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InterviewRFI (sur YouTube)· 12 mai 2026 39 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesImmigration & asileSécurité

« L'Afrique va réussir et on réussira avec », dit Emmanuel Macron sur RFI, France 24 et TV5 Monde

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 72 %Attaque 20 %Défensif 8 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que la formule hybride du sommet va permettre de rebâtir la relation entre la France et l'Afrique ?

  • 1:59RelanceRéponse directe

    Compte tenu des contraintes budgétaires de la France, avez-vous les moyens de rivaliser avec la Chine ou les États-Unis ?

  • 3:52OuverteRéponse directe

    Vous défendez une approche business gagnant-gagnant ?

  • 4:16OuverteRéponse directe

    Comment comptez-vous régler le problème de visa pour les patrons africains ?

  • 6:08RelanceRéponse directe

    Un étudiant africain paie 16 fois plus qu'un européen. Est-ce que vous comprenez cette injustice ?

  • 8:43RelanceRéponse directe

    La réforme du franc CFA : les Africains ont-ils vraiment le choix ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:06Invité politiqueChiffre
    « On a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement, c'est de l'argent privé. »
  • 3:20Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu 14 milliards d'euros d'investissement de nos entreprises françaises sur tout le continent africain. »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « On a facilité les choses pour les investisseurs, les chefs d'entreprise, mais aussi les talents qui sont identifiés pour des entreprises. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « On ne paye plus la sécurité sociale pour un étudiant français. C'est vrai aussi pour un étudiant communautaire. C'est vrai aujourd'hui pour un étudiant non communautaire. »
  • 7:32Invité politiqueFait
    « On est l'un des seuls pays au monde où l'université est gratuite. »
  • 10:26Invité politiqueFait
    « En 2019, en Côte d'Ivoire, j'ai dit, nous, on est prêts à lever tous les registres du jeu, et donc on a levé tous ces registres du jeu. »
  • 13:47Invité politiqueFait
    « La France est venue en 2013. C'est mon prédécesseur François Hollande qui a pris cette décision à la demande du président Keïta pour éviter la partition du Mali. »
  • 25:05Invité politiqueFait
    « On a accompagné une dette qu'on avait commencé à restructurer. »
  • 28:11Invité politiqueChiffre
    « Circulaient à peu près un tiers des engrais qui allaient partout dans le monde et en particulier sur le continent africain. »
  • 28:39Invité politiquePromesse
    « La réouverture d'Hormuz doit être l'étape numéro un de notre agenda quand on parle du Moyen-Orient. »
  • 32:20Invité politiqueFait
    « Pour les combattants de la liberté, on les protège. »
  • 32:23Invité politiqueFait
    « Elles sont dans notre convention européenne des droits de l'homme. »
  • 32:31Invité politiqueFait
    « aller beaucoup plus vite et être plus rigoureux sur le retour vers le pays d'origine. »
  • 34:44Invité politiqueFait
    « À l'unanimité, ça a été voté par notre Assemblée et c'est promulgué. »
  • 35:18Invité politiqueChiffre
    « On a financé, public-privé, plus de 500 équipements sportifs et infrastructures. »
  • 35:44Invité politiqueChiffre
    « le sport, c'est 2% du PIB mondial. En Afrique, c'est 0,5% du PIB. »
  • 36:31Invité politiqueFait
    « On a commencé cette politique. Je suis allé au Rwanda et en Afrique du Sud pour dire on va coproduire avec vous. »
  • 36:40Invité politiqueFait
    « L'Institut Pasteur de Dakar sur le Chikungunya. »
  • 36:55Invité politiqueChiffre
    « 20% des besoins de vaccins, c'est sur le continent africain. Il n'y avait qu'un pour cent de la production. »
  • 37:05Invité politiqueChiffre
    « les 23 milliards que je vous annonçais là, c'est une vraie révolution. »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron77 %
  • ?8 %
  • Présentateur7 %
  • Présentateur 24 %
  • Présentateur 34 %

≈ 80,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Monsieur

0:00
Présentateur

le Président, bonsoir.

0:02
Emmanuel Macron

Bonsoir.

0:02
Présentateur

Nous sommes ici à Nairobi où s'achève, sous la pluie, qu'on entend le sommet Africa Forward qui a réuni une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement du continent. Sommet qui se veut le reflet d'une relation renouvelée avec l'Afrique. A mes côtés, pour vous interroger, Stéphane Ballon, France 24. Bonsoir Monsieur le Président, bonsoir. Mounia Daoudi, RFI, Radio France Internationale. Bonsoir Monsieur le Président. Bonsoir. En 2021 à Montpellier, vous faisiez le choix de la rupture en vous adressant à la jeunesse et aux diasporas africaines. Aujourd'hui à Nairobi, on est sur une formule un peu hybride, business, politique, dans un pays anglophone, une première.

Est-ce que c'est la formule qui va permettre de rebâtir la relation entre la France et l'Afrique

0:48
Locuteur

? Alors

0:49
Emmanuel Macron

en tout cas, la réinventer et clairement acter que c'est un partenariat d'égal à égal, c'est ce qu'on veut, avec des changements profonds qui se sont opérés ces dix dernières années. La relation entre l'Afrique et la France,

1:00
Locuteur

elle

1:01
Emmanuel Macron

est là, elle est très forte. Elle est très forte par notre présence dans le continent, dans tous les domaines. Elle est très forte par aussi des destins partagés, les diasporas dans notre pays. Donc ce lien, il est déjà très fort. Néanmoins,

1:15
Locuteur

ce

1:15
Emmanuel Macron

qu'on a voulu ici faire,

1:16
Locuteur

d

1:17
Emmanuel Macron

'abord c'est commencer par la jeunesse, hier, avoir des moments très forts sur la culture,

1:23
Locuteur

sur

1:24
Emmanuel Macron

le sport, sur l'économie. Et aujourd'hui, en effet, un sommet avec les dirigeants, pour la première fois des dirigeants d'entreprise, avec les chefs d'État et de gouvernement. Et au fond, avoir un agenda nouveau qui est

1:34
Locuteur

co

1:35
Emmanuel Macron

-dessiné.

1:36
Locuteur

C

1:36
Emmanuel Macron

'est-à-dire qu'on co-décide et on co-investit. Les termes, le langage change, mais au fond, on y reviendra sans doute, c'est aussi le fruit de dix années de réinvestissement, de décisions profondes. Et quand on parle de la culture, quand on parle du sport, quand on parle de l'économie, d'une réinvention un peu de cette relation.

1:53
Présentateur

Alors vous parlez de réinvention, vous insistez sur une approche économique pour renouveler ce partenariat avec l'Afrique. Mais compte tenu des contraintes budgétaires de la France, est-ce que vous avez les moyens, justement, de rivaliser avec des puissances comme la Chine ou les États-Unis ?

2:09
Emmanuel Macron

Oui, résolument. D'abord parce que les États-Unis ont coupé bien plus massivement que nous leur aide, pour des raisons, eux, idéologiques.

2:15
Locuteur

La

2:16
Emmanuel Macron

France, après ma première élection, a beaucoup monté son aide publique au développement,

2:21
Locuteur

avec

2:21
Emmanuel Macron

une loi aussi pluriannuelle. La difficulté budgétaire, la réalité politique aussi, ont fait que les choix qui ont été faits par le Parlement ces deux dernières années ont plutôt rebaissé la courbe. Néanmoins, elle est supérieure à ce qu'on avait en 2017. Mais le plus important, c'est qu'au fond, et d'ailleurs le président Routo l'a lui-même dit, c'est pas de l'aide budgétaire que demandent les pays africains avant tout.

2:41
Locuteur

Ils

2:42
Emmanuel Macron

veulent de l'investissement.

2:43
Locuteur

Et

2:44
Emmanuel Macron

c'est aussi une façon de changer complètement le logiciel. C'est pas nous qui venons vous dire, vous avez besoin de ça ou ça, on va vous mettre de l'argent. Avec souvent de l'incompréhension chez nous, de gens qui disent, attendez, on nous explique qu

2:53
Locuteur

'il n'y a

2:53
Emmanuel Macron

plus d'argent pour nos universités, nos écoles, vous allez dépenser cet argent-là à l'autre bout du monde. Là, c'est de l'investissement.

3:00
Locuteur

De

3:00
Emmanuel Macron

manière très concrète, hier, par la coalition d'investisseurs et d'entrepreneurs qu'on a amenée ici,

3:06
Locuteur

on

3:06
Emmanuel Macron

a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement. C'est de l'argent privé.

3:12
Locuteur

Mais

3:13
Emmanuel Macron

ça crée des emplois, ça change la vie. C'est pas le budget de l'État.

3:15
Locuteur

Il

3:16
Emmanuel Macron

y a eu 14 milliards d'euros d'investissement de nos entreprises françaises

3:20
Locuteur

sur

3:20
Emmanuel Macron

tout le continent africain,

3:21
Locuteur

dans

3:22
Emmanuel Macron

tous les domaines.

3:23
Locuteur

Le

3:23
Emmanuel Macron

digital, le numérique, l'agriculture, les infrastructures, l'énergie, etc.

