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interviewÉric Zemmour· 13 juin 2024 36 min

Éric Zemmour sur BFM TV : Ce soir, je suis blessé.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Éric Zemmour, président de Reconquête. On est ravis de vous accueillir sur ce plateau. Merci de m'avoir invité. Parce qu'on se demande ce soir si votre parti n'est pas en train d'imploser depuis les déclarations de Marion Maréchal, qui a été donc tête de liste pour les européennes de Reconquête, élue eurodéputée, qui a donc fait cette déclaration.

0:23
Invité

Éric Zemmour a décidé, malgré notre opposition, de présenter le maximum de candidats contre cette coalition des droites dans toute la France, prenant ainsi le risque de faire perdre cette inédite espérance de battre Emmanuel Macron et l'extrême gauche. Cette décision est une triple faute. Nous ne pouvons pas passer à côté de cette opportunité inédite, historique, de permettre la victoire du camp national. C'est pourquoi nous refusons le principe de candidature de division à l'occasion de ces élections législatives.

Avec nos parlementaires Guillaume Pelletier, Nicolas Bay et Laurence Trochu, j'appelle à soutenir partout en France, dans toutes les circonscriptions de France, les candidats uniques de la coalition des droites.

1:12
Présentateur

Pardon pour l'expression, mais effectivement, est-ce qu'elle vous lâche ce soir ?

1:18
Éric Zemmour

Je vais vous répondre. D'abord, je tiens à dire, essayer de remettre en perspective ce qui se passe en une minute, parce que, vous savez, les gens ne sont pas forcément intéressés par la vie interne des partis politiques. Nous avons le président de la République qui a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale. Et de ce fait, il n'était pas obligé. Et de ce fait, il y a une espèce de remise en cause, de décomposition, comme vous l'avez dit vous-même, de la vie politique nationale. À gauche, vous avez remarqué, vous aurez remarqué, que tout le monde se met ensemble, oubliant les invectives passées, les accrocements terribles, les deux gauches irréconciliables, etc.

Parce que la gauche, elle, elle sait s'unir, elle sait se rassembler, et elle connaît la logique des institutions et du scrutin majoritaire à deux tours. Le bloc macronien central, lui aussi, vaille que vaille, même si beaucoup sont furieux contre la décision du président de la République, mais s'assemble. Et puis, il y a la droite, ou les droites, comme il y a les gauches, qui essayent, et ne parviennent pas pour l'instant, à se rassembler. Vous savez, je me permets de prendre à témoin Bruno Jeudy et Anna Cabana, car j'étais leur collègue il y a quelques années.

Ils savent, je pense, que j'ai écrit un livre, il y a à peu près 25 ans, en 1998, qui s'appelait « Le livre noir de la droite », et dans lequel j'expliquais déjà exactement cela. C'est-à-dire que la droite avait été brisée par l'habileté diabolique de François Mitterrand, j'avais appelé ça le piège de Mitterrand, et qu'au nom de présupposés moraux que la gauche avait elle-même inventés, les droites ne se rassemblaient jamais, puisqu'on avait ostracisé le Front national devenu le Rassemblement national.

Et je plaidais, il y a 25 ans, pour la rupture de ce cordon sanitaire, je me souviens aux Grands Dames, par exemple, de Bruno Jeudy, ou d'Anna Cabana, et de tous mes collègues d'ailleurs de l'époque, je ne leur en tiens pas à grief, ils ont bien le droit d'avoir cette opinion, mais je veux simplement préciser d'où je viens dans cette histoire. Moi, ça fait 25 ans que je défends la rupture de ce qu'on appelle le cordon sanitaire, et que je veux sortir du piège de Mitterrand pour rassembler les droites. C'est l'union des droites. Exactement, on est d'accord. Donc, si vous voulez, moi, je suis un militant de l'union des droites depuis 25 ans.

3:51
Invité

Sauf que, Éric Zemmour, pardonnez-moi, mais Jardin Bardella dit qu'il n'a pas confiance en vous, que pour bâtir une alliance et une majorité, il faut avoir confiance en vous. Or, vous ne l'avez pas ménagé ces derniers temps pendant la campagne, est-ce que vous ne le regrettez pas, ça ?

4:07
Éric Zemmour

Ah, pas du tout. Je vais vous dire, madame, est-ce que vous estimez que la liste de M. Mélenchon a ménagé la liste de M. Glucksmann ? Dites-moi, est-ce que vous trouvez qu'ils se sont ménagés pendant toute cette campagne ? Et vous avez vu, 48 heures après, ils se sont rassemblés.

4:27
Présentateur

Je veux bien qu'on parle de la loge, mais du coup, on ne parle toujours pas de ce qui se passe entre vous et Marion Maréchal. Bien sûr, mais en tout cas, tout le monde se rasse. Est-ce que Marion Maréchal est encore membre de Reconcours ce soir ?

4:38
Éric Zemmour

Je vais vous répondre tout de suite.

4:40
Présentateur

Oui ou non ?

4:40
Éric Zemmour

Bien sûr, je vais vous répondre. Qu'est-ce qui s'est passé donc ? Depuis 48 heures, je passe... Non mais je parle de Marion Maréchal. Depuis 48 heures, Marion Maréchal essaye justement, depuis dimanche soir, elle a rencontré sa tante, Marine Le Pen, elle a rencontré aussi d'autres chefs de parti, et elle a décidé, et c'est très bien, d'essayer de rassembler justement toutes ses droites. Hier après-midi, elle est venue me voir, de fort mauvaise humeur, pour me dire, j'ai échoué. Je répète, elle m'a dit, j'ai échoué. Donc, le rassemblement et l'union qu'elle a voulu forger, elle a échoué.

