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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 2 juin 2024 14 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploiSanté

Avec Roland Lescure, ministre de l'Industrie et de l'Energie

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    La note française dégradée est-elle le signe que la France ne tient pas ses engagements budgétaires ?

  • 0:45OuverteRéponse partielle

    La réforme de l'assurance maladie doit rapporter 3,5 milliards par an, mais où sont les efforts pour les entreprises ?

  • 0:56OuverteRéponse partielle

    Les impôts de production pour les entreprises sont-ils abandonnés ?

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Les jours de carence proposés par la Cour des comptes sont-ils une bonne idée ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Les impôts de production pour les entreprises restent-ils dans le budget ?

  • 2:54RelanceRéponse directe

    Si on passe à l'électrique, comment compenser la perte de 40 milliards de taxes sur le pétrole ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11Invité politiqueFait
    « la notation d'une agence de notation c'est un peu la météo de la veille »
  • 0:24Invité politiqueFait
    « on a préservé l'économie française plus qu'ailleurs dans le monde et pour certains d'entre eux en tout cas plus qu'ailleurs en Europe »
  • 0:45PrésentateurChiffre
    « une réforme de l'assurance maladie qui doit rapporter un peu plus de 3 milliards et demi par an »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « ce que je dis d'abord c'est qu'il faut tout regarder, il faut regarder sans exagérer »
  • 2:14Invité politiqueFait
    « la cour des comptes ce qu'elle propose c'est de faire en sorte que les entreprises prennent un peu plus en charge ces jours de carence »
  • 3:11PrésentateurChiffre
    « il y a environ 40 milliards d'euros par an de taxes sur le pétrole, sur les voitures thermiques »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « On n'arrête pas un moteur alors qu'un avion est en train de décoller. »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « en 2035, je vous le rappelle quand même, on n'interdit pas la voiture thermique, il y aura encore à peu près 20 millions de véhicules thermiques qui vont circuler en France. »
  • 5:53PrésentateurChiffre
    « Il y en a 130 000 et on doit en avoir 400 000. »
  • 6:00Invité politiqueChiffre
    « Non, il y en a 130 000 publics dans le domaine public. Mais il y en a 2 millions au total. »
  • 7:42Invité politiqueChiffre
    « L'année dernière, c'était à peu près 50% des véhicules électriques vendus en France qui venaient d'Asie, Chine, Corée, Japon. »
  • 7:50Invité politiqueChiffre
    « Cette année, c'est presque plus que 10 à 15%. »
  • 10:30Invité politiquePromesse
    « on a un million de véhicules qui vont être fabriqués en France électriques d'ici 2027. »
  • 10:56PrésentateurChiffre
    « on commence à recréer de l'emploi, on va dire 150 000 si on doit vraiment arrondir. »
  • 11:37Invité politiqueChiffre
    « on a eu une excellente nouvelle hier sur le site de Fossuremer, 323 salariés qui vont être repris, 800 millions d'investissements »

Temps de parole

  • Roland Lescure73 %
  • Présentateur27 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Roland Lescure, vous êtes donc le ministre de l'Industrie et de l'Energie, la note française a été dégradée hier soir, est-ce le signe que la France ne sait pas tenir ses engagements budgétaires ?

0:11
Roland Lescure

Non, la notation d'une agence de notation c'est un peu la météo de la veille, ça nous dit effectivement aujourd'hui qu'on a des déficits publics importants qui sont le reflet de ce qu'on a fait pendant la crise du Covid et la guerre en Ukraine, en tout cas le début qui s'est traduit par une forte hausse des prix de l'énergie, on a préservé l'économie française plus qu'ailleurs dans le monde et pour certains d'entre eux en tout cas plus qu'ailleurs en Europe, ça nous a permis de préserver la croissance, préserver l'emploi mais c'est vrai que ça a creusé un trou et que ce trou aujourd'hui il faut le reboucher et qu'il va falloir dans les mois et dans les années qui viennent faire comme on a dit qu'on allait le faire, c'est-à-dire redresser nos comptes publics.

0:45
Présentateur

Alors pour reboucher le trou on va notamment faire une réforme de l'assurance maladie qui doit rapporter un peu plus de 3 milliards et demi par an mais on ne voit pas grand chose pour les entreprises pour le moment, il n'y a que les français qui vont devoir payer ou vous allez également dire aux entreprises on va faire des efforts, je pense notamment aux impôts de production que vous deviez baisser pour les entreprises, c'est fini pour elles ?

