Voile, retraites... le gouvernement répond aux polémiques, avec Sophie Primas
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Salut, c'est Jean Macier. Juste avant ton podcast, un petit mot pour te dire que si tu veux faire partie des soutiens de l'émission, le meilleur moyen, c'est de rejoindre le Club Backseat pour 15 euros par mois. Bonsoir, Sophie Prima, merci d'avoir accepté.
Est-ce que j'ai le droit de répondre à Adèle ?
Alors, j'allais vous poser la première question. Quand elle dit 9 porte-parole en 8 ans, vous le sentez comment ?
Je peux lui répondre sur autre chose avant ou pas ? J'ai le droit ?
Après, il faudra me répondre sur ma question, sinon ça va se mettre.
Oui, ça va mal commencer. Allez-y, Sophie Prima, vous lui répondez sur quoi ? Je voulais lui dire que dans les Yvelines, puisqu'elle caricature les Yvelines, il y a aussi une partie des Yvelines dans le nord des Yvelines, dans la vallée de la Seine, dont je suis issue, dont je suis une politique, qui est une partie du territoire ouvrière, qui est une partie du territoire dans lequel nous avons les Mureaux, Mante-la-Jolie, Chanteloup-les-Vignes, que certains connaissent ici, et qui sont des super territoires, mais qui ne sont pas des territoires à mocassins.
Je me disais que c'était les mocassins que vous n'avez pas bien pris.
Oui, les mocassins moyens, mais je les aime bien quand même. Alors, c'était quoi, votre question ?
C'est vous qui faites les questions, que je vous dise. Non, non, non, ma question, c'est qu'effectivement, porte-parole du gouvernement, c'est une espèce en voie de disparition. Ce n'est pas facile, je veux dire, ça ne dure pas très longtemps, en général.
Eh bien, écoutez, on va essayer de faire durer les choses, mais oui, ce n'est pas facile. Surtout dans la configuration politique dans laquelle on est depuis quelques mois, qui est une configuration politique qui n'a, je le rappelle, depuis le début de la Ve République, jamais existé. Donc, évidemment, personne n'est habitué, nous non plus. Et évidemment, les Français, encore moins. Et puis, les chroniqueurs et les journalistes, encore moins.
Effectivement. Non, non, non, mais vous avez raison. Il y a un truc, par contre, qu'on connaît, c'est les cacophonies gouvernementales, c'est les couacs, les trucs comme ça. J'aime beaucoup l'expression de polyphonie, ça me rappelle la gauche plurielle. Aucun ministre n'était d'accord avec personne, et du coup, on disait, non, mais c'est normal, c'est du débat, c'est important. Vous êtes d'accord que ça fait tâche, quand même, là, ces dernières semaines, les expressions divergentes de ministres sur des dossiers et pas des moindres.
Celui des retraites, par exemple, le Premier ministre en personne qui confesse sur un plateau télévision que le retour à 62 ans n'est pas possible, son ministre de l'économie, Éric Lombard, qui, le lendemain, dit « Si, si, si, si, on maintient le dialogue du conclave », c'est quand même compliqué, non ? Oui, c'est compliqué. Qu'est-ce que la porte-parole que vous êtes dit dans ces cas-là ?
Évidemment que c'est compliqué. C'est compliqué d'être dans un milieu politique et une situation politique dans laquelle il y a une majorité qui est relative et qui est faite, en plus, avec des groupes politiques qui ne sont pas exactement assis au même endroit à l'Assemblée nationale. Donc ça, c'est compliqué. Et ça veut dire que le Premier ministre a fait une majorité, enfin, a fait un gouvernement avec des gens qui venaient de chacun de ces groupes politiques qui, donc, parfois, ont des avis qui sont un peu divergents. Et donc, en fait, on n'a pas d'autre solution pour l'instant. Les Français nous ont envoyé une Assemblée nationale qui ressemble à ça.
Et donc, il faut faire avec cette Assemblée nationale et il faut faire avancer le pays. Alors, parfois, effectivement, François Béroux, moi, je l'ai découvert. Je découvre la façon dont il fonctionne. C'est quelquefois surprenant. Ce n'est pas tous les jours facile. Ce n'est pas tous les jours facile parce que moi, je ne le connaissais pas avant. Et puis, il a une façon aussi atypique lui-même de fonctionner. Et donc, ça demande aussi, de ma part, de bien comprendre.
Lancer une concertation entre les partenaires sociaux pour l'enterrer un mois plus tard. Mais qu'une porte-parole particulière, c'est quand même...
Là, en fait, François Béroux, qu'est-ce qu'il fait ? Pendant l'interview, il donne, là aussi, lui, un avis personnel. En disant, j'ai lu... Non, non, mais je vais aller vous.
Allez-y, allez-y, mais un avis personnel de Premier ministre, pardon.
Oui, mais voilà, c'est sa façon de faire. D'accord, d'accord, d'accord. Voilà. Et il lit le rapport de la Cour des comptes, il regarde des comptes, il regarde l'obligation de balayer les déficits à 2030. Et il se dit, revenir sur l'âge, c'est marqué dans le rapport de la Cour des comptes, ça coûte, en gros, 13 milliards par année en dessous. Bon, donc il dit, je ne sais pas comment c'est possible. Voilà ce qu'il dit, en fait, pendant son interview. Il dit une deuxième chose qui est très intéressante. Il dit, mais peut-être que le seul âge, l'âge unique de départ à la retraite, c'est peut-être pas une bonne idée.
Donc, c'est peut-être un élément sur lequel les partenaires sociaux peuvent travailler. Bon, il dit ça, effectivement, vous avez raison, il est Premier ministre. Donc, peut-être qu'il aurait dû attendre pour avoir cette expression-là que le conclave, ou je ne sais pas comment on l'appelait maintenant, soit terminé. Parce que la règle du jeu, en réalité, n'a pas changé. Donc, il a juste dit, voilà, ça me paraît difficile.
Malek ? J'ai peut-être un mot pour remplacer conclave, simulacre, peut-être que c'est faux. T'es moche. Ma conviction profonde, c'est qu'en réalité, depuis le début, tout le monde savait qu'il n'y aurait pas de bouger, vu que c'est le nouveau terme hype, sur les retraites. Et que ça a été le moyen, en fait, en réalité, d'avoir une petite assurance vie, une petite survie. Et je trouve ça super intéressant, quand vous parlez de François Bayrou, en disant que vous-même, vous cherchez à comprendre. Si la porte-parole cherche à comprendre, alors imaginez-nous, purée.
Non, mais je cherche à comprendre, parce que j'essaye de trouver... En fait, lui, ce qu'il cherche, c'est le chemin du commun. Ben, c'est pas facile, vous le dites vous-même. Vous vous moquez de nous, vous avez raison, c'est votre rôle. Mais nous, on cherche le passage, en fait, le passage législatif, le passage politique, pour essayer que cette Assemblée nationale puisse continuer à travailler, que le Sénat puisse continuer à travailler et que la France puisse continuer à un peu avancer. Parce que, vous savez, quand on arrive, et il y a encore 15 jours, ça fait un an, par exemple, que les agriculteurs, ils attendent la loi, le projet de loi d'orientation agricole.
