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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 10 février 2025 17 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Edwige Diaz : "Bruno Retailleau est isolé !" (France 3)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Edwige Diaz, bonjour. Vous êtes vice-présidente du Rassemblement national et députée de Gironde.

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Ces débats sur le droit du sol, l'identité française, est-ce que vous y voyez clairement un appel du pied au Rassemblement national ?

  • 1:24OuverteRéponse directe

    Donc vous dites à Bruno Retailleau, par exemple, qui vient des LR et qui a des ambitions à la tête des Républicains, mettez de l'ordre dans votre famille politique.

  • 1:49FerméeRéponse directe

    Donc ça veut dire aussi que Bruno Retailleau, finalement, est tout seul ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Vous dites ça en souriant, mais c'est une blague ou vous pensez que ce serait possible ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    François Bayrou estime qu'il faut élargir le débat à d'autres questions. Qu'est-ce qu'être français notamment ? Est-ce qu'il est possible de définir la nationalité française ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « Déjà c'est une victoire claire, une victoire idéologique du Rassemblement national, parce que nous ça fait des années que nous appelons à la suppression du droit du sol. »
  • 1:06Invité politiqueChiffre
    « Et là, j'ai été chercher les chiffres parce que c'est quand même fort de café. Cet amendement n'a pas été voté parce que les Républicains ont décidé de s'abstenir ou de voter contre, alors qu'il manquait simplement 13 petits voix. »
  • 2:50Invité politiqueChiffre
    « Ils ont fait confiance à hauteur de 11 millions au Rassemblement National pour porter ces sujets. »
  • 2:57Invité politiqueChiffre
    « 65% des Français sont pour la suppression du droit du sol. »
  • 3:43Invité politiquePromesse
    « Nous ce projet de loi référendaire il est prêt, il est disponible sur le site internet du Rassemblement National pour changer la Constitution. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « nous avons entendu les inquiétudes, notamment d'un certain nombre de chefs d'entreprise, de l'armée aussi. »
  • 7:16Invité politiqueChiffre
    « C'est qu'il est détesté par l'immense majorité des Français, parce que je crois qu'il ne recueille que 17% d'opinions favorables »
  • 11:10Invité politiquePromesse
    « nous pourrons proposer un projet de loi de financement de la sécurité sociale et projet de loi de finances de l'État rectificatif. »
  • 16:04Invité politiqueFait
    « Je pense que nous ne validerons pas ce choix qui est quand même la démonstration inouïe que la Macronie, c'est le monde du recasage et du recyclage des battus. »
  • 16:20Invité politiqueFait
    « Richard Ferrand, qui était président de l'Assemblée nationale, a été battu dans sa circonscription du Finistère en 2022. »

Temps de parole

  • Edwige Diaz68 %
  • Présentateur18 %
  • Invité8 %
  • Invité 22 %

9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Edwige Diaz, bonjour. Vous êtes vice-présidente du Rassemblement national et députée de Gironde. Et revoilà les débats sur l'identité nationale, le droit du sol, l'immigration qui reviennent sur le devant de la scène, portés à la fois par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et ministre de la Justice Gérald Darmanin. Ces débats sur le droit du sol, l'identité française, est-ce que vous y voyez clairement un appel du pied au Rassemblement national ?

0:23
Edwige Diaz

Déjà c'est une victoire claire, une victoire idéologique du Rassemblement national, parce que nous ça fait des années que nous appelons à la suppression du droit du sol. Il n'y a qu'un malheur... Partout en France. Oui, partout en France. Et c'est ça que je voulais vous dire. Il n'y a qu'un malheur, c'est qu'en fait d'un côté vous avez les discours de M. Retailleau et d'un autre côté vous avez les actes de sa famille politique d'origine, les Républicains, ou de ses alliés macronistes qui ne sont pas au rendez-vous. Je vais vous donner un exemple. Jeudi, c'était le jour de la niche parlementaire LR. ont traité de la question du droit du sol à Mayotte.

