Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Figaro· 28 août 2025 19 min

Retailleau a-t-il raison de soutenir Bayrou ? Le point de vue de Guillaume Roquette

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Guillaume Roquette. Bonjour Vincent Roux. Avez-vous été surpris par l'annonce de François Bayrou en début de semaine de demander donc le 8 septembre prochain la confiance des députés ?

0:13
Bruno Retailleau

La réponse est oui. J'ai été surpris et alors moi ça n'a pas beaucoup d'importance mais j'ai pas été le seul. Apparemment Bruno Retailleau aussi. Exactement, parce que pour tout vous dire, avec Karl Mayus nous avons fait l'interview de Bruno Retailleau lundi à l'heure du déjeuner parce que le ministre de l'Intérieur c'est un boulot apparemment assez prenant donc c'est le créneau qu'il avait. Donc on est deux heures avant la conférence de presse de trois heures plutôt parce qu'elle était à 16 heures de François Bayrou et évidemment on demande à Bruno Retailleau mais alors est-ce que vous savez ce que le Premier ministre va dire ?

Et il nous dit ben non, je pense qu'il va peut-être annoncer qu'il entend certaines contre-propositions de l'opposition mais il ne savait pas qu'il allait y avoir cette séance extraordinaire. Donc évidemment on lui a reposé la question derrière et il nous l'a confirmé. Non, je n'étais pas au courant.

1:08
Présentateur

Comment vous est-il apparu au cours de cet entretien ?

1:14
Bruno Retailleau

Égal à lui-même, l'une des forces de Bruno Retailleau c'est que il a attendu un certain âge avant d'avoir un poste de premier plan et avant de devenir un présidentiable. Et il me semble que cette espèce de maturité qu'il a fait qu'il est d'un calme absolu. On lui a parlé du 10 septembre avec ses risques de troubles à l'ordre public. En fait la place Beauvau c'est un job où vous êtes en première ligne avec tous les troubles du pays. C'est-à-dire que dès qu'il se passe quelque chose ça remonte à vous, par la police, par la gendarmerie.

2:01
Présentateur

Vous ne pouvez pas avoir trop d'aversion pour les policiers.

2:02
Bruno Retailleau

Voilà, donc ou bien vous êtes quelqu'un de nerveux et à mon avis vous ne vous tenez pas à trois mois, ou bien vous êtes quelqu'un de placide et ça vous renforce dans ce côté-là. Donc on dit souvent que Bruno Retailleau est un taiseux. Il y a d'ailleurs un livre sur lui qui va sortir, une biographie, dont le titre est Le Cardinal, l'allusion évidemment au cardinal de Richelieu qui était toujours dans l'ombre. Je ne suis pas sûr que Bruno Retailleau veuille rester indéfiniment dans l'ombre, en tout cas dans l'ombre de la présidence de la République.

2:30
Présentateur

D'ailleurs le surnom qu'on accordait également à un de ses prédécesseurs, c'était à Claude Guéant d'ailleurs.

2:35
Bruno Retailleau

Oui, c'est vrai, c'est vrai. Et je peux vous dire d'ailleurs que Bruno Retailleau s'est un peu interrogé sur ce titre en disant c'est curieux, c'est un... Le cardinal de Richelieu en tout cas ne voulait pas prendre la place de Louis XIII. Bruno Retailleau lui a peut-être des ambitions, il en a même sûrement, puisqu'il ne les nie pas, des ambitions présidentielles.

2:54
Présentateur

Il vous a fait des confidences sur ce sujet ou pas ?

2:56
Bruno Retailleau

Alors non, parce qu'il dit, on lui pose la question d'ailleurs dans l'interview, il dit ce qui est vrai que la situation est tellement mouvante qu'il est impossible de savoir aujourd'hui qui sera en situation d'être candidat pour la prochaine élection présidentielle. Mais ce qui est certain c'est que lui se prépare, y compris d'un point de vue programmatique. C'est-à-dire qu'il nous a livré notamment deux propositions économiques et sociales. On va y revenir. Sur le... à la fois sur le... Ce qu'il appelle travailler plus pour gagner davantage, mais avec un système d'exemption de charges sociales au-delà d'un certain nombre d'heures de travail.