Ça fait un an et ils n'en peuvent plus, et ils nous rendent tous responsables de ça, et tous sur les bancs de l'hémicycle. Et il y a un moment, il faut le faire. Donc, il faut trouver du commun. Il y a des endroits où on n'est pas d'accord, il y a des endroits où on a des expressions différentes, et puis il y a des endroits où il y a du commun. Voilà, donc on essaie de trouver cette voie-là, et c'est ça qui n'est pas très facile.
Pour le coup, il y a un endroit où une extrême majorité de Français étaient d'accord, et d'ailleurs, ça se retranscrit même dans l'Assemblée nationale qui vous a été envoyée, comme vous le dites si bien, c'est le sujet de la retraite. C'est le sujet du départ à 64 ans.
Oui, mais sujet de la retraite, vous savez...
En fait, c'est vraiment les Français, on a compris, mais on va faire quand même.
Non, c'est pas ça. Parce que les Français, qu'est-ce qu'ils nous disent aussi ? Qu'ils veulent des comptes équilibrés. Parce qu'aujourd'hui, en l'état des retraites et en l'état de la façon dont fonctionnent aujourd'hui les retraites, et c'est pour ça qu'on a mis les partenaires sociaux tous ensemble. Moi, je sais qu'ici, il y a des gens qui sont adeptes, et je partage, des citoyens qui font de la politique, qui s'impliquent dans la politique. Et je trouve ça génial. C'est l'objet de votre émission, et en cela, c'est parfait. Et donc, quand on donne la responsabilité de réfléchir sur les réformes des retraites aux partenaires sociaux, on se fait critiquer. Ce n'est pas bien.
C'est contradictoire, en tout cas. Et moi, je trouve que cette idée de donner la main aux partenaires sociaux, en leur disant qu'il y a un seul truc qu'on vous demande, ce n'est plus de déficit. Ce n'est plus de déficit. Et ça, c'est notre responsabilité. Parce que moi, j'ai payé la retraite de mes parents. D'accord ? Mes enfants sont en train de payer la mienne, sauf que mes petits-enfants sont en train de la payer parce qu'on fait du déficit et que c'est eux qui vont le payer. Et donc ça, cette responsabilité, elle n'est pas de gauche, elle n'est pas de droite, elle n'est pas parmi les jeunes, elle n'est pas parmi les vieux. Elle est collective. C'est la responsabilité de la nation.
Et de filer cette responsabilité en disant qu'on arrête de faire aller la retraite à 60 ans, on rase gratis, etc. Et de se mettre devant les chiffres, de réfléchir ensemble comment on pérennise notre système de retraite pour que vous, vous en ayez une, une retraite. Eh bien, je trouve que c'est plutôt, pour le coup, une bonne méthode.
Mais quand vous réunissez les partenaires sociaux et qu'en pleine négociation, les négociateurs des organisations se rendent compte qu'ils perdent un petit peu leur temps parce qu'en réalité, tout est déjà pipé avec le gouvernement.
Tu fais référence à la CGT qui a quitté les négociations. La CGT, la CFDT, enfin tu veux y aller.
Moi, je redis, qu'est-ce qui est pipé aujourd'hui ? C'est eux qui ont la main. Ok, François Béroux s'est exprimé dimanche dernier en disant, je trouve ça difficile de ramener la retraite à 62 ans. Mais il les laisse travailler. Et il leur dit, il n'y va même pas d'ailleurs. Enfin, vous voyez, il n'y va même pas dans ce conclave, pour ne pas reprendre votre mot. Et il les laisse travailler. Et donc, s'ils ont trouvé le graal pour à la fois financer les retraites et revenir à 62 ans, mais Mazel Tov.
Il y a un autre sujet qui a fait l'objet d'une cacophonie au sein du gouvernement ces derniers temps. C'est la question du voile dans le sport. La question de l'interdiction du port du voile aux jeunes femmes qui participent à des compétitions sportives est sur la table, soutenue par Bruno Rotaillot et Gérald Darmanin. Et en face, on retrouve Elisabeth Borne, la ministre de l'Éducation nationale, qui, elle, s'oppose à cette mesure. Là aussi, il y a deux lignes qui s'expriment publiquement au sein du gouvernement sur ce dossier.
Quelle est la ligne du gouvernement ? Il y a deux lignes, en fait, deux expressions qui se sont exprimées, si je peux faire cette redondance. La position du gouvernement, elle a été clairement exprimée à la fin de l'examen du texte proposé par Michel Savin au Sénat par Marie Barsac, la ministre des Sports, qui a donné un avis favorable au texte tel qu'il avait été amendé au Sénat. Et donc, c'est effectivement l'interdiction du port du voile pour les jeunes filles pendant les compétitions dans les sports, enfin les fédérations, par les fédérations qui ont une délégation de services publics.
Je précise que Gérald Darmanin, ministre de la Justice, avait menacé de démissionner si jamais...
Oui, mais ça...
Ah mais non, mais c'est important quand même, madame.
Ça joue. C'est quand même important.
Oui, mais c'est pas ça qui fait la ligne du gouvernement. C'est pas ça qui fait la ligne du gouvernement.
On entend que... C'est même Gérald Darmanin qui contacte le Parisien en disant qu'il menace de démissionner juste avant d'aller à midi voir le premier ministre.
Oui, mais c'est pas ça qui fait la ligne du gouvernement.
On a ensuite la petite phrase qui fuite dans la presse où on apprend que François Bayrou aurait dit à Bruno Retailleau, tais-toi. Bruno Retailleau qui quitte la pièce, François Bayrou qui le rattrape, c'est un théâtre. Moi, j'y étais pas, donc je sais pas. Oui, non, mais j'entends. Tout ça est motivé par l'argument qui est notamment donné par Bruno Retailleau, c'est celui de la laïcité. Ça tombe bien, c'est la loi de 1905, je dis à chaque fois, c'est une loi de liberté que je chéris. Et je voudrais qu'on en parle de cette loi de 1905. Loi de 1905, laïcité, on parle de liberté de conscience. On a le droit de croire, on ne doit pas croire. Jusqu'ici, on est d'accord.
Liberté de culte, libre exercice des cultes, là aussi, je pense que l'on est d'accord. Séparation de l'Église et de l'État, tout représentant de l'autorité publique, fonctionnaire, ne doit pas interférer dans le religieux. Je ne dois pas savoir de quelle confession est la personne en face. J'aimerais vraiment savoir, puisqu'on vient de décrire la laïcité, quand est-ce que la laïcité rentre en compte ? Quand on parle de maman voilée qui accompagne les sorties scolaires, quand on souhaite ostraciser des jeunes filles et les mettre de côté parce qu'elles souhaitent, comme plein de jeunes, s'émanciper par le sport.