3:27
Locuteur

Et

3:28
Emmanuel Macron

9 milliards d'euros

3:29
Locuteur

qu

3:30
Emmanuel Macron

'on a mobilisés

3:30
Locuteur

d

3:31
Emmanuel Macron

'investisseurs et d'entrepreneurs africains sur leur continent.

3:34
Locuteur

Parce

3:35
Emmanuel Macron

que c'est un peu ça aussi la relation. Elle est partenariale. Et le forum qu'on a créé, cette coalition d'acteurs nouvelles, c'était des entrepreneurs français et africains ensemble pour la première fois. Donc vous voyez, c'est de l'argent privé. C'est des projets qu'on dessine ensemble. C'est du co-investissement.

3:52
Présentateur

Vous défendez donc, M. le Président, une approche business, gagnant-gagnant, vous dites ? Pas

3:57
Emmanuel Macron

que business, parce qu'il

3:58
Locuteur

y a

3:58
Emmanuel Macron

sport, il y

3:59
Locuteur

a

3:59
Emmanuel Macron

la culture, elle est dans tous les domaines du jeu. Mais qui est moins axée sur uniquement le sécuritaire et qui est moins axée uniquement sur le gouvernemental. J

4:08
Présentateur

'entends.

4:08
Locuteur

Il

4:09
Présentateur

y a tout de même une dominante économique dans ce sommet. Oui, il y

4:12
Locuteur

a

4:12
Présentateur

en tout cas une vraie présence. Effectivement. Vous dites gagnant-gagnant.

4:16
Locuteur

Aujourd

4:16
Présentateur

'hui, un patron français qui souhaite se rendre en Afrique, le fait facilement, mais l'inverse n'est pas vrai. Comment comptez-vous régler ce problème de visa, je dirais chronique, que soulèvent régulièrement les patrons africains

4:28
Locuteur

?

4:28
Emmanuel Macron

Alors d'abord, on a beaucoup changé les choses ces dernières années en invitant régulièrement les patrons. On a créé à peu près des conseils d'affaires dans tous les pays. On travaille beaucoup aussi avec nos propres organisations, etc. Business France s'est structuré pour ce faire. Et donc chaque année à Choose France, l'Afrique est présente

4:44
Locuteur

avec

4:45
Emmanuel Macron

des investisseurs et des patrons qui veulent venir investir en Europe.

4:47
Locuteur

Et

4:48
Emmanuel Macron

on leur réserve les meilleures conditions. Ensuite, on a créé un système

4:51
Locuteur

avec

4:52
Emmanuel Macron

justement à la fois Business France et le Quai d'Orsay pour permettre d'avoir des passeports, si je puis dire, ce qu'on appelait nos passeports talents, des segments très spécifiques où on donne des visas plus facilement. On a facilité les choses pour les investisseurs, les chefs d'entreprise, mais aussi les talents qui sont identifiés pour des entreprises, puisqu'elles soient africaines ou européennes,

5:11
Locuteur

avec

5:12
Emmanuel Macron

des talents du continent et pas seulement. Et là, ce qu'on est en train de faire, ce qu'on a lancé à ce sommet,

5:16
Locuteur

c

5:17
Emmanuel Macron

'est justement tout un travail pays par pays avec l'Union africaine pour faciliter cette circulation. Ce matin, dans le débat qu'on a eu qui a été très intéressant, Aliko Dengote,

5:28
Locuteur

je

5:29
Emmanuel Macron

le cite comme ça, j'espère qu

5:30
Locuteur

'il

5:30
Emmanuel Macron

ne m'en voudra pas, mais il a assumé un des plus grands investisseurs nigérians sur le continent.

5:35
Locuteur

Il

5:35
Emmanuel Macron

a dit, moi, j'ai énormément de mal à me déplacer sur le continent africain.

5:39
Locuteur

Et

5:39
Emmanuel Macron

donc, ce qu

5:40
Locuteur

'on

5:40
Emmanuel Macron

reproche parfois à la France, c'est encore plus vrai entre les pays africains. Et donc, l'Union africaine va structurer une initiative

5:45
Locuteur

de

5:46
Emmanuel Macron

plus grande facilité de circulation de ses chefs d'entreprise et de ses investisseurs. Et moi, j'ai dit, nous, on va le faire aussi avec les Européens pour que ce que vous êtes en train de créer, les Européens aussi et le segment miroir.

5:59
Locuteur

Donc

5:59
Emmanuel Macron

voilà, on continue de s'améliorer.

6:01
Présentateur

Oui, vous insistez, Monsieur le Président, beaucoup sur l'importance de la jeunesse. Vous en avez parlé hier, vous en avez parlé aujourd'hui. Pourtant, aujourd'hui en France, un étudiant africain doit, j'allais dire, payer 16 fois l'équivalent des frais de scolarité qu'un étudiant européen paie. Est-ce que vous comprenez

6:19
Locuteur

cette

6:20
Présentateur

jeunesse qui vit cette situation comme une injustice, finalement ?

6:24
Locuteur

Alors

6:24
Emmanuel Macron

non. D'abord, vous avez le droit de dire que parfois on fait des choses bien sans dire mais à chaque fois pour mort. Je dis ça juste en hygiène collective parce que sinon, on a l'impression qu'on est toujours en défensive. En Europe, aujourd'hui, si je compare la France avec l'Allemagne ou l'Angleterre, les études sont gratuites. Pendant mon premier mandat, on a même maintenant fait que les études sont gratuites et qu

6:43
Locuteur

'on

6:43
Emmanuel Macron

ne paye plus la sécurité sociale pour un étudiant français. C'est vrai aussi pour un étudiant communautaire. C'est vrai aujourd'hui pour un étudiant non communautaire. Aujourd'hui, un étudiant africain qui va dans une université anglaise ou allemande ou italienne, il paye

6:56
Locuteur

beaucoup

6:57
Emmanuel Macron

plus cher que chez nous. Je ne parle même pas si...

6:59
Locuteur

16

6:59
Emmanuel Macron

fois plus ? Non,

7:00
Locuteur

mais

7:00
Emmanuel Macron

il paye beaucoup plus cher que chez nous. Aujourd'hui, ce à quoi vous faites référence, c'est que, et c'est une très bonne chose, on permet aux universités de faire payer les étudiants non communautaires.

7:09
Locuteur

Mais

7:10
Emmanuel Macron

c'est normal parce que le choix collectif qu

7:12
Locuteur

'on

7:12
Emmanuel Macron

fait en France, c'est de dire un étudiant ne paye pas, c'est le contribuable qui paye. Mais le contribuable français, il n'a pas dit, je vais payer les études de tous les étudiants du monde d

7:20
Locuteur

'où

7:20
Emmanuel Macron

qu

7:20
Locuteur

'ils

7:20
Emmanuel Macron

viennent. Et moi, partout où je vais dans le monde, j'ai beaucoup d'étudiants qui me disent, elles sont bien les études chez vous si elles ne coûtent rien ? Parce que quand je vais dans une université au Canada, elles coûtent de l'argent, beaucoup plus. Quand je vais dans une université américaine, je n'en parle même pas. En Chine, en Inde, on est l'un des seuls pays au monde où l'université est gratuite.

7:37
Locuteur

Il

7:37
Emmanuel Macron

faut arrêter de vivre dans ce dogme, ce fantasme. Donc on

7:40
Locuteur

préserve... Par rapport aux étudiants

7:41
Présentateur

africains ?

7:41
Emmanuel Macron

Mais je le dis, les étudiants africains, ce sera pays par pays. Les universités feront leur choix, mais il y a peut-être des universités qui feront payer plus cher qu'aujourd'hui, qui est zéro.

7:50
Locuteur

Mais

7:50
Emmanuel Macron

elles feront néanmoins payer souvent beaucoup moins cher que les autres pays européens. Et à côté de ça,

7:56
Locuteur

on

7:57
Emmanuel Macron

a encore un système de bourse par Campus France et par nos universités. Donc la France,

8:01
Locuteur

avec

8:02
Emmanuel Macron

cette réforme, demeurera l'un des pays les moins chers au monde pour son système universitaire. Et il faut être simplement cohérent avec nous-mêmes.

8:10
Locuteur

C

8:10
Emmanuel Macron

'est que

8:10
Locuteur

les

8:11
Emmanuel Macron

contribuables français, ils ne payent pas pour que les études soient gratuites pour la Terre entière. Parce

8:16
Locuteur

que c'est vrai

8:16
Emmanuel Macron

dans aucun autre pays au monde. Donc ça ne peut pas marcher. Par contre, on veut continuer d'accompagner des talents qui viennent du Kenya, qui viennent du Sénégal, qui viennent de la Côte d'Ivoire, qui sont identifiés avec les universités, choisis par les universités.

8:29
Locuteur

Et

8:30
Emmanuel Macron

à ce moment-là, l'université polyselectionnelle peut décider de ne

8:33
Locuteur

pas

8:33
Emmanuel Macron

leur mettre de droit. Campus France peut accompagner. Et on continuera d'avoir une politique très attractive.

8:39
Présentateur

Autre préoccupation de la jeunesse africaine, la réforme du franc CFA. Vous avez dit que vous avez fait le job, que c'est aux Africains de décider. Est-ce qu'ils ont vraiment le choix quand le taux de change est fixé par la BCE, la Banque Centrale Européenne, quand le franc CFA est toujours utilisé au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso ? Pourquoi la France continue-t-elle de maintenir cette garantie de convertibilité ?