1:07
Roland Lescure

Alors moi je suis un peu surpris d'entendre votre question comme ça, les entreprises ne sont pas des objets désincarnés, les entreprises ce sont des entreprises qui recrutent, embauchent, investissent pour la France, pour les françaises et pour les français. Donc aujourd'hui ce n'est pas on oppose les entreprises et les français, c'est on essaye à la fois et c'est très important de continuer à investir dans l'avenir et notamment dans l'industrie, notamment dans la décarbonation parce que la meilleure manière de redresser nos comptes publics c'est quand même d'avoir de la croissance, tout en étant économe sur nos dépenses qu'on appelle de fonctionnement.

Donc il faut à la fois être très prudent dans la manière dont on dépense nos euros au quotidien et c'est vrai qu'aujourd'hui on sait l'assurance maladie est un des grands postes de dépense de la France, avec sans doute des gains d'efficacité à gagner.

1:53
Présentateur

Donc par exemple l'idée des jours de carence mis sur la table par la cour des comptes de dire on va en rembourser moins pour les courtes maladies, vous dites que ce n'est pas si idiot que ça ?

2:02
Roland Lescure

Non, ce que je dis d'abord c'est qu'il faut tout regarder, il faut regarder sans exagérer, la cour des comptes ce qu'elle propose c'est de faire en sorte que les entreprises prennent un peu plus en charge ces jours de carence, ce n'est pas de dire vous êtes malade, vous n'êtes plus payé pendant 3, 4, 5, 7 jours, mais effectivement on a noté une hausse des arrêts maladies liées à des enjeux sanitaires, très bien ça il faut le traiter, mais aussi une hausse des fraudes qu'il faut aller chercher parce qu'il y a des arrêts maladies de complaisance à court terme contre lesquels il faut se battre. Donc c'est trouver l'équilibre entre on continue à protéger mais on est plus efficace.

2:35
Présentateur

Et impôts de production pour les entreprises, ça reste dans le pipe ou quand même c'est un petit peu tendu ?

2:41
Roland Lescure

On va arbitrer tout ça dans le cadre du budget, mais ce qui est vrai c'est que la compétitivité de l'industrie française aujourd'hui nous permet d'attirer, elle nous permet d'investir, elle nous permet de construire des usines, et ça il faut continuer à le faire parce que c'est la meilleure manière de sortir tout ça par le haut.

2:54
Présentateur

Alors on va en venir à la voiture électrique, aujourd'hui il y a environ 40 milliards d'euros par an de taxes sur le pétrole, sur les voitures thermiques, si on passe à l'électrique, inévitablement vous allez perdre cette manne, mais vous ne pouvez pas vous asseoir sur 40 milliards. Est-ce que demain du coup on va taxer le plein de la voiture électrique ?

3:11
Roland Lescure

Non mais aujourd'hui l'électricité elle est taxée, mais évidemment dans des proportions bien moindres que l'essence, le gaz et autres, qui sont des énergies décarbonées, donc évidemment on est en train de changer de mode de production, de mode de consommation, et tout ça va se traduire par un changement en profondeur de nos recettes qui va devoir nous conduire à réfléchir à la manière dont on organise la dépense publique. Mais d'abord l'essentiel quand même c'est qu'on va décarboner les routes françaises, et en plus en créant de l'emploi en France, via des entreprises françaises, Renault, Stellantis, qui vont fabriquer des voitures électriques en France.

Moi j'entends ici ou là des gens qui nous disent qu'il faut repousser les échéances, il faut repousser l'interdiction par exemple de vendre des véhicules thermiques au-delà de 2035. On n'arrête pas un moteur alors qu'un avion est en train de décoller.

3:59
Présentateur

C'est donc inaliénable ?

4:01
Roland Lescure

Non mais je ne pense, je ne peux même pas croire qu'on se pose la question. On est en train de faire décoller un avion, c'est le cas de le dire, c'est l'avion électrique, c'est la voiture électrique pour toutes les françaises et tous les français. C'est vrai, en 2035, je vous le rappelle quand même, on n'interdit pas la voiture thermique, il y aura encore à peu près 20 millions de véhicules thermiques qui vont circuler en France. On interdit juste la vente des voitures thermiques neufs en 2035. Donc ceux qui achètent leurs véhicules d'occasion, c'est la majorité des français vont continuer à acheter soit du thermique, soit de l'électrique.

