« L'Afrique va réussir et on réussira avec », dit Emmanuel Macron sur RFI, France 24 et TV5 Monde
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 72 %Attaque 20 %Défensif 8 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Est-ce que la formule hybride du sommet va permettre de rebâtir la relation entre la France et l'Afrique ?
- 1:59RelanceRéponse directe
Compte tenu des contraintes budgétaires de la France, avez-vous les moyens de rivaliser avec la Chine ou les États-Unis ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Vous défendez une approche business gagnant-gagnant ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Comment comptez-vous régler le problème de visa pour les patrons africains ?
- 6:08RelanceRéponse directe
Un étudiant africain paie 16 fois plus qu'un européen. Est-ce que vous comprenez cette injustice ?
- 8:43RelanceRéponse directe
La réforme du franc CFA : les Africains ont-ils vraiment le choix ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:06Invité politiqueChiffre
« On a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement, c'est de l'argent privé. »
- 3:20Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 14 milliards d'euros d'investissement de nos entreprises françaises sur tout le continent africain. »
- 5:09Invité politiqueFait
« On a facilité les choses pour les investisseurs, les chefs d'entreprise, mais aussi les talents qui sont identifiés pour des entreprises. »
- 6:43Invité politiqueFait
« On ne paye plus la sécurité sociale pour un étudiant français. C'est vrai aussi pour un étudiant communautaire. C'est vrai aujourd'hui pour un étudiant non communautaire. »
- 7:32Invité politiqueFait
« On est l'un des seuls pays au monde où l'université est gratuite. »
- 10:26Invité politiqueFait
« En 2019, en Côte d'Ivoire, j'ai dit, nous, on est prêts à lever tous les registres du jeu, et donc on a levé tous ces registres du jeu. »
- 13:47Invité politiqueFait
« La France est venue en 2013. C'est mon prédécesseur François Hollande qui a pris cette décision à la demande du président Keïta pour éviter la partition du Mali. »
- 25:05Invité politiqueFait
« On a accompagné une dette qu'on avait commencé à restructurer. »
- 28:11Invité politiqueChiffre
« Circulaient à peu près un tiers des engrais qui allaient partout dans le monde et en particulier sur le continent africain. »
- 28:39Invité politiquePromesse
« La réouverture d'Hormuz doit être l'étape numéro un de notre agenda quand on parle du Moyen-Orient. »
- 32:20Invité politiqueFait
« Pour les combattants de la liberté, on les protège. »
- 32:23Invité politiqueFait
« Elles sont dans notre convention européenne des droits de l'homme. »
- 32:31Invité politiqueFait
« aller beaucoup plus vite et être plus rigoureux sur le retour vers le pays d'origine. »
- 34:44Invité politiqueFait
« À l'unanimité, ça a été voté par notre Assemblée et c'est promulgué. »
- 35:18Invité politiqueChiffre
« On a financé, public-privé, plus de 500 équipements sportifs et infrastructures. »
- 35:44Invité politiqueChiffre
« le sport, c'est 2% du PIB mondial. En Afrique, c'est 0,5% du PIB. »
- 36:31Invité politiqueFait
« On a commencé cette politique. Je suis allé au Rwanda et en Afrique du Sud pour dire on va coproduire avec vous. »
- 36:40Invité politiqueFait
« L'Institut Pasteur de Dakar sur le Chikungunya. »
- 36:55Invité politiqueChiffre
« 20% des besoins de vaccins, c'est sur le continent africain. Il n'y avait qu'un pour cent de la production. »
- 37:05Invité politiqueChiffre
« les 23 milliards que je vous annonçais là, c'est une vraie révolution. »
Temps de parole
- Emmanuel Macron77 %
- ?8 %
- Présentateur7 %
- Présentateur 24 %
- Présentateur 34 %
≈ 80,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Monsieur
le Président, bonsoir.
Bonsoir.
Nous sommes ici à Nairobi où s'achève, sous la pluie, qu'on entend le sommet Africa Forward qui a réuni une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement du continent. Sommet qui se veut le reflet d'une relation renouvelée avec l'Afrique. A mes côtés, pour vous interroger, Stéphane Ballon, France 24. Bonsoir Monsieur le Président, bonsoir. Mounia Daoudi, RFI, Radio France Internationale. Bonsoir Monsieur le Président. Bonsoir. En 2021 à Montpellier, vous faisiez le choix de la rupture en vous adressant à la jeunesse et aux diasporas africaines. Aujourd'hui à Nairobi, on est sur une formule un peu hybride, business, politique, dans un pays anglophone, une première.
Est-ce que c'est la formule qui va permettre de rebâtir la relation entre la France et l'Afrique
? Alors
en tout cas, la réinventer et clairement acter que c'est un partenariat d'égal à égal, c'est ce qu'on veut, avec des changements profonds qui se sont opérés ces dix dernières années. La relation entre l'Afrique et la France,
elle
est là, elle est très forte. Elle est très forte par notre présence dans le continent, dans tous les domaines. Elle est très forte par aussi des destins partagés, les diasporas dans notre pays. Donc ce lien, il est déjà très fort. Néanmoins,
ce
qu'on a voulu ici faire,
d
'abord c'est commencer par la jeunesse, hier, avoir des moments très forts sur la culture,
sur
le sport, sur l'économie. Et aujourd'hui, en effet, un sommet avec les dirigeants, pour la première fois des dirigeants d'entreprise, avec les chefs d'État et de gouvernement. Et au fond, avoir un agenda nouveau qui est
co
-dessiné.
C
'est-à-dire qu'on co-décide et on co-investit. Les termes, le langage change, mais au fond, on y reviendra sans doute, c'est aussi le fruit de dix années de réinvestissement, de décisions profondes. Et quand on parle de la culture, quand on parle du sport, quand on parle de l'économie, d'une réinvention un peu de cette relation.
Alors vous parlez de réinvention, vous insistez sur une approche économique pour renouveler ce partenariat avec l'Afrique. Mais compte tenu des contraintes budgétaires de la France, est-ce que vous avez les moyens, justement, de rivaliser avec des puissances comme la Chine ou les États-Unis ?
Oui, résolument. D'abord parce que les États-Unis ont coupé bien plus massivement que nous leur aide, pour des raisons, eux, idéologiques.
