Le grand entretien de Yannick Jadot sur France Inter
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Donnez son nom, c'est Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle qui accepte de jouer le jeu ce matin. Bonjour et bienvenue à vous. Bonjour. Après l'interview et les questions des auditeurs, vous répondrez à celles de Dominique Seux pour l'économie. Sandy Dauphin, spécialiste environnement de la rédaction d'Inter, reviendra largement sur vos propositions sur le nucléaire et sur les transports. Deux points saillants de votre programme. Puis ce sera au tour de Thomas Legrand pour la politique, de Pierre Aski pour l'international. Et comme le veut la coutume, la dernière question vous sera posée par Augustin Trapenard. Voilà le programme.
Alors on connaît le tableau, Yannick Jadot, et il est sombre. Température record, sécheresse, incendie, inondation, banquise en train de fondre. Les catastrophes climatiques sont presque quotidiennes et se voient désormais à l'œil nu. Dans ce contexte, vous qui luttez pour le climat et l'environnement, vous devriez bénéficier d'une puissante dynamique électorale. Or ce qu'on voit, c'est que la planète brûle et que les écologistes en France sont pour l'instant à 7%. D'intention de vote. Comment expliquez-vous, sur le fond, sans esprit de polémique, ce qui semble être une contradiction majeure entre notre époque et votre offre politique ?
Il y a incontestablement un déni, un déni collectif dans la société autour de la réalité de la catastrophe écologique. Vous avez cité les températures, on pourrait parler de ce que vivent nos paysans sur nos territoires. J'étais il y a quelques semaines, quelques jours. Même à côté de Grenoble, d'ici 10 ans, c'est la moitié des stations de ski de moyenne, de basse altitude qui n'auront plus assez de neige. Donc ça va modifier profondément l'ensemble de la société. Et évidemment, si on ne lutte pas contre le dérèglement climatique, c'est le chaos. Donc il y a quelque chose d'extrêmement lourd, d'extrêmement lourd à supporter, y compris individuellement.
Mais la campagne que je veux mener, c'est à la fois dramatiser l'échéance de 2020. On ne peut plus être dans le statu quo, on ne peut plus être dans la procrastination, ce qu'ont fait les derniers gouvernements. Mais surtout d'être aussi dans une forme d'enthousiasme autour de la réponse. Et c'est ces deux dimensions qu'il faut absolument rassembler. Il faut dramatiser la situation parce qu'elle est dramatique. Et il faut créer une forme d'enthousiasme qui va ramener la relocalisation de l'économie, un enthousiasme de l'innovation. Un projet collectif qui nous emmène dans le futur, et c'est ça que j'arrive à faire.
C'est précisément ce que vous reproche le philosophe Bruno Latour, qui était à ce micro il y a deux semaines. Il avait un jugement sévère sur l'écologie politique que vous portez, qui réussit, je le cite, « l'exploit de paniquer les esprits et de les faire bailler d'ennuis ». Il dit « l'écologie ennuie ou prêche, elle est imbibée de moralisme, elle n'enthousiasme pas ». Voilà ce qu'il vous répond. Et c'est son explication.
Il dit en même temps qu'il n'y a pas d'alternative. Il dit en même temps qu'il n'y a pas d'alternative. Dans votre émission, j'étais hier soir avec des étudiants, j'étais la semaine dernière avec un paysan en tirage. Jean-Luc, qui il y a 22 ans a pris un shoot de pesticides, il est potentiellement très malade avec son sang, et il a converti sa ferme, qui est aujourd'hui une ferme magnifique, il gagne bien sa vie, il va la transmettre, elle est neutre en carbone, les vaches vont dans la pâture. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a un très profond enthousiasme.
Dans la société, et moi je le vis au quotidien, ces étudiants hier, comme quand je suis avec les apprentis qui étaient à Bordeaux et qui apprennent les métiers de l'environnement, à la fois ils ont cette éco-anxiété, c'est-à-dire cette angoisse terrible vis-à-vis du futur que renforce la précarité sociale ou de logement, et en même temps, ils n'attendent qu'un geste, qu'un logiciel politique et la campagne électorale pour se mobiliser, parce qu'ils savent qu'avoir un boulot qui a du sens, se retrouver dans une société qui, de nouveau, s'occupe de l'essentiel, avec plus de liens sociaux, de bienveillance, de démocratie locale, de relocalisation économique.
D'accord, mais pourquoi ça ne se voit pas dans les sondages ? On est à 75 jours du premier tour, on n'est pas à 8 mois !
Il ne vous a pas échappé qu'on a une pandémie qui écrase un peu tout. On est, les Françaises et les Français, on le voit sur le terrain, à la fois sont préoccupés par nos sujets, mais ne sont pas encore dans la campagne présidentielle. Vous allez voir qu'à un moment, l'essentiel va s'imposer, et l'essentiel, c'est à la fois cette écologie que je porte et cette justice sociale qui l'accompagne.
Encore un mot sur l'écologie politique, perçue comme négative, punitive, liée aux idées de limitation, de privation, de retour en arrière, d'assaise. Vous disiez qu'il faut de l'enthousiasme, mais pourquoi n'arrivez-vous pas à mobiliser des affects positifs, à enchanter le combat écologique, à le rendre passionnant et excitant ? Jusqu'à ce jour, ce n'est pas le cas.
Vous allez voir que dans cette campagne, nous serons les pulsions de vie. Nous serons les pulsions de fraternité, et qui ne sont pas les pulsions de haine, de rejet que portent la droite et l'extrême droite. Nous serons les pulsions de vie, quand l'extrême droite porte des pulsions de mort. Mais c'est vrai qu'il y a une telle tension dans la société, que finalement, la projection en arrière, le passé fantasmé, aujourd'hui est un revêtement. C'est un refuge qui peut être confortable. La réalité, c'est que nous, nous voulons, et nous sommes les seuls à dire, nous mettrons la France sur la trajectoire des 1,5 degrés de réchauffement maximum. C'est notre responsabilité.
Nous arrêterons l'effondrement de la biodiversité. Et mieux, mieux, nous construirons de la justice sociale. On va parler du pouvoir d'achat, à quel point il y a des dépenses contraintes. Surtout sur tous les territoires. Ce que je vois en permanence, c'est qu'il faut raconter cette France aussi, cette France qui s'engage. Ce n'est pas facile, mais elle s'engage, elle bosse, elle active, elle innove. En tout cas, la France qui innove, elle sera au cœur de notre projet.
Pour que les citoyens s'approprient ces questions, on lit dans votre programme qui sera présenté samedi, mais qu'on a pu lire en avant-première, on lit que vous voulez déverrouiller la démocratie, déprésidentialiser les institutions. Vous mettez de la proportionnelle des référendums d'initiatives populaires, des conventions citoyennes. Au fond, vous semblez, en mettant un peu d'huile dans les rouages, très à l'aise avec la Ve République.
Non, cette République, elle est épuisée. Elle est épuisée, mais on voit bien qu'on est dans des sociétés où tout va vite. La finance va très très vite. L'information va très très vite. Même le plus facho des fachos, il regarde son smartphone et il voit aujourd'hui le coup d'État au Burkina Faso. Même s'il voudrait ignorer le reste du monde. Donc, c'est très difficile d'adapter le temps démocratique qui nécessite un avis éclairé, de la délibération, qui nécessite un vote, la mise en place des lois quand on passe des lois. Et donc, il y a deux options par rapport à ça.
Il y a l'option Macron, qui est de dire au fond, on se voit tous les cinq ans et pendant cinq ans, je concentre tous les pouvoirs. Je méprise les maires, je méprise les corps intermédiaires, les syndicats, les citoyens très souvent. L'Assemblée nationale est une assemblée godillot. Et même le Conseil des ministres ne fonctionne plus. Je concentre tous les pouvoirs. Il y a une autre option, qui pour moi est la seule option. C'est la démocratie partout. C'est-à-dire qu'effectivement, à la fois on vote, mais c'est le Parlement qui gouverne. Et il y a un gouvernement comptable devant le Parlement. Le président de la République s'occupe du temps long, de l'état de droit, de ça.
Mais au niveau local, effectivement, vous avez des référendums d'initiatives locales. Mais la démocratie partout, c'est aussi la démocratie dans les entreprises. Tout le populisme aux États-Unis et en Angleterre, il se fait largement là où il n'y a plus de syndicats. Donc on veut le chèque syndical pour renforcer les syndicats. Et dans les grandes entreprises, la moitié des personnes qui siègent au Conseil d'administration sont les salariés. On veut renforcer les associations. Vous avez 13 millions de bénévoles qui font vivre la société, qui la rendent bienveillante, solidaire. On veut renforcer ces associations. C'est la démocratie partout.
