Après l'occasion manquée du premier tour, la gauche traumatisée. Thomas Porcher accuse !
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Bonjour à toutes et tous, on se retrouve pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher que je présente exceptionnellement. On souhaite de belles vacances à Annaëlle et on aurait aimé prendre quelques jours de repos pour digérer les résultats du premier tour. Mais après la déception, l'heure est désormais au bilan et il y a quand même de bonnes nouvelles. Jean-Luc Mélenchon est le troisième homme de l'élection présidentielle avec 21,9% des voix. Le candidat de la France Insoumise était loin et en même temps si proche du second tour. Moins de 400 000 voix, soit 200 000 de moins qu'en 2017. Avec ce score, Jean-Luc Mélenchon s'installe un peu plus, en première force à gauche.
Ses idées politiques sont debout. Le leader de la France Insoumise a fait un carton plein dans les grandes villes de l'Hexagone, dans les quartiers populaires et les territoires ultramarins. C'est du succès de Jean-Luc Mélenchon dont nous parlerons avec Thomas Porcher. Un succès qui aurait pu être une victoire si la gauche n'était pas aussi fracturée. Quel avenir pour le PS, Europe Écologie, Les Verts et le Parti communiste ? Autant de questions auxquelles notre analyste apportera une réponse. Place à l'instant Porcher. Il a fait mieux qu'en 2017. Arrivé en troisième position au premier tour de l'élection présidentielle cette fois. Il était quatrième il y a cinq ans.
Jean-Luc Mélenchon est aussi parvenu à améliorer son score. Avec 21,95% des suffrages selon les résultats définitifs. Contre 1958, en 2017, le candidat de l'Union populaire a gagné 2,4 points en cinq ans. Une hausse qui s'explique par de bons scores dans les grandes agglomérations de l'Hexagone et dans les départements d'Outre-mer. Avec environ 2500 voix d'écart, Jean-Luc Mélenchon crée la surprise et arrive très largement en tête en Ile-de-France. Au coude à coude avec Emmanuel Macron qui s'impose à Paris en s'adjugeant 13 arrondissements sur 20, dont les beaux quartiers historiquement à droite.
Dans les quartiers populaires du département comme Trappes ou Mante-la-Jolie, Mélenchon l'emporte largement. La Seine-Saint-Denis, département populaire de la banlieue nord-est de Paris, est remportée largement par Jean-Luc Mélenchon avec 49,09%. Avec des scores impressionnants à Bobigny, 60,14% ou à Saint-Denis, 61,13%. Le taux d'abstention est le plus haut de la région parisienne avec 30,21%. Bonjour Thomas !
Bonjour Nadia ! Comment vas-tu ? Tout va bien. Ça va ? C'est un peu difficile mais ça va.
Question très simple, comment expliques-tu le succès de Mélenchon ?
Jean-Luc Mélenchon c'est quelqu'un qui a un programme, qui l'a travaillé depuis longtemps, qui a une colonne vertébrale, très solide, contrairement à d'autres parfois qui vont aller chercher le buzz là où il est, quitte à se contredire parfois à quelques semaines près. Lui, il a son programme et après il fait campagne. Et il essaye de convaincre. Sur le service public on sait ce qu'il veut, il veut faire en sorte qu'il y ait un service public acceptable pour tous. Sur la transition écologique, il veut sortir du nucléaire, aller vers le renouvelable, sur la créolisation de la société. C'est clair, net, précis dans sa tête et il fait campagne. Et finalement il arrive toujours à convaincre.
A la fin, toujours un peu avec la même évolution, il commence à 8, 10 et puis d'un seul coup ça s'envole. Et donc ce qui prouve que les Français aiment quand on a une colonne vertébrale et quand on a une forme de rigueur et qu'on ne change pas, on va dire, de position tous les quatre matins en fonction des sondages. Et c'est ça qui fait la force de Mélenchon. C'est un homme de terrain qui fait campagne. On l'a vu à la fin, il faisait des meetings avec beaucoup de monde, etc. Je veux dire, on n'avait pas besoin des sondages pour se rendre compte que c'était un véritable succès en réalité.
Et donc c'est ça sa force, contrairement à d'autres candidats où on ne sait pas, la campagne du PC est complètement différente d'une autre campagne. Europe Écologie Les Verts, on va en parler, mais est tiraillée par deux courants internes. L'EPS, c'est une véritable danseuse qui va un jour prendre des choses de Macron, un jour prendre des choses de Mélenchon. Donc il n'y a pas de colonne vertébrale. Lui, il en a une et c'est ça qui fait le succès.
