đŽ DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview politique de Sandrine Rousseau sur RMC
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parce que les contrĂŽleurs maintiennent leur grĂšve. Franchement, Sandrine Rousseau voudrait nous convaincre de continuer Ă prendre l'avion et la voiture. On ne s'y prendrait pas autrement, non ?
Oui, mais ce pourquoi se battent les contrĂŽleurs, c'est pour des conditions de travail qui favorisent aussi le voyage en train. C'est-Ă -dire qu'avoir des contrĂŽleurs dans les trains, avoir deux contrĂŽleurs dans les trains, dans chaque train, c'est aussi une maniĂšre d'assurer la sĂ©curitĂ© des voyageurs. Et en fait, c'est toujours la difficultĂ©. Moi, je les ai toujours entendus avoir la mĂȘme revendication, deux contrĂŽleurs par train, mais depuis des annĂ©es et des annĂ©es. Et en fait, la question qui est posĂ©e Ă la SNCF, c'est quelle est votre politique de sĂ©curitĂ© des personnes et des conditions de travail de ces contrĂŽles-lĂ ?
Mais ça, c'est la revendication de fond. Mais moi, je pense à , par exemple, la mÚre célibataire ce week-end qui doit envoyer ses enfants chez leur pÚre, divorcer. Vous lui dites quoi ? Il faut prendre son mal en patience ?
Non, je lui dis que je comprends que ce soit compliquĂ©. C'est pour ça que je m'adresserai Ă la direction de la SNCF en disant, nĂ©gocier, nĂ©gocier. Et vous devez absolument arriver Ă un accord avant ce soir. Pourquoi c'est toujours pendant les vacances, les grĂšves ? Ăa, il faut demander Ă la CGT, Ă la SFDT ou au syndicat. Mais je pense que c'est un rapport de force et que voilĂ , lĂ , c'est en rĂ©currence.
Vous vous soutenez, y compris pendant les vacances. Je ne dis pas quand mĂȘme, du cĂŽtĂ© des syndicats, il y aurait une forme de responsabilitĂ© Ă Ă©viter par moment de pourrir les vacances des Français. Pardon pour le terme. Je prĂ©fĂ©rerais qu'il n'y ait pas de grĂšve du tout.
Voilà , je préférerais qu'il n'y ait pas de grÚve du tout.
Mais c'est la responsabilité de la direction.
Il faut entendre les revendications dont je vous dis que moi, je les entends depuis des années et des années. Donc voilà , je pense qu'il y a un problÚme fondamentalement.
La SNCF dit aussi que la grÚve, ça coûte 500 millions d'euros. C'est toujours ça de moins qu'on investit dans le train. C'est un argument que vous entendez ?
Non, mais il faut que le train devienne un moyen de transport naturel, facile. Voilà . Pour ça, il faut aussi que les personnes qui travaillent dans le train puissent avoir des conditions de travail qui soient acceptables. Donc c'est ça que la direction doit gérer. Elle a 24 heures pour gérer la situation et bien qu'elle la gÚre.
Sandrine Rousseau, parmi les sujets sensibles du moment autour de la crise agricole, la question des pesticides avec le plan Ăcophito. En gros, c'est un plan qui vise Ă rĂ©duire de moitiĂ© l'usage des pesticides d'ici 2030. Ce plan est suspendu par le gouvernement le temps de trouver un accord avec les agriculteurs. Qu'est-ce que vous dites ? Une fois de plus, sacrifice de l'Ă©cologie au profit des agriculteurs ? Les agriculteurs sont allĂ©s dans la rue avec leur tracteur.
Parce qu'ils n'avaient pas de revenus et parce qu'un agriculteur se suicide en France tous les deux jours. Donc en fait, c'est une souffrance Ă©norme. Enfin, je veux dire, Ă©norme. Vous l'entendez cette souffrance ? Bien sĂ»r. Et qu'est-ce qu'on leur rĂ©pond ? On leur rĂ©pond, plan Ăcophito. On leur rĂ©pond, ils rĂ©clamaient pour certains d'entre eux. Pour certains. Et pas pour tous. La ConfĂ©dĂ©ration Paysanne, par exemple, ne demande pas l'arrĂȘt du plan Ăcophito. Mais les majoritaires, c'est la FNSEA et les jeunes agriculteurs pour les citer, puisque c'est ceux-lĂ les certains dont on parle. Ăa, c'est un des sujets.