Quand Bruno Rotaillot dit qu'il veut boycotter le fameux repas rupture de jeunes à la grande mosquée de Paris, alors que tous ses prédécesseurs, tous les ministres de l'Intérieur, également ministres des cultes, l'ont fait. En disant que d'ailleurs, il ne se présente pas dans des cérémonies religieuses officielles, alors qu'on l'a vu notamment dans une messe lors de la venue du pape en Corse en décembre dernier. Comment voulez-vous que je ne vois pas en réalité une volonté de ce gouvernement d'aller singer un petit peu le Rassemblement national et d'aller un petit peu sur ses plates-bandes avec un relance, je vais vous le dire, islamophobe en réalité, tout ça couvert d'une laïcité dévoyée ?
Sophie Primard.
Oui, alors, deux éléments. Le premier, c'est que je voudrais reparler de cette proposition de loi sur le voile qui ne comporte pas, qui comporte cet article-là, mais qui ne comporte pas que cet article-là. Il comporte aussi deux articles, notamment un sur l'utilisation des locaux sportifs à d'autres fins que du sport.
Sur ça, on peut être d'accord.
Sur ça, vous pouvez être d'accord. Je veux quand même faire le point également. Ce n'est pas vous faire offense aujourd'hui de dire qu'on a un problème d'entrisme des frères musulmans dans le sport. On voit beaucoup de jeunes aujourd'hui qui dérivent sur des pratiques de la religion qui sont des pratiques de la religion libre, bien sûr, aujourd'hui, parce que comme vous le dites, on est sous loi 1905 et qu'on est en laïcité, mais qui vont très au-delà et qui, parfois, font dériver des jeunes sur des endroits qui sont borderline. Voilà. Donc, on a aujourd'hui cette difficulté qu'on partage tous, qu'on soit chrétien, musulman, juif.
On partage tous cette difficulté qu'on voit, en fait, une poussée de l'entrisme islamique. Et je fais bien la différence parce que, comme je vous l'ai dit, moi, je suis du nord des Yvelines. Donc, les nord des Yvelines, c'est les Yvelines ouvrières, je le redis, de l'industrie et de la désindustrialisation. Donc, moi, des personnes musulmanes, j'en ai avec moi depuis l'école maternelle. Autant vous dire que c'est assez éloigné. Soit. J'essaie toujours de trouver le plan. Voilà. Et donc, il faut trouver, en fait, le signal pour dire... Il y a des principes de la République qui sont les principes de la loi 1905, qui sont des principes aussi d'égalité entre les femmes et les hommes.
Ces principes-là, ils doivent être respectés dans tous les moments officiels, voilà, où vous représentez, en fait, un club, où vous représentez la France, où vous représentez un moment officiel. Et puis après, vous avez la liberté. Vous voyez, ça s'est bien passé à l'école, par exemple, quand le voile, par François Bayrou, d'ailleurs, a été...
Mais chose complètement différente, madame, vous vous en conviendrez. Parce que là, je n'arrive toujours pas, en réalité, à voir pourquoi telle ou telle jeune fille qui va aller jouer, par exemple, pour le club de Chantou-Lévin, pour parler de Belleville, des Yvelines, je ne vois pas en quoi, en réalité, la laïcité rentre en compte. Je ne vois pas à quel moment... Parce que quand elle est... Vous parlez d'égalité entre les femmes et les hommes, vous ne pensez pas, justement, que c'est, en réalité, justement, faire une distinction entre les femmes et les hommes que de dire à une jeune fille, parce que tu es voilée, en réalité, tu ne vas pas pouvoir faire de sport.
Mais ce n'est pas ça qu'on lui dit.
Vous lui dites quoi, alors ? On lui dit à cette jeune fille. Je pense que la loi du voile à l'école est complètement différente.
Oui, oui, très bien. Mais ce qu'on lui dit à cette jeune fille qui va représenter... Elle va représenter quoi ? Elle va représenter son club quand elle va faire une compétition. Et donc, les gens qui sont en face d'elle n'ont pas besoin de savoir qu'ils se battent contre... Enfin, qu'ils se battent au sens du sport, bien sûr, contre une chrétienne, une musulmane, etc. Elle représente son sport.
Et pourquoi pas ? Parce qu'en réalité, ça ne rentre pas là en compte avec la laïcité que l'on vient de décrire. Et il n'y a aucune loi dans le sport, en réalité, dans un règle d'un sport quelconque, qui dit qu'en réalité, on ne doit pas connaître la confession de l'autre. Je rappelle que sur les Jeux Olympiques, la France était le seul pays où, en réalité, nos athlètes ne pouvaient pas être voilés.
C'est un principe de la République et on l'a...
C'est un principe de votre gouvernement.
C'est un principe de la République.
C'était ma question, c'était votre réponse.
Voilà.
Lorraine ?
Vous savez, je voudrais juste dire des choses. Moi, je me suis retrouvée au Sénat à devoir me déterminer sur le vote du voile pendant les sorties scolaires. Ça a été un sujet aussi.
Vous avez voté quoi ?
Je vais vous le dire. Je vais vous le dire, mais je vais vous dire quelle a été ma réflexion. Mais c'est difficile, ces sujets-là. Vous voyez, c'est très, très difficile. Encore une fois, moi, j'étais maire d'Aubergenville, dans les Yvelines, 12 000 habitants que vous connaissez. Donc, vous savez que la population maghrébine est très importante et la population musulmane est très importante. Et comme maire, je connais... Enfin, voilà, j'étais très intégrée dans toutes les communautés, y compris les communautés... Et ces mamans qui viennent voiler à l'école ou aux sorties scolaires, elles ne me dérangent pas. Au contraire, elles font partie de la vie sociale, etc.
Et puis, dans ma réflexion, je me suis dit, en fait, toutes ces femmes sont des républicaines. Et en fait, qu'est-ce qui les dérange tellement au-dessus de la République d'enlever leur voile pendant deux heures ? Vous voyez, je me suis posée cette question-là.
Elles ne sont pas fonctionnaires, madame.
Non, mais d'accord. Mais je me suis posée cette question-là, en fait. Et donc, j'ai voté. J'ai voté ce texte de loi pour l'interdiction. Mais en n'étant pas très à l'aise, vous voyez, dans mon raisonnement. Je comprends bien parce que vous avez voté
pour l'interdiction d'un truc qui ne vous dérange absolument pas et dans lequel vous constatez vous-même sur le terrain que tout va bien. Non, mais OK, d'accord. C'est pour ça que c'est lui en même temps. Je crois qu'il m'a eu. Non, mais c'est pour ça que je...
Non, mais parce que, vous voyez... Je demande de croire au plus de voir, d'essayer de comprendre le lien. Oui, mais bien sûr. Mais il y a aujourd'hui tellement de pression sur l'entrisme. Voilà. Tellement de pression qu'il faut aussi qu'on marque des éléments symboliques. Et ça, c'est un élément symbolique.
