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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 15 juin 2022 30 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalSécuritéÉconomie & entreprises

Point presse du Président Emmanuel Macron et du Président roumain Klaus Iohannis.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Comment voyez-vous la relation entre l'Occident et la Russie à l'avenir ?

  • 9:30OuverteRéponse directe

    La Roumanie et la France ont-elles un consensus sur l'adhésion de la Moldavie à l'UE ?

  • 12:00OuverteRéponse partielle

    Allez-vous vous rendre à Kiev ensemble demain ?

  • 14:00RelanceRéponse partielle

    N'est-ce pas un mélange des genres d'utiliser votre casquette de chef des armées en campagne électorale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Emmanuel MacronFait
    « J'ai décidé de ce déploiement le 19 janvier, dans son principe, pour témoigner de la pleine solidarité de la France envers ses alliés européens face aux menaces de notre sécurité commune. »
  • 5:00Klaus IohannisFait
    « La Roumanie déploie des efforts soutenus pour offrir de l'aide à l'Ukraine et des routes alternatives par le port de Constanta et d'autres ports sur le Danube. »
  • 7:00Klaus IohannisFait
    « La Roumanie est préparée pour assumer un rôle actif et va déployer tous les efforts nécessaires pour assurer la résilience du secteur énergétique. »
  • 15:00Klaus IohannisChiffre
    « La Roumanie devra jouer un rôle significatif parce que nous avons transporté des centaines de milliers de tonnes d'Ukraine vers Constanta et les autres marchés du monde. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le président de la République Française, Monsieur Emmanuel Macron, votre visite, Monsieur le Président, et la consultation substantielle que nous avons presque finie sont une nouvelle preuve de l'excellente relation bilatérale et du partenariat stratégique authentique entre nos deux pays. Soyez le bienvenu, cher Emmanuel. Sous le fond de la crise générée par l'agression militaire de la Fédération russe en Ukraine, notre coopération sur la ligne de sécurité a connu, ces derniers temps, une intensification spéciale et je peux dire qu'elle était vraiment bienvenue.

Je vous remercie, à cette occasion, pour la présence des soldats français en Roumanie et pour le fait que la France ait assumé la position de leader de NATO, ce qui est une priorité de premier rang. La préparation du sommet de l'OTAN à Madrid a eu une place spéciale dans nos discussions. Il est essentiel pour le futur de l'alliance et pour notre sécurité commune.

Nous avons discuté en priorité sur la nécessité de consolider la posture de désescalade de la position de la Russie sur la mer Noire, avec le soutien des partenaires de l'alliance, et sur les perspectives d'adhésion de la Suède et de la Finlande. Évidemment, nous avons discuté avec le président Macron de notre préoccupation en ce qui concerne la situation et le degré d'action en Ukraine, des mesures pour les réfugiés ukrainiens qui viennent en Roumanie ainsi que du support que nous offrirons à l'Ukraine par le [ INAUDIBLE ] par exemple, que la France a utilisé aussi. Une autre aide communautaire pour la Roumanie et la France a été aussi l'assurance de la sécurité alimentaire au niveau global, qui est profondément affectée par la blocage fait par la Russie abusivement dans les ports de l'Ukraine, qui empêche que les céréales d'Ukraine arrivent dans divers pays du monde.

La Roumanie déploie des efforts soutenus pour offrir de l'aide à l'Ukraine et des routes alternatives par le port de Constanta et d'autres ports sur le Danube. Les autorités cherchent des solutions intégrées pour faire ce transit avec le support de nos partenaires extérieurs. Nous avons établi, avec Monsieur le Président, de coopérer de manière proche pour achever ces objectifs.

Nous avons discuté aussi de ce qui concerne le support substantiel que la Roumanie et la France donnent à la République de Moldavie. Je suis content qu'après cette visite il aille à Chisinau, aujourd'hui. Dans ce contexte, nous avons discuté de comment aider ensemble la République de Moldavie à réussir [ INAUDIBLE ] [ INAUDIBLE ] générées par la guerre de la Russie contre l'Ukraine.

