Pierre Adrian / Sécheresse historique : l’agriculture française en péril ? | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment répondre à la détresse des agriculteurs face à la sécheresse ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Est-il possible d'adapter l'agriculture au dérèglement climatique ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Où se trouve le pays des étés dans votre livre ?
- 8:00OuverteRéponse directe
À quoi ressemble la maison familiale bretonne ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Pourquoi les maisons deviennent-elles des personnages de livres ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Comment gérer une maison de famille à distance avec la famille ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 24:00Aurélie CataloChiffre
« Sur le maïs, c'est probablement la pire récolte depuis les années 1980. »
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Bonsoir à toutes et à tous. Très heureux de vous retrouver pour surfer la vague estivale de 28 minutes et dans le grand bain, regardez un peu qui l'on trouve. La belle équipe autour de la table.
Bonsoir à vous chers amis. Bonsoir Jeanhieu. Et l'actualité et bien c'est le SOS des agriculteurs suite à l'enchaînement des sécheresses et des canicules.
L'impact sur les cultures est catastrophique. Alors là par exemple à la plantation, on voit tout de suite bah le plan tout a cramé directement. Il a même pas eu le temps de pousser.
Tout a brûlé sur place. On a les boules parce qu'on se dit merde, on a passé notre temps à travailler le terrain à planter tout ça. Forcément ça fout les boules.
Alors comment répondre à cette détresse ? Est-il possible d'adapter notre agriculture au dérèglement climatique ? Où est-ce déjà trop tard ?
Faut-il davantage toquer l'eau ? Nous en débattrons. En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui sont interdits de boîte de nuit tant par leur brillance, ils rendent jaloux les boules à facette à savoir Marjorie Adelson et Théophile Cossa, leur programme ce soir.
Marjorie, on va s'intéresser aux musiques qui écoutent nos politiques. Récemment, Dominique de Villepin a partagé ses goûts musicaux sur Instagram. Une tradition qui a été lancée il y a plus de 10 ans par un certain Barack Obama.
Alors, la musique serait-elle un nouvel argument de vote ? réponse tout à l'heure. Et oui et vous Théophile.
La chanteuse béninoise Angélique Kidjo vient d'inaugurer son étoile sur le stress célèbre Walk of Fame de Hollywood. C'est la première artiste africaine à recevoir cette distinction. Elle est très fière, elle a raison, c'est carrément la classe.
À voir son d'étoile sur le Walk of Fame. Je vous raconte comment ça marche. Bien sûr, on vous retrouve en fin d'émission car avant ça, partons vers une contrée où la température est douce, le ciel dégagé et les journées légères.
Alors certains appellent ça l'enfance mais l'écrivain Pierre Adrian préfère nommer cet endroit le pays des étés. Quel est le titre de son dernier roman ou comment la maison familiale des vacances agit comme un révélateur express de mélancolie ? Il est notre invité tout de suite dans 28 minutes.
Bonsoir Pierre Adrion. Bonsoir. Vous êtes écrivain.
Votre dernier livre Le pays des étés est paru ce mois-ci hein chez Galimar. Je vous présente l'équipe de 28 minutes. Marion Lourd, bonsoir.
Julia Vanest. Alors Pierre Adrian, euh quand on on lit ce titre, le pays des Étés, beaucoup de gens le trouvent très beau ce titre en effet. Mais alors où se trouve-t-il ce pays des étés justement ?
Bah le pays des Étés, c'est pour pour mon cas, c'est la Bretagne, c'est le le nord du Finister au nord de Brest dans le pays des abertres. Mais le pays des Étés, c'est le pays de chaque français qui part en vacances. C'est euh ce ce pays un peu idéal, imaginaire où euh la pendant pendant un mois, quelques semaines, le temps s'arrête et euh voilà, on va à la plage, on fait des promenades, on part à vélo, on on boit l'apéro euh et ça peut être en Bretagne mais ça peut être partout ailleurs ou ça peut être un emplacement de camping, ça peut être une maison de vacances.
Enfin voilà. Et on va voir pourquoi justement ça joue beaucoup sur la mélancolie dans votre livre. On va parler de tout ça dans un instant, mais on va voir pourquoi et bien vous avez le profil idéal pour nous parler justement de ce pays euh des été et Olivier Boucreux vous explique pourquoi.
Pierre Adrian, vous écrivez les lieux comme on essaie de retenir l'été. Dans votre nouveau roman, la mort de la grand-mère et la vente de la maison familiale bretonne font vaciller tout un monde. Pour faire de nos souvenirs un pays où revenir, vous avez le profil idéal.
Pendant longtemps m'être éloigné de la maison, la maison de famille où on passe tous les étés depuis que je suis petit au mois d'août en Bretagne, je suis revenu et j'ai un peu renoué avec tous ces ces lieux de l'enfance. Vous grandissez dans les années 90 à Saint-Cloup, 4e d'une fraterie de 5, mais vos vrais étés sont breton à Portal dans le Finister Nord dans une maison où se retrouve cousins et grands-parents. Vous vous formez à l'histoire et au journalisme.
Écrivez pour l'équipe et la croix avant de publier vos premiers livres. Dans votre bibliothèque, George Peros et ses petits riens somptueux. George Perrec, Philippe Deerme, Albert Camu, le poète et journaliste breton Xavier Gral.
Son côté poète, le confiner au retrait et il disait écrire c'est être brisé. Donc je pense que je suis vraiment dans cette dans ce cas-là. Et des auteurs que vous suivez à la trace jusque dans vos livres, Pasolini, Jacques Kerwak ou Césaré Pavez dans Hôtel Roma.
Peut-être que le le le pour paraphraser Bernard Franck, le le premier livre sur Pasolini était mon livre d'homme. Le livre sur Pavz est celui d'un écrivain et il y a une différence. Aéolé de plusieurs prix, vous vivez aujourd'hui à Rome, ville magnifique et chaotique où il faut, dites-vous, résister à l'émerveillement permanent pour écrire.
Le vélo aussi vous aide sur les ribbines bretonnes. Ces petites routes secondaires, vous pédalez pour faire sortir les idées. Avec que reviennent ceux qui sont loin, la maison bretonne de votre enfance devenait déjà un personnage.
Les enfants grandissent. Euh les parents vieillissent, tout le monde bouge, tout le monde change et et la maison, elle est là, elle reste là. En fait, dans le pays des Étés, elle est vendue après le décès de la grand-mère et devient le témoin involontaire des bouleversements engendrés par le tourisme.
Dans la vraie vie, la maison n'est pas à vendre. Je crois beaucoup au pouvoir de consolation des lieux. Voilà, Pierre Adrian, le pays des étés.
Alors Olivier Bourcran, on parlait de cette maison qui est en fait et bien le personnage principal de de ce livre, le le pays des Étés, qu'on découvre justement après la disparition de la grand-mère de cette famille. Elle ressemble à quoi cette maison ? Et si je devais vous demander un souvenir que vous avez aujourd'hui de votre enfance que vous avez passé là-bas dans durant vos été ?