Il y a aussi une pression sur tous les Français de confession musulmane. Et désolé de dire qu'en réalité, ces discussions, ces mesures en réalité ne font qu'accentuer justement cette pression sur les Français de confession musulmane. Et je vous assure qu'à force de vouloir jouer à la pâle photocopie avec l'extrême droite et avec le Rassemblement national, vous finirez par perdre le jeu malheureusement. Vous servez, vous parlez des frères musulmans, vous parlez de l'entrisme,
vous jouez le jeu des radicaux, madame la ministre. Et vous avez une responsabilité. Ce n'est pas à moi qu'il faut parler du Rassemblement national.
On va y venir justement sur le fait que vous avez quitté les Républicains au moment d'Éric Ciotti. On a d'autres sujets à aborder dans cette émission. Lorraine, tu voulais poser une question ?
Oui. En fait, moi, je constate que vous reprenez quand même l'argument d'entrisme, etc. Moi, je me demande, au final, vu qu'il y a plusieurs lignes dans ce gouvernement, qui décide, au final ? Parce que... Le Premier ministre. Ce n'est pas l'impression que j'ai parce que, par exemple,
sur le fait de recadrer... En tout cas, moi, mes arbitrages, je vais les chercher chez le Premier ministre. C'est-à-dire que quand je prépare le compte-rendu du Conseil des ministres, je vais chercher mes arbitrages chez le Premier ministre.
Oui, mais est-ce que vous... Enfin, vous n'avez pas l'impression qu'il y a quand même une ligne qui a plus d'impact au sein du gouvernement, qui est la ligne défendue par Bruno Retailleau et Gérald Darmanin ? En l'occurrence, vous n'avez pas cette impression-là ? Pour l'instant,
probablement que oui. Mais sur d'autres... Vous ne parlez que de ça, parce que c'est vrai que ça prend beaucoup dans l'actualité, mais il y a beaucoup d'autres textes, beaucoup d'autres travaux qui sont menés par les autres ministres et qui passent un peu sous les radars en ce moment.
Emilia ? Oui, je vais revenir sur cette question-là de la pluralité des voix, pour le dire poliment. Polyphonie. Si vous voulez, ce serait joli la Corse. Mais finalement, comme on l'a rappelé dans l'émission, le fait est que le gouvernement n'a pas été composé suite à un accord formel comme ça peut se faire en Allemagne, comme c'est en train de se faire d'ailleurs au jeu en Allemagne.
et donc, c'est un petit peu une adaptation au jour le jour, mais du coup, la question qu'on se pose, c'est finalement, est-ce que le risque aussi, ce n'est pas que la mécanique du chantage et de dire « Ah, si c'est ça, je claque la porte et le gouvernement tombe » devienne un genre de rapport de force et que les gens ne fassent pas de comprimés en interne. J'ai l'impression, par exemple, que, ah oui, mine de rien, la République impose vraiment leur ligne, c'est aussi peut-être la faute des autres qui n'y vont pas assez fort, mais, et que parfois, il est question de « Non, sur ce point-là, on ne dérogera pas ».
Et vous-même, vous avez dit « Je reste là parce que je n'ai pas de points qui me choquent, mais du coup, comment est-ce qu'on détermine ça ? Est-ce qu'il y a des discussions plus institutionnalisées entre membres de la majorité ? »
Non, il n'y a pas ces discussions entre membres de la majorité si ce n'est au Conseil des ministres puis dans les discussions interministérielles quand il y a des réunions interministérielles sur des points bien précis. On est tous rentrés à ce gouvernement en disant « C'est un gouvernement qui fait face à la nouvelle situation politique. Vous le dites, il n'y a pas de coalition de base au départ. Et donc, aucun de nous ne veut renoncer à ce qu'il est.
» Donc, je ne sais pas si on peut parler de chantage au départ, mais comme on ne veut pas renoncer à qui on est, il y a un moment où si la décision est orthogonale à ce qu'on pense, eh bien, on ne dénaturera pas non plus nos convictions politiques. Et à ce moment-là, on quittera le gouvernement. on pensera à quitter le gouvernement. Mais pour l'instant, ça n'est pas arrivé.
Est-ce que ce n'est pas aussi un petit problème de culture politique en France ? Finalement, dans beaucoup de pays, il y en a qui sont obligés de renoncer. Les socialistes, pardon, le SPD qui va rentrer au gouvernement en Allemagne a déjà accepté de faire des grosses compromissions parce qu'il faut bien former le gouvernement.
un petit peu de départ.
Oui, mais est-ce que la France, il n'y aura pas un besoin de commencer à réfléchir parce que cette situation-là va se reproduire de nombreuses fois, malheureusement.
Écoutez, pour l'instant, ce n'est pas le cas. Voilà, ce n'est pas le cas.
Je voudrais revenir un petit peu sur votre parcours à droite parce que je le trouve intéressant. On l'a dit, vous avez été sénatrice Les Républicains, vice-présidente du Sénat, présidente de la Commission des Affaires Économiques et l'année dernière, en 2024, le président du parti Les Républicains, Éric Ciotti, à l'époque, a annoncé un peu la surprise générale, sa volonté de proposer une alliance à Marine Le Pen rompant donc le cordon sanitaire historique. Vous avez claqué la porte du parti à ce moment-là. Pourquoi ?
Parce que, moi, je suis d'une branche de la droite qui vient du chiracisme et on a toujours, dans nos gènes, combattu le Rassemblement national et donc, il est hors de question pour moi de changer, de renoncer à qui je suis aussi et parce que le Rassemblement national ne correspond pas à mes idées et donc, par conséquent, à partir du moment où Éric Ciotti, seul, avait décidé que les Républicains s'alliaient au Rassemblement national, je n'avais plus ma place.
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Est-ce que vous pouvez comprendre la surprise qu'a été la mienne quand j'ai appris que vous vous ralliez à Bruno Retailleau pour la présidence des Républicains ?
Vous avez été vraiment surpris ?
Oui. Que quelqu'un qui claque la porte du parti parce qu'il se rapproche du RN soutienne Bruno Retailleau six mois plus tard ? Je vous avoue que c'est surpris.
Bruno Retailleau n'est pas RN ? Je suis désolée de vous le dire.
Expliquez-moi en quoi Bruno Retailleau
est loin de la ligne du RN ? Je connais Bruno Retailleau alors économiquement ça n'a rien à voir. Clairement. D'accord. Clairement, clairement, clairement. Bruno, moi je connais Bruno, je ne comprends pas pourquoi vous êtes étonnés parce que moi je connais Bruno Retailleau depuis dix ans, et je reconnais en Bruno Retailleau d'abord on a quelques divergences de vues sur certains points et qui ne sont pas récentes mais Bruno Retailleau notamment sociétal par exemple Bruno Retailleau a toujours vécu dans son groupe des républicains qui est assez important au Sénat avec des différences qu'il a acceptées.