Et puis sur la limitation des revenus de l'assistance et des prestations sociales.

3:42
Présentateur

On va y revenir. D'abord, peut-être revenons sur quand même l'annonce majeure de cette semaine, donc ce vote de confiance et cette chute annoncée de François Bayrou. C'est quand même un échec pour Retailleau et pour la droite ?

3:59
Bruno Retailleau

Alors, c'est un échec parce que le gouvernement va a priori vers sa chute. On voit mal comment François Bayrou pourrait réussir à retourner les principaux groupes d'opposition qui ont annoncé qu'ils voteraient contre la confiance, c'est-à-dire toute la gauche et le Rassemblement national. C'est un échec pour les Républicains. Oui, parce que leur pari, c'était que dans une logique de responsabilité, ils s'associaient à ce gouvernement. Alors même que François Bayrou et Bruno Retailleau ou Annie Genevard, c'est pas la même chose. Bayrou est un centriste dont on se souvient qu'il avait fait voter contre Nicolas Sarkozy lors d'une dépression présidentielle en 2012.

Et puis il y a Emmanuel Macron derrière avec son parti. Mais effectivement, il y a d'ailleurs un certain nombre de sympathisants de droite qui disent « vous voyez bien qu'il ne fallait pas y aller, qu'il ne fallait pas se compromettre entre guillemets puisque c'est une impasse ». C'est d'ailleurs le point de vue de David Lysnard dans la mouvance.

4:59
Présentateur

De David Lysnard, on voit également un peu poindre encore plus chez Jean-François Copé. Justement, est-ce que Bruno Retailleau a raison de soutenir François Bayrou et LR de voter la confiance ?

5:16
Bruno Retailleau

Alors moi je le pense parce qu'il ne faut jamais oublier que la politique, c'est le choix non pas entre le bon et le mauvais, mais entre le préférable et le détestable. Or, qu'est-ce qui était préférable ? Un gouvernement de coalition autour de François Bayrou, même fragile, puisqu'il semblerait qu'il tombe, ou bien un gouvernement autour de Luchy Casté, qui était, je vous rappelle, il y a un an, la candidate du nouveau Fonds populaire. Donc c'est d'ailleurs ce que Bruno Retailleau rappelle dans l'interview. Il dit « bien sûr que ce gouvernement ce n'est pas parfait, bien sûr que j'ai assez largement les mains liées, que je ne peux pas faire tout ce que je veux.

Il n'empêche, c'est un moindre mal. » Et donc il me semble qu'il y a là une logique de responsabilité qui tranche de façon heureuse avec celle du Rassemblement National, qui fait objectivement la politique du pire. Ça c'est très richelieux. Oui, qui fait objectivement la politique du pire en disant « on censure et on se coalise avec Jean-Luc Mélenchon et François Hollande. »

6:11
Présentateur

Le Rassemblement National, ou même certaines figures au sein des Républicains, pour l'instant. Oui, alors je l'ai... Là, vous posez la question d'ailleurs, et c'est un refus qu'il exprime, c'est celui de se joindre à une demande de démission d'Emmanuel Macron, à l'heure où par exemple Jean-François Copé, oui, demande une démission du président de la République.

6:29
Bruno Retailleau

C'est vrai, et là aussi, là encore, pardon, on a posé la question à Bruno Retailleau, il nous explique dans l'interview que lui est opposé à cette démarche de demande de départ du président de la République au nom du respect des institutions. Ce qui est vrai, c'est qu'Emmanuel Macron détient les clés du règlement de cette crise, à travers la dissolution, mais encore plus à travers sa propre personne, puisqu'on sait qu'en France, c'est du président lui-même que peut émerger et découler une majorité parlementaire, mais, dit Bruno Retailleau, dans une situation de la France qui est fragilisée, qui est fracturée, il ne faut pas fragiliser l'institution présidentielle.

7:08
Présentateur

On en parlait donc au début de cet entretien, Guillaume, vous avez posé la question sur un certain nombre de propositions que pourrait avoir Bruno Retailleau, et il revient justement sur la question du temps de travail, et ce qui est intéressant dans l'interview, par rapport à François Véliou, c'est que lui se montre hostile à la suppression des deux jours fériés, contrairement à vous, apparemment, c'est bien vu votre éditorial.

