La francophonie est un espace de créolisation
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Alors, je vais juste dire un un petit mot d'accueil pour remercier euh euh d'abord euh et bien euh nos intervenants, hein. Nous avons euh euh son excellence monsieur l'ambassadeur de la République démocratique du Congo qui est présent. Euh tout à l'heure arriveront euh euh ses homologues euh sénégalais et et madame l'ambassadrice du Maroc.
Nous avons évidemment euh nos amis de la délégation parlementaire du Sénégal qui nous font le plaisir d'être là toute la semaine dans le cadre du groupe d'amitié puisque votre humble serviteur est aussi le président du groupe d'amitié France Sénégal. Donc bonjour à tous, enfin rebonjour chers collègues et encore une fois un immense plaisir que de vous avoir avec nous pour cet après-midi. Je salue aussi les parlementaires mauritaniens qui sont venus assister à notre débat.
Je vois beaucoup de visages amis dans la salle. Je salue la délégation du Parti socialiste en Frontière du Tchad que que nous avons aussi le plaisir d'accueillir et bien sûr mes collègues députés qui sont présents. Mon cher René, mon cher Pourria.
J'espère que je n'oublie personne si Arnaud doit être quelque part mais voilà il est là. Voilà mon cher Arnaud. Euh et puis bien sûr nos autres intervenants.
Cher Françoise Verges, merci beaucoup d'être parmi nous. Euh je pense que euh les autres intervenants doivent être là mais je ne les vois pas. Donc n'hésitez pas à vous approcher vers devant pour euh qu'on puisse ensuite vous installer euh pour la première table ronde qui sera euh celle qui finalement portera plutôt sur les aspects de la langue.
Le la langue française est une langue magnifique mais quand on parle de francophonie, elle est aussi chargée d'un héritage, l'héritage colonial. et on s'intera ensemble sur comment on peut décoloniser cette langue qui appartient désormais à tous ceux qui la parlent. Ça, ce sera la première table ronde.
Et puis la seconde table ronde sera l'occasion de voir comment la langue française peut être un support privilégié d'une coopération internationale tournée vers les grands défis de demain, tourner vers la paix, tourner vers la production de de biens en commun universel puisque c'est cette conception d'une francophonie décoloniale et anti-impériale que nous défendons. Mais tout de suite pour ouvrir ce colloque, nous avons l'immense plaisir d'accueillir Jean-Luc Mélenchon. je vous demanderai de le saluer, s'il vous plaît et et et qui va donc nous nous nous dire euh comment lui il voit euh les enjeux francophones et l'avenir de la francophonie parce que c'est sur ça qu'on va s'interroger collectivement cet après-midi.
Merci à tous. Merci mon cher Aurélien, cher Aurélien Taché, député insoumis du Val de DOE qui me fait l'honneur de me confier l'ouverture de ce moment qui va compter peut-être beaucoup plus pour nous que pour nombreux d'entre vous puisque pour nous c'est l'ouverture comme insoumis d'un cycle de travail, de réflexion et d'action qui va s'étendre, je l'espère, sur plusieurs années, mais qui a déjà eu ses racines dans quelques-unes des rencontres que nous avons eu ensemble et que nous allons prolonger car pour nous la francophonie est un objet politique et je suppose que c'est pour ça que on me fait ouvrir cette séance dans la mesure où aussi Aurélia est en même temps le responsable de cette question dans l'Institut Labéie que j'ai l'honneur de coprésider avec la députée Clémence Gueté. Je salue madame la ministre, mesdames messieurs les ambassadeurs, les parlementaires, mes collègues et puis beaucoup d'entre vous qui sont des amis en plus d'être des collègues et que j'ai un bonheur singulier à retrouver ici. bien sûr pour Yaamir Shai qui a été le rapporteur sur le thème de la francophonie avant Aurélien et qui a fait un travail de défrichage qui me convient d'autant mieux que nous en avons déjà repris l'essentiel dans nos campagnes dans nos campagnes politiques.
Bon alors c'est pas les mêmes que les siennes mais bon il a perdu son bagage en route et il a trouvé preneur. Voilà comment je salue aussi les conseillers des ambassades qui sont là. celui de et en particulier qui m'a été signalé, celui de l'ambassade de Chine, ceux de l'ambassade de Chine euh qui sont des amis.