C'est la maniĂšre dont les chambres d'agriculture, les votes Ă l'intĂ©rieur des chambres d'agriculture imposent le pouvoir de la FNSEA. Et qui est Ă la tĂȘte de la FNSEA ? Arnaud Rousseau en l'occurrence. Mais il y a eu d'autres reprĂ©sentants de la FNSEA qui Ă©taient du mĂȘme profil, c'est-Ă -dire des personnes qui, finalement, sont des tenants, sont des supporters et ont mĂȘme des intĂ©rĂȘts directs dans l'agro-industrie et dans l'agro-alimentaire.
Donc, en fait, on est dans une espÚce de dialogue qui, à mon avis, est un dialogue de dupe entre, d'un cÎté, ceux qui négocient et qui sont pour l'industrialisation de l'agriculture et ceux qui ont des problÚmes de revenus, qui sont, au contraire, les petites mains de cette agriculture.
Et sur les pesticides, ce que disent Ă peu prĂšs tous les agriculteurs, c'est qu'il y a un dĂ©calage entre les interdictions qu'on prend en France et, par exemple, des tomates ou des poivrons pour finir et qui ont des taux de pesticides, enfin, qui utilisent mĂȘme des pesticides interdits. Non, mais ça, je le pose sans doute.
Mais qu'est-ce qu'il faut faire ? On interdit toute importation. Ăa n'est pas possible d'importer en France des produits alimentaires, des produits agricoles qui ont Ă©tĂ© produits avec des produits interdits en France. On interdit la tomate marocaine ?
En fait, l'idée, c'est que... Est-ce qu'on interdit la tomate marocaine, par exemple ?
Non, mais on demande au Maroc de s'aligner sur les conditions françaises. Enfin, c'est le cas de toute voiture, par exemple, qui est importĂ©e. On ne pourrait pas importer une voiture qui ne remplit pas les conditions de sĂ©curitĂ© et les normes europĂ©ennes et françaises. Donc, il n'y a pas de raison pour que les produits alimentaires se soient de la mĂȘme maniĂšre. Et oui, il y a un sujet autour de l'utilisation de produits interdits en France par d'autres pays, qui augmente les rendements, mais qui met aussi en danger notre santĂ©. Et donc, ce n'est pas possible que les agriculteurs français soient en concurrence avec eux.
Je prends deux exemples. Le mĂ©thomile, le mĂ©thocarbe. Deux pesticides qui sont interdits en France et en Europe. On en trouve des traces dans des tomates, dans des poivrons qui proviennent du Maroc. Qu'est-ce qu'on fait ? On va voir le roi du Maroc, on lui dit... Vous demandez Ă vos agriculteurs d'arrĂȘter ?
Pas d'importation. On n'importe pas des tomates qui contiennent des produits interdits en France. Non. Et pour cela, il faut aussi, je le rappelle, des services vétérinaires en nombre. Il faut des services de la DGCCRF, donc de la Direction de la Concurrence et des Fraudes, à la frontiÚre pour contrÎler la nature des produits qui rentrent en France. Oui, ça n'est pas possible. Et ce n'est pas possible qu'en plus, on ait interdit ces produits en France au nom de notre santé et qu'on en absorbe parce que d'autres pays ne l'ont pas interdit.
Ăa vaut aussi pour la viande, le soja de sud amĂ©ricain, les cĂ©rĂ©ales, le poulet Ă©crĂ©nien.
Absolument. C'est pour ça qu'il faut absolument sortir du libre-échange en matiÚre de produits agricoles.
Sur les pesticides, le ministre de l'Agriculture, Marc FĂ©nault, Ă©tait ce matin sur RMC. Il vous a directement adressĂ© un message. Ăcoutez.
