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interviewEurope 1 — La Grande interview· 30 mars 2026 20 min

La grande interview de Laurence Ferrari avec Philippe Tabarot

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari. Et l'invité de la grande interview sur C News et sur Europe 1 aujourd'hui, c'est Philippe Tabarro. Bonjour à vous.

0:11
Philippe Tabarot

Bonjour Laurence.

0:12
Présentateur

Ministre des transports, beaucoup de dossiers sur votre bureau, évidemment. On va évoquer la flambée des prix du carburant, les manifestations en ce moment même sur le périphérique parisien. Ça va 7 ans à toute la France. Il y a aussi un risque lié à la sécurité dans les transports en public. On a eu un attentat déjoué ce week-end devant les locaux de la Banque of America avec un lien sans doute très direct, a dit Laurent Nunez, avec le conflit au Moyen-Orient. Est-ce que concernant les transports en commun, qui sont par essence des lieux d'influence où il y a beaucoup de monde, la sécurité sera renforcée, Philippe Tabarro ?

0:43
Philippe Tabarot

Oui, bien sûr, elle le sera. Elle l'est déjà, je dirais, parce que par le passé, les endroits de transports sont des réceptacles quelquefois de mouvements, on a pu le voir, ou de tentatives d'attentats. Par le passé, notre pays a payé un lourd tribut. Nous sommes particulièrement vigilants, en lien, vous l'avez dit, avec le ministre de l'Intérieur, en lien avec le préfet de police. Et puis, nous avons un dispositif qui fait que, humains à la fois, avec la présence de policiers, mais d'agents de police ferroviaire et d'agents de police de sûreté, qui ont depuis hier des pouvoirs supplémentaires pour pouvoir renforcer.

C'est le fruit d'une loi que j'ai portée comme sénateur et que j'ai pu faire ensuite voter comme ministre sur la sûreté dans les transports. Et ces agents qui sont compétents, qui sont formés, ne pouvaient pas être pleinement associés à certaines missions. À partir d'aujourd'hui, ils pourront l'être. Par exemple, concrètement ? Concrètement, c'est la possibilité d'opérer un certain nombre de fouilles, de palpations préventives pour vérifier si les personnes en face d'elles ne sont pas armées. La possibilité de saisir, le cas échéant, ces armes, et notamment les armes blanches, qui sont de plus en plus nombreuses dans les transports en commun.

C'est la possibilité d'intervenir sur un périmètre plus large que le simple périmètre de la gare ou de la station de métro, et de pouvoir intervenir sur le parvis. C'est la possibilité d'interdire en gare ou en station un certain nombre d'indésirables qui sont connus, qui ont opéré déjà par le passé des actes délictueux. C'est tout cet arsenal supplémentaire qui vient également avec des armes non létales comme la possibilité d'utiliser les tasers qui vont être effectifs dans quelques jours en plus des armes létales qu'ils possèdent déjà. Ce sera un complément indispensable pour nos forces de police qui oeuvrent déjà la sécurité sur tout le territoire et dans les transports, bien entendu.

2:41
Présentateur

Le taser n'est pas encore, c'est dans les prochains jours à autoriser, c'est ça ?

2:44
Philippe Tabarot

Oui, c'est effectif, mais les régions sont en train d'équiper les agents qui le souhaitent. Et cela va également permettre d'intervenir sur certaines situations bien précises où l'utilisation d'une arme létale n'est pas adaptée, et les tasers le seront beaucoup plus.

3:01
Présentateur

Est-ce que, Philippe Tabarro, il y a des menaces qui concernent justement les transports en commun ? Est-ce qu'à votre connaissance, il y a eu des menaces proférées contre ces lieux ?

3:08
Philippe Tabarot

Écoutez, on en parle en permanence avec le ministre de l'Intérieur. Il y a des lieux qui sont très surveillés. Vous l'avez vu à travers la tentative d'attentat devant la Bank of America. Il y a des endroits qui sont surveillés, notamment quand il y a des intérêts américains, quand il y a des intérêts israéliens. Et bien sûr que les transports, je l'ai dit tout à l'heure, par le passé, ont été des cibles. Nous sommes particulièrement vigilants.

