ministère de l'éducation vous le sortez le dimanche soir la veille de la rentrée à 17h dans effectivement un journal privé Le Parisien où il fallait payer pour l'avoir il ne faut pas communiquer d'abord à ses équipes.

18:50
Gabriel Attal

Jean-Michel Blanquer l'a expliqué hier matin ce nouveau protocole il a été fait sur la base des recommandations que nous a fait le Haut Conseil qui sont arrivés le 31 je crois au soir donc vendredi et effectivement du coup le nouveau protocole était prêt dimanche je crois par ailleurs que dans la foulée de l'article le soir il y a évidemment une communication qui a été envoyée je ne cherche pas là à dire que tout est bien que tout est parfait qu'on fait tout bien qu'on ne fait pas d'erreurs ce n'est pas du tout mon discours évidemment qu'on fait des erreurs évidemment qu'il y a des choses qui ne sont pas parfaites c'est une erreur ça par exemple évidemment qu'il y a des choses qu'on souhaiterait améliorer et il y a des choses avec le recul dont on se dit qu'on aurait pu le faire mieux ce que j'essaye de dire c'est qu'on fait au mieux et encore une fois ce n'est pas parfait on fait du mieux possible face à une situation encore une fois de crise et face à une situation complexe parce que c'est vrai que le plus simple le plus simpliste ça aurait peut-être été comme le proposait certains je pense à Mme Pécresse de fermer les écoles là c'est sûr que vous n'avez pas de protocole

19:42
Présentateur

de reporter la rentrée d'une semaine

19:44
Gabriel Attal

oui de laisser les écoles fermer après la rentrée scolaire comme c'est le cas en Belgique c'est sûr que c'est plus simple vous n'avez pas de nouveaux protocoles à faire vous n'avez pas de nouvelles règles à envoyer nous on a fait ce choix depuis le début de favoriser l'école nos écoles elles sont restées ouvertes deux fois plus qu'en Allemagne trois fois plus qu'en Italie quatre fois plus qu'aux Etats-Unis et quand on regarde avec le recul on ne le regrette pas parce que la situation sanitaire n'est pas particulièrement meilleure que chez nous dans ces pays par contre il y a des retards effarants qui ont été accumulés que c'est difficile et évidemment que quand on est amené à devoir communiquer des informations tard au dernier moment on le regrette et je vais le dire j'en suis désolé pour ceux qui sont confrontés à ça au quotidien

20:22
Présentateur

rapidement Hugo c'est plus sur l'école mais sur l'université au vu de l'explosion des contaminations les étudiants sont-ils à l'abri de la fermeture des établissements universitaires ?

20:33
Gabriel Attal

On veut maintenir la continuité c'est vrai pour le scolaire c'est vrai pour l'universitaire les étudiants ils ont vécu une fermeture très longue vous vous en souvenez entre l'année 2020 et 2021 ça a été très long ça a été très dur il y a eu beaucoup d'isolement il y a eu beaucoup de détresse psychologique on a rouvert les universités et je peux vous dire qu'on a bien l'intention de les laisser ouverts

20:54
Présentateur

Quelques questions d'actualité le reste de l'actualité si j'ose dire en dehors du sanitaire c'est un des titres de l'actualité ce matin 5 policiers passent aujourd'hui en conseil de discipline à Paris et à Bordeaux après le féminicide de Mérignac la jeune Chahinez qui avait été brûlée vive par son mari après qu'elle ait porté plainte Emmanuel Macron avait fait des violences contre les femmes la grande cause nationale de son quinquennat Gabriel Attal vous avez beaucoup communiqué sur ce sujet et pourtant les chiffres restent terribles le nombre de féminicides ne baisse pas il y a eu 600 femmes qui ont été tuées dans tout le quinquennat d'Emmanuel Macron il y en a eu 100 plus de 100 un peu plus de 100 l'année dernière il y en a eu 100 encore l'année d'avant en 2020 et surtout là on est le 4 janvier ça fait 4 jours que l'année 2022 a commencé il y a eu 3 femmes qui ont été tuées 3 femmes en 4 jours en 2022 qu'est-ce que vous répondez face à ces chiffres terribles alors même que vous avez fait de ces violences contre les femmes de la lutte contre des violences contre les femmes la grande cause de votre quinquennat

21:58
Gabriel Attal

c'est des chiffres terribles vous l'avez dit derrière ces chiffres il y a des drames il y a des drames absolus et celui de Chahinez que vous avez évoqué en étant ça nous montre quoi ça nous montre qu'on est loin d'être au bout de ce problème moi ce que je crois c'est que ce qu'on a engagé depuis 2017 notamment avec le Grenelle de lutte contre les violences portée par Marlène Schiappa poursuivie aussi aujourd'hui par Elisabeth Moreno en lien avec Eric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin permet un investissement massif pour se donner les moyens d'inverser les choses il n'y a jamais eu autant de place d'hébergement pour les femmes victimes de violences dans notre pays on les a augmentées de 60% depuis 2017 on a généralisé la plateforme 39-19 pour signaler les violences 24h sur 24 7 jours sur 7 on a engagé le plan le plus massif de formation des policiers des gendarmes parce que dans le cas de Chahinez on voit bien qu'il y a eu des dysfonctionnements qu'elle avait porté plainte