Alors cette maison, elle est un peu elle est en granite évidemment typique voilà entouré de de Cypré de Hortensia. On la découvre après avoir passé un petit portail blanc un peu qui grince et puis elle prend les vents de les vents d'ouest, les vents du nord en en hiver. Et un souvenir d'enfance, c'était avec mes cousins petits, on on chantait du on avait un groupe de rock et on chantait alors que c'était avec des raquettes en tennis et des boîtes en plastoc et sur une citerne qui avait devant cette maison, on faisait des concerts et nos nos parents, nos grands-parents supportaient cette musique horrible qu'on qu'on chantait et ça c'est un souvenir assez assez doux de de soirée d'été.
C'est ça Marion. Ce qui est étonnant dans le livre et vous le disiez Jean-Mhieu, c'est que vous rendez un très bel hommage à votre grand-mère qui est toute mignonne et très gentille, mais le vrai personnage c'est la maison. Et ça, on le voit de plus en plus dans les livres.
On le voit par exemple dans le livre de Laurent Movigier où le personnage c'est la maison vide. On le voit dans le livre de Jean-Baptiste d'Alamo on le voit dans le livre de Pauline Perade. À quoi ça tient ?
Pourquoi est-ce que finalement les maisons deviennent des personnages de livre ? Je crois que c'est on est dans un monde qui va tellement vite, un monde en mouvement que peut-être qu'avoir un lieu qui nous attend, un lieu qui est où l'odeur est toujours la même, euh où on reconnaît le meuble sur laquelle on sur lequel on posait son doudou quand on était gamin ou et son livre quand on était adolescent, son téléphone maintenant. Bref, je crois que tous ces ces endroits-là, ça nous ça nous rassure quoi.
Et je pense que le lieu la maison aussi est un lieu qui permet de de se retrouver, de se rassembler. la maison de vacances. En tout cas, en ce qui me concerne, c'est c'est c'est une grande colocation l'été, une grande colocation aussi générationnelle.
C'est pas donné à tout le monde de de pouvoir l'été vivre au même rythme que la grand-mère, que les enfants, que les parents. Enfin, c'est parfois dans au cours de l'année, au contraire, les les les vieilles personnes sont entre elles, les jeunes vont à l'école pareil. Là, là l'été, il y a cette espèce de petit miracle où tout le monde vit ensemble, cohabite et où le temps s'arrête un petit peu.
Je pense que c'est ça qui se ce côté rassurant de la maison, je pense. Et puis cette maison, il va lui arriver quelque chose euh qui est très contemporain. Euh c'est-à-dire qu'elle va être rachetée et puis les gens vont la rénover, ceux qui vont pour en faire un Airbnb aujourd'hui.
Et ça, ça parle à beaucoup, c'est on en parle souvent d'ailleurs de de cette marque et de ces locations. Pour vous, ça par exemple, c'est typique de la dérive du tourisme moderne aujourd'hui. Bah oui, je pense dans beaucoup de régions d'ailleurs pas qu'en Bretagne d'ailleurs.
Exactement. Bah déjà quand on est vacancier quelque part, on se sent toujours un peu étranger. C'est toujours compliqué de de enfin moi, j'ai toujours été le Parisien en Bretagne par exemple alors que j'ai j'ai un rapport affectif à cet endroit.
J'y vais depuis toujours, mais je serai toujours le le le Parisien. Euh mais c'est vrai qu'il y a un nouveau phénomène depuis certaines années qui est en effet la location à tout craint. Je pense aussi sur des côtes où désormais avec le réchauffement climatique, il y a de plus en plus de monde et de fait et bah des lieux, c'est ce que je raconte dans ce livre en fait, des lieux qui nous sont chers qu'on voit depuis toujours se se transforment, se métamorphose.
On voit passer des nouveaux locataires, des gens qui for qui n'ont pas forcément les mêmes habitudes que nous. euh l'arrivée du bruit sur les plages, du monde. Euh et je je voilà et ce petit paradis de l'été devient commence à à se sentir un peu menacé.
Et je Ça vous ça vous dérange ça d'ailleurs que finalement d'autres gens accèdent à ce paradis ? Non, ça me dérange pas évidemment mais euh mais je pense qu'on a tous forcément un sentiment un peu d'appartenance grè c'est pareil sur la plage, on a notre emplacement sur la plage et s'il y a des gens quand on arrive qui sont sur cette plage, on est pas normal. Ouais, bien sûr, c'est ça.
Alors Julien, on va voir avec vous que justement pour résoudre vos problèmes Pierre Adrillan, parce que votre maison est en Bretagne, ça doit pas être facile à gérer en distance et en famille et bien on a une solution pour vous et Julien, vous allez nous dire laquelle ? Oui, bien pour votre maison Pierre Adrien, il suffit de télécharger un logiciel très spécial 100 % breton. Une appli euh lancée en en janvier dernier par une start-up de Saint-Malot, cher héritage, c'est son nom cher pour euh en anglais ça veut dire partager hein.
L'idée en fait c'est que toute la famille peut se connecter sur cet appli et échanger des infos à propos de la maison. Il y a même un réseau social intégré. Et oui, à ce logiciel, vous pouvez remplir par exemple regarder un planning partagé, gérer un budget commun, discuter de la déco, avoir accès au devis si vous devez faire des travaux et puis à tous les documents administratifs.
Et puis si par exemple l'un de vos cousins a oublié de payer une facture, pas de problème, l'appli lance un système d'alerte. Alors, il y a un prix bien sûr pour retrouver une forme de sérénité, 10 € par mois. Mais vous alors comment ça se passe quand vous devez gérer cette cette maison de famille avec bah avec justement tout votre écosystème familial ?
Est-ce est-ce qu'il y a des problèmes parfois ? Bahureusement, il y a pas tant de problème que ça mais je transform je transmettrai l'information à mes parents. Ça ser pas très utile.
Mais oui oui non, il y a il y a des soucis d'organisation de et puis plus on grandit quand on est enfant, on se laisse un peu porter et cetera. Puis maintenant c'est le l'âge des responsabilités voilà des des des dépenses parce qu'une maison demande de l'entretien évidemment. Donc non intéressant.
Jeet un il y a dans votre livre le pays des Étés, il y a beaucoup de nostalgie. Est-ce que ça veut dire que vous êtes mal à l'aise avec l'époque dans laquelle vous vivez actuellement ? Euh, je suis pas mal à l'aise, je suis aussi un jeune homme de mon époque, mais je reconnais le la nostalgie.
J'en ai pas peur en fait. C'est pas forcément le CT mieux avance. Et la nostalgie, c'est avoir conscience des des bonheurs vécus, des petites joies, des c'est ce qui nous peut-être nous nous reli à l'enfance aussi.
