Aurélien Taché
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Bonjour Aurélien Taché, député La République En Marche du Val d'Oise.
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Vous êtes présenté comme l'un des jeunes parlementaires qui vont porter les réformes d'Emmanuel Macron.
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Et dans quelques semaines, vous rendrez d'ailleurs le rapport que le Premier ministre vous a commandé sur la politique d'intégration en France.
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Alors parmi les dossiers chauds du gouvernement, il y a le futur projet de loi sur asile et immigration qui devrait arriver dans quelques jours en Conseil des ministres.
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Une politique plus humaniste pour les demandeurs d'asile, pour les réfugiés. Mais en même temps plus ferme contre les migrants économiques. C'est comme ça qu'on peut résumer l'esprit de cette loi ?
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Ce matin, dans le JDD, le Premier ministre, à propos de cette politique asile et immigration, parlent d'une politique équilibrée, expulsée davantage et mieux. Comment est-ce qu'on expulse mieux en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Vous savez, le Président de la République a formulé pour ses voeux le souhait de plus de cohésion. »
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« La digue 2018 serait l'année de plus de cohésion dans la nation. »
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« Ça suppose notamment, alors qu'on a une demande d'asile beaucoup plus importante depuis quelques années, de repenser notre système d'accueil avec des procédures plus courtes, avec des places pour accueillir les personnes qui soient en nombre nécessaire. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Donc, il faut effectivement que des reconduites puissent être faites en le nombre plus important. »
- 2:47Invité politiqueFait
« Donc, ça suppose, par exemple, de se donner les moyens d'obtenir des laissés-passés consulaires, de se donner les moyens de reconduire un certain nombre de personnes de manière contrainte, finalement. »
- 4:40Invité politiqueFait
« si on ne peut pas aller le plus tôt possible vers les gens pour leur dire « Là, au regard de votre situation, il y a très peu de chances que vous ayez l'asile ou que vous ne l'avez pas eu, vous n'allez pas pouvoir rester durablement en France, comment on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on peut mettre en place ? » »
- 5:16Invité politiqueFait
« ces circulaires, elles ne pourront se mettre en œuvre qu'avec les associations, pas sans elles, ni contre elles, parce que c'est bien elles qui gèrent ces centres d'hébergement »
Temps de parole
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Bonjour Aurélien Taché, député La République En Marche du Val d'Oise. Vous êtes présenté comme l'un des jeunes parlementaires qui vont porter les réformes d'Emmanuel Macron. Et dans quelques semaines, vous rendrez d'ailleurs le rapport que le Premier ministre vous a commandé sur la politique d'intégration en France. Alors parmi les dossiers chauds du gouvernement, il y a le futur projet de loi sur asile et immigration qui devrait arriver dans quelques jours en Conseil des ministres. Une politique plus humaniste pour les demandeurs d'asile, pour les réfugiés. Mais en même temps plus ferme contre les migrants économiques. C'est comme ça qu'on peut résumer l'esprit de cette loi ?
Oui, c'est comme ça qu'on peut résumer l'esprit de cette loi. Vous savez, le Président de la République a formulé pour ses voeux le souhait de plus de cohésion. La digue 2018 serait l'année de plus de cohésion dans la nation. Et un des sujets qui se pose, c'est effectivement de repenser la place qu'on fait aux étrangers dans ce pays, la politique d'accueil et d'intégration. Donc ça, ça suppose un certain nombre de choses. Ça suppose notamment, alors qu'on a une demande d'asile beaucoup plus importante depuis quelques années, de repenser notre système d'accueil avec des procédures plus courtes, avec des places pour accueillir les personnes qui soient en nombre nécessaire.
Et ça suppose aussi de mettre en place évidemment des vrais parcours d'intégration citoyen et professionnel. Moi, c'est la mission sur laquelle je travaille et c'est ce que contiendra mon rapport, avec plus de cours de langue pour les personnes qui arrivent, avec leur donner aussi des clés de compréhension de ce qu'est la France, de ce qu'est notre pays pour qu'ils puissent y trouver toute leur place et des parcours d'insertion professionnelle travaillés beaucoup plus tôt. Je crois que c'est vraiment, vraiment important qu'on puisse investir là-dessus parce que les étrangers qui viennent s'installer durablement en France doivent pouvoir y trouver toute leur place.