Oui, d'ailleurs à l'inverse de, par exemple, Marine Le Pen qui a mené une campagne plutôt silencieuse.
Exactement. Marine Le Pen, vous regardez le programme de 2017 et le programme de 2020, c'est complètement différent. 2017, c'est la sortie de l'euro, on s'en souvient. C'était la retraite à 60 ans. Et puis là, vous avez aujourd'hui, l'Europe, c'est super. La dette, c'est génial, il faut la rembourser. On est dans les critères de Maastricht, tout va bien. Puis la retraite passe à 62 ans. En fait, quand on regarde sur 10 ans le programme du Front National, de l'extrême droite, ça varie tout le temps. Donc la colonne vertébrale, c'est pour ça que quand les gens disent Le Pen, c'est le pouvoir d'achat, Macron, c'est le libéralisme, c'est faux.
Macron, Le Pen, c'est la même chose quasiment économiquement. C'est du libéralisme, les pauvres resteront toujours pauvres. Il n'y a pas de différence là-dessus. Donc il ne faut pas se tromper en disant que Marine Le Pen, c'est un autre programme. C'est faux, c'est faux. Là, il y a une petite voix qui a été faite par une petite musique qu'on a entendue de fond, qui a notamment été mise en place par Zemmour pour dire que c'est une socialiste, Dixit, c'est quelqu'un de gauche. C'est faux. Le Front National n'a jamais manifesté contre les retraites. La loi Travail était borderline. Même sur les manifestations des retraites, il y avait du mal à dire récemment qu'il soutenait.
Ce qui a réussi à Jean-Luc Mélenchon, c'est sa cohérence. D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon qui disait dans son discours que la lutte continuait, prochaine échéance, les législatives. Quelle stratégie, selon toi, la France insomise devrait adopter à ces législatives ?
Je pense qu'il y a une vraie question. Parce qu'en fait, il y a beaucoup de gens là qu'on fait perdre, enfin qui ont été co-responsables, on va dire, de la perte de la gauche à cette élection, qui vous disent tout de suite, ah ben maintenant il faut une grande alliance. Quand on regarde sur cette campagne, il fallait une alliance au départ. Au départ, Roussel, Jadot, Hidalgo demandaient l'alliance des gauches. Souvent, sans la France insoumise, mais ils demandaient une alliance des gauches. Et ils ont même freiné la campagne, parce qu'avec la primaire populaire, on a beaucoup parlé de ces alliances, ça a empêché un certain nombre de candidats de faire campagne.
Heureusement, Jean-Luc Mélenchon lui a dit, moi j'en veux pas, je fais campagne. Et puis après, quand il y a eu ce candidat, Jean-Luc Mélenchon, et si ça avait été un autre, je pense que les questions auraient été les mêmes, c'est largement démarqué des autres. Là, il ne fallait plus faire alliance, au contraire, il fallait lui taper dessus. Il y a beaucoup de gens qui ont tapé sur Mélenchon, Anne Hidalgo, Yannick Jadot dans les dernières vidéos, et même Roussel. Et maintenant qu'il y a législatif, il faut sauver son poste, parce qu'il faut sauver son poste, c'est un poste de député. Donc là, il faut refaire alliance à nouveau.
Donc moi, je ne fais pas de politique, mais je me demande à un moment si ces partis-là sont le problème ou la solution. Ils ont été le problème dans l'élection présidentielle pour moi. Pourquoi il serait la solution pour les législatives ? Et pourquoi il faudrait faire des accords ? Enfin, pourquoi Jean-Luc Mélenchon devrait faire des accords ? C'est une vraie question qui se pose. En 2017, il avait refusé un certain nombre d'accords. Je pense que là, moi, je serais tenté à sa place, mais je ne suis pas à sa place, parce que je suis un commentateur, de faire la politique de la terre brûlée, ou de faire au cas par cas pour certains.
Mais là, on a bien vu quand même que la France Insoumise était tellement proche du deuxième tour que ces stratégies de certains partis ont été mauvais pour la gauche. Donc est-ce qu'il faut garder ces gens en leur donnant des postes encore pour 5 ans ? Peut-être qu'il faut un renouvellement.