Alors si je commence par vous dire que la francophonie est un objet politique, cela m'épargne des transitions qui ne ferait que nous faire perdre du temps. La langue française s'est répandue dans le monde à la faveur du colonialisme et cette origine est d'une certaine manière lui pèse. Or, pourtant, comme le disait Thomas Ankara, à la fin cette langue est la propriété et la conquête de ceux qui s'en sont servi et qui parfois l'ont utilisé, y compris contre les Français, ce qui était quand même le moins qu'on puisse faire.
J'en dirai un mot dans un instant, mais je veux d'abord vous dire que si nous la pensons comme objet politique culturel, ce que j'expliquerai dans un instant, il faut d'abord commencer par régler ce point. Notre vision de la francophonie n'est pas la vision d'un soft power à la française, si je peux utiliser un mot anglais ici, mais véritablement une tentative pour faire émerger la francophonie en tant que langue commune. Et si quelqu'un pouvait trouver un autre mot que langue française pour qualifier notre langue, je ne vous cache pas qu'il serait ou elle serait la bienvenue.
Pourquoi ? Parce que premièrement, les Français eux-mêmes ne savent pas qu'ils sont francophones. Ils parlent leur langue maternelle et du coup ils oublient de regarder souvent autour d'eux.
La vérité c'est que la langue française n'appartient plus à la France et aux Français depuis fort longtemps puisque 29 nations l'ont comme langue officielle. Dès lors, la langue française n'est pas la propriété singulière de la nation française et en particulier certainement pas celle de ceux qui voudraient figer l'identité française dans sa langue. Car à nos yeux, pardon, c'est aussi de la politique, la France n'est ni une langue puisque 29 nations l'entend commun, ni une religion puisqu'il y en a six dans notre pays, qu'il y a la religion chrétienne en tête et puis l'islam en 2è position, ni naturellement aucune des autres caractéristiques. nation française pour nous est une nation politique fondée sur l'obtitique liberté égalité fraternité qui pour nous est un message qui peut avoir une certaine universalité en tout cas qui nous permet d'introduire pourquoi nous mettons ce que nous savons en partage.
Alors écartons d'entrée de jeu une définition qui serait ethniquement figée en attribuant le français qui serait partagé. Non. Point numéro 1, la langue est à ceux qui la parlent et aujourd'hui la masse la plus importante de ceux qui la parlent ne vivent pas en France, loin de là.
Et dès lors, j'invite mes compatriotes à une vision plus réaliste de leur rapport au monde et non pas pour craindre comme toujours, car dans le néolibéralisme, l'unique valeur qui est mise en partage, c'est la peur. Peur de perdre ceci, peur d'être envahi par cela. et on oublie l'importance et la vertu du partage.
Il est heureux que nous ayons en partage une langue commune avec tant et tant de nations et tant et tant de peuples. Le point pour nous est que dans l'ère moderne, c'est-à-dire le moment que nous vivons depuis le 21e siècle est quelques-unes des grandes transitions techniques et technologiques, notamment l'une d'entre elles, la formation d'un objet qui n'existait pas. Il y a encore euh peut-être une décennie ou deux.
Cet objet, c'est la noosphère, c'est-à-dire ce qui était d'abord un concept mystique pour Pierre Tillard de Chardin, un concept très fumeux et très lointain dont personne n'avait entendu parler par la Russie soviétique. Celui qui a inventé le mot biosphère mettant en valeur le fait que tous les organismes vivants appartiennent à une même sphère puisqu'ils échangent fondamentalement les mêmes produits chimiques à commencer par l'air. Et bien laan nosphère est la sphère de l'esprit humain et les êtres humains n'entrent en contact avec la réalité qu'à travers les prismes culturels qui façonnent leur intelligence, leur cerveau, leur vocabulaire et tous les autres instruments.