Il a ses convictions, elles sont solidement ancrées, elles sont solidement argumentées d'ailleurs mais il comprend et il accepte qu'à l'intérieur de la famille politique aient d'autres avis et donc ce que je reconnais à Bruno Retailleau c'est sa capacité à faire vivre un parti qui soit un parti large et donc quand on a créé l'UMP il y a des années maintenant on allait du centre droit à une droite un peu plus dure et on arrivait à cohabiter tous ensemble dans une famille politique qui gagnait des élections et qui correspondait aux besoins des français et aux préoccupations des français c'est ça que je lui reconnais c'est sa capacité à faire des alliances
comme il a été président d'un groupe pluriel il pourrait être président d'un parti ça j'ai bien l'idée mais je trouve ça intéressant et j'aimerais bien vous entendre sur la doctrine de la droite contemporaine d'aujourd'hui ça veut dire quoi être de droite c'est quoi l'identité politique des républicains aujourd'hui parce qu'on a d'un côté une Marine Le Pen qui se dédiabolise de plus en plus qui drague les milieux économiques maintenant de plus en plus et qui essaye un petit peu de siphonner les républicains sur son électorat de l'autre côté on a un Emmanuel Macron qui a fait un travail depuis plusieurs années maintenant assez impressionnant sur l'autre parti du parti des républicains là vous avez un congrès du coup j'aimerais bien que vous me disiez c'est quoi pour vous l'avenir de ce parti de cette position politique
moi je pense que le en même temps a vécu je pense que le en même temps a vécu je l'ai beaucoup combattu et c'est pour ça longtemps que je suis restée aux républicains parce que je trouvais qu'avec un parti socialiste qui s'effondrait et un parti des républicains qui s'effondrait en fait on laissait de la place qu'aux extrêmes à gauche et à droite et que ça pour moi je ne pouvais pas laisser la politique dans cet état là donc je n'ai pas on n'a pas réussi on n'a pas été bon enfin voilà on n'a pas réussi à garder cette droite républicaine pas plus d'ailleurs que le parti socialiste n'a réussi pendant longtemps à faire sans LFI et donc on a eu ce en même temps et ce en même temps qui est caractérisé par Emmanuel Macron aux yeux des français je pense qu'on est à la fin de ce en même temps et que comme je dis souvent la rivière va retourner dans son lit c'est à dire que je pense qu'il va y avoir une gauche et je pense qu'il va y avoir une droite et je le souhaite et je vous entendais tout à l'heure parler du parti socialiste de son avenir de ses difficultés aussi qu'on connait bien la guerre des chefs la guerre du positionnement la guerre par rapport aux extrêmes on a des problématiques qui sont des problématiques diverses vous vous considérez qualifiés et pas de l'extrême moi je les considère c'est quand ça m'allait
l'extrême gauche c'est une culture politique voilà et la France Assemblée n'est pas d'extrême gauche
elle est magnifique et son expression à l'Assemblée Nationale aussi voilà donc je pense qu'aujourd'hui on va avoir une gauche et une droite et que la droite elle doit se reconstruire autour des valeurs qui sont les valeurs de la droite c'est à dire des valeurs sur la réforme de l'éducation et le retour à une éducation plus forte plus institutionnelle et plus efficace aussi pour l'ensemble de nos jeunes il faut qu'on réinvestisse dans la jeunesse aujourd'hui notre pays est en train d'investir pardon mais pour les personnes les plus âgées je suis désolée il faut qu'on réinvestisse dans la jeunesse c'est très important de réinvestir dans la jeunesse de permettre à toute cette jeunesse d'avoir un emploi de permettre à cette jeunesse d'avoir un cadre familial dans lequel elle puisse faire garder ses enfants c'est important d'investir là-dedans il faut qu'on soit fort sur le régalien ça c'est l'habitude j'allais dire et le positionnement et puis une économie qui soit libérée et qu'on libère cette économie qui aujourd'hui est étouffée par une démocratie qui a créé au fil des années au fil des majorités tellement de règles tellement de carcans qu'aujourd'hui on est étouffé vous savez moi je fais un tour de France des préoccupations comme porte-parole parce que j'essaye d'être porte-parole aussi dans l'autre sens d'aller écouter les territoires et de remonter ça et je trouve sur les territoires y compris des territoires ruraux où les gens n'ont pas beaucoup de moyens d'état présents y compris dans des entreprises en fait les gens nous disent mais arrêtez on veut même pas d'argent ce qu'on veut c'est de la liberté fichez-nous la paix on trouvera les solutions et bien ça c'est hyper positif d'abord et puis je pense que ça fait partie de l'ADN de libérer en fait les énergies qu'elles soient associatives sportives économiques il faut donner de l'air à notre pays
Emilia ce discours que vous donnez il n'est pas nouveau la droite n'a pas pour habitude de changer ses fondamentaux tous les 36 du mois on se dit comme un coup de parti c'est des choses que j'entends depuis de nombreuses années tout comme le besoin de rénovation et de refondation idéologique de parti depuis 2012 et la défaite de Nicolas Sarkozy c'est quand même était le cas presque une demi-douzaine de fois ça n'a pas vraiment abouti
c'est planté
la question c'est c'est pas parce qu'on peut croire à la volonté des uns et des autres de refaire quelque chose après les intérêts divers selon les positions mais comment est-ce que les républicains peuvent faire en tant que parti pour j'ai envie de dire structurellement vraiment travailler les idées parce qu'a priori Bonneur Etaillou n'est pas contre cette position là et avoir un parti qui à la fois soit clair doctrinalement et en même temps arrive à parler à tous les spectres de la droite y compris à droite la plus libérale sachant que c'est pas un discours qu'on entend beaucoup quand même à droite on sent que la droite de gouvernement qui existait justement du temps de Jacques Chirac est devenue quasiment la faune
je suis pas sûre de comprendre bien votre question mais je pense qu'il faut qu'on retrouve la capacité je sais pas d'ailleurs si ça passe exactement que par un parti ça passe par un parti qui crée des idées qui met des idées sur le tapis pardon mais c'est pareil c'est pareil pour la gauche et puis qui essaye de partager ses idées et d'aller l'épuiser aussi sur le territoire ça on a quand même enfin si on s'est pris des déculottés politiques comme ça c'est parce qu'aussi on s'est enquilosé on n'a pas su renouveler on n'a pas su mettre des jeunes enfin on n'a pas su écouter le terrain enfin c'est aussi pour ça donc je pense que il faut qu'on sache faire ça et qu'on s'ouvre aussi aux autres idées après moi je pense que il faut arriver dans les six mois qui viennent à avoir un discours qui soit à la fois très compréhensible très clair sur les grandes idées et puis après qu'on le partage avec les autres je pense que c'est vraiment il faut qu'on aille glaner
vous croyez vraiment à la possibilité que le en même temps a fait son temps que le macronisme sans que ce soit un accident de l'histoire qu'à un moment ça va s'essouffler et que vont réémerger les deux grands partis structurants la droite et de la gauche qui étaient les républicains et les gs vous croyez à ça ?
je ne sais pas si c'est le même format et exactement la même chose que ce qu'on tenait c'est avant mais je pense que le grand centre tel qu'il a été incarné par Macron avec le en même temps et des structures comme les nôtres vous voyez en ce moment d'un gouvernement qui est à la fois centre-gauche et à la fois à droite c'est compliqué vous voyez encore une fois vous avez des réserves sur le fonctionnement c'est compliqué donc je ne sais pas si c'est exactement dans la même configuration que ça existait dans le temps mais en tout cas je pense qu'on a besoin d'une gauche et d'une droite républicaine et qu'on a besoin d'une confrontation de conviction qu'on a besoin d'une confrontation de proposition et que ça me paraît beaucoup plus sain pour la démocratie
Lorraine ?
