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DébatPublic Sénat (sur YouTube)· 10 mars 2026 44 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

Municipales : LFI, la stratégie des gauches irréconciliables

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les atouts et handicaps principaux de la stratégie de la France insoumise pour ces municipales ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Une victoire à Roubaix serait-elle un trophée pour LFI ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Les meetings insoumis sonnent-ils pleins ou creux ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    LFI peut-elle exister sans Jean-Luc Mélenchon ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Mélenchon est-il devenu un boulet pour la gauche ?

  • 18:00RelanceRéponse partielle

    LFI est-elle en train de devenir un mouvement antisémite ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 15:00Christelle CrappeletChiffre
    « Seuls 12 % des Français ont une bonne opinion de Jean-Luc Mélenchon. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

J'ouvre le second débat de ce sens public. On est à cinq jours du premier tour des élections municipales et on continue de creuser les enjeux du scrutin. Grande famille politique par grande famille, c'est un zoom sur la France insoumise que je vous propose ce soir, sa stratégie, les questions autour de l'impopularité croissante de Jean-Luc Mélenchon, à quel point ça peut freiner des candidats, des alliances sont-elles possibles avec les anciens alliés du nouveau Front populaire avant de répondre à ces questions avec nos invités ?

Direction Roubaix où le député insoumis David Guirou a de vraies chance de l'emporter. Reportage dans le Nord, Jérôme Rabier. Alexandre Garcin est maire de Roubaix depuis trois mois et souhaite prolonger son bail faisant mentir les pronostics qui voient les fils emporter.

Propulsé à la tête de la ville après la condamnation de son prédécesseur pour fraude fiscale, il défend le bilan de 12 années de droite à Roubaix. Avec Guillaume Delbarre on a fait beaucoup de choses, on n'a peut-être pas suffisamment parlé mais on a fait beaucoup de choses. Mais c'est aussi de vous parler de la vision parce qu'il y a 12 ans je n'avais pas forcément cette vision de la ville de Roubaix, aujourd'hui j'ai une vision, je sais où on va.

Devant les chefs d'entreprise du secteur, il alerte sur le risque d'une bascule de la ville vers LFI et ses conséquences. Le projet de David Guiraud, c'est d'arrêter la rénovation urbaine à l'Allemagne et à l'Épeule. Mais on sait aussi que dans une métropole de droite, un département de droite, dans une région de droite, il y a des robinets qui vont s'arrêter et que Roubaix ne bénéficiera pas d'une partie de ses financements.

Une possible victoire LFI qui ferait grand bruit et qui serait une première dans une ville de 100 000 l'habitant. Député d'une partie de Roubaix depuis 2022, David Guiraud est parti tôt en campagne il y a un an et demi et avec ses équipes, il poursuit le quadrillage de la ville à quelques jours du scrutin. Et si vous avez des gens à la porte qui veulent me voir, si vous m'avez en visu, vous m'appelez. » S'il espère une mobilisation dans les quartiers populaires, ce jour-là c'est dans un secteur résidentiel qu'il fait du porte-à-porte.

Le médiatique député, et y est désormais reconnu. Merci encore, bonjour, ça va ? Voilà, c'est David Guirault, elle a dit le nouveau maire.

Le nouveau maire ? On touche du bois, mais il faut le dire à maman Le risque pour le candidat, donné favori du premier tour, c'est la constitution d'un front anti LFI auquel il refuse de croire L'opposant au maire et le maire vont fusionner ensemble mais ça je veux dire sur le papier c'est peut-être intéressant pour l'IFOP mais dans la réalité les gens qui votent pour un opposant au maire vont pas tolérer de soutenir le maire sortant L'opposant au maire cité par David Guirault c'est Karim Amrouni battu en 2020 par la droite le candidat réuni derrière lui l'ensemble des partis de gauche hors LFI et dénonce la violence de la campagne. Une campagne municipale sert à une confrontation d'idées.

Et ce qui me contredit m'enrichit. Là, on n'est pas là-dedans. Le type, il me demande où t'habites.

C'est un truc de dingue. Fort du récent soutien du Parti Socialiste qui a retiré sa liste, il espère l portée et pour l'instant sans alliance avec les miens nous avons été très clairs il ya un an on a dit guiraud pas possible d'elbarre plus possible aujourd'hui c'est garcin monsieur garcin qui a repris la relève de monsieur d'elbarre on reste sur notre ligne de conduite, point. Le Rassemblement national pourrait aussi jouer les troubles faites dans une ville où le parti à la flamme atteint régulièrement les 20%.

C'est les 15 et 22 mars tout à fait oui ah bah j'espère que s'il n'y a qu'un tour ça veut dire que c'est david guillaume qui a pris la ville dans les quartiers les plus hupes et de la ville la candidata est renne insiste sur la la sécurité, même si pour elle, l'ennemi est d'abord LFI. Pour battre David Guiraud et faire un front républicain contre David Guiraud, j'espère que le maire aura assez de courage cette fois-ci pour faire un réel front avec le Rassemblement national contre David Guéraud. Un front anti-LFI qui devrait réunir très large et qui est pour l'instant improbable.

Les électeurs roubaisiens trancheront dans les urnes, en tout cas ceux qui se déplaceront. dans une ville qui est une des plus abstentionnistes de France, avec seulement 23 % de votants en 2020. On voit s'afficher tout de suite la liste des candidats à Roubaix, ceux que vous avez entendus dans notre reportage et également Nassim Zeglash-Sali et Françoise Delbar pour Lutte ouvrière.

Tiens d'ailleurs ces candidats vous les retrouverez demain sur notre antenne pour le grand débat du premier tour ce sera entre 18h30 et 19h30 et puis alors vous voyez aussi des débats qui s'affichent pour la semaine prochaine je vous les redonnerai il y aura une grande journée spéciale le 18 mars avec trois débats sur l'antenne de Public Sénat. Je vous les redonnerai en fin d'émission. On se concentre sur la stratégie de la France insoumise, la stratégie des gauches irréconciliables.

J'accueille Christelle Crappelet. Bonsoir. Bienvenue.

