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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 11 avril 2022 9 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSolidarités & famille

ET MAINTENANT ?

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15narrateurFait
    « Marine Le Pen peut l'emporter. »
  • 5:30narrateurFait
    « Le bonapartisme institutionnel de la Ve République met en péril la paix civile. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les enseignements du premier tour de l’élection présidentielle. C’est le sommaire de ce numéro 25 de la Guerre du trône. Le 24 avril verra donc rejouer le match Macron - Le Pen.

Pour autant, il serait faux de conclure à une banale répétition de 2017. D’abord, parce que cette fois, Marine le Pen peut l’emporter. Entre les électeurs d’Éric Zemmour, ceux de Nicolas Dupont-Aignan ou encore les amis d’Éric Ciotti, la candidate du Rassemblement national compte de solides réserves de voix.

Auxquelles s’ajouteront fatalement des suffrages venus de la gauche, tant la détestation d’Emmanuel Macron l’emporte sur toute autre considération. Mais si 2022 n’est pas la répétition de 2017, c’est surtout parce que la structuration de l’offre politique est désormais tripartite. À eux trois, Macron, Le Pen et Mélenchon représentent les trois-quarts de l’électorat.

Trois blocs : celui de la droite néolibérale, celui de l’extrême droite et celui de la gauche de rupture. Le reste n’existe plus. La gauche d’accompagnement, dans ses variantes socialistes ou écologistes, est morte.

Avec ses 1,74% Anne Hidalgo consacre les funérailles du PS. En recueillant 4,58% des voix, Yannick Jadot démontre que la question cruciale du climat et de la biodiversité mérite mieux qu’un conglomérat de chapelles sectaires et d’ego boursouflés pour l’incarner. Quant à Fabien Roussel, qui se targuait d’exprimer un vote de conviction, c’est un constat de faillite qui s’impose.

Pour assurer la survie de sa petite boutique aux législatives, il a empêché la seule force populaire de rupture d’accéder au second tour. Car les 500 000 voix et quelques qui ont manqué à Jean-Luc Mélenchon pour passer devant Marine Le Pen sont à rechercher parmi les 800 000 voix qui se sont portées sur le candidat communiste. 800 000 voix qui n’auront servi à rien si ce n’est à contribuer à la défaite.

De tous les candidats, ce sont Hidalgo, Jadot et Roussel qui ont eu les mots les plus durs contre Mélenchon. Il y avait certainement 1 000 raisons de détester le candidat de l’Union Populaire. 1 000 raisons de redouter qu’il ne prenne davantage de poids.

Mais ne pas se rendre compte qu’hier, Mélenchon représentait la possibilité pour le mouvement social de se recomposer sans errer cinq années supplémentaires dans le labyrinthe du macronisme, c’est une faute impardonnable. La politique n’est pas un procès en béatification. On n’élit pas un saint.

On choisit un camp et on s’efforce de le faire gagner. Certains ont préféré leur petit commerce et la défaite à l’intérêt général. La droite historique ne se porte pas mieux.

Valérie Pécresse l’a reconnu sans détours. Contre le camp du président sortant, et contre celui des extrêmes, alliés en la circonstance pour diviser et battre la droite républicaine. Malgré la passion qui m’anime, malgré la qualité de notre projet, je n’ai pas réussi dans cette campagne atrophiée, et en l’absence de vrai débat, à me délivrer de cet étau et à vous convaincre.

Le parti LR vit ses dernières heures. La moitié des effectifs porte son regard vers Marine Le Pen. L’autre se ralliera à Emmanuel Macron.

C’est Chirac qu’on enterre une deuxième fois. Quant à Zemmour, on peut dire que la baudruche médiatique s’est dégonflée. L’histoire dira pourquoi nous ne sommes pas parvenus, alors qu’une majorité de Français partage nos inquiétudes et nos espoirs.

Peut-être en raison de l’absence de campagne et de débat, peut-être en raison du traitement qui nous a été réservé de la situation internationale et peut-être aussi simplement par ma faute. J’ai bien des désaccords avec Marine Le Pen, je les ai abordés pendant cette campagne. Je n’en referai pas la liste.