Mais justement en fait on voit que la cinquième république de base en tout cas réformée par le général de Gaulle avec le suffrage universel du président a été surtout construite pour avoir des majorités fortes des majorités larges et là j'ai l'impression qu'il y a une espèce de mise en danger de l'équilibre institutionnel dans le sens où déjà il faut quand même rappeler qu'en juin dernier il y a le refus de Emmanuel Macron de donner l'occasion au NFE de composer un gouvernement il y a le ministre d'Intérieur qui rompt avec la tradition de rompre le jeune etc alors qu'il est aussi le ministre des cultes il envoie le ministre des affaires étrangères à sa place etc est-ce que vous n'avez pas l'impression que notre régime c'est-à-dire la cinquième république aujourd'hui elle est affaiblie ou alors peut-être et peut-être c'est votre votre enfin le pari du gouvernement en tout cas est-ce que le gouvernement mise peut-être sur un contexte international qui nous rassemblerait derrière une personne et en l'occurrence Emmanuel Macron c'est clair oui oui c'est clair
je réfléchissais à ce que j'allais vous répondre et parce que c'est une question évidemment éminemment intéressante en réalité je pense qu'heureusement qu'on a la cinquième république et je pense que aussi peut-être imparfaite qu'elle puisse paraître elle nous permet pour l'instant de passer cette crise si cette crise continue et perdure dans les prochaines années je pense que effectivement il faudra regarder comment on traverse ça mais pour le moment pour le moment elle est solide cette cinquième république alors on lui a fait quelques accros qui à mon avis sont dommageables dans les accros je pense qu'il y a le septennat vous pensez que c'était
une erreur ?
oui moi j'étais pour le quinquennat quand on l'a proposé je trouvais ça moderne je trouvais ça tout ça en réalité je pense aujourd'hui à l'usage si j'ose dire qu'en réalité le septennat permettait au président de la république d'être le président de tous les français et que le quinquennat c'est le président d'un camp et que même on voit bien qu'Emmanuel Macron essaye d'élargir d'élargir mais en réalité je pense que ce septennat il permettait d'ailleurs d'avoir des échéances dans le septennat il y avait deux échéances souvent deux échéances législatives et ça permettait aussi peut-être de faire cette alliance vous voyez cet équilibre dont vous parlez tout à l'heure qui se faisait en réalité entre un président de la république et un gouvernement et donc je pense que cette cinquième république est pour l'instant encore assez forte et qu'elle nous permet de traverser ces crises est-ce qu'il ne faudra pas réfléchir plus en avant comment l'améliorer mais chaque fois qu'on l'a amélioré en réalité dans le temps on l'a un petit peu détérioré
est-ce que pour vous l'élection du président de la république au suffrage universel direct ça ne fait pas partie des faiblesses aussi de cette cinquième république où tous les cinq ans on attend un champion qui est avec sa grande majorité stable
surtout avec un quinquennat en fait surtout avec un quinquennat
Nicolas Sarkozy ça s'est très bien passé son quinquennat il a eu une majorité pendant cinq ans
oui parce qu'il avait sa majorité pendant cinq ans mais dès Nicolas Sarkozy le président est devenu plutôt un chef de camp vous voyez moi à l'époque j'ai commencé sous Nicolas Sarkozy ça n'a pas duré longtemps parce que je suis arrivée à l'assemblée en 2010 et j'en suis partie pour le Sénat en 2011 mais par exemple cette habitude qui était de recevoir les députés du groupe les républicains enfin UMP à l'époque à l'Elysée et juste les députés de ce groupe là c'est pas normal en réalité si on est président de toute la France on doit si on invite les députés
d'ailleurs Hollande avait promis qu'il ne le ferait pas puis il l'a fait quand même
et puis il l'a fait et puis Emmanuel Macron aussi etc et du coup on devient le président d'un camp alors qu'on devrait être le président des français et on devrait faire des arbitrages on devrait peser dans les arbitrages politiques pour amener un peu plus de stabilité
Malek désolé j'étais en train de boire de l'eau enfin c'est que de l'eau
ça va
oui ça va il n'y a que ça ce soir moi je vous rejoins pleinement mais si je vous écoute je dois aussi donc suivre la logique de l'élection législative de l'année dernière madame la ministre et comment vous dire votre camp est arrivé quoi cinquième il me semble et pourtant vous gouvernez donc en fait votre discours confronté à la réalité il est un petit peu difficile à entendre vous vous rendez compte aussi que avec ce qui s'est passé des centaines de personnes ce sont des centaines de milliers de personnes se sont rendues au sud alors qu'ils d'habitude ils ne votent pas j'avais pas cette impression un petit peu de faire mal à la démocratie et du coup in fine aussi à la cinquième
mais ceci dit je suis désolé il n'y a pas de majorité je sais bien que la gauche a l'habitude de dire qu'elle a la majorité à l'Assemblée Nationale
mais vous ne l'avez pas
je suis désolé
majorité relative
majorité relative
et une majorité qui est très fragile disons-le mais entre avoir une majorité très fragile et une enfin mettre au pouvoir parce qu'en réalité on a François Bayrou comme Premier ministre mais aujourd'hui il est tenu par sa droite par Bruno Rotaillot et tenu par sa gauche par Gérald Darmanin en réalité c'est donc les LR aujourd'hui qui gouvernent depuis septembre et comment vous dire
je n'avais pas remarqué que Gérald Darmanin était resté au LR mais bon il m'a encore dit qu'il était exclu il y a quelques temps
il est bel et bien parti des LR mais en réalité si c'est pour vendre dans la même veine que Bruno Rotaillot une ligne pour singer le Rassemblement National tu veux dire que Repsamen il est OPS ? oh voilà lui aussi non mais tu vois je veux bien en fait c'est quoi ton point ?