Une initiative très importante dans ce but est la plateforme de support pour la Moldavie que la Roumanie, la France et l'Allemagne ont lancée à Berlin en avril. Nous avons discuté de la préparation de la Conférence pour l'Europe qui aura lieu en Roumanie cet été. Nous avons salué les résultats de l'Élysée dans la présidence de l'Union européenne d'une manière sécuritaire, économique et sociale.

Nous avons discuté de ce qui concerne la sécurité énergétique, tenant compte de l'évolution en Ukraine, et du défi européen d'éliminer notre dépendance à la fédération de Russie. La Roumanie est préparée pour assumer un rôle actif et va déployer tous les efforts nécessaires pour assurer la résilience du secteur énergétique. Nous avons eu une longue discussion avec le président Macron en ce qui concerne les perspectives d'expansion de l'espace Schengen et en ce qui concerne l'acceptation légitime de la Roumanie.

Nous avons souligné que l'expansion de l'espace Schengen allait contribuer aux résiliences de l'Union dans son ensemble, pour renforcer la compétitivité d'un marché unique et des citoyens européens. Nous avons confiance dans le fait de pouvoir compter sur le support de la France dans notre candidature à Schengen. En ce qui concerne la demande d'adhésion à l'Union européenne de l'Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie, nous avons affirmé notre support pour qu'ils adhèrent à l'Union, et qu'ils doivent avoir le [ INAUDIBLE ] et le processus de réforme nécessaire conformément à leur propre mérite et les progrès qu'ils ont dans leur effort.

Nous avons soutenu l'importance d'un signal politique clair en ce qui concerne l'Union européenne, de s'engager avec ses partenaires pro européens. En ce qui concerne les Balkans, nous avons réaffirmé le support de la Roumanie pour adopter le plus tôt possible la négociation avec l'Albanie et la Macédoine du Nord. En conclusion, je veux remercier Monsieur le Président pour sa visite et le cadre ouvert dont nous avons parlé.

Je suis convaincu que notre dialogue ouvert va continuer, de sorte que nous réussirons à contribuer de manière substantielle aux gestions de crises multiples auxquelles nous devons faire face en ce moment, pour protéger et consolider nos citoyens. Je vous remercie, Monsieur. S'il vous plaît, Monsieur le Président.

Merci, Monsieur le Président, cher Klaus. Merci pour l'accueil, et je suis heureux d'être à tes côtés aujourd'hui en Roumanie. Je suis très heureux, en effet, d'être avant tout sur la base [ INAUDIBLE ] ici, à l'invitation de Monsieur le Président Klaus Iohannis pour cette visite aux armées.

Ce déplacement intervient, le président vient de le rappeler, dans un contexte extrêmement grave que nous connaissons tous, la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine qui se déroule tout près d'ici. J'ai pu, hier soir et ce matin, rencontrer les soldats français qui participent depuis février à la réassurance de la Roumanie. J'ai décidé de ce déploiement le 19 janvier, dans son principe, pour témoigner de la pleine solidarité de la France envers ses alliés européens face aux menaces de notre sécurité commune.

Je remercie la Roumanie d'avoir accepté que la France prenne la responsabilité de nation cadre de l'OTAN sur son territoire. C'est un signe de confiance et le reflet de l'étroitesse de notre partenariat stratégique. Je veux aussi remercier nos armées qui se sont déployées avec une réactivité inédite entre la décision formelle et la fin de leur déploiement quelques jours à peine, ce qui est le signe de la réactivité et de la crédibilité des armées françaises dans le cadre de l'OTAN à l'égard d'un pays ami, dès que la menace survient.

Cette procédure avait été utilisée pour la première fois et nous avons montré, vous avez montré que vous étiez à la hauteur, et j'en suis fier et reconnaissant. Je sais que les soldats arrivés au mois de février auront bientôt à retrouver leurs montagnes, et je veux à nouveau les remercier et remercier les successeurs qui, arrivant de Castres depuis quelques jours pour les premiers d'entre eux, viendront les relever et continueront de se déployer. Je veux en tout cas vous dire, Monsieur le Président, que nous sommes fiers d'être ici, heureux de la mission qui s'est parfaitement accomplie dans cette première phase, et heureux de la poursuivre à vos côtés et aux côtés de l'ensemble des armées alliées ici présentes.

