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Audition parlementairePublic Sénat (sur YouTube)· 23 février 2026 14 minFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

PPE : « Nous ne pouvions pas attendre davantage », insiste Roland Lescure

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  • 0:15Roland LescureFait
    « L'article L11-4 du code de l'énergie indique qu'une fois approuvé la programmation plurannuelle de l'énergie fait l'objet d'une présentation au Parlement. »
  • 2:00Roland LescureChiffre
    « 200 jeunes tirés au sort sur l'ensemble du territoire, y compris ultramarin, ont contribué à la réflexion sur nos choix énergétiques à long terme. »
  • 3:00Roland LescureChiffre
    « La mobilisation citoyenne a été particulièrement importante avec plus de 7600 propositions concrètes et près de 1,2 millions de votes. »
  • 6:00Roland LescureChiffre
    « L'électricité française est aujourd'hui 40 % moins cher qu'en Allemagne. »
  • 7:00Roland LescureChiffre
    « La production globale d'électricité atteindra entre 650 et 693 terw entre 2035 contre 540 aujourd'hui. »
  • 9:00Roland LescureChiffre
    « 120000 nouveaux emplois seront créés partout dans les territoires. »

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Le gouvernement a publié par décret le 13 février dernier la 3e programmation pluréannuelle de l'énergie dite PPE 3. Ça a été dit par madame la présidente. L'article L11-4 du code de l'énergie indique qu'une fois approuvé la programmation plurannuelle de l'énergie fait l'objet d'une présentation au Parlement.

À votre demande, monsieur le président. Cette présentation se tient aujourd'hui ici sous forme d'un débat. Pour votre information, l'année l'Assemblée nationale a pour sa part choisi le format d'une audition commune des commissions, des affaires économiques, des finance et du développement durable et de l'aménagement du territoire.

Cette cette audition pardon aura lieu le 25 mars prochain. Euh il y a 4 ans, presque jour pour jour, le président de la République prononçait un discours à Belfort qui marquait un tournant vers la relance du nucléaire et la montée en puissance des énergies renouvelables. Ce discours était le point de départ de l'élaboration de cette 3e programmation pureannuelle de l'énergie.

Depuis ce jour, nous avons consulté largement, rigoureusement en associant toutes les parties prenantes, professionnels, élus, parlementaires et citoyen. D'abord en janvier 2023 dans le cadre de la concertation, notre avenir énergétique se décide maintenant dans le cadre de laquelle 200 jeunes tirés au sort sur l'ensemble du territoire, y compris ultramarin, ont contribué à la réflexion sur nos choix énergétiques à long terme. À l'été 2023, le gouvernement a lancé sept groupes de travail pilotés par des parlementaires et des élus locaux et réunissant les fédérations professionnel, les partenaires sociaux, des experts, des associations afin de proposer des orientations pour notre stratégie énergétique et climatique.

Nombre d'entre vous étaient d'ailleurs membres. Je veux saluer l'implication des sénateurs d'Antec, Canévet, Montogé, Cabanel, Medviel, Mohamed Swali et mesdames les sénatrices Avet, Varayas et Simpé. Leur conclusion remise en septembre 2023 intègre les contraintes auxquelles notre pays va être confronté en matière énergétique, pose un diagnostic partagé et propose des pistes d'action.

Elles ont directement nourri les orientations de la programmation pluréannuelle. Fin 2024, une concertation nationale préalable a été organisée sous l'égmission nationale du débat public. Elle a permis au gouvernement de soumettre au débat les grands objectifs qu'il prévoyait pour la 3è PPE.

La mobilisation citoyenne a été particulièrement importante avec plus de 7600 propositions concrètes et près de 1,2 millions de votes. De mars à mai 2025, une consultation par voie électronique a été organisée pour que l'ensemble des citoyens qui le souhaitaent puisse s'exprimer sur le projet. Enfin, le parlement a été amené à se prononcer, même si je reconnais bien que c'est incomplet lors des différentes lectures de la proposition loi de votre collègue Daniel Gré ici présent d'octobre 2024 à juillet. 2025.

Je tiens sincèrement à saluer ici le travail du Sénat qui a été à l'origine de ces travaux qui ont largement contribuer à relancer le débat sur le mix énergétique français et je mesure l'engagement du sénateur Daniel Grillet. la qualité du travail approfondi réalisée notamment par les rapporteurs monsieur Kadecuvet ainsi que celui de la commission des affaires économiques. Je le sais, vous regrettez que le processus législatif n'ait pas pu être mené jusqu'à son terme.

Nous avons néanmoins, j'insiste, souhaité que les grandes orientations prévues par ce texte soient reprises dans la PPE et je vous propose d'en partager les détails. La PPE3 dans sa version publiée reprend les volumes cibles présents dans la proposition loi du sénateur à l'issue du vote des deux chambres. La proposition de loi Grémillet prévoyait à l'article 5 de porter la date la barre pardon d'énergie décarbonée à 58 % au moins de la consommation finale brute d'énergie en 2030.