La
France, après ma première élection, a beaucoup monté son aide publique au développement,
avec
une loi aussi pluriannuelle. La difficulté budgétaire, la réalité politique aussi, ont fait que les choix qui ont été faits par le Parlement ces deux dernières années ont plutôt rebaissé la courbe. Néanmoins, elle est supérieure à ce qu'on avait en 2017. Mais le plus important, c'est qu'au fond, et d'ailleurs le président Routo l'a lui-même dit, c'est pas de l'aide budgétaire que demandent les pays africains avant tout.
Ils
veulent de l'investissement.
Et
c'est aussi une façon de changer complètement le logiciel. C'est pas nous qui venons vous dire, vous avez besoin de ça ou ça, on va vous mettre de l'argent. Avec souvent de l'incompréhension chez nous, de gens qui disent, attendez, on nous explique qu
'il n'y a
plus d'argent pour nos universités, nos écoles, vous allez dépenser cet argent-là à l'autre bout du monde. Là, c'est de l'investissement.
De
manière très concrète, hier, par la coalition d'investisseurs et d'entrepreneurs qu'on a amenée ici,
on
a annoncé 23 milliards d'euros d'investissement. C'est de l'argent privé.
Mais
ça crée des emplois, ça change la vie. C'est pas le budget de l'État.
Il
y a eu 14 milliards d'euros d'investissement de nos entreprises françaises
sur
tout le continent africain,
dans
tous les domaines.
Le
digital, le numérique, l'agriculture, les infrastructures, l'énergie, etc.
Et
9 milliards d'euros
qu
'on a mobilisés
d
'investisseurs et d'entrepreneurs africains sur leur continent.
Parce
que c'est un peu ça aussi la relation. Elle est partenariale. Et le forum qu'on a créé, cette coalition d'acteurs nouvelles, c'était des entrepreneurs français et africains ensemble pour la première fois. Donc vous voyez, c'est de l'argent privé. C'est des projets qu'on dessine ensemble. C'est du co-investissement.
Vous défendez donc, M. le Président, une approche business, gagnant-gagnant, vous dites ? Pas
que business, parce qu'il
y a
sport, il y
a
la culture, elle est dans tous les domaines du jeu. Mais qui est moins axée sur uniquement le sécuritaire et qui est moins axée uniquement sur le gouvernemental. J
'entends.
Il
y a tout de même une dominante économique dans ce sommet. Oui, il y
a
en tout cas une vraie présence. Effectivement. Vous dites gagnant-gagnant.
Aujourd
'hui, un patron français qui souhaite se rendre en Afrique, le fait facilement, mais l'inverse n'est pas vrai. Comment comptez-vous régler ce problème de visa, je dirais chronique, que soulèvent régulièrement les patrons africains
?
Alors d'abord, on a beaucoup changé les choses ces dernières années en invitant régulièrement les patrons. On a créé à peu près des conseils d'affaires dans tous les pays. On travaille beaucoup aussi avec nos propres organisations, etc. Business France s'est structuré pour ce faire. Et donc chaque année à Choose France, l'Afrique est présente
avec
des investisseurs et des patrons qui veulent venir investir en Europe.
Et
on leur réserve les meilleures conditions. Ensuite, on a créé un système
avec
justement à la fois Business France et le Quai d'Orsay pour permettre d'avoir des passeports, si je puis dire, ce qu'on appelait nos passeports talents, des segments très spécifiques où on donne des visas plus facilement. On a facilité les choses pour les investisseurs, les chefs d'entreprise, mais aussi les talents qui sont identifiés pour des entreprises, puisqu'elles soient africaines ou européennes,
avec
des talents du continent et pas seulement. Et là, ce qu'on est en train de faire, ce qu'on a lancé à ce sommet,
c
'est justement tout un travail pays par pays avec l'Union africaine pour faciliter cette circulation. Ce matin, dans le débat qu'on a eu qui a été très intéressant, Aliko Dengote,
je
le cite comme ça, j'espère qu
'il
ne m'en voudra pas, mais il a assumé un des plus grands investisseurs nigérians sur le continent.
Il
a dit, moi, j'ai énormément de mal à me déplacer sur le continent africain.
Et
donc, ce qu
'on
reproche parfois à la France, c'est encore plus vrai entre les pays africains. Et donc, l'Union africaine va structurer une initiative
de
plus grande facilité de circulation de ses chefs d'entreprise et de ses investisseurs. Et moi, j'ai dit, nous, on va le faire aussi avec les Européens pour que ce que vous êtes en train de créer, les Européens aussi et le segment miroir.
Donc
voilà, on continue de s'améliorer.
Oui, vous insistez, Monsieur le Président, beaucoup sur l'importance de la jeunesse. Vous en avez parlé hier, vous en avez parlé aujourd'hui. Pourtant, aujourd'hui en France, un étudiant africain doit, j'allais dire, payer 16 fois l'équivalent des frais de scolarité qu'un étudiant européen paie. Est-ce que vous comprenez
cette
jeunesse qui vit cette situation comme une injustice, finalement ?
Alors
non. D'abord, vous avez le droit de dire que parfois on fait des choses bien sans dire mais à chaque fois pour mort. Je dis ça juste en hygiène collective parce que sinon, on a l'impression qu'on est toujours en défensive. En Europe, aujourd'hui, si je compare la France avec l'Allemagne ou l'Angleterre, les études sont gratuites. Pendant mon premier mandat, on a même maintenant fait que les études sont gratuites et qu
'on
ne paye plus la sécurité sociale pour un étudiant français. C'est vrai aussi pour un étudiant communautaire. C'est vrai aujourd'hui pour un étudiant non communautaire. Aujourd'hui, un étudiant africain qui va dans une université anglaise ou allemande ou italienne, il paye
beaucoup
plus cher que chez nous. Je ne parle même pas si...
16
fois plus ? Non,
mais
il paye beaucoup plus cher que chez nous. Aujourd'hui, ce à quoi vous faites référence, c'est que, et c'est une très bonne chose, on permet aux universités de faire payer les étudiants non communautaires.
Mais
c'est normal parce que le choix collectif qu
'on
fait en France, c'est de dire un étudiant ne paye pas, c'est le contribuable qui paye. Mais le contribuable français, il n'a pas dit, je vais payer les études de tous les étudiants du monde d
'où
qu
'ils
viennent. Et moi, partout où je vais dans le monde, j'ai beaucoup d'étudiants qui me disent, elles sont bien les études chez vous si elles ne coûtent rien ? Parce que quand je vais dans une université au Canada, elles coûtent de l'argent, beaucoup plus. Quand je vais dans une université américaine, je n'en parle même pas. En Chine, en Inde, on est l'un des seuls pays au monde où l'université est gratuite.