Je profite de cette occasion pour saluer l'ensemble des contingents et des nations que nous avons croisés à l'instant et qui permettent de sécuriser pleinement la Roumanie, et ce faisant le flanc oriental de l'Europe et de l'OTAN, et avec lesquels le travail est quotidien pour nos soldats. La Roumanie n'est pas, pour la France, un pays comme les autres. L'alliance entre nos deux pays s'appuie sur une amitié de deux siècles, nous l'avons évoquée ensemble.

À plusieurs reprises, face à des crises mettant en jeu sa sécurité, la Roumanie a pu et su compter sur la fraternité de la France, et je suis fier que nous puissions ensemble prolonger cette histoire. Pour aller plus loin, nous souhaitons continuer d'avancer. D'abord sur le plan bilatéral.

Nous travaillons, à la demande des autorités roumaines, à un ambitieux partenariat de soutien aux forces navales roumaines. Nos gouvernements et nos ministres présents ont pu s'entretenir et acté des documents cadres. Sur le plan politique et militaire, nous souhaitons renforcer ce lien.

Évidemment ensuite, dans le cadre de l'OTAN puisque c'est dans ce cadre que la France est présente sur le territoire roumain, avec la contribution d'autres alliés dont je saluais la présence à l'instant, et avec bien sûr l'appui des forces armées roumaines, le dispositif actuel va monter en puissance. Le prochain sommet, auquel nous serons l'un et l'autre dans quelques jours à Madrid, confirmera cette ambition. C'est une preuve de plus de notre unité pour écarter toute menace militaire sur le flanc est de l'Union européenne et de l'OTAN.

Enfin, dans le cadre européen aussi, cette amitié prend une tournure toute particulière. Vous avez rappelé la communauté de vue qui est la nôtre, Monsieur le Président, quand il s'agit de l'approche politique à l'égard de l'Ukraine, du dossier des Balkans occidentaux, et tout particulièrement des discussions en cours entre la Macédoine du nord et la Bulgarie. La présidence française, vous le savez, y est tout particulièrement engagée et les prochaines heures seront décisives.

Qu'il s'agisse aussi de l'accession à Schengen, nous avons eu l'occasion d'en parler et je souhaite que nous puissions avancer sur ce dossier et poursuivre l'effort commun que nous menons depuis tant d'années, la France est à vos côtés et nous souhaitons, ensemble, faire avancer les choses. La boussole stratégique que nous avons adoptée a été renforcée pour prendre en compte la menace croissante en mer Noire et elle illustre pleinement vos préoccupations, nos préoccupations et ce partenariat. Nous sommes engagés, avec nos amis roumains aussi, dans le soutien à l'Ukraine sous toutes ses formes : politique, humanitaire, financière et militaire parce que, là aussi, nous partageons la même condamnation sans appel de l'agresseur, comme le montre le train sans précédent de sanctions adoptées par l'Union européenne contre la Russie.

Nous poursuivons les mêmes efforts pour assurer notre indépendance énergétique, construire notre défense commune et œuvrer, vous l'avez rappelé à l'instant, Monsieur le Président, à améliorer aussi la sécurité alimentaire, pas seulement des Européens mais du reste du monde, dans le contexte que nous connaissons. Sur tous ces sujets, nous avançons ensemble. J'ai pu, enfin, m'entretenir avec le président Iohannis sur la proposition de communauté politique européenne que nous souhaitons faire progresser et qui a vocation justement, au-delà de notre union et de notre coopération bilatérale, à structurer sur le plan politique, sur le plan sécuritaire, sur le plan énergétique et des infrastructures, notre continent et, au fond, tous les États qui ont une communauté de géographie et de valeurs.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais rappeler en disant à nouveau à Monsieur le Président, cher Klaus, l'amitié de la France pour votre pays, son soutien indéfectible et notre présence dans la durée, aussi longtemps que votre sécurité sera menacée. Merci Klaus, merci Président. Bonjour, Messieurs les Présidents, je représente Radio France Internationale en Roumanie.