Ce n'est pas la premiÚre fois que Mme Rousseau parle d'un sujet qu'elle manifestement ne connaßt pas. Qui a dit qu'on n'avait pas une stratégie de réduction et qu'on mettait en pause ça ? Qui a dit qu'on n'avait pas déjà des programmes de recherche pour trouver des alternatives ? Il y a une pause. Oui, sur un sujet principal qui est le sujet des indicateurs. Mme Rousseau pourrait reconnaßtre que pour les produits les plus à risque, qu'on appelle les CMR1, on a baissé de 95% dans le quinquennat qui vient de s'acheter.
Est-ce que vous dites bravo le gouvernement, les pesticides les plus à risque n'existent plus aujourd'hui, ils ont été réduits ?
Non, je ne dis pas bravo le gouvernement quand la seule mesure qui est annoncée aux agriculteurs, alors qu'encore une fois, il s'agit de 200 000 euros de dettes en moyenne sur les exploitations agricoles, alors qu'un agriculteur se suicide tous les deux jours, alors que 27 fermes ferment par jour, fermes par jour, et que là , la seule réponse qui est donnée, c'est la réduction du plan éco-phito. Non, je ne leur dis pas.
Ce n'est pas la seule réponse. Il y a eu d'autres mesures sectorielles sur les viticulteurs, les éleveurs. Il y a eu un certain nombre de mesures.
Pas de nature à gérer la crise, pas de nature à transformer l'agriculture pour assurer les conditions de vie et des personnes, des agriculteurs, mais aussi des ouvriers agricoles. Donc non, il n'y a rien eu de structurel sur l'agriculture. Et donc non, je ne leur dis pas merci. Et quand je vois à quel point ils essayent de trafiquer les indicateurs au nom desquels on sait quels sont les... De trafiquer ?
Oui, ils essayent de faire en sorte qu'on sorte de l'indicateur qui est aujourd'hui reconnu dans le plan Ă©co-phito pour aller vers un autre indicateur avec des coefficients de toxicitĂ©, alors qu'on sait trĂšs bien que dans les produits chimiques et phytosanitaires, on dĂ©couvre la toxicitĂ© et on dĂ©couvre l'effet cocktail souvent beaucoup plus tard. Donc en fait, ce qu'ils sont en train de faire, c'est en train de faire un tour de magie de GĂ©rard Majax pour faire en sorte qu'il y ait un plan Ă©co-phito mais pas avec les mĂȘmes indicateurs. Et je dis Ă Marc FĂ©naud, on vous regarde lĂ -dessus.
On vous regarde et n'essayez pas de faire en sorte qu'en changeant les indicateurs, vous autorisiez plus de pesticides.
Sans doute, il y a une concertation qui est ouverte pour la... Oui, avec les associations... Avec les associations qui ont quittĂ© la table. Exactement. Dans le mĂȘme temps, est-ce qu'on peut ĂȘtre Ă©cologiste, dire que quand il y a une concertation, on ne participe pas, on reste en dehors et puis on critique ?
Alors, ils avaient une demi-heure pour nĂ©gocier et par ailleurs, ils avaient une dĂ©claration liminaire Ă faire sur justement la dangerositĂ© de certains produits. Donc les associations lĂąchent le combat, elles dĂ©sertent le combat. Non, le ministĂšre a refusĂ© d'entendre cette dĂ©claration liminaire. C'Ă©tait une dĂ©claration liminaire, on peut quand mĂȘme l'entendre cette dĂ©claration. C'est quoi ce mode de discussion oĂč ce n'est pas possible d'entendre les incontournables ? Elles ont eu raison de claquer la porte ? Oui, je pense qu'elles ont eu raison de claquer la porte.
Vous Ă©voquez le revenu des agriculteurs. Ce matin, je regardais sur le site d'un des grands distributeurs français, le kilo de tomates rondes made in France, 4,39 euros. Les mĂȘmes venus du Maroc, 2,29 euros. Vous dites que celles qui sont produites avec des normes qui ne sont pas les nĂŽtres, on les interdit. Mais dans le mĂȘme temps, ça ne rĂ©pond pas Ă la misĂšre d'un certain nombre de Français qui se privent, qui rĂ©duisent leur nombre de courses, qui parfois ne font pas un repas sur deux. Et qui disent, trĂšs bien, les pesticides, mais j'ai le choix entre ne pas manger un repas sur deux ou bien manger des produits qui viennent d'ailleurs et qui ne sont pas produits Ă nos normes.