Donc, à partir de ce moment-là, moi, en tant que chef du parti Reconquête, j'ai dit à mes proches, on va préparer des candidats au cas où on devrait y aller tout seul, parce que sinon, on ne pourra pas défendre nos idées. Mais, si jamais le rassemblement national change d'avis, évidemment, nous retirerons les candidats qui provoquent des doublons, etc. Moi-même, moi-même, depuis dimanche soir, et je l'ai redit hier chez vos confrères de CNews, moi-même, je me retire complètement. Je ne veux pas être candidat. Vous n'êtes pas candidat. Voilà, je ne suis pas candidat. Si ça doit être un obstacle à l'union, je me retire.

Maintenant, Mme Maréchal vient cet après-midi pour nous dire que cette préparation raisonnable et rationnelle, parce que nous devons, vous savez, c'est concret, c'est simplement dimanche soir, on ne peut plus déposer de candidat. C'est un obstacle majeur à l'union. Elle ment.

6:19
Présentateur

Donc, elle vous a trahi ?

6:20
Éric Zemmour

Ah oui. Elle ment. Vous comprenez ? Car c'est elle-même, hier, qui m'a dit qu'il n'y avait pas d'union et qu'elle n'avait pas réussi à faire l'union. Donc, Mme Maréchal ment. Elle est entourée de professionnels de la trahison. Si vous voulez, moi, vous savez, je vais vous dire. Mme Maréchal a été élue comme tête de liste de Reconquête. C'est moi qui l'ai désignée comme tête de liste. Vous le regrettez ? Ce sont mes militants qui ont fait sa campagne. Ce sont, vous savez, moi, j'ai reçu des gens qui ont fait des chèques de 10 euros. Des vieilles dames qui font des chèques de 10 euros pour la campagne de Mme Maréchal. Et au bout de 48 heures, elle trahit ces gens.

Je dis, moi, que c'est le record du monde de la trahison. Vous savez... Il y a compétition avec Éric Ciotti, là. Non, non, non, Éric Ciotti, je ne suis pas d'accord avec vous. Pardonnez-moi. Il y a 48 heures, il disait l'inverse. Non, non, non, Éric Ciotti... Non, non, je suis désolé, je ne suis pas là pour être l'avocat d'Éric Ciotti. Mais il prend une position politique. C'est-à-dire qu'il choisit l'union des droites. Je ne vais pas le critiquer, puisque moi, je suis d'accord avec lui.

7:30
Invité

Mario Maréchal, elle ne prend pas une position politique ? Non, pas du tout.

7:31
Éric Zemmour

Mario Maréchal, elle est pour l'union des droites, moi aussi. Donc, nous ne sommes pas indifférents. Monsieur Rotailleau, que vous avez reçu, n'est pas d'accord avec M. Ciotti.

7:38
Invité

Mario Maréchal, elle considère, Éric Zemmour, que le problème pour l'union des droites, que vous appelez en effet de vos voeux, dont vous rêvez depuis 25 ans, mais le problème, c'est vous. C'est vous, que vous êtes le problème.

7:47
Éric Zemmour

Je vous ai dit, je me suis retiré, je ne suis pas candidat. Vous savez, tout ça est prétexte, en vérité.

7:53
Présentateur

Et pardon, mais comment... Juste, attendez. Comment vous le vivez ? Parce qu'il est rare, on peut penser ce qu'on veut de vous, mais il est rare que vous veniez sur des plateaux télé pour vous plaindre et raconter les tambouilles politiques. Vous n'aimez pas ça. Vous avez raison. Mais vous êtes en train de le faire ce soir. Parce que je réponds à vos questions. Bien sûr, mais comment vous vivez cette trahison dont vous parlez ce soir ?

8:15
Éric Zemmour

Vous savez, chère madame, je suis à la fois écoeuré et blessé. Je vais vous dire, j'ai accueilli très chaleureusement Marion Maréchal Le Pen. Comme j'ai accueilli d'ailleurs ces trois compères en traîtrise que sont Pelletier, Baie et Mme Trochu, qui se prévaut...

8:34
Invité

Qui la suivent à ses côtés.

8:36
Éric Zemmour

Oui, qui se prévaut de valeurs chrétiennes. Je passe sur les évangiles. Vous savez, j'ai accueilli ces gens. Je leur ai tout donné.

8:49
Invité

Ce sont des gens que vous aviez piqué au RN ?

8:51
Éric Zemmour

Je n'ai rien piqué du tout, chère madame. Ils sont venus d'eux-mêmes. Je ne les ai pas, vous savez, je ne les ai pas sollicités. Ils sont venus d'eux-mêmes parce que, disaient-ils, c'était leur conviction qui était mieux représentée chez moi et par moi qu'au RN. C'est tout. Et d'ailleurs, Marion Maréchal Le Pen, elle-même, a beaucoup bataillé au sein du RN pour défendre ses convictions qu'elle estimait ne pas être reconnue. Donc elles sont venues chez moi. Alors, les militants ont tracté pour elle. Les militants ont donné leur argent pour elle. Et au bout de 48 heures, elles les abandonnent comme des chiens. Et pourquoi ? Des vieilles chaussettes. Pourquoi ?

Parce que c'est simple, chère madame. Vous savez, elle rejoint le clan familial. Elle est pour le regroupement familial.

9:38
Présentateur

Parce que vous, vous ne vous êtes jamais entendus aussi.

9:39
Éric Zemmour

Quelle est la divergence de fond ?