9:04
Emmanuel Macron

Alors, d'abord, je ne me suis pas exprimé comme vous l'avez dit. Moi,

9:07
Locuteur

j

9:07
Emmanuel Macron

'ai, dans la session qu'on a fait tout à l'heure sur l'économie, dit exactement ce que tout le monde avait à faire.

9:12
Locuteur

J

9:12
Emmanuel Macron

'ai dit, si on veut avoir plus d'investissements en Afrique, il faut que, très clairement,

9:18
Locuteur

on

9:18
Emmanuel Macron

ait une architecture financière internationale plus efficace,

9:20
Locuteur

mieux

9:21
Emmanuel Macron

utiliser l'argent public qu'il

9:23
Locuteur

y

9:23
Emmanuel Macron

a dans toutes les institutions, Banque mondiale, FMI, Banque de développement, Banque régionale, et qu'elle déclenche de l'argent privé. Ensuite,

9:30
Locuteur

ce

9:30
Emmanuel Macron

que j'ai dit, c'est que nous, Européens, là, on doit faire le job qu'on n'a pas bien fait, c'est que les règles, aujourd'hui, de solvabilité, les normes qu

9:40
Locuteur

'on

9:40
Emmanuel Macron

met en place, désincitent beaucoup d'institutions à investir sur le continent africain, beaucoup trop, en particulier dans le secteur financier. Donc ça, c'est une réforme à laquelle j'appelle, en particulier en Europe. Est

9:50
Locuteur

-ce qu

9:50
Présentateur

'il ne faut pas aller au bout de cette réforme de 2019 ?

9:52
Locuteur

Et attendez, je

9:53
Emmanuel Macron

réponds à votre question, mais c'est pour rétablir les choses, pour ne

9:56
Locuteur

pas

9:56
Emmanuel Macron

donner le sentiment que j'ai envoyé le premier de ça. Et trois, j'ai dit qu'il faut mettre en place

10:00
Locuteur

un

10:00
Emmanuel Macron

mécanisme de garantie, c'est une des grandes avancées de ce sommet, c'est un mécanisme de garantie sur les premières pertes, pour permettre aux investisseurs privés de venir sur le continent africain davantage, et d'ailleurs, aux investisseurs africains d'investir sur leur continent.

10:14
Locuteur

Parce

10:14
Emmanuel Macron

que ça a été répété, beaucoup investissent ailleurs. Néanmoins, sur la réforme du franc CFA, qui est un point qui ne touche pas du tout cette partie de l'Afrique, mais sur l'Afrique de l'Ouest, moi, pour le coup, ça, j'ai pris mes responsabilités. En 2019, en Côte d'Ivoire, j'ai dit, nous, on est prêts à lever tous les registres du jeu, et donc on a levé tous ces registres du jeu. Ils nous ont demandé de maintenir la garantie. La garantie, c'est quoi ? C'est ce qui permet d'éviter que le change soit totalement flottant.

10:38
Locuteur

Mais

10:38
Emmanuel Macron

tous les systèmes de réserve qui existaient ont été levés, et maintenant, c'est aux dirigeants africains

10:43
Locuteur

de

10:44
Emmanuel Macron

reprendre cette initiative. Je me suis entretenu il y

10:46
Locuteur

a

10:46
Emmanuel Macron

quelques semaines avec le président Ouattara en ce sens,

10:49
Locuteur

et

10:49
Emmanuel Macron

il m'a dit qu'il allait reparler. Je sais qu'il a parlé aujourd'hui à plusieurs présidents de la région qui ne sont pas dans l'UEMOA. Ce que me semble-t

10:57
Locuteur

-il

10:57
Emmanuel Macron

l'intérêt de l'Afrique de l'Ouest,

10:58
Locuteur

c

10:59
Emmanuel Macron

'est aujourd'hui de dire,

11:00
Locuteur

on

11:01
Emmanuel Macron

arrête avec le nom franc CFA,

11:03
Locuteur

on

11:03
Emmanuel Macron

sort du système et de ses contraintes. Mais ce n'est toujours pas le cas. Mais c'est à leur main. Je ne

11:08
Locuteur

peux

11:08
Emmanuel Macron

pas prendre la décision. Ce n

11:10
Locuteur

'est

11:10
Emmanuel Macron

pas moi qui gère la politique monétaire du Sénégal, de la Côte d'Ivoire ou autre. Mais ce n

11:14
Locuteur

'est pas

11:14
Présentateur

cela qui crée ce rejet de la France,

11:17
Emmanuel Macron

par cette jeunesse. Non, d'abord, je ne vois pas un rejet de la France dans les jeunesses. Je ne le vois dans aucun pays. Je me promène, je vais courir, je me balade, je vois aux gens, je vais dans le concert, je ne vois pas de rejet. Il y en a parfois dans les réseaux, chez certains activistes... En Afrique de l'Ouest. Non, mais en Afrique de l'Est, il y en a, faut être lucide. On

11:32
Locuteur

est dans

11:32
Emmanuel Macron

une partie de la jeunesse

11:34
Locuteur

qui

11:34
Emmanuel Macron

est poussée par certains activistes qu'on écoute parfois beaucoup. Et quand on relaie aussi les récits qui sont faits par d'autres puissances, qui sont les vrais colonisateurs du XXIe siècle, et qui sont les Russes et d'autres.

11:46
Locuteur

Mais

11:46
Emmanuel Macron

quand on rétablit les faits,

11:48
Locuteur

ce

11:48
Emmanuel Macron

qu

11:48
Locuteur

'on

11:48
Emmanuel Macron

doit faire, il n'y

11:49
Locuteur

a

11:49
Emmanuel Macron

pas de raison de ne pas aimer la France aujourd'hui. Mais ce que je veux dire sur la politique monétaire, pour aller au bout de ma réponse, c'est que c'est aux dirigeants de l'Afrique de l'Ouest de le décider. Moi, je leur ai dit,

12:00
Locuteur

tout

12:01
Emmanuel Macron

est sur la table. J'ai pris toutes les responsabilités.

12:05
Locuteur

Pour

12:05
Emmanuel Macron

ce qui nous concerne,

12:06
Locuteur

j

12:07
Emmanuel Macron

'ai demandé à M. Séverineau,

12:08
Locuteur

qui

12:09
Emmanuel Macron

j'ai grande confiance, justement, d'aller voir ses dirigeants pour

12:11
Locuteur

redonner

12:12
Emmanuel Macron

une dynamique. Entre temps, à leur décharge, il

12:14
Locuteur

y a

12:14
Emmanuel Macron

eu le Covid,

12:15
Locuteur

il

12:15
Emmanuel Macron

y a eu la guerre en Ukraine avec les conséquences et beaucoup de choses. Donc maintenant,

12:19
Locuteur

j

12:20
Emmanuel Macron

'attends vraiment d'eux qu'ils aillent au bout pour changer le nom. Leur intérêt, je crois, c'est vraiment qu'il

12:26
Locuteur

y ait

12:26
Emmanuel Macron

une plus grande intégration régionale, monétaire et

12:28
Locuteur

commerciale, et

12:30
Emmanuel Macron

que ce soit le plus large possible pour couvrir le maximum de pays de la CDAO.

12:36
Locuteur

Parce

12:36
Emmanuel Macron

que ce dont l'Afrique a besoin, c'est d'une plus grande intégration

12:39
Locuteur

commerciale,

12:41
Emmanuel Macron

économique et d'un plus grand équilibre monétaire. Voilà. Mais simplement, aujourd'hui, ce que je vois, c'est que beaucoup nous disent,

12:48
Locuteur

nous, on

12:48
Emmanuel Macron

a besoin encore d'avoir la garantie sur les réserves, parce que sinon, on est trop attaqué sur nos monnaies.

12:53
Locuteur

Et

12:54
Emmanuel Macron

là,

12:54
Locuteur

je

12:54
Emmanuel Macron

n

12:54
Locuteur

'ai

12:54
Emmanuel Macron

pas été... L'aurait-je fait, on m'aurait dit, vous nous abandonnez. Donc ça, on le garde, parce que c'est une garantie de stabilité. Mais sur toutes les autres obligations qui allaient avec, on l'a lâchée.

13:02
Présentateur

Monsieur le Président, vous venez de discuter paix et sécurité avec vos homologues africains. Le 25 avril, Bamako était attaqué, le ministre de la Défense assassiné, qui dalle tombait. L'armée française a certes quitté le Mali en 2022, mais elle y est restée 10 ans avec les sacrifices que l'on sait. Avec le recul, qu'auriez-vous fait différemment pour éviter la situation actuelle

13:26
Locuteur

? D

13:27
Emmanuel Macron

'abord, moi, je pense au peuple malien et à ce qu'il subit depuis tant d'années.

13:31
Locuteur

Sous

13:31
Emmanuel Macron

les coups de boutoir de groupes terroristes,

13:33
Locuteur

puis

13:36
Emmanuel Macron

de décisions qui ont été prises

13:37
Locuteur

par

13:38
Emmanuel Macron

les auteurs de coups d'État, qui ont décidé plutôt de s'allier à des milices

13:41
Locuteur

privées,

13:42
Emmanuel Macron

puis parapublics russes, qui ont préféré leur propre sécurité plutôt que la lutte contre le terrorisme.