On ne va pas rendre les gens malades parce qu'ils sont pauvres, en fait. Ăa n'a aucun sens. Donc lĂ , dans 100 euros de produits alimentaires achetĂ©s par les Français et Françaises, sur 100 euros de produits alimentaires, il n'y a que 6,5 euros qui vont aux agriculteurs. Ce qui veut dire qu'il y a 94 euros Ă peu prĂšs qui va Ă la grande distribution, Ă l'agroalimentaire, Ă la transformation. Je suis sĂ»re que les Français et Françaises seraient tout Ă fait d'accord pour qu'il y ait bien plus d'euros qui aillent vers les agriculteurs. Et je dis qu'on a un sujet autour de la grande distribution.
Je rappelle que la grande distribution a installé ses centrales d'achat en dehors de France, en Belgique, en Hollande, en Espagne, pour échapper à la loi EGalim. Que fait le gouvernement pour imposer...
La loi qui régit les négociations entre les industriels, la grande distribution et les producteurs. Pardon, je précise pour nos éditeurs, la loi EGalim.
Voilà . Donc la loi EGalim, c'est la loi qui est censée permettre un prix qui est raisonnable pour les produits fabriqués en France. La grande distribution a installé ses centrales d'achat à l'extérieur de la France pour échapper à la loi française. Que le gouvernement n'ait aucune espÚce de mesure de contrainte sur la grande distribution, qu'il n'ait aucune espÚce de mesure de contrainte sur l'agroalimentaire, c'est cette faiblesse face aux puissants. Le gouvernement est faible avec les forts et fort avec les faibles. Et là , en l'occurrence, on doit absolument faire en sorte que la grande distribution respecte les lois françaises. Parce qu'il n'y a pas que la tomate marocaine.
Il y a la grande distribution française qui ne respecte pas la loi française. Alors là , maintenant, le gouvernement a une responsabilité, c'est d'aller les chercher et de faire en sorte qu'ils respectent la loi.
Il y a des contrÎles en masse qui ont été annoncés par Bruno Le Maire.
Non, mais il n'y a pas de contrÎles qui seront efficaces si les centrales d'achat sont à l'extérieur de la France. Donc, imposer que les centrales d'achat, que les négociations se fassent à l'intérieur du territoire français, selon les termes de la loi française, c'est le minimum que doit la grande distribution.
Ăa aussi, Bruno Le Maire s'engage Ă ce que ce soit contrĂŽlĂ©. Emmanuel Macron... Non, non, non. Bruno Le Maire souhaite, Bruno Le Maire demande, Bruno Le Maire...
Bruno Le Maire a toujours, toujours défendu le fait qu'il y ait une liberté complÚte de la grande distribution. Il s'est toujours opposé à ce qu'il y ait des taxes sur les surprofits de la grande distribution pendant qu'il y avait l'inflation. Il s'est toujours opposé au fait qu'il y ait la moindre contrainte sur les prix pratiqués par la grande distribution. Donc, non, Bruno Le Maire, il fait des déclarations. Mais Bruno Le Maire, il ne fait aucune politique publique permettant de garantir et le pouvoir d'achat des personnes les plus faibles et de garantir le fait qu'il n'y ait pas de surprofit lié à une situation de crise.
La France est en train de s'effondrer de sa pauvreté et Bruno Le Maire demande. Non, Bruno Le Maire doit agir.
Emmanuel Macron, le patron de Bruno Le Maire, il reçoit cet aprĂšs-midi les syndicats agricoles. C'est la premiĂšre fois depuis le dĂ©but de la crise. SĂ©bastien Chenu disait, en fait, le prĂ©sident a peur de faire un mauvais salon. C'est pour ça qu'il les reçoit. Pour vous aussi, il assure juste d'ĂȘtre bien reçu au Salon de l'Agriculture. Il n'y a pas de prise en compte rĂ©elle de la souffrance des agriculteurs ? SĂ©bastien Chenu, je prĂ©cise, dĂ©putĂ© du Rassemblement national.