Nous, au Rassemblement national, nous avons déposé un amendement visant à supprimer le droit du sol sur l'ensemble du territoire national. Et là, j'ai été chercher les chiffres parce que c'est quand même fort de café. Cet amendement n'a pas été voté parce que les Républicains ont décidé de s'abstenir ou de voter contre, alors qu'il manquait simplement 13 petits voix. Quant aux macronistes, ils avaient tous piscine, ils n'étaient pas là pour soutenir leurs amis les Républicains.

1:24
Présentateur

Alors, j'entends. Donc vous dites à Bruno Retailleau, par exemple, qui vient des LR et qui a des ambitions à la tête des Républicains, mettez de l'ordre dans votre famille politique.

1:31
Edwige Diaz

Oui, c'est ça en fait. Mettez en adéquation vos actes et vos paroles. Faites en sorte que vos députés votent ce que vous voudriez voir appliquer parce que sinon, en fait, ils vont continuer de prendre les Français pour des imbéciles. Ça nous rappelle quand même un petit peu Sarkozy. Vous voyez, l'époque Sarkozy qui parlait dur, qui parlait fort et finalement, il ne s'est rien produit après.

1:49
Présentateur

Donc ça veut dire aussi que Bruno Retailleau, finalement, est tout seul ?

1:52
Edwige Diaz

Oui, je pense que Bruno Retailleau est isolé. Mais s'il veut se sentir moins seul, il peut tout à fait prendre sa carte au Rassemblement National ou devenir ministre de Jordan Bardella le jour où nous aurons remporté les élections.

2:05
Présentateur

Vous dites ça en souriant, mais c'est une blague ou vous pensez que ce serait possible ?

2:08
Edwige Diaz

Si M. Retailleau est sincère et s'il veut faire appliquer ce pour quoi il prétend se battre, je pense que sa place n'est en effet pas au sein d'un gouvernement d'Emmanuel Macron.

2:20
Présentateur

Vous dites que sa place est au Rassemblement National ?

2:22
Edwige Diaz

Alors ça démontrera finalement sa sincérité parce qu'il ne pourra rien faire passer tant qu'il reste dans un gouvernement macroniste. S'il est sincère, oui, sa place est au Rassemblement National. On va peut-être lui proposer d'acheter une carte.

2:35
Présentateur

François Bayrou estime qu'il faut élargir le débat à d'autres questions. Qu'est-ce qu'être français notamment ? Est-ce qu'il est possible de définir la nationalité française ?

2:45
Edwige Diaz

Non, mais moi je veux bien qu'on débatte. Mais le problème c'est que les Français ont déjà débattu de cette question. Ils ont fait confiance à hauteur de 11 millions au Rassemblement National pour porter ces sujets. 65% des Français sont pour la suppression du droit du sol. L'immense majorité des Français souhaitent qu'on restreigne l'immigration en France. Donc en fait le débat il a déjà eu lieu. Maintenant il est temps de passer au vote. Et là j'ai l'impression...

3:10
Présentateur

On va se dire un référendum en fait.

3:12
Edwige Diaz

Ou un vote à l'Assemblée Nationale ou sinon oui un référendum comme le propose Marine Le Pen. D'ailleurs notre référendum constitutionnel... Mais un vote aussi à l'Assemblée Nationale vous dites ? En fait tout ce qui permettra de faire avancer les choses. Mais oui je le dis...

3:21
Présentateur

Je ne sais pas si vous pensez qu'il y aurait une majorité à l'Assemblée Nationale.

3:24
Edwige Diaz

En tout cas nous nous serons au rendez-vous. Maintenant M. Bayrou doit voir du côté de ses amis macronistes. Parce que je vous dis souvent à l'Assemblée Nationale ils ont piscine. C'est-à-dire qu'ils sont absents des bancs.