Mais il y a face à Marine Le Pen un homme qui a fait entrer deux millions d’immigrés, un homme qui n’a pas dit un mot d’identité, de sécurité, d’immigration pendant sa campagne, et qui fera donc pire s’il était réélu. Je ne me tromperai pas d’adversaire, c’est la raison pour laquelle j’appelle mes électeurs à voter pour Marine Le Pen. Avec 7% des voix, le président de Reconquête revient à son point de départ.

Le projet de fédérer les droites derrière lui s’évanouit. Au mieux, Éric Zemmour peut prétendre jouer les supplétifs de Marine le Pen. Mais pour ce qui est d’entrer à l’Assemblée nationale, c’est une autre paire de manches.

Marine Le Pen n’a aucun intérêt à conclure des alliances avec celui qui lui a servi de paratonnerre tout au long de la campagne. Par le jeu des institutions de la Ve République, Jean-Luc Mélenchon se retrouve maintenant en situation de faiseur de rois. Marine Le Pen compte sur les insoumis pour faire la différence.

Les Français ont manifestement tenu à arbitrer par le pays un choix fondamental entre deux visions opposées de l’avenir. Soit la division, l’injustice et le désordre, imposés par Emmanuel Macron au profit de quelques-uns, soit le rassemblement des Français autour de la justice sociale et de la protection, garanties par un cadre fraternel autour de l’idée millénaire de nation et de peuple. Tous ceux qui aujourd’hui n’ont pas voté pour Emmanuel Macron ont bien sûr vocation à rejoindre ce rassemblement.

Emmanuel Macron n’est pas en reste dans la démagogie sirupeuse. J’invite solennellement nos concitoyens, quelle que soit leur sensibilité, et quel qu’ait été leur choix au premier tour, à nous rejoindre. Certains le feront pour faire barrage à l’extrême droite, et je suis pleinement conscient que cela ne vaudra pas soutien du projet que je porte, et je le respecte.

Je sais que c’est le choix fait, par exemple, par Jean-Luc Mélenchon. Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses afin de bâtir avec eux une action commune au service de notre nation pour les années qui viennent. Il veut inventer quelque chose de nouveau.

Mais que ne l’a-t-il fait pendant les cinq ans qui viennent de s’écouler ? Le refrain est usé jusqu’à la corde. Au lendemain du mouvement des Gilets jaunes, déjà, tout devait changer.

Au sortir de la pandémie, plus rien ne devait être pareil. Qui peut prêter crédit à pareil bonimenteur ? Du côté de Jean-Luc Mélenchon, la consigne est claire : Dans la bataille qui arrive, nous avons constitué le pôle populaire, parce qu’il était là, toute sorte de gens ont pu prendre appui dessus pour faire un vote et nous amener jusqu’à ce point.

Des batailles arrivent devant vous. Ne commettons pas l’erreur de nous fourvoyer, à peine entrés sur le chemin. Nous savons pour qui nous ne voterons jamais.

Donc, vous ne devez pas donner une voix à madame Le Pen. Alors, je le sais bien, je répète parce que, des fois, il arrive que même quand je dis les choses, c’est comme si je ne les avais pas dites. Alors je recommence à cet endroit du film.

Il ne faut pas donner une seule voix à madame Le Pen. Il ne faut pas donner une seule voix à madame Le Pen. “Comment, le candidat de l’Union populaire n’appelle pas à voter Macron ?” sursauteront quelques bons esprits.

Chacun fera bien ce qu’il voudra. Disons simplement que celui qui a nourri la bête pendant cinq ans depuis l’Élysée peut difficilement incarner le rempart de la République. Surtout aux yeux de ceux à qui l’on a déjà fait le coup il y a 5 ans.

Gageons néanmoins que les injonctions à faire barrage vont aller crescendo. Avec leur cortège de leçons de morale, leçons qui n’ont jamais dissuadé le moindre vote en faveur de l’extrême droite comme les 40 dernières années l’ont montré. Le bonapartisme institutionnel de la Ve République met en péril la paix civile.

Peut-on continuer indéfiniment à voir tous les pouvoirs être confisqués par un homme ou une femme qui ne représente qu’un quart de l’électorat ? Faut-il vraiment attendre que l’extrême droite arrive au pouvoir pour se convaincre de l’urgence de passer à un autre modèle de représentation ? Si vous avez aimé cette chronique, si vous voulez nous soutenir, n’hésitez pas à vous abonner à notre chaîne Youtube.

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