7:38
Bruno Retailleau

Il dit dans l'interview, travailler plus pour gagner rien, c'est non. Et donc il explique qu'il est opposé à la suppression de ces deux jours de congé au nom d'une logique que je comprends bien, qui consiste à dire qu'il faut que le travail paye, et donc il ne faut pas demander toujours plus au même. Et moi, je suis d'un avis différent. Je pense que symboliquement, cette mesure, évidemment, elle ne peut pas être la seule. Et là où je suis d'accord, c'est qu'aujourd'hui, c'est déséquilibré.

C'est-à-dire qu'on demande plus aux gens qui travaillent qu'on demande, on va dire, à la structure étatique, puisque je vous rappelle qu'il y a une moindre augmentation de dépenses publiques, mais la dépense publique continue à augmenter en 2026. Et donc on est très loin d'une cure d'austérité. Donc, OK, il y a des équilibres, et il faudrait qu'on demande davantage à l'État en termes d'économie. Mais cela dit, sur le principe, je pense qu'il faut absolument que tous les Français comprennent qu'il faut travailler davantage, parce que sinon, on n'arrivera pas à redresser la situation.

Et il me semble que ces jours fériés, c'est un bon symbole de ça, même si ça ne me plaît absolument pas de venir travailler le lundi de Paris.

8:51
Présentateur

Alors que n'y a-t-il pas quand même, dans ces cas-là, pas mal d'objections à ce que vous dites ? Moi, je voudrais que vous en fiez écouter une, de la part de quelqu'un qui est un haut fonctionnaire, qui a écrit un livre très intéressant, qu'il est venu présenter ici à plusieurs reprises, notamment lundi dernier, il s'appelle Antoine Fouché, il a écrit un livre qui s'appelle « Sortir du travail qui ne paye plus ».

Le problème en France du travail, ce ne sont pas les gens qui travaillent, qui encore une fois travaillent à peu près autant que les autres personnes qui travaillent, c'est pas, pour le dire autrement, c'est pas le temps de travail pendant l'année, c'est le temps de travail pendant la vie. Parce que là, oui, on travaille trois ans de moins. Donc ça veut dire que ceux qui avaient prévu de s'arrêter à 60, il faut qu'ils aillent à 63, 63, 66, et vous et moi, en tout cas moi, où il y a une suppression d'âge de la décote à 67, aller jusqu'à 70. C'est ça la vérité, et ça, vraiment, ça permettrait de rattraper le retard français.

Mais les jours fériés, c'est pas le sujet, parce que le sujet, c'est pas le temps de travail pendant l'année.

9:52
Bruno Retailleau

Oui, je comprends l'argumentation d'Antoine Fouchy, qui est un homme remarquable, c'est vraiment l'une des révélations du paysage intellectuel sur ce sujet de ces deux ou trois dernières années, mais il faut faire les deux. Moi, je pense qu'il faut faire feu de tout bois, c'est-à-dire que je pense que, bien sûr, il faut repousser l'âge de la retraite, et d'ailleurs, même si c'est douloureux, c'est quelque chose qui a été fait, mais je pense qu'il faut qu'il y ait cette prise de conscience que, quand je dis qu'il faut travailler davantage, ça signifie aussi, par exemple, revenir aux jours de carence sur les arrêts maladie.

C'est-à-dire de dire aux gens, on est désolé, mais il faut que vous utilisiez le moins possible les arrêts maladie, et le premier jour, puisque vous savez que ça a été supprimé dans l'administration, le premier jour, ça va être à votre charge. C'est-à-dire qu'il faut absolument multiplier les mesures qui permettent de faire prendre conscience de cela aux Français. Je suis d'accord que c'est plus symbolique qu'économique.

10:52
Présentateur

Et est-ce que la symbolique ne serait-elle pas plus pertinente de toucher au temps de travail hebdomadaire, revenir aux 35 heures, et faire passer à faire adopter comme temps de travail réglementaire, par exemple, ce qui se fait au niveau européen, maintenant, plus aucun pays européen, on le voit maintenant, ne travaille 39 heures, mais les moyennes sont entre 36 et 37 heures. Est-ce que, justement, le symbole ne serait pas plutôt de s'aligner sur le standard européen, en temps de travail réglementaire, plutôt que de supprimer deux jours fermés ?