3:34
Présentateur

Quant au référendum vous savez qu'il y a une limite constitutionnelle.

3:36
Edwige Diaz

Écoutez nous nous pensons que le gouvernement, le président de la République peut proposer un référendum aux Français. Nous ce projet de loi référendaire il est prêt, il est disponible sur le site internet du Rassemblement National pour changer la Constitution. Et donc vous savez nous nous sommes partageurs au Rassemblement National. Nous pouvons livrer clé en main cette proposition de référendum à Emmanuel Macron.

3:57
Présentateur

Il en faudrait deux. Un premier pour autoriser le référendum sur la nationalité puis ensuite un deuxième...

4:02
Edwige Diaz

Ça tombe bien Emmanuel Macron a dit qu'il voulait redonner la parole au peuple. Ça tombe bien au Rassemblement National nous y sommes également favorables.

4:08
Présentateur

La liste des 49.3 s'allonge avec François Bayrou pour faire passer les budgets d'État et de la sécurité sociale. Et chaque fois, une motion de censure déposée par la France insoumise est rejetée.

4:18
Invité

J'ai l'honneur d'engager en verti de l'article 49.3 de la Constitution la responsabilité du gouvernement. Nous en sommes au 25e 49.3 des gouvernements de M. Macron. Une seule façon d'exprimer son opposition au gouvernement, c'est le vote d'une motion de censure.

4:38
Locuteur non identifié

La majorité requise n'étant pas atteinte, la motion de censure n'est pas adoptée.

4:42
Invité

Sur le fondement de l'article 49.3 de la Constitution, j'engage la responsabilité du gouvernement. Votre PNFSS est détestable, son contenu est détestable, son budget est détestable et le gouvernement qui le porte est détesté. Dès lors, je demande la censure de ce gouvernement.

5:03
Locuteur non identifié

La majorité requise n'étant pas atteinte, la motion de censure n'est pas adoptée.

5:09
Présentateur

Edwige Diaz, le Rassemblement national n'a voté aucune motion de censure contre le budget. D'autres 49.3 sont à venir. Restez-vous sur cette ligne, ne pas voter de motion de censure ?

5:18
Edwige Diaz

Ça dépendra. Là, je vais peut-être vous expliquer pourquoi nous avons décidé de ne pas voter cette motion de censure. C'est parce qu'il fallait un budget à la France, parce que nous, nous sommes des députés de terrain et nous avons entendu les inquiétudes, notamment d'un certain nombre de chefs d'entreprise, de l'armée aussi. Et donc, oui, malheureusement, ce budget est mauvais.

5:41
Présentateur

– Donc vous êtes piégé, c'est-à-dire que vous êtes piégé, c'est-à-dire que vous dites que vous n'êtes pas d'accord avec tout, mais vous ne voulez pas voter une motion de censure.

5:47
Edwige Diaz

– En effet, je vous confirme que nous ne sommes pas d'accord avec ce budget macroniste.

5:52
Présentateur

– Vous êtes piégé dans la stratégie.

5:54
Edwige Diaz

– En fait, c'est que nous sommes pour l'instant, il ne peut pas y avoir d'élection, c'est ce que je veux vous dire. Donc en fait, on a fait le choix qui était le choix de la moins mauvaise solution. C'est-à-dire, ou on laissait passer un mauvais budget, ou on censurait un mauvais gouvernement. Finalement, il fallait un budget à la France, ça ne veut pas dire que nous ne nous interdisons pas de voter une prochaine motion de censure. – Sur le budget ? – Nous verrons, sur le budget, sur autre chose, ça peut être aussi une motion de censure spontanée. En tout cas…

6:21
Présentateur

– Ah, c'est-à-dire que le Rassemblement national pourrait déposer une motion de censure spontanée à n'importe quel moment ?

6:25
Edwige Diaz

– Oui, c'est notre droit, vous savez, nous…

6:27
Présentateur

– C'est votre droit, mais est-ce que ça veut dire que c'est envisagé ?