Nous sommes certes des êtres sociaux avant tout, cela est certain et c'est pas Aristote qui dira le contraire, mais nous sommes des êtres socioculturels. C'est-à-dire que notre capacité à être un être humain transite par les filtres qui est un concept aujourd'hui moderne et facile à connaître puisque tout le monde a un filtre sur son appareil photo et c'est de quoi il s'agit et sa capacité de conversion du réel ou d'approche du réel et bien tout le monde passera par sa culture et par son intelligence la nosphère est la sphère de l'ensemble de l'intelligence humaine qui aujourd'hui est une réalité matérielle puisqu'elle est contenue dans les data center puisqu'il n'existe pas mot français pour l'instant qui est transporté par des câbles qui est tenu par une énergie, l'énergie électrique pour entretenir les sources dans lesquelles tout cela est stocké et la totalité des savoirs humains ont été numérisés où le processus est en train de se terminer non seulement pour le passé qui a été pendant des générations l'instrument essentiel de compréhension du présent puisque c'est à ce passé qu'on se rapporte à chacun des instants de notre vie pour produire nos décisions de l'instant d'après. Et bien la NOS étant devenue une réalité, nous pouvons nous poser les questions à propos de cette NOSphère, de sa propriété et des moyens qu'elle permet d'échang.
Si bien que l'usage en commun d'une langue confère une certaine forme de puissance à ceux qui l'ont en partage puisque il constitue un espace spécifique de créolisation. Alors le concept de créolisation qui est un concept moderne récent qui vient du poète Édouard Glissant et c'est important et intéressant de voir que cette idée française ou cette cet appellation mais en tout cas le concept vient d'un poète philosophe français soit venu des Antilles c'est-à-dire d'un lieu où une population qui avait été déportée par l'esclavage et les violences qui allit avec à un autre bout du monde et produit cette idée que pour être pleinement humain Pour pouvoir rester humain, il fallait pouvoir échanger et donc fabriquer une langue qui permette cet échange. Si bien que ceux qui avaient été enlevé ici et là, par-ci, par là sur le continent africain ont produit une langue d'abord pour se comprendre entre eux, ensuite pour se distinguer de celle des maîtres et ont en même temps montré ce qu'était ce processus d'invention.
La créolisation n'est pas une dissolution de ce qui la précèd. C'est une invention de neuf, de nouveau, de mots, de manière d'être, de recettes de cuisine, de musique. Alors pour la musique, tout le monde sait de quoi il s'agit parce que tout le monde vit ça, tout le monde a vécu ça.
D'avoir partagé des musiques et de se les approprier au point de penser que elles font partie de notre culture strictement intime et personnelle car tant d'événements de notre existence se rattache à ces musiques. Et bien, il nous reste à comprendre que cela est vrai pour la langue. Cela est vrai pour le reste des inventions et des créations de l'esprit humain.
Donc nous abordons la question de la francophonie en tant qu'espace de créolisation. Et pour qu'il soit un espace de créolisation, il faut évidemment que nous les Français, les autres sont moins concernés, nous débarrassions notre esprit de toute tentation de domination, tout sentiment de supériorité qui n'a pas lieu d'être. d'abord dans la réalité mais ensuite dans l'entreprise qui est la nôtre aujourd'hui.
Ah, je vous avais pas vu, excusez-moi, et je vous suis passé sous le nez sans vous saluer. Excusez-moi, Françoise. Bon, donc je m'excuse auprès de Françoise Verges que j'ai l'honneur de connaître et qui est une personne très importante dans notre réflexion intellectuelle et donc de l'en débarrasser si autant que nous pouvons en faisant à chaque fois très attention au fait qu'on y revienne pas.
Espace de créolisation. Alors, je dis comment les Français s'en débarrasseront-ils ? Ma fois, je n'en sais rien.
C'est un peuple que je trouve qui est le mien mais qui est aussi étrange à mes yeux que vôtres pour arriver à comprendre pourquoi tout d'un coup il est pris par des fièvres collectives identitaire. Alors, comment pourrait-on être identitaire à propos de la France et de la langue française ? Sachant que la langue elle-même est une invention politique puisque la langue française quand elle est décrétée langue des Français n'est parlé par personne et précisément c'est ce qui en faisait l'intérêt aux yeux du roi c'est que en choisissant le français et langue qui était parlée dans un coin du pays il s'appropriait un pouvoir celui d'interprétation et que au lieu que ce soit l'éclair de l'église qui parlait en latin et qui décidait ce que voulait dire telle ou telle phrase dans un différent et bien ça serait lui puisque lui seul comprenait ce qu'il se racontait et Donc la langue française était si pauvre au départ et qui déjà n'appartenait à aucun français dans la mesure où personne n'était français à l'époque.