9:45
Invité

Parce que vous êtes tous les deux pour l'union des droites. La divergence de fond, c'est que si on vous suit, Marion Maréchal retourne dans le clan familial et ce clan familial ne veut pas de vous. Mais moi, je ne suis pas du clan familial. Ça, j'ai bien compris. Mais c'est Marine Le Pen qui ne veut pas de vous. C'est une divergence profonde entre vous et Marine Le Pen. Vous me demanderez.

10:04
Éric Zemmour

Moi, ce que je disais,

10:05
Invité

vous avez une idée là-dessus.

10:07
Éric Zemmour

C'était la campagne. Je ne crois pas qu'elle ait donné sa part aux chiens, comme on dit. Et c'était la campagne. C'est logique. Dans une bataille politique, on défend ses idées avec vigueur.

10:17
Invité

Mais vous aviez dit qu'elle n'y arriverait jamais. Et là, vous êtes démenti.

10:20
Éric Zemmour

Par quoi ? Elle est présidente de la République ? Vous voyez bien que... Ils sont aux portes du pouvoir pour l'année d'affinée. Pour la première fois. Ce jour-là, vous me direz que j'ai été démenti. Vous disiez que ça était impossible. J'aimerais répondre. Pardonnez-moi. Ce que je veux vous dire, c'est que nous sommes au-delà de tout ça. La vérité, c'est que Marion Maréchal a négocié quelques places misérables pour ses amis et son clan au sein du Rassemblement National. Ce n'est qu'une opération clanique. Ce n'est qu'une opération de sauvetage de quelques amis, de quelques copains et coquins qui sont autour d'elle depuis 10 ans. C'est tout. Ce n'est que cela.

11:02
Invité

Mais pour Marine Le Pen, c'est aussi l'occasion de briser la famille politique reconquête que vous étiez en train de monter. Il y a aussi ça derrière. Donc ça vous vise aussi. Ça vous vise direct. Si vous le dites. Non, mais j'essaie de comprendre. J'essaie de comprendre parce que vous pensez la même chose. Vous pensez à peu près la même chose. Et finalement, on voit bien que c'est une affaire de personnalité.

11:22
Éric Zemmour

Vous devez sans doute avoir raison. C'est vous qui le dites. C'est vous le journaliste politique. Moi, j'aurais fait à votre place le papier. Mais je ne suis plus journaliste politique. Pardon, justement, Éric Zemmour.

11:32
Invité

Justement, Éric Zemmour, est-ce que vous ne regrettez pas, Éric Zemmour, est-ce que vous ne regrettez pas justement ça ? De ne plus être ce journaliste-là. De ne plus avoir cette influence, cette aura, ces petits jeux auxquels vous jouiez avec beaucoup de talent comme journaliste. Est-ce qu'au fond, là, vous retrouvez-vous au milieu de ce clan Le Pen ? Parce que c'est ça qui se joue pour vous aujourd'hui. Est-ce que ça ne vous fait pas vous dire, tout ça pour ça, j'aurais dû rester ce que j'étais ? C'est quand même une question qui se pose ce soir.

12:01
Éric Zemmour

Mais, cher Anna Cabana, quand je me suis lancé dans la présidentielle et dans la vie politique active, je n'ai pas fait le choix du plaisir. Je n'ai pas fait le choix du jeu. J'ai fait le choix...

12:14
Invité

Aussi, vous avez quand même fait aussi le choix du jeu.

12:17
Éric Zemmour

Non, non, non, j'ai pas fait le choix du... J'ai fait le choix du sacrifice. Je veux dire, je suis prêt à tout pour sauver mon pays, parce que je pense que mon pays est menacé de mort par le grand remplacement. C'est tout. Et qu'aucun politicien ne réglera cette question.

12:30
Invité

Vous ne regrettez pas ce saut, là, dans la politique ?

12:33
Éric Zemmour

Non, je n'ai pas à regretter, puisque je suis prêt à tout pour sauver mon pays du grand remplacement. Pour revivre, je suis prêt à avaler. Mais si vous voulez, ce que je vois, mais je vois ce qu'il y a derrière votre question, en vérité, vous avez raison, je ne suis pas un politicien. Donc, évidemment, je n'en ai pas les qualités de rouerie et de fourberie. Mais je pense que je n'en ai pas non plus les défauts. J'ai d'autres qualités, je pense, j'espère.

12:58
Invité

Éric Zemmour, sur les conséquences de cette décision de Marion Maréchal de rallier cette alliance entre Éric Ciotti et le Rassemblement National, reconquête ces 1,3 million d'électeurs aux européennes. Est-ce que vous craignez que certains la suivent, Marion Maréchal, et que reconquête soit réduite à pas grand-chose ?

13:16
Éric Zemmour

Vous savez, c'est 1,3 million d'électeurs de reconquête. Vous avez tout à fait raison. Et c'était 2,5 millions à la présidentielle qui ont voté pour moi, et donc pour reconquête. C'est ça qui s'est passé. Marion Maréchal, en conduisant cette liste, a déjà perdu 1,2 million d'électeurs qui avaient voté pour moi et qui m'avaient fait confiance, et qui ne lui ont pas fait confiance, malgré tout le travail de mes électeurs.

13:39
Invité

Vous pensez vraiment ?

13:41
Éric Zemmour

Je pense vraiment, oui.

13:42
Invité

Parce qu'elle est très identifiée, Marion Maréchal.

