REPLAY : Interview événement d'Emmanuel Macron en clôture du sommet "Africa Forward" • FRANCE 24
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la formule hybride du sommet permettra de réinventer la relation entre la France et l'Afrique ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Avec les contraintes budgétaires de la France, comment rivaliser avec la Chine ou les États-Unis ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Comment comptez-vous régler le problème des visas pour les entrepreneurs africains ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Un étudiant africain paie 16 fois plus cher qu'un Européen en France. Est-ce une injustice pour la jeunesse ?
- 5:21OuverteRéponse directe
La réforme du franc CFA est-elle un choix imposé par la France ?
- 7:54RelanceRéponse directe
Le franc CFA est toujours utilisé au Sénégal, Mali, Burkina. Pourquoi maintenir cette garantie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:07Emmanuel MacronChiffre
« La France, après ma première élection, a beaucoup monté son aide publique au développement avec une loi aussi pluriannuelle. »
- 2:42Emmanuel MacronChiffre
« Hier par la coalition d'investisseurs et d'entrepreneurs qu'on a amené ici on a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement. »
- 2:42Emmanuel MacronChiffre
« Il y a eu 14 milliards d'euros d'investissement de nos entreprises françaises sur tout le continent africain dans tous les domaines digital, le numérique, l'agriculture, les infrastructures, l'énergie et cetera et 9 milliards d'euros qu'on a mobilisé d'investisseurs et d'entrepreneurs africains sur leur continent. »
- 4:42Emmanuel MacronFait
« On a créé un système avec justement à la fois Business France et le Quai d'Orsay pour permettre d'avoir des des passeports, si je puis dire, ce qu'on appelait nos nos passeports talents, des segments très spécifiques où on donne des visas plus facilement. »
- 6:04Emmanuel MacronFait
« En Europe aujourd'hui, si je compare la France avec l'Allemagne ou l'Angleterre, les études sont gratuites. »
- 6:40Emmanuel MacronFait
« Aujourd'hui, ce à quoi vous faites référence, c'est que et c'est une très bonne chose, on permet aux universités de faire payer les étudiants non communautaires. »
- 9:17Emmanuel MacronFait
« Les règles aujourd'hui de solvabilité euh les normes qu'on met en place désincentivent beaucoup d'institutions à investir sur le continent africain, beaucoup trop, en particulier dans le secteur financier. »
- 9:51Emmanuel MacronFait
« En 2019 en Côte d'Ivoire, j'ai dit nous on est prêts à lever tous les registres du jeu et donc on a levé tous ces registres du jeu. »
- 15:19Emmanuel MacronFait
« On a complètement repensé la relation de sécurité de paix avec le continent africain. On a dit partout ce qui était l'héritage du passé, on le remet sur la table. »
- 25:53Emmanuel MacronFait
« La priorité, c'est la fin des armes et c'est la fin du financement par des puissances tierces. »
- 27:15Emmanuel MacronFait
« En 2022, début de la guerre de l'agression russe en Ukraine la France lance l'initiative FARM pour la sécurité alimentaire de l'Afrique. »
- 29:19Emmanuel MacronFait
« Le cessez-le-feu doit être pleinement respecté au Liban comme partout. Il n'a pas été respecté non plus quand les Émirats arabes unis ont été touchés. »
- 34:04Emmanuel MacronChiffre
« On a restitué au Bénin 26 des trésors d'Abomey. On a restitué au Sénégal, à la Côte d'Ivoire, à Madagascar. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir monsieur le président. Bonsoir. Mounia Daoudi, RFI, Radio France Internationale. Bonsoir monsieur le président. Bonsoir. En 2021 à Montpellier, vous faisiez le choix de la rupture en vous adressant à la jeunesse et aux diasporas africaines. Aujourd'hui à Nairobi, on est sur une formule un peu hybride, business, politique, dans un pays anglophone, une première. Est-ce que c'est la formule qui va permettre de rebâtir la relation entre la France et ? Alors, en tout cas, la la réinventer est pleinement acté que c'est un partenariat d'égal à égal, c'est ce qu'on veut, avec des changements profonds qui sont ces 10 dernières années. La relation entre l'Afrique et la France elle est là, elle est très forte, elle est très forte par notre présence dans le
continent. Elle est très dans tous les domaines, elle est très forte par aussi la des destins partagés, les diasporas dans notre pays. Donc, cette ce lien, il est il est déjà très fort. Néanmoins, ce qu'on a voulu ici faire, d'abord, c'est commencer par la jeunesse, hier. Avoir des moments très forts sur la culture, sur le sport, sur l'économie. Et aujourd'hui, en effet, un sommet avec les dirigeants, pour la première fois, des dirigeants d'entreprises avec les chefs les chefs d'État et de gouvernement. Et au fond, avoir un agenda nouveau qui est co-dessiné. C'est-à-dire, on co-décide et on co-investit. Les termes, le langage change, mais au fond, on y reviendra sans doute, c'est aussi le fruit de de 10 années de réinvestissement, de décisions profondes. Et quand on parle de la
culture, quand on parle du sport, quand on parle de l'économie, d'une réinvention un peu de cette relation. Alors, vous parlez de réinvention, vous insistez sur une approche économique pour renouveler ce partenariat avec l'Afrique. Mais, compte tenu des contraintes budgétaires de la France, est-ce que vous avez les moyens, justement, de rivaliser avec des puissances comme la Chine ou les ? Oui, résolument. D'abord, parce que les États-Unis ont coupé bien plus massivement que nous leur aide, pour des raisons eux idéologiques. La France, après ma première élection, a beaucoup monté son aide publique au développement avec une loi aussi pluriannuelle. La difficulté budgétaire, la réalité politique aussi ont fait que les les choix qui ont été faits par le Parlement
ces deux dernières années ont plutôt rebaissé la courbe. Néanmoins, elle est supérieure à ce qu'on avait en 2017 mais le plus important, c'est qu'au fond et d'ailleurs le président Ruto l'a lui-même dit c'est pas de l'aide budgétaire que demandent les pays africains avant tout. Ils veulent de l'investissement et c'est aussi une façon de changer complètement le logiciel. C'est pas nous qui venons vous dire vous avez besoin de ça ou ça, on va vous mettre de l'argent avec souvent de l'incompréhension chez nous de gens qui disent bah attendez, on nous explique qu'il y a plus d'argent pour nos universités, nos écoles, vous allez dépenser cet argent-là à l'autre bout du monde. Là, c'est de l'investissement. De manière très concrète, hier par la coalition d'investisseurs et