Le jour oĂč Emmanuel Macron aura une prise de conscience de la souffrance de qui que ce soit, je pense que ce sera quand mĂȘme une rĂ©volution en France. C'est-Ă -dire que je pense que son mode de gouvernement est prĂ©cisĂ©ment de ne pas comprendre qu'il y a une souffrance en France. LĂ , moi, je travaille actuellement sur les hĂŽpitaux et particuliĂšrement sur la psychiatrie dans les hĂŽpitaux. Il y a un effondrement de l'hĂŽpital public actuellement. Il y a des burn-out, il y a des gens qui ne trouvent plus aucun sens au travail. Les enseignants sont dans la mĂȘme situation, ils ne trouvent aucun sens dans leur travail. LĂ , on est en train de s'effondre.
Et je pense qu'Emmanuel Macron est sourd à la souffrance des Français et que ça devient un problÚme national d'ampleur.
Avant de recevoir les agriculteurs, il y a cet hommage national Ă Robert Badinter Ă Midier. Est-ce que vous y serez ?
Alors, moi, je suis chef de file sur un texte à l'Assemblée pour le groupe écologiste. Donc, vous ne le faites pas ? Non, mais par contre, je voudrais lui rendre hommage ici. Il incarne pas ? Et précisément parce que je ne peux pas aller à cet hommage, je voudrais lui rendre hommage en disant que c'était⊠Il a permis que la France défende les valeurs qui sont profondément celles qu'elle affiche au fronton de ses mairies et qu'elle affiche dans sa constitution. Et en fait⊠Liberté, égalité, fraternité. Oui. Robert Badinter, c'est l'homme qui n'a pas suivi les sondages et qui a suivi des valeurs. Et je voudrais que la gauche reprenne ce chemin-là .
Je ne pense pas qu'elle l'ait lĂąchĂ©, mais je pense qu'elle doit le rĂ©affirmer. Nous devons, contre tous les sondages et contre toutes les opinions, Ă un moment donnĂ©, dĂ©fendre les valeurs. Et c'est lĂ -dessus que nous⊠Il y aura des dĂ©putĂ©s Ă©cologistes ? Pardon ? Vous, vous n'y serez pas, mais il y aura des dĂ©putĂ©sâŠ
Oui, il y aura Sandra RĂ©gol qui nous reprĂ©sentera. Les Insoumis et le Rassemblement National sont personnels. Le nom de Gratta, la famille, n'en veut pas dans cet hommage. Marine Le Pen et les siens n'iront pas, mais les Insoumis, ils vont quand mĂȘme, reprĂ©sentĂ©s par deux de leurs dĂ©putĂ©s. Est-ce qu'on peut aller contre la volontĂ© des familles ?
J'entends et je respecte la volonté des familles. Je dis que c'est un hommage national et que les Insoumis sont actuellement associés au Rassemblement National dans une espÚce d'équivalence. Et en l'occurrence, je suis choquée par cette équivalence sur le point précis de l'antisémitisme. Oui, c'est pour ça que je dis que j'entends les familles. Maintenant, c'est un hommage national et donc c'est eux qui ont pris leur décision. C'est eux qui ont pris leur décision et je respecte toutes les décisions, je respecte toutes les positions là -dedans. Je dis juste et vraiment, je me permets d'insister là -dessus. RN et LFI, il n'y a pas un signe égal entre les deux.
Le RN trouve ses racines, je le rappelle, dans un antisĂ©mitisme structurel, dans la collaboration, dans le dĂ©ni du gĂ©nocide des Juifs d'Europe. Il y a un dĂ©putĂ© dans l'AssemblĂ©e Nationale qui a ouvert une librairie nĂ©gationniste, c'est-Ă -dire qui vantait les mĂ©rites du nazisme. Enfin, je veux dire, LFI n'a jamais fait quelque chose de cet ordre. Pour la famille, c'est la mĂȘme chose, mais la famille les met dos Ă dos. TrĂšs bien, et je ne discute pas ça. Mais je vous dis juste que lĂ , dans le dĂ©bat politique et dans le dĂ©bat national, nous ne devons pas mettre un signe Ă©gal parce qu'alors, c'est dangereux parce que nous banalisons les idĂ©es d'extrĂȘme droite.