13:47
Locuteur

La

13:48
Emmanuel Macron

France est venue en 2013. C'est mon prédécesseur François Hollande qui a pris cette décision

13:52
Locuteur

à

13:52
Emmanuel Macron

la demande

13:53
Locuteur

du

13:55
Emmanuel Macron

président Keïta

13:56
Locuteur

pour

13:57
Emmanuel Macron

éviter

13:57
Locuteur

la

13:58
Emmanuel Macron

partition du Mali et l'avancée des groupes terroristes qui venaient par le Nord. Alors, nos armées ont été aux côtés

14:06
Locuteur

du

14:07
Emmanuel Macron

Mali, mais aussi du Niger,

14:09
Locuteur

du

14:09
Emmanuel Macron

Burkina Faso durant toutes ces années

14:11
Locuteur

et

14:12
Emmanuel Macron

jusqu'en 2020, avec, et même un peu après si on prend les périodes 2021, avec beaucoup de courage,

14:20
Locuteur

d

14:20
Emmanuel Macron

'engagement sur un mandat qui était clair, qui était à la demande d'État souverain, endossé par l'organisation régionale qui était la CDAO.

14:27
Locuteur

Et

14:27
Emmanuel Macron

plusieurs dizaines de nos soldats sont tombés, et je pense à eux et à leur famille.

14:32
Locuteur

On

14:32
Emmanuel Macron

a ensuite été, pardon de le dire comme ça, mais

14:34
Locuteur

reconnus

14:36
Emmanuel Macron

par de l'ingratitude et beaucoup de fausses informations. Et j'en veux beaucoup aux dirigeants et à tous ceux qui ont tenu ces propos inacceptables. Néanmoins, maintenant, c

14:44
Locuteur

'est

14:44
Emmanuel Macron

le peuple malien qui souffre. C'est toute cette région qui souffre.

14:48
Locuteur

Et

14:48
Emmanuel Macron

si vous me demandez de me retourner vers le passé, dès 2017, on lance

14:52
Locuteur

l

14:53
Emmanuel Macron

'alliance, le G5 Sahel, et puis cette alliance où on dit il y a sécurité, développement et politique en même temps.

14:59
Locuteur

C

14:59
Emmanuel Macron

'est de ne

14:59
Locuteur

pas

14:59
Emmanuel Macron

avoir été en fait plus dur, quelque part plus exigeant sur cet axe,

15:03
Locuteur

et

15:03
Emmanuel Macron

de ne pas avoir demandé avec encore plus de force aux dirigeants

15:05
Locuteur

de

15:06
Emmanuel Macron

prendre plus vite

15:07
Locuteur

la

15:08
Emmanuel Macron

place avec de l'administratif, des projets de développement et d'émancipation d'opportunités, partout où le territoire était repris aux terroristes.

15:15
Locuteur

Parce

15:16
Emmanuel Macron

que finalement, ça a fini par apparaître comme étant une garantie sécuritaire qui leur était apportée.

15:22
Locuteur

Et

15:22
Emmanuel Macron

donc, je pense qu'on aurait dû avoir ce dialogue exigeant

15:24
Locuteur

plus

15:25
Emmanuel Macron

tôt. Et peut-être, dans ces cas-là, repenser notre présence militaire plus tôt. Néanmoins, moi, ce que je vois,

15:32
Locuteur

c

15:32
Emmanuel Macron

'est qu'on a fait une transformation complète ces quatre dernières années.

15:35
Locuteur

Et

15:35
Emmanuel Macron

elle paye.

15:36
Locuteur

C

15:37
Emmanuel Macron

'est-à-dire qu'on a complètement repensé la relation de sécurité et de paix avec le continent africain.

15:42
Locuteur

On

15:42
Emmanuel Macron

a dit partout,

15:43
Locuteur

ce

15:44
Emmanuel Macron

qui était l'héritage du passé, on le remet sur la table. Même démarche que pour la monnaie.

15:48
Locuteur

C

15:48
Emmanuel Macron

'est-à-dire, au fond, ce n

15:50
Locuteur

'est

15:50
Emmanuel Macron

pas parce qu'on est là depuis toujours avec une base militaire, avec des soldats français,

15:53
Locuteur

que

15:53
Emmanuel Macron

ça doit exister.

15:56
Locuteur

Donc, vous

15:57
Emmanuel Macron

nous dites ce dont vous avez besoin.

15:59
Locuteur

C

15:59
Emmanuel Macron

'est un partenariat, c'est vous qui le pensez. Ce sont vos demandes sécuritaires auxquelles on répond. Et donc, on a complètement repensé les choses. On a fermé des bases. On a diminué beaucoup d'autres. Toutes les bases où on est, on est en conjoint. On les a renommées avec des noms africains, souvent.

16:13
Locuteur

On

16:14
Emmanuel Macron

est ensemble avec des forces africaines et de chaque pays et les forces françaises. Et puis, on a inventé aussi des partenariats nouveaux avec des pays avec lesquels on n'était pas, qui sont des partenariats pour équiper, pour former, pour accompagner. Et je crois que c'est beaucoup plus sain. Et c'est ce qui permet aussi que la perception, en particulier par la jeunesse, change. Parce que ces grandes bases qui existaient, elles étaient un peu vues. Et d'ailleurs, c'est ce qui avait été utilisé par certains. En disant, les Français sont là pour vous recoloniser. Vous voyez, ils ont des milliers de soldats là.

16:40
Locuteur

Ou

16:41
Emmanuel Macron

pour d'autres, en disant, ils soutiennent les dirigeants en place. Ils ont un agenda à la papa. Fini.

16:47
Locuteur

Là,

16:47
Emmanuel Macron

on a, je dirais, normalisé les choses. Et c'est pareil, c'est un partenariat équitable, responsable, vraiment. À parité.

16:55
Présentateur

Et justement, Monsieur le Président, vous disiez dimanche que le Mali n'a pas pris la meilleure décision en demandant le départ de la France. Que voulez-vous dire par là ? La France aurait dû rester ?

17:06
Emmanuel Macron

Non, c'est ce que je viens de dire. C'est que je pense qu'ils ont été extrêmement offensants à la garde de nos soldats. Mais surtout, ils n'ont pas pris une bonne décision parce qu'ils ont acté en 2020-2021, pour ces putschistes, que leur priorité n'était plus la lutte contre le terrorisme. C'est tout. Et je le déplore.

17:21
Locuteur

Je

17:21
Emmanuel Macron

le déplore très profondément. Pourquoi ne pas quitter complètement le Mali ? Mais nous avons quitté tout à

17:25
Locuteur

l'heure.

17:25
Emmanuel Macron

L'Afrique. Mais pardon, mais nous, nous sommes... On ne peut pas dire on est là, on est à vos côtés, on veut co-construire, co-investir. Et quand des gens nous disent on a besoin de vous parce qu'on est face à des groupes terroristes, c'est nous de tourner le regard et dire on vous laisse tomber. Et on le fait quand il y a l'Ukraine qui est menacée. On le fait avec des pays européens. Quand ils nous disent notre sécurité est menacée,

17:44
Locuteur

parfois

17:45
Emmanuel Macron

on a nos forces aussi, de manière conjointe, on les équipe, on les entraîne. Regardez ce qu'on fait avec les coalitions des volontaires. On a des pays, quand ils nous demandent de faire des opérations à leur côté, on le fait dans l'Indo-Pacifique. Pourquoi ? A l'inverse, il faudrait qu'à l'Afrique, quand il y

17:58
Locuteur

a

17:58
Emmanuel Macron

des questions de sécurité, on dise non, non, vous débrouillez-vous.

18:00
Locuteur

C

18:01
Emmanuel Macron

'est respectueux.

18:02
Locuteur

Quand

18:02
Emmanuel Macron

des pays africains viennent vers la France et qui disent nous on a un problème

18:05
Locuteur

là

18:06
Emmanuel Macron

de terrorisme, ici de piraterie, qui viennent vers nous, on pense ensemble le partenariat de sécurité et on le fait ensemble. Écoutez, c'est ce qu'on fait en ce moment avec le Ghana, ce qu'on a fait avec le Bénin, ce qu'on fait avec les pays du Golfe de Guinée pour lutter contre la piraterie qui pille leur pêche et leurs réserves, ce qu'on décide de faire avec d'autres pays de la région quand ils demandent des équipements, ce qu'on fait avec l'Egypte quand on a des contrats de formation mais aussi d'équipement,

18:30
Locuteur

l

18:30
Emmanuel Macron

'Afrique n

18:30
Locuteur

'est

18:30
Emmanuel Macron

pas à traiter différemment des autres continents, mais c'est un partenariat qui est beaucoup plus sain et équitable. Mais chacun de ces pays,

18:36
Locuteur

il

18:37
Emmanuel Macron

parle à la France normalement, c'est-à-dire aussi avec respect. Et je pense qu'il faut arrêter aussi cette idée que,

18:43
Locuteur

au

18:43
Emmanuel Macron

fond,

18:44
Locuteur

il

18:45
Emmanuel Macron

ne faudrait pas être respectueux avec la France pour vraiment être africain.

