Canicule en Alsace : "mes salades ont grillé en moins de deux heures", témoigne le président des maraîchers de Sélestat
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Quels sont les fruits et légumes les plus touchés en Alsace ?
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Les salades sont-elles introuvables en ce moment ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Ces produits dont vous parlez ont-ils vu leurs prix augmenter ?
- 2:28OuverteRéponse directe
Ces prochaines semaines et pour les légumes d'automne, quels risques ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Qu'en est-il des carottes, panais, chou à choucroute, céleri rave ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Comment expliquer les légumes abîmés sur les étals ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La production globale a chuté, moins 30, moins 35% en moyenne, conséquence des canicules à répétition et d'un été exceptionnellement chaud. »
- 1:28Invité politiqueChiffre
« Tomate Grappe France, par exemple, 5 euros le kilo au marché gare, c'est 3 à 4 fois le prix habituel. »
- 1:34Invité politiqueChiffre
« 4 euros pour les tomates chez le maraîcher dans le Haut-Rhin, c'est deux fois plus cher que d'habitude. »
- 2:53InvitéChiffre
« On annonce la plus petite récolte de pommes dans toute l'Europe, notamment en Alsace aussi. »
- 4:40InvitéFait
« On a déjà une... L'agriculture traverse déjà une crise structurelle. »
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8h moins le quart, discuter avec un invité de l'actualité, c'est ce qu'on fait chaque matin avec vous Sébastien Cabrita dos Santos, des légumes plus rares et plus chers cette année en Alsace.
La production globale a chuté, moins 30, moins 35% en moyenne, conséquence des canicules à répétition et d'un été exceptionnellement chaud. Bonjour Denis Digel. Bonjour. Maire de Célesta, vous êtes vous-même un maraîcher, président de la coopérative des maraîchers réunis de Célesta. Quels sont les fruits, les légumes qui ont le plus souffert particulièrement chez nous en Alsace ?
Alors cette année, pratiquement tous les fruits et légumes ont été touchés, notamment là où on ne pouvait pas irriguer, donc la pomme de terre, la tomate, les concombres, les courgettes, les haricots, les salades évidemment, on vous en parlait tout à l'heure à l'antenne, la météo a eu un gros impact forcément sur ces cultures.
Les salades, on n'en trouve quasiment pas en ce moment ?
Les salades, c'est très rare. La semaine dernière, par exemple, j'ai planté de la salade, même pas encore terminé ma plantation, il me faut deux heures pour planter 20 000 salades. Au bout des deux heures, il y avait déjà 10-15% des salades qui avaient grillé par la chaleur. Les petites plantes salades, tout petits, sont très sensibles. Évidemment, on irrigue des rares, mais déjà la plantation, on perd déjà 10-15%, et puis ensuite, le temps de la culture est compliqué parce qu'il fait chaud, parce qu'on ne peut pas irriguer, parce qu'il y a aussi beaucoup de vent.
On nous dit souvent l'impact du vent permanent qu'on a en ce moment, le vent chaud, du fun à 40 degrés, 35 degrés qu'on a eu, ça, c'est mortel pour nos légumes.
Ce sont nécessairement ces produits dont vous nous parlez là, dont les prix ont le plus augmenté. Tomate Grappe France, par exemple, 5 euros le kilo au marché gare, c'est 3 à 4 fois le prix habituel. 4 euros pour les tomates chez le maraîcher dans le Haut-Rhin, c'est deux fois plus cher que d'habitude.
Oui, moi, je suis à 3,50 pour les tomates. D'habitude, on est à 2,50 en pleine saison, parce qu'on est en pleine saison, sauf qu'on n'a presque pas de produits à récolter. Les calibres en tomate sont plus petits, il y a des fleurs, les fleurs ont grillé. Alors la première canicule fin mai, la deuxième mi-juin, tout ça, c'est un impact indirect, enfin décalé dans le temps.
Les fleurs qui ont fleuri fin mai, elles n'ont pas donné de tomate ou beaucoup moins, et des calibres beaucoup plus petits, parce que la tomate se protège, les feuilles se crisent, se ferment, beaucoup moins de photosynthèse, donc la croissance s'est ralentie, malgré ce qu'on pourrait penser, même quand on irrigue, la plante s'adapte, et donc ça s'adapte vraiment fortement, et les conséquences sont fortes. En haricots, par exemple, pendant 6 semaines, on récolte du haricot à partir du 15 juin en Alsace, pendant 6 semaines, donc jusqu'à fin juillet, on n'avait pas de haricots.
On sort de la galère là, Denis Digel, où ça risque d'être compliqué aussi, ces prochaines semaines, et pour les légumes d'automne, d'hiver notamment, comme le chou à choucroute, chez nous en Alsace.
Je veux dire que la petite pluie de cette nuit, les tempêatures plus fraîches, elles font du bien, on revit, et je pense que nos légumes, où nos fruits font un peu la même tête, je veux dire, aujourd'hui, tout le monde peut respirer à nouveau. Donc, on a un impact direct, tout de suite maintenant, pendant la canicule, mais un impact décalé, la récolte de pommes sera plus petite. On annonce la plus petite récolte de pommes dans toute l'Europe, notamment en Alsace aussi.
