Anti-gaspillage : peut-on vraiment en finir avec le tout-jetable ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41OuverteRéponse directe
Votre engagement en faveur de l'économie circulaire a contribué à la loi antigaspillage de 2020. Pensez-vous que votre ouverture internationale a influencé cet engagement ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Quel a été le déclic qui vous a conduite vers l'action publique et la politique ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Quel souvenir gardez-vous de votre arrivée au gouvernement en 2017 ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Comment décririez-vous votre expérience au poste de secrétaire d'État à la transition écologique ?
- 5:26OuverteRéponse directe
Parmi tous les dossiers que vous avez portés, lequel vous rend aujourd'hui la plus fière ?
- 7:36OuverteRéponse directe
Selon vous, quels sont les progrès les plus significatifs réalisés par la France en matière d'écologie ces dernières années ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:26Brune PoirsonFait
« Passer d'une société du tout jetable à une société du tout réutilisable. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Picotti Solaire, [musique] expert en solutions photovoltaïque pour un avenir durable. Et Akena, la reine des vérandas et des Pergolas, vous présente Sud Radio, la planète demain. Christophe de Bien. Bonjour et bienvenue sur Sud Radio pour le premier épisode de la 3e saison de la planète de main, la seule émission dédiée à l'écologie positive et raisonné. Alors aujourd'hui, pour le lancement de cette nouvelle saison, nous avons l'honneur et le plaisir de recevoir dans les studios de Sud Radio Brune Poirson qui est ancienne secrétaire d'état auprès du ministre de la transition écologique et solidaire. Bonjour Brun. Bonjour Christophe. Alors moi je suis ravi de vous recevoir dans mon émission qui vous ressemble tellement finalement. Donc bienvenue et vraiment c'est un plaisir de vous
recevoir. Votre engagement en faveur de l'économie circulaire vous a permis de contribuer à l'élaboration de la loi antigaspillage pour une économie circulaire qui a été adoptée en 2020. Donc ça remonte maintenant un petit peu hein, mais finalement elle a fait son chemin et cette loi est une belle base de travail. Euh après votre départ du gouvernement en 2020, vous vous êtes orienté vers des fonctions dans le secteur privé et les organisations internationales, associant ainsi euh votre expérience politique à votre expertise en matière de développement durable. Alors, vous êtes né à Washington, aux États-Unis et avez grandi entre plusieurs cultures. Pensez-vous que cette ouverture internationale a influencé votre engagement écologique ?
Alors, je dirais oui et non. [rires] Euh avant toute chose peut-être merci beaucoup pour cette invitation. Je suis ravie d'être là. On avait eu l'occasion d'échanger par le passé Christophe. Donc c'est une joie de se retrouver ici autour de ce plateau et dans un autre cadre qui était plus un cadre de travail autour de l'économie circulaire lorsque j'occupais des fonctions et vous aussi autour de ces sujetement et que vous avez beaucoup contribué à à l'élaboration de la loi antigaspiage surtout vous. Bon on y reviendra. [rires] Céit un travail collectif. Je crois que c'était ça la force de la loi mais on y reviendra. Et alors peut-être sur sur l'international en fait. Donc ma réponse comme je disais c'était à la fois oui et non. Je suis née aux États-Unis vraiment
par hasard. Donc on peut dire et surtout à l'ôre de ce qu'on voit aujourd'hui que les États-Unis n'ont eu aucun impact si ce n'est renforcer mon engagement. [rires] Mais en tout cas, ils en sont pas à l'origine. Je crois que mon orig l'origine de mon engagement, y tient vraiment à là où j'ai grandi en France en réalité dans une zone rurale le Vacluse. Alors, quel a été le déclic qui vous a conduite vers l'action publique et la politique parce que c'est quand même particulier comme comme métier entre guillemets. [rires] Alors ça, on pourrait discuter si c'est un métier ou pas. Moi, je dirais plutôt que c'est une vocation. Vo euh j'ai eu euh pour moi, j'ai j'ai eu un déclic. Bon, d'abord deux choses, mais j'ai eu un premier déclic quand j'étais à l'école primaire euh à la