18:48
Locuteur

C

18:48
Emmanuel Macron

'est ce qu'on fait ces bouchistes. Non, le respect c'est réciproque. Nous aussi on veut être respecté.

18:53
Présentateur

Monsieur le Président, vous disiez il y a quelques mois, ils ont oublié de nous dire merci, ce qui avait provoqué beaucoup de réactions vives. au sein de la communauté, au sein de la communauté des chefs d'État africain. Est-ce que... À lesquelles ? J'en ai pas entendu moi. Le Tchadien a réagi par exemple.

19:07
Locuteur

Il a demandé à M. Déby ce qu'il pense. Il avait

19:09
Présentateur

réagi.

19:10
Emmanuel Macron

Regardez M. Déby ce qu'il pense. Il nous a demandé de rebâtir une relation de défense. Ce qu'on fait avec lui. J'entends. Quand vous parliez d'ingratitude.

19:18
Locuteur

Mais vous savez, l'ingratitude dont je parle, mais qu'on soit clair, l'ingratitude

19:22
Emmanuel Macron

dont je parle, c'est celle qui allégare aussi des soldats tchadiens qui sont venus se battre avec nous au Mali, ou des soldats guinéens qui étaient à nos côtés au Mali,

19:29
Locuteur

et

19:30
Emmanuel Macron

qui ont perdu des frères d'armes. Mais ce que je dis, c'est juste la vérité. C'est juste ce qu'on vit, ce qu'on fait entre partenaires européens, ce qu'on fait dans le monde entier. Voilà.

19:38
Locuteur

Si

19:38
Présentateur

vous nous rejoignez, nous sommes à Nairobi, où s'est tenu le sommet Africa Forward. Emmanuel Macron est l'invité exceptionnel de RFI, France 24 et TV5 Monde.

19:47
Locuteur

A

19:47
Présentateur

propos du conflit dans l'est de la RDC, M. le Président, le soutien du Rwanda au M23 est aujourd'hui documenté par les experts de l'ONU. Les États-Unis ont imposé des sanctions à l'armée rwandaise et à certains de ses responsables. Pourquoi la France et l'Union européenne ne le font pas

20:04
Locuteur

? Nous,

20:07
Emmanuel Macron

nous défendons une position qui consiste à continuer de discuter avec toutes les parties prenantes,

20:12
Locuteur

avec

20:14
Emmanuel Macron

une ligne assez simple.

20:15
Locuteur

Un,

20:16
Emmanuel Macron

respect de la souveraineté et de

20:17
Locuteur

l

20:17
Emmanuel Macron

'intégrité territoriale

20:18
Locuteur

pour

20:19
Emmanuel Macron

la RDC.

20:20
Locuteur

Et

20:21
Emmanuel Macron

donc, retrait toutes les forces.

20:22
Locuteur

D

20:22
Emmanuel Macron

'ailleurs, elles ne sont pas que rwandaises,

20:24
Locuteur

qui

20:24
Emmanuel Macron

sont présentes sur le sol congolais.

20:28
Locuteur

Deux,

20:28
Emmanuel Macron

reprise du dialogue politique en RDC

20:30
Locuteur

avec

20:31
Emmanuel Macron

le M23,

20:33
Locuteur

ce

20:34
Emmanuel Macron

qui était d'ailleurs piloté par l'Angola. Trois, reprise du contrôle aussi par la RDC

20:39
Locuteur

à

20:40
Emmanuel Macron

l'est du pays, avec tout le travail qui est à faire sur les FDLR. Et quatre, lutte

20:45
Locuteur

de

20:45
Emmanuel Macron

tous, conjointe,

20:47
Locuteur

contre

20:48
Emmanuel Macron

les forces terroristes qui viennent menacer, pas simplement la RDC, mais tous les pays de la région. Et donc, dans ce cadre-là, je crois plus dans cette période

20:56
Locuteur

à

20:57
Emmanuel Macron

la reprise d'un dialogue efficace, à quoi je pousse

20:59
Locuteur

les

21:00
Emmanuel Macron

deux présidents,

21:01
Locuteur

et

21:01
Emmanuel Macron

à remettre les médiations tout autour de la table

21:04
Locuteur

pour

21:04
Emmanuel Macron

pouvoir avancer sur un projet conjoint qui consiste sur ces quatre axes

21:10
Locuteur

à

21:10
Emmanuel Macron

travailler ensemble.

21:11
Présentateur

Ils étaient présents à Nairobi, vous les avez rencontrés

21:13
Locuteur

? Je

21:13
Emmanuel Macron

les ai rencontrés

21:13
Locuteur

séparément. Ils se sont

21:14
Présentateur

rencontrés ?

21:15
Emmanuel Macron

Non, parce que comme vous avez peut-être vu,

21:17
Locuteur

ils

21:18
Emmanuel Macron

étaient là tous les deux, mais pas au même créneau horaire.

21:20
Locuteur

Ce

21:20
Emmanuel Macron

qui dit la tension qui existe, il ne

21:22
Locuteur

faut

21:22
Emmanuel Macron

pas être naïf.

21:23
Locuteur

Je

21:23
Emmanuel Macron

les ai plusieurs fois rencontrés à plusieurs reprises. Et je pense qu'aujourd'hui, le travail qu'il faut qu

21:28
Locuteur

'on

21:28
Emmanuel Macron

fasse collectivement, c'est que tous ceux qui se penchent sur ce sujet, l'Union africaine est mobilisée. Je pense que c'est l'Union africaine qui doit piloter tout ce travail. Donc moi, c

21:35
Locuteur

'est

21:35
Emmanuel Macron

ce qui m'importe, c'est d'être aux côtés de

21:36
Locuteur

l

21:36
Emmanuel Macron

'Union africaine.

21:37
Locuteur

C

21:37
Emmanuel Macron

'est depuis neuf ans ce que je fais, d'être aux côtés des médiations africaines.

21:41
Locuteur

Donc

21:41
Emmanuel Macron

c'est l'Union africaine, le président Ford qui a été mandaté avec plusieurs anciens présidents

21:45
Locuteur

et

21:46
Emmanuel Macron

coprésidents sur différentes actions. Évidemment, les partenaires américains et Qataris, qui ont aussi beaucoup fait, et qu'on regroupe un peu tout ça. C'est un des sujets dont je parlerai demain avec l'Union africaine et les Nations unies, parce que je pense qu'on serait plus efficace si on remettait tout le monde autour de la table pour avancer. Ce dont on a besoin là,

22:06
Locuteur

c

22:07
Emmanuel Macron

'est que les deux dirigeants bâtissent un accord sur les axes que je viens de décrire

22:13
Locuteur

et

22:13
Emmanuel Macron

prennent les décisions successives

22:15
Locuteur

pour

22:16
Emmanuel Macron

rétablir complètement la souveraineté congolaise.

22:18
Présentateur

Mais est-ce que le jeu n'est pas faussé avec l'intervention des États-Unis qui aujourd'hui semblent les mettre à bord sur cette question ?

22:26
Emmanuel Macron

Écoutez, les États-Unis semblent plutôt vouloir la paix.

22:30
Locuteur

Et

22:31
Emmanuel Macron

donc, je ne pense pas qu'on puisse dire que le jeu soit faussé.

22:33
Présentateur

Mais c'est eux qui sont à la manœuvre aujourd'hui dans l'Est de la RDC ?

22:36
Emmanuel Macron

Le recul que j'ai sur ce dossier me conduit à dire que beaucoup de gens sont successivement à la manœuvre.

22:42
Locuteur

Et

22:42
Emmanuel Macron

après, beaucoup de gens finissent par arrêter d'être à la manœuvre, puis d'autres arrivent. C'est ça tout le problème.

22:47
Locuteur

Et

22:47
Emmanuel Macron

donc, il y a un accord de paix qui a été signé il

22:50
Locuteur

y a

22:50
Emmanuel Macron

quelques mois.

22:51
Locuteur

Il

22:51
Emmanuel Macron

n

22:51
Locuteur

'y a

22:51
Emmanuel Macron

pas totalement la paix, si on est honnête. Bon. Donc,

22:54
Locuteur

c

22:54
Emmanuel Macron

'est aussi qu

22:54
Locuteur

'il

22:54
Emmanuel Macron

faut qu

22:54
Locuteur

'on

22:54
Emmanuel Macron

fasse collectivement attention. Donc, que les États-Unis s'engagent, c'est très bien. Je pense qu'il faut revenir sur les principes.

23:00
Locuteur

Il

23:00
Emmanuel Macron

faut apaiser les choses et essayer de remettre les dirigeants autour de la table avec l'ensemble des médiateurs.

23:04
Présentateur

Ce que vous dites, M. le Président, c'est qu'il faut sortir de la logique de sanction. C'est ça que vous êtes en train de dire ?

23:09
Locuteur

En

23:09
Emmanuel Macron

tout cas, je pense que si aujourd'hui, tout le monde se précipite, parce que les Américains l'ont fait, à mettre le Rwanda au banc,

23:17
Locuteur

il

23:18
Emmanuel Macron

y

23:18
Locuteur

a

23:18
Emmanuel Macron

peu de chances qu'on convainque le Rwanda d'avoir une politique coopérative.