Mais pour les carottes, le panais, le chou à choucroute, le céleri rave ?
Aller faire germer un panais quand il fait chaud, le panais, ça se sème au mois de mai. Semer un panais, le panais, ça met 3 semaines, 4 semaines à germer. Quand il fait aussi chaud, la graine, elle cuit, les carottes, c'est pareil. Il y a des très mauvaises levées quand on fait nos semis. Les radis noirs que j'ai semés fin juillet, il y a 50% de levées. Donc, il y a 50% de population qui manque. Donc, ça va manquer à la récolte, tout ça. Donc, la part, il est aujourd'hui, mais il sera aussi décalé dans l'automne.
On voit aussi, M. le maire, de nombreux fruits et légumes abîmés, de plus en plus, en tout cas un peu plus moches que d'habitude sur nos étals. Comment ça s'explique ? Est-ce qu'il faut s'y habituer pour les prochaines années ?
Pour les prochaines années, c'est rien. Mais pour cette année, effectivement, on parlait de tomates. Les tomates, plutôt que d'avoir des calibres qui font presque 7-8 cm en tomates, elles sont plus petites. Elles sont plus abîmées. Elles sont très petites pour certaines. Elles ont peut-être des défauts. Parce qu'une année normale, ces tomates, elles partent pour faire du coulis. Nos clients achètent aussi des tomates pour faire du coulis. Là, on n'a plus de tomates pour faire du coulis. On n'a même pas assez de tomates pour vendre. Donc, forcément, on essaie de vendre ce que le client veut.
Ça ne veut pas dire qu'elles ne sont pas bonnes à la consommation. Non, du tout.
Elles sont toujours bonnes à la consommation. C'est juste qu'elles sont peut-être un peu plus désagréables à regarder. Mais une fois qu'elles sont dans l'assiette, elles sont toutes aussi bonnes.
Quelles sont les conséquences pour vous, les agriculteurs, d'un été aussi chaud, caniculaire et de ces légumes, de ces fruits qui deviennent de plus en plus rares ?
Comme beaucoup de Français, on était rivés à un œil sur une application météo, un œil sur le pluviomètre, parce qu'il a été tout le temps vide. Et puis, l'autre œil, c'était sur le compte en banque.
Des exploitations sont en danger ou pas du tout ?
Clairement, oui. Et clairement, quand il vous manque 20, 40, 50 % pour certaines exploitations, c'est sûr que ça n'impacte. On a déjà une... L'agriculture traverse déjà une crise structurelle. Pas conjoncturelle, structurelle. Et donc, cette conjoncture de métiers défavorables, pour nous, les paysans, elle a un impact encore plus fort, parce que les trésoreries sont en mal. Donc, je ne sais pas ce qui est prévu au niveau gouvernemental. Quels seront les leviers à mettre en place ? Mais en tout cas, nos trésoreries, parce que nos charges de structure sont restées les mêmes, nos employés sont là, il faut payer. On met en culture, et puis derrière, si on récute le mois, il y a un impact.
Déjà, on est à des problèmes structurels. Et puis, on rajoute encore les effets de la canicule et de la sécheresse, pendant trois mois quand même. Ce n'est pas un mois, c'est trois mois. Donc, on aura des trésoreries très compliquées, et un impact fort sur le compte du résultat.
On vous souhaite encore un peu de pluie pour ces prochains jours, Denis Digel ?
Oui, un peu de pluie, mais je le rappelle, la mauvaise météo pour un paysan, c'est celle qui dure trop longtemps. On vient de le vivre. Donc, la pluie, oui, mais de façon modérée, on n'est jamais contents, certes. Mais aujourd'hui, voilà, j'espère qu'on va retrouver une météo normale. Et on l'espère aussi.
On l'espère aussi. Merci, M. le maire de Célesta. Denis Digel, vous êtes président de la coopérative des marchés réunis de Célesta. Vous-même, maraîcher à Célesta, et vous étiez ce matin invité ici à Alsace. Vous disiez, pardon, on ne vous apporte.
Manger les fruits et légumes d'Alsace, merci.
Voilà, très bien le message est passé. Merci, Denis Digel.
C'est d'ailleurs le sujet avec vous, auditeurs, ici à Alsace. Les fruits, les légumes, ils sont à combien tenait le prix ? Le prix au kilo sur vos étals de marché ? Vous venez nous le dire, au 03 88 25 15 15, déjà sur WhatsApp. Et puis tout à l'heure, entre 9h et 9h30, on échangera ensemble. Donc, les prix, est-ce que vous constatez qu'ils ont hélas augmenté ? Est-ce que vous arrivez à trouver votre bonheur, malgré ces pénuries dont parlait Denis Digel et qu'on évoque depuis 6h ce matin ? Qu'est-ce qu'il manque dans vos étals, chez vos maraîchers ? C'est quoi, pommes de terre ? C'est de la salade, c'est des courgettes, ce sont des tomates.
03 88 25 15 15, témoignage sur WhatsApp et tout à l'heure, entre 9h et 9h30.