Mais ce qui est vrai, c'est qu'on organise toute la filière de manière à ce qu'on puisse fabriquer en France et en Europe des véhicules électriques qui vont rouler sur les routes françaises. C'est quand même une excellente nouvelle pour la planète, pour le pouvoir d'achat parce qu'elles vont être de moins en moins chères. Et puis évidemment, ça nous conduit à dépendre moins des pays étrangers. Aujourd'hui, on achète notre pétrole à l'extérieur, on achète la plupart de nos véhicules électriques à l'extérieur en prenant ce d'Asie. Il faut quand même qu'on reprenne la main sur tout ça de manière à ce qu'à la fois on décarbone et qu'on crée de l'emploi.

5:00
Présentateur

On vient de l'entendre dans l'excellent reportage de Léa Guège. Il y a eu un maquis pour les tarifs, pour les recharges quand on fait son plein électrique. Il y a des propositions de députés qui veulent réguler ce maquis. Vous y êtes favorable ?

5:12
Roland Lescure

Alors d'abord, je veux rassurer tout le monde quand même. Faire le plein électrique, ça coûte moins cher, voire beaucoup moins cher que le thermique dans l'immense majorité des cas. Si vous chargez, c'est vous, ça vous coûte la charge de la facture EDF. Si vous chargez dans votre entreprise, en général, c'est gratuit. Si vous chargez sur un parking de supermarché, en général, c'est gratuit. Et effectivement, si vous chargez sur l'autoroute, c'est plus cher, mais c'est de l'ordre de 35 euros pour un plein d'une mégane électrique, là où ça vous coûte 70 euros pour l'essence.

Donc quand même, dans l'ensemble, ça coûte beaucoup moins cher et c'est heureux de faire le plein électrique que de faire le plein thermique. Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, comme ça se démocratise, on a des bornes de recharge partout. On a plus de bornes de recharge aujourd'hui que stations-services en France.

5:53
Présentateur

Il y en a 130 000 et on doit en avoir 400 000.

5:56
Roland Lescure

Non, il y en a 130 000 publics dans le domaine public. Mais il y en a 2 millions au total. Il y a 1 million à la maison et des centaines de milliers dans les entreprises. Donc tout ça, ça fait 2 millions de bornes de recharge aujourd'hui. Donc on doit améliorer la transparence sur tout ça. Et on a lancé une mission de l'inspection des finances pour aller débroussailler tout ça. Mais quand certains nous disent qu'il faut que ce soit le même prix partout, quelle que soit la manière dont vous chargez, non. Vous n'êtes pas favorable. Mais bien sûr que non, on ne va pas faire payer de la même manière.

Quelqu'un qui charge chez lui au prix de l'électricité du coin de la rue a des charges rapides sur l'autoroute qui sont évidemment plus chères en termes d'investissement. Donc il faut mieux réguler tout ça, organiser, surtout organiser la transparence. Quand vous êtes sur une route, vous voulez faire le plein d'essence, vous savez combien ça va vous coûter, c'est annoncé. Donc ça, il faudrait qu'on améliore ça. Mais attention, on l'a entendu d'ailleurs tout à l'heure.

6:49
Présentateur

C'est-à-dire qu'on pourrait avoir demain sur les autoroutes des panneaux comme on a aujourd'hui pour les stations-services.

6:52
Roland Lescure

Les véhicules électriques aujourd'hui, ils sont tous branchés, ils sont tous en ligne, ils sont tous en réseau. Vous avez des applications, on en a entendu une tout à l'heure, exceptionnelles, qui vous donnent tout ça. Donc vous pouvez déjà, il suffit de faire deux clics pour vous dire, je fais, allez, le Mans, Annecy, je sais exactement par où je dois passer, je sais exactement où je peux charger, je sais exactement combien ça va me payer. C'est extrêmement moderne et efficace aujourd'hui. Il faut s'assurer que tout ça soit un peu mieux régulé. Mais c'est déjà extrêmement simple et vraiment, ça coûte moins cher.

7:24
Présentateur

Parlons industrie, là, véritablement de la voiture électrique en France et en Europe. Stellantis va vendre dans ses concessions à la rentrée des voitures de son partenaire chinois, l'HypMotor, dans ses concessions. C'est l'où dans la bergerie ? C'est le début de la fin pour nous ?