6:29
Edwige Diaz

– On verra en fonction, vous savez, il y a encore un petit peu de temps, mais ce que je veux vous dire, pour sortir de cet impasse, parce qu'en fait c'est la France qui est dans une impasse, en raison de l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale, qui est consécutive aux alliances contre nature, c'est-à-dire aux alliances entre macronistes et nouveau front populaire, nous nous disons que le déblocage de la situation ne pourra avoir lieu que s'il y a deux solutions qui sont mises sur la table, la première c'est une dissolution de l'Assemblée nationale, qui je l'espère interviendra le plus tôt possible, c'est-à-dire dès cet été ou dès l'automne, ou alors, comme je le souhaite, moi comme une majorité de Français, c'est la démission d'Emmanuel Macron pour provoquer une élection présidentielle anticipée.

7:09
Présentateur

– Mais une démission ça ne se décrète pas, une démission, si vous ne faites pas pression…

7:13
Edwige Diaz

– Non mais on ne va pas faire pression, mais en tout cas j'espère qu'Emmanuel Macron… – Ah oui, mais ça c'est des vœux. – C'est qu'il est détesté par l'immense majorité des Français, parce que je crois qu'il ne recueille que 17% d'opinions favorables, et qu'une majorité de Français souhaite qu'il démissionne, peut-être qu'en tant que président de la République, il peut aller dans le sens du peuple, pour une fois ça ne lui change pas.

7:30
Présentateur

– Sur l'émotion de censure, il y a quand même deux lignes au Rassemblement national. La semaine dernière, à votre place, il y avait Jean-Philippe Tanguy qui disait qu'à titre personnel, il était pour la censure du gouvernement, et d'autres disent ça. Jordan Bardella a dit non, on ne va pas censurer. D'abord, vous, vous êtes sur quelle ligne ?

7:43
Edwige Diaz

– Non, en fait, il n'y a pas deux lignes, mais pourquoi Jean-Philippe Tanguy a indiqué cela ? C'est parce que Jean-Philippe Tanguy est notre référent budget.

7:49
Présentateur

– Ah oui, et il dit je suis pour la censure, et Jordan Bardella, qui n'est pas des parlementaires, dit je suis contre.

7:53
Edwige Diaz

– C'est-à-dire qu'il sait mieux que quiconque pourquoi ce budget est mauvais pour la France et les Français. Le seul sujet, c'est qu'en fait, vous votez un budget, vous faites tomber le gouvernement, mais en fait, c'est une vision globale qu'il faut avoir. Et Marine Le Pen et Jordan Bardella ont une vision globale, et d'ailleurs, je vous ferai remarquer que Jean-Philippe Tanguy a voté conformément à la position du groupe, c'est-à-dire que nous, nous avons tous voté… – Comme un seul homme. – Comme un seul homme, exactement. – Comme une seule femme. – Ce qui n'est pas le cas, chez les socialistes, par exemple, où là, il y a du rififi au sein du nouveau Front populaire.

Non, nous, au Rassemblement national, je le dis, si nous sommes le parti politique préféré des Français, c'est parce que nous sommes preuves de cohérence et que nous sommes vus par un seul intérêt, c'est le gouvernement supérieur des Français.

8:34
Présentateur

– Mais il y a quand même les pours et les contre-censures, même s'il y a une décision finale qui est prise à l'arrivée. Vous vous situez dans quel camp plutôt ?

8:40
Edwige Diaz

– Non, mais moi, je l'ai dit, moi, je suivrai la ligne de mon parti, et nous, ce que nous voulons, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, c'est faire en sorte que le quotidien des Français, jusqu'à temps qu'il y ait une réélection, soit le moins horrible possible.