23:22
Locuteur

Moi,

23:22
Emmanuel Macron

je crois plus dans la vertu du dialogue avec les deux dirigeants principaux. Mais c'est un dialogue qui doit aussi engager l'Ouganda, le Burundi, les pays de la région,

23:31
Locuteur

et

23:31
Emmanuel Macron

qui doit clarifier la réalité des forces en présence, la réalité des prédations économiques aussi sur l'est de la RDC.

23:41
Locuteur

Mais

23:41
Emmanuel Macron

je crois qu'il faut avoir dans ce temps-là, c'est ma conviction et c'est ce que je ferai pour la France, un dialogue respectueux qui engage avec le président Kagame, le président Tshisekedi, ce travail et qui remet toutes les médiations autour de la table. Mais je vous ai dit, moi, quels étaient les objectifs

23:56
Locuteur

que

23:57
Emmanuel Macron

je crois juste et que la France poursuit.

23:59
Locuteur

Nous

23:59
Présentateur

sommes à moins de trois heures de vol de Nairobi et une guerre sauvage est en train de déchirer le Soudan.

24:07
Locuteur

Ça

24:08
Présentateur

fait plus de trois ans que cela dure. Comment est-ce qu'on peut qualifier aujourd'hui la situation au Darfour, notamment à El Facher ? Est-ce qu'il s'agit d'un génocide ?

24:16
Locuteur

Je

24:16
Emmanuel Macron

me suis toujours gardé d'employer ces termes parce que ce sont les juges et les historiens qui ont à les qualifier. Mais il est sûr que ce sont des crimes de masse, des crimes de guerre et une situation humanitaire catastrophique.

24:29
Locuteur

La

24:30
Emmanuel Macron

situation humanitaire, par ailleurs, en RDC, qu'on vient d'évoquer, est aussi une situation humanitaire terrible.

24:37
Locuteur

Au

24:37
Emmanuel Macron

Soudan, aujourd'hui, notre position est...

24:41
Locuteur

D

24:42
Emmanuel Macron

'abord,

24:42
Locuteur

elle

24:42
Emmanuel Macron

a été, dès après la révolution pacifique qu'avait vécue le Soudan, d'accompagner le mouvement. J'avais reçu

24:49
Locuteur

pour

24:50
Emmanuel Macron

la première fois

24:51
Locuteur

le

24:52
Emmanuel Macron

gouvernement M. Hamdok et toutes

24:54
Locuteur

ces

24:55
Emmanuel Macron

jeunes femmes, d'ailleurs, souvent, qui avaient conduit cette révolution totalement pacifique et qui portaient la société civile soudanaise.

25:02
Locuteur

Et

25:03
Emmanuel Macron

avec vraiment une ambition, un agenda qu'on a accompagné, une dette qu'on avait commencé à restructurer. Ensuite, on est aujourd'hui devant, au fond, des chefs de guerre qui se partagent le territoire et ce conflit qui existe. Nous, nous appelons, évidemment, au cessez-le-feu le plus rapide possible.

25:20
Locuteur

À

25:21
Emmanuel Macron

la fin de toutes les aides extérieures, à l'égard de quelques camps que ce soit, ce qui, aujourd'hui, consomme le Soudan,

25:27
Locuteur

c

25:27
Emmanuel Macron

'est

25:28
Locuteur

le

25:29
Emmanuel Macron

jeu,

25:29
Locuteur

au

25:30
Emmanuel Macron

fond, par tiers,

25:34
Locuteur

qui

25:35
Emmanuel Macron

s'y joue. C'est l'affrontement entre des puissances qui financent tel ou tel camp pour jouer de leur influence.

25:41
Présentateur

Et qu

25:41
Locuteur

'il

25:41
Présentateur

ne

25:41
Locuteur

faut

25:41
Présentateur

pas les sanctionner, ces

25:43
Locuteur

puissances ?

25:43
Emmanuel Macron

On sanctionne souvent beaucoup de choses. Il faut déjà que très clairement, et c'est un de mes objectifs là aussi, demain, on l'a fait aujourd'hui, je vous invite à voir, la déclaration qui a été endossée par tous les chefs d'État dit très clairement, des choses sur les deux conflits, pour la première fois, dit des choses très importantes. La fin des interférences étrangères, c'est ce qu'on est en train de se dire. Que les puissances étrangères arrêtent de financer les conflits en étant aux côtés de tel ou tel groupe armé. Et la fin de la privatisation de la sécurité dans tous ces pays. Ça, c'est acquis de Nairobi. Et donc, pour le Soudan, cessez le feu le plus rapide possible.

Pression, avant d'aller vers les sanctions, déjà qu'on ait des pressions claires sur tous les pays qui aident, pour les convaincre d'arrêter cela, de démanteler de manière parallèle. Et un des objectifs des prochains mois, c'est de les mettre ensemble autour de la même table ou de les coordonner pour qu'ils arrêtent cette aide.

26:31
Locuteur

Et

26:31
Emmanuel Macron

reprise d'un dialogue qui fasse émerger une solution civile. Dans l'entretemps, il ne

26:36
Locuteur

faut

26:36
Emmanuel Macron

pas oublier tout le travail humanitaire qu'on a à faire. La France avait eu une conférence humanitaire et politique l'année dernière avec la société civile. Berlin a réuni une conférence humanitaire où nous étions il y

26:47
Locuteur

a

26:47
Emmanuel Macron

quelques semaines. Il ne faut absolument pas relâcher ce travail. Mais la priorité, c'est la fin des armes et c'est la fin du financement par des puissances tierces.

26:55
Locuteur

La

26:55
Présentateur

guerre au Moyen-Orient, M. le Président, et ses conséquences dans le monde entier. Sujet évidemment que vous avez évoqué avec vos homologues africains. Que vous ont-ils dit ? Qu'attendent-ils de la France qui préside cette année le G7

27:10
Locuteur

? Ils

27:12
Emmanuel Macron

m'ont redit ce qu'à plusieurs reprises on a défendu et qui est la ligne rouge, le fil directeur

27:18
Locuteur

de

27:19
Emmanuel Macron

notre politique depuis ces années, qui est à chaque fois

27:21
Locuteur

d

27:22
Emmanuel Macron

'essayer de défendre la voie de l'Afrique dans les grandes crises.

27:25
Locuteur

Quand

27:26
Emmanuel Macron

il y

27:26
Locuteur

a

27:26
Emmanuel Macron

eu le Covid-19, pour la première fois, j'ai un dirigeant non-africain à être invité au bureau de l'Union africaine et on a bâti l

27:33
Locuteur

'alliance

27:35
Emmanuel Macron

pour la vaccination et les diagnostics pour l'Afrique ensemble. En 2022, début de la guerre, de l'agression russe en Ukraine, la France lance l'initiative Farm pour la sécurité alimentaire de l'Afrique.

27:46
Locuteur

Et

27:46
Emmanuel Macron

là, on a lancé Farm Plus avec Proparco qui s'est fortement engagé à plusieurs entreprises françaises.

27:51
Locuteur

Parce

27:51
Emmanuel Macron

que ce qu

27:52
Locuteur

'ils

27:52
Emmanuel Macron

m'ont dit pour la première fois

27:53
Locuteur

avant

27:53
Emmanuel Macron

toute chose, c'est Hormuz.

27:55
Locuteur

C

27:56
Emmanuel Macron

'est une aggravation de la crise alimentaire pour l'Afrique.

27:58
Locuteur

On

27:58
Emmanuel Macron

a déjà subi les baisses de volume venant de l'Ukraine de céréales.

28:02
Locuteur

On

28:02
Emmanuel Macron

a subi les baisses de fertilis... d'engrais, pardon, qui venaient de Russie.

28:07
Locuteur

Par

28:07
Emmanuel Macron

Hormuz, circulaient à peu près un tiers des engrais

28:11
Locuteur

qui allaient

28:12
Emmanuel Macron

partout dans le monde et en particulier sur le continent africain. Et donc pour l'agriculture du continent, c'est terrible.

28:18
Locuteur

À

28:18
Emmanuel Macron

côté de ça, c'est évidemment en plus les prix qui montent, comme partout dans le monde. Et donc c'est une pression sur le pouvoir d'achat. Et donc ça justifie une mobilisation accrue pour les économies. Ce que je vous ai dit qu'on va porter au G7 avec ses mécanismes de garantie, ses investissements. Mais c'est aussi de porter cette voie africaine pour dire la réouverture d'Hormuz est la priorité absolue.

28:39
Locuteur

Et

28:39
Emmanuel Macron

la réouverture d'Hormuz doit être l'étape numéro un de notre agenda quand on parle du Moyen-Orient. C'est ce que porte la France depuis le premier jour de ce conflit qui appelle au cessez-le-feu et qui appelle à la réouverture d'Hormuz avant de traiter les autres sujets par une négociation d'ensemble.

28:55
Présentateur

Mais la situation semble aujourd'hui complètement bloquée entre les positions des Américains et des Iraniens. On n

29:02
Locuteur

'a

29:02
Présentateur

pas l'impression qu'il

29:02
Locuteur

y a

29:02
Présentateur

un dialogue possible.