cantine de mon école et il y avait deux enfants à table avec moi qui mangeaient les pots des melons et je comprenais pas pourquoi. Et en fait, j'ai compris que c'est parce que ils étaient sûr au moins de se remplir le ventre parce qu'ils étaient pas sûr de dîner le soir. Ah oui là. Et donc là, j'avoue que en fait, je devais avoir 8 9 ans. C'est vrai que ça ça m'a fait euh quand même réaliser que je faisais partie évidemment non seulement des privilégiés, mais surtout que il fallait quand même se battre potentiellement pour d'autres parce qu'on les entendait pas forcément mais euh il y avait beaucoup de souffrance et d'injustice. Et donc, je crois que c'est comme ça qu' a démarré en tout cas mon envie de m'engager pour des causes peut-être plus grandes. Et puis ensuite au quotidien
aussi quand vous grandissez dans le VLU, vous êtes en contact avec des agriculteurs et la vie de la terre si je puis dire. Et quel souvenir gardez-vous de votre arrivée au gouvernement en 2017 ? [rires] un un souvenir, une envie de se retrousser les manches et beaucoup d'enthousiasme. J'ai presque envie de dire si j'étais politiquement incorrect l'inverse d'aujourd'hui. [rires] Bon, ça va faire des émules. Non, je je pense qu'aujourd'hui les responsables politiques qui sont au gouvernement, ils ont envie de beaucoup faire mais peut-être que le le l'ambiance et l'atmosphère a changé. En 2017, il y aurait un vrai mouvement, il y aurait une vraie volonté de faire, il y aurait une vraie capacité aussi à faire. Ça veut pas dire que c'était facile, mais ça veut dire qu'en tout
cas, on était mu par une volonté de mener des actions très concrètes. C'est ce que j'ai fait pour ma part avec la loi antigaspillage, avec des engagements aussi à l'échelle internationale parce que le réchauffement climatique ne s'arrête pas aux frontières de la France mais il y avait des actions concrètes qui étaient plus faciles à mettre en œuvre peut-être qu'aujourd'hui parce qu'il y avait un certain consensus politique et puis surtout il y avait une envie d'y aller et d'y aller très fort et d'ailleurs à cette époque-là on travaillait énormément. Bon, j'imagine encore aujourd'hui d'ailleurs, mais mais voilà, beaucoup de travail. Et et comment décririez-vous votre expérience au poste secrétaire d'État à l'époque de l'époque à la transition écologique ? Donc,
moi je dirais euh les deux pieds bien ancrés dans la réalité et très concrète. C'était mon obsession en arrivant au gouvernement. c'était pas forcément d'aller suivre une carrière politique pour être nommé à l'éducation ou à la culture ou ailleurs, mais vraiment au contraire de cranter quelque chose qui allait changer le quotidien des Français mais aussi le quotidien des entreprises pour les 30 années à venir. Et il se trouve que la France avait, moi je trouve grand besoin d'une réforme en profondeur de sa façon dont elle gérait les déchets parce que les déchets en fait c'est une ressource extraordinaire et que pendant trop longtemps en France et je vais dire encore aujourd'hui, on met souvent enfin de moins en moins aujourd'hui mais qu'on mettait encore
trop à l'époque, on enfouissait tout simplement, on met dans la terre des déchets et c'est une aberration. Ah oui, ça c'est une aberration. Parmi tous les dossiers que vous avez porté, lequel vous rend aujourd'hui la plus fière finalement dans ce gouvernement et dans ce poste que vous avez maintenu pendant quelques temps ? Bah, [grognement] je crois que j'ai eu l'occasion d'en parler déjà pas mal depuis le début de l'émission. Qu'est-ce qui ressort le plus pour vous ? Qu'est-ce qui ressort le plus de de de cette expérience gouvernementale ? C'est euh la difficulté à faire émerger des consensus. Et en fait, une des difficultés, je crois, moi je me suis vraiment battu pour rester 3 ans au gouvernement, c'est-à-dire avoir le temps de travailler avec l'ensemble des
acteurs de toutes les filières pour transformer la façon dont on gérait les déchets en France. En d'autres termes, passer d'une société du tout jetable à une société du tout réutilisable. parce qu'en fait et on le voit aujourd'hui avec notre dépendance à la Chine qui qui est qui est qui est qui est colossal qu'on ne peut pas se permettre de ne pas réutiliser ce qui est dans nos téléphones portables, dans nos ommallages, dans certaines machines qui sont produites par nos industries et donc d'aller les récupérer parce que ces sources d'emploi local non délocalisable ce sont et c'est une façon de réindustrier la France réindustrialiser la France et c'est aussi une façon de d'affirmer notre souveraineté et de la