C'est ce que fait la famille de Robert Badinter ? Nous banalisons le fait que le RN, que l'extrĂȘme droite Ă©gale l'extrĂȘme gauche. C'est ce que fait la famille de Robert Badinter ? Et par ailleurs, LFI n'est pas d'extrĂȘme gauche, c'est une gauche radicale, mais ça n'est pas d'extrĂȘme gauche et ça, c'est un dĂ©bat. C'est ce que fait la famille de Robert Badinter ? Je pense que quand elle met un signe Ă©gal, elle permet le fait qu'on puisse confondre les deux. On ne peut pas confondre les deux. Donc pour rĂ©sumer, vous cautionnez le fait que les dĂ©putĂ©s LFI aillent Ă l'hommage contre l'avis de la famille.
Je dis que c'est un hommage national et je dis que le RN et LFI ne sont pas les mĂȘmes formations politiques, ils n'ont pas la mĂȘme histoire, ils n'ont pas le mĂȘme rapport Ă l'antisĂ©mitisme et que vraiment lĂ , on brouille tout le dĂ©bat national.
Les insoumis ont leur place Ă l'hommage national. Les insoumis ont leur place Ă l'hommage national de Robert Badinter. La rĂ©ponse est beaucoup plus claire. Aurore Berger, qui est la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e de l'Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes, la lutte contre les discriminations propose de supprimer les subventions aux associations qui auraient tenu des propos ambigus sur le massacre du 7 octobre en IsraĂ«l. Ătre fĂ©ministe, dit-elle, c'est dire les choses et c'est soutenir les femmes qui ont Ă©tĂ© mutilĂ©es le 7 octobre. Est-ce qu'elle a raison de clarifier ce point ?
Sur le 7 octobre, il y a eu un fĂ©minicide de masse. Sur le 7 octobre, il y a eu... Vous le dites, il n'y a pas d'ambitude. Vous dites, c'est un fĂ©minicide de masse. Oui, c'est un fĂ©minicide de masse. Il y a eu des violences sexuelles, spĂ©cifiquement sur les femmes. Donc, il n'y a pas de doute sur ce qui s'est passĂ© le 7 octobre. D'autres ont Ă©tĂ© moins claires que vous. Peut-ĂȘtre. Mais, par contre, commencer Ă mettre les associations sous le coup de ce qu'elles devraient dire ou pas dire, sous la menace de subvention en fonction de ce qu'elles disent et de ce qu'elles ne disent pas.
Je rappelle que le droit Ă l'association, la libertĂ© d'association, fait partie de nos fondamentaux de la RĂ©publique. Et qu'on peut ne pas ĂȘtre d'accord avec la position de certaines associations, mais qu'en fait, la libertĂ© d'association est absolument fondamentale dans la Constitution française. Il y a aussi une charte que doit signer les associations. Et Ă chaque fois qu'on grignote les libertĂ©s publiques, Ă chaque fois qu'on, petit Ă petit, on se dit qu'il est naturel de mettre la pression, de faire du chantage sur les positions des uns et des autres, eh bien, on renonce aux valeurs fondamentales de la France.
Alors, vraiment, oui, les associations doivent ĂȘtre garanties dans leur libertĂ© d'association, de rĂ©union, etc. Et en l'occurrence, Aurore Berger, quand elle dit qu'elle va couper les financements Ă des associations qui n'ont pas eu des positions qu'elle attendait sur le 7 octobre, eh bien, je dis Ă Aurore Berger de discuter avec elles.
â C'est une question, elles ont Ă©tĂ© ambiguĂ«s, elles n'ont rien dit, en fait. â Bah, rien dit, c'est pas⊠â Elles Ă©taient absentes du dĂ©bat, vous vous dites, fĂ©minicide de masse, il a fallu les chercher, les associations fĂ©ministes, pour entendre ce propos.