mon point en termes d'idée il est resté constant mon point c'est que vous ne pouvez pas aujourd'hui dire qu'en réalité le problème c'est qu'aujourd'hui un président préside pour un camp et que c'est un camp qui gouverne quand en réalité la seule et unique raison de ce gouvernement en réalité c'est d'avoir fait tenir et exister un camp et pas en réalité une véritable politique pour les français puisque au sein de son gouvernement en polyphonie cacophonie ce que vous voulez simulacre personne n'est d'accord c'est vous qui cultivez en réalité ce truc de camp moi je ne suis pas d'accord avec ça
je ne suis pas d'accord sur le fait qu'on ne soit pas d'accord il y a plein de choses sur lesquelles on est d'accord et sur lesquelles on avance vous voyez par exemple le travail souterrain alors je sais bien ça ne se voit pas le travail souterrain qu'on est en train de faire sur la réforme de l'Etat le travail qu'on est en train de faire sur la simplification c'est un travail souterrain mais qui est colossal et qui va nous permettre d'aborder le budget 2026 qui est juste un cauchemar apocalyptique bon mais ça on est tous d'accord et on est tous au travail donc ne dites pas qu'on n'est pas d'accord sur pas mal de choses en réalité il y a des points qui sont un peu des points névralgiques qu'on a évidemment qui sont tout de même importants qu'on a évidemment mais quand on parle de sécurité par exemple regardez regardez le projet de loi la proposition de loi pardon émise par le Sénat sur le narcotrafic elle sort elle sort du Sénat d'abord elle est créée de façon transpartisane la commission d'enquête elle est avec un PS et avec un LR ils se mettent d'accord ils font une proposition de loi elle est votée à l'unanimité ça c'est un bon travail bon donc on est d'accord sur un certain nombre de choses
sur la tradition française de l'accueil et sur le traitement des jeunes de la guetée des lignes est-ce que là vous êtes d'accord ou pas d'accord
vous prenez vous prenez un point qui sont des points névralgiques qui sont des points importants mais qui sont des points névralgiques
de savoir que des gamins vont se retrouver in fine à la rue parce que là c'est des solutions très temporaires je vous avoue que oui pour moi ça compte
bien sûr mais pour moi aussi ça compte quelqu'un aurait dit vous n'avez pas le monopole du coeur vous n'étiez pas né mais moi j'étais né et je faisais de la politique vous n'avez pas le monopole du coeur mais en réalité bien sûr que c'est important bien sûr que c'est des sujets il faut les traiter à la base il faut les traiter en se disant pourquoi aujourd'hui on a des gamins qui peuvent être à la rue vous parlez de la gaieté c'est ça ? oui totalement je vous signale qu'il n'y avait pas de mineurs dedans mais enfin bon c'est un détail selon si
ça fait partie des points un peu justement et ça vous engagez votre responsabilité en le disant sur notre plateau et c'est important mais l'histoire
la question d'actualité François-Noël Buffet a répondu hier il a dit la même chose que moi il a dit qu'il y avait 4-5 cas qui étaient avec des recours sur lesquels on verra et naturellement si ces personnes sont mineures elles seront accueillies comme il se doit
on se souviendra de cette réponse vous parlez de M. Buffet le ministre c'est le ministre qui est donc qui doit assister qui est le bras droit de Bruno Retailleau le liftard qui a eu lieu à la grande mosquée de Paris c'est pas c'est pas M. Barraud qui a été envoyé puisque si un ministre avait dû être envoyé ça aurait été M. Buffet non Beauvoir a décidé de ne pas envoyer de ministre et un repas avec des ambassadeurs de pays étrangers a été organisé preuve aussi que le ministre des Cules n'a pas voulu parler au musulmane France Madame la Ministre
il était au congrès alors je ne sais plus comment ça s'appelle le forum le forum des musulmans le forum international des musulmans où ça s'est très bien passé et il a eu de très bons dialogues avec le monde
Emilian oui alors vous avez évoqué la question des jeunes c'est un discours qui n'est pas forcément tenu de manière très durable à droite qui a eu des difficultés à avoir le vote des jeunes ça on ne peut pas dire le contraire
oui bien sûr
ma question c'est est-ce que là actuellement le gouvernement alors les jeunes ne sont pas quelque chose d'homogène mais malgré tout est-ce que le gouvernement par la politique sur les retraites qui est avant tout soutenue par des personnes retraitées par le discours qu'il a sur le voile etc par la politique je pense on en a parlé au début en matière d'enseignement supérieur et de recherche où les budgets ne suivent pas le nombre d'étudiants est-ce qu'il arrive vraiment à être suivi par les jeunes et quand on regarde le vote à la fois en marche enfin ensemble et à l'air il est semblable c'est-à-dire qu'il augmente avec l'âge qu'est-ce que vous pouvez faire je ne ferai rien parce que ce n'est pas mon rôle mais pour changer ça
je pense en fait qu'il faut aussi avoir un discours de vérité vous avez raison sur les budgets de l'université de la recherche vous avez raison sur les retraites vous avez raison là-dessus je pense qu'en fait depuis trop d'années et je prends les gouvernements différents qui se sont succédés y compris d'ailleurs à gauche on s'est enfermés dans une maquette budgétaire qui aujourd'hui nous étouffe et nous empêche en fait de regarder les vrais sujets de société c'est quoi les vrais sujets de société c'est qu'aujourd'hui dans notre pays à l'heure où on est on a plus de plus de 60 ans que de moins de 20 ans ça c'est terrible pour une nation parce qu'elle ne construit pas son avenir avec ça la réalité c'est que enfermés dans ces maquettes budgétaires on n'arrive plus à faire face aux besoins de la jeunesse et vous le dites la recherche l'innovation le milieu étudiant l'université voilà qui devraient être des endroits où on met davantage d'argent et donc c'est le moment où avec la jeunesse on devrait regarder les arbitrages budgétaires on n'a plus de quoi faire comme avant donc il va falloir qu'on fasse différemment et moi je pense qu'à l'intérieur de la droite que je vois pour demain que je vois pour mes enfants je veux qu'on investisse sur la jeunesse et donc ça veut dire faire des choix ailleurs il faut qu'on décide ensemble là où on fait ses choix ailleurs pour investir sur la jeunesse parce qu'investir sur la jeunesse c'est investir sur le pays voilà c'est ça que je veux faire
il y a actuellement un conseil européen sur les questions de défense qui se tient à Bruxelles aujourd'hui et demain il y a un plan de réarmement européen qui fait l'objet de discussions et dans son allocution le président de la république a dit qu'il allait falloir financer un effort supplémentaire sur la question de la défense et il n'a pas précisé les modalités de ce financement il a juste dit qu'il allait falloir faire des choix est-ce qu'on en sait plus à l'heure actuelle est-ce qu'on sait quels sont est-ce qu'on a des montants