Vous directrice opinion chez ipsos bva bruno cotteresse bonsoir et bienvenue vous êtes chercheur cnrs au sévipof enseignant à sciences po et vous publiez avec virginie martin jeu de pouvoir quand les politologues regardent des séries c'est aux éditions du CERF, Pablo Piovivien bonsoir Pablo, bienvenue à vous vous êtes rédacteur en chef de la revue Regards et évidemment Michael Darmon est resté à mes côtés éditorialiste pour sens public peut-être un tableau, on dresse un tableau peut-être un peu général, Christelle Krapelet, des atouts et des handicaps principaux parce qu'on va les détailler après tout au long du débat de la France insémise dans l'opinion. Qu'est-ce qu'on peut en dire ? Alors, en termes d'atouts sur cette stratégie, on a notamment dans les grandes villes, puisque ce sont les communes que cible la France insouvise, une volonté de changement, d'alternance qui est quand même un peu plus prononcée qu'en moyenne.

Et puis des populations, les jeunes, les quartiers populaires, qui sont peut-être un peu plus faciles à mobiliser. En tout cas, c'est le pari de mobiliser cet électorat traditionnellement plus abstentionniste, mais plus favorable à LFI. Donc ça, ça peut être des atouts et ça peut venir modifier un peu les Et les choses dans les villes où ils sont candidats, avec, comme on l'a vu dans le reportage, des figures aussi un peu identifiées, des députés qui sont actuellement députés.

Côté handicap. Voilà, mais il y a aussi quand même un certain nombre de handicaps et notamment l L'image de la France insoumise, qui est quand même extrêmement dégradée dans l'opinion. C'est plus de 8 Français sur 10 qui aujourd'hui ont une mauvaise opinion de la France insoumise, de Jean-Luc Mélenchon, de manière extrêmement prononcée, bien plus que sur d'autres parties.

Et puis cette mauvaise opinion, bien sûr, elle émane des personnes qui sont proches de la droite ou de l'extrême droite, mais pas qu'eux. Il y a aussi beaucoup de sympathisants PS, voire même des sympathisants communistes ou élevés qui s'interrogent et n'ont pas non plus une bonne image de LFI. Et ça, ça peut venir constituer un handicap pour LFI.

Avec une question sur Roubaix, Bruno Cotteresse vide de 100 000 habitants. On imagine. Le premier tour n'est pas encore passé, donc on va rester très prudent.

Une victoire à Roubaix, ce serait quoi ? La pierre angulaire du récit insoumis le 22 mars ? Oui, sans aucun doute, d'autant que le candidat d'Avec Guiraud, c'est quand même une des figures emblématiques de la France Insoumise, extrêmement affûtée sur les plateaux de télévision.

Donc effectivement, une personnalité plutôt très jeune. Donc ça serait incontestablement un trophée très important pour la France Insoumise. Il faut toujours rappeler que la France Insoumise, un peu à l'image du Rassemblement National, c'est différent parce que le RN a marqué des points dans les conseils des collectivités locales, régions départements communes depuis plus longtemps.

Mais ces deux formations politiques, elles ont un énorme enjeu avec les élections locales. C'est de montrer qu'elles savent exister en dehors de leur leader et en dehors de l élection présidentielle, où souvent ces deux formations politiques ont très bien fonctionné au cours des deux, trois dernières élections présidentielles. On y reviendra sur cet ancrage local.

On y reviendra, c'est effectivement un enjeu important. Pablo Piovilien, à Roubaix ou ailleurs d'ailleurs, est-ce que les candidats insoumis arrivent à mobiliser ? Ça se passe comment ?

Les meetings, ils sonnent creux ou ils sonnent pleins ? Vous voyez ce que je veux dire ? – Alors, ils ont fait un choix, une stratégie de la France insoumise de se concentrer dans quelques villes.

Ils ont déposé 276 listes sur les 36 000 communes. C'est beaucoup moins, par exemple, que les socialistes ou les LR qui, eux, sont au-dessus du millier. Et ils ont fait le choix de prendre les villes universitaires et les villes de banlieue.

En gros, les villes des agglomérations de villes. Et dans ces villes-là, c'est évidemment les endroits où Jean-Luc Mélenchon fait les meilleurs scores. Donc lorsqu'ils font des meetings, évidemment, en plus ils font ça, c'est un grand renfort de députés très connus, etc., qui viennent.

Donc évidemment, ils font un carton plein. Lorsqu'ils distribuent des tracts, ils réussissent très bien. Il y a un effet loupe, il faut se méfier parce qu'il peut y avoir moins de participants à des meetings d'autres candidats.

Exactement, je donnais un exemple qui m'a semblé assez frappant, c'était au Havre, où le candidat de la gauche unie est communiste. Et il y a derrière lui Europe Écologie Les Verts et le Parti Socialiste, Jean-Paul Lecoq. Il a fait un meeting il y a quelques jours.

Bon, le meeting, il était plein, c'était pas mal, etc. Mais si on compare avec le meeting insoumis de la candidate insoumise, où il y avait Manuel Bompard, qui, cette candidate, n'est crédité que de 5 % dans les sondages. Alors que Jean-Paul Lecoq, il est au-dessus de 30%.

Eh bien elle, alors son meeting, c'était plein à craquer, les gens étaient venus des environs, etc. Donc il y a un effet, il faut faire un peu attention quand on voit les meetings, notamment insoumis, notamment dans le moment que l'on vit actuellement, où vous avez tous les insoumis qui font bloc parce qu'ils sont très fortement attaqués, notamment politiquement et médiatiquement. Et donc il y a un effet où si vous remplissez une salle de 2000 personnes dans une petite ville ou une ville moyenne, on se dit « Ouh là là, c'est incroyable la force qu'ils ont ».

Et derrière, ça ne se traduit pas nécessairement en intention de vote. Alors on titre sur les gauches irréconciliables. C'est amusant puisqu'à l'instant, une dépêche de l'agence Pense-Presse qui cite Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, qui fait la distinction entre les dérives de Jean-Luc Mélenchon et les électeurs insoumis qui ne sont pas irréconciliables avec le reste de la gauche.

On est vraiment au cœur de notre débat. Je vous propose tout de suite un premier gros plan sur les villes qui sont ciblées par les insoumis avec Alexandre Poussard qui nous rejoint de nouveau sur ce plateau. Rebonsoir Alexandre, on va voir avec vous que les objectifs de LFI sont Ils sont importants et peut-être qu'ils n'ont pas de grand chose à perdre finalement.