13:44
Éric Zemmour

Le Pen, oui. Si vous voulez, moi, vous savez, je pense que, je vous le répète, je suis pour l'Union, et je suis prêt encore aujourd'hui, si demain le Rassemblement National me dit, nous sommes prêts à un accord avec reconquête, dans le respect des partis politiques, comme ça se fait à gauche. Vous êtes prêt à pardonner ? Je ne pardonne rien. Je dis simplement, je suis prêt à retirer mes candidats, s'il y a besoin, dans un cadre d'une négociation. C'est tout. À partir de ce moment-là, s'il y en a, moi, je suis, encore une fois, jusqu'au dernier moment, je militerai pour...

14:22
Invité

Vous risquez de rester sur le bord de la route de cette union des droites.

14:30
Éric Zemmour

Pas du tout, vous savez, pour l'instant, on va voir ce que ça va donner.

14:32
Invité

Mais vous n'avez pas les moyens de ce rapport de force, Eric Zemmour, ce soir.

14:35
Éric Zemmour

Je ne... Est-ce que j'ai dit que je parlais d'égal à égal avec le Rassemblement National ?

14:40
Invité

Non, vous avez dit, je suis prêt à retirer les candidats. Ça veut dire, j'essaie de jouer... Pas du tout, je ne joue rien.

14:46
Éric Zemmour

J'essaie, moi, Eric Zemmour, de jouer une carte. Je ne joue rien. S'il faut, s'il n'y a pas d'accord, comme Marion Maréchal me l'a dit hier, comme elle a échoué à le faire, eh bien, j'aurai mes candidats, comme je pourrais. Nous sommes un petit parti, mais un parti valeureux, avec des gens de qualité, avec des idées originales, avec des idées qui ne sont pas celles des autres partis politiques, y compris du Rassemblement National. Et donc, les électeurs choisiront. Je ne suis pas en train ni de jouer, ni de faire un rapport de force, ni de faire un bras de fer, je ne fais rien.

15:19
Présentateur

En parlant de rapport de force, juste revenons un moment sur les raisons de son départ. Vous parlez de trahison ce soir. Mais est-ce que ça n'est pas, quand même, l'aboutissement d'une relation extrêmement compliquée ? Vous ne vous entendiez pas ? C'est un secret de Paulichinelle. On le lisait partout dans la presse, de la part de journalistes politiques très bien renseignés. Est-ce que ça n'est pas l'aboutissement de ça ?

15:42
Éric Zemmour

Je vais vous dire, madame.

15:43
Présentateur

Soyez honnête.

15:44
Éric Zemmour

Bien sûr, je suis très honnête. Je vais vous faire une confidence et ça va vous surprendre.

15:48
Présentateur

Ne me dites pas que ça se passait bien.

15:50
Éric Zemmour

Je m'entendais très bien avec Marion Maréchal. En revanche, personnellement, vous comprenez ce que je veux dire ?

15:56
Présentateur

Mais pas professionnellement.

15:57
Éric Zemmour

Attendez, attendez. J'avais un désaccord de fond stratégique sur le rapport au Rassemblement national. Je comprends mieux maintenant, évidemment, pourquoi elle ne voulait pas affronter Jordan Bardella dans les débats. Elle le rejoint. Je comprends très bien maintenant.

16:14
Invité

Vous voulez dire que vous ne vous en doutiez pas, Éric Zemmour ? Vous n'y avez pas pensé ?

16:17
Éric Zemmour

Non, non. On ne va pas vous croire. Vous savez, sans doute, l'un des personnages les plus roués de l'histoire de France, le cardinal de rêve, vous savez, à l'époque de la fronte, disaient « on est plus souvent trompé par défiance que par confiance ». Donc j'ai appris cette phrase quand j'étais jeune et spontanément, je fais confiance aux gens.

16:38
Invité

C'est-à-dire que la presse entière disait qu'il y avait une main tendue de Marion Maréchal parce qu'elle refusait de dire du mal de lui, et vous vous disiez non ?

16:46
Éric Zemmour

Elle me disait non. Elle me disait « c'est indigne de me poser la question, c'est une insulte ».

16:51
Présentateur

Donc ça a créé des tensions ? Non. Voir des disputes.

16:54
Éric Zemmour

Ce qui a créé des tensions, c'est un, notre désaccord stratégique, et deux, le comportement du clan de Marion Maréchal, qui a toujours méprisé mes amis, qui a toujours méprisé mon parti, qui l'a toujours considéré, si vous voulez, comme une espèce de clan pain qui n'avait pas leur expérience politique. Voilà, bon, c'est tout. Maintenant, elle accomplit le bout du chemin, c'est-à-dire qu'elle s'exclut d'elle-même de ce parti

17:25
Invité

qu'elle a toujours méprisé, sans mépriser, évidemment,

17:31
Éric Zemmour

l'énergie et le dévouement de nos militants.

17:36
Invité

Éric Zemmour, est-ce que vous l'excluez aussi, elle et ceux qui la suivent ?

17:41
Éric Zemmour

Je n'ai pas compris.

17:42
Invité

Est-ce que vous les excluez de votre parti ?

17:45
Éric Zemmour

Bien sûr.

17:46
Invité

Ils sont exclus ?

17:47
Éric Zemmour

Bien sûr. Vous savez, ils devraient remettre leur mandat.

17:51
Présentateur

Vous vous êtes parlé, après sa déclaration ?

17:53
Éric Zemmour

Éric Zemmour a-t-il encore un rôle à jouer ? Éric Zemmour, le principe de cette émission,

18:14
Invité

c'est que les téléspectateurs qui nous regardent nous posent des questions. Alors, il y en a quelques-unes qui vous concernent. La question d'Ariel, par exemple. Éric Zemmour a-t-il encore un rôle à jouer sur la scène politique ? Son pronostic vital n'est-il pas désormais sérieusement engagé ? C'est la question que se posent les téléspectateurs.