22:51
Présentateur

la plainte a mal été prise

22:52
Gabriel Attal

elle avait porté plainte donc qu'est-ce qu'on a fait on a dit maintenant formation sur le recueil de la parole des femmes victimes de violences systématiques pour tous ceux qui passent en école de police et de gendarmerie et on forme par ailleurs ceux qui sont déjà policiers, gendarmes je crois que c'était 90 000 au mois d'octobre dernier encore une fois c'est des drames et c'est un drame qu'on est encore à vivre ça dans notre pays et on n'est pas encore au bout mais on se donne les moyens d'inverser les choses et d'investir massivement face à ce fléau

23:17
Présentateur

dans l'actualité également ce fameux drapeau européen sous l'arc de triomphe qui a été installé samedi pour marquer le début de la présidence française de l'union polémique donc le drapeau a été retiré le lendemain dimanche Marine Le Pen s'est réjoui de voir Emmanuel Macron reculer face à la pression la question est simple avez-vous reculé sous la pression il devait rester plusieurs jours ce drapeau avait dit Clément Beaune il n'est resté finalement que 24 heures

23:44
Gabriel Attal

au regard des sujets dont on a parlé la crise sanitaire le sujet des féminicides ça montre encore plus à quel point cette polémique franchement moi je j'avoue avoir été sidéré par cette polémique auto-alimentée par des oppositions voilà franchement il faut être bien fébrile et bien peu confiant dans son pays pour considérer que c'est le mettre en danger que d'accrocher le drapeau européen pendant 24 ou 48 heures sous l'arc de triomphe pour célébrer et marquer le coup du lancement de la présidence française de l'Union Européenne je veux dire on est quand même un pays puissant on est quand même un pays de génie si vous avez des responsables politiques qui estiment que notre pays est en danger parce qu'on accroche le drapeau européen mais franchement les bras m'en tombent les bras m'en tombent pourquoi vous l'avez retiré pourquoi vous l'avez retiré aussi vite il a toujours été prévu qu'il reste temporairement

24:30
Présentateur

plusieurs jours il a toujours été prévu

24:33
Gabriel Attal

pour marquer le coup que ce soit temporaire pour le lancement de la présidence française donc voilà mais on voit bien qu'est-ce qu'on a vu à l'occasion de cette polémique on a vu une espèce de course entre Éric Zemmour Marine Le Pen et Valérie Pécresse il y a un manège à trois entre Valérie Pécresse Éric Zemmour et Marine Le Pen qui cherchent à se concurrencer sur ce créneau dans ce cas précis du rejet des institutions européennes on l'a vu dans l'hémicycle hier avec le vote DLR dans le rejet de la responsabilité sur le volet sanitaire Daniel Attal

25:06
Présentateur

au-delà de la polémique politicienne le fait de ne pas avoir mis Nicolas Sarkozy lors de la présidence française de l'Union Européenne à l'époque avait mis deux drapeaux un drapeau français un drapeau européen sous l'arc de triomphe le fait d'avoir choisi de ne mettre que le drapeau européen vous comprenez que ça a pu gêner certaines personnes au-delà de la polémique politicienne

25:20
Gabriel Attal

encore une fois pour marquer le coup du lancement de la présidence française on affiche le drapeau on accroche le drapeau européen vous n'auriez pas dû mettre les deux on aurait pu ça c'est sûr maintenant je veux dire je ne crois pas que cette polémique se justifie particulièrement

25:35
Présentateur

encore un mot oui encore un mot puisque là on voit les dépêches de l'AFP qui réagissent à ce que vous avez dit Gabriel Attal vise un calendrier au plus près de ce qui était prévu pour l'adoption du pass vaccinal on vous repose la question au plus près de ce qui était prévu c'est-à-dire à la mi-janvier il sera mis en application ou pas ?

25:51
Gabriel Attal

moi ce que je vous ai dit c'est qu'il y a eu ce coup de procédure des oppositions pour empêcher que le texte soit examiné c'est lui que forcément ça aura un petit impact sur le calendrier mais qu'évidemment on va tout faire pour tenir au plus près le calendrier qui était prévu juste me permettre une petite précision parce que j'ai reçu un message de mon collègue Jean-Michel Blanquer qui nous écoutait qui me précise que la communication interne a bien eu lieu avant que l'article soit publié dans Le Parisien et donc je le dis et par ailleurs comme je l'ai dit il attendait aussi les recommandations du Haut Conseil à la Santé publique qui ont été rendues tardivement voilà je corrige

26:23
Présentateur

la radio se fait en direct merci Gabriel Attal d'avoir été à notre micro la revue de presse à suivre

26:29
Gabriel Attal

France Inter

26:31
Présentateur

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