29:04
Locuteur

Il

29:05
Emmanuel Macron

y

29:05
Locuteur

a

29:05
Emmanuel Macron

en tout cas, je le constate, une escalade dans les déclarations.

29:09
Locuteur

Je

29:09
Emmanuel Macron

le déplore. Nous, le travail

29:11
Locuteur

qu'on

29:13
Emmanuel Macron

fait est simple. On continue d'être au contact de tout le monde. Évidemment, de parler à nos alliés américains, de parler avec l'ensemble des pays de la région et de garder le contact avec les Iraniens, ce que je fais depuis le premier jour. Moi, je crois que la solution à ce que nous vivons là-bas, elle doit passer d'abord par un cessez-le-feu pleinement respecté. On est normalement, en théorie, encore un cessez-le-feu. Aujourd'hui, il n'est pas respecté au Liban,

29:35
Locuteur

ce

29:35
Emmanuel Macron

qui est inacceptable.

29:36
Locuteur

Donc

29:37
Emmanuel Macron

le cessez-le-feu doit être pleinement respecté au Liban, comme partout.

29:40
Locuteur

Il

29:41
Emmanuel Macron

n'a pas été respecté non plus quand les Émirats arabes unis ont été touchés.

29:44
Locuteur

Et

29:44
Emmanuel Macron

donc,

29:44
Locuteur

il

29:44
Emmanuel Macron

doit être respecté partout. Deuxième chose,

29:47
Locuteur

on

29:47
Emmanuel Macron

doit obtenir la réouverture sans condition, sans péage d'Hormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran.

29:58
Locuteur

Et

29:58
Emmanuel Macron

nous, nous avons proposé,

29:59
Locuteur

nous

30:00
Emmanuel Macron

allons prendre une initiative aux Nations Unies avec quelques autres pays pour proposer le cadre en ce sens, totalement neutre, pacifique, déconflicté, comme on dit, avec l'Iran. Et nous proposons une mission ad hoc.

30:12
Locuteur

On

30:12
Emmanuel Macron

est 50 pays qu'on a réunis avec les Britanniques pour permettre de faire ce travail.

30:16
Locuteur

Et

30:16
Emmanuel Macron

puis, enfin, de reprendre

30:18
Locuteur

les

30:18
Emmanuel Macron

dialogues sur la question nucléaire et balistique entre l'Iran, les États-Unis, mais avec les principaux pays qu'on appelle le E3 britannique-allemand-français. Et moi, je soutiens l'idée qu'il faut inclure tous les pays de la région, qui sont les principaux touchés par ce qu'on est en train de vivre et qui sont touchés aussi par la déstabilisation que certaines milices

30:38
Locuteur

peuvent

30:39
Emmanuel Macron

créer dans leur pays.

30:40
Locuteur

Monsieur

30:41
Présentateur

le Président, Donald Trump a fait le choix d'expulser les migrants dont il ne veut plus sur son ternitoire vers l'Afrique. L'Europe est en train de durcir sa politique migratoire. On vient d'apprendre, par exemple, que les discussions allaient se tenir avec les talibans pour le renvoi de migrants en Afghanistan.

30:57
Locuteur

Quelle

30:58
Présentateur

sera la prochaine étape ?

30:59
Locuteur

Est

30:59
Présentateur

-ce qu'un jour, on va voir l'expulsion de migrants africains vers l'Afrique ?

31:02
Emmanuel Macron

Écoutez, sur ce sujet, je pense qu'il faut

31:07
Locuteur

essayer

31:08
Emmanuel Macron

d'être fidèle à nos principes, pragmatique et surtout très clair aussi sur ce qu'on est prêt à faire et ce qu'on ne fera jamais.

31:17
Locuteur

Le

31:17
Emmanuel Macron

continent européen a été sous une forte pression migratoire ces dernières années.

31:20
Locuteur

C

31:20
Emmanuel Macron

'est un état de fête. Les chiffres le montrent. Et donc, est-ce qu'on peut rester comme ça ou ne rien faire ? La réponse est non.

31:26
Locuteur

Parce

31:26
Emmanuel Macron

que

31:27
Locuteur

nos

31:27
Emmanuel Macron

peuples, aujourd'hui, nous demandent de réagir et parce que nous sommes des pays très ouverts.

31:33
Locuteur

Nous

31:33
Emmanuel Macron

sommes des pays avec des modèles sociaux extrêmement généreux.

31:36
Locuteur

Et

31:36
Emmanuel Macron

donc, c'est normal qu'il y

31:37
Locuteur

ait

31:37
Emmanuel Macron

des adaptations qui se fassent face

31:39
Locuteur

à

31:39
Emmanuel Macron

la pression migratoire qu'il

31:40
Locuteur

y a

31:40
Emmanuel Macron

depuis dix ans dans nos pays.

31:41
Présentateur

On parle de l'Afghanistan et des

31:42
Locuteur

talibans. Non, non, mais

31:43
Emmanuel Macron

j'essaie de répondre de manière structurée. Ce n

31:46
Locuteur

'est

31:46
Emmanuel Macron

pas ce que fait la France, comme vous le savez. Donc, nous, qu

31:49
Locuteur

'est

31:49
Emmanuel Macron

-ce qu'on a fait ? Et ce que l'Europe a fait collectivement, c'est d'avoir une politique qui contrôle beaucoup mieux et plus efficacement les entrées.

31:56
Locuteur

C'est

31:56
Emmanuel Macron

ce qu

31:56
Locuteur

'on

31:56
Emmanuel Macron

doit faire. Aujourd'hui, on n'a pas un contrôle efficace aux entrées. Le pacte Asile et Immigration permet de le faire beaucoup mieux, d'enregistrer, d'être plus efficace ensuite sur le suivi sur le sol européen

32:06
Locuteur

et

32:06
Emmanuel Macron

d'avoir une politique de retour beaucoup plus efficace. Et ensuite,

32:10
Locuteur

vous

32:10
Emmanuel Macron

avez des femmes et des hommes qui sont justement des combattants de la liberté, qui sont en risque dans leur pays. Et là, c'est de garder nos principes. Je l'ai toujours dit, la France est fidèle à ses valeurs. Pour les combattants de la liberté, on les protège. L'Europe est née de ses valeurs. Elles sont dans notre convention européenne des droits de l'homme. Donc, nous, nous sommes pour cette politique être beaucoup plus vigilants sur le contrôle à l'entrée, aller beaucoup plus vite et être plus rigoureux sur le retour vers le pays d'origine. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on revoit aussi dans beaucoup de nos dialogues bilatéraux, parce qu'il

32:39
Locuteur

y a

32:39
Emmanuel Macron

beaucoup de choses qu

32:39
Locuteur

'on

32:39
Emmanuel Macron

peut améliorer.

32:40
Locuteur

Il y

32:40
Emmanuel Macron

a aussi des pays qui ne jouent pas le jeu. Donc, il faut améliorer ce dialogue de manière lucide et totalement franche.

32:45
Locuteur

Par

32:45
Emmanuel Macron

contre,

32:46
Locuteur

d

32:46
Emmanuel Macron

'être fidèle à nos valeurs, à la paix, et donc de protéger les femmes et les hommes qui risquent leur vie dans leur pays pour des raisons politiques ou parce qu'il y

32:54
Locuteur

a

32:54
Emmanuel Macron

des guerres. Et enfin, moi, je ne suis pas à l'aise, pour ne

32:58
Locuteur

pas

32:58
Emmanuel Macron

dire que je suis en désaccord, avec l'idée qu'on renvoie dans des pays qui ne sont pas les leurs, des femmes et des hommes, et en quelque sorte, en ayant des accords qu'on monétiserait avec des pays qui deviennent des pays tiers. Donc, vous condamnez la politique. Je ne parle pas de mes collègues en disant condamnés, mais je dis juste que la France, la France, elle suivra, autant que je serai là, cette politique. Donc, j'assume, moi, d'avoir durci la politique migratoire sur certains sujets, parce qu'on devait le faire, compte tenu du contexte. Et la France a défendu et même porté la politique Asie d'immigration qui était beaucoup plus, je crois, efficace.

33:31
Locuteur

Mais

33:32
Emmanuel Macron

j'assume totalement aussi

33:33
Locuteur

d

33:34
Emmanuel Macron

'être fidèle à des valeurs qui sont les nôtres

33:36
Locuteur

et

33:37
Emmanuel Macron

d'être, voilà, dans une politique d'exigence humaine.

33:43
Présentateur

Monsieur le Président, on aurait énormément de questions à vous poser, mais le temps nous fait de défauts. Vous êtes à un an de la fin de votre mandat.

33:51
Locuteur

Vous

33:52
Présentateur

avez initié depuis Ouagadougou, depuis 2017,

33:55
Locuteur

vous

33:55
Présentateur

avez initié beaucoup de réformes. Certaines n'ont pas abouti.

34:00
Locuteur

Aujourd

34:00
Présentateur

'hui, qu'auriez-vous aimé faire que vous n'avez pas pu faire

34:05
Locuteur

?

34:05
Présentateur

Alors, je vais surtout vous

34:06
Locuteur

dire

34:06
Emmanuel Macron

tout ce dont on n'a pas parlé et que j'ai fait. On a lancé, et personne n'y croit aller à Ouagadougou,

34:13
Locuteur

la

34:13
Emmanuel Macron

restitution des œuvres d'art.