Il
faut arrêter de vivre dans ce dogme, ce fantasme. Donc on
préserve... Par rapport aux étudiants
africains ?
Mais je le dis, les étudiants africains, ce sera pays par pays. Les universités feront leur choix, mais il y a peut-être des universités qui feront payer plus cher qu'aujourd'hui, qui est zéro.
Mais
elles feront néanmoins payer souvent beaucoup moins cher que les autres pays européens. Et à côté de ça,
on
a encore un système de bourse par Campus France et par nos universités. Donc la France,
avec
cette réforme, demeurera l'un des pays les moins chers au monde pour son système universitaire. Et il faut être simplement cohérent avec nous-mêmes.
C
'est que
les
contribuables français, ils ne payent pas pour que les études soient gratuites pour la Terre entière. Parce
que c'est vrai
dans aucun autre pays au monde. Donc ça ne peut pas marcher. Par contre, on veut continuer d'accompagner des talents qui viennent du Kenya, qui viennent du Sénégal, qui viennent de la Côte d'Ivoire, qui sont identifiés avec les universités, choisis par les universités.
Et
à ce moment-là, l'université polyselectionnelle peut décider de ne
pas
leur mettre de droit. Campus France peut accompagner. Et on continuera d'avoir une politique très attractive.
Autre préoccupation de la jeunesse africaine, la réforme du franc CFA. Vous avez dit que vous avez fait le job, que c'est aux Africains de décider. Est-ce qu'ils ont vraiment le choix quand le taux de change est fixé par la BCE, la Banque Centrale Européenne, quand le franc CFA est toujours utilisé au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso ? Pourquoi la France continue-t-elle de maintenir cette garantie de convertibilité ?
Alors, d'abord, je ne me suis pas exprimé comme vous l'avez dit. Moi,
j
'ai, dans la session qu'on a fait tout à l'heure sur l'économie, dit exactement ce que tout le monde avait à faire.
J
'ai dit, si on veut avoir plus d'investissements en Afrique, il faut que, très clairement,
on
ait une architecture financière internationale plus efficace,
mieux
utiliser l'argent public qu'il
y
a dans toutes les institutions, Banque mondiale, FMI, Banque de développement, Banque régionale, et qu'elle déclenche de l'argent privé. Ensuite,
ce
que j'ai dit, c'est que nous, Européens, là, on doit faire le job qu'on n'a pas bien fait, c'est que les règles, aujourd'hui, de solvabilité, les normes qu
'on
met en place, désincitent beaucoup d'institutions à investir sur le continent africain, beaucoup trop, en particulier dans le secteur financier. Donc ça, c'est une réforme à laquelle j'appelle, en particulier en Europe. Est
-ce qu
'il ne faut pas aller au bout de cette réforme de 2019 ?
Et attendez, je
réponds à votre question, mais c'est pour rétablir les choses, pour ne
pas
donner le sentiment que j'ai envoyé le premier de ça. Et trois, j'ai dit qu'il faut mettre en place
un
mécanisme de garantie, c'est une des grandes avancées de ce sommet, c'est un mécanisme de garantie sur les premières pertes, pour permettre aux investisseurs privés de venir sur le continent africain davantage, et d'ailleurs, aux investisseurs africains d'investir sur leur continent.
Parce
que ça a été répété, beaucoup investissent ailleurs. Néanmoins, sur la réforme du franc CFA, qui est un point qui ne touche pas du tout cette partie de l'Afrique, mais sur l'Afrique de l'Ouest, moi, pour le coup, ça, j'ai pris mes responsabilités. En 2019, en Côte d'Ivoire, j'ai dit, nous, on est prêts à lever tous les registres du jeu, et donc on a levé tous ces registres du jeu. Ils nous ont demandé de maintenir la garantie. La garantie, c'est quoi ? C'est ce qui permet d'éviter que le change soit totalement flottant.
Mais
tous les systèmes de réserve qui existaient ont été levés, et maintenant, c'est aux dirigeants africains
de
reprendre cette initiative. Je me suis entretenu il y
a
quelques semaines avec le président Ouattara en ce sens,
et
il m'a dit qu'il allait reparler. Je sais qu'il a parlé aujourd'hui à plusieurs présidents de la région qui ne sont pas dans l'UEMOA. Ce que me semble-t
-il
l'intérêt de l'Afrique de l'Ouest,
c
'est aujourd'hui de dire,
on
arrête avec le nom franc CFA,
on
sort du système et de ses contraintes. Mais ce n'est toujours pas le cas. Mais c'est à leur main. Je ne
peux
pas prendre la décision. Ce n
'est
pas moi qui gère la politique monétaire du Sénégal, de la Côte d'Ivoire ou autre. Mais ce n
'est pas
cela qui crée ce rejet de la France,
par cette jeunesse. Non, d'abord, je ne vois pas un rejet de la France dans les jeunesses. Je ne le vois dans aucun pays. Je me promène, je vais courir, je me balade, je vois aux gens, je vais dans le concert, je ne vois pas de rejet. Il y en a parfois dans les réseaux, chez certains activistes... En Afrique de l'Ouest. Non, mais en Afrique de l'Est, il y en a, faut être lucide. On
est dans
une partie de la jeunesse
qui
est poussée par certains activistes qu'on écoute parfois beaucoup. Et quand on relaie aussi les récits qui sont faits par d'autres puissances, qui sont les vrais colonisateurs du XXIe siècle, et qui sont les Russes et d'autres.
Mais
quand on rétablit les faits,
ce
qu
'on
doit faire, il n'y
a
pas de raison de ne pas aimer la France aujourd'hui. Mais ce que je veux dire sur la politique monétaire, pour aller au bout de ma réponse, c'est que c'est aux dirigeants de l'Afrique de l'Ouest de le décider. Moi, je leur ai dit,
tout
est sur la table. J'ai pris toutes les responsabilités.
Pour
ce qui nous concerne,
j
'ai demandé à M. Séverineau,
qui
j'ai grande confiance, justement, d'aller voir ses dirigeants pour
redonner
une dynamique. Entre temps, à leur décharge, il
y a
eu le Covid,
il
y a eu la guerre en Ukraine avec les conséquences et beaucoup de choses. Donc maintenant,
j
'attends vraiment d'eux qu'ils aillent au bout pour changer le nom. Leur intérêt, je crois, c'est vraiment qu'il
y ait
une plus grande intégration régionale, monétaire et
commerciale, et
que ce soit le plus large possible pour couvrir le maximum de pays de la CDAO.