garder et de la maintenir. Et donc c'était vraiment ce projet-là qui me tenait à cœur et que j'ai voulu et j'ai tenu à avoir le temps de mener. J'ai eu la chance d'avoir des soutiens. Je pense notamment Ellisabeth Borne par exemple l'ancienne première ministre. Alors selon vous quels sont les progrès les plus significatifs réalisés par la France en matière d'écologie ces dernières années ? Alors, étant donné que le réchauffement climatique accélère, qu'on vit dans un des pays au monde qui se réchauffe le plus vite, je dirais que c'est difficile de trouver des motifs de satisfaction. Néanmoins, on peut voir que sur certains aspects, il y a eu des changements en profondeur. Je dirais notamment, et c'est pas en tout cas quand même sur le
sujet de l'économie circulaire. Évidemment, c'est pas que parce que c'est mon bilan, mais je vois très bien, ça a été quasiment adopté mot pour mot au niveau européen. Ensuite, il y a d'autres nations du monde entier, que ce soit certains pays d'Amérique latine ou d'autres pays anglo-saxons qui se tournent vers la France pour savoir et connaître ce qui a été fait. Donc, je pense qu'il y a il y a des domaines dans lesquels il y a eu des avancées. Dire que ça suffit, c'est pas le cas. Euh et puis la France a des atouts qu'on a su maintenir. Je pense par exemple à une économie, à une énergie qui est décarbonée, au développement des renouvelables qui se fait absolument pas assez vite mais malgré tout, il y a eu dans le plan de relance une partie très significative qui était consacrée à la
transition écologique pour accélérer l'investissement et donc l'impact et donc l'émergence de solution très concrète. Voilà, on voit qu'il y a eu un élan clairement dans la bonne direction. Je pense aussi à l'échelle internationale, le rôle qu'a joué la France au sein de l'Europe pour promouvoir des des des objectifs ambitieux à l'échelle internationale. Je pense par exemple au fait que Emmanuel Macron a été euh le premier ou un des premiers chefs euh d'État à se prononcer en faveur de la biodiversité, de la préservation de la biodiversité. Donc la France a été moteur euh mais forcé de constater qu'aujourd'hui le combat reste encore entier à mener. Mais comment convaincre nos concitoyens que la transition écologique n'est pas synonyme de contrainte mais plutôt d'opportunités ?
Déjà arrêtez de les bassiner avec la transition écologique. Pardon hein, je suis un peu direct. Je suis d'accord mais franchement on peut pas reprocher aux Français de ne pas adhérer à beaucoup des injonctions qui étaient faites et j'en prends ma part de responsabilité aussi mais je crois que la façon dont on a parlé de transition écologique est peu enthousiasmanteouè parce que on avait tout un jargon la neutralité carbone le changement systémique les limites planétaires, tout ça c'est important mais ce sont en réalité des mots scientifiques qu'on a voulu mettre dans le langage commun et on s'est dit que c'était aux français s'adapter à ça. La réalité c'est qu'en fait chaque français est très occupé, a beaucoup de préoccupations et que on doit aller l'aider et l'accompagner très
concrètement. Et donc ça en fait ça passe par s'adapter à l'environnement de travail et au mode de vie des Français pour les faire changer peu à peu. Exemple très concret, vous parlez de santé quand vous réduisez la pollution de l'air. Vous parlez de mieux vivre, mieux se chauffer, mieux se refroidir ou rafraîchir avec la rénovation thermique des bâtiments. dépenser moins d'argent via dans l'énergie via l'électrification et et tout ça doit passer à la fois par un changement de vocabulaire, un changement de façon de parler pour le faire rentrer plus dans le quotidien des Français et aussi mieux les accompagner. Alors, nous allons faire une petite pause et nous retrouver dans un court instant sur Sud Radio avec vous Brune
Poiron, invité d'honneur de la planète demain de cette 3e saison et bien sûr avec Thbo, le fameux French trotter de l'émission euh qui comme dimanche dernier euh a parcouru les bords de la Marne. À tout de suite sur Sud Radio. Picoti Solaire, [musique] expert en solutions photovoltaïques pour un avenir durable. et Akena, la reine des Verérandas et des Pergolas, vous présente [musique] Sud Radio, la planète de main. Christophe de Bien, vous êtes toujours sur Sud Radio la planète demain en compagnie de notre invité d'honneur Brune Poiron, ancienne secrétaire d'État, mais aussi nous avons Thbo avec nous, notre French trotter national qui aujourd'hui a décidé de continuer son périple sur les bords de Marne où des aménagements paysagers qui sont récents sont aussi de véritables