d'entrepreneurs qu'on a amené ici on a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement. C'est de l'argent privé mais ça crée des emplois, ça change la vie. C'est pas le budget de l'État. Il y a eu 14 milliards d'euros d'investissement de nos entreprises françaises sur tout le continent africain dans tous les domaines digital, le numérique, l'agriculture, les infrastructures, l'énergie et cetera et 9 milliards d'euros qu'on a mobilisé d'investisseurs et d'entrepreneurs africains sur leur continent parce que c'est un peu ça aussi la relation. Elle est partenariale et le forum qu'on a créé, cette coalition d'acteurs nouvelle, c'était des entrepreneurs français et africains ensemble pour la première fois. Donc vous voyez, c'est de
l' argent privé, c'est du des projets qu'on dessine ensemble, c'est du co-investissement. Vous défendez donc monsieur le président une approche business gagnant-gagnant, vous dites. Pas que business hein parce qu'il y a sport, il y a la culture, il y a elle est dans tous les domaines du jeu mais qui est moins axée sur uniquement le sécuritaire et qui est moins axée uniquement sur le gouvernemental. J'entends. Il y a tout de même une dominante économique dans ce sommet. Oui, c'est enfin il y a en tout cas une vraie présence. Et effectivement, vous dites gagnant-gagnant. Aujourd'hui, un patron français qui souhaite se rendre en Afrique, le fait facilement, mais l'inverse n'est pas vrai. Comment comptez-vous régler ce problème de visa, je dirais chronique, que
soulèvent régulièrement les patrons ? Alors, d'abord, on l'a beaucoup changé les choses ces dernières années, en invitant régulièrement les On a créé à peu près des conseils d'affaires dans tous les pays. On travaille beaucoup aussi avec nos propres organisations et cetera. Business France s'est structuré pour se faire. Et donc, chaque année à Choose France, l'Afrique est présente. Avec des investisseurs et des patrons qui veulent venir investir en Europe. Et on leur réserve les meilleures conditions. Ensuite, on a créé un système avec justement à la fois Business France et le Quai d'Orsay pour permettre d'avoir des des passeports, si je puis dire, ce qu'on appelait nos nos passeports talents, des segments très spécifiques où on donne des visas plus facilement. On a facilité
les choses pour les investisseurs, les chefs d'entreprise, mais aussi les talents qui sont identifiés pour des entreprises, qu'elles soient africaines ou européennes, avec des talents du continent. Et pas seulement. Et là, ce qu'on est en train de faire, ce qu'on a lancé à ce sommet, c'est justement tout un travail pays par pays avec l'Union africaine pour faciliter cette faciliter cette circulation. Ce matin, dans le débat qu'on a eu, qui était très intéressant, euh Aliko Dangote, je le cite comme ça, j'espère qu'il m'en voudra pas, mais il a assumé c'est un des plus grands investisseurs nigériens sur le continent, il a dit "Moi, j'ai énormément de mal à me déplacer sur le continent africain." Et donc, ce qu'on reproche parfois à la France, c'est encore plus vrai entre les
pays africains. Et donc, l'Union africaine va structurer une initiative de plus grande facilité de circulation de ces chefs d'entreprise et de ces investisseurs. Et moi, j'ai dit "Nous, on va le faire aussi avec les Européens." Pour que ce que vous êtes en train de créer, bah les Européens aussi aient le le segment miroir. Donc voilà, on continue de s'améliorer. Oui. Vous insistez, monsieur le président, beaucoup sur l'importance de la jeunesse. Vous vous en avez parlé hier, vous en avez parlé aujourd'hui. Pourtant, aujourd'hui en France, un étudiant africain doit, j'allais dire, payer 16 fois l'équivalent des frais de scolarité qu'un étudiant européen paie. Est-ce que vous comprenez cette jeunesse qui vit cette situation comme une une injustice ? Alors non, d'abord, vous avez le droit
de dire que parfois on fait des choses bien sans dire "mais" à chaque fois pour moi je dis ça juste c'est en hygiène collective parce que sinon on fait on a l'impression qu'on est toujours en défensive. Euh en Europe aujourd'hui, si je compare la France avec l'Allemagne ou l'Angleterre, les études sont gratuites. Au pendant mon premier mandat, on a même maintenant fait que les études sont gratuites et qu'on paie plus la sécurité sociale pour un étudiant français. C'est vrai aussi pour un étudiant communautaire, c'est vrai aujourd'hui pour un étudiant non communautaire. Aujourd'hui, un étudiant africain qui va dans une université anglaise ou allemande ou italienne, il paie beaucoup plus cher que chez nous. Je parle même pas si 16 fois ? Non mais il paie beaucoup plus
cher que chez nous. Aujourd'hui, ce à quoi vous faites référence, c'est que et c'est une très bonne chose, on permet aux universités de faire payer les étudiants non communautaires. Mais c'est normal. Parce que le choix collectif qu'on fait en France c'est de dire "un étudiant ne paie pas, c'est le contribuable qui paie". Mais le contribuable français, il a pas dit "je vais payer les études de tous les étudiants du monde d'où qu'ils viennent". Et moi, partout où je vais dans le monde, j'ai beaucoup d'étudiants qui me disent "elles sont bien les études chez vous si elles coûtent ?" Parce que quand je vais dans une université au Canada, elles coûtent de l'argent, beaucoup plus. Quand je vais dans une université américaine, j'en parle même pas. En Chine, en Inde, on est l'un des seuls
pays au monde où l'université est gratuite. Faut arrêter de vivre dans ce dogme, ce fantasme. Donc, on préserve les ? Mais mais je le dis, les étudiants africains, ce sera pays par pays, les universités feront leurs choix, mais il y a peut-être des universités qui feront payer plus cher qu'aujourd'hui qui est zéro. Mais elles feront néanmoins payer souvent beaucoup moins cher que les autres pays européens. Et à côté de ça, on a encore un système de bourses par Campus France et par nos universités. Donc la France, avec cette réforme, demeurera l'un des pays les moins chers au monde pour son système universitaire et il faut être simplement cohérent avec nous-mêmes. C'est que les contribuables français, ils payent pas pour que les études soient gratuites pour la terre entière.
