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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 8 janvier 2026 66 min

Budget de la Sécu : qui est (encore) avec Lecornu ? - C dans l’air - 09.12.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

parlez-en à votre pharmacien. ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. C'est un vote qui se jouera à la voix près. Pourtant, ça fait 2 mois que S.Lecornu négociait heure par heure, jour par jour, pour trouver une majorité pour le budget de la Sécurité sociale.

C'est désormais l'heure des comptes. L'équation est complexe. Les socialistes devraient le voter, mais que vont faire les Ecologistes?

Y a-t-il encore un socle commun? E.Philippe demande l'abstention d'Horizons.

Il n'a pas de mots assez durs pour critiquer ce budget. Que se passera-t-il s'il est rejeté? S.Lecornu joue-t-il son avenir?

On est avec C.Barbier. Vous êtes éditorialiste à "Franc-Tireur".

Je rappelle votre une. Bonsoir, M.Encaoua.

Vous êtes journaliste et présentatrice de "Tout est politique". Bonsoir, L.Robequain.

Vous êtes directrice de "La Tribune". Je rappelle votre édito. Bonsoir, J.Fourquet.

Vous êtes directeur du département opinions à l'institut de sondage Ifop. Vous avez tous sorti vos calculettes ce soir. Ca passe ou ça casse? - C.Barbier: Si ça passe, ça passe juste.

Il n'y a pas de majorité assurée. On voit que le résultat va tenir à ceux qui, dans les groupes, n'obéiront pas forcément aux consignes du groupe. Dans Les Républicains, il y en a qui pourraient s'abstenir...

Des écologistes pourraient aller plus loin que l'abstention éventuelle, la consigne du groupe, pour voter l'adhésion à ce budget, comme a pu le faire D.Batho dans des votes précédents. C'est ça qui va faire la différence, avec les absents.

Ca va se jouer là-dessus. Ca ne marquera pas un grand enthousiasme et une grande victoire. - A.Casse: On est à 2 heures du vote.

Comment se passent ces dernières heures? - L.Robequain: On a 3 blocs assez égaux.

Si les consignes de vote étaient suivies, on aurait 196 pour, avec notamment les députés Ensemble pour la République. On aurait environ 200 contre, avec notamment ce bloc RN très mobilisé contre ce projet de loi. Ils veulent l'éventuelle démission de S.Lecornu si le budget ne passait pas.

Et il y a ce groupe hétérogène de l'incertitude. Il y en a à peu près 160. Ca va se jouer entre les abstentions, les contre, les pour.

Il faut 288 voix pour voter ce budget de la Sécurité sociale. Si tout le monde vote. Ca va se jouer à quelques voix près. - A.Casse: Qui appelle qui?

Qui essaie de convaincre qui? - M.Encaoua: Tout le monde se parle jusqu'à la dernière minute.

Vous avez d'abord les équipes du ministre en charge des relations avec le Parlement, L.Panifous. C'est son job principal.

Il en a! Jusqu'au bout, il s'agit de convaincre les chefs de partis. Les positions de chacun semblent stabilisées, même si je ne crois pas qu'on connaisse officiellement la position des Ecologistes, qui font durer le suspense.

Ils sont en position pivot. Ils devraient aller sur l'abstention, même si tout est possible. Vous avez directement les équipes de Matignon, du Premier ministre, qui parlent avec les chefs de partis, mais aussi...

Il faut voir comment ça se passe...

Ils parlent avec chacun des députés. Vous pouvez avoir quelques ultramarins qui peuvent basculer. Par exemple, dans le groupe communiste, ils siègent dans le groupe Gauche démocrate et républicaine.

Il y a principalement des communistes...

Il y a eu des gestes à leur égard. Il n'y a aucune circonscription qui est négligée. Vous avez aussi un O.Faure qui parle aux Ecologistes pour les convaincre de s'abstenir.

Ils se parlent, clairement. Ca discute tous azimuts. Au sein de la droite, vous avez les 2 patrons de la droite.

B.Retailleau, le patron officiel, appelle ses troupes à voter contre. Ce n'est pas rien.

Lui-même doit être appelé par L.Wauquiez...

Ces coups de fils à tous les étages...

Officiellement, il n'y aura pas S.Lecornu au moment du vote. Il ne sera pas là parce qu'il considère que c'est l'homme du compromis, pas l'homme du vote.

Au fond, il est allé au bout du bout. Il y a une grosse bataille de récits, dans ce marathon budgétaire. Qui aura la responsabilité d'un échec?

Il veut montrer qu'il a tout essayé. En abandonnant le 49-3, c'est l'homme qui aura laissé le Parlement décider. C'est très symbolique, qu'il ne soit pas là.

Au fond, ça relativise les enjeux de ce vote. En même temps, il met la balle dans le camp des parlementaires en leur disant: "C'est votre vote." - A.Casse: Quand on entend parler des coups de fil...

Il y a une bisbille...

Les écolos disent qu'il y a eu un chantage au vote. Matignon va ouvrir une enquête...

Ca ressemble à "House of Cards". On a l'impression d'une série télé bourrée de manigances. - J.Fourquet: Ca ressemble à d'autres événements.

Quand on était sur un régime parlementaire, il fallait tout négocier, avec une lassitude des Français. Ca fait 2 mois que ça a été déposé. Deuxièmement, une lisibilité très complexe.

C'est un texte très technique. Les Français comprennent la suspension de la réforme des retraites, mais avec une surtaxe sur les mutuelles, une augmentation de la CSG sur l'épargne financière, pas le PEL mais d'autres produits...

Complexité du texte. Complexité des positions, avec le petit côté "House of Cards" avec le billard à 3 bandes...

La responsabilité sera renvoyée aux parlementaires, notamment aux groupes pivots, les Ecologistes, les LR et une partie des socialistes qui pourraient faire cavalier seul. "Si le texte n'est pas voté, vous prenez le risque d'une riposte en retour, une dissolution." C'est ça que S.Lecornu a mis dans la balance en disant: "Je suis allé jusqu'où je pouvais.

Prenez vos responsabilités. Les Français vous regardent." Mais si le gouvernement venait à être désavoué, il y aurait en représailles une dissolution.

Montrer son opposition, mais pas jusqu'au point de faire capoter tout cela...

En surplomb, il y a des milliards qui volent. 25 milliards, 30 milliards...

Les Français sont habitués. Une expression est passée dans le langage courant: "Le trou de la Sécu." - A.Casse: On voit l'image. - J.Fourquet: La dernière fois qu'on a exécuté un budget à l'équilibre c'est 2001.

Il y a ces postures...

On appelle le moindre député. Pendant ce temps, l'aiguille du compteur continue de tourner, en termes de déficit. Les Français sont perdus dans ce spectacle. - A.Casse: On reçoit beaucoup de questions.

Question. - L.Robequain: C'est vrai.

Ca fait 15 ans que je suis le budget. Je n'ai jamais vu de tractations telles. Avant, il y avait des blocs unifiés qui suivaient les consignes de vote.