Et à l'inverse, effectivement, pour un certain nombre d'entre eux, pour ceux qui n'auraient pas obtenu l'asile, on doit pouvoir imaginer des retours. Mais même là-dessus, je crois qu'il faut aussi qu'on change de paradigme et que ces personnes, on les accompagne aussi dans ces retours. Et donc, ce que j'indiquais sur les parcours d'intégration à l'instant, on doit pouvoir s'adresser, à mon avis, à tous les étrangers parce qu'on a besoin vraiment de faciliter ces retours et de changer un peu de regard là-dessus.
Ce matin, dans le JDD, le Premier ministre, à propos de cette politique asile et immigration, parlent d'une politique équilibrée, expulsée davantage et mieux. Comment est-ce qu'on expulse mieux en France ?
Alors, aujourd'hui, effectivement, il y a plusieurs façons pour organiser les retours de ceux qui n'ont pas vocation à rester en France. Je le disais, pour avoir une politique d'accueil plus cohérente, il faut que quand on a l'asile ou quand on n'a pas eu l'asile, il ne se passe pas la même chose. Et aujourd'hui, c'est souvent le cas. Que vous ayez eu l'asile ou pas, finalement, vous restez en France et vous restez souvent dans des centres d'hébergement d'urgence un peu coincés pendant plusieurs années. Donc, il faut effectivement que des reconduites puissent être faites en le nombre plus important.
Donc, ça suppose, par exemple, de se donner les moyens d'obtenir des laissés-passés consulaires, de se donner les moyens de reconduire un certain nombre de personnes de manière contrainte, finalement. Mais aussi, de mieux travailler sur le retour. C'est ce que je disais en préambule. En expliquant, dès le départ, aux personnes qui n'ont peut-être que très peu de chances d'avoir l'asile, de préparer ce retour avec elles. Il peut y avoir des aides au retour sur le plan financier. Il peut y avoir aussi un certain nombre de choses auxquelles elles pourraient avoir accès pendant qu'elles sont hébergées en France et qui faciliteraient leur retour.
Parce qu'on constate aujourd'hui qu'il y a un certain nombre de personnes qui voudraient repartir. Mais repartir comme ça, sans rien, alors qu'on a traversé la moitié du monde et qu'on pensait faire sa vie en Europe, c'est quelque chose qui s'accompagne. Donc, il y a deux volets, à mon avis, qui sont ceux que je viens de décrire.
L'aide au retour, vous le disiez, notamment par l'incitation fiscale. On a vu que dans les années précédentes, ça n'avait pas toujours été efficace. Ils prennent l'argent, ils rentrent chez eux, ils reviennent.
Alors, c'était vrai pour certains États, notamment aux portes de l'Europe, de l'Est. Quand on parle d'États qui sont au Moyen-Orient ou en Afrique de l'Est ou en Afrique comme sur l'asile aujourd'hui, ça peut avoir une vraie dimension incitative, mais il faut aussi l'accompagner, je pense, de projets de formation. Par exemple, je considère, moi, que les cours de langue ou l'accès à un certain nombre de formations pourraient être donnés à l'ensemble des demandeurs d'asile qui arrivent, qui aient vocation à rester ou non en France, parce que ça leur sera aussi utile s'ils doivent repartir. Mais il faut accompagner ces aides financières de choses concrètes.
Pour ceux qui bénéficient de l'asile en France, comment entendez-vous les critiques au sein même des marcheurs, au sein même de votre majorité, y compris les critiques des associations, depuis l'apparition d'une circulaire qui donne droit au préfet de contrôler, de recenser les migrants accueillis dans les centres d'urgence ?