Monsieur le président c'est vrai dans aucun autre pays au monde donc ça peut pas marcher. Par contre, on veut continuer d'accompagner des talents qui viennent du Kenya, qui viennent du Sénégal, qui viennent de la Côte d'Ivoire, qui sont identifiés avec les universités, choisis par les universités et à ce moment-là, l'université peut les sélectionner, elle peut décider de pas leur mettre de droits. Campus France peut accompagner et on continuera d'avoir une politique très attractive. Autre préoccupation de la jeunesse africaine, la réforme du franc CFA. Vous avez dit que vous avez fait le job, que c'est aux Africains de décider. Est-ce qu'ils ont vraiment le choix quand le taux de change est fixé par la BCE, la Banque Centrale Européenne, quand le franc CFA est toujours utilisé
au Sénégal, au Mali, au Burkina ? Pourquoi la France continue-t-elle de maintenir cette garantie de ? Alors, d'abord, j'ai pas je me suis pas exprimé comme vous l'avez dit hein. Moi j'ai dans la session qu'on a fait tout à l'heure sur l'économie, dit exactement ce que tout le monde avait à faire. J'ai dit si on veut avoir plus d'investissements en Afrique, il faut que très clairement on ait une architecture financière internationale plus efficace, mieux utiliser l'argent public qu'il y a dans toutes les institutions Banque Mondiale, FMI, Banque de Développement, Banque Régionale et qu'elles déclenchent de l'argent privé. Ensuite, ce que j'ai dit c'est que nous Européens, là on doit faire le job qu'on a pas bien fait, c'est que les règles aujourd'hui de solvabilité
euh les normes qu'on met en place désincentivent beaucoup d'institutions à investir sur le continent africain, beaucoup trop, en particulier dans le secteur financier. Donc ça c'est une réforme à laquelle j'appelle en particulier en Europe. faut pas aller au bout de cette réforme de 2019 pour éviter de faire je je viens, je réponds à votre question mais c'est pour rétablir les choses, pour pas donner le sentiment que j'ai envoyé premier de ça. Et trois, j'ai dit qu'il faut mettre en place un mécanisme de garantie, c'est un des grandes une des grandes avancées de ce sommet, c'est un mécanisme de garantie sur les premières pertes pour permettre aux investisseurs privés de venir sur le continent africain davantage et d'ailleurs aux investisseurs africains
d'investir sur leur continent. Parce que ça a été répété, beaucoup investissent ailleurs. Néanmoins, sur la réforme du franc CFA qui est un point qui ne touche pas du tout cette partie de l'Afrique, mais sur l'Afrique de l'Ouest, moi j'ai j'ai pour le coup ça j'ai pris mes responsabilités. En 2019 en Côte d'Ivoire, j'ai dit nous on est prêts à lever tous les registres du jeu et donc on a levé tous ces registres du jeu. Ils nous ont demandé de maintenir la garantie. La garantie, c'est ? C'est ce qui permet de d'éviter que le change soit totalement flottant. Mais tous les systèmes de réserves qui existaient ont été levés et maintenant c'est aux dirigeants africains de reprendre cette initiative. Je me suis entretenu il y a quelques semaines avec le président Ouattara en ce sens.
Et il m'a dit qu'il allait reparler. Je sais qu'il a parlé aujourd'hui à plusieurs présidents de la région qui ne sont pas dans l'UEMOA. Ce que, me semble-t-il, l'intérêt de l'Afrique de l'Ouest, c'est aujourd'hui de dire on arrête avec le nom franc CFA, on sort du système et de ses contraintes. Mais ce n'est toujours pas le cas. Mais c'est à leurs mains. Je peux pas prendre la décision pour les C'est pas moi qui gère la politique la politique monétaire du Sénégal, de la Côte d'Ivoire ou autre. Mais est-ce que ce ce n'est pas ce n'est pas cela qui crée ce rejet de la France par cette ? je crois Moi je vois pas un rejet de la France dans les jeunesses. Je ne le vois dans aucun pays. Je me promène, je je vais courir, je me balade, je vois aux gens je dans le concert, je vois pas de
rejet. Il y en a parfois dans les réseaux chez certains activistes. de l'Ouest. Non mais en Afrique de l'Ouest il y en a, faut être lucide, dans une partie de la jeunesse qui est poussée par certains activistes qu'on écoute parfois beaucoup et quand on relaye aussi les les récits qui sont faits par d'autres puissances qui sont les vrais colonisateurs du 21e siècle et qui sont les Russes et d'autres. Mais quand on rétablit les faits, ce qu'on doit faire, on veut dire il y a pas de raison de ne pas aimer la France aujourd'hui. Mais ce que je veux dire sur la politique monétaire pour aller au bout de ma réponse, c'est que c'est aux dirigeants de l'Afrique de l'Ouest de le décider. Moi, je leur ai dit tout est tout est sur la table. J'ai pris toutes les responsabilités.