alors on n'a pas de montant pour l'instant ce qu'on sait c'est qu'aujourd'hui en fait il y a eu une réunion à Bercy avec Éric Lombard et Sébastien Lecornu donc l'économie et puis la défense et puis tous les industriels en fait de la défense pour estimer les besoins et notamment ce qu'on appelle les besoins en fonds propres c'est-à-dire les besoins qui vont permettre à ces entreprises d'investir en fait pour produire davantage et d'ailleurs produire aussi peut-être différemment et d'autres choses parce qu'on s'est aperçu dans le retour d'expérience de la guerre en Ukraine qu'il y avait des secteurs de l'armement sur lesquels il fallait qu'on investisse plus fortement donc aujourd'hui ce qui est apparu c'est que de mémoire il y a 5 milliards de besoins de fonds propres supplémentaires et c'est pas que pour les grands de l'armement parce qu'en fait il y a évidemment les grands noms de l'armement qui ont des fonds propres qui sont assez importants mais il y a surtout toute une foultitude de sous-traitants nationaux et européens de start-up aussi qu'il faut financer en fonds propres
ça c'est sur les besoins de financement je me doute qu'ils sont très importants
ils sont très importants
la question c'est quel argent quel sacrifice quelle réduction sur les services publics quel choix budgétaire
ce qui va alors ça c'est évidemment dans le tube du budget 2026 c'est la façon dans laquelle on va appréhender le budget 2026 et pour le moment évidemment les arbitrages sont loin d'être fait loin d'être fait mais je veux juste dire que redonner aussi des capacités de développement et d'investissement sur ces entreprises de l'armement c'est aussi créer du travail dans nos territoires c'est aussi créer de la valeur c'est aussi créer des recettes fiscales sociales et donc il faut bien qu'on mesure aussi l'investissement que doit être le nôtre
Lorraine
oui
en fait on peut débattre de quel âge ces jeunes etc moi en l'occurrence j'ai 27 ans mais on voit que les jeunes sont plutôt anti-guerre en réalité et là par exemple il y a eu le SNU le service national universel qui a été abandonné parce qu'il n'y a pas assez d'argent en réalité est-ce que vous comptez aller jusqu'à quand même rétablir le service militaire
alors pas du tout parce que d'abord ça servirait à rien et on n'en a pas les moyens on n'a pas les infrastructures donc le service militaire en fait aujourd'hui il fait partie d'une forme de nostalgie d'une partie de la population française soit parce qu'ils l'ont fait et que ça s'est plutôt bien passé soit parce que en fait ils reconnaissaient un moyen de socialiser en fait l'ensemble de la population française sans discrimination sociale sans écart d'origine etc et comme l'école quoi un peu normalement comme l'école comme l'école mais au garde-vous quoi vous avez raison des gens y échappaient et certains avaient des services militaires qui étaient plus sympas que d'autres moi mon mari il a fait son service militaire c'était plutôt sympa on est parti à San Francisco pour faire bon donc voilà donc non il faut le dire aussi
quand même c'est un peu un mythe
le service militaire
qui brasse les générations et les classes sociales ça n'a jamais été prêt
c'est pour ça là où je voulais en arriver en fait c'est une espèce de nostalgie nationale sur quelque chose dont on idéalise aujourd'hui les effets et qui moi je me souviens quand ça a été arrêté les jeunes ils voulaient arrêter ils en avaient ras-le-bol alors après juste une question sur la SNU il n'a pas été abandonné puisque les budgets ont été continués il y a eu au Sénat une petite discussion entre le budget du sport et le budget du SNU mais sur le SNU il y a une chose en fait qui est très importante c'est que quand il a été mis en place l'objectif c'était de ramener à la citoyenneté un certain nombre de jeunes qui s'étaient éloignés de la citoyenneté c'était ça l'objectif c'est-à-dire ?
s'éloigner c'est-à-dire ? qui ne connaissaient pas les institutions qui ne connaissaient pas l'engagement associatif mais vous ne connaissez pas que c'est le rôle de l'école d'apprendre ça ? mais aussi mais c'était aussi le rôle
de l'éducation populaire
c'était le rôle qui avait été assigné au SNU je vous parle de ce à quoi ça servait et aujourd'hui le SNU ça fonctionne bien sauf que la cible des personnes qui vont au SNU n'est pas la cible que l'on souhaitait et donc c'est logique de s'interroger aujourd'hui sur se dire on a mis en place un truc pour une politique publique avec un objectif et l'objectif il passe à côté donc même si les gens qui y sont ils sont super contents et je les comprends parce qu'ils font des choses passionnantes en réalité l'objectif qui était poursuivi parce que moi j'étais pas au gouvernement et voilà à ce moment là était un objectif de ramener à la cible à la vie associative à l'engagement des valeurs qui sont partageables me semble-t-il et on l'a fait mais pas sur les populations
c'est marrant parce que j'ai le même objectif mais tellement pas le même dispositif c'est vraiment après on sera jamais d'accord là-dessus vraiment le garde-à-vous des jeunes mais au secours Lorraine
mais en gros vous êtes en train de dire que si le SNU il a été abandonné c'est une question plus d'objectif mais il est pas abandonné je redis je redis qu'il est pas abandonné en tout cas qu'il est en discussion etc ou en tout cas qu'il est réplécité à le rediriger ou je ne sais quoi en tout cas que vous essayez de le transformer c'est pas une question d'argent mais d'objectif alors oui c'est une question d'objectif
oui oui c'est une question d'objectif vraiment et je vous invite à regarder tous les rapports qui ont été faits sur le SNU pour vous dire qu'on passe à côté de l'objectif de base donc si on passe à côté de l'objectif de base il faut revoir le système
moi j'ai une question sur votre rôle en tant que porte-parole du gouvernement je reviens un petit peu sur le fait que vous avez pris Fête-Écosse pour la candidature de Bruno Rotaillot à la tête du parti Les Républicains
je ne suis pas non plus je n'ai pas fait le tinteur vous êtes porte-parole du gouvernement
de François Bayrou ou de Bruno Rotaillot ?
mais je suis dans le gouvernement de François Bayrou et dans ma vie politique Les Républicains à laquelle je ne renonce pas j'ai choisi de soutenir Bruno Rotaillot pour cette présidence
Pas de favoritisme ?
Pas de favoritisme
En faveur de Bruno Rotaillot dans vos prises d'opposition ?
Non, non, non justement j'essaie de faire attention j'ai dit que je ne renonçais pas à qui j'étais mais je suis loyale par rapport à l'objectif qu'il nous est donné dans ce gouvernement qui est un gouvernement atypique et qui essaye de faire avancer la France malgré les difficultés et elles sont nombreuses et pas que politiques
Et il peut rester ministre en étant président de parti parce que Jacques Chac n'avait pas voulu au départ que soit Nicolas Sarkozy
Oui mais Vous savez pourquoi Oui
Je sais pourquoi la raison c'est aussi
D'ailleurs tu peux dire pourquoi Emilien pour ceux qui ne savent pas qui ont raté cette histoire qui était quand même très drôle
Le fait est que ça faisait un peu beaucoup pour une personne surtout qui voulait prendre la succession de Jacques Chirac mais qui s'est avéré que Nicolas Sarkozy c'était bien utile au ministère de l'Intérieur pour ce dernier et la question c'est aussi un président de parti bon pas pour reprendre le rétronique de l'envoquer mais doit avoir ses propositions pour l'excusion et si on est en même temps dans le gouvernement est-ce qu'il n'y a pas une difficulté pour les publicains à s'affirmer de manière autonome
Alors j'ai pas le sentiment que Bruno Retailleau ait la langue dans sa poche d'ailleurs Non c'est ça voilà donc j'ai pas ce sentiment là donc il exprime son avis et après il est suivi et pas suivi et puis François Béroux est patron de parti
Un point Pas faux Un point tout à fait le modem qu'on embrasse Merci beaucoup Sophie Prima d'être venue sur le plateau de Baxit pour répondre à nos questions Merci
Sophie Primas