Donc on le disait à l'instant, Anne Hidalgo, vraiment c'est un peu distingué justement dans cette campagne. On passe à son temps à taper sur Jean-Luc Mélenchon, notamment par rapport à cette guerre en Ukraine. La candidate PS a obtenu 1,74% le plus bas score jamais atteint par un ou une socialiste dans l'élection. Thomas, comment expliques-tu que le PS ait fait un score aussi faible ?
Le PS a eu beaucoup de contradictions ces dernières années. Il ne faut jamais oublier que Hollande a fait une politique sur l'économie beaucoup plus à droite que Nicolas Sarkozy. Je me souviens, moi, de De Villepin, à l'époque, qui avait quand même perdu l'occasion de se présenter en tant que président à cause du CPE. On se souvient du CPE qui était une loi qui visait à flexibiliser le marché du travail pour les plus jeunes. La loi travail, c'est le CPE en XXL. La loi de Mme El Khomri, c'est ça. Et c'est Hollande qui l'a passée.
C'est Hollande qui a baissé les dotations aux collectivités locales qui font que des villes, parmi les plus pauvres, ont moins de dotations de l'État pour le périscolaire, pour la petite enfance, pour le loisir et pour la culture. La politique de droite qui n'avait pas été faite depuis la Seconde Guerre mondiale. Donc là, le PS a du mal avec cet héritage. Il y a beaucoup de gens qui font comme si ça n'existait pas et qui vous disent le social, l'écologique. C'est très simple de le dire. Mais dans les faits, ils ont fait une politique de droite.
Et puis, ils ont mis Macron sur orbite, qui a poursuivi, en allant encore plus loin, cette politique en jouant le fait qu'il était aussi un peu de gauche, quand même, sur quelques points. Et puis, certains se sont interrogés en disant est-ce que Macron est de gauche ? Donc, le PS a un héritage quand même très difficile. Très, très difficile. Et là, on voit que Hidalgo, qui quand même était une des premières à critiquer Macron à l'époque, et même à critiquer le gouvernement de Hollande, a voulu faire campagne. Et puis, très vite, comme ça ne marchait pas, a rappelé les vieux du PS, Hollande, qui a dû dire qu'il la soutenait, d'autres. Et au final, ça ne marchait pas.
Donc, qu'est-ce qu'il reste à faire ? Quand ton programme est pour le... C'est le moins qu'on puisse dire un peu vaporeux. C'est-à-dire que tu veux doubler le salaire des propres. En fait, tu dis en fait, ce n'est pas possible, je vais faire autre chose. Et que les éléphants du PS ne t'aident pas à même pas atteindre la barre des 5 %, ils t'auraient juste à taper sur le candidat de gauche qui est le plus haut dans les sondages. C'est ce qu'elle a fait. Mais ça ne lui a pas servi. Tous ceux qui ont fait ça ont fait des scores ridicules. Ils auraient mieux fait d'avoir un programme solide et de faire campagne comme Jean-Luc Mélenchon. Mais bon, ce n'est pas ce qu'ils ont fait.
Et typiquement, Bertrand Delano aussi a soutenu Macron, a appelé à soutenir Macron durant cette campagne. Alors, est-ce que selon toi, le Parti Socialiste a une responsabilité dans la défaite de Jean-Luc Mélenchon ?
Là, je ne pense pas. Parce qu'il était tellement faible. Je pense que les gens ont bien fait la part des choses. Je pense qu'après, la question sur la législative, sur d'autres élections, là, on peut en discuter. Mais la place que peut avoir le PS, qui peut empêcher certains d'une gauche un peu plus forte, notamment de la France Insoumise, d'avoir des postes, là, le PS, parfois, peut être un peu embêtant. Mais sur cette présidentielle, je ne pense pas. Je pense que là, les 1, et quelques pourcents qui ont voté, les 2%, pardon, qui ont voté pour Idal...
Un peu moins d'un pourcent, 1,74.
Voilà.
Même pas le prix d'un ticket de métro, c'est ce qu'on pouvait lire un peu sur les réseaux sociaux.
Les derniers, je pense que les autres ont été déjà chez Macron ou une partie chez Europe Écologie Les Verts et chez Mélenchon. Là, je pense que ce n'est pas elle qui a empêché l'élection de Mélenchon. Peut-être que, via les critiques qu'elle a faites, voilà, il y a un certain nombre de gens qui hésitaient, qui auraient pu mettre leur bulletin, qui ont fait, oh, avec la Russie, etc., l'Ukraine, je ne vais pas le mettre, mais je pense que ça n'a pas été, elle, le premier frein.