On connaissait l'issue des votes bien avant le vote. C'est la 1re année où on a une telle incertitude. Le gouvernement lâche des milliards pour convaincre chaque parti de voter des choses.

La dernière séquence, c'est les Ecologistes qui disent: "On veut notre part du butin." Ca s'est joué sur les dépenses d'Assurance maladie. On sera sur une hausse de 3 % qui va coûter 4 milliards à l'Etat.

Ca coûte très cher. On va avoir un déficit à 24 milliards. - A.Casse: Ca vient d'être voté.

Une victoire des Ecologistes. - L.Robequain: Donc a priori, ils vont a minima s'abstenir.

Ca coûte très cher à l'Etat et ça coûtera très cher à nos enfants. - A.Casse: Mais ça veut dire que le gouvernement de S.Lecornu remporte une victoire stratégique. - C.Barbier: Ce n'est pas une victoire.

Il l'achète. Il a beaucoup cédé aux socialistes. Il cède aux Ecologistes.

Sa mission est de donner un budget à la France. Sauf que s'il perd, tout est perdu. Par effet de dominos, le budget de l'Etat ne sera pas voté.

S'il gagne, rien n'est gagné. Derrière, la discussion sur le budget de l'Etat dont la 1re lecture a valu un camouflet...

Ce n'était pas brillant. Là, ce sera encore compliqué. On aura encore des émissions spéciales à compter les voix.

Il gagne peu, s'il gagne ce soir, mais il gagne quand même. Mais il perd beaucoup, s'il perd. D'où sa volonté de satisfaire à tout prix les Ecologistes.

C'est cher payé. C'est des milliards qui volent. C'est l'avenir des comptes publics de la France à moyen et long terme au nom de la stabilité et au nom de la préservation de l'ambition présidentielle.

Ca guide tout le monde. - A.Casse: On reste prudents.

Il faut faire attention aux consignes de vote données par tel ou tel chef de parti. Elles ne seront pas forcément suivies par les députés. - M.Encaoua: Vous avez un petit boîtier devant chaque pupitre pour voter.

Il y a une possibilité de s'abstenir. Il y a 3 boutons. A partir de là, il y a peut-être 2 boutons... - C.Barbier: Ceux qui n'appuient pas s'abstiennent. - M.Encaoua: Pardonnez-moi...

Toujours est-il que vous ne pouvez pas commander quelqu'un au moment de l'heure de vérité, et tant mieux. On a élu des représentants pour qu'ils votent en leur âme et conscience. Il y a des consignes de vote, évidemment.

En général, elles sont suivies. Mais il y a des pertes. Ce sera le cas à droite, parce que la position n'est pas très claire.

Ce sera le cas chez les Ecologistes, même s'ils s'abstiennent majoritairement...

Ils sont 38. Ce n'est pas rien, 38. C'est la même chose du côté d'Horizons.

Ils sont 28. C'est cette liberté de vote qui est louable et qui, en même temps, rend incertaine l'issue du vote. J'aurais un bémol sur cette course à l'achat de voix, qui coûte cher aux finances publiques.

Malgré tout, ce budget, par rapport au précédent, fait des économies. C'est ce qu'explique le gouvernement. Malgré tout, il y a moins de dépenses publiques que dans le précédent budget. - A.Casse: Mais le déficit se creuse. - M.Encaoua: Moins que prévu.

On partait sur une baisse des dépenses moins importante. - A.Casse: Qu'y a-t-il dans ce budget?

S'il est voté, qu'est-ce que ça va changer pour nous? Quelles conséquences économiques? On entend monter le ras-le-bol des patrons, qui essaient de faire pression. - C'est une de ces journées où tout se joue en quelques secondes, le temps d'un vote.

Le budget de la Sécurité sociale sera-t-il adopté ou rejeté ce soir? Ce matin encore, à la radio, à la télévision, les ministres tentent le tout pour le tout. - A.de Montchalin: Est-ce que le 1er janvier 2026, notre classe politique, cette Assemblée, ces députés, ce gouvernement...

Est-ce qu'on a réussi à faire quelque chose de très simple? Est-ce qu'il y a du plus pour les Français? - C'est une journée de mobilisation pour ceux qui veulent donner un budget à la Sécurité sociale et qui veulent de la stabilité politique dans notre pays. - Quelques heures avant le vote, difficile d'en prévoir le résultat.

Les députés RN, Union des droites, LFI, les communistes devraient majoritairement voter contre. Cela ferait 210 voix d'opposition. Cela s'annonce serré d'autant que les alliés du gouvernement ne sont pas tous d'accord.

Hier, E.Philippe appelle ses députés à s'abstenir. - E.Philippe: Nous avons un texte qui ne prépare pas l'avenir de nos enfants.

Un texte qui suspend la réforme des retraites, alors qu'elle est indispensable. Le texte prévoit l'augmentation de la fiscalité et ne transforme pas radicalement notre système avec des réformes profondes. Ce texte ne nous satisfait pas et nous ne pouvons pas le voter. - Chez les partenaires LR du gouvernement, si certains appellent à ne pas bloquer le budget, d'autres pointent du doigt la hausse des cotisations patronales, une surtaxe sur les mutuelles et la suspension de la réforme des retraites. - B.Retailleau: C'est un des pires PLFSS depuis des années.

C'est un budget désastreux, qui sacrifie l'avenir au présent. Par exemple, avec la suspension de la réforme des retraites, c'est rejeter le fardeau sur les générations futures. Pas de politique familiale, alors que depuis la dernière guerre, c'est la 1re année où les décès vont surpasser les naissances.

Toujours plus de déficits, plus d'impôts. C'est une politique antilibérale. - Au moment du vote, qui écoutera la consigne de son chef?

Quelles seront les initiatives personnelles? Le gouvernement a trouvé un allié chez les socialistes. - O.Faure: La gauche, parce que c'est la Sécu, parce que c'est notre patrimoine commun, parce qu'il faut sauver notre système social...

Il faut voter pour. - Les tractations continuent. Le gouvernement s'engage à ne pas doubler les franchises médicales, à augmenter l'objectif des dépenses de l'Assurance maladie de 3 %.

De quoi plaire aux Ecologistes, qui, ce matin encore, posent leurs conditions. - Je ne veux pas voter sur des promesses. Je veux que le vote de l'Assemblée soit un vote en dur, qu'il y ait un engagement du gouvernement de dire: "Chaque euro voté pourra être dépensé par les soignants." - Certains se projettent plus loin, sur le vote du projet de loi de finances qui engage la responsabilité du gouvernement. - M.Le Pen: J'appelle à la dissolution tous les jours depuis un certain nombre de semaines.

C'est la seule solution pour pouvoir obtenir une majorité stable et une direction donnée dans notre pays. - L'ancien président socialiste suggère de faire adopter le prochain budget de l'Etat par 49-3. - F.Hollande: Il faut un budget.

Nous ne pouvons pas l'approuver. La meilleure des façons, c'est de mettre chacun devant sa responsabilité. Il y aura un budget, ce sera celui du gouvernement.