8:51
Présentateur

– Alors, je vais vous prendre des exemples. – Oui. – Parce que dans le budget qui a été voté, vous savez, il y a eu l'abaissement à 25 000 euros du plafond d'assujettissement des entrepreneurs à la TVA. On l'a découvert.

9:00
Edwige Diaz

Bon, finalement, ça va être suspendu.

9:03
Présentateur

Le ministre de l'Économie a dit qu'il va remettre les 15 millions, et le Premier ministre, qui avait été supprimé pour la recherche contre les cancers pédiatriques. Là aussi, tout le monde a l'air de découvrir. – Surtout eux. – Pas vous. Vous l'avez voté en connaissance de cause.

9:16
Edwige Diaz

– Non, mais non, on a voté contre le budget, monsieur. Donc, en fait, on n'était pas d'accord avec ces mesures-là. On n'a juste pas voté pour la censure. Ce sont deux choses différentes. Le budget est mauvais, on vote contre. Qu'est-ce qui est le moins mauvais ? Est-ce que c'est censurer le gouvernement ou laisser passer un mauvais budget ? – Sauf qu'il n'y a pas eu de vote sur le budget C493. – Nous avons décidé.

9:31
Présentateur

– C'est la censure ou rien ?

9:32
Edwige Diaz

– Non, mais je vous parle de la commission mixte paritaire.

9:34
Présentateur

Là, il y a eu un vote. – D'accord, d'accord. Excusez-moi. Alors, prenons un autre exemple. Dans le budget de la Sécurité sociale qui va venir, il va y avoir la mise en place de la CSG pour les apprentis. C'est-à-dire qu'ils vont payer de l'argent alors qu'ils gagnent 1000 euros par mois. Est-ce que vous laissez passer ça ?

9:46
Edwige Diaz

– Non, mais ce sont évidemment des mauvais budgets. Ce sont des budgets Barnier, Born, Bayrou.

9:52
Présentateur

– Sauf que vous ne censurez pas, ça passe.

9:54
Edwige Diaz

– On censurerait pour faire quoi ?

9:56
Présentateur

– Pour empêcher ça.

9:57
Edwige Diaz

– Oui, mais du coup, pour empêcher ça. Mais à un moment donné, vous savez, il y a d'autres questions qui arrivent sur la table, notamment les impôts des Français. S'il n'y a pas de budget, les Français verront leur montant d'imposition augmenter. Donc ce n'est pas ce que nous avons choisi.

10:15
Présentateur

– Oui, mais là, c'est les apprentis qui vont payer plus, ils gagnent 1000 euros par mois, ils vont payer de la CSG, ça n'existe pas.

10:18
Edwige Diaz

– Je sais, Monsieur, c'est pour ça que nous, nous voulons remplacer ce gouvernement. Nous disons que leur politique est très mauvaise. – Mais il faut censurer dans ce cas. – Oui, mais censurer pour faire quoi. – Voyez bien, voyez bien, dans ce moment dans lequel vous êtes. – Oui, mais Monsieur, je ne fais pas la Constitution, je dis juste que la Constitution nous permet de provoquer d'autres élections dès cet été. Pour l'instant, il n'y a pas de réélection possible, sauf si Emmanuel Macron décide de démissionner. C'est la raison pour laquelle nous choisirons la solution du moindre mal.

Mais ce que je veux vous dire sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale et sur les taxes sur les apprentis, vous savez, il y a quelque chose qui peut avoir lieu. C'est un projet de loi de finances de la sécurité sociale rectificative. C'est-à-dire que, et permettez-moi de développer, que si cet été, il y a d'autres élections législatives, que Jordan Bardella arrive à Matignon, que nous avons la majorité absolue à l'Assemblée nationale, nous pourrons proposer un projet de loi de financement de la sécurité sociale et projet de loi de finances de l'État rectificatif.