On a parlé aussi, donc, de ces alliances, l'opportunité de cesser, pour la France Insoumise, des alliances avec les partis de gauche. Est-ce que, en tout cas, la France Insoumise doit cesser une alliance avec le Parti Socialiste, typiquement ?
– Moi, c'est vraiment là, c'est un peu ce qu'on dit. Moi, en tant que commentateur, je regarde, je me dis, est-ce que le PS est une solution aujourd'hui ? Ou est-ce que c'est un problème ? Pour moi, c'est un problème. Il a un héritage catastrophique. C'est un problème, c'est tout. Ce n'est pas une opération pour sauver Willy. Donc, c'est une opération, pour moi, où on doit défendre des idées, etc. Et là, il y a quelque chose, quand même, qui est très gênant.
C'est-à-dire que quand vous voyez Olivier Faure, qui, à peine, il y a l'héritage d'élection présidentielle, il pense à sa circonscription et à son post-député, et il dit, au nom de la justice sociale et écologique, il faut absolument s'allier. Enfin, on sait très bien que tous ces gens, 24h, 48h, 72h avant, ce n'était pas l'urgence écologique et sociale qui primait. Sinon, ils se seraient retirés. C'était le fait de vivre une campagne, d'être présent, de ne pas tuer son parti, parce qu'il faut que le parti soit là. Et après, il faudrait aller les sauver. J'ai dit, non, mais c'est vrai. À un moment, il faut se dire qu'il doit y avoir un renouvellement. Il doit y avoir un renouvellement.
Est-ce que cette campagne, finalement, n'annonce pas la mort du PS ?
Ils ont fait un score, un très bon score régional. Mais ce n'est pas tant un score de parti que le renouvellement de ceux qui sont déjà en place. En politique, quand on est en place, on a souvent un avantage pour... On le voit bien avec Macron, qui n'a même pas eu besoin de faire campagne, et qui sort avec un score assez élevé. Le PS, là, en tous les cas, c'est un coup dur, un coup très dur. Je veux dire, il avait fait 6% la dernière fois. On pensait que c'était déjà un score faible. Aux européennes, en prenant une nouvelle tête de liste hors PS, comme Raphaël Glucksmann, ils ont fait 6%. Et là, ils font 1,5%. Bon, ça veut dire quelque chose.
Je pense que c'est le parti de gauche le plus faible. Et puis, en dessous du PC, qui, traditionnellement, faisait des alliances plutôt avec le PS, qui était puissant. Donc là, est-ce que ça vaut le coup de sauver les derniers postes qui restent pour législatives ? Je ne suis pas sûr. Moi, je pense que là, il faut que la clarification soit faite. Et qui dit clarification, dit politique de la terre brûlée.
Il y a un candidat qui est épinglé sur les réseaux sociaux. On a pu même lire sur des graffitis. À travers des graffitis, Yannick Jadot, Roussel, les traîtres de la nation. Donc, il y a vraiment une grosse rancœur qui est liée au résultat de ce premier tour. C'est Yannick Jadot, le candidat d'Europe Écologie Les Verts. Il est chaud au premier tour, sous la barre des 5%, loin des espoirs initiaux. Et d'ailleurs, le parti Europe Écologie Les Verts a lancé une campagne de dons, soutenir l'écologie.fr, pour éponger les frais du candidat Yannick Jadot. La défaite de Yannick Jadot est probablement une nouvelle occasion manquée pour l'écologie. Comment juges-tu sa campagne, Thomas ?
En fait, quand on regarde Europe Écologie Les Verts, Europe Écologie Les Verts est traversée par, on va dire, deux grosses contradictions. En fait, l'écologie, traditionnellement, est une écologie militante. Les anti-nucléaires, les anti-pesticides, c'était des militants, avec une certaine agressivité. Quand ils ont formé ce parti-là, ils ont gardé cet ADN un peu militant, sur certains points. Et puis sur d'autres points, c'est vrai que, par exemple, sur la question du service public, sur la question de l'Europe, là, ils étaient un petit peu limités.
Parce que c'est des gens qui sont très pro-européens, y compris quand on fait des plans d'austérité en Grèce, énormes, qu'on casse le service public dans tous les pays du Sud, eux, ils ne voient pas trop de mal à ça. On ne les a pas trop entendus critiquer là-dessus. Et là, ils le disent bien, on est pro-européens, pro-européens, même un peu européens, BA, bébête même, limite. Non, mais c'est vrai. Mais par contre, sur la question nucléaire, pesticides, ce sont des militants. Et depuis cette campagne, sur la question sociétale, ils sont aussi très à la pointe. Et donc, vous avez une partie d'Europe Écologie Les Vertes qui est très revendicative et très militante.