7:38
Roland Lescure

Non mais on vend déjà des véhicules électriques chinois en France. L'année dernière, c'était à peu près 50% des véhicules électriques vendus en France qui venaient d'Asie, Chine, Corée, Japon. Cette année, c'est presque plus que 10 à 15%. Et vous savez pourquoi ? Parce qu'on a changé le bonus électrique. On a dit le bonus électrique, il faut qu'il soit réservé à des véhicules qui polluent moins. Et donc qui sont fabriqués dans des pays qui polluent moins, essentiellement des pays européens. Donc on avait 40% des véhicules électriques vendus en France qui étaient d'Europe. Maintenant, c'est plus de 75%. Des véhicules français, allemands, slovennes, espagnols.

Mais évidemment, il va y avoir des véhicules chinois qui vont continuer à venir en France. Ce qu'il faut, c'est arrêter de les subventionner. Parce qu'eux-mêmes le sont. Ce qu'il faut, c'est que ce soit dans une concurrence juste et équitable. Et ça, c'est la Commission européenne qui s'en occupe, qui a lancé une enquête. Parce que s'il y a des subventions trop importantes en Chine, il faut qu'on puisse mettre ce qu'on appelle des droits de douane de manière à retrouver un niveau.

8:35
Présentateur

Quel est le bon niveau ? Les Etats-Unis ont décidé plus de 100%. Beaucoup disent qu'en Europe, il faudrait que ce soit autour de 30% puisque, semble-t-il, c'est le coût notamment différentiel à cause des subventions chinoises. 30% c'est bien Roland Lescure ?

8:47
Roland Lescure

C'est la Commission qui le donnera. Mais ce que vous dites est important. Mais c'est que ça vous paraît bien, vous. En tout cas, quand les Etats-Unis disent 100%, ça veut dire qu'il n'y en aura pas. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut que la concurrence soit juste. Et donc, il faut corriger de l'écart de subvention excessive. Et ça, c'est la Commission qui est en charge de faire ce travail. Et je pense qu'ils nous donneront les chiffres dans les semaines qui viennent.

9:05
Présentateur

On parle réindustrialisation. Qui m'est chère. Est-ce que pour réindustrialiser la France, il faut accepter des voitures, des usines automobiles chinoises. Et donc, les subventionner, elles aussi, pour leur donner envie de venir chez nous, plutôt qu'en Allemagne, en Hongrie ou autre.

9:18
Roland Lescure

Écoutez, moi, je me souviens de l'arrivée de Toyota à Valenciennes. À l'époque, Jean-Louis Borloo, qui avait organisé ça, le maire de Valenciennes à l'époque. Ah oui, juste à côté de Valenciennes. Exactement. Et on se posait les mêmes questions à l'époque. On ne se les pose plus aujourd'hui. Toyota, c'est un des grands fabricants français de véhicules. La Yaris, qui est une des voitures les plus vendues en France et en Europe, elle est fabriquée en France.

9:39
Présentateur

Le seul quasiment capable à faire justement des petites voitures. quand Stellantis vous dit, les yeux dans les yeux, la 208 électrique, jamais de la vie en France.

9:46
Roland Lescure

Oui, alors là, la Yaris, ce n'est pas électrique. Elle est hybride. On n'a pas encore de véhicule Toyota électrique. J'espère qu'on en aura. Moi, ma première voiture, c'était une R5. Et je m'en souviens avec émotion. Je peux vous dire, j'en ai fait des kilomètres dans ma vieille R5 un peu abîmée. La R5, elle arrive en France. C'est une R5 électrique. Vous l'avez vu, elle a été présentée. Elle est superbe. Elle va coûter assez cher, entre 25 000 et 30 000 euros. Mais évidemment, avec le bonus, ça va être moins cher. Avec le leasing social, ça va être beaucoup moins cher. Et sur la route, ça va coûter moins cher.

Donc, on va aussi avoir des véhicules français, européens, qui vont rouler sur nos routes. Et l'objectif, il est de construire... Donc, oui, pour l'industrie chinoise en Europe, pour avoir des... Oui, pour l'industrie made in France, made in Europe, de préférence avec des marques françaises et européennes, on a un million de véhicules qui vont être fabriqués en France électriques d'ici 2027. Réjouisons-nous. Est-ce qu'ils seront tous des marques françaises ? Non. Toyota, peut-être d'autres demain.