Nous le contesterons. Les Français auront à délibérer en 2027, mais nous n'empêcherons pas la France d'avoir des dépenses publiques qui soient, pour les Français, une manière de garantir leur avenir. - S.Lecornu va-t-il gagner son pari?

Si le texte n'est pas adopté ce soir, le déficit de la Sécurité sociale se creusera encore davantage pour atteindre 30 milliards d'euros. - A.Casse: Question. - C.Barbier: Tout le monde est contre.

Mais il y a 2 arguments pour tempérer cela. D'abord, il y a l'impératif de stabilité. Nous ne voulons pas de crise politique, pas de chute du gouvernement.

C'est un des arguments d'E.Philippe. Et ce budget est un panier garni.

Tout le monde a obtenu un peu quelque chose. - A.Casse: Certains plus que d'autres. - C.Barbier: Les socialistes ont emporté le rôti et les chips, mais la droite a eu des choses.

L.Wauquiez est monté au front pour défendre les médecins libéraux. Il dit qu'il a gagné.

C'est une raison, non pas de voter pour, mais une raison en moins pour voter contre. Ca explique cette différence entre des discours très sévères et des votes plus indulgents. - A.Casse: Question.

Est-ce que ce budget, c'est le cadeau de Noël des socialistes? - L.Robequain: Ils ont obtenu énormément de choses.

La réforme la plus importante est la suspension de la réforme des retraites. Ca ne coûtera pas très cher cette année et l'an prochain, mais ça peut coûter une fortune si c'est pérennisé au-delà de 2027. C'est un cadeau immense pour les socialistes.

Le renoncement du doublement des franchises médicales va coûter très cher aussi. La facture s'élèvera à 24 milliards. Ce n'est pas rien. - A.Casse: Donc les socialistes, c'est leur cadeau de Noël.

Mais ce que vous dites, c'est que la droite aussi obtient des choses. C'est ce qui explique peut-être qu'E.Philippe appelle à l'abstention? - M.Encaoua: E.Philippe veut envoyer un signal politique.

Il considère que dans cette bataille, il ne peut pas avaler la suspension de la réforme des retraites. - A.Casse: C'est identitaire, pour lui. - M.Encaoua: Oui.

Il a dit hier soir qu'à l'origine, E.Macron voulait une grande réforme systémique. Celui qui a fait les 64 ans, c'est E.Philippe.

C'est sa réforme. Si on la remet en cause, son bilan est remis en cause. Comme 1er renoncement dans le long parcours d'une campagne présidentielle, c'est un coup.

Il envoie un message à son électorat. Je ne sais pas si cet électorat l'entendra. C'est une des questions.

On peut aussi penser que le pays en a marre. C'est ce que dit A.de Montchalin.

Elle dit qu'il est épuisé de ce feuilleton interminable et qu'il faut en finir. C'est ça, le compromis: chacun renonce à quelque chose et obtient quelque chose. Il n'y a pas de compromis parfait.

Pour l'instant, ce n'est pas payant, pour E.Philippe. Il essaie de courir après la descente dans les sondages.

La gauche remporte l'essentiel à la fin, mais la droite, avec la défiscalisation des heures supplémentaires, la question de la médecine libérale...

Il y a aussi des choses. Mais la droite ne votera pas comme un seul homme. La question, c'est combien s'abstiendront et combien oseront dire non. - C.Barbier: A l'époque, A.Pradié...

Il y en a qui ont voté la censure d'E.Borne...

C'est une victoire pour les socialistes. Ils ont intérêt à voter pour. C'est compliqué de trouver les raisons des uns et des autres. - A.Casse: Vous percevez cette grosse fatigue de l'électorat d'E.Philippe et des Français tout court? - J.Fourquet: Sur l'électorat d'E.Philippe, il est obligé d'envoyer ce message.

Son objectif à lui est de ne pas couler avec le Titanic Macron trop rapidement. Ce n'est pas son sujet, que monsieur Lecornu survive à cette épreuve. Il veut s'inscrire pour 2027.

Il se dit que vis-à-vis de son électorat de droite, les chefs d'entreprise, les retraités, il ne peut pas, pour la survie d'un E.Macron qui a la responsabilité de ce capharnaum politique, passer sur tous ses principes. Les Français sont très partagés entre de la lassitude, notamment ceux qui ont voté pour LFI ou le RN, qui sont sur la ligne de M.Le Pen...

Ils disent que ça suffit, ces compromis et ces tractations. Ils disent qu'il faut retourner aux urnes. Ca s'était un peu estompé, cette demande de dissolution, mais on verra ce qu'il en sera ce soir.

Il y a aussi une inquiétude de la part de beaucoup d'entre eux, qui se demandent où va le pays. On a un taux d'épargne au plus haut. On a un taux d'activité économique qui est vacillante parce que tous les signaux envoyés sont très compliqués à interpréter.

S.Lecornu s'était rendu devant les chefs d'entreprise. Il leur avait dit: "Ne croyez pas ce que vous entendez à la radio ou à la télévision.

Toutes ces séries de textes ou d'amendements qui sont votés n'aboutiront pas finalement. Tous ces impôts sont pour faire peur aux enfants." Les acteurs économiques n'y comprennent plus grand-chose. - A.Casse: Question. - L.Robequain: C'est incroyable, cette histoire.

C'est intervenu ce matin. C.Chatelain, qui préside le groupe écologiste, accuse Matignon d'avoir fait du chantage pour que les Ecologistes votent ce PLFSS.

L'idée était qu'un conseiller de Matignon a appelé des entreprises d'énergies renouvelables pour les convaincre que ces entreprises convainquent les élus écologistes de voter ce projet de loi, faute de quoi les subventions aux énergies renouvelables baisseraient. Ca semble ubuesque. S.Lecornu a dit qu'il allait mener l'enquête pour faire la lumière sur cette enquête.

C'est du jamais-vu. Ca rappelle "House of Cards". - A.Casse: C'est la série référence pour ce budget.

Si on s'arrête sur les avancées concrètes, il y a de bonnes nouvelles? Il y a des avancées dont les Français vont pouvoir se féliciter grâce à ce budget? - L.Robequain: Il y en a.

Il y a des mesures très concrètes. La 1re, c'est la suspension de la réforme des retraites. Les Français y sont massivement favorables.

Ca peut être perçu pour beaucoup comme une avancée positive. Vous avez aussi un congé naissance qui va être offert aux jeunes parents. C'est 2 mois supplémentaires pour les parents.

C'est un progrès. Peut-on se le permettre vis-à-vis des finances publiques? En tout cas, ça peut favoriser le réarmement démographique dont parlait E.Macron.

Vous avez 6500 soignants supplémentaires pour les Ehpad. C'est concret. On a besoin de monde.

La population française va vieillir. Il y a beaucoup de salé et de sucré dans ce budget. Les partis politiques se focalisent sur les hausses d'impôts, sur le moindre remboursement des médicaments.