Et puis, une autre partie qui veut montrer maintenant que l'écologie peut gouverner. Parce qu'ils ont eu des postes de députés, des postes de ministres dans ce parti-là, quand même. Donc, ils ont eu des fonctions importantes. Et donc, Jadot représentait la partie qui montrait qu'ils étaient en capacité, on va dire, de gouverner. Donc, il fallait un peu plaire un peu à tout le monde. Et puis, il y avait la partie de Rousseau qui était beaucoup plus militante. Les scores ont été très serrés.
Et en fait, je pense que Yannick Jadot, qui a un programme dans sa tête et tout, même s'il y a des fois où il avait vraiment des points communs avec Jean-Luc Mélenchon, notamment sur le fait qu'il fallait sortir du nucléaire et aller sur les renouvelables, mais qu'il refusait de l'admettre. Je pense que c'était une erreur, parce que là, ils étaient d'accord. Ils étaient les deux derniers à être d'accord. Parce que Rousseau était pro-nucléaire, etc. Mais il a fait une campagne vraiment en disant, bon, il faut que je montre que je peux gouverner. Et il a effacé, je pense, toute la partie militante d'Europe Écologie-Les Verts.
Elle a voulu construire son leadership.
Voilà, son leadership. Il avait quand même un programme qui paraissait quand même assez clair dans sa tête, de ce qu'il nous disait. Alors, il essaie trop parfois, moi je trouve, sur des questions où il pouvait avoir des atomes crochus avec la LFI de se distinguer. Mais globalement, c'était clair. Mais il a voulu jouer la carte de je suis en mesure de gouverner, je suis l'écologie de gouvernement. Et ça n'a pas pris. Ça n'a pas pris. Donc, ce qui prouve que dans l'écologie, et c'est pour ça que quand on voit les jeunes, en fait, qui manifestent pour le climat, c'est des jeunes qui sont très revendicatifs.
Ce n'est pas des jeunes, donc il va falloir, c'est normalement quelque chose qui aurait dû profiter à Europe Écologie-Les Verts, toutes ces manifestations. Mais c'est des gens très revendicatifs. Et ça, je pense qu'il n'a pas réussi à les capter parce qu'il a voulu montrer qu'il avait une crédibilité. Il aurait dû jouer sur les deux, ce qui est très difficile. Ce qui est très, très difficile. Ce que Mélenchon a réussi à faire, justement. en étant aussi un militant. Mais il avait, je pense qu'il avait Sandrine Rousseau qui aurait pu jouer ce rôle. Peut-être qu'il ne lui a pas donné la place qu'il fallait. Peut-être qu'elle ne voulait pas non plus la prendre. Je ne suis pas à l'intérieur.
Mais il n'a pas réussi, en tous les cas, à combiner ces deux parties qui font en fait le parti Europe Écologie-Les Verts. Je pense qu'une grosse partie des gens qui votent l'écologie et qui étaient dans ses marches climat, ont rejoint Mélenchon déjà. Donc, je pense que là, à 4%, Jadot, il a fait quand même 13% européenne. Je pense qu'il aurait fait peut-être un peu plus. Il y a une grosse partie déjà, la plus radicale, qui avait rejoint Jean-Luc Mélenchon. Après, encore une fois, comme il a beaucoup tapé avec la question notamment de l'Ukraine, de la Russie, il a beaucoup été sur ces problématiques-là vers la fin.
Plutôt que d'aller, moi, de rester sur l'écologie, il a beaucoup tapé sur Mélenchon. Peut-être qu'il y a une partie, en fait, encore une fois, de la zone grise qui n'était pas déjà partie de la zone grise qui aurait pu, s'il y avait une alliance, enfin, une alliance ou un appel à voter, aurait pu voter pour l'LFI. Et comme ça se joue à très peu de voix cette fois-ci, je veux dire, toutes les petits milliers de voix, c'est très peu à l'échelle de la France. Là, il y aurait peut-être eu une zone grise à prendre encore un petit peu quelques voix parce qu'il y a beaucoup de gens d'Europe Écologie-Les Verts qui se retrouvent dans les combats quand il faut être contre les traités de libre-échange.