C'était les sujets du roi dans leurs différentes provinces. Et bien la langue est si pauvre que les poètes de cours qui étaient payés pour ça déjà à l'époque, c'était l'équivalent des journalistes aujourd'hui et bien était se sont mis tout d'un coup à devenir des passionnés de cette langue qu'aucun d'entre eux ne parlait. Et c'est ainsi que l'on a pu voir défense et illustration de la langue française par Joakim Dubélé qui est un poète de cours qui est payé pour ça et qui évidemment crie merveille à propos de la langue française.
Et comme il y manquait, il est obligé de concéder qu'il y a un inconvénient à cette langue, c'est qu'elle manque de mots. Alors il dit bah quand les mots moquent, on a qu'à prendre chez les autres et on prendra au grecs, on prendra au latin parce que c'est comme ça que font les avocats et les juristes, dit-il. Et puis comme le grec et le latin ne suffisait pas, il dit et puis pour le reste dans la vie et ben il y a qu'à prendre les mots des gens de métier parce qu'on comprend rien ce qu'ils disent mais ça doit être drôlement utile puisque ça leur permet de réaliser leurs œuvres dans le travail.
Voilà mesdames messieurs, l'origine que moi je trouve glorieuse mais qui pourrait ne pas l'être aux yeux des lettré et des savants qui voudraient que la langue française fûse sortie de la cuisse de Jupiter et différents directement transmis à je ne sais quel peuple élu. puisque en ce moment c'est la mode. Et bien non, ce n'était pas le cas.
Voici comment est née la langue française et elle est ensuite en partage en empruntant de tout côtés. Voilà pourquoi il y a tant de mots d'arabe euh euh en français, il y en a 400. Il y en a 100 qui sont des mots russes, il y en a 400 en espagnol.
Il y a de l'hébreux, il y a de tout dans la langue française et c'est bien normal et c'est tant mieux. Il y a aussi évidemment beaucoup de latins, ça va de soi. Et un peu de grec, tout le monde comprend. aussi pourquoi voilà la langue française est déjà elle-même en résultat de créolisation alors on peut dire qu'elle porte dans son code génétique une capacité qu'il est temps pour elle bah de déployer pleinement en se résumant à la formule la langue appartient à ceux qui la parlent.
Je doute que les habitants de Kinshasa, dont j'ai eu le bonheur de faire la connaissance récemment et la moindre idée euh de ce qu'est les conditions de vie de Saint-Rémi en Provence et par conséquent c'est en avec des mots qu'il leur faudrait inventer aux uns et aux autres qu'ils arriveraient à pouvoir en parler respectivement. Voilà, je pense que ma démonstration est allée assez loin dans le délai qui m'est donné pour que je n'insiste pas davantage. La créolisation est notre maître mot.
Si nous voulons que le français soit une langue commune, il faut qu'elle soit une langue créole. Et je préférerais qu'on dise que nous parlons tous le créole parce que ça nous arrangerait mieux que de dire que nous parlons français car cela sera sans doute plus vrai. Qu'on vienne me dire comment les 100 millions de Congolais ou bien les millions de Sénégalais n'auraient aucune participation à la création d'une langue qu'ils parlent et qu'ils sont 10 fois plus nombreux que nous à parler nous français.
Je me situe à cet instant-là. Et puis les Français s'y feront. Je crois qu'ils y sont prêts.
D'autant que autant il y a 50 ans de cela, ils étaient une minorité à parler une langue étrangère. Et bien quand j'en ai fait la recherche pour savoir où on en était, on m'a fait découvrir que 40 % des Français sont bilingues. Alors je pense qu'il y a un certain nombre de mes propres compatriotes qui se font une idée de plus en plus fausse de ce qui réellement la France. car une France qui est la France et où 40 % de la population parle une autre langue, ça m'étonnerait qu'il appris tous à l'école.