Parce
que ce dont l'Afrique a besoin, c'est d'une plus grande intégration
commerciale,
économique et d'un plus grand équilibre monétaire. Voilà. Mais simplement, aujourd'hui, ce que je vois, c'est que beaucoup nous disent,
nous, on
a besoin encore d'avoir la garantie sur les réserves, parce que sinon, on est trop attaqué sur nos monnaies.
Et
là,
je
n
'ai
pas été... L'aurait-je fait, on m'aurait dit, vous nous abandonnez. Donc ça, on le garde, parce que c'est une garantie de stabilité. Mais sur toutes les autres obligations qui allaient avec, on l'a lâchée.
Monsieur le Président, vous venez de discuter paix et sécurité avec vos homologues africains. Le 25 avril, Bamako était attaqué, le ministre de la Défense assassiné, qui dalle tombait. L'armée française a certes quitté le Mali en 2022, mais elle y est restée 10 ans avec les sacrifices que l'on sait. Avec le recul, qu'auriez-vous fait différemment pour éviter la situation actuelle
? D
'abord, moi, je pense au peuple malien et à ce qu'il subit depuis tant d'années.
Sous
les coups de boutoir de groupes terroristes,
puis
de décisions qui ont été prises
par
les auteurs de coups d'État, qui ont décidé plutôt de s'allier à des milices
privées,
puis parapublics russes, qui ont préféré leur propre sécurité plutôt que la lutte contre le terrorisme.
La
France est venue en 2013. C'est mon prédécesseur François Hollande qui a pris cette décision
à
la demande
du
président Keïta
pour
éviter
la
partition du Mali et l'avancée des groupes terroristes qui venaient par le Nord. Alors, nos armées ont été aux côtés
du
Mali, mais aussi du Niger,
du
Burkina Faso durant toutes ces années
et
jusqu'en 2020, avec, et même un peu après si on prend les périodes 2021, avec beaucoup de courage,
d
'engagement sur un mandat qui était clair, qui était à la demande d'État souverain, endossé par l'organisation régionale qui était la CDAO.
Et
plusieurs dizaines de nos soldats sont tombés, et je pense à eux et à leur famille.
On
a ensuite été, pardon de le dire comme ça, mais
reconnus
par de l'ingratitude et beaucoup de fausses informations. Et j'en veux beaucoup aux dirigeants et à tous ceux qui ont tenu ces propos inacceptables. Néanmoins, maintenant, c
'est
le peuple malien qui souffre. C'est toute cette région qui souffre.
Et
si vous me demandez de me retourner vers le passé, dès 2017, on lance
l
'alliance, le G5 Sahel, et puis cette alliance où on dit il y a sécurité, développement et politique en même temps.
C
'est de ne
pas
avoir été en fait plus dur, quelque part plus exigeant sur cet axe,
et
de ne pas avoir demandé avec encore plus de force aux dirigeants
de
prendre plus vite
la
place avec de l'administratif, des projets de développement et d'émancipation d'opportunités, partout où le territoire était repris aux terroristes.
Parce
que finalement, ça a fini par apparaître comme étant une garantie sécuritaire qui leur était apportée.
Et
donc, je pense qu'on aurait dû avoir ce dialogue exigeant
plus
tôt. Et peut-être, dans ces cas-là, repenser notre présence militaire plus tôt. Néanmoins, moi, ce que je vois,
c
'est qu'on a fait une transformation complète ces quatre dernières années.
Et
elle paye.
C
'est-à-dire qu'on a complètement repensé la relation de sécurité et de paix avec le continent africain.
On
a dit partout,
ce
qui était l'héritage du passé, on le remet sur la table. Même démarche que pour la monnaie.
C
'est-à-dire, au fond, ce n
'est
pas parce qu'on est là depuis toujours avec une base militaire, avec des soldats français,
que
ça doit exister.
Donc, vous
nous dites ce dont vous avez besoin.
C
'est un partenariat, c'est vous qui le pensez. Ce sont vos demandes sécuritaires auxquelles on répond. Et donc, on a complètement repensé les choses. On a fermé des bases. On a diminué beaucoup d'autres. Toutes les bases où on est, on est en conjoint. On les a renommées avec des noms africains, souvent.
On
est ensemble avec des forces africaines et de chaque pays et les forces françaises. Et puis, on a inventé aussi des partenariats nouveaux avec des pays avec lesquels on n'était pas, qui sont des partenariats pour équiper, pour former, pour accompagner. Et je crois que c'est beaucoup plus sain. Et c'est ce qui permet aussi que la perception, en particulier par la jeunesse, change. Parce que ces grandes bases qui existaient, elles étaient un peu vues. Et d'ailleurs, c'est ce qui avait été utilisé par certains. En disant, les Français sont là pour vous recoloniser. Vous voyez, ils ont des milliers de soldats là.
Ou
pour d'autres, en disant, ils soutiennent les dirigeants en place. Ils ont un agenda à la papa. Fini.
Là,
on a, je dirais, normalisé les choses. Et c'est pareil, c'est un partenariat équitable, responsable, vraiment. À parité.
Et justement, Monsieur le Président, vous disiez dimanche que le Mali n'a pas pris la meilleure décision en demandant le départ de la France. Que voulez-vous dire par là ? La France aurait dû rester ?
Non, c'est ce que je viens de dire. C'est que je pense qu'ils ont été extrêmement offensants à la garde de nos soldats. Mais surtout, ils n'ont pas pris une bonne décision parce qu'ils ont acté en 2020-2021, pour ces putschistes, que leur priorité n'était plus la lutte contre le terrorisme. C'est tout. Et je le déplore.
Je
le déplore très profondément. Pourquoi ne pas quitter complètement le Mali ? Mais nous avons quitté tout à
l'heure.
L'Afrique. Mais pardon, mais nous, nous sommes... On ne peut pas dire on est là, on est à vos côtés, on veut co-construire, co-investir. Et quand des gens nous disent on a besoin de vous parce qu'on est face à des groupes terroristes, c'est nous de tourner le regard et dire on vous laisse tomber. Et on le fait quand il y a l'Ukraine qui est menacée. On le fait avec des pays européens. Quand ils nous disent notre sécurité est menacée,
parfois
on a nos forces aussi, de manière conjointe, on les équipe, on les entraîne. Regardez ce qu'on fait avec les coalitions des volontaires. On a des pays, quand ils nous demandent de faire des opérations à leur côté, on le fait dans l'Indo-Pacifique. Pourquoi ? A l'inverse, il faudrait qu'à l'Afrique, quand il y
a
des questions de sécurité, on dise non, non, vous débrouillez-vous.