exemples, n'est-ce pas Thibo ? Exactement Christophe. Donc retour à l'Annie surmarne. La semaine dernière, nous avons découvert ce vaste projet de restauration des berges avec aussi la création de deux parcs Kin Squar autour d'une idée forte, la renaturation, autrement dit redonner une dynamique aux écosystèmes et replacer la nature au cœur de la ville. Aujourd'hui, les habitants se sont pleinement réappropriés ces espaces. Mais avant d'en arriver là, il a fallu construire et imaginer ce projet avec de nombreux acteurs en concertation avec les Rivrins. C'est ce que nous explique Benoît Fun, associé au sein de l'agence Praxis, maître d'œuvre du projet. Il y a eu un appel d'offre qui a été lancé en 2017. On a donc notre groupement de maîtrise d'œuvre a été retenu. Donc c'est un
groupement de maîtrise d'œuvre qui est constitué d'une équipe donc de paysagistes urbanistes, donc praxis, d'un bureau d'étude VRD, un invar, d'un écologue OGE et un bureau d'étude hydro symbio qui s'occupait de toute la partie hydrologie. Comment ça effectué cette cet aménagement ? On a eu 2 ans d'études environ avec une première partie d'analyse de site, de diagnostic. On a échangé avec les habitants, on a eu des phases de concertation. Ça nous a permis de définir un projet donc un peu plus large. Initialement, on était vraiment sur un projet de quai et on a pu élargir le sujet à l'échelle du lit majeur de la Marne. Voilà. Et le projet s'est construit comme ça au fur et à mesure
avec les habitants, avec la maîtrise d'ouvrage, avec euh les financeurs également. Et on a commencé le chantier par euh la partie du parc Saint-Père qui est ici. Puis c'est ce se sont enchaîné le réaménagement des quai, la ferme des safin s'est terminé par l'aménagement du Squar qui est en lien avec le le centre-ville. Quels ont été les effets sur la biodiversité de ces aménagements ? Est-ce qu'on peut déjà les mesurer ? À l'endroit où nous sommes là, initialement, c'était une grande prairie. Il y avait des buts, donc sans doute des des ramblés qui avaient été mis à cet endroit-là. On voit que le fait de sanctuariser certaines zones, ça permet vraiment à la biodiversité de se de se développer. Tout à l'heure là, quand on on discutait, il y avait des petites grenouilles qui passaient entre
mes jambes. Donc les effets, ils sont là tout de suite, on les voit. Le fait de garder le bois mort sur place, le fait d'avoir réouvert justement ce milieu he toute la grande zone humide qu'on a développé à l'intérieur du parc. Ici, on voit que le milieu s'est aussi enrichi. On voit que depuis depuis la réalisation des travaux, on voit déjà il y a des arbres qui sont déjà en train de pousser, qui sont en train de se réinstaller. Donc le milieu évolue, se transforme en permanence. On voit que c'est beaucoup plus riche. Regardez là-bas, il y a des il y a des il y a des pics qui sont en train de qui sont en train de de picorer. En fait, on voit que tout de suite on a toute cette richesse qui est arrivée alors qu'initialement, on avait uniquement une grande prairie et là on voit vraiment
que le milieu s'est enrichi. Qu'est-ce que vous conseilleriez au promeneur d'observer pour comprendre le retour du vivant ici ? Faut juste qu'il se laisse porter euh qu'il se laisse aller à la déambulation. Là actuellement, on est sur le sur ce ce ponton, vous voyez, on a la promenade haute circulée. On a les vélos qui passent. Là, on est vraiment euh une promenade piétonne. On est en connexion directe avec la Marne qui est vraiment à quelques centimètres de nous. Et on est en contact direct aussi avec la berge, avec toute la végétation spontanée qui est revenue, qui s'est installée à cet endroit-là. Et entre les rochers, on observe aussi, vous voyez, toutes ces petites lames d'eau qui viennent se mettre en place, les algues qui se développent. C'est vraiment un contact
particulier justement avec la nature à cet endroit-là. Quelles sont les les réactions des Rivrains ? Aujourd'hui, on a retrouvé cette promenade. Les gens viennent courir, les gens viennent se balader. Donc tous les gens sont contents et les Rivins, les gens qui habitent maintenant aujourd'hui sur le quai sont tous ravis. On a transformé une rue en promenade ouverte sur la Marne. Il y a un vrai projet social aussi. Tout à fait. C'est pour ça qu'on avait rencontré les habitants initialement justement pour bien comprendre les enjeux et bien intégrer justement toutes leurs demandes. Et on a beaucoup discuté même sur la conservation des arbres parce qu'il y a beaucoup de gens qui habitent sur la Marne et ils ont l'habitude d'ouvrir leur fenêtres et d'avoir le peuplier devant leur fenêtre.