34:15
Locuteur

Quand

34:15
Emmanuel Macron

je dis ça, les gens ont dit « Ok, ça ne marchera jamais

34:18
Locuteur

». Ça

34:19
Présentateur

a pris 10 ans quand même.

34:20
Emmanuel Macron

Peut-être,

34:21
Locuteur

mais

34:21
Emmanuel Macron

on l'a fait et on a ouvert un mouvement européen. Formidable. Et donc, on a restitué au Bénin 26 des trésors d'Abomé, on a restitué au Sénégal, à la Côte d'Ivoire, à Madagascar, et surtout, il

34:34
Locuteur

y

34:34
Emmanuel Macron

a quelques jours, à l'unanimité. Ce qui est très important pour nous aussi, parce que ça a changé le regard politique. Quand je lançais ça, beaucoup de gens dans la classe politique étaient contre. À l'unanimité, ça a été voté par notre Assemblée et c'est promulgué. Donc ça, c'est un acquis formidable parce que ça change la relation culturelle, ça change le regard, ça permet de bâtir une relation aussi avec les conservatrices et les conservateurs du continent, avec cette jeunesse qui se réapproprie ses œuvres et avec ses artistes

34:59
Locuteur

qui,

35:00
Emmanuel Macron

du coup, créent sur cette base-là et viennent ensuite exposer dans le monde entier.

35:04
Locuteur

La

35:04
Emmanuel Macron

deuxième chose, on a dit l'Afrique, énorme continent sportif.

35:08
Locuteur

On

35:08
Emmanuel Macron

a lancé une politique du sport et ce n

35:10
Locuteur

'est

35:10
Emmanuel Macron

pas anecdotique du tout. On n'en a pas parlé depuis tout à l'heure, on aurait dû.

35:13
Locuteur

La

35:14
Emmanuel Macron

politique du sport, elle est très importante.

35:16
Locuteur

On

35:16
Emmanuel Macron

a financé, public-privé, plus de 500 équipements sportifs et infrastructures, avec d'ailleurs des super entreprises françaises qui ont fait des investissements avec des partenariats africains. On a fait un partenariat avec les NBA, la FIBA, la FIFA, le foot, le basket, l'athlétisme,

35:31
Locuteur

ce

35:32
Emmanuel Macron

qui permet à des tas de jeunes,

35:34
Locuteur

grâce

35:35
Emmanuel Macron

à cette politique, d'aller vers le sport, du coup vers l'éducation, d'avoir une meilleure politique de santé. Et ça crée de la richesse sur le continent. Parce que je le disais partout dans le monde, le sport, c'est 2% du PIB mondial. En Afrique, c'est 0,5% du PIB. Ce n

35:49
Locuteur

'est

35:49
Emmanuel Macron

pas normal. Parce qu'en fait, il

35:51
Locuteur

y

35:51
Emmanuel Macron

a un pillage quelque part des sportifs qui vont dans d'autres pays. Donc on les aide. Et là, regardez ce qu

35:56
Locuteur

'on

35:56
Emmanuel Macron

vit.

35:57
Locuteur

Et

35:57
Emmanuel Macron

on a accompagné ce mouvement. Je serai à Dakar pour les Jeux Olympiques de la jeunesse, les premiers

36:01
Locuteur

cette

36:02
Emmanuel Macron

année.

36:02
Locuteur

On

36:03
Emmanuel Macron

aura ensuite une formidable canne qui sera dans cette région

36:06
Locuteur

dans

36:07
Emmanuel Macron

2 ans. Et puis une Coupe du Monde qui sera aussi sur le sol africain avec le Maroc. Ça, c'est extraordinaire.

36:12
Locuteur

Donc

36:13
Emmanuel Macron

politique sportive.

36:14
Locuteur

On

36:14
Emmanuel Macron

a fait en matière de santé une vraie révolution commune. Là, on est en train de faire de la coproduction de vaccins.

36:19
Locuteur

C

36:20
Emmanuel Macron

'était impensable il y

36:20
Locuteur

a

36:20
Emmanuel Macron

quelques années. Au début du Covid, je vous en parlais tout à l'heure, on se retournait,

36:25
Locuteur

on

36:25
Emmanuel Macron

disait beaucoup de pays avaient bloqué même ce qui allait vers l'Afrique.

36:29
Locuteur

Qu

36:29
Emmanuel Macron

'est-ce qu'on a fait ? On a commencé cette politique. Je suis allé au Rwanda et en Afrique du Sud pour dire on va coproduire avec vous. Et bien maintenant, on est en train de le faire. L'Institut Pasteur transfère ces technologies pour l'Institut Pasteur de Dakar sur le Chikungunya. On a mis des plateformes en place avec des Aspen, des BioVac, etc. pour produire des solutions de santé avec les Africains sur le continent. C'est une vraie révolution. Il n

36:53
Locuteur

'y

36:53
Emmanuel Macron

avait aucune raison que ce ne soit pas le cas avant. 20% des besoins de vaccins, c'est sur le continent africain. Il n'y avait qu'un pour

36:58
Locuteur

cent

36:58
Emmanuel Macron

de la production. On est en train de le faire. On a même fait une bonne partie du chemin.

37:03
Locuteur

La

37:04
Emmanuel Macron

relation économique, les 23 milliards que je vous annonçais là, c'est une vraie révolution. Elle n'existait pas. Et vous savez, c'est simple.

37:11
Locuteur

Il

37:12
Emmanuel Macron

y a neuf ans dont vous me parlez, il n

37:13
Locuteur

'y

37:13
Emmanuel Macron

avait aucun président qui avait mis les pieds au Kenya. Aucun avant moi.

37:17
Locuteur

Je

37:18
Emmanuel Macron

suis venu en 2019, je reviens là et on fait ce qui était avant ce qu'on appelait les sommets Afrique-France. Ici, ça s'appelle Africa Forward et c'est une vraie révolution des esprits. Donc, on a bousculé les choses dans toutes les dimensions du jeu. Le sport, la culture, l'entrepreneuriat, le regard, la relation économique et monétaire, la capacité à penser ensemble les instruments. C'est la France qui a proposé que l'Union africaine ait un siège permanent au G20. Des tas de choses comme ça. Je suis hyper fier de ce bilan. Et je suis hyper fier d'avoir repensé aussi le partenariat de sécurité avec des pays comme, en effet, le Ghanal, Bénin, le Nigeria.

On n'avait jamais parlé de sécurité avec le Nigeria. On en parle maintenant. Mais comme on parle aussi d'avenir. Monsieur le

37:58
Locuteur

Président... Tout ça,

37:59
Emmanuel Macron

voyez, moi, je n

38:00
Locuteur

'ai

38:00
Emmanuel Macron

pas de regrets. J'ai une immense ambition pour ce continent que j'aime,

38:05
Locuteur

qui

38:05
Emmanuel Macron

est

38:05
Locuteur

un

38:07
Emmanuel Macron

trésor pour le monde, qui est le continent le plus jeune,

38:10
Locuteur

le

38:11
Emmanuel Macron

plus dynamique au monde. Et je veux aussi que nos entreprises, nos compatriotes l'entendent.

38:15
Locuteur

Et

38:16
Emmanuel Macron

puis, mon dernier point, c'est surtout,

38:18
Locuteur

je

38:18
Emmanuel Macron

veux que notre jeunesse en France

38:19
Locuteur

comprenne qu

38:21
Emmanuel Macron

'elle a destin lié avec ce continent.

38:23
Locuteur

L

38:24
Emmanuel Macron

'Afrique va réussir et on réussira avec.

38:26
Locuteur

Et

38:26
Emmanuel Macron

nous, Français,

38:28
Locuteur

on

38:29
Emmanuel Macron

a près de 17 millions

38:30
Locuteur

d

38:31
Emmanuel Macron

'entre nous qui faisons partie des diasporas.

38:35
Locuteur

Et

38:35
Emmanuel Macron

donc, on est dans ce continent. Et c'est une chance pour la France.

38:39
Locuteur

On

38:39
Emmanuel Macron

a des millions de nos jeunes qui sont 100% français et maliens, 100% français et algériens, 100% français et sénégalais, etc.

38:48
Locuteur

Et c

38:48
Emmanuel Macron

'est une chance immense pour réussir avec ce continent. Donc voilà, je n

38:54
Locuteur

'ai

38:54
Emmanuel Macron

pas de regrets. Je n'ai que des ambitions encore, de l'appétit, envie d'avancer.

38:57
Locuteur

Parce

38:58
Emmanuel Macron

que le discours collectif doit changer sur l'Afrique. Il faut qu'on arrête de regarder tout ce qui ne va pas. Il faut qu'on aille embrasser l'ambition de ce continent, la partager.

39:08
Présentateur

Merci.

39:08
Locuteur

Merci, M. le

39:09
Présentateur

Président.

39:09
Locuteur

Merci à vous de me

39:10
Présentateur

permettre de partager ça avec vous. Merci de nous avoir accordé cet entretien. Et merci à vous de nous avoir suivis sur TV5 Monde, sur Radio France Internationale et sur France 24.