Yannick Jadon, on va vous demander la réponse un tout petit peu plus courte, parce qu'on a beaucoup beaucoup de questions sur tout votre programme, si vous voulez qu'on aborde tout. Il y a toujours un doute sur la capacité des écologistes à être crédibles sur les questions de sécurité, de justice, d'immigration et de défense. Sur la défense, précisément, Emmanuel Macron a sensiblement augmenté le budget des armées. 41 milliards d'euros en 2022, c'est 9 milliards de plus qu'en 2017. Est-ce que vous reviendrez sur cette augmentation, ou est-ce que vous baisserez le niveau des dépenses militaires ?
On maintient la loi de programmation militaire. Parce qu'on a... Parce qu'on a un énorme rattrapage à faire. Vous savez que, y compris nos soldats, nos militaires, sont assez mal équipés. On est sur un certain nombre d'outils essentiels, sur les hélicoptères, sur les patrouilleurs. On a pris du retard. Beaucoup sont en maintenance et nous empêchent d'avoir une armée efficace. Donc on maintient la loi de programmation militaire.
Pierre Asquet abordera tout à l'heure les questions internationales, mais êtes-vous favorable à ce que la France partage son siège permanent au Conseil de sécurité à l'ONU, avec l'Allemagne ou avec l'Union Européenne ? Non. On garde notre siège et on ne le partage pas ?
On garde notre siège. Aujourd'hui, la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union Européenne est trop faible. On est trop divisé pour que l'Union Européenne remplace la France au Conseil de sécurité.
Autre sujet régalien, la sécurité. Emmanuel Macron a créé 10 000 postes de policiers et de gendarmes pendant son quinquennat. La droite, vous le savez, en veut davantage. Et vous, Yannick Jadot, créerez-vous des postes dans la police et la gendarmerie ?
Il en faut sûrement. Il en faut sûrement. Mais notre approche, vous savez, quand on discute, et j'ai fait tous les syndicats de police, ils sont engloutis derrière, sous la paperasse, sous les démarches administratives. Vous savez que ce gouvernement, comme aucun, n'a mis en place une politique du chiffre qui fait qu'ils ne peuvent pas faire leur vrai boulot. Et donc nous, nous ferons une vraie loi de programmation.
Loi de programmation avec l'ensemble des acteurs, que ce soit les policiers, les gendarmes, la justice, les acteurs sociaux, pour repenser la mission de police, pour repenser la mission de police, qu'elle soit plus dans la rue, parce qu'aujourd'hui, c'est des slogans, mais ça n'est pas la réalité de ce qui est demandé, qu'elle s'occupe réellement de sécurité, de protection républicaine, alors qu'aujourd'hui, elle fait la politique du chiffre. Vous écoutez les syndicats, ils vous disent, toutes les semaines, on a des instructions.
Une fois, il faut faire monter les chiffres en matière de contraventions sur les consommateurs de cannabis, l'autre fois, c'est sur les sans-papiers, tout ça nous empêche de travailler sérieusement.
Votre réponse est un peu floue, vous dites, il faut en augmenter sûrement, mais vous ne donnez pas le chiffre. Combien de postes de policiers et de gendarmes vous allez créer ?
Non, parce qu'à partir du moment où nous devons repenser la mission des policiers et des gendarmes, à partir du moment où il faut réduire, moi je veux que les cultes aillent au ministère de la justice, je veux que l'asile et les migrations aillent dans un grand ministère des solidarités, je veux que le ministère de l'intérieur devienne un ministère de la protection républicaine.
Donc vous réorganisez, mais vous ne créez pas de nouveaux postes, si je comprends bien.
Je veux déjà voir comment la réorganisation nous permet de mettre plus de policiers dans la rue, je veux que ces policiers aient les effectifs, les équipements et le sens de leur mission. Vous savez, quand on va rencontrer tous les policiers, la première chose qu'ils vous disent, on a perdu le sens de notre mission. Donc travaillons là-dessus, ayons une grande loi de programmation, ce que n'a pas fait ce gouvernement pour leur donner les moyens de travailler, et sur cette base-là, évidemment, s'il faut plus d'effectifs, on mettra plus d'effectifs.
Emmanuel Macron avait promis 15 000 places de prison en plus, promesse qui serait tenue sur deux quinquennats selon Eric Dupond-Moretti. Est-ce suffisant à vos yeux, sachant que vous voulez procéder à une révision générale également des peines, et transformer les peines de prison de courte durée en travaux d'intérêt général ?
Bien sûr. Quand on voit le niveau de récidive dans notre pays, on voit que l'incarcération sur un certain nombre de peines est une erreur, parce qu'au fond, ça inscrit des personnes dans la délinquance et ça ne les en sort pas. Y compris quand on voit le temps qu'on met à ce que, parce que la justice fait face aussi à des manques de personnel, des pénuries de moyens, qui fait que trop souvent, ils ont des milliers de dossiers en instance, que les peines ne sont pas décidées, décidées et appliquées au fond pour répondre à l'infraction, et bien tout ça crée des problèmes majeurs. Et donc il faut donner des moyens à la justice.
Moi je mettrais un milliard supplémentaire sur la justice sur le quinquennat hors pénitentiaire, pour que la justice puisse bien travailler et de fait être efficace en matière de sanctions.
Vous avez déclaré dimanche soir sur France 5 qu'il n'y avait pas de problème migratoire en France aujourd'hui. Vous dites qu'on ne parle que de quelques milliers de personnes seulement. Avec cette phrase, vous semblez balayer toute la question migratoire et identitaire que la droite et l'extrême droite ont mis au cœur des débats de la présidentielle. Mais tout de même, Yannick Jadot, quand vous voyez, dernier sondage, que 67% des Français se disent inquiets d'un grand remplacement, vous balayez leur inquiétude, vous dites non, non, il n'y a pas de problème migratoire. C'est un non-problème ?
Quand on a l'accueil des réfugiés, aujourd'hui, on n'est pas du tout dans la situation d'il y a 5 ans, avec la crise de l'accueil des réfugiés syriens. Au fond, quand vous voyez les images de ce qui se passe à Calais, où des personnes survivantes qui ne veulent que rejoindre l'Angleterre, parfois simplement pour rejoindre leur fiancée. Je parlais, face à Emmanuel Macron, de Maryam, kurde irakienne de 24 ans, qui a fui son pays pour rejoindre son fiancée en Angleterre. Tous les matins, elle se faisait arracher sa tente, voler ses biens personnels. Elle ne représentait aucune menace de sécurité. Elle ne voulait que vivre et aimer.
Donc on met en avant des problèmes sur des réfugiés qui n'en sont pas. Deuxièmement, il y a le regroupement familial. Est-ce qu'on va interdire le regroupement familial qui est dans la loi ? Troisièmement, il y a la question des étudiants. Mais vous vous rendez compte que notre pays, à force d'instrumentaliser ces débats, fait fuir les étudiants étrangers. Mais la puissance d'un pays, c'est sa capacité à faire venir des étudiants pour porter sa culture, pour s'enrichir, pour rayonner dans le monde. Et enfin, il y a les migrations de travail. On est à 30 000, 40 000 migrants liés au travail. Ça n'est pas un problème dans aucune entreprise.
Discuter avec les entreprises, discuter avec les salariés, ça n'est pas un problème. Alors oui, il y a une instrumentalisation. Il y a une recherche de boucs émissaires. De Zemmour, le bouc émissaire, les musulmans. Le Pen, le bouc émissaire, l'immigré. Et quand vous avez même Valérie Pécresse qui parle de nettoyage au Karcher dans des quartiers de zones... de non-France, ça s'appelle du nettoyage ethnique. Moi, je ne veux pas des boucs émissaires. Je veux des solutions aux problèmes des Français.
Sur les questions sociales et notamment le temps de travail, vous prenez la réduction du temps de travail tout au long de la vie. Il faut travailler moins pour vivre mieux. Qu'est-ce que ça veut dire, travailler moins ? Par exemple, que vous ne seriez pas contre le passage aux 32 heures par semaine ? Mais il y a déjà plein d'entreprises qui le font.
La pandémie a accentué une réflexion sur notre rapport au travail. Il y a plein de gens, vous savez, vous en parlez sur votre antenne, les vagues de démission. Il y a des personnes qui repensent la façon dont... où ils habitent, où ils travaillent. Quel est le sens du travail ? Quel est le sens de la société ? Moi, je vous posais la question sur la durée. Historiquement, il faut aller vers la réduction du temps de travail. Donc moi, je veux mettre en place une convention citoyenne dès notre arrivée au pouvoir, pour penser les temps de travail. Comment on peut faire ? Comment on réduit les temps de travail ? Est-ce que c'est, comme certaines entreprises, 32 heures par semaine, 4 jours ?