3:33
Présentateur

Le métro, le train, tout a été attaqué.

3:35
Philippe Tabarot

Le métro, le train, mais je veux rassurer nos concitoyens. Nous sommes à un niveau de vigilance qui n'a jamais été aussi important dans le pays. Et la compétence de nos forces de police va pouvoir permettre, je l'espère, de déjouer toutes les tentatives potentielles, en tout cas.

3:52
Présentateur

Donc, pas de naïveté. On sait que la République islamique d'Iran n'a jamais hésité à attaquer la France. On le sait. Bien sûr. Donc, on se prémunit contre ces affaires-là.

3:58
Philippe Tabarot

Tout à fait.

3:59
Présentateur

Parlons maintenant des carburants, évidemment, parce que cela, évidemment, provoque beaucoup de réactions de mécontentement. En ce moment même, je vous le disais, il y a des mouvements d'opérations escargot sur le périphérique parisien. Il y a des camionneurs, des routiers, des autocars qui convergent pour dire c'est du racket fiscal, ce à quoi nous sommes confrontés, les hausses de prix des carburants. Vous avez proposé un système d'aide sur certains secteurs très ciblés, agriculture, pêche et transport, pour un seul mois. C'est une aide exceptionnelle, équivalente à 20 centimes d'euros par litre, pour les TPE, PME du transport routier. Ils disent, ce n'est pas suffisant.

Nous allons mourir.

4:37
Philippe Tabarot

Écoutez, moi, je leur dis qu'on va tout faire pour qu'ils ne meurent pas, parce qu'on a besoin d'eux, parce que le transport de marchandises ou de voyageurs, dans notre pays, c'est 90% du transport, parce que ce sont des petites, majoritairement entreprises, des moyennes entreprises qui font et qui nourrissent les Français, je dirais. Et à travers ces entreprises, on a besoin qu'elles vivent. Il y a des responsabilités à prendre, que ce soit l'État, et vous l'avez dit à travers un certain nombre de mesures.

Nous devons associer également, ils doivent prendre leur part, les donneurs d'ordres, les chargeurs en amont, pour que ce ne soit pas uniquement les transporteurs qui sont obligés d'en subir les conséquences au bout de la chaîne de cette hausse du carburant. Le carburant, ça représente environ 25% de leur budget. Quand il y a une hausse aussi importante... C'est gigantesque. ...que nous la connaissons, pour les raisons que vous avez évoquées, il est normal que ces entreprises se trouvent en difficulté. Nous essayons de les aider avec deux types d'aides.

D'abord, des aides indirectes, mais qui paraissent indispensables, sur les questions de trésorerie, notamment avec la possibilité de faire des prêts plus facilement, la question de repousser certaines échéances, que ce soit des échéances fiscales, que ce soit des échéances en matière de cotisation sociale... C'est juste reculer pour mieux sauter, M. le ministre. Et puis, des aides directes sur les entreprises qui sont les plus en difficulté. Nous ne souhaitons pas que ces entreprises meurent. C'est la raison pour laquelle ces entreprises sont pour ceux qui sont le plus en difficulté. Vous l'avez dit, une somme d'environ 50 millions est prévue pour le seul mois d'avril.

Nous verrons ensuite comment la situation va évoluer. Je rappelle que nous n'avons pas de lisibilité dans le temps sur cette crise, que cette guerre, la France ne l'a pas souhaitée, qu'elle l'a subie.

6:23
Présentateur

Oui, mais ça changerait en quotidien les entreprises.

6:25
Philippe Tabarot

Mais nous les aidons, nous sommes à leur côté. Moi, ce que je leur dis aujourd'hui, devant vous, sur votre antenne, c'est que nous allons essayer de rendre cette aide le plus effective possible, concrètement.

6:37
Présentateur

Elle concerne qui ? Elle concerne ceux qui peuvent justifier des difficultés trésorées liées à la crise. C'est tellement vague, c'est tellement flou.