Moi, j'ai eu la chance d'avoir une enfance assez heureuse. Euh et je pense que il y a il y a dans ce sentiment de nostalgie, voilà, un un un regret du passé. Puis je pense que plus on grandit, moi maintenant j'ai 35 ans, je commence à avoir perdu un certain nombre de personnes autour de moi, des êtres chers et donc forcément bah le leur souvenir c'est euh et bah est poussé par cette nostalgie, peut-être cette mélancolie dont voilà Victor Hugo disait c'est le le le bonheur d'être triste.
Bah voilà, je pense qu'il il y a a un petit peu de ça. Vous l'écrivez dans le livre il faisait chaud partout ailleurs sauf ici. Alors ça c'est en train de changer un petit peu.
La Bretagne elle est en en sécheresse. Il y a eu des incendies aussi bien qui soient beaucoup moins importants qu'ailleurs en Bretagne. Comment vous le vivez ça ?
Ben justement dans le livre, je je parle exactement de ça. Alors je évidemment il y a des correspondances assez étranges avec ce qui se passe cet été. Vous avez pas choisi évidemment mais il y a un moment justement une discussion de entre les personnages mais tu crois pas qu'il va y avoir plus de monde avec le réchauffement ?
Et puis ces incendies dont on parlait qui avaient lieu en Italie au Portugal maintenant ils se rapprochent. Il y a eu des incendies dans les mondes d'arrêt il y a il y a quelques temps. C'est évidemment en Girond là ça nous a un peu traumatisé. il y a ces vagues de chaleur.
Donc encore une fois, je pense que il y a il y a cette espèce de de sentiment, ce petit moment suspendu de l'été. Euh on a l'impression qu'il y a quelque chose qui s'effrite et et je pense aussi que maintenant on déconnecte de moins en moins. Moi je vois sur les plages, les gens sont de moins en moins avec des livres plus avec le téléphone.
Vos cousins aussi d'ailleurs vous le racontez vos vos neveux. Ouais, ils sont pas mal sur le téléphone. Exactement.
On est plus sur le téléphone. Donc l'information, les nouvelles s'arrêtent jamais donc on coupe jamais tout à fait. Mais c'est vrai qu'il y a il y a et puis il y a des problèmes de pollution des plages évidemment.
Je je vous racontez aussi je raconte ça. Donc ouais, il y a quelque chose voilà un peu un sentiment d'ffritement et et une petite inquiétude et je trouve qu'on a ressenti vraiment ça cet été. Ouais.
Alors nous sommes le le 20 août aujourd'hui c'est la dernière semaine des vacances pour les Français qui va commencer. Quel était votre sentiment à ce moment-là quand vous étiez plus jeune au moment d'aller à l'école de rentrer, de ranger le parasol ? Quel était votre sentiment vous ?
Non, c'est déchirant. Je déteste l'école. Donc moi la rentrée c'était déjà les publicités pour les fournitures scolaires, ça c'était déjà Ah ouais, ça me tuait.
Et euh et quand on devait quitter la maison de de vacances, quand on devait quitter la Bretagne, c'était toujours un un déchirement. Et tu sais, c'est un peu comme dans les films où on voit l'enfant ou le chien qui regarde la maison qui s'éloigne au loin comme ça. On regarde jusqu'au bout et puis on on met la corde, on referme le portail et mais c'était c'était vraiment ça où il y a un sentiment bah de ça y est, un nouvel été est passé et voilà et puis ça nous fait penser aux chansons de Laurent Wouzi, de François Ardi.
On se retrouvera l'été prochain avec les copains, les cousins et cetera. Vous vous n'aimiez pas la rentrée scolaire mais maintenant vous êtes dans la rentrée littéraire. Donc finalement la boucle est bouclé, on peut dire ça un petit peu pour ça.
Pierre Adrian, merci beaucoup en tout cas d'être passé ce soir par 28 minutes pour prolonger l'été. Et ben oui, parce que il va falloir le faire maintenant réfléchir à prolonger l'été. Ça s'appelle le pays des étés.
C'est votre roman, il faut le lire, publié chez Galimar. Merci beaucoup d'être passé ce soir Pierre Adrian. Allez, passons à notre débat.
Sommes-nous devant l'une des pires crises agricoles que le pays est connu depuis 1945. canicules, sécheresse. La multiplication de ces phénomènes a provoqué des pertes nombreuses pour les cultures maréchères et une surmortalité dans les troupeaux.
Alors, qui va payer les effets de cette saison catastrophique ? Faut-il davantage toquer l'eau ou s'adapter avec des cultures plus résistantes aux fortes chaleurs ? Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedem.
C'est l'heure des comptes. Après un été marqué par les canicules et la sécheresse, les agriculteurs font gris mine. Leur rendement on pris un sacré coup.
Les plants, ils traitent deux trois fois plus gros en fait si vous voulez. Donc on voit que voilà les ça produit du fruit mais là il y a il y a quand même peu de fleurs. On voit qu'il y a des fruits qui sont en train de se de se former mais en terme de de calibre on devrait avoir même des tomates qui sont qui sont quand même deux fois plus grosses et les conséquences se font déjà ressentir sur les étales.
Les fruits et légumes montrent quelques signes de déshydratation. Les prix eux flambent + 13 % pour les tomates, les aubergines ou encore les courgettes au mois de juillet par rapport à l'an dernier selon l'INC. Face à cette situation, le débat fait rage entre les tenants des mégabassines et de l'irrigation systématique et ceux qui prôent une révolution des méthodes de production.
Ça comprend notamment la l'agroforesterie, l'utilisation d'arbres, de plus de végétation sur les parcelles et on va aussi avoir des pratiques qui sont purement dirigées vers la régénération du cycle de l'eau. En attendant, le gouvernement a d'ors et déjà annoncé un plan dit d'accompagnement des agriculteurs dont les modalités seront détaillées début septembre. Mais face à un scénario qui risque de se reproduire dans les années à venir, il souhaite que les agriculteurs fassent aussi leur part en adaptant leur culture aux nouvelles réalités climatiques.
On peut cultiver dans le sud de la France des amandes, des olives, de la pistache, des fruits exotiques. On voit bien que on va pouvoir produire d'autres choses. Ces solutions sont-elles transposables à grande échelle ?
Face à cette chronique des sécheresses annoncées, l'agriculture française peut-elle s'en sortir ? Les baisses de rendement sont-elles une fatalité ? Voilà.
Et pour en débattre ce soir, nous recevons Thomas Gibert. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes maréché en Haute Vienne. Vous cultivez quoi d'ailleurs à ça. Ben, je suis en maréchage diversifié donc à peu près tout type de légumes.
Tout type de légumes. Très bien. D'accord.
Bariché donc je disais donc en haut de Vienne porte-parole nationale de la confédération paysane. Selon vous l'immense majorité des marichers et des maréchères et dans une situation clairement catastrophique, il a fallu abandonner des cultures entières à cause de la sécheresse. Le manque va se faire sentir toute l'année.