Donc au moment de du retraitement du la requalification d' quai ces discussions avec les gens étaient hyper importantes. Bah pourquoi ? Pour avoir un projet bien intégré en fait et participatif. Et bien voilà, un projet paysager qui va faire référence. Merci Thibo, on vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau reportage en immersion dans la planète demain. Nous sommes toujours en compagnie de Brune Poiron, ancienne secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire. Alors cher Brune, mais comment lier croissance économique et préservation de l'environnement ? Je crois qu'il faut changer la nature de la croissance. On peut faire croître vra certaines activités qui sont vertueuses pour l'environnement. Je pense évidemment à la rénovation thermique des
bâtiments. Je pense au changement de modèle d'affaires pour aller plus vers du réploi ou vers l'économie de la fonctionnalité et réduire d'autres qui sont qui ont un impact négatif sur l'environnement. Et donc on peut quelque part continuer à croître mais pas de la même façon ou pas les mêmes activités. Et c'est vraiment ça qu'il faut qu'on arrive à accélérer. [grognement] Évidemment aujourd'hui, c'est facile de dire il faut ça va devenir de plus en plus difficile parce que on voit qu'on est sous pression internationale et qu'on a un budget de l'État qui est de plus en plus limité voire sans aucune marge de manœuvre. Euh et donc c'est pourquoi je pense que à l'occasion de l'élection présidentielle ou euh plus tard au moment de l'élection euh du nouveau président ou de la nouvelle euh
présidente, il faudra lancer vraiment un grand débat sur ces sujets-là et sur la priorisation euh budgétaire. Il faudrait qu'on arrive à le faire de façon euh la plus équilibrée possible et à mon sens en début de mandat potentiellement. C'est peut-être illusoire mais je ne vois pas comment on fera sinon pour concilier les deux. Et on le voit très bien qu'en plus avoir une croissance plus verte entre guillemets. Alors attention, je dis pas croissance verte, je veux pas lancer tout le débat mais en tout cas aller vers beaucoup plus d'électrification, c'est aussi bon pour la France et le porte-monnaie des Français. Alors les jeunes générations semblent particulièrement mobiliser sur ces enjeux. Qu'est-ce que cela vous inspire cet engagement de de des jeunes ?