J'ai deux questions, une pour Monsieur le président Macron et l'autre pour Monsieur Iohannis. Pour Monsieur Macron, vous avez affirmé que la Russie ne devait pas être humiliée. Comment voyez-vous la relation entre l'Occident et la Russie à l'avenir, dans la scène internationale ?

Pour Monsieur Iohannis, vous avez affirmé la position de la Roumanie en ce qui concerne les aspirations européennes de la Moldavie [ INAUDIBLE ]. Pouvez-vous, s'il vous plaît, nous dire si pendant votre discussion avec Monsieur Macron, vous avez eu un consensus pour leur possible candidature pour adhérer à l'Union européenne ? Merci.

Face à la guerre décidée par la Russie contre l'Ukraine et son peuple, notre position, la position de la France et de l'Europe, est claire depuis le premier jour. D'abord, tout faire pour l'empêcher, ce à quoi nous avons œuvré. Ensuite, sanctionner de manière claire et unie la Russie, que nous avons dès le premier jour désignée avec clarté comme étant le responsable de cette guerre et de ce qui est une faute morale, politique et historique.

Je suis fier que, sous cette présidence française, nous ayons su maintenir constamment l'unité des Européens, que nous ayons décidé vite et fort le premier paquet de mesures de sanctions et que, depuis le début du conflit, nous ayons pris six séries de sanctions successives inédites, jusqu'à la dernière sanctionnant la quasi totalité du pétrole russe. Ensuite, avec beaucoup de clarté, nous continuons de soutenir l'Ukraine pour l'aider à se défendre et à se battre, pour l'aider sur le plan économique et financier et pour l'aider sur le plan humanitaire. Nous continuons d'accueillir sur le sol européen qui, je le rappelle, est le premier espace au monde qui les accueille, des réfugiés fuyant la guerre.

Telle est la position de la France et de l'Europe, sans aucune complaisance mais nous voulons bâtir la paix, ce qui veut dire qu'à un moment nous souhaitons tous que le feu cesse et que les discussions reprennent. J'ai simplement par cette formule, en lien constant avec le président Zelensky, et comme il l'a lui parfaitement compris, redit que nous, Européens, nous partageons un continent et, la géographie est têtue, il se trouve qu'au bout de celui-ci la Russie continue d'être là. Elle est là aujourd'hui, elle était là hier et elle sera là demain.

La Russie est une puissance dotée et, donc, je n'ai jamais partagé les propos qui consistaient à dire qu'aujourd'hui nous ferions la guerre au peuple russe et que demain nous voudrions l'anéantir, puisque c'est ce qui s'est parfois dit. Non. Parce qu'à un moment donné, quand nous aurons aidé au maximum à résister, quand, je le souhaite, l'Ukraine aura gagné et surtout que le feu pourra cesser, nous devrons négocier.

Le président ukrainien et ses dirigeants devront négocier avec la Russie et nous serons, nous Européens, autour de cette table, apportant qui les garanties de sécurité, qui les éléments pour ce qui relève de notre continent. C'est ça, la réalité des choses, et c'est ce principe-là que j'ai simplement rappelé. À un moment donné, cela viendra et, donc, tous propos excessifs ne permettront pas à ce moment de venir or il en va aussi de notre avenir.

En ce qui concerne la demande d'adhésion de la Moldavie, de la Géorgie et de l'Albanie, on a discuté et d'ici la fin du mois on aura une décision. La Commission travaille dans ce but. La présidence de la France est extrêmement impliquée et, à mon avis, je pense qu'il y a des chances pour que les discussions soient finies d'ici la fin du mois dans le Conseil.

Je peux dire seulement en mon nom et en celui de la Roumanie, je le dis et je le répète, à mon avis le statut de candidat doit être accordé le plus vite possible. C'est une solution qui sera bonne sur le plan moral, économique, et sécuritaire. Monsieur le Président et moi, nous avons discuté de manière étendue de cet objectif et on cherche à trouver une solution faisable et réalisable.

Bonjour, Bastien Augey pour TF1 et LCI. Monsieur le président Macron, vous aviez dit que vous vous rendriez à Kiev quand vous jugeriez que ce serait utile. Est-ce que vous jugez tous deux, Messieurs les Présidents, que le moment utile est arrivé pour vous rendre à Kiev ?