À vos côtés Charline Desconge. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes ingénieur hydrologue spécialiste des cycles de l'eau. Votre livre au vive pour une hydrologie régénérative est paru aux éditions Acte Sud. Selon vous, pour faire face à de telles sécheresses, il faut penser à une véritable transformation du modèle agricole.
Il faut faire en sorte que les agriculteurs soient moins dépendants de l'irrigation ou du stockage de l'eau. Et puis Aurélie Catalo, bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes directrice du programme Agriculture et alimentation France à Lidri. Alors l'IDRE, c'est l'Institut de développement durable et des relations internationales. Selon vous, il n'y aura pas de pénurie, de fruits ou de légumes dans le commerce.
L'enjeu, c'est que la filière alimentaire, dites-vous, s'organise pour que les consommateurs continuent d'acheter français, même si les produits sont plus petits ou moins calibrés. Et pour ce débat, c'est avec vous Mario. Et le témoignage du jour, ouais, c'est celui de Cyril Pogu qui est maréché à Pont Saint-Martin au sud de Nant et que l'équipe de 28 minutes a a contacté pour préparer l'émission.
On ne sait plus quoi faire des salariés. On va être obligé d'arrêter des contrats et pour cause un trois de ces cinq bassins d'irrigation sont à sec. Il a donc dû arrêter la la mise en culture et ces derniers mois toutes ces pousses d'épinard ont été détruites et plus de la moitié de sa production de fenouille, il se dit épuisé.
Alors Thomas Gibert, est-ce que c'est un cas particulier ou c'est un cas qui illustre la généralité de la situation ? Non, malheureusement c'est pas un cas particulier. C'est une situation qui est vraiment généralisée sur l'ensemble du territoire et la situation est vraiment catastrophique.
C'est-à-dire que on a eu, c'est une sécheresse déjà sans précédente puis qui s'est qui s'est adossé à des coups de chaud extrêmes qui ont mené à des fleurs qui de des fleurs qui sèchent, à des coups de soleil sur les fruits et légumes, à un manque d'eau où il a fallu choisir euh parfois des cultures, abandonner des cultures pour pouvoir en sauver quelques-unes. que réellement nous les retours que l'on a des territoires, c'est vraiment une situation catastrophique avec aussi une situation presque de désespoir avec énormément de maréchen maréchèr qui pense à arrêter. Là, vous parlez au niveau au niveau national mais rapidement vous votre cas particulier, votre exploitation, quel bilan tirez-vous cet été justement ?
Bah cet été c'est euh c'est extrêmement compliqué. déjà, il y a euh un surplu de travail du fait de toujours devoir arroser et cetera et c'est aussi une chute de rendement euh visible que ce soit sur les cultures d'été mais aussi qui vont se se ressentir tout au long de l'année puisque là on est en train de cultiver en fait tous les légumes d'hivers de stockage. Nous, on s'est notamment spécialisé dans le légume de conservation et les pertes que l'on a aujourd'hui, c'est les pertes qui vont se répercuter sur jusqu jusqu'au printemps prochain.
Donc c'est vraiment une situation qui est compliquée et on a besoin vraiment de soutien urgent par rapport à cette situation là. Aurélie Catalo, est-ce qu'on peut chiffrer déjà ses pertes dont nous parlait Thomas Gibert ? Alors AGR qui est la statistique du ministère de l'agriculture a donné quelques chiffres début août sur l'ensemble des productions végétales françaises.
Malheureusement on ne les a pas trop en maréchage pour le moment mais sur d'autres productions, on sait que par exemple sur le maïs, c'est probablement la pire récolte depuis les années 1980. Euh on sait aussi que globalement sur les cultures, les céréales à paille de printemps, sur les légumineuses à graines, sur les prairies et les fourge, on est au moins à - 30 %. Euh et pour les légumes, donc là c'est plus des estimations à dire de témoignag d'agriculteur, il y a une fourchette très large qui va de globalement - 30 à - 70 - 80 %.
La peut-être la bonne nouvelle, c'est que l'arboriculture sur certains fruits comme par exemple les abricots, les pêches et pas nécessairement en baisse de volume de production mais fait plutôt face à des fruits plus petits en calibrage. Donc oui, on commence à avoir des premiers retours qui nous qui effectivement montrent bien l'ampleur des dégâts qui faut l'avoir en tête sont pas des dégâts uniquement lié à la sécheresse actuelle mais le produit d'une sécheresse sur laquelle c'est cumulé énormément de pics de canicule. Et Charine décolonge.
Alors une question totalement néophite. Si d'un coup bah là il se met à pleuvoir pendant quelques jours, est-ce que ça sauve tout ? Ce serait beau.
Non, je Voilà. Tu peux rêver ? Non.
La la situation est telle que les sols sont extrêmement secs, les nappes baissent drastiquement, les cours d'eau sont la plupart des cours d'eau, des petits cours d'eau sont à sec. Donc même s'il pleut, en fait, les pluies vont d'abord bénéficier au premier centimètres des sols, la végétation. Et euh on peut espérer une légère réhydratation des cours d'eau, mais certainement pas des nappes en tout cas pour les prochaines semaines à venir.
C'est ça. Oui. Thomas Gibert, vous avez dû jeter certaines productions, certaines choses qui n'étaient pas en bon état.
Bah clairement oui, on a par exemple abandonné d'irriguer les pommes de terre cette année. Donc il va y avoir une chute de de rendement avec du calibre beaucoup plus petit que d'habitude. On a dû voilà, on a récolté aucun haricot par exemple parce que l'ensemble des fleurs ont cramé.
Enfin oui, c'est vraiment une situation un peu de de jamais vu et aussi de par son intensité et sur l'ensemble du territoire quoi. Il faut dire que les les fruits et légumes ne sont pas les seuls touchés parce que la chaleur elle perturbe aussi les animaux. Par exemple, il y a plus de mortalité chez les poules et moins d'herbes à brouter pour le bétail.
Ça c'est ce qu'explique Alexis Descan qui est éleveur laitier dans le noir et cher. Normalement l'été, on a de l'herbe pâturée encore pour les les vaches laitières pour produire du lait. Et là, ben ça fait depuis le début juillet qu'on utilise les stocks hivernaux.
Cette année, à partir d'octobre, on aura consommé déjà tous les tous les stock qui étaient prévu jusqu'au mois de décembre. Donc, il va avoir un choix qui va se faire. Soit je vais avoir de la chance d'avoir assez d'aliments, soit quand j'aurai fait ma récolte, si j'ai pas assez d'aliments, je vais devoir décapitaliser, c'est-à-dire vendre des vaches.
Alors, il y a un chiffre qui est cité de de 10 % de baisse de production laitière suite à à cette chaleur. Aurélie Catalo, vous disiez tout à l'heure, vous nous donniez tout à l'heure l'ordre d'idée sur les légumes, les fruits, les les céréales pour en fait c'est toute la filière qui est touchée. C'est aussi l'élevage.
Tout à fait. C'est aussi l'élevage en raison de l'alimentation animale et puis aussi en raison du stress que ces conditions climatiques font peser sur les animaux. Donc c'est aussi le cas sur les poules par exemple.