Pour ce qui nous concerne, j'ai demandé à Monsieur Séverino, qui j'ai grande confiance, justement d'aller voir ces dirigeants pour redonner une dynamique. Entre-temps, à leur décharge, il y a eu le Covid, il y a eu la guerre en Ukraine avec les conséquences et beaucoup de choses. Donc, maintenant, j'attends vraiment de d'eux qu'ils aillent au bout pour changer le nom. Leur intérêt, je crois, c'est vraiment qu'il y ait une plus grande intégration régionale, monétaire et commerciale, et que ce soit le plus large possible pour couvrir le maximum de pays de la CEDEAO. Parce que ce dont l'Afrique a besoin, c'est d'une plus grande intégration commerciale, économique et d'une d'un plus grand équilibre monétaire. Voilà. Mais simplement, aujourd'hui, ce que je vois, c'est que beaucoup nous
disent "Nous, on a besoin encore d'avoir la garantie sur les réserves parce que sinon, on est trop attaqués sur nos monnaies." Et là, j'ai pas été L'aurais-je fait, on m'aurait dit "Vous nous abandonnez." Donc, ça, on le garde parce que c'est une garantie de stabilité. Mais sur toutes les autres obligations qui allaient avec, on l'a lâché. Monsieur le Président, vous venez de discuter paix et sécurité avec vos homologues africains. Le 25 avril, Bamako était attaqué, le ministre de la Défense assassiné, Kidal tombé. L'armée française a certes quitté le Mali en 2022, mais elle y est restée 10 ans avec les sacrifices que l'on sait. Avec le recul, qu'auriez-vous fait différemment pour éviter la situation ? D'abord, moi, j'ai une Je pense au peuple malien et à ce qu'il subit depuis
tant d'années sous les coups de boutoir de groupes terroristes puis de décisions qui ont été prises par les auteurs de coups d'État qui ont décidé plutôt de s'allier à des milices privées et puis parapubliques russes qui ont préféré leur propre sécurité plutôt que la lutte contre le le terrorisme. La France est venue en 2013, c'est mon prédécesseur François Hollande qui a pris cette décision à la demande à la demande du président Keïta pour éviter la la partition du Mali et la l'avancée des des groupes terroristes qui venaient par le nord. Nos armées ont été au côté du Mali mais aussi du Niger du Burkina Faso durant toutes ces années et jusqu'en 2020
avec et même un peu un peu après si on prend le période 2021 avec beaucoup de courage d'engagement sur un mandat qui était clair qui était à la demande d'États souverains endossée par l'organisation régionale qui était la CEDEAO et plusieurs dizaines de nos soldats sont tombés et je pense à eux et à leurs familles. On a ensuite été pardon de le dire comme ça mais reconnus par de l'ingratitude et beaucoup de fausses informations. Et j'en veux beaucoup aux dirigeants et à tous ceux qui ont tenu ces propos inacceptables. Néanmoins maintenant c'est le peuple malien qui souffre. C'est toute cette région qui souffre. Et si vous me demandez de me retourner vers le passé dès 2017 on lance l'alliance G5 Sahel et puis cette alliance où on dit il y a sécurité, développement et politique en même
temps. C'est de pas avoir été en fait plus dur quelque part plus exigeant sur cet axe et pas avoir demandé avec encore plus de force aux dirigeants de prendre plus vite la place avec de l'administrative, des projets de développement et d'émancipation d'opportunités partout où le territoire était repris aux aux aux terroristes. Parce que finalement ça a fini par apparaître comme étant une garantie sécuritaire qui leur était apportée. Et donc je pense qu'on aurait dû avoir ce dialogue exigeant plus tôt. Et peut-être dans ces cas-là repenser notre présence militaire plus tôt. Néanmoins moi ce que je vois c'est qu'on a fait une transformation complète ces quatre dernières années. Et elle paye. C'est-à-dire que on a complètement repensé la relation de sécurité de paix
avec le continent africain. On a dit partout ce qui était l'héritage du passé, on le remet sur la table. Même démarche que pour la monnaie. C'est-à-dire au fond, c'est pas parce qu'on est là depuis toujours avec une base militaire, avec des soldats français que ça doit exister. Donc vous nous dites ce dont vous avez besoin. C'est un partenariat, c'est vous qui le pensez. Ce sont vos demandes sécuritaires auxquelles on on répond. Et donc on a complètement repensé les choses, on a fermé des bases, on a diminué beaucoup d'autres. Toutes les bases où on est, on est en conjoint, on les a renommées avec des noms africains souvent. On a on est ensemble avec des forces africaines et de chaque pays et les forces françaises. Et puis on a inventé aussi des partenariats nouveaux avec des
pays avec lesquels on n'était pas qui sont des partenariats pour équiper, pour former, pour accompagner. Et je crois que c'est beaucoup plus sain et c'est ce qui permet aussi que la perception, en particulier par la jeunesse, change. Parce que ces grandes bases qui existaient bah elles étaient un peu vues et d'ailleurs c'est ce qui avait été utilisé par certains en disant "Les Français sont là pour vous recoloniser, vous voyez, ils ont des milliers de soldats là." Ou pour d'autres en disant "Ils soutiennent les dirigeants en place, ils ont un agenda à la papa." Fini. Là on a, je dirais, normalisé les choses et c'est pareil, c'est un partenariat équitable, responsable vraiment et à parité. Et justement, monsieur le président, vous disiez dimanche que le
Mali n'a pas pris la meilleure décision en demandant le départ de la France. Que voulez-vous dire par ? La France aurait dû ? Non, c'est ce que je viens de dire. C'est que je pense qu'ils ils ont été extrêmement offensants à l'égard de nos soldats mais surtout ils ont pas pris une bonne décision parce qu'ils ont acté en 2020-2021 pour ces putschistes que leur priorité n'était plus la lutte contre le terrorisme, c'est tout. Et je le déplore. Je le déplore très profondément. Pourquoi ne pas quitter complètement le ? Mais nous avons quitté totalement le Mali. l'Afrique. Mais pardon, mais nous nous sommes on peut pas dire "On est là, on est à vos côtés, on veut co-construire, co-investir" et quand des gens nous disent "On a besoin de vous" parce qu'on est face à des groupes terroristes,
c'est nous de tourner le regard et dire "On vous laisse tomber." Et on le fait quand il y a l'Ukraine qui est menacée, on le fait avec des pays européens quand ils nous disent "Notre sécurité est menacée." Parfois, on a nos forces aussi de manière conjointe, on les équipe, on les entraîne. Regardez ce qu'on fait avec la coalition des volontaires. On a des pays quand ils nous demandent de faire des opérations euh à leurs côtés, on le fait dans l'Indo-Pacifique. Pourquoi à l'inverse, il faudrait qu'en Afrique quand il y a des questions de sécurité, on dise "Non non, vous débrouillez-vous." C'est respectueux. Quand des pays africains viennent vers la France et qui disent "Nous on a un problème là de terrorisme, ici de piraterie." qui viennent vers nous, on pense ensemble le partenariat de
sécurité et on le fait ensemble. Bah écoutez, c'est ce qu'on fait en ce moment avec le Ghana, ce qu'on a fait avec le Bénin, ce qu'on fait avec les pays du Golfe de Guinée pour lutter contre la piraterie qui pille leurs pêches et leurs réserves, euh ce qu'on décide de faire avec d'autres pays de la région quand ils demandent des équipements, ce qu'on fait avec l'Égypte quand on a des des contrats de formation mais aussi d'équipements. L'Afrique est pas à traiter différemment des autres continents, mais c'est un partenariat qui est beaucoup plus sain et équitable. Mais chacun de ces pays, il parle à la France normalement, c'est-à-dire aussi avec respect. Et je pense qu'il faut arrêter aussi cette idée que au fond, il faudrait pas être respectueux avec la France pour vraiment être africain.