Est-ce que c'est, comme d'autres entreprises, 6 mois tous les 5 ans ? Pour avoir un projet personnel, un projet d'engagement ? Est-ce que c'est sur l'ensemble de la durée de la vie ? Et puis, comment on organise le télétravail, la présence, la socialisation, les déplacements ? Je trouve que c'est un sujet absolument passionnant. Les jeunes ont envie d'avoir du sens.
On entend ce que vous dites et c'est passionnant. Je pense que ça, les gens vont retenir. Avec Jadot, on va vers les 32 heures par semaine.
Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Je viens de dire que, justement, moi, je ne ferai pas… Quand on fait la moyenne sur une vie ? Moi, je pense qu'il faut aller, si vous voulez… Mais, encore une fois, ça peut être annualisé. Ça peut être sur 10 ans. Ça peut être sur la semaine. Il faut laisser aux acteurs sociaux, aux acteurs économiques, la capacité à s'organiser. Mais regardez toutes ces entreprises qui passent aux 32 heures. La productivité ne baisse pas. Les gens vivent mieux. Et je pense que, dans ce moment, où, encore une fois, la pandémie a tellement changé notre relation à l'essentiel, eh bien, il faut savoir s'interroger. Il faut savoir en débattre.
Question rapide et quelques réponses rapides aussi. Sur la fiscalité, vous voulez un ISF vert. Mais est-ce que vous rétablirez l'ISF tout court, celui qui a été supprimé au début du quinquennat ?
On le rétablit et on le renforce. C'était une faute politique majeure. Et on voit, d'ailleurs, dans le bilan de ce quinquennat, les plus riches se sont enrichis, les plus pauvres. Ils se sont appauvris. Et donc, on remettra un ISF qui sera sur les 1% les plus riches, donc à partir d'un patrimoine de 2 millions d'euros. Et cet ISF sera progressif. Cet ISF aura un rendement de 20 milliards d'euros. C'est extrêmement intéressant. Et effectivement, au-delà de la nécessaire solidarité des plus riches, il y a l'idée d'un bonus-malus sur le caractère plus ou moins écolo du patrimoine des personnes. Mais vous savez, ce côté bonus-malus, je vais le mettre sur toute la fiscalité.
On va le faire sur la succession. On va le faire sur l'impôt sur les sociétés. On va le faire sur la TVA. Tout ce qui nous fait du bien sera moins taxé. Tout ce qui nous fait du mal sera plus taxé sur les entreprises, sur les patrimoines, comme sur la TVA.
On en revient à la question de Bruno Latour sur la privation et le truc positif. En fait, c'est une privation de plaisir. Ce que vous dites, ce qui fait du mal, ce n'est pas taxé. Mais c'est l'inverse, Madame Salamé. C'est exactement l'inverse. Mais ce qui nous fait du bien, selon ce que vous définissez vous.
Mais non, ce qui fait du bien à la planète. Mais enfin, quand je veux baisser la TVA sur le bio, est-ce qu'on n'a pas tous envie que nos enfants et nous-mêmes, on mange bio et que l'agriculture soit écolo ? Mais ce n'est pas de la privatisation. C'est exactement l'inverse. Je vais baisser la TVA sur ce qui est réparable plutôt que d'être sur l'obsolescence. Et franchement, quand les plus riches émettent beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de CO2 que le reste des Français, il est normal de les taxer. On ne peut pas soutenir les projets de Total dans le monde entier. Ce n'est pas privatiste, c'est le contraire.
On va marquer une courte pause avant de vous laisser dialoguer. France Inter, 8h43.
France Inter, un candidat face au 7-9.
Allez, à vous de jouer, amis auditeurs. 0143. 25. 24. 7.000. France Inter, Réseaux sociaux. C'est le moment pour vous de dialoguer avec notre invité ce matin candidat à l'élection présidentielle, Yannick Jadot. Et c'est Esther qui ouvre le bal. Bonjour et bienvenue.
Bonjour à tout le monde. Merci de prendre la question. La question est très simple. À quel moment Europe Écologie Verte et vous-même mettrez un mot sur tous nos maux , pas les gouvernements précédents, C'est dans le néolibéralisme et le capitalisme qui nous assassinent et qui créent de l'inégalité et qui tuent la planète. À quel moment on va mettre un petit peu ces mots en avant ? Moi, je m'appuie sur les travaux de Bernard Friot, Frédéric Lordon et Hervé Kempf, qui a récemment publié que ce sera soit le capitalisme, soit nous.
Merci Esther. Merci à vous pour cette question. Yannick Jadot vous répond.
Moi, je n'ai pas de problème à critiquer le néolibéralisme. Je n'ai pas de problème à dire qu'il faut dépasser le capitalisme, qu'on est dans un modèle de développement, dans un modèle de civilisation qui aujourd'hui organise la guerre de tous contre tous, abandonne les classes populaires ici pour aller les exploiter de l'autre côté de la planète et au fond veut tout marchandiser. N'importe quel hectare de forêt dans le monde doit être marchandisé, n'importe quelle donnée intime à travers nos réseaux sociaux, doit être marchandisée. Donc nous voulons lutter contre ça, contre le consumérisme et le productivisme.
Mais là, Esther propose la rupture avec le capitalisme.
Mais sortir, mais encore une fois, il faut dépasser ça. Mais ça serait trop simple de considérer qu'on n'a pas aussi à réfléchir. Je veux dire, les pays qui ne sont pas capitalistes ne sont pas plus producteurs de l'environnement. C'est s'il y avait une réponse au problème que nous avons, ce serait simple. Moi, ce que je veux aujourd'hui, quand je, par exemple, je propose un revenu, c'est un revenu citoyen qui a pour vocation d'éradiquer dans notre pays la grande pauvreté. Personne ne sera en dessous de 50% du revenu médian, ce qui est le seuil de grande pauvreté. Eh bien, nous mettrons en place ce revenu citoyen pour éradiquer la grande pauvreté dans notre pays dès 18 ans, dès 18 ans.
C'est une façon d'engager la rupture avec les inégalités qui explosent.
On repart au standard. Bonjour, Lucie. Bonjour. Et bienvenue. On vous écoute.
Bonjour, M. Jadot. J'aimerais savoir si, en tant que président écologiste, vous expliquerez sans filtre l'ensemble des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, ce que Macron n'a pas fait, et qui nous permettraient d'atteindre l'objectif de baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.
Merci, Lucie, pour cette question. Réponse rapide de Yannick Jadot.
Merci, madame. Mais nous serons obligés de faire plus. Le problème, c'est que le mandat de la Convention citoyenne, c'était d'atteindre l'objectif de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Et il faut faire aujourd'hui 55-60%. Mon programme veut être sur la trajectoire que recommandent, qu'exigent les scientifiques. Donc, nous allons aller plus loin sur tous ces enjeux du climat, plus loin sur l'isolation des logements. On est... Les Françaises et les Français vivent une crise du pouvoir d'achat énorme liée au prix du gaz, de l'électricité, des transports. Eh bien, nous investirons massivement sur l'isolation.
L'isolation des logements, zéro charge pour les plus pauvres, sur les transports collectifs, le covoiturage gratuit la première année, pour à la fois répondre à nos enjeux climatiques, essentiels, et évidemment, être dans la justice sociale.
Retour au standard pour une question, je crois, politique. Bonjour, Frédéric.
Bonjour. Merci, France Inter. Je suis un fidèle auditeur de France Inter. Donc, monsieur Jadot, quelle attitude adopteriez-vous si la personne élue à la primaire populaire, apparaît à plus de 20% dans les sondages ensuite pour la présidentielle et avec de bonnes chances de passer au deuxième tour ?
Et bénéficierait donc dans votre scénario, Frédéric, d'une véritable dynamique ? Yannick Jadot vous répond.
Tout ce que je dis dans cette campagne et tout ce qui légitime ma candidature, c'est de mettre le climat, le vivant, la biodiversité, la nature et la justice sociale au cœur de cette campagne présidentielle, au cœur du prochain quinquennat. On ne peut plus transiger là-dessus. Imaginez qu'en 2022, il n'y ait pas une candidature écologiste pour changer le prochain quinquennat, éviter le statu quo de Macron ou la catastrophe de la droite et de l'extrême droite serait une aberration. Désolé, mais les autres ont trop souvent joué à Don't Look Up, à Meryl Streep. C'est important, mais on verra dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans.