Écoutez, c'est ce que je disais à l'instant, c'est-à-dire que si on ne se donne pas les moyens de savoir qui on héberge, si on ne peut pas aller le plus tôt possible vers les gens pour leur dire « Là, au regard de votre situation, il y a très peu de chances que vous ayez l'asile ou que vous ne l'avez pas eu, vous n'allez pas pouvoir rester durablement en France, comment on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on peut mettre en place ?
» Effectivement, si on ne se donne pas les moyens de faire ça, on est dans la situation actuelle, c'est-à-dire où on a des dizaines de milliers de personnes qui sont dans des centres d'hébergement, qu'ils aient eu l'asile ou non, et qui n'ont pas de solution, qui restent bloqués.
Alors, on doit pouvoir se donner les moyens, en fonction de la situation des personnes, d'apporter des réponses qui sont adaptées, et ces circulaires, c'est une des réponses, mais ce que je voudrais dire, enfin, c'est un des moyens d'y arriver, mais ce que je voudrais dire là-dessus, évidemment, puisqu'il y a eu pas mal d'incompréhension sur ce texte, c'est que ces circulaires, elles ne pourront se mettre en œuvre qu'avec les associations, pas sans elles, ni contre elles, parce que c'est bien elles qui gèrent ces centres d'hébergement, c'est bien elles qui, aujourd'hui, sont en première ligne sur ces questions-là, et on doit pouvoir trouver le moyen d'avancer avec elles là-dessus, ce n'est pas possible autrement.
Ce sera donc bien une circulaire pour éviter la saturation des centres d'accueil, est-ce que ça peut générer chez vous, dans votre majorité, comme une sorte de fronde, des frondeurs contre cette circulaire, vous les percevez déjà ?
Ce n'est pas tellement pour éviter la saturation des centres d'accueil, c'est pour vraiment apporter des réponses adaptées à chacun. A l'inverse, on a des personnes qui ont eu le statut de réfugié, qui sont dans ces centres, qui doivent pouvoir sortir vers le logement, on a des demandeurs d'asile qui doivent pouvoir aller vers des hébergements dédiés. Elle a pu susciter des interrogations, cette circulaire, c'est vrai, vous avez raison, et donc aujourd'hui, on doit pouvoir, encore une fois, trouver le moyen avec les associations qui gèrent ces centres d'apporter des réponses.
Mais moi, je pense que si on prend le temps de travailler correctement, il n'y a pas de raison qui est de fronde ou quoi que ce soit.
Pour l'instant, ça bouge un peu quand même dans votre majorité sur cette circulaire aussi ? Enfin, même sur la loi asile et immigration en général, ça bouge un peu ?
Il y a des attentes, il y a des interrogations. On n'a pas encore tous vu le texte, on a envie qu'ils soient effectivement, qu'ils répondent aux ambitions qu'on s'est fixées, c'est-à-dire mieux accueillir, mieux intégrer, et puis aussi plus de cohérence dans la politique migratoire. Il faut que tout ça soit effectivement équilibré, qu'on avance sur l'ensemble de ces sujets avec la même ambition. Et donc, voilà, il y a beaucoup d'attentes parmi les parlementaires, mais c'est normal.
Et la droite de Laurent Wauquiez semble voir d'un bon oeil le futur projet de loi asile et immigration. C'est un bon présage pour vous pour faire passer cette loi ?
Laurent Wauquiez a vraiment des dons que je n'ai pas,
parce que lui, visiblement, connaît le texte, pas moi, donc voilà. Il y a des informations que vous n'avez pas. Ça nous surprend tout de même, Aurélien Taché, que l'on dit l'un des porteurs des réformes d'Emmanuel Macron. Aurélien Taché, on va reprendre cette interview après la revue de presse de Rosalie Lafarge. Il y aura également Patricia Martin, il y aura les questions des auditeurs. Vous appelez les auditeurs le 01-45-24-7000. Questions ce matin sur le projet de loi asile-environnement. Les dossiers chauds, c'est aussi les emplois francs, la formation, l'apprentissage. Vous appelez donc 01-45-24-7000. A tout à l'heure.
Aurélien Taché