C'est ce qu'on fait ces putschistes. Bah non, le respect, c'est réciproque. Nous aussi, on veut être respectés. Monsieur le président, vous disiez il y a quelques mois "Ils ont oublié de nous dire merci." ce qui avait provoqué beaucoup de réactions vives euh au sein de la communauté, au sein de la communauté des chefs d'État africains. Est-ce que ? J'en ai pas entendu moi. Le Tchadien a réagi par exemple, monsieur Mahamat Idriss Déby ce qu'il pense. avait réagi. Bah regardez monsieur Déby ce qu'il pense. Il nous a demandé Il nous a demandé de rebâtir une relation de défense, ce qu'on fait avec lui. Je j'entends. Quand vous parliez d'ingratitude, Mais vous savez, l'ingratitude dont je parle, mais qu'on soit clair, l'ingratitude dont je parle, c'est celle qui à l'égard aussi
des soldats tchadiens qui sont venus se battre avec nous au Mali ou des soldats guinéens qui étaient à nos côtés au Mali et qui ont perdu des frères d'armes. Mais ce que je dis, c'est juste la vérité. C'est juste ce qu'on vit, ce qu'on fait entre partenaires européens, ce qu'on fait dans le monde entier. Voilà. Si vous nous rejoignez, nous sommes à Nairobi où s'est tenu le sommet Africa Forward. Emmanuel Macron est l'invité exceptionnel de RFI, France 24 et TV5 Monde. À propos du conflit dans l'est de la RDC, monsieur le président, le soutien du Rwanda au M23 est aujourd'hui documenté par les experts de l'ONU. Les États-Unis ont imposé des sanctions à l'armée rwandaise et à certains de ses responsables. Pourquoi la France et l'Union européenne ne le font ?
Nous nous défendons une position qui consiste à continuer de discuter avec toutes les parties prenantes avec une ligne assez simple. Un, respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale pour la RDC. Et donc retrait de toutes les forces. D'ailleurs, elles ne sont pas que rwandaises qui sont présentes sur le sol congolais. Deux, reprise du dialogue politique en RDC avec le M23 ce qui était ce qui était d'ailleurs piloté par l'Angola. Trois, reprise du contrôle aussi par la RDC à à l'est du pays avec tout le travail qui est à faire sur les FDLR. Et quatre, lutte de tous conjointe contre les forces terroristes qui viennent menacer pas simplement la RDC
mais tous les pays de la région. Et donc dans ce cadre-là, je crois plus dans cette période à la reprise d'un dialogue efficace, ce à quoi je pousse les deux présidents et à remettre les médiations tout autour de la table pour pouvoir avancer sur un projet conjoint qui consiste sur ces quatre axes à travailler ensemble. Ils étaient présents à Nairobi, vous les avez ? séparément. Non, parce que comme vous avez peut-être vu, ils se sont ils étaient là tous les deux mais pas au même créneau horaire, ce qui ce qui dit la tension qui existe, il faut pas être naïf. Je les ai plusieurs fois rencontrés à plusieurs reprises. Et je pense qu'aujourd'hui le travail qu'il faut qu'on fasse collectivement, c'est que tous ceux qui se penchent sur ce sujet, l'Union africaine est
mobilisée, je pense que c'est l'Union africaine qui doit piloter tout ce travail. Donc moi, c'est ce qui m'importe, c'est d'être au côté de l'Union africaine. C'est depuis 9 ans ce que je fais, d'être côté des médiations du africaine. Donc c'est l'Union africaine, le président fort qui a été mandaté avec plusieurs anciens présidents et coprésidents sur différents le différentes actions. Évidemment, les partenaires américains et qataris qui ont aussi beaucoup fait et qu'on qu'on regroupe un peu tout ça. C'est un des sujets dont je parlerai demain avec euh l'Union africaine et les Nations Unies parce que je pense qu'on serait plus efficace si on remettait tout le monde autour de la table pour avancer. Ce dont on a besoin là, c'est que les deux dirigeants
bâtissent un accord sur les axes que je viens de de décrire et prennent les décisions successives pour rétablir complètement la souveraineté congolaise. Mais est-ce que le jeu n'est pas faussé avec l'intervention des États-Unis qui aujourd'hui semblent les mettre à bord sur cette question euh Écoutez, les États-Unis semblent plutôt vouloir la paix et donc je pense pas qu'on puisse dire que le jeu soit faussé. Mais c'est eux qui sont à la manœuvre aujourd'hui dans l'est de la RDC. Le recul que j'ai sur ce dossier me conduit à dire que beaucoup de gens sont successivement à la manœuvre et après beaucoup de gens finissent par arrêter d'être à la manœuvre puis d'autres arrivent, c'est ça tout le problème. Et donc il y a un accord de paix qui il y a un accord de paix qui a été signé
il y a quelques mois. Il y a pas totalement la paix si on est honnête. Bon, donc c'est aussi il faut qu'on fasse collectivement attention. Donc que les États-Unis s'engagent, c'est très bien. Je pense qu'il faut revenir sur les principes. Il faut apaiser les choses et essayer de remettre les dirigeants autour de la table avec l'ensemble des médiateurs. Ce que vous dites, monsieur le président, c'est qu'il faut sortir de la logique de sanctions, c'est ça que vous êtes en train de ? Et en tout cas, je pense que si aujourd'hui tout le monde se précipite parce que les Américains l'ont fait à mettre le Rwanda au ban, il y a peu de chance qu'on convainque le Rwanda d'avoir une politique coopérative. Moi, je crois plus dans la vertu du dialogue avec les deux dirigeants
principaux et c'est un dialogue qui doit aussi engager l'Ouganda, le Burundi et les pays de la région et qui doit clarifier la réalité des forces en présence, la réalité des prédations économiques aussi sur l'Est de la RDC. Mais je crois qu'il faut avoir dans ce temps-là, bah c'est ma conviction et c'est ce que je ferai pour la France, un dialogue respectueux qui engage avec le président Kagame et le président Tshisekedi ce travail qui remet toutes les médiations autour de la table. Mais je vous ai dit moi quels étaient les objectifs que je crois justes et que la France poursuit. Nous sommes à moins de 3h de vol de Nairobi et une une guerre sauvage est en train de déchirer le Soudan. Euh ça fait plus de 3 ans que ça dure.