Les arrêts-maladies vont être resserrés et mieux encadrés. On se focalise sur le salé plutôt que sur le sucré. - A.Casse: Question. - C.Barbier: Ah non!

Ils s'en tirent bien. - A.Casse: Ils ont eu peur.

Ils votent beaucoup. Ils font très peur aux politiques. - C.Barbier: Il y a quelques mesures qui vont les toucher.

La fiscalité du capital pour certains placements a augmenté. Certains retraités vont être frappés par cette imposition, à condition qu'ils sortent l'argent... - A.Casse: La situation peut être difficile, pour quelqu'un qui se serait endormi 3 mois à la fin de l'été...

Là, on dit qu'on peut sortir des milliards...

Il y a une sorte de douche froide. On disait que c'était très grave, qu'on était au bord de la falaise. - M.Encaoua: Là, il y a ces milliards de compromis.

C'est intéressant, cette démarche politique. Au fond, elle vient après d'autres méthodes. M.Barnier a essayé le compromis des 2 côtés, avec un peu le RN et un peu la gauche.

Ca n'a pas marché. Vous avez eu F.Bayrou qui a dit: "Je serai le Churchill français du déficit, du sang et des larmes." Il a essayé l'opinion contre l'Assemblée nationale en disant: "Les Français vont me suivre.

Ils vont comprendre la catastrophe budgétaire dans laquelle nous nous trouvons. Ils vont intimer aux représentants de la nation de faire des économies." Ca n'a pas marché.

Il a sauté lui-même de la falaise...

Il y a une 3e méthode. Si cette méthode ne marche pas, j'en vois pas d'autre. Le compromis n'est plus avec le RN.

C'est un choix de S.Lecornu. Il n'a rien lâché...

Il y a des choses qui correspondent à ce que pouvait attendre le groupe de M.Le Pen, mais c'est partagé avec d'autres. Le compromis se fait avec la gauche, avec les socialistes et les Ecologistes, dont la dernière ligne droite.

C'est un choix politique. Il dit qu'il y a une majorité dans cette Assemblée qui ne veut pas la dissolution, qui veut la stabilité. C'est nouveau.

La nouveauté, c'est l'absence de 49-3. Peut-être le dégainera-t-il in fine. On sent qu'il est très poussé à le faire au moment du budget.

Ce n'est pas sûr. Ce serait un reniement de sa méthode. Malgré tout, on voit qu'il a réussi à faire que ce budget aboutisse.

C'est l'heure de vérité, mais il y a un texte. Le fait de ne pas avoir de 49-3 lui a permis de tenir 2 mois dans l'Hémicycle. Je ne vois pas ce qui pourrait se passer après.

S'il n'y arrive pas là, qui peut trouver une solution? Malgré tout, le fait qu'il y ait cette fatigue, ce soap opera, ça va peut-être peser pour qu'il y ait un vote positif ric-rac. - A.Casse: Qu'est-ce qui est en train de se jouer?

Est-ce qu'on pourrait dire que c'est le miracle ou la débâcle? - J.Fourquet: Ce n'est pas la débâcle.

Les Français continueront d'être soignés. Les hôpitaux vont continuer à fonctionner. En revanche, on s'enfonce dans la crise politique.

On peut avoir une fenêtre de respiration avec les fêtes de fin d'année, mais ça veut dire qu'en janvier, la situation politique est plus bloquée que jamais. C'est la dernière voie possible dans le schéma qui nous occupe actuellement. Sinon, les oppositions les plus véhémentes disent qu'il faut rebattre les cartes et retourner aux urnes.

C'est un enjeu politique plus que budgétaire, même si les milliards filent. Le système de santé ne s'arrête pas s'il n'y a pas ce vote. - A.Casse: S.Lecornu joue-t-il son avenir ce soir? - S.Chenu: S.Lecornu en échec sur ce budget devrait démissionner.

Et pas seulement faire semblant de démissionner. On a vu S.Lecornu qui a fait semblant de démissionner régulièrement.

La réalité, c'est qu'il faut que ce gouvernement, une fois mis en échec, s'en aille. - A.Casse: Il joue sa place ce soir? - C.Barbier: Non.

La messe n'est pas complètement dite. On peut se passer de budget de la Sécurité sociale. On n'est même pas obligé de faire une loi spéciale spécifique pour la Sécu.

On doit juste autoriser les caisses à s'endetter. Ce n'est pas une motion de censure, ce soir. Mais S.Lecornu, qui a un certain sens de l'honneur, a dit que sa mission était de donner un budget à la France.

S'il n'y en a pas ce soir, c'est mal barré pour qu'il y en ait un pour l'Etat dans quelques jours. Et donc on n'aura pas de budget. Une absence de budget un 23 décembre, c'est la loi spéciale.

Les négociations reprennent en janvier. Mais jusqu'à quand? Il y a les vacances de février qui arrivent vite.

Il y a aussi les municipales. On n'aura pas 3 mois pour trouver un budget. Certains disent que ce n'est pas grave, qu'on applique la loi spéciale, et qu'on se retrouve après les municipales.

C'est le calcul d'Horizons. Ils disent qu'on va trouver facilement un accord budgétaire en avril. Pour le FMI, pour Bruxelles, pour nos prêteurs, pour les chefs d'entreprise, pour les collectivités locales...

Les collectivités locales vont aller aux municipales en ne sachant pas à quelle sauce budgétaire elles vont être mangées et comment elles vont manger les contribuables. - L.Robequain: Le budget de la Sécurité sociale, c'est un amuse-bouche avant ce plat de résistance, le budget de l'Etat.

Certains pays européens vivent très bien sans budget. L'Espagne n'a pas de budget depuis 3 ans et elle affiche la plus grande croissance européenne. En France, c'est beaucoup plus compliqué.

Les hôpitaux ont besoin d'argent. L'armée a besoin d'argent. On a un grand programme de développement de la défense en France.

Il faut passer ce budget. - A.Casse: C'est vraiment miraculeux, s'il y arrive?

Est-ce que ça en fait un candidat pour 2027? E.Philippe dit: "Je ne crois pas qu'il soit intéressé par la présidence de la République, mais peut-être que ça viendra." - M.Encaoua: Il y a beaucoup de prétendants sur cet espace central.

Pourquoi pas un de plus...

Il faudrait qu'il arrive jusqu'à un vote du budget de l'Etat. Il y a encore énormément d'embûches. C'est un chemin de croix.

S'il réussit ce soir, il n'est pas présidentiable pour autant. S'il obtient un vote pour le budget de l'Etat, ce qui est très compliqué, ce serait un exploit. Il serait totalement légitime. - A.Casse: Ce soir, ce ne serait pas un exploit? - M.Encaoua: La question est politique, ce soir.

Il sera fragilisé...

Il peut y avoir une motion de censure qui sera déposée par un groupe d'opposition. - C.Barbier: LFI a plutôt dit "après le budget de l'Etat"... - M.Encaoua: On peut déposer une motion de censure spontanée.

C'est possible. Il faudrait que les socialistes ne censurent pas à nouveau. Ca fait beaucoup d'obstacles.

