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interviewSud Radio· 20 juin 2026 7 min

"La cocaïne devient un sport national” : Lecornu dévoile son plan contre le narcotrafic

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

invité à la une, Étienne Blanc, le sénateur LR du Rhône. Bonjour. Oui, bonjour. Vous êtes également porte-parole de Nouvelle Énergie. Et si on avait envie de vous recevoir ce matin, c'est que vous avez été le rapporteur de l'enquête parlementaire de mai 2024, qui fut à l'origine de la loi contre le narcotrafic en voie d'adoption définitive. Votre rapport pour la première fois dans l'histoire parlementaire met justement le projecteur sur ce problème du narcotrafic en France. Et ça tombe bien ce que le Premier ministre le dit. La cocaïne est un sport national. Ce sont les mots de Sébastien Lecornu, le Premier ministre.

Cela veut dire qu'on a enfin pris la mesure de votre rapport de la mexicanisation de la France, M. le sénateur ?

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Étienne Blanc

Oui, je crois qu'on a pris la mesure de ce rapport, qui était bienvenu, qui était utile. D'ailleurs, ça permet de se poser une question. La drogue, elle n'est pas apparue dans le paysage français en 2020. Il y a bien longtemps que l'augmentation est constatée par les forces de police, par la justice, par toute une série d'institutions, par le monde politique aussi, comment se fait-il qu'on ait réagi aussi tard. Avec mon collègue Jérôme Durin, on a fait un rapport, on a une mission pendant une durée de six mois. Et puis ensuite, on a fait adopter une loi.

C'est une loi qui donne des moyens nouveaux à la puissance publique, à la police, à la justice, des moyens qui sont contemporains, des moyens qui sont modernes. Mais évidemment, aujourd'hui, cela ne suffit pas. Il manque encore un certain nombre de choses.

1:20
Présentateur

Mais, Etienne Blanche, je ne peux pas rebondir sur ce que vous venez de dire. Vous avez évoqué cette volonté de ne pas le voir, de ne pas le constater, y compris dans le monde politique. Maintenant qu'on semble regarder et vouloir regarder la réalité en face, qu'est-ce qui fait que le monde politique a tellement tardé à voir, justement, la réalité de ce phénomène ?

1:39
Étienne Blanc

Je trouve que, à mon avis, c'est de l'essence même de la démocratie. En démocratie, vous avez des élections qui rythment la vie politique. Donc, vous êtes sur une réaction, sur l'instant. Il faut apporter des réponses à l'instant pour être élu. Donc, on se préoccupe de l'instant. Mais on ne regarde pas à 10 ans, à 15 ans. On peut, pas, c'est excessif, mais peu. On a cette difficulté à anticiper. Mais regardez, ce n'est pas vrai seulement pour la drogue. C'est vrai aussi pour la dette. On sait très bien qu'en 2030, la France aura de la peine à faire face au paiement des intérêts de la dette. Mais on attend le choc. On attend de constater et déviser les catastrophes avant de réagir.

Et la drogue, c'est exactement cela. Alors, on ne peut pas dire qu'on n'a rien fait. Les forces de police, la justice. Mais on n'a pas pris la mesure de ce phénomène. Vous avez utilisé tout à l'heure un terme de mexicanisation. Quand nous avons travaillé sur le sujet avec Jérôme Durand, il y avait des magistrats mexicains qui étaient venus en France dans le cadre d'un échange avec l'École nationale de la magistrature. Et en repartant, ces magistrats mexicains nous ont fait passer un message. Ils disent, la France, vous n'êtes pas un arco-État. Le Mexique, c'est un arco-État.

Mais attention, toute une série de signes laissent entendre que désormais, vous vous orientez vers une situation irréversible. C'est la corruption, c'est la violence extrême, ce sont les masses d'argent gigantesques qui circulent et qui sont blanchines.

3:09
Présentateur

Et on va revenir, mais dans ce contexte, simplement, Étienne Blanc de ce Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui dévoile son plan pour lutter contre le narcotrafic. On a appris cette semaine qu'il y allait avoir la généralisation des tests salivaires au plus haut sommet de l'État pour les ministres et leurs équipes. Comment le sénateur que vous êtes, qui plus est expert quand même de ce sujet, avait regardé cette actualité et cette annonce ?