Est-ce que, très concrètement, vous irez demain ensemble dans la capitale ukrainienne, comme le dit une partie de la presse européenne ? Et quelles étaient, selon vous, les conditions à réunir pour pouvoir vous rendre en Ukraine et quelles avancées attendez-vous de ce déplacement le jour où vous l'effectuerez ? Je vous remercie.

Merci beaucoup pour votre question. J'aurai à la fois réserve et prudence pour être explicite sur les sujets logistiques d'un point de vue politique. Je considère que nous sommes en train de converger pour avoir aujourd'hui des discussions d'une nature nouvelle avec l'Ukraine.

D'abord, pour continuer l'effort d'équipement et de coopération, et l'effort financier qui doit prendre une nouvelle teneur. Ensuite, le président l'a évoqué, nous sommes dans un contexte où il nous faut parachever des discussions importantes pour pouvoir sortir les céréales du sol ukrainien. Et, enfin et surtout, je pense que nous sommes à un moment où nous avons besoin d'envoyer des signaux politiques, nous Européens, nous Union européenne, clairs à l'égard de l'Ukraine et du peuple ukrainien, dans un contexte où il résiste de manière héroïque depuis plusieurs mois.

Le faire en prenant en compte la nécessaire unité des Européens, c'est tout le travail qui est le nôtre depuis plusieurs semaines, et le faire avant un Conseil européen qui aura à prendre des décisions importantes à cet égard. Le faire en regardant en effet l'Ukraine, l'effort qu'elle mène, l'importance de lui envoyer un message de soutien dans ce moment critique ; de considérer la situation de la Moldavie voisine où je me rendrai dans quelques instants, qu'il nous faut soutenir parce qu'elle est elle- même déstabilisée, par des mouvements politiques séparatistes et par un grand nombre de réfugiés qu'elle accueille avec beaucoup de générosité sur son sol avec l'aide de beaucoup d'ONG plusieurs humanitaires m'accompagneront et je veux les en remercier, et en prenant en compte aussi les effets qu'il y aura sur la région des Balkans occidentaux, le président Iohannis l'a parfaitement rappelé, qui sont pour certains engagés depuis plusieurs années dans un tel processus, région qui peut elle aussi être déstabilisée par tout mouvement. Vous le voyez, au fond, aux portes de notre Union européenne, se joue une situation géopolitique inédite.

Donc oui, pour toutes ces raisons, le contexte politique et les décisions que l'Union européenne et plusieurs nations devront prendre justifient de nouvelles discussions en profondeur et de nouvelles avancées. [ INAUDIBLE ] Monsieur le président Macron, à Bucarest les leaders du [ INAUDIBLE ] ont déclaré que la Russie était un agresseur. Est-ce que vous pensez que la même conclusion sera faite dans le Conseil de l'OTAN à Madrid ?

Vous considérez que la Russie ne doit pas être humiliée et, donc, comment on peut traiter avec un agresseur sans l'humilier ? Monsieur Iohannis, la géographie nous force à jouer un rôle essentiel dans la gestion de la crise alimentaire sur la planète, à quelle avancée en sont les discussions ? Parce qu'en ce moment l'Ukraine dit qu'on n'importe pas suffisamment à cause de la Russie.

Sur votre première question, elle rejoint un peu celle de votre confrère à laquelle j'ai répondu en détail, je pourrais simplement vous dire que, dès le premier jour, la France a été claire pour dire que la Russie était l'agresseur et qu'elle menait une guerre contre l'Ukraine et son peuple et ne respectait ni l'intégrité territoriale ni la souveraineté de l'Ukraine. Nous l'avons condamnée avec beaucoup de fermeté dans toutes les enceintes internationales. Nous avons pris immédiatement des mesures et sanctionné.