Ils se sont plongés dans des fantasmes technologiques, les écologistes sont les seuls, les seuls, les seuls qui mettront encore une fois la question des forêts, de nos rivières, de la santé de nos enfants, de l'agriculture biologique, des énergies renouvelables et du pouvoir d'achat au cœur de la campagne.
Décidément, vous n'avez que cette référence à la bouche. Don't Look Up et Meryl Streep, vous aviez traité Emmanuel Macron de Meryl Streep, de cette présidente dans le film de Netflix, qui refuse de voir la catastrophe arriver.
Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Oui, parce que c'est... Et la culture est souvent un levier, un vecteur, qui raconte parfois différemment, et peut-être parfois de manière plus efficace, l'état de la société et des résistances et du déni dans lequel trop de gouvernements sont aujourd'hui.
Mais on va revenir sur la question de Frédéric. On connait vos critiques à l'encontre de la primaire populaire. Vous avez dit que c'était la secte du temple solaire, que vous vous en fichiez. Je m'en fous de la primaire populaire... Est-ce que vous vous en fichiez du vote de 467.000 personnes, soit 4 fois plus que le nombre de participants,
de participants à la primaire écologique ?
Non je m'en moque pas parce que parmi la grande majorité de ces personnes incontestablement veulent mettre l'écologie politique et la justice sociale au coeur du prochain quinquennat donc j'ai beaucoup de respect pour la sincérité de la plupart des participants à cette primaire je dis simplement que je suis issu d'une primaire citoyenne j'ai rassemblé tous les mouvements écologistes qui étaient divisés et que on peut pas on peut pas transiger sur ses objectifs que j'ai porté et que trop des candidates et des candidats sont prêts à transiger le mettre pas au coeur de leur projet et qu'en 2022 quand il ya une telle urgence climatique quand il ya une telle urgence sociale et ben j'avance fort de notre travail fort de notre rassemblement fort de notre enthousiasme pour gagner cette élection présidentielle romain
au standard bonjour bienvenue qu'est ce
que vous voulez dire par rapport à la question politique également oui bonjour monsieur jadot alors je suis donc en train de lire le programme de l'union populaire porté par la france insoumise et tous les points que vous exposez depuis tout à l'heure se retrouve dans ce programme élaboré depuis maintenant plus d'une dizaine d'années qui a été améliorée au fur et à mesure du temps moi je voulais savoir pourquoi tout simplement vous voulez pas vous mettre derrière la france insoumise apporter le point écologique et faire une vraie union
vous voyez au niveau de ce que vous avez dit un général qui a été candidat d'aujourd'hui
c'est de dire dans le cadre d'une à deux ans qu'est ce qu'il y a à là d'où est ce qu'il y a des regrèves de ce que vous pensez que vous souhaitez dire à la france insoumise donc voilà quand on parle de la france insoumise et de l'économie nationale je m'admets que c'est toute une quête d' proximité je pense que ça en est là c'est la première à donner les lignes bien sûr que vous avez dit qu'elle sort la france insoumise elle est évoquée que j'ai dit l'autre l'autre est le même qui a expliqué à l'heure sous-marin. Je ne suis pas pour qu'on soit dans la conquête de la mer et dans la conquête de l'espace pour, au fond, transporter notre productivisme dans les mers et dans l'espace.
Et puis, moi, je suis un pro-européen. Cette Europe, je veux la changer, mais je suis un pro-européen. Et quand je défends la démocratie en France, je la défends aussi en Russie. Je la défends en Chine. Je n'ai pas d'hésitation sur le génocide des Ouïghours. Et je défends la démocratie en Amérique latine. La démocratie, ce n'est pas la démocratie dans un seul pays. Quand on est convaincu de la démocratie, on ne la relativise pas. Et on ne dit pas que le régime chinois, finalement, a tellement d'avantages que le génocide des Ouïghours n'est pas
un énorme problème. Deux points dans votre programme. Vous souhaitez largement développer les soins palliatifs, mais vous défendez aussi le droit à une fin de vie digne, choisie et apaisée. Est-ce à dire que vous irez plus loin que l'actuelle loi Léonetti ? Oui. Et que vous voulez aller vers la légalisation de l'euthanasie ? Oui.
Oui, parce qu'on doit pouvoir choisir ce dernier moment de sa vie, qui est sa mort, qu'il y a trop de personnes qui sont en difficulté, en souffrance, et qui aujourd'hui, la loi, n'offre pas un choix éclairé, et n'offre pas la possibilité pour les uns et les autres de choisir sa fin de vie. C'est pas simple. Rien n'est simple. Y compris pour discuter avec les personnes responsables dans les soins palliatifs, c'est dur. C'est très dur, ces choix-là. Mais à partir du moment où une personne a fait un vœu, a dit sa préférence, il faut lui accorder cette possibilité, y compris du suicide assisté.
Yannick Jeannot, on a reçu ce petit livre qui s'appelle « Vivant, projet pour une république écologique ». Donc c'est un projet de le projet des écologistes. Je dis pas que c'est votre programme, mais c'est le projet des écologistes. C'est signé par Europe Écologie des Verts. Et alors on y lit quelque chose qui nous a un peu fait sursauter. Vous allez nous expliquer. Vous souhaitez créer des sports réellement mixtes, dites-vous, là où les compétitions sont aujourd'hui séparées entre les hommes et les femmes, dans ces sports mixtes, tous les êtres humains, je vous lis, femmes, hommes, LGBTQI+, pourront participer lors de compétitions communes avec des chances égales de victoire.
De quel sport vous parlez ? Et ça veut dire quoi des chances égales de victoire ? C'est vrai que vous allez encourager par exemple le football avec des hommes, des femmes, et demander aux hommes de tirer moins fort pour avoir les chances égales de victoire ?
C'est marrant cette idée. C'est parce que je trouve que la formulation... Les femmes, quand elles jouent au foot, faudrait les protéger. Mais les femmes quand elles jouent au foot, elles y mettent tant l'enthousiasme et la même détermination. Vous savez, il y a quelques jours, j'étais avec un club qui s'appelle à Colombe, et ce club fait de l'insertion. C'est assez extraordinaire. Ils prennent les jeunes et ils les aident. Non seulement ils font du sport, ils font du foot, ils essayent de faire venir des filles, ils essayent de faire venir des filles... Oui, mais ça il faut... Pour que tout le monde soit ensemble. Et ils apprennent aussi le civisme. Ils les éloignent des addictions.
Et ils travaillent à potentiellement leur insertion professionnelle. Et quand je suis allé là-bas, vous savez ce que j'ai dit ? C'est qu'effectivement, le sport va être un enjeu majeur de notre société. Le sport va être un enjeu majeur, c'est un enjeu de santé. Mais c'est pas ma question. Et moi, je mettrai en place la possibilité pour chaque enfant d'accéder à une heure de sport par jour. Pour chaque adulte d'accéder à une demi-heure de sport, y compris dans les entreprises, parce qu'elles ont libéré des locaux, et bien qu'elles mettent des équipements
sportifs. Le sport, c'est formidable. C'est formidable pour les enfants. Il faut pousser de plus en plus les filles à aller faire du foot. Vous avez raison. Mais cette phrase, je ne la comprends pas. On mettra des compétitions communes de garçons et de filles avec des chances égales de victoire. Ça veut dire quoi ? Je vais faire un... Ah bah oui, c'est ça. C'est bizarre, cette phrase
qu'on me dit. Cette idée que le sport puisse être mix, cette idée que tout le monde puisse y accepter. Les gens qui ont pleinement leur capacité. Les gens qui ont des situations de handicap. Que tout le monde s'y retrouve. D'accord, vous ne comprenez pas la phrase comme nous. Et qu'on fasse du sport ensemble, y compris du sport de compétition, c'est une bonne nouvelle. Et je peux vous dire que le sport sera au cœur de mon projet, comme la culture, parce que c'est un enjeu majeur d'émancipation, d'accomplissement, de plaisir et de santé. Je ferai de la santé un grand plan pour le prochain quinquennat.
Emmanuelle Austandard, bonjour, bienvenue.
Oui, bonjour, M. Jadot, bonjour à toute l'équipe. Une question sociale à propos des retraites. En décembre 2019, il y avait des grandes manifestations contre le projet de loi sur la retraite par points. Et puis la fin de la retraite solidaire. Alors, j'avais compris qu'Europe Écologie Les Verts était d'accord de négocier avec le gouvernement sur la retraite par points. Et je voulais savoir ce qu'il en était
aujourd'hui. Merci Emmanuel pour cette question. Yannick Jadot vous répond.