On voit, là, ils se retrouvent. Ils se retrouvent contre le TAFTA, le CETA. Ils se retrouvent pour la transition énergétique. Ils se retrouvent sur plein de combats. Ils se retrouvent et ils se connaissent. Quelqu'un comme Julien Bayou, on l'a vu avec Clémentine Autain, quand ils ont fait l'Alliance, ils se connaissent bien. Plusieurs fois, il a voulu. Il a toujours discuté avec les gens de l'LFI. Il y a une partie comme ça d'Europe Écologie-Les Verts qui est sur des combats communs avec l'LFI et donc qui aurait pu, je pense, s'il y avait eu un retrait, voté facilement pour Mélenchon.
Oui, puisque la France Insoumise, aujourd'hui, défend clairement le programme de L'Écologie-Les Verts. Alors, se pose la question de l'avenir de ce parti-là. Quel est l'avenir pour Europe Écologie-Les Verts ?
Il faut des appels aux dons. C'est vrai que c'est un peu compliqué parce qu'ils ont fait en dessous de 5 %. Alors, ils ont fait des bons scores aux européennes, mais ils ont pris quand même des villes. Ils ont pris quand même des villes. Je pense que là, il y a une grève d'une partie, en tous les cas, d'Europe Écologie-Les Verts qui serait possible avec la France Insoumise. Donc, il faut voir comment ça va se passer. Après, ce qui tuerait vraiment le parti, ce n'est pas tant les questions financières, c'est qu'au prochain quinquennat de Macron, il y a encore beaucoup de gens d'Europe Écologie-Les Verts qui rejoignent Macron. Parce que c'est ce qui s'est passé.
Quand vous avez des gens comme Pascal Canfin, M. Durand, qui était ancien premier secrétaire d'Europe Écologie-Les Verts, qui ont rejoint Macron comme ça pour rien du tout, pour un poste. Pour un poste. Voilà, c'est juste pour un poste. Là, il suffit qu'il y en ait d'autres, comme ça qu'on a vus dans la campagne, qui rejoignent Macron. Et là, c'est fini, je pense.
D'ailleurs, ce qui était assez étonnant, c'est de voir Yannick Jadot appeler à faire barrage à Marine Le Pen et donc voter pour Macron alors qu'on n'avait même pas encore les résultats définitifs. On va parler maintenant de Fabien Roussel, qui lui a obtenu un score de 2,31% des voix. Dimanche dernier, ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur. Le candidat communiste se place en huitième position des douze prétendants à l'Elysée et dépasse Anne Hidalgo. Le secrétaire national du PCF offre aux communistes le premier score à une présidentielle depuis 15 ans. En 2007, dernière élection, un candidat communiste concourait.
Marie-Georges Buffet avait réalisé un peu plus d'un pour cent des voix. Le parti avait ensuite décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour. Alors là, c'est complètement différent.
Voilà, là, il y avait une vraie réserve. Et là, la France insoumise avait ses 400 000 voix très facilement. Il y avait une vraie réserve de voix. Là, la greffe était facile à faire, on l'avait dit plusieurs fois. Même si Roussel voulait absolument prendre des positions contre celle de Mélenchon parfois, en surjouant ces positions-là, sur le fond, le PC, la France insoumise, le Front de Gauche, tous ces gens se connaissent, ils ont fait campagne ensemble. C'est des gens au Parti communiste qui sont assez disciplinés quand on leur dit qu'il y a un appel au vote, ils vont voter.
Et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont déjà voté Mélenchon, peut-être comme ça, mais beaucoup de gens qui ont voté Roussel sans y croire, mais par discipline de parti. Donc là, il y avait vraiment une réserve de voix majeure. Et là, il faut se poser quand même la question, c'est le PC a fait une superbe campagne aux européennes. Ils ont fait 2%. Mais ils ont fait, Yann Brossat a fait une très belle campagne. Je veux dire, il défend des choses que on pouvait être... Moi, j'étais assez d'accord sur un certain nombre de points. Mais il fait 2%, moins que le Parti animaliste qui n'a pas fait de campagne. Là, Roussel, on nous a dit que c'est une très belle campagne.
Ils avaient de l'argent, eux. Ils n'ont pas de problème de financement, eux. Ils ont de l'argent, etc. Ce qu'on a dit à un moment, c'est qu'il était même à 5%. Et là, on se rend compte, 2%. Donc, le PC, seul, même s'il y a beaucoup de maires PC pour qui j'ai énormément de respect, le maire de la Courneuve, le maire de Crigny, c'est des gens que j'apprécie. Heureusement qu'ils sont là. Le PC, c'est eux qui ont fait que le sport a été gratuit en banlieue. C'est eux qui se battent toujours pour que les plus faits puissent partir en vacances, qu'ils font des animations pour occuper les jeunes qui restent dans les quartiers en banlieue. Enfin, c'est des gens super.