6:43
Philippe Tabarot

Qui va en bénéficier ? Justement, l'application concrète de ces aides, on doit le faire avec eux. On va le faire avec les organisations représentatives. Je les ai beaucoup vues ces derniers temps et je vais continuer à le faire, notamment probablement demain, pour qu'on voit comment ces mesures peuvent être efficaces à travers une plateforme déclarative qui est mise en ligne immédiatement, à travers également un guichet qui sera ouvert dès demain. C'est la possibilité aussi d'avoir, à travers les différentes mesures qu'on va prendre, une effectivité et un versement des sommes dès la semaine prochaine pour pouvoir notamment couvrir les salaires d'avril.

Nous, ce qu'on souhaite, c'est qu'avec les professionnels, ces sommes qui sont prévues maintenant dans notre budget, puisqu'on m'a demandé de repousser un certain nombre de dépenses et d'investissements qui étaient prévus, mais de les consacrer à l'urgence. Aujourd'hui, l'urgence, c'est entre autres, dans notre pays, les transporteurs routiers que nous allons aider, mais avec eux pour rendre une effectivité sur ce plan.

7:48
Présentateur

Est-ce qu'il faut des critères précis, encore une fois, pour pouvoir attribuer cette aide, une trésorerie en difficulté ? Je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui n'ont pas de trésorerie en difficulté.

7:56
Philippe Tabarot

Il y a forfaitairement une somme qui est donnée en fonction du nombre d'engins, de camions ou d'autocars dans l'entreprise. Je rappelle que la grande majorité, 10 à 20 000 de ces entreprises sur 45 000, sont des toutes petites TPE de 5, 10, 20 maximum camions ou autocars. C'est la raison pour laquelle c'est eux qui prioritairement doivent recevoir ces aides et on va essayer de le rendre le plus effectif possible.

8:29
Présentateur

L'Organisation des transporteurs routiers européens dit qu'en 2022, on avait des aides 8 fois supérieures à celles d'aujourd'hui. Est-ce que c'est parce qu'on n'a plus les moyens ?

8:37
Philippe Tabarot

Non, mais ça a été pendant toute la période. C'est-à-dire que là, on parle d'un mois. Quand je vous parle de 50 millions, c'est un mois. On ne sait pas combien ces 50 millions seront peut-être conductibles si la situation perdure en mai, en juin. J'espère que les choses s'arrêteront. La France appelle en permanence à la désescalade dans ce conflit. Je tiens à le rappeler. Mais on ne peut pas comparer encore avec ce qui s'est fait pendant la période de l'Ukraine. Et puis, il est vrai que la situation budgétaire de notre pays n'est pas la même, que nous devons tenir des déficits. C'est la volonté du Premier ministre qui l'a clairement affichée, que sa politique est en train de payer.

On a vu que les déficits devaient être de 5,4. C'est aujourd'hui de 5,1. On doit passer sous les 5%. C'est une obligation. On a bien compris qu'il n'y a plus d'argent dans les cas. Des aides, oui. Des aides, oui. Mais pour ceux qui en ont vraiment besoin et qu'elles soient ciblées. Et le carnet de chèques, je dirais de manière plus générale, ne peut plus être utilisé pour l'ensemble de nos concitoyens.

9:34
Présentateur

On parlait de la région parisienne. D'autres régions vont rentrer dans la lance des blocages, des ralentissements sur les autoroutes. Il y a le spectre, si les agriculteurs se joignent à ce mouvement, d'une France bloquée. Philippe Tabarro.

9:44
Philippe Tabarot

C'est quelque chose qui n'est bien sûr pas impossible. La convergence des luttes, c'est quelque chose qui parle. Et bien sûr, nous ne le souhaitons pas. Je pense que chaque secteur est un secteur particulier. C'est pour ça que nous avons voulu cibler les choses.

9:59
Présentateur

Pour appeler les gilets jaunes. Bien sûr. Ça va être dans votre esprit, j'imagine.