Comment est-ce qu'on peut qualifier aujourd'hui la situation au Darfour, notamment El ? Est-ce qu'il s'agit d'un ? Je me suis toujours gardé d'employer ces termes parce que ils ce sont les juges et les historiens qui sont appelés à les qualifier. Mais euh il est sûr il est sûr que ce sont des crimes de masse, des crimes de guerre et une situation humanitaire catastrophique. La situation humanitaire par ailleurs euh euh en en RDC qu'on vient d'évoquer est aussi une situation humanitaire terrible. Au Soudan aujourd'hui, notre position est est d'abord elle a été dès après la révolution pacifique qu'avait vécu le Soudan, d'accompagner le mouvement. J'avais reçu pour la première fois le gouvernement euh monsieur Hamdok et
toutes ces jeunes femmes d'ailleurs souvent qui avaient conduit cette révolution totalement pacifique et qui portait la société civile euh soudanaise et avec une vraiment une ambition, un agenda qu'on a accompagné, une dette qu'on avait euh commencé à restructurer. Ensuite, on est aujourd'hui devant au fond des chefs de guerre qui se partagent le territoire et ce conflit qui qui qui qui existe, nous nous appelons évidemment au cessez-le-feu le plus rapide possible, à la fin de toutes les aides extérieures à l'égard de quelque camp que ce soit, ce qui aujourd'hui consume le Soudan. C'est le jeu au fond par par tiers qui s'y joue. C'est l'affrontement, c'est l'affrontement entre des
puissances qui financent tel ou tel camp pour jouer de leur influence. Et il faut pas les sanctionner ces ces ? on sanctionne souvent beaucoup de choses. Il faut déjà que très clairement, et c'est un de mes objectifs là aussi, demain, on l'a fait aujourd'hui, je vous invite à voir la déclaration qui a été endossée par tous les chefs d'État, dit très clairement des choses sur les deux conflits, pour la première fois, dit des choses très importantes, la fin des interférences étrangères. C'est ce qu'on est en train de se dire, que les puissances étrangères arrêtent de financer les conflits en étant au côté de tel ou tel groupe armé, et la fin de la privatisation de la sécurité dans tous ces pays. Ça c'est un acquis de Nairobi. Et donc pour le Soudan, cessez-le-feu le
plus rapide possible, pression, avant d'aller vers les sanctions, déjà qu'on ait des pressions claires sur tous les pays qui aident pour les convaincre d'arrêter cela, de démanteler de manière parallèle, et un des objectifs des prochains mois, c'est de les mettre ensemble autour de la même table, de les coordonner pour qu'ils arrêtent cette aide, et reprise d'un dialogue qui fasse émerger une solution civile. Dans le dans l'entre-temps, il faut pas oublier tout le travail humanitaire qu'on a à faire. La France avait eu une une conférence humanitaire et politique l'année dernière avec la société civile. Berlin a réuni une conférence humanitaire où nous étions il y a quelques semaines. Il faut absolument pas relâcher ce travail. Mais la priorité, c'est la fin des armes et
c'est la fin du financement par des puissances tierces. La guerre au Moyen-Orient, monsieur le président, et ses conséquences dans le monde entier, sujet évidemment que vous avez évoqué avec vos homologues africains. Que vous ont-ils ? Qu'attendent-ils de la France qui préside cette année le ? Ils m'ont redit ce que ce que à plusieurs reprises on a défendu et qui est la la ligne rouge, pardon la le fil directeur de de notre politique depuis ces années qui est à chaque fois d'essayer de défendre la voix de l'Afrique dans les grandes crises. Quand il y a eu le le Covid-19 j'ai pour la première fois j'ai un dirigeant non africain être invité au bureau de l'Union africaine et on a bâti la le l'alliance pour la vaccination et les
diagnostics pour l'Afrique ensemble. En 2022, début de la guerre de l'agression russe en Ukraine la France lance l'initiative FARM pour la sécurité alimentaire de l'Afrique. Et là, on a lancé FARM plus avec Proparco qui s'est fortement engagé plusieurs entreprises françaises. Est-ce que ce qu'ils m'ont dit pour la première avant toute chose, c'est Ormuz c'est une aggravation de la crise alimentaire pour l'Afrique. On a déjà subi les baisses de volume venant de l'Ukraine de céréales. On a subi les baisses de fertilise d'engrais pardon qui venaient de de Russie. Par Ormuz circulaient à peu près un tiers des engrais qui allaient partout dans le monde et en particulier sur le continent africain. Et donc pour les l'agriculture du continent, c'est terrible. À côté de ça, c'est évidemment en plus
les prix qui montent comme partout dans le monde et donc c'est une pression sur le pouvoir d'achat. Et donc ça justifie une mobilisation accrue pour les économies, ce que je vous ai dit qu'on va porter au G7 avec ces mécanismes de garantie, ces investissements, mais c'est aussi de porter cette voix africaine pour dire la réouverture d'Ormuz est la priorité absolue. Et la la réouverture d'Ormuz doit être le l'étape numéro 1 de notre agenda quand on parle du Moyen-Orient. C'est ce que porte la France depuis le premier jour de ce conflit qui appelle au cessez-le-feu et qui appelle à la réouverture d'Ormuz avant de traiter les autres sujets par une négociation d'ensemble. Mais la situation semble aujourd'hui complètement bloquée avant entre les positions des Américains et des
Iraniens. On n'a pas l'impression qu'il y a un dialogue possible. Il y a en tout cas, je le constate, une escalade dans les déclarations, je le déplore. Euh, nous le travail qu'on fait est simple, on continue d'être au contact de tout le monde. Évidemment, de parler à nos alliés américains, de parler avec l'ensemble des pays de la région et de garder le contact avec les Iraniens, ce que je fais depuis le premier jour. Euh, moi je crois que la solution à ce que nous vivons là-bas, elle est d'abord, elle doit passer d'abord par un cessez-le-feu pleinement respecté. On est normalement, en théorie, encore en cessez-le-feu. Aujourd'hui, il n'est pas respecté au Liban, ce qui est inacceptable. Donc, le cessez-le-feu doit être pleinement respecté au Liban comme partout.