Mais le parti en lui-même, l'abstraction, le parti en lui-même, seul, il finit toujours par faire des alliances avec le PS sur des villes. Pareil, dilue le message parce que le PS n'est plus le PS de Jospin. C'est fini. On est sur un PS maintenant qui fait du Macron. Donc, la question, à un moment, du parti historique et tout, du PC se pose. Et là, c'est vrai que pourquoi cette campagne ? Pourquoi ? Mais à qui ça profite ? Et je veux dire, les histoires de personnes, les histoires internes, en fait, la plupart des militants s'en foutent. Ils font abstraction, ils passent au-dessus de ça.
Je veux dire, on peut ne pas aimer le comportement de Mélenchon, mais s'il y a eu une urgence écologique, une urgence sociale et qu'il est tellement, tellement au-dessus du reste des candidats, la question, à un moment, se pose de se dire bon, qu'est-ce qui prime ? C'est le concours de beauté ou c'est mes idées ? Voilà. Et là, il savait que sa campagne, c'est une campagne de témoignage à la fin. Il le savait. Pourquoi aller au bout ? Pour se faire plaisir. Là, ça va être la case du service public, ça va être l'urgence écologique. On sait que ça ne va pas être, ça va être des ajustements très mineurs. On va repeindre en verre de trois choses et puis c'est tout. Il y a un vrai problème.
Il y a un vrai problème de fond.
C'est un problème d'égo.
Oui, c'est un problème d'égo. Mais si la politique, c'est des problèmes d'égo, c'est que les gens ne sont pas à la hauteur. Ségoyenne Royal a dit que c'est des nains politiques. C'est la première fois que je cite Ségoyenne Royal. Mais quand elle dit ça, elle a raison. Je veux dire, les enjeux... Moi, j'ai fait un tout petit peu de politique dans ma vie avec des gens qui m'ont parlé d'urgence sociale, d'urgence écologique. Et ces mêmes gens ne se sont pas positionnés là. Donc, ça veut dire que tout ça, c'est des concepts pour eux. Je le dis, urgence sociale, urgence écologique, mais après, je ne me positionne pas. Si tu ne te positionnes pas, tu te positionnes en fait pour Macron.
À un moment, on peut avoir des problèmes d'égo, ne pas aimer telle personne, ne pas aimer... Je veux dire, ce n'est pas Tinder, ce n'est pas un concours de beauté. On n'est pas là à se dire on veut l'homme parfait et c'est pour celui que je vote. Je veux dire, dans le fond...
Il n'y a jamais
de candidat idéal. Et on a des valeurs sur le social, sur l'écologie, sur les luttes antiracistes, sur plein de choses. Il y a un certain nombre de valeurs que l'on a avec des degrés d'importance plus ou moins fortes en fonction de son histoire, etc. Et on vote pour la personne qui représente le mieux
et l'on a appelé à voter Jean-Luc Mélenchon.
Oui, et je trouve que c'était une bonne chose. Ça, c'était pour le coup une bonne chose.
Deux femmes.
Deux femmes, voilà. C'est la difficulté pour les hommes. Mais voilà, il y a une vraie question à se poser là-dessus. Parce que rester jusqu'au bout pour dire je fais ma candidature pour passer dans les télés ou pour se dire c'est mon rêve parce que je pense que comme tout homme politique, comme c'est un parcours professionnel, faire une présidentielle, c'est un rêve. Mais si tu penses comme ça, c'est-à-dire que tu penses à ta personne avant les enjeux majeurs. Et là, il y a un vrai problème. Voilà, je pense qu'il faut que pour législative, les électeurs tiennent compte de tout ça et y compris les partis dominants. Parce que là, la gauche et ces enjeux-là sont passés vraiment à ça.
Ça a été très, très, très, très, très, très, très, très, très, très,
très, très douloureux.
Et ça reste un traumatisme. Parce que 2017 avait été un traumatisme pour beaucoup de gens. Moi, quand je parlais aux militants, ils me disaient tu verras, les gens se retireront parce que 2017 a été un traumatisme. Mais là, on a été encore plus loin dans le traumatisme. Je pense qu'à jamais on se souviendra de ces gens qui ont joué leur égo avant ce qu'il fallait faire, c'est-à-dire les enjeux sociaux et écologiques.