Je pense qu'ils l'ont appris dans un processus de créolisation familiale. Car tous tel que nous sommes, notre mère, notre père nous a chanté des chansons pour nous endormir et en général et pour avoir soin de nous et nous disent des mots d'amour et de tendresse dans notre jeune âge qui sont ceux de la langue d'origine, même si ensuite on en parle une autre ou plusieurs à la fois et vous voyez que c'est plusieurs à la fois. La France a une raison de plus, et c'est le moment de le dire, de ne pas s'approprier la langue créole commune car elle ne fait pas le travail.
Nous avons un président hélas, je dis pas hélas que nous ayons un président, je dis nous avons un président virgule hélas ferm la virgule qui ne fait pas lui-même le travail parce que quand il invite la terre entière à choisir la France, il lui dit "Choose Friends". Je ne sais pas ce que ça veut dire ou plus exactement, je préfère ne pas le savoir car j'ai l'impression que c'était plutôt une réunion de pillage qu'une réunion d'échange. Enfin, disons que la France ne fait pas le travail et quand le secrétariat général, je ne sais par qui a été proposé de l'Organisation internationale de la Francophonie à une ancienne ministre des affaires étrangères du Rwanda, et bien j'aurais préféré que ce soit la ministre des affaires étrangères du Sénégal qui occupe cette fonction ou du Congo plutôt que quelqu'un qui ne parle pas le français et dont le pays a évacué le français de sa langue officielle pour y préférer l'anglais, ce qui est bien son droit. pas mais enfin ça n'en fait pas un titre de recommandation pour une organisation française qui plus est et joue un rôle diplomatique que je déplore empêchant par exemple le sommet qui a eu lieu à Villerre Cotery de prendre position sur la situation spécifique du Congo et de l'agression que subit ce pays de la part de son voisin.
On aura tous le sourire en pensant que en se réunissant en Villarcay et bien nous aurons célébré non pas la langue française mais la créolisation parce que c'est le décret de Villecré qui décide que cette langue est la langue française avec tout ce que je viens de vous dire. Si elle est une un instrument et si la France n'en est pas l'instrument numéro 1, et bien alors il nous revient de nous demander ce que nous pouvons en faire. Voilà pourquoi la francophonie est politique.
Ce n'est pas contre notre propre passé à nous français ou contre votre passé à vous qui avez été colonisé, mais au contraire parce que nous avons en commun. Et bien notamment nous avons en commun la lutte victorieuse que vous avez mené contre le colonialisme puisque vous l'avez conduit avec les mots d'ordre souvent en langue française qui nous regroupaient et qui étaient les mots d'ordres de notre propre révolution. Alors ceux de mes compatriotes qui ne veulent pas de la révolution de 89, c'est leur affaire mais disons qu'elle est presque déjà en partage entre nous puisque nous en avons eu les valeur et c'est en son nom.
J'ai encore regardé l'autre jour parce qu'il y avait un documentaire sur le sujet euh Auchine expliquait en venant en France avec en français que ce que nous avions en commun c'était le triptique liberté égalité fraternité ce qui manquait pas de selle puisque ce jour-là il venait pour que la puissance coloniale capitule ce qu'elle a fait après avoir été vaincu. Donc nous avons en partage dans nos démocraties et dans nos luttes de libération des choses qui nous sont en commun dans la langue créolisée. Mais cela va plus loin et il est temps de dire que si notre ère est celle de la transnationalisation du fait de la division internationale du travail telle qu'elle est aujourd'hui sous forme de mondialisation et de globalisation, si notre époque est celle de la NOSPhère, alors la conceptualisation du futur passe par les langues.
C'est-à-dire que la transnationalisation met à l'ordre du jour l'émergence d'ensemble et l'ensemble francophone ne sera pas le seul. Par exemple, dans sur le continent africain, nous avons des langues transversales aussi qui existent entre plusieurs nations et elles aussi sont des espaces de créolisation entre les différentes nations qui composent ces espaces. Et bien à nous de savoir faire vivre la francophonie, la langue créole en tant qu'espace qui nous permettent de faire face au défis du futur et des choses que nous pouvons mettre en partage.