Pour assurer, madame, nous étions dans la rue aussi contre cette réforme des retraites qui, vous l'avez bien compris, était d'abord une réforme pour faire travailler les gens plus longtemps. On a un débat qui est totalement hallucinant dans la société. Aujourd'hui, une personne qui fait valoir ses droits à la retraite ne travaille plus. Elle est au chômage, minima sociaux, maladie. L'idée... Vous savez, il y a une différence d'espérance de vie de 13 ans entre les 5% les plus riches, et les 5% les plus pauvres dans notre pays.
Ça veut dire que quand la droite et le gouvernement, aujourd'hui, veulent étendre, reculer l'âge de départ à la retraite, on voit bien qu'ils sont dans la partie de ceux qui vivront jusqu'à 82 ans, et certainement pas dans la partie de ceux qui vivront jusqu'à 70 ans. Et je trouve ça choquant. Donc nous ne toucherons pas à la retraite. En revanche, nous toucherons à la question de la pénibilité. C'est un enjeu absolument majeur. Nous ferons de cette injustice énorme d'espérance de vie entre des femmes et des hommes, simplement parce qu'ils n'ont pas le même niveau social, qu'ils n'ont pas travaillé dans les mêmes conditions.
Nous ferons un point central de notre projet, et nous remettrons le compte pénibilité au cœur d'une grande réforme des retraites.
José Ostendard, soyez le bienvenu. On vous écoute. Bonjour.
Bonjour, M. Jadot. Vous êtes le seul mouvement politique à vouloir réellement lutter contre le réchauffement climatique et protéger le vivant physiquement et socialement. C'est pourquoi je souhaiterais votre élection. Toutefois, avez-vous l'intention de réduire le nombre de parlementaires de 25% ou plus et dans quel délai, comme l'a fait l'Italie, notre voisin ?
Merci, José, pour cette question. Yannick Jadot
vous répond. Merci, monsieur. Nous allons avoir un grand programme de réforme pour mettre plus de démocratie et réformer les institutions. Mais c'est la partie du projet que je ne présenterai pas samedi. Pourquoi ? Parce qu'avec pas mal de membres de la Convention citoyenne pour le climat, qui ont cette expérience du débat démocratique, nous avons organisé un conseil citoyen qui va mettre en débat, qui va faire des propositions sur toutes les réformes de démocratie et d'institutions. Donc, par respect, je les laisse travailler et je porterai leurs promesses, leur engagement, leurs convictions, leurs propositions dans cette campagne présidentielle.
Encore une question avant le flash de 9h. C'est Olivier qui vous la pose. Bonjour et bienvenue.
Bonjour, France Inter, je vous remercie. Bonjour, monsieur Jadot. Je voudrais vous poser une question qui me paraît anecdotique, même si elle ne l'est pas. Tout à l'heure, vous parliez du film Don't Look Up. Je voudrais vous parler, vous poser une question sur le look, donc. Porterez-vous un jour la cravate si vous êtes élu président de la République ? Monsieur Mélenchon porte une cravate. Vous soyez le seul, d'ailleurs, parmi la France Insoumise. Et vous pourriez porter une cravate verte, par exemple. Merci.
Elle est géniale, cette question. Elle est formidable. Merci, Olivier, pour cette question. Yannick Jadot, qui est en costard, sans cravate, vous répond. La question se pose, monsieur.
La question se pose, je vais vous le dire très honnêtement, parce que pour ma part, je n'ai jamais porté de cravate. Mais j'entends, dans mes déplacements, des personnes, y compris souvent des personnes d'un certain âge, pour être président de la République, il faut mettre une cravate. Et j'entends, parce que je ne veux pas, au fond, être disqualifié sur un vêtement. Donc, c'est une... Vous allez la mettre. Vous allez sortir la cravate. C'est une discussion qu'on a, et à un moment donné, je sortirai la cravate, parce que, encore une fois, pour...
Vous savez, les Françaises et les Français aiment nos institutions, ils aiment la France, ils aiment être fiers de leur président de la République, et je ne veux pas que ce soit un sujet de cravate.
Allez, on va marquer... On a compris que la prochaine fois, ils seront cravates.
Mais dans votre matinale, ça va.
Non, qu'est-ce que ça veut dire ? Mais bien au contraire.
Et nous sommes parfois vieilles France, sur ces questions vestimentaires. C'est pas évident, comme ça, vous regardez, c'est pas totalement évident. Je vous laisse le point. Moi, j'en ai pas mis, mais bon. À suivre, donc, après le flash, table ronde avec les éditorialistes et spécialistes de France Inter. 9h, et c'est la suite, oui, de ce 7-9-30 spécial Élysée 2022. Votre invité aujourd'hui est Yannick Jadot, candidat écologiste à l'élection présidentielle.
Au programme de cette dernière demi-heure, les questions sur l'écologie de Sandy Dauphin, spécialiste environnement de la rédaction de France Inter, les questions politiques de Thomas Legrand, Pierre Aski, lui, vous interrogera sur l'international, et Augustin Trappenard, le point final de ce 7-9-30. On commence tout de suite avec vous, Dominique Seux, sur l'économie, croissance, décroissance. Oui, bonjour, Yannick Jadot. Bonjour.
Alors, depuis que vous êtes candidat, et que vous êtes candidat, et que vous avez remporté la primaire, vous voulez sortir du débat entre la croissance et la décroissance, et vous refusez l'étiquette de décroissance, que certains voudraient vous accoler sur le front, et vous avez raison, la question est beaucoup plus complexe. Ce qui doit d'abord décroître, ce sont les énergies fossiles, mais pour qu'elles décroissent, il faut peut-être que d'autres activités décroissent aussi, et c'est là-dessus que j'ai envie de vous interroger, très concrètement, c'est à la fois de la vie quotidienne et de la vie économique, de savoir jusqu'où la sobriété irait.
Première question, j'en ai plusieurs, donc merci si on peut répondre le plus brièvement possible à chacune des questions. La première, c'est, le nombre de voitures en France, doit-il, au cours de votre quinquennat, si vous étiez élu, doit-il décroître ? Ça, c'est la première question, et sur la voiture aussi, est-ce que vous limitez la vitesse de circulation sur les routes et les autoroutes pour aller tout de suite sur l'essentiel, sur les émissions de CO2 ? Yannick Jadot.
Est-ce que, à la suite de mon programme, le nombre de voitures particulières d'Equatrois est de combien ? On verra. C'est pas un objectif. Qu'est-ce qu'on veut faire ? Moi, je veux mettre 4 milliards par an sur le train. Nous avons, dans notre pays, abandonné le train, que ce soit passagers, avec les gares du quotidien, les trains du quotidien, le fret ferroviaire, vous savez que c'est un enjeu essentiel de décarbonation de nos transports, les marchandises dans les camions...
Restons sur les voitures, parce que ça, évidemment,
ça atteint de très près tous nos auditeurs. On est absolument d'accord. Et, évidemment, mais quand vous développez le train ou les transports gratuits, moi, je l'ai vu avec Damien Carême à Dunkerque et à Grande-Synthe. Beaucoup de familles avaient deux voitures. Vous avez une qualité de transport collectif très peu chère pour les populations vulnérables à haute fréquence, qui fonctionne bien, et bien les familles peuvent se débarrasser d'une voiture.
Vous dites donc aux Français, vous aurez moins de voitures, vous ferez moins de kilomètres... Non, non, non, non, non, non, non. En voiture, oui.
Mais, attendez, attendez, et je veux mettre en place la première année le covoiturage gratuit quand il n'y a pas d'alternative de transport collectif. C'est essentiel pour le pouvoir d'achat des Français, c'est essentiel pour le climat, c'est essentiel pour la pollution de l'air.
Vitesse, route, autoroute ?
Écoutez, là, sur les routes, c'est à peu près réglé. On a aujourd'hui des départements où... Donc on reste à 80, 90 sur les départements, autoroute ? 90. Je pense qu'il faut... baisser la vitesse sur les autoroutes. Est-ce qu'il faut passer de 130 à 120 ? C'est une bonne question. C'est une responsabilité collective.
C'est important parce que ça n'est pas dans votre programme, donc ce matin, vous nous dites 100 plus.
Ça réduit très peu le temps de trajet, mais si ça peut permettre de réduire les émissions, les pollutions, c'est important. Deuxième point,
les logements doivent être isolés, ça fait partie, vous mettez beaucoup d'argent sur la table. Est-ce que, par ailleurs, il faudrait baisser la température des logements ? Est-ce que vous dites aux Français, en fait, le temps, le temps que les travaux d'isolation aient lieu, il faudrait baisser la température ?