3:29
Étienne Blanc

Moi, je pense que c'est un peu de l'agitation. Voilà, bon, c'est assez facile, on va choisir le ou la parlementaire qui va consommer des stupéfiants et puis on va médiatiser tout ça. Non, la vérité, c'est que vous avez aujourd'hui un million et demi de consommateurs. Alors, j'entends bien que l'exemplarité, c'est important. J'entends bien qu'un parlementaire, quand il parle de stupéfiants, il doit être exemple tout soupçon. Mais je veux dire, le sujet, aujourd'hui, il n'est pas là. Le sujet, il est dans les collèges. Le sujet, il est dans nos lycées. Le sujet, il est à l'université. Le sujet, il est dans la rue, il est sur des points de l'île. Il est dans les quartiers sensibles.

Le sujet, c'est ces 7 milliards d'argent liquide qui circulent. 7 milliards d'argent liquide. Justement, ces 7 milliards d'argent

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Présentateur

qui sont considérables et tiendront. Visiblement, les annonces et la campagne de Sébastien Lecornu commencent par de l'affichage dans les commerces et les transports. C'est ce que nous révèle l'entourage du Premier ministre ainsi que Sébastien Lecornu lui-même via une exclusivité dans le Parisien aujourd'hui en France. Donc, des affiches disant, par exemple, les balles perdues ne le sont jamais très longtemps, on paie tous le prix de la drogue. C'est-à-dire qu'en France, en 2026, malgré le drame que provoque régulièrement le narcotrafic, on était obligé à nouveau de passer par là par une campagne d'affichage ?

4:46
Étienne Blanc

Alors, moi je trouve cela absolument sidérant. Vous savez, la France, elle a été capable de lutter contre le tabac, le tabac qui fait mal au poumon. La France, avec la loi Evin, notamment, elle a été capable de lutter contre l'alcool. Mais on a fait si peu sur la drogue. Si peu. Cette campagne-là, elle est vraiment tardive. Quand on a fait nos travaux avec Jérôme Durand, on a constaté que dans les lycées, il y avait des lycéens qui obtenaient le bac, qui partaient à l'université, qui n'avaient jamais entendu parler et qui n'avaient jamais connu une campagne de lutte contre les stupédiens. Au lycée, alors on sait que c'est là que ça commence. Mais nécessaire ? Elle est bien sûr nécessaire.

Il faut des campagnes de communication puissantes pour dire aux consommateurs quand vous consommez, c'est la phrase de Dupond-Moretti, vous avez du sang sur les mains, vous faites tourner un business qui enrichit les criminels et qui se développe et qui ne peut marcher que si on augmente la consommation. Donc, on fait la promotion de la consommation. Donc, évidemment, ces campagnes sont utiles.

5:45
Présentateur

Son plan pour lutter contre le narcotrafic au Premier ministre, il y a dedans une réflexion quant à l'augmentation de l'amende forfaitaire. Il faut dire qu'elle est à 200 euros, ça pourrait aller jusqu'à 500 euros, mais il y a une réflexion visiblement beaucoup plus profonde, celle de vouloir faire évoluer des sanctions, notamment la suspension du permis dès qu'on est testé positif ou même l'éligibilité dans certains cas. Est-ce que ça aussi, pour vous, ça fait partie des durcissements qui sont absolument nécessaires si on veut vraiment lutter contre le narcotrafic, Étienne Blanc ?

6:13
Étienne Blanc

Bien sûr, ces durcissements sont indispensables. C'est quand vous tapez partout le consommateur, le commerçant, quand vous allez sur les réseaux sociaux et quand vous taxez des responsables politiques, quand vous augmentez les amendes pour les consommateurs, voilà, il faut avoir cette vision d'ensemble. Si vous me le permettez, en deux minutes, il y a deux manques aujourd'hui qui sont criants dans notre droit positif. le premier, c'est sur la saisie du produit du crime. Vous savez, tant qu'on n'arrivera pas à saisir l'ensemble du patrimoine des personnes qui se livrent au trafic, eh bien, ça ne marchera pas.

Pour être un exemple tout simple, vous avez quelqu'un qui surveille sur un point de lille. Vous le coincez, vous allez chez lui. Chez lui, on trouve un écran, il y a une voiture, souvent une voiture qui ne correspond pas à son train de vie. Il y a de l'épargne, il y a des comptes, etc. On va lui demander de justifier du caractère licite de l'acquisition de ses biens. On va inverser la preuve. Ce n'est pas la puissance publique de rapporter la preuve. Il faut que ce soit aux délinquants de rapporter la preuve de la lycéité de ses acquisitions. Et on comprend bien en vous écoutant,

7:19
Présentateur

Étienne Blanc, sincèrement, que le droit n'est pas encore totalement adapté à l'ampleur du narcotrafic ici sur le sol français. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour réagir, en effet, au plan du Premier ministre.

"La cocaïne devient un sport national” : Lecornu dévoile son plan contre le narcotrafic — Étienne Blanc · Pourquijevote