Eh bien non, car souvenez-vous, en 2020, au dernier municipal, le parti de Jean-Luc Mélenchon n'avait pas présenté de liste étiquetée la France insoumise. Il s'était contenté de se rallier des listes d initiatives citoyennes. Résultat aujourd'hui, LFI compte seulement 2 000 conseillers municipaux dans toute la France et dirige trois communes.

La plus importante d'entre elles est Fachtuménil, dans le département du Nord, mais on peut également citer les communes de de Grabels dans les Rots et de Châteldon dans le Puy-de-Dôme. LFI a donc tout à gagner dans ces élections municipales, d'autant que la stratégie du parti cette année est totalement différente, beaucoup plus offensive. Des listes autonomes étiquetaient la France insoumise sont présentées dans plus de 500 communes françaises.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon présente une liste dans 75 % des villes de plus de 30 000 habitants et dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants. L'objectif, c'est d'obtenir le maximum de conseillers municipaux insoumis et de renforcer l'ancrage local du parti. Alors on va rentrer dans le détail, les villes qui sont vraiment ciblées, visées par les insoumis.

Alors parmi ces villes qui concentrent les espoirs des insoumis, allons dans le nord d D'abord, il y a Roubaix, on en a parlé. Il y a aussi Villeneuve-Dasques, où est candidat le député insoumis Hugo Bernalicis et il espère créer la surprise. On peut citer également deux villes de la banlieue lyonnaise.

Il s'agit de Vénitieux et Et de Vaud-envelin, qui est dirigé par la socialiste Hélène Geoffroy. Elle brigue un troisième mandat. Elle défend un front anti-LFI face aux députés insoumis Abdelkader Lamar.

Et le match s'annonce très serré. Et puis il y a une ville qui est auto-observée de près par les Insoumis, c'est Limoges où ils partent en campagne avec les écologistes et s'ils arrivent devant la liste socialiste au premier tour, ils pourraient mener une union de la gauche et reprendre la ville à la droite. Et puis pour être complet, il faut aussi regarder de près une région et cette région c'est l'Ile-de-France.

Oui avec beaucoup de communes, de villes visées par les Insoumis en Ile-de-France, notamment dans l'ancienne ceinture rouge de Paris où le Parti communiste français a été très implanté dans le passé, notamment en Seine-Saint-Denis. Les Insoumis espèrent conquérir la ville de la Courneuve mais aussi Saint-Denis où ils font une liste commune avec les communistes face au maire sortant socialiste Mathieu Anotin, la ville de Bagnolet est également dans le viseur insoumis. Et puis LFI veut faire basculer certaines villes franciliennes, aujourd'hui à droite comme Villepinte, Aubervilliers ou encore Évry-Courcouronne dans le département de l'Essonne. – Merci beaucoup Alexandre.

Bruno Cotteres, vous avez commencé à l'évoquer tout à l'heure. Alors évidemment en partant de zéro, ça va être facile d'afficher un progrès ou une victoire. C'est quoi ?

C'est la première brique d'un ancrage local qui peut être posée dans 10 jours. Très importante, au fond d'avoir des conseils municipaux, ça permet à la fois d'envoyer un message que le mouvement politique s'installe dans la durée et dans l'espace à la fois. Donc déjà, ça c'est très important ce sont des ressources capitales au moment de l'élection présidentielle avoir des personnes qui sont connues sur le terrain qu'ils sont identifiés qui sont des leviers d'action qui ont des réseaux qui peuvent connaître au fond la presse locale qui peuvent bien évidemment aider à faire campagne, donc c'est une ressource extrêmement précieuse à la fois d'avoir un appareil politique qui est capable d'avoir un vivier de candidats au niveau local, d'avoir des Les candidats qui sont dans les assemblées, qui gagnent du capital politique, de l'expérience politique, c'est une ressource très importante dans la perspective de grandes échéances électorales.

Et là, d'autant plus que la France insoumise est dans un match très, on va dire, très fort avec le Parti socialiste en particulier. Donc il s'agit pour les insoumis de montrer qu'ils existent aussi par eux-mêmes, qu'ils sont capables sous leurs propres couleurs d'avoir de bons résultat. Alors j'ai vu passer tout à l'heure une question, on va peut-être l'afficher de nouveau, Marie qui nous écrit de Lyon sur la question urbain, ruraux.

Je veux bien vous entendre là-dessus Christelle Krabiel parce que vous avez commencé à l'évoquer tout à l'heure elle est fière du succès dans les quartiers populaires. Le groupe va-t-il réussir à gagner des élections dans les communes rurales ? Ce n'est pas exactement leur objectif, c'est ça ?

Non, ce n'est pas leur stratégie. On voit même dans les listes qu'ils ont déposées. Les chiffres le montraient tout à l'heure.

Ils ont surtout déposé des listes dans les grandes de villes ou à minima dans les villes de 30 000 habitants et plus. Et effectivement, ils sont moins implantés et ont moins d'objectifs dans les communes rurales. Est-ce qu'il y a des stratégies variables, Pablo Pioviens?

C'est en fonction des villes ou alors parfois ça Ça va être les alliances. Il n'y a pas de stratégie nationale face à ces élections municipales ? Quand on regarde les différentes campagnes qui sont menées, notamment par les têtes de lice, on a un peu l'impression que la France insoumise fait des tests.

C'est-à-dire qu'on voit que, par exemple, à Paris et à Marseille, que ce soit Sophia Chikirou ou Sébastien Delogu, ils tapent à bras raccourcis sur le candidat, en l'occurrence, les candidats socialistes Benoît Payan et Emmanuel Grégoire mais de façon très agressive ils sont rentrés en campagne tambour battant en tapant dessus quand vous regardez par exemple François Piquemal à à Toulouse. Là, on est sur une campagne qui est ferme mais qui reste ouverte, polie et on se dit au deuxième tour, le camarade Pitmal pourrait faire une alliance avec le le Parti socialiste, s'il était derrière ou vice-versa. Enfin, je veux dire, c'est pas du tout.

C'est ferme mais conciliant. Et puis, vous en avez à d'autres endroits. Par exemple, vous avez parlé de Roubaix, où là, c'est encore une autre, David Guiraud, il est encore dans une autre dynamique.