Il y a moins deux hein. C'est ça en fait on sait qu' il y a moins de et donc non seulement ça a des conséquences sur les agriculteurs comme on l'a évoqué tout à l'heure mais ça a aussi des conséquences pour les autres opérateurs des filières agricoles et alimentaires. Imaginez que mon métier ce soit de collecter du lait.
Ben non seulement je vais avoir une perte d'argent parce que je vais avoir moins de lait à vendre, mais par contre je vais avoir les mêmes charges parce qu'il va falloir que je collecte le lait dans les mêmes fermes. Donc je vais faire le même nombre de kilomètres. Donc c'est un peu une double peine économique qui est aussi à prévoir pour les opérateurs des industries agroalimentaires.
Donc c'est bien le secteur agroalimentaire dans sa totalité qui risque d'être largement secoué. qu'on soit un petit opérateur coopératif ou un gros acteur, probablement que là on fait face à une crise inédite dans la mesure où ça touche tout le monde sur tout le territoire dans tous les secteurs. Ouais, c'est ça.
Alors, on le voit aujourd'hui aussi Thomas Gibert, est-ce que par rapport à ce qu'on a vient de décrire, ce qu'on vient de dépeindre là aujourd'hui, est-ce que clairement sur les étalages aujourd'hui il pourrait y avoir des pénuries de légumes et de fruits ? Aujourd'hui, c'est qu' c'est c'est difficile de le savoir. En tout cas, ce que l'on sait, c'est que aujourd'hui pour les maréchers, les maréchères, on se retrouve malheureusement presque sans filet de sécurité face alléas climatiques.
Et ça, nous on est on tient vraiment à le dire et à nommer la responsabilité du gouvernement des gouvernements Macron qui ont privatisé le système d'indemnisation de de calamité au moment des alléas climatiques qui l'ont privatisé et qui l'ont rendu complètement inefficients. Aujourd'hui, seul 18,3 % des paysans et des paysanes sont assurés, sont avec ce système privé de et ça veut dire que l'immense majorité du reste du monde paysan se retrouve pratiquement sans filet de sécurité, donc qui ont accès à l'ISN, l'indemnité de solidarité nationale qui indemnissent de de manière dérisoire et nous on l'a dénoncé depuis le début et aujourd'hui ce que l'on dit c'est que ce n'est pas possible de rester dans dans ce système qui qui exclut une immense majorité. Il faut que ce soit quelque chose de de d'universel et il faut que l'ensemble de la filière mette la main à la poche dans les indemnisations parce que c'est pas possible que ce soit que le monde paysan qui porte le risque climatique euh face à ce dérèglement qui va être de plus en plus intense et de plus en plus récurrent.
Nous, on dit que il faut que l'agroindustrie, il faut que la grande distribution, il faut que euh les les semenciers qui que les les fournisseurs de machine agricole mettent la main à la pâte dans un fond d'indemnisation pour que on ne soit pas les seuls puisque eux continuent à se gaver sur le dos du des paysans et des paysanes depuis depuis toujours et et il y a que nous qui portons ce risque et ça c'est pas c'est inacceptable. Alors Thomas Giber, alors vous avez cité en fait un certain nombre de personnes qui selon vous devraient mettre la main à la poche, mais on pourrait peut-être voir aller plus loin. En 1976 hein, le 3 septembre 1976 après un été caniculaire, le premier ministre de l'époque Raymond Bar décide de répondre au désarrois des agriculteurs par la solidarité nationale, un impôt sécheresse.
Est-ce que c'est à méditer pour 2026 ? Les agriculteurs ont été frappés par une calamité nationale. Euh, il est normal, par conséquent, qu'il y ait un effort de solidarité nationale à leur égard.
Il est donc normal que euh l'on est recours à l'impôt. Alors, Charline Descollant, une forme de solidarité nationale comme en 1976. Est-ce que c'est une bonne solution d'après vous ?
À situation exceptionnelle, peut-être des mesures exceptionnelles s'imposent. Est-ce que c'est un impôt ? Ça, je ne suis pas qualifié pour le dire.
Néanmoins, ce qu'il faut avoir en tête, c'est que ces événements-là ne sont pas ne sont ne sont pas inédits. Je veux dire, il faut arriver à comprendre que ça deviendra la norme. En d'ici 2050, la plupart des projections hydroclimatiques mises sur euh ce type de situation là avec des fortes tensions, avec des restrictions de sécheresse et donc un impôt selon moi ne sera pas suffisant si on doit le répéter chaque année. ou Aurélie Catalo nous a annoncé qu'il y aura un plan global donc le 3 septembre, le temps de faire le bilan, est-ce qu'on peut en attendre quelque chose ?
Est-ce que en effet, puisqueon dit toujours les Français aiment leurs agriculteurs, est-ce que faut en appeler à la solidarité nationale finalement aussi ? Oui. Bah, on peut prenons quelques ordres de grandeur budgétaire.
Pour l'instant, ce que le ministère de l'agriculture pourrait éventuellement mettre sur la table, ils nous ont parlé 300 millions d'euros. Je me suis renseigné sur cet impôt exceptionnel de 1976. À l'époque, ça correspondait à 2,2 milliards de francs.
Si on convertit avec l'inflation, c'est 1,6 milliards d'euros à peu près aujourd'hui. Ah oui, donc on est loin des 300 millions. Et si si on regarde aussi, on compare à la totalité du budget de l'État français sur l'année 2026 pour l'agriculture, donc pour tout ce qui a à faire avec l'argent national, on est à 4 milliards.
Donc 1,6 milliards par rapport à 4 milliards sur toute l'année. Donc on voit bien qu'on est sur des efforts budgétaires qu'à l'époque on pouvait éventuellement se permettre qui aujourd'hui sont davantage contraints. Je ne dis pas qu'un tel effort ne se justifierait pas.
Je dis juste que il faut voir la proportion d'argent public dont on est en train de parler. Et dans tous les cas, si on demande cet effort au contribuable, hein, si on parle d'une taxe, il faut avoir en tête que ça n'empêcherait pas les hausses de prix en magasin. Ce sont deux choses différentes d'indemniser les agriculteurs.
Et donc, ça veut dire qu'on demande aux citoyens de de d'intervenir à deux endroits en tant que contribuable et en tant que consommateur. Et donc en fait, ça veut dire qu'on est en train tacitement de mettre sur la table un débat extrêmement tabou en France mais qui semble indispensable qui est face au changement climatique et face au à la transition qu'on demande aux agriculteurs, quel est le vrai prix de l'alimentation et comment est-ce qu'on se réorganise macroéconomiquement en France pour rendre accessible une alimentation de qualité à tous ? Alors on va continuer en parler justement Julia quand en Espagne et ben les canicules sont fréquentes.
Pourtant c'est le premier pays producteur de fruits et légumes en Europe. Alors bah quel est leur secret ? et bien, ils ont mis en place tout un système d'irrigation en fait pour lutter contre euh la sécheresse.