Je vais vous rassurer sur un truc. L'écologie, c'est pas prendre une douche froide dans le noir une fois par semaine. Mais je ne dis pas ça. Non, non, mais ce que je veux dire, c'est que évidemment, il y a une question d'éducation. On n'a pas besoin de faire 23, 24 dans un appartement, avoir chaud en t-shirt, mais ça, c'est la responsabilité de chacune et de chacun. Ce que je veux, attendez, la réalité d'aujourd'hui, monsieur Seux, c'est qu'on a 12 millions de Français qui ne peuvent pas se chauffer correctement. On a 12 millions de Français, quand il fait très froid aujourd'hui, qui n'arrivent pas à vivre correctement.
Les enfants vont plus souvent chez le médecin parce qu'il fait froid à la maison, que parfois les logements sont insalubres. On mettra le paquet sur l'isolation des logements et les 2 millions de familles qui souffrent le plus de précarité énergétique et qui ont des passoires se verront rénover leurs logements sans un euro. C'est un sujet essentiel aujourd'hui.
Troisième question qui est liée aux logements. J'ai lu dans votre programme quelque chose qui m'a intéressé. On ne pourra plus construire des logements, des pavillons ou des logements dans des endroits où on est à plus de 500 mètres d'une gare ou d'un arrêt de bus. C'est quand même un changement. Je l'ai lu tel quel, je pourrais vous donner la page.
L'idée, Dominique Seux, c'est que dans beaucoup de nos régions en France, on a des bourgs qui se sont désertifiés. Les commerces ont disparu parce que tout le monde a joué et les gouvernements précédents sur les grandes surfaces. Nous, on veut remettre du commerce en centre-ville, on veut remettre des services publics en centre-ville et on veut redensifier des centres-villes de bourgs, de villages, de petites et de moyennes villes qui sont désertifiées. Voilà notre objectif.
Vous confirmez cette idée que j'ai lue dans votre programme.
Pas de logements neufs
à moins de 500 mètres d'une gare ou d'un arrêt de bus.
Mais ça dépend des situations. C'est le principe. C'est qu'on ne peut pas continuer à tuer les terres agricoles dont on a besoin absolument, dont on a besoin pour la biodiversité et on veut redensifier les centres-villes.
Rapide la question, rapide la réponse. Tout dernière question. Est-ce que vous dites aux Français il va falloir, oui, je pense que la réponse c'est oui, mais manger moins de viande et jusqu'où ?
Manger moins de viande et manger de la viande locale. Manger de l'élevage, notamment bio, de l'élevage où les vaches pâturent. Je parlais de cette de cette ferme que j'ai été voir l'année dernière, mon pays, il est à la neutralité carbone. Alors que vous le savez, l'agriculture, du fait de l'élevage, est un grand contributeur aux émissions de gaz à effet de serre. Lui, il participe à refroidir la planète, à nous servir une viande de qualité et il est heureux de transmettre sa ferme à sa fille.
Il est 9h09, place maintenant. Merci Dominique Seux à la spécialiste environnement de la rédaction de France Inter. Sandy Dauphin, Sandy, première question sur le nucléaire. Oui, Yannick Jadot, bonjour. Dans votre programme, vous proposez une sortie, je cite, responsable du nucléaire. Vous ne fermez pas de réacteurs dès votre arrivée à l'Elysée. Vu l'urgence climatique, ça veut dire que vous reconnaissez que la France a encore besoin aujourd'hui du nucléaire comme source d'énergie bas carbone ?
Non, je reconnais surtout que nous sommes dépendants du nucléaire aujourd'hui, pour notre fourniture d'électricité. D'ailleurs, regardez une bonne partie des hausses des tarifs d'électricité, c'est lié à la fermeture des réacteurs. On a 10 réacteurs en maintenance, y compris les plus récents.
Donc on a un problème de disponibilité, de notre parc nucléaire, mais à partir du moment où notre parc nucléaire fournit 70-75% de notre électricité, je ne construis pas de nouveaux réacteurs, mais tant qu'on n'a pas investi massivement sur les économies d'énergie et qu'on n'a pas déployé massivement les énergies renouvelables, je ne prends pas le risque de mettre en difficulté nos entreprises, nos maisons, la société, avec des pannes d'électricité.
Ça veut dire une sortie du nucléaire, à quelle échéance pour vous ?
Bien sûr, on a mis 20 ans à construire notre parc. Vous savez, la France est un pays qui, quant à là, une politique industrielle, mobilise les meilleurs ingénieurs, les meilleurs ouvriers du monde. On a été capable de construire un truc incroyable, le parc nucléaire, en 20 ans. Ce n'est pas la solution que j'aurais choisie, mais reconnaissons que quand on veut, on peut. Nous allons vouloir, nous allons pouvoir isoler les logements et moins consommer, déployer les énergies renouvelables qui sont moins chères que le nucléaire et créer plus d'emplois, et progressivement, au fur et à mesure qu'on n'en aura plus besoin, on fermera les réacteurs nucléaires.
Mais progressivement, on ferme les réacteurs, ça veut dire quoi ? En 2035, on ferme combien de réacteurs ?
D'ici 2035, c'est 10. Mais vous savez, c'est dans la loi, ça. C'était plutôt 6 en 2035. Le Président de la République a considéré qu'il n'avait pas à respecter la loi. C'est son choix.
Rappelons que la loi, c'est de baisser la partie nucléaire à 50% du mix électrique.
Nous nous respecterons la loi. Et nous accélérerons la transition énergétique dans notre pays. Vous savez, quand je suis avec les jeunes, ils n'ont pas envie d'aller travailler dans des réacteurs nucléaires, ils n'ont pas envie d'aller travailler chez Total. Ils ont envie de mettre leur enthousiasme, leur innovation, leurs compétences, leur énergie à faire de la recherche, à travailler dans des entreprises qui ont du sens. Et je peux vous dire que c'est les entreprises des énergies renouvelables
qui les fascinent. Alors justement, les énergies renouvelables, combien d'éoliennes, combien de kilomètres carrés de solaire pour compenser le nucléaire ? Il va falloir investir plus qu'un pays comme le Danemark qui est champion des énergies renouvelables.
Déjà, commençons. Si vous voulez, moi, ce que je veux, Combien d'éoliennes alors ? A la fin de notre projet, c'est 12 000. Il y en a 9 500 en France.
Il faut passer à 12 000. Et comment vous faites pour convaincre les gens ?
Vous voyez bien qu'il y a une bronca contre les éoliennes en ce moment. Il n'y a pas de bronca partout. Quand ça s'organise avec les populations, ça fonctionne. Il y a des territoires où, aujourd'hui, il faut arrêter l'implantation d'éoliennes parce qu'il y en a déjà beaucoup. Il y a des territoires, y compris, parce que ce gouvernement a considéré qu'il fallait protéger les radars 70 kilomètres par heure. Ça n'existe pas dans les autres pays européens. Donc, il y a des territoires. Il faudra décider où on peut implanter des éoliennes, pouvoir le faire vite. Mais quand ça se fait avec les populations, ça se fait avec beaucoup d'intelligence
et beaucoup d'acceptabilité sociale.
Et les panneaux solaires, combien de kilomètres carrés ? Il faut en mettre, si je n'ai pas les chiffres en tête, mais c'est en puissance. Mais moi, j'ai envie...
Il va falloir en mettre partout, en fait. Il y a de la place.
Il faut expliquer ça aux gens. Il y a l'idée que l'État aidera chaque quartier, chaque village, à avoir son projet citoyen d'énergie renouvelable. Ça peut être des panneaux sur le toit de l'école. Ça peut être, là, une éolienne. Ça peut être de la géothermie, la biomasse. Tout ce qui couvre l'ensemble des énergies renouvelables. Mais pour que les citoyens s'emparent de ce sujet, parce que l'électricité, on en a besoin, et donc s'intéresser à comment elle est produite, c'est toujours passionnant. Et quand c'est mis en place, ça marche.
Une question rapide sur la façon dont on va se déplacer. À l'avenir, la voiture, vous voulez interdire la vente de véhicules neufs, essences et diesels dès 2030, hybrides aussi ?
En vente, oui. On parle des neufs.
Les gens qui n'ont pas les moyens aujourd'hui de s'acheter une voiture électrique, comment vous faites ? Est-ce qu'on va continuer de subventionner pendant des années l'achat de véhicules électriques ?
Vous savez ce qui est assez extraordinaire, j'ai tout dit sur la mobilité, mais ce qui est assez extraordinaire, c'est que quand vous regardez toutes les études, en 2025-2026, c'est ce que disent les experts, en fait, on sera à la parité des prix entre l'électrique et le thermique. Ça va tellement vite. Vous savez, en 10 ans, le photovoltaïque, les coûts de production étaient réduits par 10. L'éolien, par 3. Et c'est en train d'aller très très vite sur les véhicules électriques.