Lui, il est surtout pas de polémique, on fait, on arrête avec tout, pourquoi pas, vous savez, un peu plus les, les, les, la police municipale, écoutez, je vais pas être d'accord avec le National sur ce que raconte Mathilde Panot, etc., je veux dire, il a carrément pris orthogonalement certaines mesures phares du National. Donc j'ai l'impression que si...

Mais ça veut dire que, pardon de vous interrompe, mais il y a eu une vraie liberté stratégique laissée aux différents candidats. Moi je pense que c'est une liberté stratégique parce qu'après, le camarade Mélenchon va regarder, il va dire attendez...

Qu'est-ce qui marche ? Qu'est-ce qui marche ? Et qu'est-ce qui ne marche pas ?

Qu'est-ce qui a marché ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Il va comparer avec ses scores en 2022.

Et il va dire, la stratégie du clash permanent de Sofia Shikiru, si elle fait moins de 10%, par exemple, peut-être que ça ne va pas le faire. Peut-être qu'il ne faut pas que je fasse ça pour 2027. Je sais que ce n'est pas exactement transposable, mais je pense qu'il y aura quand même un bilan à tirer de ces différentes stratégies. – Parce que c'est peut-être pas le parti, ou le mouvement d'ailleurs, le plus connu pour la liberté laissée à à ses différentes têtes d'affiches, Bruno Cotteressé. – Ce n'est pas en tout cas la réputation qu'il a.

Ce qui est certain, c'est qu'on retrouve dans les élections municipales et à travers le cadre de la France insoumise et des accords éventuels avec les autres partenaires de la des grands classiques de l'Union de la Gauche au niveau municipal. Il y a toujours eu une tension entre les appareils nationaux qui donnent des grands principes ou affichent des positions comme le Parti socialiste, qui dit pas d'alliance... pas d'accord national avec les insoumis, mais qui en même temps laissent les appareils locaux décidés au cas par cas.

Il y a toujours eu dans les années 70-80 entre communistes et socialistes, ça donnait très souvent aussi des jeux de cette nature. On laissait les fédérations départementales ou les accueurs locaux interpréter la règle nationale. Et pour ne pas se priver d'une éventuelle victoire dans une ville.

Et là en l'occurrence, en en fait l'impulsion elle part de l'état-major puisque c'est Monelle Bompard qui propose des accords techniques dans les endroits où c'est possible. Ça veut dire qu'il y a aussi une tentative de briser ce que l'on voit dans les sondages depuis quelques mois, c'est-à-dire cette volonté, on verra si elle s'avère, d'un front républicain anti-LFI qui émergerait du scrutin. Quelque part il anticipe cette éventualité. – Oui, avec, vous parliez de Sophia Shikiru à Paris.

On va l'écouter, la candidate insoumise qui insiste sur l'ancrage politique du mouvement. Nous sommes la vraie gauche, dit Nous sommes présents et présentes aujourd'hui et pour toujours. Nous sommes indispensables. indispensable dans cette élection municipale.

Nous sommes la vraie gauche ! Nous sommes la vraie gauche ! Celle qui a défilé hier dans les rues de Paris, celle qui ne trahit pas pour des postes ni pour sauver l'ordre dominant.

La vraie gauche et même l'extrême-gauche, en tout cas si on en quoi le classement du ministère de l'Intérieur, Christelle Crappelet. Et dans l l'opinion, est-ce que LFI est à l'extrême-gauche ? L'opinion globalement souscrit.

C'est les trois quarts des Français qui nous disent que LFI est à l'extrême-gauche. En comparaison, c'est les deux tiers qui nous disent que le Rassemblement national est à l'extrême-droite. Donc ça donne une idée un peu de comment les choses sont perçues dans l'opinion.

Et puis surtout, en termes d'évolution, de plus en plus de Français nous disent que LFI est à l'extrême-gauche alors qu'on est plutôt sur la stabilité sur le RN pour l'extrême-droite. Donc on va dire que c'est un débat qui a été globalement tranché par l'opinion, quoiqu'on pense après de l'étiquetage du ministère de l'Intérieur. Et cette stratégie qu'évoquait Pablo de Jean-Luc Mélenchon qui a quand même tapé très fort dès le début contre les socialistes, Bruno au cotresse.

Comment vous jugez cette logique ? D'abord, elle s'inscrit dans un historique. Qu'à gauche, il y ait deux sensibilités, une réformiste et l'autre plus radicale.

C'est vieux comme...

C'est vieux, certes. Congrès de Tours, diront certains. Donc ça rencontre, il y a de l'historique.

Les jaunes, si j'ose dire. Après, on voit bien qu'on est dans une très intense compétition. Le Parti socialiste tente de s'émanciper des accords de 2022 et de 2024, la NUPES et le nouveau front populaire.

Et en même temps, il voit bien le Parti Socialiste que tout seul, il aura quand même beaucoup de mal à gagner l'élection présidentielle et a gagné une majorité aux élections législatives, comme à l'époque de François Mitterrand ou même de François Hollande. Donc on voit qu'il y a une très grande difficulté stratégique pour le Parti Socialiste. Rappelons quand même toujours que l'électorat de gauche est extrêmement sensible au thème de l'unité de la gauche, et ce qui explique sans doute ces positionnements d'Olivier Faure qui dit c'est Jean-Luc Mélenchon le méchant mais les insoumis qu'on leur parle...

Mais leurs électeurs ne sont pas d'une gauche irréconciliable. Je vous donne la parole tout de suite, Pablo, mais je veux bien qu'on écoute Jean-Luc Mélenchon parce que on l'a entendu et on a d'ailleurs montré cet extrait dans certaines de nos émissions très critiques vis-à-vis du PS et notamment du fait que le Parti socialiste avait permis au Premier ministre de voter un budget, même deux budgets puisqu'on pourrait ajouter celui de la sécurité sociale. C'était lors d'un meeting à Paris pour soutenir Sophia Chikiru.

Il s'étonne du refus des socialistes de signer un accord national. On écoute. La décision du Parti socialiste est d'une stupidité, en même électorale, et d'un danger politique absolue.

C'est la première fois qu'on voit une chose pareille. Ils ne veulent d'union, ni au premier, ni au deuxième tour. Nous, nous avons des dizaines de raisons de ne pas avoir 13 ans dit de les voir.