Il serait très affaibli, même s'il était sauvé. Ce scénario n'est pas celui qui est privilégié. S'il arrive à donner un budget à la France, c'est un exploit politique.

Mais ce n'est pas celui de ce soir. - A.Casse: L'objectif national de dépenses d'Assurance maladie devrait être relevé à 3 %.

Ca fait 8 milliards de plus pour un hôpital déjà prêt à craquer. - Après 12 heures de travail, Mathilda quitte enfin l'hôpital de Reims. Interne en neurologie, elle travaille en moyenne 70 heures par semaine, parfois même 90. - C'est assez stimulant.

J'ai fait beaucoup de choses aujourd'hui. J'ai appris pas mal de choses. Il y a un côté satisfaisant.

En même temps, j'ai répondu à des appels toute la journée à partir de 14h. Je n'ai pas arrêté. Je n'ai pas eu le temps d'aller aux toilettes...

Plein de petits détails qui font que ça peut être un peu lourd. - Des horaires à rallonge, bien au-dessus des 48 heures hebdomadaires autorisées, et un constat amer pour cette future chirurgienne. L'hôpital manque cruellement de moyens. - Ca arrive souvent, qu'on diminue la qualité du matériel pour faire des économies.

Ca arrive d'avoir des gants de plus en plus fins, qui se cassent de plus en plus, d'avoir moins de matériel ou d'avoir plus de mal à l'obtenir, à le commander. C'est indispensable, soigner les gens. Ce n'est pas normal qu'on ne puisse pas le faire correctement.

C'est dans le serment d'Hippocrate. On a une obligation de moyens. Là, c'est catastrophique.

La maison s'écroule. On tient les murs à bout de bras et on nous dit de ne pas bouger. On a envie qu'il y ait plus de moyens.

On a envie de faire mieux. On ne nous le permet pas. C'est très dur. - Des internes sur le point de craquer.

Pour tenir, certains ont décidé de se rassembler et de se syndiquer. - On a plusieurs difficultés. La principale, c'est les assignations d'internes sur des gardes et sur du dernière minute. - Ici, ces jeunes médecins en formation peuvent partager leurs difficultés. - On ne peut pas être un bon soignant quand on ne va pas bien.

C'est pareil dans tous les métiers. Le plus déprimant, c'est de savoir tous les gens qui sont en difficulté et qui n'osent pas, parce qu'ils ont peur des conséquences, de paraître trop fragiles...

Il y a énormément de personnes, des internes, qui vont mal et qui n'osent pas en parler, qui n'osent pas venir nous voir, qui serrent les dents en attendant que ça passe. C'est dramatique. - Interne en psychiatrie en région parisienne, Thibaut est en 3e année et touche environ 1800 euros net par mois.

Pas assez, selon lui, au vu de l'énorme responsabilité attribuée aux futurs médecins. - Quand on est tout seuls pour s'occuper de 30 patients en fonction des spécialités, on ne peut pas bien faire son travail. Il y a des moments où je me suis retrouvé seul pour 15 patients.

Je n'ai pas le temps de faire correctement mon travail. Au taux horaire, on est en dessous du Smic. J'ai des amis qui font 100 heures de travail par semaine.

Au taux horaire, ils touchent 4 ou 5 euros. Au-delà de la considération financière, on a l'impression que tout repose sur nous. Et c'est le cas.

Les services ne tourneraient pas sans les internes. - Un sentiment d'injustice et de colère qu'a peut-être commencé à entendre le gouvernement. Il a déposé un amendement pour augmenter l'enveloppe des dépenses de l'Assurance maladie de 2 à 3 %. - A.Casse: C'est émouvant d'entendre cet interne dire qu'ils ont le sentiment de ne pas pouvoir craquer eux-mêmes.

Ils s'en empêchent. - J.Fourquet: On va parler du serment d'Hippocrate.

Vous ne faites pas ces études par hasard. Il y a une vocation. On voit qu'ils sont un peu le maillon sur lequel on fait beaucoup reposer le système.

Ils sont payés au lance-pierres. Ils sont assez peu considérés. Vous avez la coordination syndicale qui s'organise et qui dit: "On nous affecte sans nous demander notre avis pour telle garde ou autre." On a un système hospitalier thrombosé.

On parle de valse de milliards. On a fait le bilan tout à l'heure. 70 milliards de déficits en 4 ans à la Sécu.

On a un service hospitalier où le personnel travaille dans de bonnes conditions, si on dit qu'on dépense beaucoup. On n'a pas de pénurie de médicaments...

Le prix à payer, c'est ces déficits. Là, on a le déficit et ces témoignages poignants ainsi que les problèmes récurrents d'organisation dans nos services d'urgence. Les fermetures de certains établissements...

Les Français sont abasourdis en disant que ça fait des années qu'on parle de ça. On lâche des dépenses supplémentaires sans que rien ne s'améliore véritablement. Il y a quelques années, "C dans l'air" avait consacré des émissions au Ségur de la santé où on avait décidé de dépenser davantage pour le service hospitalier.

Vous revenez 2 ou 3 ans après, on a les mêmes témoignages, voire pire. Il y a des 100 heures/semaine. C'est incompréhensible.

Ce qu'on peut reprocher à tout le débat qui a lieu actuellement, c'est que sur ce sujet de l'hôpital, on ne parle que de dépenses mais on ne parle jamais de réorganisation structurelle. On a l'impression que c'est à fonds perdus, sans que ces personnels puissent être qualifiés de privilégiés. Eux-mêmes sont victimes de cette désorganisation. - A.Casse: Ce relèvement de 3 % de l'Ondam.

L'enveloppe garnie de 8 milliards de plus, qu'est-ce que ça va changer dans la vie des internes? - L.Robequain: L'Ondam, c'est l'objectif national de l'Assurance maladie.

Vous avez toutes les dépenses de l'Assurance maladie. On n'est pas certains que cette augmentation profite réellement à ces internes. L'Assurance maladie est inondée par ses dépenses de fonctionnement.

On parle des médicaments, des arrêts-maladies...

C'est ça qui coûte très cher et qui galope chaque année. Les hôpitaux ont besoin d'une enveloppe qui soit sacralisée, qui leur soit dédiée. On parle juste de quelques centaines de millions d'euros.

Jérôme parlait d'une réorganisation structurelle, dont elle a besoin. Il y a beaucoup d'inefficience. La Cour des comptes le pointe chaque année.

On n'en parle pas assez. C'est le problème de ce budget. On parle de gros sous, mais pas de réforme structurelle.

Il n'y a pas de réflexion sur le long terme. - A.Casse: La stratégie politique est en cours.

Les Ecologistes voulaient que cet Ondam soit relevé. Ils l'ont obtenu. Ils le font savoir à l'AFP: ils vont s'abstenir. - M.Encaoua: C'est bien joué de la part de S.Lecornu, si son objectif est de passer ce texte.

Ca marche. Quelques Ecologistes...