C
'est respectueux.
Quand
des pays africains viennent vers la France et qui disent nous on a un problème
là
de terrorisme, ici de piraterie, qui viennent vers nous, on pense ensemble le partenariat de sécurité et on le fait ensemble. Écoutez, c'est ce qu'on fait en ce moment avec le Ghana, ce qu'on a fait avec le Bénin, ce qu'on fait avec les pays du Golfe de Guinée pour lutter contre la piraterie qui pille leur pêche et leurs réserves, ce qu'on décide de faire avec d'autres pays de la région quand ils demandent des équipements, ce qu'on fait avec l'Egypte quand on a des contrats de formation mais aussi d'équipement,
l
'Afrique n
'est
pas à traiter différemment des autres continents, mais c'est un partenariat qui est beaucoup plus sain et équitable. Mais chacun de ces pays,
il
parle à la France normalement, c'est-à-dire aussi avec respect. Et je pense qu'il faut arrêter aussi cette idée que,
au
fond,
il
ne faudrait pas être respectueux avec la France pour vraiment être africain.
C
'est ce qu'on fait ces bouchistes. Non, le respect c'est réciproque. Nous aussi on veut être respecté.
Monsieur le Président, vous disiez il y a quelques mois, ils ont oublié de nous dire merci, ce qui avait provoqué beaucoup de réactions vives. au sein de la communauté, au sein de la communauté des chefs d'État africain. Est-ce que... À lesquelles ? J'en ai pas entendu moi. Le Tchadien a réagi par exemple.
Il a demandé à M. Déby ce qu'il pense. Il avait
réagi.
Regardez M. Déby ce qu'il pense. Il nous a demandé de rebâtir une relation de défense. Ce qu'on fait avec lui. J'entends. Quand vous parliez d'ingratitude.
Mais vous savez, l'ingratitude dont je parle, mais qu'on soit clair, l'ingratitude
dont je parle, c'est celle qui allégare aussi des soldats tchadiens qui sont venus se battre avec nous au Mali, ou des soldats guinéens qui étaient à nos côtés au Mali,
et
qui ont perdu des frères d'armes. Mais ce que je dis, c'est juste la vérité. C'est juste ce qu'on vit, ce qu'on fait entre partenaires européens, ce qu'on fait dans le monde entier. Voilà.
Si
vous nous rejoignez, nous sommes à Nairobi, où s'est tenu le sommet Africa Forward. Emmanuel Macron est l'invité exceptionnel de RFI, France 24 et TV5 Monde.
A
propos du conflit dans l'est de la RDC, M. le Président, le soutien du Rwanda au M23 est aujourd'hui documenté par les experts de l'ONU. Les États-Unis ont imposé des sanctions à l'armée rwandaise et à certains de ses responsables. Pourquoi la France et l'Union européenne ne le font pas
? Nous,
nous défendons une position qui consiste à continuer de discuter avec toutes les parties prenantes,
avec
une ligne assez simple.
Un,
respect de la souveraineté et de
l
'intégrité territoriale
pour
la RDC.
Et
donc, retrait toutes les forces.
D
'ailleurs, elles ne sont pas que rwandaises,
qui
sont présentes sur le sol congolais.
Deux,
reprise du dialogue politique en RDC
avec
le M23,
ce
qui était d'ailleurs piloté par l'Angola. Trois, reprise du contrôle aussi par la RDC
à
l'est du pays, avec tout le travail qui est à faire sur les FDLR. Et quatre, lutte
de
tous, conjointe,
contre
les forces terroristes qui viennent menacer, pas simplement la RDC, mais tous les pays de la région. Et donc, dans ce cadre-là, je crois plus dans cette période
à
la reprise d'un dialogue efficace, à quoi je pousse
les
deux présidents,
et
à remettre les médiations tout autour de la table
pour
pouvoir avancer sur un projet conjoint qui consiste sur ces quatre axes
à
travailler ensemble.
Ils étaient présents à Nairobi, vous les avez rencontrés
? Je
les ai rencontrés
séparément. Ils se sont
rencontrés ?
Non, parce que comme vous avez peut-être vu,
ils
étaient là tous les deux, mais pas au même créneau horaire.
Ce
qui dit la tension qui existe, il ne
faut
pas être naïf.
Je
les ai plusieurs fois rencontrés à plusieurs reprises. Et je pense qu'aujourd'hui, le travail qu'il faut qu
'on
fasse collectivement, c'est que tous ceux qui se penchent sur ce sujet, l'Union africaine est mobilisée. Je pense que c'est l'Union africaine qui doit piloter tout ce travail. Donc moi, c
'est
ce qui m'importe, c'est d'être aux côtés de
l
'Union africaine.
C
'est depuis neuf ans ce que je fais, d'être aux côtés des médiations africaines.
Donc
c'est l'Union africaine, le président Ford qui a été mandaté avec plusieurs anciens présidents
et
coprésidents sur différentes actions. Évidemment, les partenaires américains et Qataris, qui ont aussi beaucoup fait, et qu'on regroupe un peu tout ça. C'est un des sujets dont je parlerai demain avec l'Union africaine et les Nations unies, parce que je pense qu'on serait plus efficace si on remettait tout le monde autour de la table pour avancer. Ce dont on a besoin là,
c
'est que les deux dirigeants bâtissent un accord sur les axes que je viens de décrire
et
prennent les décisions successives
pour
rétablir complètement la souveraineté congolaise.
Mais est-ce que le jeu n'est pas faussé avec l'intervention des États-Unis qui aujourd'hui semblent les mettre à bord sur cette question ?
Écoutez, les États-Unis semblent plutôt vouloir la paix.
Et
donc, je ne pense pas qu'on puisse dire que le jeu soit faussé.
Mais c'est eux qui sont à la manœuvre aujourd'hui dans l'Est de la RDC ?
Le recul que j'ai sur ce dossier me conduit à dire que beaucoup de gens sont successivement à la manœuvre.
Et
après, beaucoup de gens finissent par arrêter d'être à la manœuvre, puis d'autres arrivent. C'est ça tout le problème.
Et
donc, il y a un accord de paix qui a été signé il
y a
quelques mois.
Il
n
'y a
pas totalement la paix, si on est honnête. Bon. Donc,
c
'est aussi qu
'il
faut qu
'on
fasse collectivement attention. Donc, que les États-Unis s'engagent, c'est très bien. Je pense qu'il faut revenir sur les principes.