Mais par-dessus tout, nous avons toujours été des êtres conscients. Nous avons réalisé un fait sans précédent dans l'élection de 2022 et de 2024. C'est l'Union au premier tour.

Pablo Piovivian lui aussi s'adresse aux électeurs qui rêvent de gauche, qui rêvent d'Union. Il y en a encore. Oui, il y en a encore et ils sont majoritaires lorsque vous les interrogez.

Ce peuple de gauche, il veut l'unité. Il veut une primaire à gauche. Il veut un seul candidat, etc., etc., y compris chez les Insoumis.

Peut-être un peu moins depuis quelques semaines avec un certain nombre de dérives. Pas forcément. Mais...

Mais c'est surtout...

Il y a un point, en fait, sur lequel Jean-Luc Mélenchon a raison. Et c'est pour ça que je suis un peu en désaccord avec ce qu'a dit Bruno Cotteres. C'est-à-dire que, historiquement, ça fait quand même très longtemps qu'il y a un acte...

En fait, c'est depuis 1962. Modulo quelques accrocs. Il y a un principe à gauche, c'est qu'au deuxième tour, il y a soit un désistement dans le cas des législatives pour le candidat qui est le mieux placé...

Et ça souffre presque d'aucune excuse ou anicroche. Et pour les municipales, il y a réunion des listes en fonction du pourcentage au premier vote si vous avez fait plus de 5 ou plus de 10%. Et ça, c'est vrai que le Parti Socialiste, par son communiqué, rompt avec cette tradition qui date de 1962.

Mais dans une certaine mesure, Jean-Luc Mélenchon, il est aussi responsable en fait de cette situation parce qu'il a aussi créé les conditions de l'irréconciabilité des deux gauches. Lorsque Sophia Chiquiou commence sa campagne municipale en disant qu'Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo sont responsables de la mort d'un bébé, je suis vraiment désolé. Et c'est et elle l'a fait dans un tweet, elle a mis la photo, etc.

Bien sûr qu'elle crée les conditions de l'irréparable, bien sûr qu'elle crée les conditions de...

Bon bah non, Emmanuel Grégoire ne voudra jamais faire une alliance avec Sophia Chiquiou. Donc bon, je sais pas si les tors sont peut partagés, etc. Mais de fait, c'est historique ça.

Ça date depuis 1962, il y avait un principe de fusion des listes et pas que technique. Parce que technique, c'est un peu dégueulasse comme mot. Parce que ça veut dire genre qu'au fond, programmatiquement, genre on va rester...

Dans les faits, ils vont rester dans l'opposition. Donc ça équivaut en fait à de gauche et réconciliable. – Mais Christelle Crappel, il y a quand même des villes où des alliances LFI, Parti Socialiste, elles existent même au premier tour Il n'y en a pas beaucoup, il y en a quelques dizaines – LFI présente surtout des listes autonomes, en revanche au deuxième tour – Et le critère c'est quoi ?

C'est le danger du Rassemblement national ? Ça va être ça le critère principal Les électeurs de gauche, et je rejoins ce que vous disiez Bruno Cotteres, il y a cette volonté d'union quand même qui est très forte. Qui est très forte auprès des sympathisants LFI, qui est moins forte auprès des sympathisants PS, parce que les tensions elles sont forte, mais qui existe aussi.

Mais effectivement, derrière, il faut voir qu'elle est le moteur de cette union et pour beaucoup, c'est justement cette lutte contre l'extrême droite ou pour faire barrage au Rassemblement National. C'est ça quand même qui fait le plus, le ciment de cette volonté d'union à gauche. Ceux qui sont pour l'union de façon inconditionnelle ne sont plus minoritaires, même s'ils existent aussi. – Oui, Mickaël, vous voulez dire un mot ? – Oui, c'est vrai que c'est effectivement cet enjeu auquel on va assister, puisqu'il y a une soixantaine de villes, je crois, des accords d'emblée.

Et puis aussi, il y a aussi un parti dont on connaît le côté très centralisé, autoritaire, qui va devoir se confronter avec le fait de voir émerger une génération Dans ces parties-là, on a du mal à se faire avec une génération venant du terrain parce que c'est une autre légitimité, parce que c'est un ferment d'émancipation et ça, c'est toujours une tension très, très forte. Donc on verra effectivement dans quelle mesure...

Moi, je questionne le réel désir en réalité d'un Jean-Luc Mélenchon de voir émerger des conseillers municipaux et des maires partout. Intéressant. Bruno Cotteres, je rebondis sur ce qu'on disait sur le Rassemblement National, c'est quoi ?

C'est le dernier ciment de cette gauche qui est quand même bien fracturée aujourd'hui ? Oui, c'est sûr que Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise, joue sur ce au sort, en disant « Nous, notre ennemi, c'est le fascisme ». Ils utilisent beaucoup ce répertoire sémantique aujourd'hui.

Ce qui, aux yeux de Manuel Bompard, justifie effectivement cette fusion technique, en dix ans, qu'elle a l'air un peu compliquée à comprendre. Est-ce que ça veut dire qu'au fond ils rejoignent une liste socialiste si l'occasion s'en présente mais ils n'accepteraient pas d'avoir des postes d'adjoints pour ne pas participer au gouvernement de la ville de manière exécutive. Est-ce que ça veut dire autre chose ?

Mais c'est vrai que c'est très, très, très mis en avant aujourd'hui dans la campagne de la France insoumise depuis plusieurs semaines le thème qu'ils sont eux les seuls remparts contre la montée de l'extrême droite et donc pour eux du fascisme, ce qui est effectivement un nouveau répertoire. On a effectivement Sophia Chikéou qui tout à l'heure disait on est la vraie gauche au sens de la rupture socio-économique mais on est ici la vraie gauche pour eux de ce point de vue puisque eux interprètent les positionnements récents du parti socialiste comme une compromission fondamentalement ils ont aidé sébastien lecornu à faire voter son budget donc ils sont forcément passés de l'autre côté alors un chapitre que je vous propose d d'ouvrir tout de suite sur la figure de Jean-Luc Mélenchon et son impopularité. Aujourd'hui, c'est un sondage élable pour les Echos qui date du 5 mars dernier, donc récent.