Ils sont 38. Une S.Rousseau, je ne pense pas qu'elle va s'abstenir.

Je pense qu'elle va voter contre. On négocie jusqu'au bout. C'est intéressant.

C'est un vote qui arrive très tard dans la soirée. Après les questions au gouvernement, le débat reprend. C'est là que ce fameux amendement est déposé.

A l'heure où on se parle, il est adopté, que les Ecologistes bougent et qu'il va y avoir un vote technique sur une partie spécifique. C'est une avancée vers une possible victoire, mais ça n'empêche pas, pour revenir sur le reportage, que la grande question de la présidentielle sera: comment se fait-il qu'il y a des services publics qui se dégradent malgré les milliards? Si on ne prend pas à bras-le-corps cette question des retraités et de la dette sociale, le coût du modèle social...

Il faudra faire en sorte qu'un jour, on torde le cou à ça. - A.Casse: Je voudrais qu'on revienne sur certaines mesures du PLFSS.

Il va y avoir un accompagnement pour les Français à la santé fragile. Ce sont ceux qui pourraient voir leur pathologie s'aggraver et être reconnue comme étant une affection longue durée. Comment on va déterminer qui est concerné et comme on va les aider? - L.Robequain: Le problème en France, c'est que les affections de longue durée concernent de plus en plus de Français.

C'est 26 %. Le gouvernement est tenté de passer une partie de ces malades en pré-affection longue durée. C'est des malades fragiles, dont vous parlez.

On va faire plus de prévention auprès de ce public pour éviter qu'il soit en affection longue durée. Quand vous y êtes, vos médicaments sont intégralement remboursés et ça dure toute votre vie. Le gouvernement va agir préalablement et traiter ces malades plus tôt.

C'est pour les maladies cardiaques, les dépressions...

Ca coûtera moins cher à la Sécurité sociale. - A.Casse: Vous avez dit que certains médicaments seront moins bien remboursés par la Sécurité sociale.

On parle desquels? - L.Robequain: On parle des médicaments dont l'efficacité n'est pas réellement prouvée.

On parle du Spasfon, des antispasmodiques qui ont une efficacité contestable, selon l'Assurance maladie. De 100 %, ils pourraient passer à 20 %. Ca peut avoir un impact massif sur les dépenses de l'Assurance maladie ...

Ce sont des médicaments populaires. - A.Casse: Ca fait partie des irritants de ce budget.

C'est des mesures qui peuvent crisper, mais le texte qui va être voté, ces mesures sont censées s'appliquer. Il n'y aura pas de retour en arrière. - C.Barbier: Il y a encore une navette parlementaire.

Si ça passe ce soir, ça devrait être une formalité. Ca s'appliquera à partir du 1er janvier. Ce sera le budget de la Sécurité sociale pour 2026.

Vous pouvez fâcher les laboratoires, qui vont peut-être supprimer des emplois et délocaliser. Si vous avez des mesures qui remboursent beaucoup moins les cures thermales, vous avez des centaines d'élus locaux en colère et des économies locales qui peuvent piquer un peu du nez. - A.Casse: Pour les arrêts de travail, leur durée sera limitée? - L.Robequain: A un mois pour les premiers et prolongeables ensuite.

C'est un fléau. Le coût a augmenté de 70 % en 15 ans. Il y a une responsabilité partagée entre les salariés, les médecins qui prescrivent trop, les entreprises qui y voient le moyen de se séparer de certains salariés.

C'est difficile pour le gouvernement de s'attaquer à ça. La mesure la plus facile à mettre en oeuvre, c'est de réduire la durée des arrêts-maladies. - A.Casse: Il y a des contrôles faits en téléconférence? - L.Robequain: On contrôle aussi les entreprises quand les arrêts-maladies sont supérieurs à la moyenne d'un secteur.

On essaie de comprendre pourquoi l'entreprise prescrit plus d'arrêts-maladies. - J.Fourquet: On parle des abus et des fraudes, mais ce que ça nous raconte aussi, pour ces entreprises ou les secteurs qui seraient très consommateurs d'arrêts-maladies...

C'est...

On n'est pas du tout dans ce modèle en France. On est dans le curatif. Si on avait une politique à plus longue vue avec un vrai débat entre les partenaires sociaux et employeurs sur l'ergonomie de certains postes de travail...

A la fin, c'est la Sécu qui paye. C'est du long terme et ce n'est pas fait. On a une population qui vieillit, y compris quand elle est en activité.

On va reculer l'âge du départ à la retraite. Comment on aménage les temps de travail, les postes de travail pour faire en sorte que la dépression ou les troubles musculosquelettiques, qui augmentent année après année, soient en partie limités? Ce n'est pas dans la culture française de faire ça.

On a des budgets qui explosent en fin de parcours. De tout ça, on en a très peu parlé, dans nos débats. - A.Casse: Le trou de la Sécu est à combien? - L.Robequain: Il va être à 24 milliards avec le budget.

Il y a un tour de passe-passe avec le gouvernement. La ministre de la Santé a parlé d'un déficit à 19,6 milliards d'euros. L'Etat va prendre en charge plusieurs milliards. - A.Casse: C'est 24 au lieu de 30. - L.Robequain: C'est si le budget n'est pas voté ce soir, 30 milliards.

Certains estiment que le gouvernement dramatise. - A.Casse: Un article du "Monde" raconte comment le RN et M.Le Pen se posent en lanceurs d'alerte.

Elle dit que c'est elle qui a contraint le gouvernement à renoncer à plusieurs mesures cachées comme la hausse de la taxe foncière ou l'obligation d'avoir un thermostat connecté. - M.Encaoua: La campagne présidentielle a commencé.

Elle a commencé dans l'Hémicycle pendant le débat budgétaire. Les Français l'ont bien compris. Le RN a un objectif: aller débusquer tout ce qui pourrait grever le pouvoir d'achat.

On peut reconnaître que le RN a tout de suite mis dans le débat public la hausse de la taxe foncière et a tout de suite compris, en tout cas les autres aussi, mais a réussi cette bataille de communication, en s'emparant de cette hausse. Il y a aussi G.Attal qui a dit très vite qu'il n'était pas possible à ses yeux d'accepter cette hausse.

Il a fait plier le gouvernement. C'est ce qui se passe autour des certificats d'économie d'énergie. On se rend compte aussi que s'ils étaient répercutés à la pompe...

C'est le RN qui est allé chercher le gouvernement sur ces mesures très importantes pour les Français. Il y a des effets au porte-monnaie. - A.Casse: On va parler de cette polémique au coeur de laquelle se trouve la première dame, B.Macron.

Elle a insulté les féministes qui étaient venues interrompre un spectacle de l'humoriste A.Abittan. Il avait été accusé de viol puis l'instruction avait abouti à un non-lieu. ... - Masques sur le visage à l'effigie d'A.Abittan. 4 militantes féministes ont interrompu le spectacle de l'acteur français samedi soir à Paris avant d'être rapidement évacuées.

Le lendemain, échange en coulisses entre l'artiste et B.Macron... - Des militantes féministes insultées.