Là passe déjà par le traitement des eaux des villes qui sont réutilisés massivement dans l'agriculture. Ça passe aussi par la récupération des eaux de pluies. Elles sont stockées dans des sortes de lacs artificiels.
Vous le voyez hein, plus de 1000 bassins et retenus d'eau dans toute l'Espagne. Et en cas de sécheresse, l'eau est utilisée par les particuliers et les agriculteurs dans les régions brûlantes du sud de l'Espagne. Et bien, les Espagnols se sont mis aussi à réutiliser de très anciens canaux datant du Moyen-Âge pour acheminer l'eau vers les champs et les nappes fréatiques.
Et dans les champs justement, des petits tuyaux sont disséminés dans les cultures. L'eau arrive directement aux racines des plantes pour réduire les pertes par évaporation. Ça s'appelle la technique du goutte à goutte.
Une image enfin Jean-Mthie pourrait résumer ce qui est devenu le modèle agricole espagnol. Dans la très chaude Andalousie, il y a cette ce qu'on appelle cette mer de plastique où 3,5 millions de tonnes de fruits et légumes sont produits par an. On la surnomme aussi on le surnomme aussi le le potager de l'Europe.
Des serres en fait qui s'étendent sur plus de 30000 hectares. He pour vous donner une idée, c'est près de trois fois la superficie de Paris tout de même. Alors au final en Espagne environ 23 % de la surface agricole utile est irriguée.
C'est trois fois plus qu'en France. Charline décollonge. Est-ce que la France ne doit pas s'inspirer du modèle espagnol ?
Tout simplement. Je ne pense pas que on est à à envier nos voisins espagnols. Quand on regarde ces images de mer de plastique, l'Espagne a fait le choix d'investir massivement dans ces infrastructures hydrauliques de stockage, de transfert, de réutilisation, voire de dessalement de l'eau de mer.
Il faut savoir que c'est très coûteux et c'est même presque contre-productif. Certaines études désignent l'Espagne comme une une région du monde qui de manière contreintuitive aggrave les pénuries d'eau. C'est-à-dire que lorsqu'on fait une grande retenue artificielle pour l'irrigation agricole, en fait, on peut se sentir plus vulnérable aux sécheresses parce qu'on conforte une demande en eau qui augmente non seulement avec le changement climatique mais aussi avec de nouveaux usages et cetera.
C'est l'effet rebond, c'est l'ffet réservant. Vois en Espagne, il fait toujours très chaud. On a pas l'impression qu'il souffrent autant que nous justement de d'aujourd'hui de la sécheresse et on a l'impression qu'ils produisent toujours leurs légumes par rapport à à nous.
Alors ça c'est peut-être une vision un peu éloignée. Je je il me semble qu'il y a quand même beaucoup de soucis au notamment d'approvisionnement en eau potable et cetera. Mais moi ce que ce que l'on veut dire surtout euh c'est que sur la politique de l'eau, on ne peut on nous on n'est clairement pas contre le stockage de l'eau.
On n'est pas contre l'irrigation. Moi je suis même moi-même irrigant. J'ai même moi-même un un projet de stockage sur ma ferme.
Ce que l'on dit en revanche, c'est que euh la ressource, elle va être de plus en plus rare et il va falloir qu'on se qu'on réfléchisse à une vision stratégique long terme pour pouvoir euh donner accès à un maximum de paysans et de paysanes accès à cette ressource et surtout aussi prioriser ce que l'on souhaite irriguer. Aujourd'hui, malheureusement, c'est la politique du premier arrivé, premier servi. Du coup, il y a des situations où le il y aura des gros irrigants qui vont irriguer par exemple du maïs voué pour les les méthaniseur pour de la production énergétique quand à côté un un maréché va se retrouver enfin refuser l'accès à l'eau du fait de cette priorisation du premier arrivé premier servi.
Donc on a besoin d'une politique de priorisation et on a besoin de limiter aussi l'accaparement de cette ressource par quelques-uns. Et ça c'est la situation des mégabassines puisque aujourd'hui dans notamment dans le dans le dans les deux serves et cetera, on se il y a des bon nombre de petits maréchés qui se retrouve avec des forages à sec du fait que des gros irrigants dans fait une distinction entre retenu d'eau et mégabassine. Voilà pour bien expliquer.
Voilà c'est ça. C'est ça. En effet Aurélie Catalo, effectivement la France elle irrigue beaucoup moins que les que les autres pays.
C'est 6,8 % des des surfaces agricoles. Elle irrigue moins que l'Espagne par exemple. Pourquoi est-ce qu'on irrigue moins en fait ?
Mais il faut voir ce qu'on compare. Euh c'est vrai qu'on regarde souvent ce 6,8 % de la surface agricole française irriguée euh comparé au plus de 20 % en Espagne, en Italie, en Grèce, autres pays méditerranéens. Mais comparons ce qui est comparable dans le pourtour méditerranéen français, donc par exemple la région PACA, la le pourcentage de la surface agricole utile française donc irrigué là-bas c'est 20 %.
Donc on est dans les mêmes ordres de grandeur. La France entière n'a pas le climat méditerranéen. Une partie de la France a un climat plutôt plus proche de l'Allemagne.
On pourrait dire en Allemagne, c'est moins de 5 % de la surface acocle utile qui est irrigué. Donc on a aussi adapté nos besoins à l'irrigation en fonction de la diversité des climats. Avec le changement climatique, faudra-t-il davantage gérer l'eau et quitte à avoir davantage de surface agricole utile irrigué en France aussi ?
Oui, sans doute, mais à condition de priorisation des usages, y compris au sein du secteur agricole. Charline des Colonges, est-ce que la solution aussi c'est pas que la France s'améliore sur euh le le recyclage des eaux usées comme ça se fait en Espagne par exemple ? Alors le recyclage des eaux usées va pouvoir se faire à certains endroits, notamment sur le littoral puisque euh lorsqu'on rejette euh l'eau des stations d'épuration, celle-ci va généralement dans un cours d'eau.
Si on enlève cette eau en été, on aggrave les sécheresses à l'intérieur du territoire, à l'intérieur des terres. Donc, on va pouvoir réutiliser dans à certains à certains endroits seulement euh au niveau des côtes. Il faut savoir aussi que ça coûte plus cher, que ça demandera aussi de l'énergie, mais on préférerait euh avoir d'autres manières d'irriguer et de gérer l'eau comme on le comme on le dit, notamment par des par des pratiques agroécologiques qui permettent de d'augmenter la le taux de matière organique dans un sol et donc garder l'eau plus longtemps euh par des pratiques qui justement avec du couvert des couverts végétaux, des des des arbres, des ha des zones humides, des mares, tout ce qui permet à l'eau de s'infiltrer, d'être le plus longtemps gardé dans plutôt que les eaux usées.