C'est choses faites puisque la PPE3 fis cet objectif à 60 %. sur le nucléaire. La PPE3 est en lien avec les objectifs fixés dans votre proposition loi puisque ce texte publié, le texte publié pardon vise la construction de six nouveaux EPR, 10 GW au total plus la possibilité de construire 8 EPR2 supplémentaires en 2026 13 GW ainsi que la consolidation et la prolongation des réacteurs actuels maintient d'une capacité installée de production d'au moins 63 GW.

Sur les énergies renouvelables, l'article 5 prévoyait également d'atteindre 200 terw de production d'électricité décarbonée source de source issu pardon de sources renouvelables. Si l'on additionne photovoltaïque, éolien terrestre, éolien en mer, hydroélectricité et bioénergie, l'objectif de production prévu par la PPE est de 205 TW en 2030 soit un objectif équivalent à celui que vous aviez prévu. Si on regarde encore davantage dans le texte dans le détail pardon, votre texte prévoyait 48 HW de biocarburant, la PPE en prévoit 55.

Vos cible souhaité de 44 terw de capacité de production installée de biogaz injectés dans les réseaux et de 299 TW de chaleur et froid renouvelable sont également reprises à l'idente à l'identique dans le texte publié. Sur l'hydrogène, la concertation publique de fin 2024 visait 6 GW en 2030, 10 GW en 2035 contre 4,5 GW et 8 GW dans la proposition loin dit grillet. Ce sont ces dernières cibles qui ont été retenues dans la PPE publiée.

Et enfin sur l'éolien terrestre, vous l'avez dit monsieur le président, la PPE privilégie le renouvellement des installations existantes en tenant compte de la planification territoriale conformément à vos souhaits. Bref, les travaux du Parlement et des concertations ont très concrètement nourri la version finale de la PPE, mais nous ne pouvions pas attendre davantage après 4 années de débat et d'incertitude pour les filières. Il fallait trancher, il fallait avancer face à une triple urgence géopolitique, économique et climatique.

Urgence géopolitique d'abord, la crise ukrainienne de 2022 nous a rappelé brutalement notre dépendance aux énergies fossiles importées. Mais plus récemment, vous le savez, la situation politique aux États-Unis rend nos relations avec notre allié et amis de 250 ans pour le moins plus compliqué et notamment sur les sujets énergétiques. Deuxième urgence, l'urgence économique.

La transition énergétique est une question de souveraineté, de compétitivité. L'électricité française est aujourd'hui 40 % moins cher qu'en Allemagne. Cet avantage, nous devons le préserver, le renforcer en réduisant le plus rapidement possible notre consommation d'énergie fossile.

Enfin, le président Longot l'a dit, nous faisons face à une troisème urgence, une urgence climatique. La PPE est cohérente avec nos engagements de réduction des émisons de gaz à effet de serre prévu par le plan national d'adaptation au changement climatique et par la stratégie nationale bas carbone. Elle contribue activement à notre décarbonation.

Face à cette triple urgence, notre stratégie repose sur deux levier qui doivent évidemment être actionnés ensemble. Premier levier, augmenter l'offre d'électricité décarbonée. Deuxième levier, développer la demande en électrifiant nos usages.

La PPE est un plan ambitieux, réaliste et adaptable qui nous permet d'agir sur le premier levier, l'offre d'électricité. Ce plan, il est ambitieux puisque la production globale d'électricité atteindra entre 650 et 693 terw entre 2035 contre 540 aujourd'hui. Il est pour autant réaliste car le soutien de l'État se fera à coup maîtrisé.

À l'horizon 2035, nous multiplions par 2,7 la production d'énergie renouvelable tout en réduisant le coût cumulé pour les finances publiques estimées entre 30 et 50 milliards d'euros. selon évidemment la cible finalement atteinte. En face au plan, il est adaptable une clause de revoyure, ça a été dit et prévue en 2027 pour ajuster les objectifs à l'évolution réelle des besoins.

Regardons maintenant ce qu'il en est filière par filière puisque c'est l'objet de cette présentation prévue par la loi. Le nucléaire d'abord, la PPE3 acte la relance du nucléaire avec la construction de 6 OPR2 et la possibilité d'en construire 8 de plus. Les premiers travaux ont d'ors et déjà commencés, notamment à PANli et nous visons l'inauguration d'un premier EPR2 dès 2038.

Elle prévoit également l'optimisation du parc existant pour atteindre entre 380 et 420 TW produits en 2035 contre 290 terwurs en 2022. Mais les centrales nucléaires, vous le savez, ne se construisent pas en une nuit. C'est pour ça précisément, pardon, c'est précisément pourquoi nous avons besoin des énergies renouvelables.

L'articulation entre les deux est au cœur de notre stratégie. Concernant l'éolien en mer, il concentre une part importante de l'effort de production pour deux raisons complémentaires. C'est la source d'énergie renouvelable la plus régulière après l'hydraulique et c'est l'une de nos filières industrielles de pointe avec déjà 5000 emplois.