Il
faut apaiser les choses et essayer de remettre les dirigeants autour de la table avec l'ensemble des médiateurs.
Ce que vous dites, M. le Président, c'est qu'il faut sortir de la logique de sanction. C'est ça que vous êtes en train de dire ?
En
tout cas, je pense que si aujourd'hui, tout le monde se précipite, parce que les Américains l'ont fait, à mettre le Rwanda au banc,
il
y
a
peu de chances qu'on convainque le Rwanda d'avoir une politique coopérative.
Moi,
je crois plus dans la vertu du dialogue avec les deux dirigeants principaux. Mais c'est un dialogue qui doit aussi engager l'Ouganda, le Burundi, les pays de la région,
et
qui doit clarifier la réalité des forces en présence, la réalité des prédations économiques aussi sur l'est de la RDC.
Mais
je crois qu'il faut avoir dans ce temps-là, c'est ma conviction et c'est ce que je ferai pour la France, un dialogue respectueux qui engage avec le président Kagame, le président Tshisekedi, ce travail et qui remet toutes les médiations autour de la table. Mais je vous ai dit, moi, quels étaient les objectifs
que
je crois juste et que la France poursuit.
Nous
sommes à moins de trois heures de vol de Nairobi et une guerre sauvage est en train de déchirer le Soudan.
Ça
fait plus de trois ans que cela dure. Comment est-ce qu'on peut qualifier aujourd'hui la situation au Darfour, notamment à El Facher ? Est-ce qu'il s'agit d'un génocide ?
Je
me suis toujours gardé d'employer ces termes parce que ce sont les juges et les historiens qui ont à les qualifier. Mais il est sûr que ce sont des crimes de masse, des crimes de guerre et une situation humanitaire catastrophique.
La
situation humanitaire, par ailleurs, en RDC, qu'on vient d'évoquer, est aussi une situation humanitaire terrible.
Au
Soudan, aujourd'hui, notre position est...
D
'abord,
elle
a été, dès après la révolution pacifique qu'avait vécue le Soudan, d'accompagner le mouvement. J'avais reçu
pour
la première fois
le
gouvernement M. Hamdok et toutes
ces
jeunes femmes, d'ailleurs, souvent, qui avaient conduit cette révolution totalement pacifique et qui portaient la société civile soudanaise.
Et
avec vraiment une ambition, un agenda qu'on a accompagné, une dette qu'on avait commencé à restructurer. Ensuite, on est aujourd'hui devant, au fond, des chefs de guerre qui se partagent le territoire et ce conflit qui existe. Nous, nous appelons, évidemment, au cessez-le-feu le plus rapide possible.
À
la fin de toutes les aides extérieures, à l'égard de quelques camps que ce soit, ce qui, aujourd'hui, consomme le Soudan,
c
'est
le
jeu,
au
fond, par tiers,
qui
s'y joue. C'est l'affrontement entre des puissances qui financent tel ou tel camp pour jouer de leur influence.
Et qu
'il
ne
faut
pas les sanctionner, ces
puissances ?
On sanctionne souvent beaucoup de choses. Il faut déjà que très clairement, et c'est un de mes objectifs là aussi, demain, on l'a fait aujourd'hui, je vous invite à voir, la déclaration qui a été endossée par tous les chefs d'État dit très clairement, des choses sur les deux conflits, pour la première fois, dit des choses très importantes. La fin des interférences étrangères, c'est ce qu'on est en train de se dire. Que les puissances étrangères arrêtent de financer les conflits en étant aux côtés de tel ou tel groupe armé. Et la fin de la privatisation de la sécurité dans tous ces pays. Ça, c'est acquis de Nairobi. Et donc, pour le Soudan, cessez le feu le plus rapide possible.
Pression, avant d'aller vers les sanctions, déjà qu'on ait des pressions claires sur tous les pays qui aident, pour les convaincre d'arrêter cela, de démanteler de manière parallèle. Et un des objectifs des prochains mois, c'est de les mettre ensemble autour de la même table ou de les coordonner pour qu'ils arrêtent cette aide.
Et
reprise d'un dialogue qui fasse émerger une solution civile. Dans l'entretemps, il ne
faut
pas oublier tout le travail humanitaire qu'on a à faire. La France avait eu une conférence humanitaire et politique l'année dernière avec la société civile. Berlin a réuni une conférence humanitaire où nous étions il y
a
quelques semaines. Il ne faut absolument pas relâcher ce travail. Mais la priorité, c'est la fin des armes et c'est la fin du financement par des puissances tierces.
La
guerre au Moyen-Orient, M. le Président, et ses conséquences dans le monde entier. Sujet évidemment que vous avez évoqué avec vos homologues africains. Que vous ont-ils dit ? Qu'attendent-ils de la France qui préside cette année le G7
? Ils
m'ont redit ce qu'à plusieurs reprises on a défendu et qui est la ligne rouge, le fil directeur
de
notre politique depuis ces années, qui est à chaque fois
d
'essayer de défendre la voie de l'Afrique dans les grandes crises.
Quand
il y
a
eu le Covid-19, pour la première fois, j'ai un dirigeant non-africain à être invité au bureau de l'Union africaine et on a bâti l
'alliance
pour la vaccination et les diagnostics pour l'Afrique ensemble. En 2022, début de la guerre, de l'agression russe en Ukraine, la France lance l'initiative Farm pour la sécurité alimentaire de l'Afrique.
Et
là, on a lancé Farm Plus avec Proparco qui s'est fortement engagé à plusieurs entreprises françaises.
Parce
que ce qu
'ils
m'ont dit pour la première fois
avant
toute chose, c'est Hormuz.
C
'est une aggravation de la crise alimentaire pour l'Afrique.
On
a déjà subi les baisses de volume venant de l'Ukraine de céréales.
On
a subi les baisses de fertilis... d'engrais, pardon, qui venaient de Russie.
Par
Hormuz, circulaient à peu près un tiers des engrais
qui allaient
partout dans le monde et en particulier sur le continent africain. Et donc pour l'agriculture du continent, c'est terrible.
À
côté de ça, c'est évidemment en plus les prix qui montent, comme partout dans le monde. Et donc c'est une pression sur le pouvoir d'achat. Et donc ça justifie une mobilisation accrue pour les économies. Ce que je vous ai dit qu'on va porter au G7 avec ses mécanismes de garantie, ses investissements. Mais c'est aussi de porter cette voie africaine pour dire la réouverture d'Hormuz est la priorité absolue.