Et je pense qu'à l'air moderne, il faut renoncer à l'idée que la puissance soit la puissance militaire. Les vainqueurs fusent par les armes, ne sont pas vainqueurs longtemps et ne le sont jamais définitivement. Si bien que aujourd'hui quand ils engagent des guerres, ce sont des guerres d'extermination qui tournent tout au génocide. et qui semble tout avoir pour méthode le génocide.
Si bien que les guerres qui étaient d'abord industrielles la Première Guerre mondiale devenues guerres totale sont devenues des guerres industrielles totales et ethniques. Nous en avons eu une certaine préfiguration avec le fameux tableau Gernica qui installe l'idée de la guerre totale. Mais depuis les accords de Dayton, nous savons que les États-Unis d'Améri pratiquent ordinairement l'idée de partager les pays d'après les ethnies qui les composent ou en tout cas de s'en servir dans leur propre politique de domination.
Dès lors, c'est une illusion de croire que la puissance militaire est la puissance. La puissance de notre époque est la puissance intellectuelle. Et la puissance intellectuelle ne peut pas se déployer autrement que par la langue et par le savoir.
Dès lors, toute langue créole qui n'est pas l'anglais qui s'est imposée avec dans un sab d'aéroport sur la planète entière. Dès lors, une transversale linguistique est un moyen d'acquisition en commun des savoirs. Et nous autres, les Français, si nous avons un rêve à avoir, c'est de se dire que bien heureusement, grâce à la langue créole, et bien nous serons en état de pouvoir profiter des capacités d'invention, de création artistique, scientifique, culturelle des nations avec qui nous avons en partage cette langue.
Voilà l'idée essentielle. Si c'est un espace de créolisation, alors en tant que tel, il est un espace politique, espace de résistance à l'uniformisation. Uniformisation qui sera par la force des choses un approvrissement. que chat GPT soit capable de s'exprimer dans toutes les langues aujourd'hui n'empêche pas qu'elle n'apprend que dans une seule langue et que le projet Blom par exemple qui était un projet du CNRS français avait réussi la capacité d'apprentissage en 49 langues.
Or, nous savons tous que chaque langue est un regard, un éclairage particulier. Bien sûr, il y a toutes les expériences communes de l'existence humaine, mais chacune sous un angle chaque fois fut-il décalé d'un mmè qui par ce décalage nous apprend quelque chose de plus de cette réalité qui ne peut pas se dire dans telle ou telle langue mais qui finit par se dire dans toutes les langues dès lors qu'on a un espace de créolisation. Je ne sais pas si cette idée est assez complètement exposée.
Je ne veux pas abuser de votre temps, mais j'ai j'indique en quelque sorte comment nous voyons cette étape dans laquelle nous voulons entrer à propos de francophonie. Alors renoncer à l'idée de la puissance telle qu'elle est aujourd'hui hélas tant et si bien illustré. C'est au point que moi-même je devrais me sauver quasiment comme un voleur de cette réunion car je suis attendu pour préparer ce soir une réunion des cadres et des gens qui nous écoutent pour commenter et faire connaître nos positions à propos des événements tragiques qui se déroulent aussi bien à Gaza dans le Moyen-Orient et maintenant avec l'agression de l'Iran, j'allais dire de la Perse peut-être parce que j'ai à l'esprit certaines continuités millénaires de l'histoire auquel je pense que bah il faut aussi se référer parce que les ondes longues de l'histoire ça existe comme nous l'ont appris nous maître vénéré sur le sujet.
La stratégie pour nous donc disais-je et celle de l'intelligence collective et notre proposition était à nous français en tant que parti politique français je dis parti pour souscrire au vocabulaire ordinaire. Nous sommes un mouvement mais enfin en tant qu'organisation prétendant à l'exercice du pouvoir dans notre pays. Notre idée était que si nous accédions à cette responsabilité, nous aurions non pas une politique de puissance et de domination, mais une politique de partage et de mise en partage.
Non pas par naïveté et après tout, on a le droit d'être naïf, ni non plus par un excès de sensibilité ou d'affection pour ceux qui parlent comme nous. Mais on a le droit à la sensibilité et à l'affection, mais tout simplement parce que c'est le moyen le plus commode et le plus rapide. pour que les uns et les autres nous fassions des progrès ensemble.