18:29
Éric Zemmour

Mais je comprends, je comprends cette question. Vous savez, c'est sans doute l'objectif de certains. Moi, je suis prêt à traverser tous les déserts pour essayer de sauver mon pays. Donc, si je dois traverser les déserts, vous savez, je m'en moque. Je ne suis pas un politicien professionnel. Je n'ai pas fait ça ni pour les places, ni pour l'argent. Vous savez, je vois bien ce qu'il s'est négocié. Il s'est négocié quelques sièges de députés misérables et peut-être des postes de ministres futurs. Pour certains, je ne suis pas dans cette stratégie. Vous comprenez ce que je veux dire ? Je n'en suis pas. Donc, moi, je suis là. J'ai sacrifié ma vie professionnelle.

J'ai abandonné ma vie professionnelle qui n'était pas, je crois, minable. Donc, voilà. Donc, votre parti va survivre ? Mais bien sûr, mon parti va survivre parce que mes idées vont survivre. Parce que tout me donne raison chaque jour davantage. Et parce que je suis le seul à défendre les idées que je défend.

19:31
Invité

Vous n'avez fait qu'un peu plus de 5% aux européennes.

19:34
Éric Zemmour

C'est la liste de reconquête conduite par Marion Maréchal qui a fait un peu plus de 5%.

19:39
Invité

Éric Zemmour, avez-vous échangé avec Marion Maréchal depuis la publication de son communiqué, de sa prise de parole ?

19:44
Présentateur

Il faut lui signifier son exclusion.

19:45
Invité

Son exclusion et avoir une explication au lendemain de celle que vous aviez eue la veille. Je pense que c'est inutile. Inutile. Les ponts sont coupés, elle rejoint le clan familial et pour vous c'est fini ?

19:56
Présentateur

Même par SMS.

19:57
Éric Zemmour

Vous savez, quand c'est fini, c'est fini. Quand on est trahi, quand on est meurtri, quand on est blessé, en tout cas moi je réagis comme ça. Je me tais, je pense mes blessures, je cache ma peine comme je peux et je vais de l'avant. Voilà, c'est tout.

20:20
Présentateur

De l'avant, mais est-ce que vous n'êtes pas un homme seul ?

20:23
Éric Zemmour

Pourquoi seul ?

20:24
Invité

Vous savez... Parce que peut-être que les 30 juin et 7 juillet, ce ne sont que des sondages, mais on voit bien que le bloc RN est dans une position, on va dire, de favori au minimum. Bien sûr. Cette victoire du corps national, pour reprendre le mot de Marion Maréchal, c'est peut-être pas le vôtre d'ailleurs. C'est le mot de sa tante. Avant, elle disait Union des droites, vous voyez déjà. Mais vous allez peut-être être spectateur de cette victoire-là ?

20:53
Éric Zemmour

Écoutez, moi, ce que je vous répète... Vous avez écrit le livre noir, donc quelque part... Vous vous moquez, moi. Moi, je vous répète, je suis un militant de l'Union des droites. Si ce soir, quand je sors de votre studio, on m'appelle et on me dit qu'il y a un accord possible, je dirais oui. Maintenant, attendez, attendez, attendez. Deuxièmement, vous savez, la vie politique, on l'a connue tous les deux, ça va très vite. Oui, oui. Madame Mélanie, aux dernières européennes, était à 4%. Et M. Salvini était à 25%. Vous voyez aujourd'hui le renversement. On en a connu d'autres en France. Et puis, vous dites que je suis seul.

Mais vous connaissez le vieux proverbe français, il vaut mieux être seul que mal accompagné. J'étais pas seul pendant deux ans, mais j'étais mal accompagné. En tout cas, par des gens qui étaient des traîtres. Donc maintenant, je suis bien accompagné. Je suis avec mes amis, avec les gens qui m'aiment, avec le parti reconquête que j'ai fondé, avec les militants qui m'aiment et que j'aime et que j'admire. Parce que ce sont des gens formidables et qui ont été floués, qui ont été bernés par Marion Maréchal.

21:58
Invité

Et ça s'arrêtera à Guillaume Pelletier, Nicolas Bay et Marion Maréchal ?

22:02
Éric Zemmour

Bien sûr. Pourquoi ça s'arrêterait ? C'est les gens qui m'ont trahi. Je n'en connais pas d'autres.

22:08
Invité

Oui, mais est-ce qu'il y en aura d'autres ? Je ne sais pas.

22:11
Éric Zemmour

Je ne sais pas. Vous savez, ils ont le choix. Ils ont le choix entre suivre les traîtres ou rester dans le parti de la fidélité.

22:19
Présentateur

Mais au fond, est-ce que c'est elle qui vous a trahi ou est-ce que c'est, d'une certaine manière, Marine Le Pen qui a eu votre tête en lui disant « Ok, si tu veux revenir, tu reviens, mais tu quittes reconquête. » Pas d'Éric Zemmour dans cette alliance que nous allons former.

22:33
Éric Zemmour

Je ne suis pas dans les secrets des dieux. Mais votre intuition. Bruno Jody a dit la même chose, mais moi je n'ai pas d'intuition. C'est vous qui devez répondre ça. C'est vous qui devez vous renseigner. C'est vous qui devez faire ce travail. Moi, je l'aurais fait si j'avais été encore journaliste.