La vidéo diffusée par le magazine people "Public" fait le tour des réseaux sociaux. L'artiste de 51 ans accusé de viol en 2021 sur une jeune femme de 23 ans a depuis obtenu un non-lieu, mais pas un acquittement ni une relaxe. Les militantes féministes ayant perturbé la représentation s'indignent. - En affichant son soutien inconditionnel à A.Abittan, B.Macron insulte l'ensemble des victimes de violences sexistes et sexuelles. - Très vite, sur les réseaux sociaux, le hashtag "sales connes" est repris, notamment par des personnalités comme J.Godrèche, C.Jordana. - On ne peut pas dire des choses comme ça, d'autant plus quand on est une première dame.

Ce sont les femmes qui dénoncent ce que disent avoir subi quelques femmes. - F.Hollande: Quand on a une fonction ou une responsabilité, il faut chercher l'apaisement et ne pas poursuivre sur une escalade verbale. - Dans les médias ce matin, l'embarras des ministres... - A.de Montchalin: Elle n'a pas fait une conférence de presse pour dire ça.

Ce sont des propos volés dans un espace privé. - Et quelques soutiens inattendus. - S.Chenu: Ca ne me choque pas.

Dans le privé, il ne faut pas être hypocrite. Chacun a un langage un peu plus vert. - Devant l'ampleur de la polémique, l'entourage de B.Macron est obligé de se justifier. ...

Une affaire dont se serait bien passée la première dame, elle qui, dès 2017, a soutenu la libération de la parole du mouvement MeToo. - B.Macron: Elles sont très courageuses de le faire.

Je pousse à rompre le silence. C'est formidable. Quelque chose est en train de se passer, vraiment. - Un mois plus tard, le président fait de la défense des femmes victimes une priorité. - E.Macron: Je me suis engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Le premier pilier de cette cause, c'est bien la lutte pour l'élimination complète des violences faites aux femmes. - Mais en 2023, E.Macron crée lui-même la polémique en défendant G.Depardieu.

L'acteur français est alors mis en examen et accusé de viols et d'agressions sexuelles par de nombreuses femmes. - E.Macron: En tant que citoyen, il rend fière la France.

Dans nos valeurs, il y a la présomption d'innocence. On ne peut pas commencer à dire que n'importe qui sera au tribunal public. - Au-delà des mots, quel bilan de l'engagement du chef de l'Etat?

La présidente de la Fondation des femmes est sévère. - On voit, avec le chiffre des féminicides qui recommence à augmenter, avec les problématiques de la justice face aux violences sexuelles, à quel point elles continuent d'exploser et à quel point la justice est aujourd'hui inapte à apporter une réponse convenable aux femmes victimes de violences sexuelles. Les moyens n'augmentent plus et baissent dans la réalité de la vie des associations de tous les jours qui tiennent des permanences.

Elles nous disent qu'elles ferment des permanences. On voit bien un désengagement de l'Etat. C'est très regrettable. -8 ans après les promesses d'E.Macron, le budget alloué au ministère chargé de l'Egalité entre les femmes et les hommes s'élève à 120 millions d'euros. - A.Casse: C'est son premier faux pas, C.Barbier? - C.Barbier: C'est un énorme faux pas.

C'est une énorme faute. Ce n'était pas le premier. On était resté sur l'image de la gifle dans l'avion.

Ce n'était pas très grandiose. Depuis le début du second quinquennat, on ne sait plus trop ce que fait B.Macron, ce qu'elle subit sur les réseaux sociaux et la calomnie sur son genre.

On ne sait pas non plus ce qu'elle apporte à cette fonction de première dame. C'est une énorme faute. Elle a expliqué que c'est sur les méthodes radicales, mais non.

On ne traite pas les femmes de sales connes. Ca n'a pas sa place dans la bouche d'une première dame. Ca relance le statut qu'il faudrait au conjoint ou à la conjointe... - A.Casse: Cette vidéo est volée.

Ca n'avait pas vocation à être publié. - C.Barbier: Bien sûr, et ça peut être une circonstance atténuante.

Quand on est dans une loge de théâtre avant un spectacle, c'est privé et pas complètement privé. Il y a des gens que vous ne connaissez pas qui sont là. Vous faites attention.

Vous restez sur votre quant-à-soi. Elle peut soutenir A.Abittan.

Ca suffit, d'aller marquer par sa présence le soutien à un artiste dont le spectacle a été perturbé. Interrompre un spectacle, ce n'est pas donner son avis. C'est un acte de censure.

Que dira M.Tondelier si demain, des militants d'extrême droite ou des collectifs féministes viennent interrompre un spectacle anarchiste de gauche, innocenté dans une autre affaire? Est-ce que M.Tondelier dira: "Elles ont le droit de donner leur avis."?

Donner son avis, c'est faire des tribunes dans la presse, des pétitions, manifester devant le théâtre mais pas censurer, interrompre le spectacle d'un artiste. Ce n'est pas G.Depardieu, A.Abittan.

G.Depardieu, il y a une procédure. A.Abittan, la justice a dit "non-lieu".

Il n'y a pas lieu d'enquêter. Il est donc innocent. On peut commenter. - A.Casse: Il y a un débat sur la justification qu'on donne au non-lieu.

C'est l'instruction qui ne continue pas faute d'éléments suffisants. - C.Barbier: Il n'y a pas d'acquittement parce qu'il n'y a pas de procès.

Quand on porte plainte contre quelqu'un et qu'on ne trouve rien, vous êtes innocent. Ce n'est pas à vous de prouver que vous êtes innocent. La justice regarde et dit qu'il n'y a pas lieu.

Il doit pouvoir reprendre son activité sans être censuré et interrompu. Néanmoins, il ne faut pas que ça se reproduise. Les propos de B.Macron n'en sont pas plus excusables. - A.Casse: Comment vous regardez cette polémique? - L.Robequain: Une femme de président ne devrait pas dire ça.

Au-delà de cette maladresse sur la forme, il y a un sujet de fond. Les agressions faites aux femmes étaient l'une des grandes causes de ce quinquennat et du quinquennat précédent. Les progrès ont déçu les féministes. 94 % des plaintes pour viol donnent lieu à un non-lieu, faute de preuves.

Il y a eu des progrès, ces dernières semaines. On a inclus le consentement dans la loi. Pour l'instant, les chiffres n'ont pas beaucoup progressé en France alors qu'il y a eu des progrès immenses dans d'autres pays, comme l'Espagne.

C'est en ça que les propos de B.Macron tombent au plus mal. - A.Casse: Ils faisaient suite aux propos d'E.Macron sur G.Depardieu. - C.Barbier: Ce n'est pas la même affaire.

J.Cherhal a fait une chanson sur le harcèlement où on entend la voix de Macron dire "il rend la France fière, G.Depardieu". - J.Fourquet: Ce qu'on voit aussi, c'est le décalage sur le regard porté sur ce type d'affaires par le public féminin, selon les générations.