11:27
Bruno Retailleau

Alors, oui, effectivement, il y a aussi la faisabilité. Et donc, les syndicats disent, on veut bien que vous augmentiez la durée légale, mais à ce moment-là, il faut payer davantage. Alors, je vous rappelle que, quand les 35 heures ont été mises en place, elles ont été mises sans diminution de salaire. Ce qui, donc, rapporté au salaire horaire signifiait une augmentation de fait. Et pour ceux qui sont au forfait, eh bien, il y avait ces jours de RTT. Donc, est-ce que ça veut dire qu'on enlève des jours de RTT ? Ça revient globalement au même.

Mais là où je vous suis, malheureusement, c'est que, politiquement, cette proposition était une erreur, puisque 80%, voire 84% des Français, ça dépend des sondages, sont contre la suppression de ces deux jours fériés. Donc, en termes d'acceptabilité, c'est un échec. C'est d'ailleurs aussi pour ça, sans doute, que Bruno Retailleau est opposé à cette mesure, même si elle a été proposée par son Premier ministre.

12:20
Présentateur

Je reviens sur l'idée, donc, de continuer à soutenir François Bayrou, ce qui risque, on le voit, on commence à le voir, on commence à l'entendre, même de susciter une division au sein des Républicains. Est-ce qu'il n'y a pas un risque, c'est de paraître un petit peu comme l'idiot utile du quoi qu'il en coûte, macronien, et du macronisme ?

12:43
Bruno Retailleau

Alors, c'est vrai qu'Emmanuel Macron porte une responsabilité dans la situation actuelle, et autant le Premier ministre a passé tout son été à sonner le toxin, depuis cette conférence de presse du 15 juillet, où il a proposé son projet de budget 2026, jusqu'à ses interventions sur les réseaux sociaux pendant tout l'été, et jusqu'à encore son intervention sur TF1 hier soir, il est obnubilé par ce sujet. Je ne sais pas si vous avez beaucoup entendu Emmanuel Macron mouiller la chemise là-dessus, pas moi. Et quand le Premier ministre a dit au Président de la République, peut-être qu'on pourrait faire un référendum sur ce sujet des finances publiques, le chef de l'État a dit non.

Il préfère aller sauver le monde, ou en tout cas essayer, il préfère prendre position sur le conflit entre Israël et Gaza, sur le conflit ukrainien.

13:30
Présentateur

Il a ceci dit confié au GD News, qu'il était temps maintenant de faire des économies.

13:36
Bruno Retailleau

Oui, il l'a confié au GD News, et c'est tout à fait intéressant, mais il me semble qu'il peut avoir des moyens plus forts et plus solennels de parler. Or, il ne le fait pas, c'est-à-dire qu'il se met entre guillemets à l'abri derrière François Bayrou, alors que c'est maintenant connu, depuis qu'il est arrivé au pouvoir, la dette publique a augmenté de 1000 milliards d'euros. Donc, je suis d'accord qu'être un petit peu la béquille d'Emmanuel Macron, ce n'est pas une situation très satisfaisante. Mais encore une fois, je pense qu'une dissolution, c'est à nouveau prendre le risque, parce que c'est ça l'alternative finalement.

Qu'est-ce que, si on fait tomber Bayrou, ça serait pour mettre qui à la place ? Un Premier ministre de gauche, ce serait à mon avis une solution irresponsable, et on ne va pas mettre un Premier ministre LR, il ne serait pas soutenu par l'aile gauche de la majorité. Pourtant, c'est partie des hypothèses qui sont évoquées, notamment Sébastien Lecornu. Oui, mais Sébastien Lecornu, il est macroniste, il est ministre... C'est un LR macroniste. Oui, c'est ça, c'est un LR macroniste. Donc, il est aujourd'hui, je ne sais pas d'ailleurs quelle carte il a, si c'est celle des LR ou celle de Renaissance, mais en tout cas, c'est un des fidèles, un des très proches d'Emmanuel Macron.