22:47
Invité

Non, mais Éric Zemmour, depuis 2022 et la campagne présidentielle, c'était une campagne. Donc vous vous êtes affronté par médias interposés, par tribunes interposées. Vous avez vu des mots sur elle. Elle en a eu également sur vous. Absolument. Il n'y a pas eu un moment où vous vous êtes dit, dans la situation où je suis, c'est-à-dire qu'elle est plus forte, je dois faire un pas, je dois tendre la main à Marine Le Pen pour essayer de trouver un moyen d'organiser cette union des droites. Parce que quelque part, dans cette partie-là de l'échiquier, vous faites partie de cette union des droites.

23:20
Éric Zemmour

Vous savez, j'ai appris du général de Gaulle que quand on était le plus faible, il fallait être le plus inflexible. C'est ce qu'il a fait en juin 1940. Donc moi, je suis les grands modèles. Si j'avais été le plus fort, comme je l'ai été au cours de la campagne présidentielle, c'est moi qui aurais tendu les mains à tous les autres. Oui, mais le général de Gaulle... Ce n'est pas moi, en tant que plus faible, vous l'avez dit vous-même, d'organiser cela.

23:45
Locuteur

C'est tout.

23:45
Invité

Mais le général de Gaulle, quand les Français n'ont plus voulu de lui, il est parti.

23:48
Éric Zemmour

Mais bien sûr.

23:49
Invité

Et alors vous partirez si les Français ne veulent plus de vous, Éric Zemmour ?

23:52
Éric Zemmour

Mais cher Anakabana, moi, je ne suis pas au pouvoir. Donc je lutte pour mes idées.

23:58
Invité

J'ai le résultat que je veux avoir. Vos idées sont aux portes du pouvoir et vous n'êtes pas dans ce camp-là. Et ce camp-là ne veut pas de vous. Ça en dit quand même quelque chose.

24:07
Éric Zemmour

Ça en dit quelque chose sur les autres et sur moi. Et sur vous. Absolument.

24:11
Invité

Et ça dit quoi de vous ?

24:12
Présentateur

On va continuer à donner la parole à ceux qui nous regardent aussi. C'est un bon savoir.

24:15
Éric Zemmour

Vous savez, moi, je pense que je défends mes idées avec vigueur. Je défends mes idées avec sincérité. Voilà, ce n'est peut-être pas le cas de tout le monde.

24:24
Invité

Il y a beaucoup de questions de téléspectateurs qui nous parviennent. La question d'Amory maintenant qui rejoint d'ailleurs un petit peu cette discussion. Le parti reconquête n'a-t-il pas pour vocation à disparaître au sein du RN pour rassembler davantage encore ?

24:39
Éric Zemmour

Mais ça, c'est la stratégie de Marion Maréchal, justement. Le Pen. Ce n'est pas l'union des droites, c'est l'union des Le Pen. Donc moi, je ne suis pas du clan familial. Et je défends des idées, je vous le répète. Je défends des idées qui ne sont pas celles du RN.

24:54
Invité

Pourtant, vous vouliez une vaste union des droites. C'est vous-même qui le disiez.

24:57
Éric Zemmour

Cher madame, quand à gauche, on se rassemble, vous n'allez pas me dire que LFI a les mêmes idées que les Verts, a les mêmes idées que le Parti Socialiste, que le Parti Communiste. Vous n'allez pas me dire ça. Et pourtant, ils font un rassemblement, ils font une alliance. On définit les points communs minimums. On appelait jadis dans ma jeunesse le programme commun de la gauche. Et puis, on garde sa spécificité. Ça, c'est une alliance cohérente, respectueuse des partis politiques, respectueuse des hommes qui les animent, respectueuse des militants qui les servent, respectueuse de la politique et des êtres humains. Alors, je vois que la droite, malheureusement, est incapable de cela.

Je le regrette, puisque moi, je me bats pour cela. Et je vous le répète, si, quand je sors de ce plateau, on me dit, eh ben en fait, tu t'es trompé, il y a un accord, je suis prêt à toutes les concessions.

25:49
Présentateur

On a une autre question d'un téléspectateur, c'est Philippe, qui parle du score de reconquête aux européennes et qui fait référence à Marion Maréchal. Monsieur Zemmour, ne croyez-vous pas que le score de 5,4% aux élections européennes est grâce à Marion Maréchal ? Sous-entendu, est-ce que vous auriez pu faire le même score sans elle ? Et qu'est-ce que ça dit de l'avenir de votre parti ?

26:12
Éric Zemmour

Ben, écoutez, voyons les chiffres. On est en tête de liste de reconquête. Elle a obtenu 1,3 million voix. J'avais obtenu moi-même 2,5 millions voix à la présidentielle. Et beaucoup de mes électeurs sont partis chez Jordan Bardella. Voilà, mais vous savez, c'était une campagne difficile. Et j'ai mis beaucoup de moi-même, moi aussi.

26:36
Présentateur

Et précisément...

26:36
Éric Zemmour

Mais j'ai fait campagne, vous savez, moi je ne suis pas... Mais précisément... Je ne suis pas comme à LR. Vous avez dit que vous ne vouliez pas vous... LR n'a soutenu ce pauvre François-Xavier Bellamy. Moi, j'ai fait campagne tout le temps.

26:47
Présentateur

Puisqu'on parle de campagne, vous avez dit que vous ne vouliez pas vous présenter pour ces législatives. Peut-être parce que vous aviez aussi en tête cette alliance. Avec ce départ et cette trahison, est-ce que la donne change ? Est-ce que vous n'avez pas envie d'aller faire campagne ?

26:59
Éric Zemmour

Vous savez, je vais faire campagne, mais je vais chercher...