Alors, d'abord, je crois qu'il faut pas trop leur faire peser de choses sur les épaules dans le sens d'abord deux choses. Si on regarde dans le détail, tous ne sont pas aussi engagé que ce qu'on dit. Et deuxièmement, les jeunes aussi, comme on dit, ils sont comme nous, ils sont aussi face à des injonctions contradictoires sans cesse. Ils sont à la fois très responsables en tout cas dans le discours sur la consommation pour certains et puis ils vont être attirés par des plateformes qui font du tout jetable he pour le dire très franchement. Et donc à mon sens, ce qui est vraiment important de faire, c'est de changer aussi peu à peu les normes culturelles. Je dis pas que l'État doit tout réguler, mais je pense qu'il y a des pratiques de comportement qui sont particulièrement nocifes pour
l'environnement et qui se sont particulièrement accrus autour au cours des dernières années. Et c'est là-dessus qu'il faut que l'État agisse, qu'il faut que l'Europe agisse. Je parle très clairement de plateformes comme Chine par exemple TMU ou ne pour pas en citer ou les citer toutes. Et on voit en plus de ça que il y a une offensive très forte des Chinois sur ce sujet-là et de plus en plus en France et c'est délétaire parce que ça change nos façons de consommer vers des consommations qui sont extrêmement nocifes pour l'environnement. Ça détruit les emplois chez nous, ça accélère la désindustrialisation de nos pays et ça fragilise toute la structure de nos sociétés. sans parler ensuite des recettes fiscales de l'État. Donc on est perdant sur toute la ligne. Et donc oui,
les jeunes ont beaucoup un grand rôle à jouer mais non, ils peuvent pas à eux seuls tout porter sur leurs épaules. Et justement à propos des jeunes, quel conseil donneriez-vous à un jeune concernant le développement durable et concrètement qu'est-ce qui qu'il pourrait faire pour la planète ? Je sais pas si je peux vraiment donner un conseil parce que je maintenant je fais partie d'une génération qui a aussi contribué quand même au problèmes. Mais je pense que ce qui est majeur c'est vraiment agir, agir agir et pas déjà c'est trop facile d'être cynique. Donc premier conseil c'est ne soyez pas cynique, ne soyez pas pessimiste. Et la seule façon de pas être cynique, c'est-à-dire de pas se dire finalement d'être niiliste un peu oh ça sert à rien, c'est des des combats qui nous
dépassent, c'est la faute de la Chine ou autre au lieu de se rejeter là-bas. Je pense que ce qui est très important, c'est de se dire qu'est-ce que je peux faire moi à mon échelle ? Attention, je parle, je suis pas en train de dire que ce sont les petits gestes qui vont transformer le monde. Ce que je dis juste, c'est s'engager avec son voisin, avec une association locale, dans sa mairie ou ailleurs. Il y a des tas de formes d'engagement et je sais que beaucoup de jeunes sont très engagés. C'est ça en fait qui permet de passer à l'action, de sortir du cynisme, de recréer du lien social et finalement d'aller de l'avant et de reconstruire la société dont on a besoin aujourd'hui pour répondre aux défis comme l'intelligence artificielle, la transition démographique, la transition
écologique et plus largement les problèmes géopolitiques. Y a-t-il une décision que vous auriez aimé prendre lorsque vous étiez au gouvernement et qui n'a pas pu aboutir finalement ? qui a pas pu aboutir, je dirais le glyphosate. Ah oui, l'interdiction du glyphosate on et quand je dis on, c'est la France. Moi, j'ai beaucoup travaillé sur ce dossier-là et je l'ai beaucoup défendu au niveau européen. C'est énormément battu au niveau européen, mais là, on a touché du doigt une partie des de de la difficulté à arriver à des résultats concrets sur le sujet de la transition écologique en Europe parce qu'on s'est pas tous mis d'accord évidemment sur le même rythme et là, je crois que c'est emblématique des difficultés parfois qu'on a à travailler au niveau européen. Et donc
si on veut aller vite, je crois qu'il faut qu'on on arrive à créer quelque part un groupe ou un cercle d'état particulièrement engagé qui se disent "Bah nous on va de l'avant, on entend pas que tout le monde soit d'accord et donc au lieu de faire le plus petit dénominateur commun, on essaie de faire le plus ambitieux commun et et donc ça c'est vraiment quelque chose que j'aurais voulu voir aboutir. Et en trois mots, quelle serait votre définition de l'écologie positive ? En trois mots vraiment action, action action. Merci infiniment cher Brune Poiron, ancien secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire. Il me reste à vous souhaiter à toutes et tous un excellent dimanche après-midi et je vous laisse entre les mains expert
d'Alain Marti pour l'émission Invino qui est à écouter sans modération bien entendu. Pour ma part, je vous retrouve sur Sud Radio évidemment pour la planète demain chaque dimanche à la même heure. Mais pour l'heure, je cède la place encore une fois Alain Marti. À très très vite à dimanche prochain. Akena, [musique] expert en carport et pergola solaire pour des économies et un avenir durable et Picoti [musique] solaire pour que l'avenir s'éclaire avec des choix durables. Vous ont présenté Sud Radio, la [musique] planète demain. Christophe de Bien. M.
Brune Poirson