Et là, nous pourrons annuler ces taxes supplémentaires que nous contestons radicalement, je le dis, au Rassemblement national. Nous sommes du côté des entreprises et je me permets juste de vous dire, parce que je n'ai pas eu le temps de le développer, que nous, notre programme de soutien au monde économique, il est très clair, il est disponible sur le site internet du Rassemblement national et nous, nous sommes pour la liberté d'entreprendre et pour le soutien aux entrepreneurs.

11:33
Présentateur

On va accueillir Nathalie Moré, journaliste politique à Ebra Presse, pour sa carte blanche. Bonjour Nathalie. Bonjour François.

11:38
Invité

La question est de savoir si le Rassemblement national a mis de l'eau dans son vin. Le Rassemblement national se présente comme le premier opposant à Emmanuel Macron, mais en ne votant pas la censure cette semaine, est-ce que vous êtes toujours les adversaires numéro un de François Bayrou ?

11:54
Edwige Diaz

Mais oui absolument, parce que déjà nous, contrairement au Nouveau Front Populaire, nous n'avons pas été élus grâce aux voix des uns ou des autres. Ce n'était pas ma question. La France Insoumise peut clairement dire qu'on est les premiers opposants. Non, je ne crois pas, parce que la France Insoumise a appelé à faire réélire et a fait réélire Mme Borne, par exemple, Mme 49-3. Donc je le dis, nous, nous devons nos sièges aux 11 millions d'électeurs et pas aux désistements.

12:20
Invité

Et vos 11 millions d'électeurs, ils ne veulent pas que vous censuriez François Bayrou ?

12:23
Edwige Diaz

Deuxième point, écoutez, en tout cas, il y a deux tiers de nos électeurs, même un petit peu plus, qui ont approuvé notre décision de ne pas censurer dans l'immédiat.

12:30
Invité

Madame Diaz, je ne sais pas s'il vous plaît, pardon. Oui, mais moi aussi, je peux vous répondre, parce que du coup, j'ai pas eu l'enveloppement. Non, mais clairement, vous n'avez pas censuré François Bayrou cette semaine, mais vous aviez auparavant censuré Michel Barnier. Donc clairement, vous êtes plus pro-Bayrou que pro-Barnier. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?

12:48
Edwige Diaz

Ce sont des macronistes. C'est le calendrier qui a motivé notre décision, parce qu'il ne peut pas y avoir d'élections maintenant. C'est parce qu'il fallait un budget à la France. Et pourquoi maintenant nous étions pressés ? C'est parce que je vous rappelle que François Bayrou a décidé, au lieu de mettre les parlementaires au travail sur fin décembre et début janvier, il a décidé d'envoyer pendant un mois tout le monde en vacances. Donc nous avons perdu du temps. Ce que je veux vous dire, c'est que sur ce budget, nous nous sommes opposés en commission mixte paritaire. Et nous avons même déposé un recours devant le Conseil constitutionnel.

Donc pardon de vous le dire, s'il y a bien un opposant résolu à la politique menée par Emmanuel Macron, c'est le Rassemblement national.

13:24
Invité

Alors vous avez expliqué pourquoi vous n'aviez pas voté la censure, mais il y a une autre motion de censure qui va arriver au mois de février. C'est une motion de censure spontanée. Elle sera déposée par le Parti socialiste pour rappeler les valeurs de la République et pour critiquer les mots de submersion migratoire prononcés par le Premier ministre François Bayrou. Ma question est simple. Est-ce que vous allez la voter ?

13:44
Edwige Diaz

On verra, parce qu'au Rassemblement national, on ne s'interdit rien. Ce que je veux vous dire, pour ne pas qu'il y ait de mésentente, c'est qu'on ne vote pas sur le texte, c'est-à-dire sur l'exposé des motifs d'une motion de censure. On vote uniquement pour sa portée, pour son objet. Et donc l'objet, en l'occurrence, ça sera de faire tomber le gouvernement. On verra bien, mais en tout cas, nous, on ne va pas tomber dans le piège.