27:03
Présentateur

Est-ce que vous n'avez pas envie de vous présenter ?

27:05
Éric Zemmour

Attendez, je vais chercher le meilleur moyen de faire campagne. La campagne va être très courte. Donc je vais chercher le meilleur moyen de faire campagne.

27:11
Présentateur

Vous ne répondez pas.

27:12
Éric Zemmour

Parce que je ne le sais pas, je ne peux pas vous dire. Vous ne dors pas en vie d'aller ? Je vais faire campagne. Est-ce que le meilleur moyen, ça sera de faire campagne dans ma circonscription de cœur, où j'ai déjà annoncé que je ne serai pas candidat parce qu'il y a un sortant RN ? Hier, j'étais dans les meilleures dispositions. J'ai dit, puisqu'il y a un sortant RN, je ne vais pas me présenter contre un sortant RN puisque j'aspire à une vaste alliance.

27:34
Présentateur

C'est pour ça que je vous demande si la donne a changé.

27:36
Éric Zemmour

Donc si vous voulez, je ne vais pas me présenter ailleurs. Donc je vais faire campagne pour défendre mes idées, pour défendre les idées de mon parti. Bon, je le ferai comme je pourrais après ce coup de couteau et cette blessure.

27:50
Invité

La question de Thierry, maintenant, qui rejoint exactement ce que vous venez de dire. Est-ce que vous n'y allez pas un peu trop fort sur Marion Maréchal ? Ne trouvez-vous pas que vous y allez un peu fort concernant la trahison de Marion Maréchal Le Pen, dit Thierry ?

28:03
Éric Zemmour

Je ne sais pas, Thierry, s'il a d'autres mots. Moi, je n'en ai pas d'autres. Voilà, on peut toujours trouver d'autres mots. Moi, je répète, je demande à Thierry, quel mot choisissez-vous quand vous avez quelqu'un qui a été élu sur une liste reconquête ? Donc par les militants reconquêtes, par les électeurs reconquêtes, par l'énergie des militants, par les gens qui ont tracté des nuits entières et que 48 heures après, vous leur dites bye bye, je reviens au Rassemblement National.

28:36
Invité

Vous n'avez rien vu venir ? Parce que quand même, vous décrivez une campagne qui a été compliquée sur la faim, l'entourage de Mme Maréchal. Vous n'avez pas vu venir ça ?

28:49
Éric Zemmour

Vous savez, vous avez raison, vous pouvez me traiter de naïf.

28:54
Invité

Non, mais j'essaie de comprendre.

28:56
Éric Zemmour

Je comprends, mais moi-même, je me traite de naïf. Sans doute que, si vous voulez, j'ai répondu à Nakabana, je pense que je préfère être naïf que traître. Je préfère, vous voyez, me tromper que soupçonner. C'est dans ma nature. Je pense qu'il faut faire confiance aux gens. Je veux faire confiance aux gens parce que, humainement, c'est plus confortable et ça permet de mieux vivre les relations entre les gens. Donc après, bien sûr, je m'expose à être berné. Vous pouvez me moquer de moi et être trompé.

29:29
Invité

Franchement, je ne meurs pas de vous. Mais vous voyez, aujourd'hui, entre hier et aujourd'hui, vous êtes assis à la même place où était Bruno Rotaillot tout à l'heure. Quand même, en deux jours, on va faire le vieux combattant. Des affaires politiques, des trahisons, j'en ai vu pas mal. Mais quand même, en deux jours, on a deux phénomènes. Je ne sais pas si c'est lié à la nouvelle façon de faire de la politique. Marion Maréchal, vous dites, roc en main du monde, de la trahison, elle quitte un parti alors qu'elle a été élue pour la première fois grâce à vos électeurs.

Et on a Éric Ciotti, dans un autre genre, président d'un parti qui n'en parle pas à ses proches et qui passe au RN avec armes et bagages. Tout ça en deux jours. Est-ce que ça ne dit pas quelque chose de nouveau dans la façon d'exercer la politique ?

30:11
Éric Zemmour

Je ne sais pas, je ne veux pas mêler des affaires de LR. Je vous dis, je suis un peu gêné parce que moi, j'étais pour l'union. Donc je ne désapprouve pas, M. Ciotti. Donc vous voyez, j'essaie d'être le plus honnête.

30:24
Invité

Dans la façon de faire.

30:26
Éric Zemmour

Peut-être. C'est vous qui me l'apprenez. Vous savez, moi, j'ai fait campagne tout le temps jusqu'à ces derniers jours. Et depuis 48 heures, j'essaie de forger cette union. Donc voilà. Et puis, je dois recevoir Mme Maréchal hier qui me dit qu'on a échoué. Et cet après-midi qui dit que c'est de ma faute. En gros, je résume.

30:49
Présentateur

Du coup, est-ce que vous vous êtes remis en question ? Est-ce que vous vous êtes dit, après tout, peut-être que je suis très bon pour théoriser les choses, pour imaginer les alliances, mais pas pour faire de la politique ?

31:01
Éric Zemmour

Vous voulez dire que la politique, c'est de la trahison à tout va ? Dans ce cas-là, vous avez raison, je ne suis pas doué.

31:08
Présentateur

Ce que je veux dire, c'est que vous nous expliquez depuis tout à l'heure que ce que vous avez imaginé pendant des années est en train de se produire, devant vous, mais sans vous.

31:17
Éric Zemmour

Et vous le subissez. Peut-être que parce que ça ne se produit pas vraiment, justement. Parce que vous voyez, ça ne se fait... On va voir dans quelles conditions ça se fait. On va voir comment ça se fait. Est-ce que tout cela n'est pas simplement une opération d'absorption par le Rassemblement national ?