â Elles n'ont pas niĂ© non plus qu'il y avait eu un fĂ©minicide de masse. Et par ailleurs, je dis Ă Aurore Berger⊠â Elles n'ont rien dit. â Non, mais je dis Ă Aurore Berger, discuter, discuter avec elles, plutĂŽt que d'agir immĂ©diatement sur un levier financier sur la menace, discuter. VoilĂ , et que vraiment, je trouve que lĂ , on est dans une atteinte permanente Ă ce qui est le fondement de la France, qui est la libertĂ© d'association, d'expression, les valeurs. Et moi, ça me⊠vraiment, ça finit par me toucher, parce que je me dis, mais quand est-ce qu'on va avoir un sursaut rĂ©publicain, lĂ , en fait ? Quand est-ce qu'on va garantir nos libertĂ©s ?
Quand est-ce qu'on va se retrouver sur les valeurs qui ont fondé notre France ?
â Sandrine Rousseau, il y a un autre sujet qui, je crois, vous touche particuliĂšrement. C'est les accusations portĂ©es par une vingtaine de femmes, vingt-deux femmes, contre le psychanalyste GĂ©rard Miller. C'est le magazine Elle qui a rĂ©vĂ©lĂ© en premier les tĂ©moignages, accusations de viol, d'agression sexuelle. C'est l'un de vos soutiens politiques. GĂ©rard Miller, trĂšs impliquĂ© auprĂšs de la France insoumise. Je prĂ©cise qu'il bĂ©nĂ©ficie, Ă©videmment, comme tout le monde, de la prĂ©somption d'innocence. Mais est-ce que vous vous doutiez, est-ce que vous aviez vu qu'il pouvait avoir un comportement problĂ©matique avec des femmes, parfois, souvent, jeunes ?
â Non, sinon, je n'aurais pas acceptĂ© qu'il soit un de mes soutiens. Et quand j'ai lu cet article qui est sorti dans Elle, puis dans Mediapart, puis de nouveau dans Elle, voilĂ , j'ai Ă©tĂ©, je dois le dire, non seulement déçue, mais aussi trĂšs en colĂšre. TrĂšs en colĂšre. Et c'est pour ça que, dans l'article de Elle, je dis aux victimes qui ont pu voir les photos de soutien que, voilĂ , je m'excuse auprĂšs d'elles de ces photos, que je suis dĂ©solĂ©e de ce qu'elles ont pu voir et que ça me pose des questions. â Vous ne pouvez pas dire de l'avoir bien vu. â Parce qu'en fait, moi, j'essaye de protĂ©ger les victimes.
J'essaye de faire en sorte que, non seulement leurs paroles soient entendues dans le dĂ©bat public, mais qu'en plus, mĂȘme leur santĂ© Ă elles, qu'elles aillent bien, qu'elles se sentent Ă l'aise Ă parler. LĂ , je me dis que peut-ĂȘtre, quand elles ont vu ces photos, peut-ĂȘtre se sont-elles interrogĂ©es. Donc, voilĂ , je leur dis, je vous soutiens, je soutiens votre parole, je respecte votre parole et, voilĂ , je suis de votre cĂŽtĂ©
et je mĂšnerai ce combat, quel qu'en soit le coup. â Ă elle, vous dites, je n'ai pas grand monde sur qui comptez dans ce combat. Vous vous sentez seule, aujourd'hui, en politique ? On n'entend pas les insoumis sur le cas de GĂ©rard Miller, par exemple.
â Je trouve que, mais on n'entend personne, en fait, je trouve que, voilĂ , on est, oui, le combat fĂ©ministe n'est pas perçu pour ce qu'il est, c'est-Ă -dire un droit humain fondamental.
â 8h53, Sandrine Rousseau, merci d'ĂȘtre venue Ă ce micro ce matin sur RMC BFM TV. Bonne journĂ©e Ă vous, je vous sens trĂšs Ă©mue sur le cas de GĂ©rard Miller. Bonne journĂ©e Ă vous, bonne journĂ©e Ă tous.
â Merci beaucoup, merci Nel Alatrousse. Bonjour Ă vous, dans un instant, le live, Ă©videmment, comme chaque matin, avec l'objectif, pour ce qui est de la grĂšve Ă la SNCF, l'objectif de la direction, c'est de faire rouler 50% des TGV ce week-end. Ăa veut dire que des dizaines de billets français vont se retrouver en rade pour les vacances. On en parle dans un instant, vous restez avec nous, Ă tout de suite.
â Sous-titrage ST' 501
Sandrine Rousseau