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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 4 mars 2023 4 minAutoproduitActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Agriculture : la poursuite de la stratégie européenne Farm To Fork serait criminelle

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « On fait comme si au fond la cause de tous les problèmes pour le climat, pour la planète, c'était l'agriculture européenne »
  • 0:41Invité politiqueChiffre
    « si cette stratégie est mise en œuvre, on va faire baisser de 15 à 20 % la production agricole en Europe »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « on va faire baisser le revenu des agriculteurs, on va augmenter les prix pour les consommateurs »
  • 1:18Invité politiqueFait
    « nous maintenons un projet aussi fou. C'était déjà coupable, je crois que maintenant c'est criminel »
  • 3:14Invité politiqueChiffre
    « La pêche c'est 70% de produits importés »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « derrière certaines de ces associations, il y a en réalité des acteurs étrangers qui ont intérêt à fragiliser la pêche dans nos pays »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

On fait comme si au fond la cause de tous les problèmes pour le climat, pour la planète, c'était l'agriculture européenne – ce qui est absolument fascinant du point de vue de la myopie des Européens sur la réalité du défi, qui est un défi global. Est-ce que c'est encore un projet agricole d'ailleurs ? C'est un projet de décroissance agricole puisque le but est de faire baisser la production en Europe. Produire est devenu un mot interdit, c'est devenu un gros mot. Et donc on veut faire .sbaisser la production pour faire baisser les émission.

Farm To Fork, il faut quand même dire que c'est très concret, les impacts ont été démontrés par plusieurs études : l'une du département de l'agriculture américain qui lui-même s'inquiète de la folie des Européens, une autre étude a été faite par les experts de la Commission européenne elle-même et toutes ces études montrent que si cette stratégie est mise en œuvre, on va faire baisser de 15 à 20 % la production agricole en Europe, on va faire baisser le revenu des agriculteurs, on va augmenter les prix pour les consommateurs, on va augmenter nos importations, devenir de plus en plus dépendants et diminuer nos exportations, ce qui contribuera d'ailleurs à l'insécurité alimentaire, y compris aux portes de l'Europe.

Dans tous ces pays qui n'ont pas la chance d'avoir nos terroirs, qui n'ont pas la chance d'avoir notre climat et qui ne peuvent pas produire comme nous ce qui nous est nécessaire pour vivre. Et moi ce qui me fascine c'est que, alors même que nous sommes avec la guerre en Ukraine devant l'évidence de l'expérience de l'insécurité alimentaire qui vient, nous maintenons un projet aussi fou. C'était déjà coupable, je crois que maintenant c'est criminel – et je pèse mes mots quand je dis criminel; mais parce que derrière c'est la faim à laquelle nous allons condamner des gens en dehors de l'Europe mais aussi en Europe, à cause des prix.

C'est la fin aussi d'un modèle agricole, celui auquel nous tenons, je parle devant des agriculteurs, des arboriculteurs que je connais devant des gens qui incarnent ces savoir-faire d'une agriculture européenne qui justement est la plus respectueuse au monde du point de vue environnemental, et que nous allons fragiliser. Monsieur le Député, quand on quand on conduit une politique, il y a toujours un mobile, il y a un intérêt. Ça doit servir des intérêts : ça sert les intérêts de qui là?

Vous avez tous entendu parler j'imagine du QatarGate malheureusement qui fait l'actualité mais dites-vous que le QatarGate en réalité est quand même un truc de pied nickelé – des gens qui s'enfuient vers un aéroport avec des valises de billets qui leur tombent des mains, honnêtement ce sont des gens assez peu professionnels en matière de corruption... Les gens qui cherchent à peser sur nos institutions le font d'une manière beaucoup plus intelligente et malheureusement beaucoup plus efficace.

Et derrière l'agenda environnemental qui nous est souvent vendu comme un agenda désintéressé, universaliste, gratuit, il y a en réalité de manière consciente – et j'imagine bien souvent de manière inconsciente – il y a en fait, des intérêts extrêmement puissants qui agissent. Et je pense notamment à tout ce travail qui est fait pour fragiliser l'image même de l'agriculture en Europe, pour fragiliser nos filières. Tout cela, évidemment, sert aussi des intérêts dans des pays tiers, sert les intérêts de tous ceux qui veulent voir l'Europe devenir progressivement dépendante commercialement mais aussi fragilisée politiquement. Et tout cela malheureusement n'est pas dénué d'arrières-pensées.

Moi je suis un collègue d'Anne Sander, ma collègue dans la délégation française du PPE, qui travaille en commission de l'agriculture – et moi je suis en commission de la pêche. Eh bien je peux vous dire que dans la pêche on voit un lobbying extrêmement actif de la part d'associations environnementales, qui sont très mobilisées, très financées, très organisées, très professionnelles. Il est tout à fait clair que derrière certaines de ces associations, il y a en réalité des acteurs étrangers qui ont intérêt à fragiliser la pêche dans nos pays pour pouvoir nous rendre encore plus dépendants de nos importations que nous ne le sommes aujourd'hui.

La pêche c'est 70% de produits importés – je crois qu'on partage ça en commun avec la filière des fruits – 70%. Quand on regarde ça, on devrait se dire qu'il y a un intérêt national, il y a un intérêt européen et un enjeu de souveraineté et de sécurité alimentaire qui doit nous imposer de sortir de cette espèce d'idéologie, d'une trransition qui se fait contre les intérêts de notre agriculture mais aussi contre les intérpets de nos citoyen et à la fin contre la survie du climat et de la planète, puisque redisons-le, tout ce que nous ferons pour fragiliser l'agriculture européenne, nous le ferons aussi contre le climat et contre l'environnement.