On a B.Macron qui a un regard qui n'est pas celui des jeunes femmes qui se sont fait entendre et au-delà des cercles militants. Il y a un néoféminisme qui s'est installé dans le pays et qui n'est pas forcément toujours compris ou pris en charge.

Au moment de l'affaire Depardieu, certaines actrices de sa génération avaient pris sa défense en disant "si les femmes ne sont pas capables de se défendre..." - A.Casse: F.Ardant continue de le faire. - J.Fourquet: Il y a aussi des écarts de représentation et de perception au sein de la gent féminine sur ces sujets.

A partir du moment où les dépôts de plaintes ont lieu plusieurs mois ou plusieurs années après l'éventuel acte qui aurait été commis, matériellement, ça débouche systématiquement sur un non-lieu. Quand on interroge les Français, il n'y a que 20 % d'entre eux qui disent que sur ces affaires-là, la justice produit des résultats satisfaisants. Les femmes sont plus sévères à l'encontre de ça.

Il y a un début de prise de conscience. Face à l'ampleur de ce qui se passe, ça ne va pas suffisamment loin. Ce qu'on voit dans la vidéo, c'est qu'il y a une grande proximité, apparemment, entre l'acteur et la première dame.

Il peut y avoir une suspicion de connivence entre une partie de ce monde-là Et la présidence de la République. - A.Casse: C'est un cercle restreint. - J.Fourquet: Ils se connaissent.

La première dame a le droit de connaître des acteurs. On a le sentiment aussi qu'il y a une caste qui se protège. - A.Casse: Quelqu'un était présent dans ce cercle restreint et s'est dit qu'il allait la diffuser. - M.Encaoua: Il y a une proximité dans un lieu public.

Ca se remarque. C'est la presse people qui diffuse. On se demande si ça n'est pas une paparazzade.

C'est ravageur, je trouve, les propos, la connivence...

Tout a été très bien dit. Ca jette le discrédit sur ce qui a été fait. Il y a encore énormément à faire.

Il y a eu des choses faites. L'exemple espagnol a été pris comme tel. Il y a beaucoup de textes de loi, des ordonnances de protection...

Les policiers ont été formés au recueil de la parole...

Une femme qui arrive au commissariat, ce n'est pas simple. Il y a des choses qui sont faites mais là, en quelques mots, vous pouvez, par une vidéo volée, tout balayer. - J.Fourquet: Il y a une autre polémique d'une autre ampleur dans le sillage de l'élection de Miss France.

Il y a une parole qui n'est pas conforme au statut des personnes qui utilisent cette parole. Ces vidéos, dont on ne connaît pas bien le statut, circulent et saturent l'espace informationnel. - A.Casse: Avec des femmes qui s'insultent entre elles. - J.Fourquet: F.Hollande disait que dès qu'on a une fonction, on doit essayer de faire baisser la température et aller vers l'apaisement.

On parle d'une fatigue politique et démocratique. - A.Casse: C'est la vulgarité du propos dans les 2 vidéos. - J.Fourquet: Une porosité énorme entre la sphère publique et privée.

Tout circule et contribue à l'abaissement du débat public de manière très importante. - A.Casse: On passe à vos questions.

Question. - C.Barbier: Oui.

Plus, mais par rapport à quoi? C'est plus par rapport à ce que F.Bayrou avait mis sur la table au mois de juillet en présentant un budget rude.

C'est moins que ce qu'il y aurait eu comme dépenses si L.Castets était devenue Première ministre, comme elle le souhaitait. Trop par rapport à ce qu'attendent Bruxelles, le FMI et les milieux financiers, c'est évident. - A.Casse: Question. - L.Robequain: Il y en a beaucoup.

Sur les médicaments, les arrêts-maladies...

Il y aura des économies. La facture n'a pas été donnée, mais elle se chiffrera en milliards d'euros. - A.Casse: Question. - M.Encaoua: C'est un peu tôt pour le dire.

En tout cas, c'est une bonne question. Il y a un choix tactique, réellement politique qui est en train d'être fait. Montrer qu'il y a une rupture très nette...

Les Français ne pourront plus en douter avec J.-L.Mélenchon et La France insoumise.

Jusqu'où la rupture pourra paraître comme une alliance? La Macronie est très impopulaire avec un président dont on sent bien que c'est de la nitroglycérine...

C'est un pari risqué. Il y a les municipales. En même temps, il a une forme de cohérence, la social-démocratie, le réformisme, c'est essayer de se confronter au réel tel qu'il est et pas tel qu'on aimerait qu'il soit. - A.Casse: Je vois l'air circonspect de Jérôme. - J.Fourquet: Je partage l'idée de ce gouvernement qui prend ses responsabilités.

On ne peut pas laisser le pays dans la situation qu'on connaît aujourd'hui. Si on acte la fracture évidente avec LFI, là où les choses se compliqueraient, c'est pour ça que le PS est obligé d'aller au bout du fusil, c'est si jamais il y avait une censure et une dissolution. Il y a fort à parier qu'il y aurait de nouveau des candidatures uniques avec LFI.

On dirait "tout ça pour ça"? Pour pas que cette situation se produise, il faut qu'il n'y ait pas de dissolution et pas de censure. - A.Casse: Question. - C.Barbier: Oui.

Pour les futurs présidentiables, d'abord. Pour le futur gouvernement, il faudra trouver un moyen de répondre au défi démographique. Plus d'actifs et moins de retraités, comment on finance?

Si on ne finance pas par l'allongement du temps de travail, comment on fait? Certains candidats font le pari de dire la vérité aux Français. "Avec moi, ce sera 65-66." D'autres vont chercher dans la fiscalité pour que les gens partent à 62 ans.

C'est le cas de LFI et du RN. - A.Casse: Question. - L.Robequain: Le spectacle est affligeant, que ce soit sur ce budget de la Sécurité sociale ou sur le budget.

On n'y comprend plus rien. On a l'impression qu'il y a des tractations qui relèvent de l'intérêt personnel. La classe politique est massivement rejetée à droite comme à gauche. - A.Casse: Vous êtes tous d'accord? - OUI. - J.Fourquet: C'est inédit.

Certains font le calcul qu'en se tenant à l'écart de ce spectacle, ils en retireront les bénéfices quand le moment sera venu. - A.Casse: Question.

Je sens une ironie... - C.Barbier: Il y a du salé aussi.

En tout cas, ils n'auront pas le père Fouettard. - L.Robequain: Nos enfants n'auront pas de cadeaux de Noël. - A.Casse: Merci d'avoir été nos invités.

Tout de suite, "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Au programme, la proposition du RN en faveur de la réouverture des maisons closes. Les images choc d'un enfant tondu par ses éducateurs. La bronca autour des propos de B.Macron en marge d'un spectacle d'A.Abittan.

Enfin, l'avenir de S.Lecornu se joue-t-il en ce moment à l'Assemblée nationale? Analyse de P.Cohen et de nos invités. - A.Casse: Rendez-vous ce soir sur France 2 avec C.Roux.

C'est juste après le 20h.