10:02
Philippe Tabarot

Ça l'est totalement. Mais je peux vous dire que depuis le début de cette crise, nous sommes en permanence à leur écoute, à leur côté. Nous essayons d'avoir les aides les plus adaptées possibles. Mais on doit rappeler les contraintes financières qui sont les nôtres. Je vous l'ai dit, dans les 50 millions que j'ai dû chercher, c'est 50 millions de moins d'investissement que j'aurai à faire sur des infrastructures de transport qui concernent aussi tous les Français. Donc, sauvons en priorité ceux qui sont dans la plus grande précarité, dans la plus grande difficulté. Et puis, voyons comment les choses vont évoluer.

En tout cas, le dialogue est indispensable pour pouvoir mener à bien de manière efficace les différents plans que nous avons présentés avec mes collègues de l'économie, de l'énergie et des secteurs concernés.

10:46
Présentateur

Les organisations patronales de la pêche réclament aussi davantage d'aide. Est-ce que c'est un secteur pareil qui est en grande difficulté ? Est-ce qu'il pourrait faire plus pour nos pêcheurs comme pour nos agriculteurs ?

10:56
Philippe Tabarot

Ma collègue Chabot au gouvernement est en lien permanent avec elle. Elle a fait également, comme moi vendredi, un certain nombre d'annonces sur le secteur. J'espère que ces annonces seront comprises. Et comme pour le secteur des transports, il faut les rendre effectifs le plus rapidement possible. Parce que quand vous parlez de sommes en millions d'euros, c'est quelque chose qui ne paraît pas très concret. Après, quand elles sont mises en place et que les personnes en difficulté sont en mesure de les percevoir, voilà, la tension redescend, je dirais, et surtout, plus que la tension, c'est de pouvoir faire face à des échéances qui arrivent régulièrement.

11:31
Présentateur

Et ne pas mettre la clé sous la porte, tout simplement.

11:33
Philippe Tabarot

Exactement. C'est vraiment l'objectif de ces aides ciblées et d'être en lien en permanence avec les administrations, qu'elles soient fiscales, au niveau des cotisations sociales, je l'ai dit. Mon collègue Jean-Pierre Farandou est très attentif à toutes ces questions, ainsi que mon collègue Lescure, et en réponse en permanence à nos demandes pour sauver ces entreprises ou ces marins pêchers, en l'occurrence.

11:54
Présentateur

Au stade où on en est, Philippe Lapour, il n'y aura toujours pas d'aide directe à la pompe, il n'y aura toujours pas d'aide directe pour les automobilistes et pour ceux qui ont besoin d'aller...

12:03
Philippe Tabarot

Les aides directes à la pompe, elles le sont sur les entreprises de transport. Les aides directes sur les automobilistes, non, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, c'est... voilà, quelque chose...

12:14
Présentateur

On a des voisins européens qui prennent des mesures pour baisser la facture des automobilistes, l'Italie qui réduit le prix des carburants...

12:20
Philippe Tabarot

Pour une vingtaine de jours, d'ailleurs, il ne reste plus qu'une dizaine de jours, dans des contextes politiques particuliers. L'Espagne, je rappelle que l'Espagne n'a plus de budget depuis quatre ans. C'est ça la réalité aussi. Nos amis allemands sont très prudents aussi sur ces questions. Est-ce qu'on est en mesure de faire ? Est-ce qu'il est raisonnable de faire ? Aujourd'hui, il ne serait pas raisonnable, comme ça a été le cas lors de la précédente crise, de pouvoir, quelque part, gaspiller 8 milliards qui feraient défaut à notre budget qui en a tellement besoin. Et puis, c'est l'argent des Français, quelque part aussi. C'est l'argent des Français. Ah oui, ça, ils savent très bien.

12:55
Présentateur

Ça passe d'une poche à l'autre.

12:57
Philippe Tabarot

Exactement.