Nous voulons capitaliser sur cet avantage. L'objectif est de passer d'un peu moins de 2 GW aujourd'hui à 15 en 2035. Sur l'éolien terrestre, nous privilégions la remotorisation, ça a été dit, des installations existantes avec un bonus dédié intégré dans les appels d'offre.

Ce n'est pas pour autant un moratoire, c'est un rééquilibrage. Sur les 35 à 40 GW visés en 2035, 24 sont déjà installés, quatre sont engagés. Nous en installerons trois supplémentaires d'ici 2030.

Le photoboltaïque bénéficie d'une ambition forte et assumée entre 55 et 80 GW d'ici 2035. La filière française là encore industrielle qui s'est constituée dispose avec ses objectifs d'un important potentiel de développement. Concernant la filière hydroélectrique hydroélectrique pardon, la programmation pluriannuelle de l'énergie fixe l'objectif d'augmenter les capacités de production de 11 % pour atteindre 28,7 GW d'ici 2035 en développant le parc de barrage existant et en investissant dans de nouvelles installations de stockage.

Vous le savez, l'Assemblée nationale a tout juste adopté la proposition de loi des députés Baptistelle et Bolot pour traduire dans la loi l'accord conclu entre l'État et la Commission européenne. Cet accord doit permettre de relancer les investissements dans nos barrages bloqués depuis plus de 15 ans. Vous serez saisi du texte au mois d'avril.

La PPE prévoit aussi de développer la chaleur renouvelable, la géothermie, les réseaux de chaleur. Nous poursuivrons la montée en puissance des autres énergies bas carbone non électrique, le biométal, l'hydrogène, les biocarbants et l'hydrolienne. Chaque filière dispose désormais de son objectif chiffré pour la période 26-35 et dans les prochains mois, les appels d'offre seront lancés sur le territoire pour que les entreprises puissent investir, recruter et produire.

Dernier point qui n'est pas littéralement formellement dans le périmètre de ce texte mais qui est très important, les outresem. Aujourd'hui, leur mix énergétique repose en moyenne à 75 % sur les énergies fossiles. Même si vous le savez, les réalités varient fortement d'un territoire à l'autre.

Chaque territoire dispose pourtant de ressources considérables. L'éolien offshore à la Réunion, la géothermie à Mayotte et en Guadeloupe, la biomasse liquide en Guyane et en Corse, les Outre Mers et la Corse sont concernés. l'hydroélectricité en Nouvelle-Calédonie.

Notre objectif est de renforcer leur taux suffisante énergétique pour cela, comme je m'y suis engagé, j'écrirai dans les prochains jours au président de ces collectivités avec la ministre des outresemes pour lancer les dernières consultations et finaliser leur PPE territorial d'ici la fin de l'année. Cette montée en puissance énergétique sera aussi synonyme d'une montée en puissance industrielle. Construire ces infrastructures énergétiques, mesdames et messieurs les sénateurs, c'est le chantier industriel du siècle et ce chantier se fera autant que possible en France avec nos technologies et nos usines.

Les appels d'offre intégreront des critères de préférence européenne pour mobiliser davantage les filières françaises, préserver nos savoir-fairs. 120000 nouveaux emplois seront créés partout dans les territoires. Mesdames et messieurs les sénateurs, pour terminer les objectifs de production en électricité doivent s'accompagner d'un effort tout aussi ambitieux sur la demande en électrifiant nos usages.

Pour décarboner notre économie, réduire notre dépendance énergétique, nous devons électrifier tous les secteurs de l'économie à commencer par les secteurs les plus émetteurs. Nous allons mener avec ma collègue Monique Barbu des concertations avec les producteurs et fournisseurs d'énergie, les industriels, les gestionnaires de réseau et évidemment les parlementaires. Quatre groupes de travail vont être lancés sur chacun des secteurs clés pour l'électrification de notre pays.

L'industrie et l'artisanat, le numérique, les transports et le logement. Vous y serez donc étroitement associé. L'objectif est que ce plan soit annoncé dès le printemps avec des mesures concrètes activables et sans de lais.

Mesdames et messieurs les sénateurs, cette programmation pluréannuelle de l'énergie nous donne les moyens de notre ambition énergétique avec une véritable programmation comme nous le faisons pour les sujets militaires. Nos parents ont fait le choix il y a 50 ans après les chocs pétroliers d'investir massivement pour nous permettre de disposer d'une énergie décarbonée flexible et souveraine. Et je note qu'à l'époque aussi les reproches qui étaient faits au gouvernement de l'époque recoupent très largement ceux qui nous sont parfois faits aujourd'hui.

Les entreprises et les ménages en bénéficient encore aujourd'hui de ces efforts fait il y a 50 ans. Assurons-nous ensemble que nos enfants à leur tour en bénéficieront également. Cette PPE, elle vise à renforcer notre puissance industrielle et notre indépendance énergétique.

Mesdames et messieurs les sénateurs, je suis évidemment à votre écoute et répondrai si vous le jugez utile et si c'est nécessaire à vos interventions à l'issue.