Seuls 12 % des Français ont une bonne opinion de Jean-Luc Mélenchon, il baisse d'un point et puis alors surtout là où c'est intéressant c'est si on regarde dans le détail les électeurs de gauche et écologistes là la baisse elle est beaucoup plus importante puisqu'il est à 31 % d'opinion positive c'est moins 12 12 points. Et donc, Mickaël, il y a une question assez simple qui se pose. Jean-Luc Mélenchon devient-il un boulet pour son propre camp au municipal ?

En tout cas, il ne joue pas le rôle de tremplin. Ça, c'est évident. À gauche, on se pose quand même beaucoup la question.

On l'a Bien entendu, Jean-Luc Mélenchon est-il devenu un atout ou un handicap électoral ? Alors si vous questionnez les purgés, les ex-compagnons de route exclus du 1er cercle pour avoir contesté la ligne, les Garrido, les Corbières, les Ruffins, Autun, la réponse est sans sans hésitation, oui, c'est lui qui bloque. Il est vrai que la dérive autocratique et autocentrée du chef Mélenchon isole quand même le parti, on le voit bien, vis-à-vis des Français.

La confrontation et le conflit comme moteur de transformation. Il est bon élève, il applique les principes de la philosophe Chantal Mouffe qui dit que c'est comme ça qu'on arrivera à faire effectivement des changements. Sauf que les résultats politiques sont très négatifs.

Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon et la la personnalité la plus rejetée par les Français. Et à l'approche des municipales, la question est de savoir si le front républicain contre l'effet annoncé par les sondages va se manifester, auquel cas il sera très difficile pour le parti de peser dans les conseils municipaux et de pouvoir aussi avoir des sénateurs en septembre parce que c'est aussi une éventualité. Oui, évidemment, c'est le troisième tour.

En quelque sorte, les dernières polémiques ont été déclenchées autour de la prononciation des les noms Epstein et Glucksmann ne vont évidemment pas arranger les choses. Alors il y a quelques mois, l'avocat Richard Malka a emporté un procès en défendant Raphaël Antoven avec une jurisprudence. Il est désormais possible de désigner le parti LFI comme un Les dérapages à relais antisémite confortent bien Jean-Luc Mélenchon dans le rôle de ce bad boy de la politique qui n'a pas pour but vraiment de produire la politique publique pour changer la vie des comme, d'ailleurs, l'avait annoncé Ruffin dans son livre.

En fait, Jean-Luc Mélenchon, il applique un autre principe, celui de Lénine, c'est-à-dire que le parti avance en s'épurant, il se resserre sur un carré de fidèles, donc il n'est pas question pour lui de désavouer les actions de la garde, le fameux mouvement d'autodéfense qui est impliqué dans la mort du jeune nationaliste de Lyon, parce qu'il veut aussi provoquer la fin de la social-démocratie et prendre le contrôle de la gauche. C'est ce qu'on a entendu aussi avec Sofia Chikirou. Les élections municipales, en fait, sont des scrutins pour une équipe et une gestion de proximité, ça on le sait.

Or, Jean-Luc Mélenchon nationalise presque tout à chacune de ses prises de parole. Le débat se déplace vers les polémiques nationales ou internationales. Et en traitant de fasciste toute personne qui se repose à lui, il envoie aussi un message.

On a le sentiment qu'il sait bien que quelque part, 22 millions d'électeurs au second tour, il ne va pas pouvoir les rassembler. En fait, c'est sa seule obsession, entrer dans les conseils municipaux et au Sénat, peu lui chaud. Lui, il veut rentrer dans l'histoire avec un autre principe bien connu, après moi le déluge.

Je vais vous poser un peu la même question aux uns et aux autres. Je commence avec vous, Christelle Crappelet. Est-ce que c'est devenu un boulet pour la gauche ?

Jean-Luc Mélenchon ? C'est en tout cas effectivement une figure maintenant très repoussoire dans l'opinion et comme je le disais tout à l'heure, pas seulement auprès des opposants, y compris à gauche, notamment auprès des sympathisants PS, voire plus. Donc c'est effectivement compliqué et c'est effectivement une figure repoussoire.

Après, ça fonctionne quand même aussi un petit peu auprès de certains publics, notamment les plus jeunes, certaines personnes dans les banlieues populaires. Donc il peut aussi faire revenir aux urnes un public plus abstentionniste, qui votait aussi plus à gauche. Donc voilà, j'ai envie de dire oui, repoussoir, oui, boulet, je ne me permettrai pas.

Mais voilà, ça peut fonctionner aussi auprès de certaines populations. Question de Georges qui nous écrit de Reims. LFI peut-elle exister sans Jean-Luc Mélenchon, Pablo Pioivien ?

Ça semble assez difficile à imaginer ça. C'est-à-dire qu'il y a la clé de voûte de ce système gazeux. Donc si vous...

Oui, parce que ce n'est pas un parti politique, il faut le rappeler. Oui, c'est un mouvement, exactement. Dans le parti politique, je crois qu'il n'y a que trois personnes qui tiennent les cordons de la bourse et puis sinon ça n'existe pas.

D'ailleurs, il n'y a pas non plus d'adhérents à la France Insoumise. Vous êtes adhérent quand vous avez cliqué sur le site et que vous avez donné votre mail, mais vous n'avez pas de cotisation tous les mois, etc. Donc oui, c'est très particulier savoir si le mouvement Insoumis peut exister chez Jean-Luc Mélenchon.

Il y a Il y a une génération qui l'a fait émerger. Aujourd'hui, c'est les Mathilde Panot, Louis Boyard, David Guiraud, Manuel Bompard. Il y en a plein.

La question, c'est est-ce que tous et toutes, une fois que Jean-Luc Mélenchon va disparaître du jeu politique, comment ils vont se positionner ? Est-ce qu'au-delà d'ailleurs des questions de carrière personnelle, mais ils n'incarnent pas tous et toutes la même chose ? Et ça, c'est quand même important.

Vous avez ceux qui viennent plutôt un peu de la gauche, là, Icard, il y en a qui sont de purs opportunistes, qui ont déjà fait tous les partis avant d'arriver à la France Insoumise et d'être élue députée. D'ailleurs certains qui se présentent par exemple à la mairie de Paris mais il y en a d'autres qui sont aussi dans des... qui viennent du mouvement social, des mouvements antiracistes donc il y a une pluralité de propositions qu'aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon arrive à subsumer mais est-ce que sans lui ça pourra tenir ?