14:04
Présentateur

Quel que soit le texte.

14:04
Edwige Diaz

Mais oui, en fait, c'est ça. On ne vote pas sur un exposé des motifs. C'est ça, la loi, c'est ça.

14:10
Invité

La loi, c'est que quand on vote une motion de censure, c'est sur un texte particulier, et là, c'est pour critiquer la politique.

14:16
Edwige Diaz

Pardon, madame, allez voir le règlement de l'Assemblée nationale. Vous verrez que l'exposé des motifs est facultatif, et qu'on ne vote pas sur un exposé des motifs. On vote sur un texte. Par contre, ce que je veux vous dire, parce que ça, à la limite, c'est du réglementaire, c'est du... Oui, mais ce qu'on me fait peur, c'est... Pourquoi vous maintenez le suspens, c'est ça ?

Ce que je veux vous dire, c'est que nous, on ne tombera pas dans le piège du Parti socialiste qui essaye de se racheter une virginité, parce que tout le monde sait qu'ils se sont mis dans la main de la France insoumise pour essayer de conserver leur siège, et qu'aujourd'hui, ils se mettent dans la main des macronistes pour empêcher une dissolution, parce qu'ils savent très bien... Mais vous pourriez quand même voter leur motion de censure ? De l'Assemblée nationale, eh bien, ils ne sont pas certains de retrouver leur siège. Madame Blase, au milieu de l'entretien... Ah non, en fait, nous, on ne va pas tremper dans ces magouilles de politique politique.

Mais vous pourriez voter leur motion de censure, cependant ? Très sincèrement, dégoûte les Français. Au début... Oui, parce que nous sommes un parti politique libre. Parce que, comme je l'ai dit, nous ne dépendons pas, ni de nos Fronts populaires, ni des macronistes.

15:07
Invité

Au début de l'entretien, vous avez dit que vous vouliez mettre les mots en adéquation avec vos actes. Oui. Justement, voter cette motion de censure, ce serait une façon de faire chuter le gouvernement après les budgets, les motions de censure pour les budgets, et donc de le faire chuter. Ce serait ça. La voter, c'est mettre les mots en adéquation avec les actes.

15:24
Edwige Diaz

Oui, mais en fait, si vous voulez changer un M. Barnier par un M. Bayrou, par une Mme Borne, ou par une Mme Borne-Biss, ça ne changera pas la politique du gouvernement. En fait, le problème, c'est Emmanuel Macron. Donc vous ne voterez pas, c'est ce qu'on entend ? On verra, parce qu'on est libre. Mais en tout cas, je veux le dire, nous, notre seule boussole, ça sera l'intérêt des Français.

15:43
Présentateur

Merci Nathalie. Une toute dernière question. Ça concerne l'Assemblée nationale et puis le Conseil constitutionnel aussi. Demain seront connus les noms des nouveaux membres du Conseil constitutionnel. Emmanuel Macron devrait proposer le nom de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, pour présider le Conseil constitutionnel. Vous aurez votre mot à dire. En tant que député, il y a même un vote de commission permanent de l'Assemblée. Donnerez-vous votre feu vert ?

16:04
Edwige Diaz

Non, mais c'est incroyable. Je pense qu'on en discutera entre nous, mais je pense que nous ne validerons pas ce choix qui est quand même la démonstration inouïe que la Macronie, c'est le monde du recasage et du recyclage des battus. Parce que Richard Ferrand, qui était président de l'Assemblée nationale, a été battu dans sa circonscription du Finistère en 2022. Et aussi, ça pose la question de l'indépendance du Conseil constitutionnel. Parce que si c'est un proche, très proche d'Emmanuel Macron, qui est nommé président du Conseil constitutionnel, je pense que les Français pourront légitimement s'interroger sur l'indépendance de cette instance.

Edwige Diaz : "Bruno Retailleau est isolé !" (France 3) — Edwige Diaz · Pourquijevote