Voilà, parce qu'on se dit voilà, il y a des pays en effet où il fait très chaud, des pays notamment proche- Orient qui utilisent justement beaucoup les eaux usées. Oui. Mais mais la question c'est est-ce qu'on est-ce qu'on n'est pas plus vulnérable finalement avec ces avec ces technologies là qui demandent de l'énergie, de l'argent et beaucoup de concertation parce qu'encore une fois, on va devoir être amené à prioriser les usages.
Si on veut s'adresser à l'ensemble de l'agriculture et donc à l'ensemble des filières, on peut tout à fait mettre en place des pratiques qui visent à avoir une plus grande résilience hydrique face aux extrêmes de pluie et aux sécheresses et des vagues de chaleur. Aurélie Catalo, est-ce que la solution c'est pas aussi de changer les cultures de faire par exemple moins de maïs qui est très gourmand en eau et plus de sorgo ou de lentille ? Bien sûr que parmi panel de solution à envisager, il y a les changements de des espèces et des variétés.
Par exemple, on a sur certaines céréales, on a raccourci les racines parce que ça avait d'autres vertus par rapport à des résultats agronomiques qu'on cherchait. Euh aujourd'hui, pour une plante, avoir des racines profondes qui sont capables d'aller chercher l'eau un peu plus loin, ça devient quelque chose d'intéressant. Donc ça fait partie des leviers activés, de même que les leviers autour du sol, de la couverture des sols, de la l'augmentation de la matière organique, ça c'est vraiment quelque chose d'assez important.
Dans tous les cas, il y a pas de réponse unique applicable à l'ensemble des fermes françaises, à l'ensemble des territoires, mais il y a bien un effort d'adaptation, de reconception de nos systèmes de production et pas uniquement d'augmentation des besoins en eau un mot Thomas Gibert, juste une chose aussi, nous euh voilà, en tant que consommateur, on a peut-être aussi un rôle, c'est vrai, à jouer par rapport fruits, légumes, à acheter. Il y a, vous savez les fameux légumes moches comme on dit aujourd'hui, on les met en avant, on dit attention voilà, c'est pas parce qu'ils sont moches qu'ils ne sont pas bons. Est-ce qu'ussi il y a cet effort ? ce que vous demandez vous aussi au consommateur finalement de d'aller aussi dans votre sens finalement aussi de consommer mieux, d'acheter mieux.
Bah en réalité c'est aussi à la grande distribution de faire des efforts et là on les entend beaucoup en période de crise à se gargariser en tant que sauveur du monde paysan. Nous, on est extrêmement en colère de cette position extrêmement abusive puisque on le rappelle quand même que c'est la grande distribution qui tire toujours plus les prix vers le bas, qui est responsable de l'effondrement du monde de du nombre de paysans qui pousse toujours aussi à aux normes qualitatives visuelles des légumes à tenir et qui poussent à jeter énormément de légumes aujourd'hui. que nous ce que l'on dit oui, il faut que la grande distribution fasse des efforts mais ça devrait être la norme générale pour l'ensemble pour l'ensemble du moment et aujourd'hui on a besoin effectivement de mesures d'urgence de soutien de l'agric de l'agriculture mais on a besoin de réponse structurelles pour un revenu paysan parce que il y aura sans revenu il y aura pas de changement de modèle plus résilient à voir en tout cas ce que annoncera la en tout cas le 3 septembre prochain.
Merci beaucoup à vous trois d'être passés ce soir par le plateau de 28 minutes. Et dans un instant avec les chroniques de Marjor Adelson et Théophile Cossa, nous verrons pourquoi autant de politiques partagent leur playlist musical. Et oui, c'est une tendance.
Avant de nous intéresser au work of Fame de Los Angeles, là où la chanteuse Angélique Kid vient d'inaugurer son étoile. Comment faire si ça vous intéresse pour obtenir cette reconnaissance ? Mais tout de suite, rejoignons Victor de Kiver, l'homme qui enduit de Monoil culture générale afin de lui donner bonne mine.
Il connaît tout surtout et ce soir dont vous dîner moins bête. La réponse qui plaira, j'en suis sûr, à tous les défenseurs des animaux. Faut-il brûler les chats pour chasser le diable ?
Faut-il brûler les chats pour chasser le diable ? La question vous paraît farfelue ? Et pourtant 13 juin 123, le pape Grégoire I publie une bulle papale importante, la Vox in Rama.
Il y dénonce les hérétiques et décrit leur rituel satanique présumé. Au cœur de ces cérémonies diaboliques, selon lui, trône souvent un chat noir de la taille d'un chien de taille moyenne. Et tenez-vous bien, les participants lui embrasseraient l'arrière-train.
L'église vient de sceller le destin des chats pour des siècles. Ils sont désormais des serviteurs du diable. Cette déclaration a un impact dévastateur.
Les chats, surtout les noirs, deviennent des créatures démoniaques. On les massacre par villages entiers. Seuls ceux qui portent une marque blanche sur la poitrine, appelée le doigt de Dieu, échappent parfois au bûcher.
Au 13e siècle, l'inquisition commence. Les procès en sorcellerie se multiplient entre 1450 et 1750. Des milliers de femmes accusées de sorcelleries sont brûlé vives.
Et parfois posséder un chat, quelle que soit sa couleur, suffit pour vous conduire au bûcher. On ne prend pas de risque avec le diable. En France, une tradition macabre s'installe.
Loin des feux de la Saint-Jean. Le 24 juin, on enferme des chats vivants dans des sacs ou des tonneaux avant de les jeter dans les flammes. Un document de 1573 mentionne même un paiement à un commissaire parisien pour avoir, je cite, fourni pendant 3 ans tous les chats nécessaires au 10 feu.
Protéger les villageois du mal, certes, mais le 10 document mentionne aussi un renard ajouté au feu pour donner du plaisir à sa majesté. Mais le diable n'est jamais là où on l'attend se massacre à des conséquences tragiques. En éliminant les chats, l'Europe se prive de son meilleur prédateur de rat et de souris.
Résultat, les rongeurs prolifères et propagent la peste bubonique qui tue entre 30 et 60 % de la population européenne au 14e siècle. Il faudra attendre 1648 pour que Louis XIV, grand amateur de chat, interdise enfin de les brûler. Mais le mal est fait.
Voilà, vousz moins bête. Merci beaucoup Victor de Killer et merci à Tienen Cordani pour la réalisation et on embrasse tous les chats qui nous regardent bien sûr. En tout cas, je sais qu'ils sont très nombreux.
Allez, il est temps d'aller retrouver Marjorie Adelson et Théophile Cossain. On commence avec vous Marjorie. Ce soir, on parle musique mais pas n'importe laquelle.
Celle que les politiques prétendent. Écoutez. Oui.
Après la déclaration de patrimoine, la déclaration musicale. Emmanuel Macron aime Charles Znavour et Johnny. François Hollande apprécie France Gal et Clara Luciani.
Ces derniers temps, les politiques partagent leurs goûts musicaux au grand public. Dernier en date, Dominique de Villepin. Depuis le mois d'août et chaque semaine, l'ancien premier ministre nous dévoile sur Instagram un titre qu'il apprécie, vous le voyez.