Mais en tout cas, ce dont je suis convaincu, c'est que si on ne dit pas aux Français, oui, on va décarboner, mais ça va aussi créer de l'emploi, on ne les convaincra pas que la transition écologique, elle est bonne pour tout le monde.

10:51
Présentateur

Si on regarde la réindustrialisation, il y a des faits, plus d'usines qui ouvrent aujourd'hui qu'elles ne ferment, on commence à recréer de l'emploi, on va dire 150 000 si on doit vraiment arrondir. On en a perdu des millions ces dernières années, mais malgré tout, réjouisons-nous que ce soit en train de s'inverser. Malgré tout, il y a aujourd'hui des indications, je pense à la CGT qui dit qu'il y a environ 130 plans sociaux en ce moment. Hier, on a eu une annonce plutôt positive, un dossier qui s'appelle Ascométal, qui est repris, tous les salariés vont être repris. Mais il y en a d'autres à côté de ça, je pense au dossier Duralex.

On a tous un jour regardé notre âge au fond d'un verre Duralex. Est-ce que ça va continuer ? Puisque mercredi, le tribunal doit se prononcer sur les offres, et pour le moment, a priori, il n'y a pas foule.

11:33
Roland Lescure

Bon, d'abord, deux mots d'Ascométal quand même, parce qu'il y a cinq sites d'Ascométal. Et on a eu une excellente nouvelle hier sur le site de Fossuremer, 323 salariés qui vont être repris, 800 millions d'investissements par un essaiériste italien qui, une fois plus, choisit la France. On n'avait jamais eu un investissement de cette ampleur dans le cadre d'un redressement judiciaire. Malheureusement, en revanche, il y a d'autres sites d'Ascométal pour lesquels on n'a pas encore de solution. On a gagné un mois et on va travailler. J'ai reçu les organisations syndicales hier, je les revois la semaine prochaine pour suivre ça de plus près.

Duralex, aujourd'hui, effectivement, est une entreprise qui souffre. Moi, je les ai beaucoup aidés, on les a beaucoup aidés. Je suis rendu deux fois sur le site et on les a accompagnés dans le cadre de la crise ukrainienne. Ils souffrent encore, ils sont aujourd'hui effectivement dans un processus judiciaire. J'espère qu'on va trouver une solution pour Duralex, vous l'avez dit, qui est une marque emblématique.

12:20
Présentateur

Espérer, ça veut dire que vous êtes confiant ou vraiment là vous vous dites que c'est entendu ?

12:24
Roland Lescure

À ce stade, c'est difficile, je peux le reconnaître. On a quelques marques d'intérêt, mais on n'a rien encore d'assez solide pour se dire que ça va être fait. Donc, on travaille, je peux vous dire, on va travailler ce week-end, on va travailler lundi, mardi, jusqu'à mercredi pour essayer de susciter des offres sérieuses. Ça, c'est important. Moi, je veux des offres sérieuses, je veux des investisseurs qui s'investissent sur des plans d'affaires sérieux. Si c'est le cas, on accompagne. Moi, je ne veux pas de chasseurs de primes qui viennent pour faire un petit tour et puis ils s'en vont.

12:48
Présentateur

Une toute dernière question est vraiment en deux mots. La France refuse aux entreprises israéliennes de la Défense de venir exposer au Salon de la Défense Eurosatorie qui commence, je crois, le 17 juin, si je ne dis pas de bêtises. C'était normal dans le contexte actuel.

13:00
Roland Lescure

Écoutez, je pense que mon collègue du ministère de la Défense a été assez clair. Il a considéré que les conditions n'étaient pas réunies alors qu'on plaide pour un cessez-le-feu, alors que la situation sur le terrain est dramatique pour que les entreprises israéliennes viennent à Satori. On a pris cette décision. Évidemment, ça n'en a rien. À la fois, évidemment, c'est important de l'amitié qu'on a avec le peuple israélien et du fait que ce conflit est un conflit complexe sur lequel il faut qu'on avance des deux côtés. Libération des otages, c'est extrêmement important. Mais cesser le feu et avancer du processus de paix, c'est aussi important.

13:30
Présentateur

Roland Lescurin, grand merci, ministre de l'Industrie et de l'Énergie, d'avoir été l'invité ce matin. On n'arrête pas l'écho. On n'arrête pas l'écho.