C'est tant mieux, c'est de l'innovation, mais moi ce que je veux, c'est qu'on produise sur notre territoire les véhicules électriques, les batteries, comme toutes les datas qui sont nécessaires à ce type de motorisation. Je veux que ce soit en Allemagne, en Chine ou aux Etats-Unis, je veux que ce soit l'industrie française qui s'en empare.
Merci Sandy Dauphin. Toujours sur la voiture, à cause de la hausse des prix de l'essence, Bercy s'apprêterait à augmenter le montant des indemnités kilométriques pour les gros rouleurs. Soutenez-vous cette mesure qui exclut à ce stade, et c'est un problème, les gros rouleurs non imposables ?
Ben voilà, c'est toujours cette logique du gouvernement qui est de dépenser beaucoup d'argent, mais jamais au profit des plus fragiles d'entre nous. La proposition que j'ai, moi, c'est un chèque énergie de 400 euros sur les 6 millions de familles les plus en difficulté qui souffrent le plus de la hausse des prix du carburant comme les prix de l'énergie et 100 euros pour les 15 millions de familles au-dessus. Mais dans cette urgence-là ? Ben oui, moi je propose 400 euros pour les 6 millions de familles
les plus en difficulté. Merci encore Sandy Dauphin. Question politique maintenant à 9h15. Thomas Legrand est là, autour de sa table. Thomas, vous voulez interroger Yannick Jadot sur la nature de l'écologie politique française. Ben oui, parce qu'en fait la question politique qui se pose à 75 jours du premier tour, c'est celle que vous posez Nicolas Demorand au début de l'émission. Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi vous êtes assis ? Non mais attendez, ce n'est pas ma question. Je réfléchis tout haut avec vous, parce que là ça ne marche pas. C'est un constat, on peut tous le faire. Je réfléchis tout haut avec vous et j'ai une hypothèse que je vous soumets.
Est-ce que votre positionnement ne ressemble pas trop au positionnement encore de patron de Greenpeace, de protestataire plutôt qu'à un candidat de chef d'État ? J'en prends pour preuve par exemple votre prestation au Parlement européen, très efficace et très protestatrice face au Président de la République. Prenons le glyphosate par exemple. La France avance, la France utilise moins de glyphosate et la France a porté au Parlement européen cette idée d'en finir avec le glyphosate. Et pourtant, au lieu de dire ça avance mais ça ne va pas assez loin, vous présentez ça comme une trahison. Est-ce qu'il n'y a pas un hiatus ?
Non. Je pense que j'ai passé cette matinale comme le reste de la campagne, comme les campagnes précédentes, à faire des propositions. Je conteste le fait de n'être que dans le pré-testataire. Je pense que le Président de la République est venu au Parlement pour raconter des blagues sur son action climatique. Quand vous faites alliance au niveau européen avec la Pologne du charbon et la Hongrie du gaz et je ne parle pas de Kaczynski et d'Orban, vous trahissez l'ambition. Non mais attendez, je vous réponds. Après, sur le glyphosate et sur les trucs, vous savez, là, en sortant de cette matinale, je vais à La Rochelle et je vais dans un village qui s'appelle Saint-Rogatien.
Dans ce village, vous avez un nombre terriblement élevé de cancers pédiatriques. On est tous d'accord sur le glyphosate, ce n'est pas bien. Attendez, je veux parler de ça. Dans certains, à Sainte, vous avez dans certaines régions de France, vous avez une épidémie de cancer pédiatrique. C'est-à-dire que nos enfants attrapent...
Il n'y a que la France qui baisse le glyphosate. Tous les pays où il y a des écologistes
pour l'instant en Europe... C'est faux, c'est interdit au Luxembourg. Non, c'est faux. Ce que je veux dire, c'est qu'on a une épidémie de cancer pédiatrique dans notre pays et les gouvernements successifs ne s'en occupent pas. Vous avez des familles qui sont dans une colère au-delà de la tristesse qui est terrible. Eh bien, nous ferons de la santé environnementale, de la sortie des pesticides, de la pollution de l'air, des pollutions chimiques, un enjeu essentiel de santé publique parce que je refuse que des enfants soient malades ou meurent de cancer parce qu'on ne les a pas protégés des molécules les plus dangereuses.
Prenons le cas de la Belgique, je reste sur le côté protestataire. La Belgique, les écologistes sont au pouvoir dans la coalition, ils stoppent le nucléaire et ils augmentent la consommation du gaz. Donc ils sont dans l'accord avec la Pologne que vous dénoncez. Est-ce que vous dénoncez les écologistes belges ?
Mais non, arrêtez. C'est deux poids, deux mesures. Mais non, pas du tout, parce que les situations énergétiques ne sont pas les mêmes dans les différents pays.
Alors en Irlande, on prend l'Irlande, on est aussi en coalition. Mais il y a toujours un paradis fiscal.
Thomas Legrand, je vous écoute très souvent et souvent tous les matins. Je vous entends régulièrement dire mais regardez les écolos allemands, ils sont réallos alors que les écolos français
ce sont des gauchistes qui ne sont pas prêts à gouverner.
Donnez-moi une mesure du programme des écolos allemands qui soit moins radicale que celle des écolos français. Je vous assure que nous aspirons non seulement parce que tout partout les écolos sont intransigeants sur le climat et sur la nature et la biodiversité.
Est-ce que vous avez mesuré que vous allez avoir à faire au réel ? Et est-ce que vous critiquez par exemple les écologistes irlandais dans le contrat de coalition qui ne disent rien sur la surtaxation du kérosène
alors que vous êtes pour la surtaxation ? Mais parce qu'ils sont dans des contrats de coalition et que c'est compliqué parce que la démocratie ne fonctionne pas de la même façon. Donc vous comprenez que une fois qu'on est au pouvoir c'est plus compliqué. Et que ce n'est pas forcément un renoncement.
On porte les mêmes idées partout. Oui, je ne dis pas le contraire. L'écologie, la justice sociale est notre capacité, notre volonté. Parce que les changements à engager sont tellement profonds, tellement ambitieux de construire le chemin avec tout le monde. Avec les citoyens, les entreprises, les salariés, avec les paysans pour ce qui concerne la transition de l'agriculture, les pêcheurs. Parce que si nous n'avons pas toute la société mobilisée et c'est un très beau projet de mobilisation d'enthousiasme et d'engagement et bien nous n'obtiendrons pas
Ceux qui ne vont pas assez vite de traître est-ce que vous n'alimentez pas
l'éco-anxiété ? Ce mot que vous avez utilisé tout à l'heure. Mais non Thomas Legrand. Quand je dis qu'Emmanuel Macron restera le président de l'inaction climatique, la France est le seul pays européen le seul pays européen qui n'a pas tenu ses engagements sur les énergies renouvelables qui est en retard sur l'efficacité énergétique. Celui qui produit le moins de CO2. C'est vrai parce que nous importons le CO2. Vous parlez de pragmatisme. La France est un des pays européens qui du fait de sa désindustrialisation importe le plus de CO2 y compris de la Chine.
Donc moi je veux je suis pragmatique mais je suis incroyablement ambitieux pour mon pays et je suis intransigeant sur le dérèglement climatique
et la biodiversité. Merci Thomas. Avant quelques petites questions de fin on termine ce tour de table avec vous Pierre Haski. Les écologistes et leurs politiques étrangères. Oui bonjour Yannick Jadot. Vous avez fait allusion dans la première partie à vos divergences avec Jean-Luc Mélenchon notamment sur la Russie ou sur l'Europe. Est-ce que ça signifie, parce que vous avez eu des mots très forts à son égard, vous avez dit que Mélenchon était dans le même sac que Marine Le Pen et Éric Zemmour face à Poutine.
Ils n'ont pas exactement la même relation. Mais je pense qu'il y a un niveau de complaisance qui n'est pas acceptable démocratiquement.
Mais est-ce que ça signifie que si par exemple Jean-Luc Mélenchon était dans une tour, vous pourriez ne pas appeler à voter pour lui dans ces conditions ? Est-ce que ces deux gauches-là sont irréconciliables ou pas pour reprendre la formule consacrée ?
Moi je ne crois pas que les gauches soient irréconciliables y compris parce que les électrices et les électeurs ne sont pas irréconciliables. Ils veulent la victoire de l'écologie et de la justice sociale. Mais si la question c'est est-ce que je pourrais au fond faire des compromis sur l'Europe comme projet de civilisation si je pouvais faire des compromis sur les dictatures que ce soit celle de la Chine ou de la Russie ? Non.