Franchement il n'y a que l'avenir qui nous le dira et d'ailleurs là il y a déjà des gens qui commencent à se dire que peut-être que Jean-Luc Mélenchon en 2027 c'est peut-être pas la meilleure des idées pour les raisons qui ont été dites auparavant et ils sont bien entre Clémence Guettet, Manuel Bombard ou d'autres parce que c'est entre ces personnes là qu'il faudrait ou Mathilde Panot qu'il faudrait arbitrer. Manuel Bombard il serait pas très content si c'est Mathilde Panot qui serait pas très content si c'est Clémence Guettet donc je sais pas comment ils vont se débrouiller une fois que le chef, le leader sera disparu. Mais c'est un indi ou un impensé ?

Totalement parce qu'aujourd'hui la machine est faite pour que Jean-Luc Mélenchon soit candidat à la présidentielle. – Alors il y a quand même aussi à aborder dans ce débat, Bono Cotteres, la question des conséquences du lynchage de la mort de Quentin de Ranca à Lyon, ce militant nationaliste d'extrême droite. Pourquoi – j'imagine beaucoup réfléchir à ça – pourquoi Jean-Luc Mélenchon choisit de soutenir la jeune garde, malgré l'implication potentielle des assistants parlementaires du député insoumis – raisons de conviction, très visiblement, je n'imagine pas que ce soit pour des raisons cyniques, tactiques, on voit quand il en parle qu'il y a beaucoup de convictions, il est intimement convaincu que cette jeune garde, c'est l'avant-garde qui va aux avant-postes de cette lutte contre le fascisme.

Par ailleurs, j'ai l'impression, je ne connais pas la profondeur de sa psychologie, mais j'ai l'impression que Jean-Luc Mélenchon est quelqu'un qui essaie, une fois qu'il a dit quelque chose, de ne pas revenir en arrière. Une conception du leadership politique qui est qu'au fond, il creuse son sillon, il est fidèle à son sillon. Et donc pour lui, revenir en en arrière, dire je me suis trompé, j'ai mal jugé, j'ai fait une erreur de casting, j'ai fait une erreur de jugement.

Ce n'est pas dans son répertoire sémantique du tout. Et donc, je pense qu'il y a sincèrement de la conviction chez lui quand il les défend. On voit d'ailleurs que quand il prend parole pour les défendre, le répertoire de mots est extrêmement affectueux.

Il les met sous son aile protectrice, ce sont des jeunes qu'il prend plaisir à voir militer et à voir s opposés, et on retrouve là sans doute un imaginaire un peu révolutionnaire de l'avant-garde. Même si, dans l'opinion, je l'imagine, vous allez nous confirmer, Chris Elkrapless, les effets de la mort de Quentin de Ranck sur l'image des insoumis sont réels. C'est négatif.

Dans les grandes enquêtes électorales qu'on sort en début de semaine, on voit bien que c'est un parti qui est perçu de plus en plus comme dangereux pour la démocratie et attisant de plus en plus la violence. C'est beaucoup plus qu'en 2020, mais c'est même beaucoup plus qu'en 2025. Donc on voit bien quand même l'impact de cette affaire là et cette volonté de soutien jusqu'au bout qui peut générer quand même une forme d'incompréhension, y compris dans son propre camp et avoir un certain nombre de dommages en termes d'image du parti.

Et puis il y a aussi les dérapages antisémites dont parlait et Michael sur la prononciation d'Epstein, de Glucksmann. Pour vous, Pablo Piovivien, est-ce que LFI est en train de devenir un mouvement antisémite ? – Je n'irai pas jusque-là, je m interroge, en fait c'est très compliqué pour moi qui suis de gauche, qui me revendique de gauche de dire ce genre de choses et ça me fait du mal parce que je vois très bien que, genre, dans les...

Je peux même pas dire les blagues, les atrocités qu'il a dites sur Epstein, sur Luxman, etc. C'est pas possible de dire ça. Mais honnêtement, c'est quelque chose qui me fait du mal.

Vous voyez ce qui a été dit sur la jeune garde de juste auparavant, ça me fait aussi du mal. Parce que je vois bien ce qu'essaie de faire Jean-Luc Mélenchon. Il est en train de réduire l'antifasciste à la jeune garde.

Et ça, je pense que c'est un gros problème. On est en droit lorsqu'on est de gauche et même lorsqu'on est plus largement antifasciste, de s'interroger sur les voies et moyens de groupes antifascistes comme la Jeune Garde, comme il y en a quelques autres, parce que en tout est pour tout, tout mouillé, c'est 2-3 000 personnes. Mais si l'antifascisme en France, c'est juste 2-3 000 personnes, franchement, on n'est pas dans la mouise.

Et le fait que Jean-Luc Mélenchon réduise ça à juste la jeune garde est un problème. Il le dit dans un communiqué de presse hier de la France Insoumise, il dit le mouvement antifasciste qui confond l'antifascisme et la jeune garde. Ce qui est un problème.

C'est la même chose sur l'antisémitisme. Le fait qu'il nous Il emmène la gauche, qui est en soutien du peuple palestinien. Dans ses ornières absolument dégueulasses de l'antisémitisme, c'est un énorme problème.

Et ça, c'est quelque chose que le reste de la gauche, que les sympathisants de de gauche, lui en veulent. On ne veut pas aller dans cet endroit-là. Je n'ai pas envie d'être accusé d'antisémitisme.

Je ne le supporte pas et je le suis parce que je suis de gauche, parce que je suis en soutien au peuple palestinien et parce que Jean-Luc Mélenchon dit ses des conneries dans « Meeting après meeting ». – Et d'ailleurs, ça fait réagir d'autres leaders de la gauche et de l'ancien nouveau Front Populaire. Par exemple, Marine Tondelier qui dit Si clairement, Jean-Luc Mélenchon, il peut, il veut nous faire perdre ces élections municipales.

On l'écoute. Je vois bien le double piège et celui tendu par Jean-Luc Mélenchon qui ne veut pas que nous gagnions les municipales et qui fait tout pour que nous les perdions tous pour être le roi du cimetière. Ni le piège de la droite qui qui dit « Regardez ce qu'il a dit, du coup vous ne pouvez plus jamais travailler avec eux, et donc c'est nous qui allons gagner toutes les villes ».