12:57
Présentateur

Alors, un mot de l'approvisionnement en pétrole. Le détroit d'Hormuz reste partiellement bloqué, même si Donald Trump a annoncé ce matin qu'une vingtaine de grands pétroliers étaient autorisés par l'Iran à circuler. C'est évidemment un point clé pour notre approvisionnement. Il y a aussi les outils du Yémen qui menacent de bloquer l'autre détroit de Babel-Mendel. On est face à un scénario catastrophe ?

13:18
Philippe Tabarot

On est mobilisés pour, dans le cadre, la France le répète, suffisamment souvent de défense de ses intérêts dans la zone. Et notamment, il y a une cinquantaine de navires à intérêts français et dont certains ont le pavillon français avec des équipages français qui, pour la plupart d'entre eux, ont été relayés. Les quelques-uns qui restent, une vingtaine de marins sont volontaires encore. Ils sont en sécurité ? Ils sont en sécurité. Je suis en lien pratiquement quotidien avec les armateurs. Nous avons de leurs nouvelles. Beaucoup ont été remplacés. La vingtaine qui reste est volontaire et est en sécurité aujourd'hui. En tout cas, nous sommes vigilants sur ce sujet.

Et bien sûr, nous suivons avec attention la situation. Et je rappelle que la France souhaite être à la tête d'une coalition pour pouvoir, le moment venu, pouvoir débloquer la situation parce que cela a des répercussions sur notre économie mondiale. Et la France a un rôle à jouer dans un cadre défensif, mais également de coalition comme elle l'a fait à quelques kilomètres de là dans d'autres opérations et notamment...

14:28
Présentateur

Philippe Tabarou, quelques mots sur les municipales. Évidemment, plusieurs maires sortants battus par la gauche, par les filles, ont été victimes d'insultes et de violences au soir du second tour. Le maire de Montcontour, dans les Côtes d'Armor, a pris la décision de démissionner deux semaines après son élection, après des actes de vandalisme, des menaces contre lui. Il y a aussi, j'ajoute, la maire Elphrenne, qui a été saccagée par une vingtaine d'individus cagoulés. Comment est-ce que vous qualifiez ce climat post-municipal ?

14:57
Philippe Tabarot

Intolérable, intolérable. C'est quelque chose qui a choqué, je le sais, toutes les personnes qui ont pu voir ces images. Les maires concernés, j'ai des amis maires qui ont été directement menacés physiquement. Des gens qui avaient simplement servi pendant des années leur commune et le bien-être de ces concitoyens. Et je sais qu'ils l'ont mal vécu et c'est bien compréhensible. Qu'est-ce qui se passe ? Il se passe simplement une brutalisation de la vie politique. Qui est due à qui ? Qui est due à Jean-Luc Mélenchon et à LFI principalement.

Je dirais que c'est la brutalisation qui a été importée à l'Assemblée nationale que l'on constate tous les mardis et tous les mercredis aux questions au gouvernement par exemple. Et que maintenant, ils souhaitent importer dans différentes mairies. Et c'est ce qui se passe. Alors il faut...

15:51
Présentateur

C'est la méthode des maires LFI donc ?

15:53
Philippe Tabarot

C'est principalement la méthode d'un certain nombre de maires LFI. Alors quelques-uns se disent apolitiques, mais on sait très bien qu'ils sont leur soutien derrière. Et ce n'est pas acceptable parce que quand on perd une élection, il faut l'accepter. Mais il faut que les choses se passent dans un cadre républicain. Il faut qu'il y ait une continuité. Et puis, il y a également, je tiens à le rappeler, des préfets qui sont les représentants de l'État dans les départements et qui devront être particulièrement vigilants sur le fait de faire appliquer la loi dans ces communes à travers notamment le contrôle de l'égalité.

Le président de la République l'a très justement dit l'autre jour au Conseil des ministres. Il ne peut avoir de sédition dans notre République et les préfets plus que jamais vont avoir un rôle capital.