Il n'a pas été respecté non plus quand les Émirats arabes unis ont été touchés. Et donc, il doit être respecté partout. Deuxième chose, on doit obtenir la réouverture, sans condition, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran. Et nous, nous avons proposé, nous allons prendre une initiative aux Nations Unies avec quelques autres pays pour proposer le cadre en ce sens, totalement neutre, pacifique, déconflicté, comme on dit, avec l'Iran. Et nous proposons une mission ad hoc, on est 50 pays qu'on a réuni avec les Britanniques pour permettre de faire ce travail. Et puis enfin, de re- reprendre les dialogues sur la question nucléaire et balistique entre l'Iran, les États-Unis, mais avec
les principaux pays qu'on appelle le E3, euh, Britanniques, Allemands, Français. Et moi, je soutiens l'idée qu'il faut inclure tous les pays de la région, qui sont les principaux touchés par ce qu'on est en train de vivre, et qui sont touchés aussi par la déstabilisation que certaines milices peuvent, euh, créer dans leur pays. Monsieur le président, Donald Trump a fait le choix d'expulser les migrants dont il ne veut plus de son territoire vers l'Afrique. L'Europe est en train de durcir sa politique migratoire. On vient d'apprendre, par exemple, que les discussions allaient se tenir avec les Talibans pour le renvoi de migrants en Afghanistan. Quelle sera la prochaine ? Est-ce qu'un jour on va voir l'expulsion de migrants africains vers ? Écoutez, sur cette sur ce sujet, euh,
je pense qu'il faut essayer d'être fidèle à nos principes, pragmatique et et surtout très clair aussi sur ce qu'on est prêt à faire et ce que on ne fera jamais. Le continent européen était sous une forte pression migratoire ces dernières années, c'est un état de fait. Les chiffres le montrent. Et donc, est-ce qu'on peut rester comme ça ou ne rien ? La réponse est non. Parce que nos peuples aujourd'hui nous demandent de réagir et parce que nous sommes des pays très ouverts. Nous sommes des pays avec des modèles sociaux extrêmement généreux. Et donc, c'est normal qu'il y ait des adaptations qui se fassent face à la pression migratoire qui est depuis 10 ans dans nos pays. On parle de l'Afghanistan et des Talibans. je je j'essaie de répondre de manière structurée.
Euh je sais pas ce que fait la France, comme vous le savez. Donc, nous, qu'est-ce qu'on a fait et ce que l'Europe a fait collectivement, c'est d'avoir une politique bah qui contrôle beaucoup mieux et plus efficacement les entrées. C'est ce qu'on doit faire. Aujourd'hui, on n'a pas un contrôle efficace aux entrées. Le pacte asile et migration asile et migration permet de le faire beaucoup mieux, d'enregistrer, d'être plus efficace ensuite sur le suivi sur le sol européen et d'avoir une politique de retour beaucoup plus efficace. Et ensuite, vous avez des femmes et des hommes qui sont justement des combattants de la liberté, qui sont en risque dans leur pays. Et là, c'est garder nos principes. Je l'ai toujours dit, la France est fidèle à ses valeurs pour les combattants de la liberté, on les
protège. L'Europe est née de ces valeurs. Elles sont dans notre convention européenne des droits de l'homme. Donc, nous, nous sommes pour cette politique, être beaucoup plus vigilant sur le contrôle à l'entrée, aller beaucoup plus vite et être plus rigoureux sur le retour vers le pays d'origine. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on revoit aussi dans beaucoup de nos dialogues bilatéraux, parce qu'il y a beaucoup de choses qu'on peut améliorer. Il y a aussi des pays qui ne jouent pas le jeu. Donc, il faut améliorer ce dialogue de manière lucide et totalement franche. Par contre, d'être fidèle à nos valeurs, à la paix et donc de protéger les femmes et les hommes qui risquent leur vie dans leur pays pour des raisons politiques ou parce qu'il y a des guerres. Et enfin, moi, je ne suis pas à
l'aise, pour pas dire que je suis en désaccord avec l'idée qu'on renvoie dans des pays qui ne sont pas les leurs des femmes et des hommes et en quelque sorte en ayant des accords qu'on monétiserait avec des pays qui deviennent des pays tiers. Vous condamnez la la politique de Je je parle pas de mes collègues en disant condamner mais je dis juste que la France elle la France elle suivra tant que je serai là cette politique. Donc j'assume moi d'avoir durci la politique migratoire sur certains sujets parce qu'on devait le faire compte tenu du contexte. Et la France a défendu et même porté la politique asile immigration qui était beaucoup plus je crois efficace. Mais j'assume totalement aussi d'être fidèle à des valeurs qui sont les nôtres et et d'être voilà dans une politique d'exigence
humaine. Monsieur le président, on aurait énormément de questions à vous poser mais le temps nous fait nous fait de défaut. Vous êtes à un an de la fin de votre mandat. Vous avez initié depuis Ouagadougou depuis 2017 vous avez initié beaucoup de réformes. Certaines n'ont pas abouti. Aujourd'hui, qu'auriez-vous aimé faire que vous n'avez pas pu ? Alors je vais surtout vous dire tout ce dont on a pas parlé et que j'ai fait. On a lancé et personne n'y croyait à Ouagadougou la restitution des œuvres d'art. Quand je l'ai dit ça les gens ont dit OK, ça marchera jamais. Ça a pris 10 ans quand même. Peut-être mais on l'a fait et on a ouvert un mouvement européen. Et surtout