Est-ce que vous vous êtes prononcé pour la non mise en service de Nord Stream 2 ? Est-ce que vous comprenez que le gouvernement allemand dans lequel figurent les Verts aujourd'hui ait du mal à prendre des décisions ?
Bien sûr la position des Verts a toujours été claire il faut supprimer Nord Stream 2. Pourquoi ? Il faut que les Françaises et les Français comprennent. Nord Stream 2 c'est un pipeline qui va nous rendre plus dépendants directement du gaz russe. Donc non seulement il faut arrêter parce qu'une partie de la complaisance de toute la classe politique française d'une grande partie de la classe politique française quand on parle de l'Ukraine enfin Nord Stream 2 il faut le supprimer pour être moins dépendant de la Russie en investissant sur les économies d'énergie et deuxièmement vous le savez c'est un pipeline qui contourne l'Ukraine et qui fragilise l'Ukraine.
Moi je regrette que y compris le président de la République qui était très clair sur la Russie quand il a fait sa campagne en 2017. Son temps à recevoir Poutine à Brégançon ou à Versailles il n'est pas allé une seule fois à Kiev. Il n'est pas allé une seule fois à Kiev. Moi j'appelle le président de la République à organiser un sommet européen à Kiev dans les prochains jours pour montrer l'unité et le soutien inconditionnel de l'Europe à la démocratie en Ukraine et à l'intégrité de cette frontière.
Mais est-ce qu'il faut néanmoins parler à Poutine ? Mais bien sûr ! Vous l'avez qualifié de dictateur sanglant. Mais bien sûr ! Mais ça ne gêne pas la possibilité d'un dialogue malgré tout.
Vous pensez qu'il dit quoi, Poutine, de nous ? Vous pensez que Lavrov il dit quoi de nous, son ministre des Finances ? Aujourd'hui, moi je n'accepte pas que la question ukrainienne soit réglée par les Etats-Unis et la Russie. Je regrette profondément que le président de la République n'ait pas suivi les initiatives Format Normandie, Accords de Minsk qui associaient les autres européens. Il y a une réunion demain ! Et il faut le faire demain ! Entre Russes, Ukrainiens, Français... D'accord, mais il est temps que ça arrive ! Moi je regrette que le président de la République ait toujours privilégié une relation complaisante avec Vladimir Poutine.
Souvenez-vous, on a un enjeu majeur de construction d'une politique de défense européenne. Majeur ! Et à chaque fois, le président français, Macron, a dit que les Russes auraient d'une façon ou d'une autre un droit de regard sur la politique de défense européenne. C'est la condamner ! C'est condamner l'Europe à son incapacité ou à son impuissance politique extérieure.
Face à un autre pays autoritaire, la Chine, vous avez condamné et voté récemment le génocide des Ouïghours. Comment vous faites face à la Chine ? Quelles mesures nous permettent d'aller mettre en réalité cette résolution qui reconnaît le génocide des Ouïghours ?
La seule puissance qu'a l'Europe vis-à-vis de la Chine, c'est du soft power économique. Nous sommes le plus grand marché mondial. La Chine dépend de nous, y compris politiquement, pour vivre.
Nous dépendons un peu d'elle aussi.
Mais à nous de construire, quand je me bats pour notre souveraineté en matière de médicaments, en matière d'énergie, en matière industrielle, c'est aussi sortir de cette dépendance insupportable qui rend la complaisance très banale au niveau européen et au niveau mondial. Il n'y a aucune raison de ne pas imposer l'interdiction en Europe des produits issus du travail forcé. C'est ce qui se passe avec les Ouïghours. Il n'y a aucune raison d'ici quelques années de ne pas imposer en Europe l'interdiction des produits issus de pays qui ne respectent pas la liberté syndicale. C'est la protection des salariés ici, c'est la protection des salariés dans le reste du monde.
Et puis franchement, quand Macron signe l'accord d'investissement avec la Chine, c'est ouvrir un peu plus le capital de nos entreprises à l'appétit prédateur des Chinois. C'est ce type d'accord. Au moment où il y a un génocide contre les Ouïghours et au moment où on a cédé Hong Kong à la dictature chinoise, c'était un très mauvais signal
et une faute morale. Merci Pierre Haski. Quelques questions de fin avant celles d'Augustin Trapenard.
Oui, quelques questions pour essayer de vous cerner vos goûts. Et d'abord, c'est une prérogative des présidents. Vous faites rentrer qui au Panthéon ?
Gisele Halimi. Et j'avoue que j'ai une passion pour Albert Camus, je trouve que son parcours et on parlait de tout à l'heure de ce qu'est la politique avec Thomas Legrand au début de l'interview. La force d'Albert Camus, c'est de dire à un moment donné, il faut être intransigeant sur les valeurs, mais il faut vivre avec son voisin. Et je trouve que c'est une excellente leçon politique, au-delà de son parcours incroyable et de son écriture incroyable.
Dans un registre tout à fait différent, steak de boeuf ou steak de tofu ? Ah, steak de boeuf, pardonnez-moi, mais
je respecte... Non, non, non, mais moi j'ai dit... Non, non, mais écoutez, j'ai dit il faut en manger moins et il faut manger de la viande issue des productions locales, durables, paysannes. C'est ce que font tous nos maires dans leur cantine. Il faut passer aux cantines 100% bio. C'est essentiel pour nos enfants
et pour nos paysans. Donc, votre dernier Noël, c'était sans sapin
et sans foie gras ? Mon dernier Noël, comme je n'étais qu'à contact, je l'ai vécu confiné seul. C'était pas très gai.
Il y avait un sapin chez vous, non ?
Non, chez ma mère qui devait nous accueillir, il y avait un sapin, bien sûr. Et du foie gras ? Oui. Et du foie gras aussi ? Non, mais moi j'ai dit que le problème c'était que je n'avais pas le temps. Michel Houellebecq ou Virginie Despentes ? Virginie Despentes. Houellebecq, je n'y arrive pas. Je suis désolé, le personnage, Maury Peel, je n'y arrive pas. Je ne dis pas qu'il n'a pas de talent,
je dis que je n'y arrive pas.
Cinéma ou Netflix ? Je vais encore régulièrement au cinéma, mais je regarde aussi Netflix. Ça permet parfois de se sortir de la campagne et de baisser un peu la tension.
Bouba ou Gims ?
Mes enfants sont plutôt Bouba. Ils écoutent avec... Il me faut écouter de temps en temps.
Croyez-vous en Dieu ? Non.
Merci. Le plus important. Augustin Trapenard, bonjour, c'est à vous.
Bonjour Yannick Jadot. Une dernière question. Sur cette idée qui a été mise en avant par les Mairies Vertes depuis deux ans sans qu'on ait forcément très bien compris ce que ça recouvrait et les actions précises qui en découlaient, c'est cette idée de droit culturel au pluriel. Ça m'intéresse beaucoup dans mon travail aux côtés de Bibliothèque Sans Frontières qui milite cette ONG pour que la culture soit considérée comme un droit fondamental. Ma question, qu'est-ce que vous entendez précisément par droit culturel et comment surtout est-ce qu'on pourrait les faire valoir, ces droits ?
Merci Augustin. Yannick Jadot ?
Vous avez parfaitement raison. C'est un sujet magnifique. Y compris la culture, on n'en parle pas assez dans cette campagne. Quand on voit les imaginaires de repli, de haine, de passéiste, de culture pour avoir un imaginaire d'enthousiasme et se projeter collectivement. Les droits culturels, au fond, c'est le droit de chaque personne avec son identité, son parcours, ses envies, ses enthousiasmes, de participer à la vie culturelle. Et donc ça se traduit localement, y compris, vous savez, par les cultures populaires, le rap, le hip-hop, tout ça, c'est faire vivre ça.
Ce que je trouve dommage dans le débat culturel c'est que trop souvent on oppose cette démocratisation, cette culture populaire aux institutions. On peut faire les deux. Je finirais sur Roosevelt quand il fait le New Deal dans les années 30. On parle toujours des grands travaux. Mais il a fait deux autres choses, Roosevelt. Il a fait le Federal Project One qui est un grand projet d'aide de soutien à la création culturelle et il a fait les grands parcs naturels aux Etats-Unis. Économie, transition écologique et soutien à la culture seront essentiels et dans mon budget, on sacralisera 25% du budget du ministère de la Culture avec un milliard.
Merci Yannick Jadot. La prochaine fois en studio avec une cravate donc on l'a bien compris. Si vous en mettez une aussi, Nicolas Demorand. Je commencerai par une veste.
Allez, à 9h30, Augustin Trapenard.
Yannick Jadot