Et
la réouverture d'Hormuz doit être l'étape numéro un de notre agenda quand on parle du Moyen-Orient. C'est ce que porte la France depuis le premier jour de ce conflit qui appelle au cessez-le-feu et qui appelle à la réouverture d'Hormuz avant de traiter les autres sujets par une négociation d'ensemble.
Mais la situation semble aujourd'hui complètement bloquée entre les positions des Américains et des Iraniens. On n
'a
pas l'impression qu'il
y a
un dialogue possible.
Il
y
a
en tout cas, je le constate, une escalade dans les déclarations.
Je
le déplore. Nous, le travail
qu'on
fait est simple. On continue d'être au contact de tout le monde. Évidemment, de parler à nos alliés américains, de parler avec l'ensemble des pays de la région et de garder le contact avec les Iraniens, ce que je fais depuis le premier jour. Moi, je crois que la solution à ce que nous vivons là-bas, elle doit passer d'abord par un cessez-le-feu pleinement respecté. On est normalement, en théorie, encore un cessez-le-feu. Aujourd'hui, il n'est pas respecté au Liban,
ce
qui est inacceptable.
Donc
le cessez-le-feu doit être pleinement respecté au Liban, comme partout.
Il
n'a pas été respecté non plus quand les Émirats arabes unis ont été touchés.
Et
donc,
il
doit être respecté partout. Deuxième chose,
on
doit obtenir la réouverture sans condition, sans péage d'Hormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran.
Et
nous, nous avons proposé,
nous
allons prendre une initiative aux Nations Unies avec quelques autres pays pour proposer le cadre en ce sens, totalement neutre, pacifique, déconflicté, comme on dit, avec l'Iran. Et nous proposons une mission ad hoc.
On
est 50 pays qu'on a réunis avec les Britanniques pour permettre de faire ce travail.
Et
puis, enfin, de reprendre
les
dialogues sur la question nucléaire et balistique entre l'Iran, les États-Unis, mais avec les principaux pays qu'on appelle le E3 britannique-allemand-français. Et moi, je soutiens l'idée qu'il faut inclure tous les pays de la région, qui sont les principaux touchés par ce qu'on est en train de vivre et qui sont touchés aussi par la déstabilisation que certaines milices
peuvent
créer dans leur pays.
Monsieur
le Président, Donald Trump a fait le choix d'expulser les migrants dont il ne veut plus sur son ternitoire vers l'Afrique. L'Europe est en train de durcir sa politique migratoire. On vient d'apprendre, par exemple, que les discussions allaient se tenir avec les talibans pour le renvoi de migrants en Afghanistan.
Quelle
sera la prochaine étape ?
Est
-ce qu'un jour, on va voir l'expulsion de migrants africains vers l'Afrique ?
Écoutez, sur ce sujet, je pense qu'il faut
essayer
d'être fidèle à nos principes, pragmatique et surtout très clair aussi sur ce qu'on est prêt à faire et ce qu'on ne fera jamais.
Le
continent européen a été sous une forte pression migratoire ces dernières années.
C
'est un état de fête. Les chiffres le montrent. Et donc, est-ce qu'on peut rester comme ça ou ne rien faire ? La réponse est non.
Parce
que
nos
peuples, aujourd'hui, nous demandent de réagir et parce que nous sommes des pays très ouverts.
Nous
sommes des pays avec des modèles sociaux extrêmement généreux.
Et
donc, c'est normal qu'il y
ait
des adaptations qui se fassent face
à
la pression migratoire qu'il
y a
depuis dix ans dans nos pays.
On parle de l'Afghanistan et des
talibans. Non, non, mais
j'essaie de répondre de manière structurée. Ce n
'est
pas ce que fait la France, comme vous le savez. Donc, nous, qu
'est
-ce qu'on a fait ? Et ce que l'Europe a fait collectivement, c'est d'avoir une politique qui contrôle beaucoup mieux et plus efficacement les entrées.
C'est
ce qu
'on
doit faire. Aujourd'hui, on n'a pas un contrôle efficace aux entrées. Le pacte Asile et Immigration permet de le faire beaucoup mieux, d'enregistrer, d'être plus efficace ensuite sur le suivi sur le sol européen
et
d'avoir une politique de retour beaucoup plus efficace. Et ensuite,
vous
avez des femmes et des hommes qui sont justement des combattants de la liberté, qui sont en risque dans leur pays. Et là, c'est de garder nos principes. Je l'ai toujours dit, la France est fidèle à ses valeurs. Pour les combattants de la liberté, on les protège. L'Europe est née de ses valeurs. Elles sont dans notre convention européenne des droits de l'homme. Donc, nous, nous sommes pour cette politique être beaucoup plus vigilants sur le contrôle à l'entrée, aller beaucoup plus vite et être plus rigoureux sur le retour vers le pays d'origine. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on revoit aussi dans beaucoup de nos dialogues bilatéraux, parce qu'il
y a
beaucoup de choses qu
'on
peut améliorer.
Il y
a aussi des pays qui ne jouent pas le jeu. Donc, il faut améliorer ce dialogue de manière lucide et totalement franche.
Par
contre,
d
'être fidèle à nos valeurs, à la paix, et donc de protéger les femmes et les hommes qui risquent leur vie dans leur pays pour des raisons politiques ou parce qu'il y
a
des guerres. Et enfin, moi, je ne suis pas à l'aise, pour ne
pas
dire que je suis en désaccord, avec l'idée qu'on renvoie dans des pays qui ne sont pas les leurs, des femmes et des hommes, et en quelque sorte, en ayant des accords qu'on monétiserait avec des pays qui deviennent des pays tiers. Donc, vous condamnez la politique. Je ne parle pas de mes collègues en disant condamnés, mais je dis juste que la France, la France, elle suivra, autant que je serai là, cette politique. Donc, j'assume, moi, d'avoir durci la politique migratoire sur certains sujets, parce qu'on devait le faire, compte tenu du contexte. Et la France a défendu et même porté la politique Asie d'immigration qui était beaucoup plus, je crois, efficace.
Mais
j'assume totalement aussi
d
'être fidèle à des valeurs qui sont les nôtres
et
d'être, voilà, dans une politique d'exigence humaine.
Monsieur le Président, on aurait énormément de questions à vous poser, mais le temps nous fait de défauts. Vous êtes à un an de la fin de votre mandat.
Vous
avez initié depuis Ouagadougou, depuis 2017,
vous
avez initié beaucoup de réformes. Certaines n'ont pas abouti.