31:36
Invité

Est-ce que vous avez envie d'envoyer un message à Marine Le Pen ? Parce qu'on a compris que c'était elle qui faisait barrage et obstacle à cette union avec vous. Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ce soir ? Pardon Marine Le Pen d'avoir dit que vous n'arriveriez jamais à rien ? Est-ce que c'est un message que vous pouviez lui faire passer ?

31:54
Éric Zemmour

Alors, je n'ai jamais dit qu'elle n'y arriverait jamais à rien.

31:56
Invité

Vous avez dit qu'elle n'y arriverait jamais ? Vous avez dit qu'elle était nulle.

31:58
Éric Zemmour

À l'Elysée, ce n'est pas la même chose. Vous avez dit qu'elle était nulle ? Vous avez dit qu'elle était nulle. Vous avez dit qu'elle était nulle. Je n'ai jamais dit ça. Je n'ai jamais dit ça. Mais ce n'est pas grave.

32:03
Invité

Non, mais qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ce soir ?

32:06
Éric Zemmour

Je lui dis simplement que quand on est le plus fort, c'est là, c'est à celui-là qui doit tendre la main et qui doit ouvrir ses bras. Donc vous lui dites « soyez magnanim ». Je lui dis rien, je lui dis simplement c'est la responsabilité du plus fort, c'est de faire l'union. C'est ce que Jean-Luc Mélenchon a fait en juin 2022 quand il était le dominateur à gauche. Vous voyez, c'est toujours comme ça. Moi, j'ai appris. Bruno Jeudy disait que ça fait longtemps que je suis la politique. Il a raison, comme lui. Et on a appris tous les deux que c'était le plus fort qui faisait le rassemblement. Elle veut absorber, elle ne veut pas réunir. Il me semble.

32:46
Invité

Vous pensez que le rassemblement national peut remporter ses législatives dans trois semaines ?

32:50
Éric Zemmour

Bien sûr, tout peut arriver. Le rassemblement national peut gagner, évidemment. C'est pour ça que moi, je me disais qu'il fallait le plus grand rassemblement pour avoir la meilleure dynamique possible et aller au-delà du seul rassemblement national. D'ailleurs, Éric Ciotti a fait le même calcul que moi. Donc vous voyez, je n'étais pas complètement hurluberlu. Je pense qu'effectivement, il y a une dynamique dans ce camp-là et que plus il y aura de partis qui s'agglutineront à cette dynamique, plus elle sera accentuée, plus elle sera renforcée. Voilà.

33:26
Invité

Et est-ce que Jordan Bardella, par exemple, a l'étoffe d'un Premier ministre ? C'est une question de Barnabé qui vient de nous parvenir et qui vous pose la question. Que pensez-vous de Jordan Bardella ? Est-ce qu'on peut voir cette question apparaître ? Est-ce qu'il est apte pour aller à Matignon ?

33:40
Éric Zemmour

Écoutez, nous verrons bien s'il va à Matignon et nous verrons bien comment il se comporte. Moi, vous savez, je ne juge pas d'avance. J'ai des désaccords avec Jordan Bardella, je les ai dit, je les ai dit vivement. Manifestement, ça ne lui a pas plu. Vous savez, il s'habituera, il est encore jeune et brillant. Il est susceptible ? Il faut croire qu'il est susceptible, vous savez. Donc susceptible, jeune mais brillant. Vous vous souvenez, cher Bruno Jeudy, François Mitterrand avait coutume de raconter cette histoire de la grenouille jeune qui ne supportait pas la moindre piqûre d'électricité alors que la grenouille vieille était habituée.

Et bien, j'avoue qu'à l'époque, j'étais jeune et aujourd'hui, je suis plutôt la grenouille vieille. Donc je comprends mieux les grenouilles jeunes.

34:26
Présentateur

Dites donc, la grenouille vieille.

34:29
Invité

Vous êtes durs avec vous-même. Toute dernière question, pourquoi, à votre avis, Marine Le Pen se met de côté pour laisser la place à Jordan Bardella dans le cas d'une victoire au poste de Matignon ?

34:38
Éric Zemmour

Ouh là, alors là, c'est votre... Non, mais là, pour mon père, je dis, écoutez, écoutez, elle ne manifestement... C'est ce qu'elle a dit. Elle ne veut pas aller à Matignon et elle laisserait, parce que vous savez que c'est quand même... Le président de la République qui choisira, bien sûr. C'est quand même le président de la République qui décidera.

34:56
Invité

C'est 93 que le scénario 86.

34:59
Éric Zemmour

Apparemment, elle ne veut pas s'exposer. C'est sa responsabilité. Mais vous savez, là, on est dans le commentaire politique. J'ai abandonné cela. Mais est-ce que vous... À la grande tristesse, manifestement, d'Ada Gabbana.

35:09
Invité

Vous n'allez pas y revenir jamais ? Vous n'y reviendrez jamais ?

35:12
Éric Zemmour

Mais vous savez, là, j'ai longtemps combattu pour mes idées à travers le journalisme et l'écriture. Et aujourd'hui, je défends mes idées à travers l'action politique. Et c'est vraiment exaltant. Donc, je n'abandonnerai pas, non ?

35:26
Présentateur

Merci, vous annoncez l'exclusion de Marion Maréchal de Reconquête. Et vous parlez ce soir de trahison. Merci, Éric Zemmour, d'avoir été avec nous sur ce plateau.

35:35
Éric Zemmour

Merci à vous de m'avoir reçu.