Ça se voit gros comme une maison quand même. Est-ce que Bruno Cotteresse, parce que quand elle dit qu'il va être le roi du cimetière sous Sous-entendu, il n'y a pas d'accession au pouvoir, il n'y a pas de retour à l'Elysée, il y a une gauche qui perd la présidentielle. Est-ce que ça voudrait dire, c'est ce que vous laissiez entendre tout à l'heure, et on peut en débattre, qu'il a abdiqué cette ambition-là Vous pensez qu'il a fait le deuil d'une ambition présidentielle ?

C'est explicatif que ce soit Marine Tondelier qui le dise. Parce que Marine Tondelier a quand même, inlassablement, défendu l'idée de l'unité de la gauche, de la candidature unique. Elle est toujours sur cette idée d'une candidature unique à l'élection présidentielle.

Elle a très souvent dit que s'il n'y avait pas de candidature unique, il n'y aurait pas de victoire à la présidentielle, donc c'est particulièrement significatif que la conséquence de toute cette séquence, ça soit Marine Tondelier qui finisse par dire ça. Quelques jours avant, les écologistes avaient dit que pour qu'il y ait des accords de deuxième tour avec la FI aux élections municipales, il faudrait que les candidats locaux répondent à des questions et clarifient leur prise de position par rapport aux déclarations de Jean-Luc Mélenchon, par rapport à d'autres sujets. Donc notamment sur la violence en politique.

C'est très significatif que ça vienne de Marine Thondelier. Avec les socialistes, le désaccord n'était pas tant depuis déjà de nombreuses semaines. Mais là, avec les écologistes, c'est quelque chose qui est sans aucun doute une des conséquences les plus négatives pour la gauche de toute cette séquence.

Marine Tondelier, la secrétaire nationale des écologistes, qui faisait référence aussi à la stratégie de la droite. Tiens, on va écouter Bruno Retailleau qui faisait la semaine dernière, la liste des accords, des alliances entre socialistes et insoumis ? 112. 112, et sur ces 112 accords qui sont ici, figurez donc en rouge, et vous avez en En bas, sur votre droite, vous avez l'Île-de-France.

Vous avez un focus sur l'Île-de-France. Sur 712, vous en avez 44 où les trois parties de gauche, PS, écolos et communistes sont alliés, les filles. Ces accords de la honte, je suis venu pour les dénoncer, pour dire qu'il n'y a pas quelques-uns simplement, mais et surtout pour, en les dénonçant, pour dénoncer aussi une tartufferie.

Une incroyable hypocrisie de la gauche. Incroyable. – Bon, la stratégie à droite, elle est assez évidente, mais est-ce que ça prend dans l'opinion c'est-à-dire ce front républicain inversé où LFI prend la place de l'épouvantail qui était le Rassemblement national ?

Alors à droite, oui, ça fonctionne auprès des sympathisants de droite pour qui clairement LFI est devenu le parti à rejeter alors qu'ils sont un peu plus ouverts pour certains à l'égard d'alliances potentielles avec le RN à gauche en revanche non puisque comme on le disait tout à l'heure il y a quand même un désir d'union même s'ils sont un peu gênés sur un certain nombre de points qui partagent pas tous les points de vue qu'il y a des clivages voilà, dans un certain nombre de cas ils appellent quand même à l'Union ils seront favorables à des fusions si c'est surtout pour battre un candidat RN. – Il ne faut pas oublier qu'en 2024, juste avant la création du nouveau Front populaire, la gauche était éparpillée façon puzzle. – Oui, la campagne des européennes avait été une violence absolue. – Exactement, et que c C'est le risque du Rassemblement national de l'arrivée à Matignon du Rassemblement national, mais aussi la mobilisation de justement ce peuple de gauche dans sa diversité, de la société civile de gauche, des des associations, des syndicats aussi.

Tout le monde s'y est mis et a dit attendez maintenant vous arrêtez de déconner les états-majors et vous allez vous mettre ensemble on veut un candidat par circonscription et pas plus. Et c'est ça que je veux dire, c'est ça qui pousse. Et quand Bruno Retailleau montre cette carte, bah oui mais ça veut dire que localement il y a des gens qui ont poussé et qui ont dit maintenant on arrête vous arrêtez vos rigolades et nous on ne veut pas que ce soit la droite qui arrive en tête au premier tour et qui gagne au deuxième donc on a besoin d'une gauche unie dès le premiers. – Merci beaucoup à tous d'avoir participé à ce débat.

Bruno Cotteres, votre livre « Jeux de pouvoir » quand les politologues regardent des séries, c'est aux éditions du Cercle. Écrit avec Virginie Martin, Pablo Piovivi, on vous lit évidemment dans la revue « Regards Christelle Krapelet, je vous dis à dimanche, puisque vous allez nous accompagner pendant toute la soirée électorale avec des sondages réalisés par Ipsos BVA. Sondage sorti des urnes.

Estimation sortie des urnes. Soyons précis. Les mots ont un sens, il ne faut pas que je me trompe.

Estimation sortie des urnes. Alors je vous dis à demain 22h puisque à 18h30 on sera en direct justement à Roubaix, la ville du reportage qui a lancé ce débat, débat du premier tour des municipales dans cette ville, donc convoité par LFI. Et puis on va revoir peut-être, notez que le 18 mars, mercredi prochain, il y aura trois débats entre les qualifiés pour le second tour, 17h à Bordeaux, 18h30 Strasbourg, 22h30 Montpellier.

On l'a vu tout à l'heure, c'est très bien. Et puis alors je porte cette jonquille parce que ce mois de mars, je vais trop vite pour vous. Voilà les dates et les horaires des débats.

Et voilà la jonquille. L'Institut Curie qui lance donc sa campagne nationale, une jonquille contre le cancer pour faire avancer la recherche, l'innovation médicale contre les cancers, donner de nouveaux espoirs de traitement. Vous pouvez faire un don, par exemple de 10 euros en envoyant don 10 par SMS au 92002 ou alors à l'adresse unejonquiecontrelecancer .fr Voilà, chaque euros comptent.

Vous le savez, merci d'avance d'aider l'Institut Curie et merci à toutes et à tous de votre fidélité. Notez que demain c'est Hervé Marseille, le président du groupe Union centriste ici au Sénat qui sera l'invité, Doriane Mancini dans notre matinale. Belle soirée.