16:41
Présentateur

Vous parlez de la France insoumise. Évidemment, 2027 est dans toutes les têtes. Vous avez co-signé ce dimanche une tribune aux côtés de 90 ministres et parlementaires, dont Maud Bréjon, pour appeler à un candidat unique du centre et de la droite. Alors, c'est indispensable pour pouvoir lutter contre d'un côté la France insoumise et le Rassemblement national. Sinon, il y a un effacement prévisible du bloc central ou de la droite républicaine ?

17:02
Philippe Tabarot

Je le pense. J'ai été longtemps partisan d'une candidature unique des Républicains. Mon parti, avant que je sois, je l'espère, temporairement suspendu. Oui, vous êtes exclue pour le suspendu. Suspendu. J'ai longtemps pensé qu'une candidature seule pourrait nous permettre de revenir en responsabilité. Malheureusement, les différentes élections, qu'elles soient européennes par deux fois et présidentielles, avec le score de Valérie Pécresse, nous a montré que nous ne pourrions pas y arriver seuls et qu'il faudra faire un certain nombre d'alliances.

17:35
Présentateur

Avec les macronistes ?

17:36
Philippe Tabarot

Avec un bloc central qui s'est organisé. On l'a vu à travers certaines municipalités où on a gagné des municipalités intéressantes. Le président Rotaillot l'a suffisamment rappelé, que ce soit Clermont-Ferrand, Brest, Cherbourg, des municipalités symboliques.

17:52
Présentateur

Et il n'est pas lui le candidat naturel de la droite ? Le président des LR ?

17:55
Philippe Tabarot

À lui de le montrer, à lui de le prouver. Il m'a déjà dit, il est déjà candidat. Moi, j'en étais intimement persuadé quand il était en responsabilité au sein du gouvernement. Et donc, tout a changé quand il a quitté le gouvernement ? Écoutez, à lui de montrer que la droite et les Républicains peuvent peser dans ce bloc central avec ce qui fait notre spécificité. Je pense notamment à la priorité sur le régalien. Je pense notamment à la liberté d'entreprendre, à la maîtrise des comptes publics. Ça, c'est l'ADN des Républicains. Et on doit peser dans ce bloc central, mais seul, on ne pourra pas le faire.

18:26
Présentateur

Donc, ça veut dire qu'il n'est pas un meilleur candidat qu'Édouard Philippe aujourd'hui, Bruno Rotaillot ?

18:29
Philippe Tabarot

Il est le candidat de ma formation politique, mais je vous l'ai dit. Et c'est pour ça que j'ai signé cette tribune. Non, je veux qu'on ait un seul candidat. Si c'est Bruno Rotaillot, j'en serais ravi pour défendre la droite et pour montrer que la droite, également en responsabilité, sait faire. Je pense que lui l'a montré quand il était au ministère de l'Intérieur. Je pense qu'Annie Gennevard le montre à l'agriculture. Vincent Jean-Brun le montre au niveau du logement. Les Républicains sont opérationnels quand ils sont en responsabilité.

18:59
Présentateur

Donc, il faut une primaire, Philippe Tabarro ? C'est le seul moyen de départager tous ces candidats ?

19:03
Philippe Tabarot

Il faut un mode de départage. La primaire est une des possibilités de ce mode de départage. Je ne suis pas dans ces histoires. Vous voyez que j'ai suffisamment à m'occuper avec la gestion d'un ministère qui est quand même un ministère de crise. Il faut le reconnaître dans un gouvernement qui est celui des transports. J'y consacre toute mon énergie, toute ma volonté. Pour le reste, d'autres s'en occupent et à eux de le faire le mieux possible.

19:27
Présentateur

Ça n'empêche pas de voir un peu plus loin, c'est-à-dire jusqu'en 2027. Merci beaucoup, Philippe Tabarro, ministre des Transports. C'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée.

19:34
Philippe Tabarot

Merci, Philippe Tabarro. Merci, Laurence Ferrari. Vos signatures européennes du lundi arrivent dans un instant. A commencer par Philippe.

La grande interview de Laurence Ferrari avec Philippe Tabarot — Philippe Tabarot · Pourquijevote