On retrouve notamment le chanteur américain Franco Aen ou encore la chanson zombie de l'artiste nigérian Facouti. Une chanson contestataire du mouvement Aphoobit. Et ça donne ça.
Zombie zombie. Voilà, le choix de la chanson est accompagné d'un texte explicatif de Dominique de Villepin qui aurait presque des allures de slogans politique non à l'ordre injuste, non à la force sans droit et non à la fatalité nous dit-il. Ça ressemble à son discours à l'ONU en 2003 mais version musicale.
Ce n'est pas le premier d'ailleurs à partager sa play de Villepin. D'où vient cette tendance ? Et bien on doit un certain Barack Obama.
Chaque année depuis 2015, il publie sa playlist d'été et chaque année, c'est un événement. Cette année, on retrouve dans son palmarès Earthweed and Fire ou encore David Beoui et cette chanson. Voilà, Modern Love et des exemples très bon choix comme ça, il y en a plein.
Lorsqu'il était premier ministre du Canada, Justin Trudeau avait fait de même. Pareil pour un certain Benoît Amon, c'était en 2017 et on y retrouvait notamment Jango Gorenart ou encore Nina Simon et il l'avait publié et bien sur son site de campagne parce que la musique c'est un argument électoral. Non.
Bien en tout cas, ça permet de jouer la proximité avec les électeurs. Quand Emmanuel Macron cite Charles Znavour, et bien il déclenche une Madeleine de prou chez des millions de français. Souvent euh ces choix musicaux et les choix musicaux de ces politiques sont assez éclectiques et parfois et bien on est surpris.
À votre avis, qui aime Alain Souchon, Whney Houston et Gims ? Jean Castex. Non, c'est une femme politique et c'est Rachid.
Edard Philippe dit écoutez lui d'ailleurs straight back mais aussi Bernard Lavillier. Alors c'est prétendu où sont-ils honnêtes ou est-ce électoral déguisé en confidence ? Surtout que parfois et bien ça se retourne contre eux.
Souvenez-vous par exemple en 2006 au Royaume-Uni Gordon Brown ancien premier ministre qui était alors ministre des finances avait affirmé se réveiller chaque matin en écoutant Arctic Monkeys problème il avait été incapable de citer un seul titre. Ah oui d'accord c'est ça peut être un peu gênant. moralité, la déclaration musicale, c'est comme la déclaration de patrimoine, tout n'est pas toujours tout à fait exact.
C'est vrai Margerie, merci beaucoup. Allez, Théophile, on passe à vous. Alors, on reste un peu dans le domaine de la musique aussi avec la chanteuse béninoise Angie Kidjo qui vient d'inaugurer son étoile sur le très célèbre WoFem de Los Angeles.
C'est la première artiste africaine à recevoir cette récompense. Alors, au fait, avoir son étoile justement sur cette avenue sur le boulevard, comment ça marche ? Vous posez la question pour un ami, c'est ça exactement.
On narrête pas de m'appeler tout à l'heure. Walk of Fame, l'allée des célébrités situé sur Hollywood Boulevard et Vin Street dans un quartier autrefois réputé pour ces cinéma devenu aujourd'hui ultra touristique l'attraction bien sûr ces trottoirs où sont incrustés quelques 2850 étoiles et sur chaque étoile le nom d'une personnalité Mariline Monro Charlie Chaplin Céline Dion Charles Navour on peut en citer un comme ça toute la nuit et un petit logo qui indique dans quelle catégorie cette star brille ou a brillé donc cinéma cinéma musique mais il y a aussi télévision, radio, spectacle vivant et depuis peu sports entertainment. David Beckham vient par exemple d'obtenir son étoile.
Le concept existe depuis la fin des années 50 imaginé par la chambre de commerce d'Hollywood qui voulait à l'époque redonner du souffle au cinéma alors en perte de vitesse en glorifiant ses icôes. Et comment justement sont choisies alors ces personnalités ? Oui.
Alors voyons pour le cas de votre ami si je Mathieu. D'abord il ne peut pas demand les initiales sont simples. C'est JMP.
Oui, d'abord, il peut pas demander lui-même son étoile. Il doit être proposé par quelqu'un d'autre, un fan, un producteur, une maison de disque. Il faut ensuite qu'il remplisse certains critères.
Avoir excellé dans sa catégorie pendant au moins 5 ans. Au hasard être un super acteur, chanteur, un animateur vedette sur avoir des engagements caritatifs au philanthropiques. C'est un plus.
Peut-être que c'est le cas de de votre ami hein Jean-Mthie et garantir d'être présent lors de la cérémonie d'inauguration de votre étoile. C'est le Walk of Fame Selection Committe, un comité composé uniquement de de membres qui ont déjà leur étoile qui se réunit une fois par an pour examiner les candidatures 2 à 300 en général et qui en gardent une trentaine. Les noms sont ensuite approuvés par la chambre de commerce d'Hollywood.
Ça s'arrête là, c'est tout. Non, que vous savez aux États-Unis rien n'est gratuit. Je vous parlais de la cérémonie hein.
Euh et bien pour qu'elle ait lieu, il faut débourser 85000 dollars. Et et enveloppe qui sert aussi à financer la fabrication de l'étoile, son installation, l'entretien du Walk of Fame, des frais sponsoring généralement payés par le studio de cinéma ou la maison de disque he pour faire la promo du film ou de l'album. Et alors pour rassurer votre ami Jean-Mthieu, si jamais ça marche pas, vous pouvez lui dire que aussi dingue que ça puisse paraître, d'autres énormes nostards n'ont pas leur étoile surv boulevard DiCaprio, euh Angelina Jolie, Brad Pitt hein, certainement parce que ils ne sont pas intéressés.
Peut-être que c'est ça le comble de la célébrité. En attendant, félicitations à Angélique Kido, un grand artiste engagé et puis au prochain français arrivé sur Hollywood Boulevard en 2027, David Gua et peut-être votre ami Jean-Mthieu, c'est bien aussi de rêver. Il paraît qu'il a appelé son banquier là.
Merci beaucoup en tout cas. Merci à vous deux. Cé un vrai plaisir de vous avoir durant tout l'été.
Merci bien sûr aussi à vous à suivre sur les premiers épisodes de votre série de grâce ou comment une famille de docker se déchire sur fond de trafic avec entre autres Olivier Gourmet. Un grand merci aussi à vous bien sûr d'avoir été aussi fidèle à 28000 cet été et surtout vraiment on embrasse très très fort aussi notre productrice he Tatiana et bien lcit qui pendant bah c'est 2 mois d'été enfin même un peu un peu moins en tout cas vraiment elle a tenu la barre avec passion et persévérance c'était formidable en tout cas voilà c'était très chouette de vous accompagner durant cet été nouvelle fois demain ce sera Benjamin Sportouche pour le club de 28 minutes très belle soirée sur tus