Et un peuple vieillissant comme le nôtre ne peut naturellement que s'intéresser à ceux qui ne le sont pas parce que c'est une illusion pour les plus anciens de croire qu'ils ne seront pas remplacés et ceux qui remplacent font le monde. Je le dis pour piquer un peu la susceptibilité de quelques-uns de nos adversaires. Le grand remplacement est la loi de la nature et dès lors les grands remplacements se font tous de la même manière. sous une forme créolisée.
Alors non, déplaise, c'est comme ça et tous les anciens savent que leur tour passera et que les plus jeunes vont commencer sans doute par penser que nous n'avons pas fait les choses aussi bien qu'ils les auraient fait eux-mêmes si c'était eux qui s'en occupaient. Nous avons fait ça quand c'était notre tour et les suivants en froutempant. J'en suis sûr, monsieur, je vous vois bien sourire le conseiller de l'ambassade et je suis certain que vous pensez que moi.
Chacun son tour, c'est comme ça. Mais nous, nous pensons que nous pouvons mettre en partage deux des points forts de la puissance oui intellectuelle des Français et dont nous sommes légitimement fiers. Nous sommes la première puissance spatiale européenne.
Dès lors, nous pensons qu'il faut mettre en partage la question des métiers de l'espace et créer une ou des universités de l'espace et qu'il n'y a pas de raison alors même que l'Afrique a déjà 17 pays. L'Afrique au Sud du Sahara a 17 pays qui pas qu'au sud du Sahara participe à l'idée de l'exploration spatiale qui est un moment clé de notre époque. seulement parce qu'on explore, vous le savez tous aussi bien que moi, mais parce qu'on est en train d'envahir l'espace et que monsieur Musk a déjà envahi l'orbite basse sur la terre sans aucun droit particulier sur ce bien commun et que l'humanité doit travailler à s'installer à des distances qui permettent des des transmissions aussi rapides qu'en orbite basse.
Il paraît que ces satellites sont en train de tomber. On savait que la moyenne de vie était entre 3 et 7 ans. Apparemment, c'est plus court.
Et bien tout ça nous indique qu'il va falloir trouver d'autres solutions techniques. Bref, nous avons besoin dans un moment où il y a une tentative d'appropriation d'un bien commun que toute l'humanité y participe. 17 nations dig sur le continent africain.
Une agence africaine qui vient ou qui va se créer au CER, je ne sais si c'est fait. C'est fait bien. Donc 17 nations dont six produisent des satellites.
Par conséquent, oui, nous avons beaucoup de choses à mettre en en commun et nous pourrions avoir une université des métiers de l'espace puisque nous les Français, nous sommes en état de pouvoir le proposer à des gens qui savent faire déjà pour une partie d'entre eux et à d'autres qui ont envie d'apprendre parce qu'il n'y a pas de raison que le 21e siècle soit volé à l'Afrique comme il a pu être volé à d'autres étapes parce que la colonisation, parce que l'esclavage, parce que toutes les brutalités que euh le l'Europe a pu déployer sur le monde. Et l'autre évidemment, c'est la question de la mer qui est une question sensible pour ceux qui n'ont pas accès et pour ceux qui ont accès. Et pour l'instant, le rapport à la mer se déroule sur la base des accords européens qui achètent à tel ou tel pays, tout ce qui vit et tout ce qui bouge dans la mer, ratisse tout et ruine toutes les les populations côtières qui jusque-là vivaient de ces pêches et qui ne vivent plus de rien puisqu'on leur a tout enlevé par le biais de ces ramassages massifs.
Alors, il faut que ça cesse. Mais nous les Français, nous sommes le deuxième territoire maritime du monde. Alors, les soirs où on manque d'optimisme, on se dit que finalement le territoire français émergé et immerger est plus grand que celui de la Chine et ça nous donne de l'espoir pour le futur.
Enfin, nous sommes aussi tous conscients des conditions dans lesquelles ce territoire existe et véritablement, nous savons qu'une bonne partie, 80 % de cette surface est une surface qui est liée à la présence française dans les océans du monde tel que la Polynésie, tel que la Calédonie, tel que les terres françaises, aujourd'hui françaises, dans les Caraïbes et ainsi de suite. Donc tout ça est une situation qui est ouverte et oui sur les métiers de la mer mais plus que tout sur les connaissances et l'acquisition des connaissance scientifique sur et à propos et dans la mer. C'est là qu'il y a les plus grandes découvertes à faire, les plus grands progrès techniques.