Donc oui, la difficulté dans laquelle nous sommes tous plongés, nous l'avons longuement évoquée avec le président Iohannis, c'est que nous dénonçons, nous sanctionnons et nous soutenons les Ukrainiens pour qu'ils se battent mais, enfin, ayons la lucidité de constater que nous ne faisons pas la guerre. Nous ne faisons pas la guerre à la Russie et donc la seule issue souhaitable du conflit est soit une victoire militaire de l'Ukraine, soit à un moment une discussion parce que le feu aura cessé, et qui permette un accord entre l'Ukraine et la Russie. Donc à un moment il faudra parler, c'est ce que je dis.

Je crois que ça relève du bon sens. Je suis toujours frappé de voir qu'il y a une forme d'escalade verbale, alors même qu'on n'en tire pas toutes les conséquences. Moi, j'essaie d'être cohérent entre le terrain et ce que je dis.

En ce qui concerne le transport des céréales d'Ukraine vers le marché international, c'est clair qu'on a un problème logistique d'une ampleur épique. La Roumanie est fermement décidée à jouer un rôle positif pour trouver une solution à cette question et trouver la meilleure solution possible, sur le plan logistique, en ce moment où le [ INAUDIBLE ] a constitué un comité interministériel pour trouver des solutions. Il faut voir, premièrement, ces routes logistiques.

Il n'existe pas de moyens logistiques de transport. Donc nous sommes dans la situation de développer, pas de zéro mais d'un degré vraiment réduit, à un niveau élevé les capacités de transport. Pour ça, il faut mettre en pratique des projets d'infrastructure, apporter une ligne de grand gabarit à un port, probablement à [ INAUDIBLE ], faciliter les procédures sur le Danube, le transport avec des [ INAUDIBLE ] sur le Danube, etc.

Donc il faut accroître significativement la capacité du port de Constanta pour transporter des quantités importantes de céréales et beaucoup d'autres choses. La Roumanie devra jouer un rôle significatif parce que nous avons transporté des centaines de milliers de tonnes d'Ukraine vers Constanta et les autres marchés du monde mais il faut agrandir cette capacité. Ensemble, avec notre partenaire, nous sommes intéressés et volontaires pour développer ces routes.

Messieurs les Présidents, bonjour, Florian Tardif pour CNEWS. Monsieur le Président Macron, vous avez décidé d'inscrire ce déplacement au cœur de cette campagne de l'entre deux tours, en vous exprimant vous-même depuis le tarmac de l'aéroport, quelques minutes avant de prendre l'avion pour vous diriger sur cette base, en appelant les Français à vous donner une large majorité à l'Assemblée nationale. Est-ce que ce n'est pas un mélange des genres, comme cela, d'utiliser votre casquette de chef des armées ?

C'est ce que vous reprochent vos adversaires, à commencer par Jean-Luc Mélenchon qui y voit une sorte de mépris à l'égard du peuple français, je le cite. Merci. Il faudra m'expliquer en quoi venir auprès de nos soldats est une forme de mépris.

C'est un respect affiché et je pense que tous nos compatriotes le ressentent ainsi. Je ne m'exprimerai pas sur la politique française. Certes, nous sommes sur un tarmac, mais il est en Roumanie et j'ai pris le soin de m'adresser aux Françaises et aux Français sur un sujet de politique intérieure depuis le sol français.

Je ne le ferai pas depuis l'étranger, mais je pense qu'être président de la République, et les Françaises et les Français m'ont fait l'honneur de me reconduire dans ces fonctions en m'élisant à nouveau il y a quelques semaines, c'est être aussi chef des armées, c'est être à la tête de notre diplomatie et porter la voix de la France. Nous sommes à quelques jours de la fin d'une présidence française de l'Union européenne. Je sais que d'aucuns veulent en sortir, affaiblissant le pays et sa sécurité, et je le combats avec force.

Mais c'est pleinement mon rôle que de venir aux côtés de nos soldats, que de venir aux côtés de nos alliés et de préparer les décisions de ce qui sera le dernier conseil sous présidence française dans quelques jours, avant aussi un sommet de l'OTAN et un G7 dont l'agenda sera important. Donc j'assume, comme d'habitude, tout, avec clarté et sérénité, parce que je pense que notre pays a besoin de clarté et de sérénité aussi. Merci beaucoup.

Merci beaucoup. Merci aux Roumaines et aux Roumains.