Aujourd
'hui, qu'auriez-vous aimé faire que vous n'avez pas pu faire
?
Alors, je vais surtout vous
dire
tout ce dont on n'a pas parlé et que j'ai fait. On a lancé, et personne n'y croit aller à Ouagadougou,
la
restitution des œuvres d'art.
Quand
je dis ça, les gens ont dit « Ok, ça ne marchera jamais
». Ça
a pris 10 ans quand même.
Peut-être,
mais
on l'a fait et on a ouvert un mouvement européen. Formidable. Et donc, on a restitué au Bénin 26 des trésors d'Abomé, on a restitué au Sénégal, à la Côte d'Ivoire, à Madagascar, et surtout, il
y
a quelques jours, à l'unanimité. Ce qui est très important pour nous aussi, parce que ça a changé le regard politique. Quand je lançais ça, beaucoup de gens dans la classe politique étaient contre. À l'unanimité, ça a été voté par notre Assemblée et c'est promulgué. Donc ça, c'est un acquis formidable parce que ça change la relation culturelle, ça change le regard, ça permet de bâtir une relation aussi avec les conservatrices et les conservateurs du continent, avec cette jeunesse qui se réapproprie ses œuvres et avec ses artistes
qui,
du coup, créent sur cette base-là et viennent ensuite exposer dans le monde entier.
La
deuxième chose, on a dit l'Afrique, énorme continent sportif.
On
a lancé une politique du sport et ce n
'est
pas anecdotique du tout. On n'en a pas parlé depuis tout à l'heure, on aurait dû.
La
politique du sport, elle est très importante.
On
a financé, public-privé, plus de 500 équipements sportifs et infrastructures, avec d'ailleurs des super entreprises françaises qui ont fait des investissements avec des partenariats africains. On a fait un partenariat avec les NBA, la FIBA, la FIFA, le foot, le basket, l'athlétisme,
ce
qui permet à des tas de jeunes,
grâce
à cette politique, d'aller vers le sport, du coup vers l'éducation, d'avoir une meilleure politique de santé. Et ça crée de la richesse sur le continent. Parce que je le disais partout dans le monde, le sport, c'est 2% du PIB mondial. En Afrique, c'est 0,5% du PIB. Ce n
'est
pas normal. Parce qu'en fait, il
y
a un pillage quelque part des sportifs qui vont dans d'autres pays. Donc on les aide. Et là, regardez ce qu
'on
vit.
Et
on a accompagné ce mouvement. Je serai à Dakar pour les Jeux Olympiques de la jeunesse, les premiers
cette
année.
On
aura ensuite une formidable canne qui sera dans cette région
dans
2 ans. Et puis une Coupe du Monde qui sera aussi sur le sol africain avec le Maroc. Ça, c'est extraordinaire.
Donc
politique sportive.
On
a fait en matière de santé une vraie révolution commune. Là, on est en train de faire de la coproduction de vaccins.
C
'était impensable il y
a
quelques années. Au début du Covid, je vous en parlais tout à l'heure, on se retournait,
on
disait beaucoup de pays avaient bloqué même ce qui allait vers l'Afrique.
Qu
'est-ce qu'on a fait ? On a commencé cette politique. Je suis allé au Rwanda et en Afrique du Sud pour dire on va coproduire avec vous. Et bien maintenant, on est en train de le faire. L'Institut Pasteur transfère ces technologies pour l'Institut Pasteur de Dakar sur le Chikungunya. On a mis des plateformes en place avec des Aspen, des BioVac, etc. pour produire des solutions de santé avec les Africains sur le continent. C'est une vraie révolution. Il n
'y
avait aucune raison que ce ne soit pas le cas avant. 20% des besoins de vaccins, c'est sur le continent africain. Il n'y avait qu'un pour
cent
de la production. On est en train de le faire. On a même fait une bonne partie du chemin.
La
relation économique, les 23 milliards que je vous annonçais là, c'est une vraie révolution. Elle n'existait pas. Et vous savez, c'est simple.
Il
y a neuf ans dont vous me parlez, il n
'y
avait aucun président qui avait mis les pieds au Kenya. Aucun avant moi.
Je
suis venu en 2019, je reviens là et on fait ce qui était avant ce qu'on appelait les sommets Afrique-France. Ici, ça s'appelle Africa Forward et c'est une vraie révolution des esprits. Donc, on a bousculé les choses dans toutes les dimensions du jeu. Le sport, la culture, l'entrepreneuriat, le regard, la relation économique et monétaire, la capacité à penser ensemble les instruments. C'est la France qui a proposé que l'Union africaine ait un siège permanent au G20. Des tas de choses comme ça. Je suis hyper fier de ce bilan. Et je suis hyper fier d'avoir repensé aussi le partenariat de sécurité avec des pays comme, en effet, le Ghanal, Bénin, le Nigeria.
On n'avait jamais parlé de sécurité avec le Nigeria. On en parle maintenant. Mais comme on parle aussi d'avenir. Monsieur le
Président... Tout ça,
voyez, moi, je n
'ai
pas de regrets. J'ai une immense ambition pour ce continent que j'aime,
qui
est
un
trésor pour le monde, qui est le continent le plus jeune,
le
plus dynamique au monde. Et je veux aussi que nos entreprises, nos compatriotes l'entendent.
Et
puis, mon dernier point, c'est surtout,
je
veux que notre jeunesse en France
comprenne qu
'elle a destin lié avec ce continent.
L
'Afrique va réussir et on réussira avec.
Et
nous, Français,
on
a près de 17 millions
d
'entre nous qui faisons partie des diasporas.
Et
donc, on est dans ce continent. Et c'est une chance pour la France.
On
a des millions de nos jeunes qui sont 100% français et maliens, 100% français et algériens, 100% français et sénégalais, etc.
Et c
'est une chance immense pour réussir avec ce continent. Donc voilà, je n
'ai
pas de regrets. Je n'ai que des ambitions encore, de l'appétit, envie d'avancer.
Parce
que le discours collectif doit changer sur l'Afrique. Il faut qu'on arrête de regarder tout ce qui ne va pas. Il faut qu'on aille embrasser l'ambition de ce continent, la partager.
Merci.
Merci, M. le
Président.
Merci à vous de me
permettre de partager ça avec vous. Merci de nous avoir accordé cet entretien. Et merci à vous de nous avoir suivis sur TV5 Monde, sur Radio France Internationale et sur France 24.
Emmanuel Macron