Formidable et donc on a restitué au Bénin 26 des trésors d'Abomey. On a restitué au Sénégal, à la Côte d'Ivoire, à Madagascar et surtout il y a quelques jours à l'unanimité ce qui est très important pour nous aussi parce que ça a changé le regard politique. Quand je lançais ça beaucoup de gens dans la classe politique étaient contre. A l'unanimité ça a été voté par notre assemblée et c'est promulgué. Donc ça c'est un acquis formidable parce que ça change la relation culturelle, ça change le regard, ça permet de bâtir une relation aussi avec les conservatrices et les conservateurs du continent avec cette jeunesse qui se réapproprie ses œuvres et avec ses artistes qui du coup crée sur cette base là et viennent ensuite exposer dans le monde entier. La deuxième chose, on a dit l'Afrique est
un énorme continent sportif. On a lancé une politique du sport et c'est pas anecdotique du tout. On n'en a pas parlé depuis tout à l'heure, on aurait dû. Politique du sport, elle est très importante. On a financé public privé plus de 500 équipements sportifs et infrastructures. Avec d'ailleurs des super entreprises françaises qui ont fait des investissements avec des partenariats africains. On a fait un partenariat avec les NBA, la FIBA, la FIFA, le foot, le basket, l'athlétisme. Ce qui permet à des tas de jeunes grâce à cette politique d'aller vers le sport, du coup vers l'éducation, d'avoir une meilleure politique de santé et ça crée de la richesse sur le continent. Ce que je vous disais partout dans le monde, le sport c'est 2 % du PIB mondial. En Afrique, c'est 0,5 % du PIB.
C'est pas normal. Parce qu'en fait, il y a un pillage quelque part des des sportifs qui vont dans d'autres pays. Donc on les aide et là regardez ce qu'on vit. Et on a accompagné ce mouvement. Je serai à Dakar pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse, les premiers cette année. On aura ensuite une formidable CAN qui sera dans cette région dans 2 ans et puis une Coupe du Monde qui sera aussi sur le sol africain avec le Maroc. Ça c'est extraordinaire. Donc politique sportive. On a fait en matière de santé une vraie révolution commune. Là, on est en train de faire de la coproduction de vaccins. C'était impensable il y a quelques années. Au début du Covid, je vous en parlais tout à l'heure. On se retournait, on disait beaucoup de pays avaient bloqué même ce qui allait vers l'Afrique.
Qu'est-ce qu'on a ? On a commencé cette politique. Je suis allé au Rwanda et en Afrique du Sud pour dire on va coproduire avec vous. Et ben maintenant, on est en train de le faire. L'Institut Pasteur transfère ses technologies pour l'Institut Pasteur de Dakar sur le chikungunya. On a mis des plateformes en place avec des Aspen, des Biovac et cetera pour produire de la des solutions de santé avec les africains sur le continent. C'est une vraie révolution et il y avait aucune raison que ça soit pas le cas avant. 20 % des besoins de vaccins, c'est sur le continent africain, il y avait qu'un % de la production. On est en train de le faire, on a même fait un bonne partie du chemin. La relation économique, les 23 milliards que je vous annonçais là, c'est une
vraie révolution, elle existait pas. Et et vous savez, c'est simple, il y a 9 ans dont on parlait, ben il y avait aucun président qui avait mis les pieds au Kenya, aucun avant moi. Je suis venu en 2019, je reviens là et on fait ce qui était avant ce qu'on appelait les sommets Afrique-France ici, ça s'appelle Africa Forward et c'est une vraie révolution des esprits. Donc, on a bousculé les choses dans toutes les dimensions du jeu. Le sport, la culture, l'entrepreneuriat, le regard, le la relation économique et monétaire, la capacité à penser ensemble les instruments, c'est la France qui a proposé que l'Union africaine ait un siège permanent au G20, des tas de choses comme ça. Et je suis hyper fier de ce bilan. Et je suis hyper fier d'avoir repensé aussi le partenariat de
sécurité avec des pays comme en effet le Ghana, le Bénin, le Nigéria. On avait jamais parlé sécurité avec le Nigéria, on en parle maintenant. Mais comme on parle aussi de d'avenir. Mais tout ça, voyez, moi j'ai pas de regret. J'ai j'ai une immense ambition pour ce continent que j'aime qui est un trésor pour le monde, qui est le continent le plus jeune, le plus dynamique au monde et je veux aussi que nos entreprises, nos compatriotes l'entendent. Et puis mon dernier point, c'est surtout, je veux que notre jeunesse en France comprenne qu'elle a des destins liés avec ce continent. L'Afrique va réussir et on réussira avec. Et nous, Français, on a près de 17 millions d'entre nous
qui faisons partie des diasporas. Et donc, on est dans ce continent et c'est une chance pour la France. On a des millions de nos jeunes qui sont 100 % français et maliens, 100 % français algérien 100 % français sénégalais et cetera et cetera et c'est une chance immense pour réussir avec ce continent. Donc voilà, j'ai pas de regret, j'ai que des ambitions encore de l'appétit, envie d'avancer parce que le voilà, le discours collectif doit changer sur l'Afrique. Faut qu'on arrête de regarder tout ce qui va pas, faut qu'on on aille embrasser l'ambition de ce continent, la partager. Merci. Merci monsieur le président, merci de vous avoir de partager ça avec vous. Merci de nous avoir accordé cet entretien et merci à vous de nous avoir suivi sur TV5 Monde,
sur Radio France Internationale et sur France 24. Voilà pour cette interview du chef de l'État pour plus d'analyse avec nous sur ce plateau Jean-Claude Félix Tshikaya, chercheur à l'IPS Groupe Afrique. Merci beaucoup d'être
Emmanuel Macron