Rien de tout ça n'est satisfaisant, on est d'accord. On est condamnés à des rustines, on est condamnés à des bricolages institutionnels, jusqu'à l'échéance qui décidera de tout, qui sera l'échéance présidentielle. Mais il me semble qu'il faut essayer de faire ça en déstabilisant le moins possible à la fois la société et surtout l'économie française. Vous avez vu ce qui se passe en bourse, la rentrée est difficile sur le domaine économique, les investissements sont à l'arrêt et pour ça, je crois qu'il faut être responsable. Même si je suis d'accord, ce n'est pas enthousiasmant d'aller au secours de François Bayrou.

15:26
Présentateur

Est-ce que, comment vous avez réagi en entendant François Bayrou mettre en cause le confort des boomers ?

15:32
Bruno Retailleau

J'ai trouvé ça culotté. Je trouve que ça n'est pas faux. Le Figaro Magazine a consacré une couverture à Nicolas qui paye il y a quelques mois. Oui, c'est vrai qu'ils ont profité de la situation. Moi, je ne me sens pas complètement boomer, pour tout vous dire, puisque... Je suis à la limite. Voilà, je suis à la limite, et notamment parce que je suis arrivé à travailler à un moment où le marché immobilier n'était plus aussi accessible que pour nos parents. Ma régénération commence à être touchée par le recul de l'âge de la retraite, mais est-ce qu'on est dans une situation plus favorisée que les jeunes d'aujourd'hui ? C'est une certitude.

16:16
Présentateur

Il y avait une objection, c'est dire que les boomers ont payé les études de Nicolas qui paye. Peut-être une question sur Bruno Retailleau encore. Il se félicite, je le cite, que sa ligne de fermeté a été adoptée face à l'Algérie. Est-ce que ce n'est quand même pas une illusion d'optique ? Surtout à l'heure où on vient de l'entendre, on l'a pu le lire dans les pages du Figaro d'ailleurs ces dernières heures, sa fille dit que la France n'a pas soutenu son... Elle n'a pas soutenu Boalem Sansal. Pardon, la fille de Boalem Sansal.

16:48
Bruno Retailleau

Alors, ce que dit Bruno Retailleau, ce dont il se félicite, c'est du changement de pied assez spectaculaire du président de la République. Je vous rappelle qu'il y avait deux camps dans les relations avec l'Algérie. D'un côté, il y avait Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères en disant, il faut discuter, il faut tendre la main, il faut être dans une logique de coopération avec l'Algérie. Et de l'autre côté, Bruno Retailleau qui disait, ça ne sert à rien, on n'arrive pas à expulser nos étrangers qui doivent quitter le territoire, les fameux OQTF, parce que l'Algérie ne veut pas. Le seul moyen de régler le problème est d'engager un rapport de force.

Et vous avez vu que cet été, Emmanuel Macron a totalement changé d'avis et a envoyé une lettre à Bruno Retailleau, en passant d'ailleurs par-dessus François Bayrou, ce qui n'a pas beaucoup plu à ce dernier, en disant aux ministres de l'Intérieur, ok, on voit bien que ça ne marche pas à la bonne volonté, donc qu'est-ce qu'on peut faire ? Et Bruno Retailleau, pardon, nous explique dans l'interview qu'il a envoyé au Premier ministre une douzaine de propositions. Le problème, c'est que ces propositions, c'est notamment sur les visas accordés aux hiérarches algériens, c'est la proposition de revenir sur le traité de 1968 pour l'accès des Algériens au RSA.

Eh bien, ces mesures, elles ne peuvent pas être prises par le ministre de l'Intérieur seul. Et donc, là où vous avez raison, c'est que lui, il veut agir, mais il n'est pas tout seul au gouvernement. C'est une des limites, effectivement, de ce gouvernement Bayrou, c'est que les ministres ne sont pas d'accord entre eux.

18:16
Présentateur

Merci beaucoup, Guillaume. Votre édito et l'interview de Bruno Retailleau sont à retrouver, bien évidemment, dans ce nouveau numéro du Figaro Magazine, avec qui est un très beau reportage, très intéressant, dans le cadre de la guerre commerciale, sur la Chine, qui est l'atelier du monde, et plus déterminé que jamais à mener la guerre contre Donald Trump.