Nous avons la chance si j'ose dire dans notre malheur. La chance, je vais vous dire pourquoi. Notre malheur c'est notre ignorance.
Mais la chance c'est justement qu'étant ignorant, il nous reste à apprendre et bien c'est nous connaissons moins la mer que la surface de la Lune ou la surface de Mars. Par conséquent, comme les organismes qui partagent avec nous la biodiversité de l'unique écosystème dans lequel nous vivons mutuellement, et bien la connaissance de tout cela est pour nous fondamentale. Imaginez-vous la tête de ceux qui ont découvert un jour que les pauvres petits verrs qu'on voyait sur les plages bretonnes étaient capable de produire l'équivalent du sang humain, hein.
Bon ben voilà, on a gagné du temps en le découvrant. Voilà, je m'en tiens à ces deux pointslage de l'IA et je concurrai là-dessus. Voilà la proposition, l'idée dans laquelle nous avançons.
Et bien sûr, si nous avançons dans cette idée, c'est pour la mettre en partage, pas pour l'imposer ou pour dire voilà la formule définitive que nous avons trouvé à ce sujet. Nous voulons débarrasser la langue créole commune du colonialisme et de la de l'esprit de domination. Il y va, de l'intérêt, je peux en parler, de notre peuple français de l'en débarrasser, d'entrer enfin en communication avec le monde dans un rapport qui ne soit plus celui de la volonté ouverte ou cachée de dominer, de subjuguer, d'envahir mentalement après avoir envahi géographiquement comme certains le croient.
Notre land en créole doit être la langue de notre liberté commune et notre liberté commune surgira de l'échange notre capacité à la faire vivre pour penser la réalité du monde dans lequel nous sommes aujourd'hui. Et comme le 21e siècle sera passionnant et comme je me désole de voir que je n'en verrai qu'en bout parce que oui, aujourd'hui l'humanité a des moyens en main qu'à aucun autre ces âges elle n'a eu et notamment des moyens de communiquer, de s'accorder, de se mélanger pour former enfin le peuple humain qu'il est réellement mais qui ne s'est pas affirmé en tant que peuple humain politiquement. Puissent les langues qui nous rapprochent jouer cette fonction.
Et puisque paraît-il tout le monde parle anglais, ce dont je ne suis pas vraiment persuadé, à moins qu'on appelle l'anglais ceire, comme je l'ai dit tout à l'heure de langue d'aéroport. Quant à moi, j'ai fait la preuve que j'étais capable d'en parler quelques mots pour dire tout le bien que je pense de lui à monsieur Trump. Bon, ce n'est pas indispensable et pour penser, je ne vois pas que il n'y ait que cet outil.
Donc vraiment c'est avec beaucoup de tranquillité que pour ma part je prends mes distances avec l'anglais que j'essaie de parler comme vous tous puisqu'il faut bien hein. Voilà. Mais nous ne sommes pas obligés de ne parler que en anglais.
Et des jours je vous le dis pour conclure, je m'étonne de l'excès de sensibilité de ceux qui n'aiment pas la créolisation. J'ai l'impression que c'est pas la créolisation qu'ils aiment pas. C'est ceux qui sont susceptibles d'être créolisés par la langue commune parce que je n'ai jamais entendu dire que ça dérange quelqu'un que dans la rue qui conduit à la garde l'Est dont je suis voisin, il n'y ait pas une boutique, un établissement, un commerce quelconque dont le nom n'est pas été marqué en anglais.
Et pourtant, nous sommes à Paris, capitale de la République française et lieu où a lieu l'académie du même nom. Donc, je sais que vous aurez l'occasion d'en parler. Voilà, j'espère avoir présenté aussi rapidement que possible notre notre point de vue, l'état d'esprit dans lequel nous sommes et pour moi, c'est un grand bonheur d'avoir pu le faire devant les représentants les plus hautement qualifiés des différentes nations francophones créolisées qui se trouvent devant moi.
Merci mesdames messieurs pour votre attention bienveillante. [Applaudissements]
Jean-Luc Mélenchon