Alors qu'on a vécu cinq années de casse sociale, des gilets jaunes mutilés.
De droitisation de la politique, d'extrême droitisation même, on va dire, de la politique sur le pan libéral. On l'a vécu. Et là, on a remis une pièce probablement dans le jukebox.
Une gestion catastrophique de la crise sanitaire et puis un gouvernement qui méprise son peuple. On a vraiment le sentiment que les Français ont la mémoire courte et que la levée du pass vaccinal les a rendus comme amnésiques.
Et l'Ukraine. Et l'Ukraine. Je pense que les Français se sont dit qu'ils ont eu en fait beaucoup de... On leur a demandé beaucoup d'efforts avec la crise sanitaire, beaucoup d'ajustements. Moralement, c'est très difficile. L'Ukraine arrive, c'est très difficile. Et vous avez quelqu'un qui vous garantit finalement une pseudo-stabilité sans faire campagne. Et les gens se sont dit qu'une grosse partie se sont dit qu'il ne faut plus que rien ne bouge. Mais en réalité, si rien ne bouge, c'est la continuité. Et en fait, quand c'est la continuité, c'est la retraite à 65 ans, c'est le RSA avec 20 heures, c'est les économies à tous les niveaux sur le service public. L'apprentissage à 12 ans.
L'apprentissage à 12 ans. C'est le tournant écologique qui n'aura pas lieu, et ainsi de suite. Donc, c'est la continuité. Donc, ce sera un monde beaucoup plus difficile pour les plus précaires.
Et donc, ce qui est terrible, c'est que même ces scandales dont on a entendu parler vraiment à quelques jours du premier tour, McKinsey, par exemple, Macron, c'est vraiment un peu le Robin des Moins inversés, qui vole aux pauvres pour donner aux riches. Même ça, ça n'a pas suffi pour faire basculer...
Oui, mais il ne faut pas que Macron fasse trop le malin, parce que là, il y a quand même trois blocs. Il y a le bloc extrême droite, il y a le bloc libéral de Macron, PS, UMP, etc. Et puis, il y a le bloc quand même de gauche, incarné par Mélenchon et puis par ce qui reste de Roussel et de Jadot et un peu d'Hidalgo. Donc, il y a trois blocs. Et là, il faut faire attention. C'est-à-dire, il faut qu'il fasse attention à Macron. Et là, ce qui est marrant, c'est que maintenant, il fait campagne. Alors là, l'Ukraine, il n'y a plus rien. Là, l'agenda s'est libéré. C'est pour ça que...
Enfin, il y a un sentiment quand même, quand on suit cette campagne, il n'a pas fait campagne au premier tour, maintenant, son agenda s'est libéré. Il y a le sentiment quand même qu'on se moque de nous depuis le début. Mais ça n'a pas empêché de faire quand même un score assez important. C'est assez étonnant.
Oui. Et justement, s'agissant du mépris qu'il affiche clairement pour son peuple, Macron, aujourd'hui, fait même de l'appel aux pieds aux musulmans de France en parlant d'une laïcité beaucoup plus inclusive et en défendant davantage la question, notamment, des signes religieux. Bon, le gros vainqueur, en tout cas, de cette campagne, ça reste l'abstention.
Oui, tout à fait. C'est incompréhensible. Moi, j'ai dû... Enfin, j'ai vu des reportages où ils ont interrogé des jeunes, de Bobigny, etc., qui ont dit « Oh, ben ça, c'est... » J'arrive à comprendre, en fait, ils disent « Ça ne sert à rien. » J'arrive à comprendre parce que ça fait, en fait, 30 ans qu'on leur bourre le crâne en leur disant, en fait, que tu ne dois rien attendre de la politique. C'est toi. C'est toi, l'individu, ce qu'on leur montre à la télé. C'est toi, l'individu, si tu es malin, si tu accroches les bonnes personnes, qui va t'en sortir et ils ont compris qu'ils étaient livrés à eux-mêmes. Donc, c'est très difficile de les mobiliser. Ils se disent « Rien ne va changer.
» On a vu Sarko, Hollande, Macron, ça n'a pas changé. Il y a eu des alternatives, soi-disant, politiques, sans alternatives économiques. En même temps, quand même, si on ne va pas... Enfin, c'est le moment quand tu votes où tu peux... Tu as le même pouvoir, finalement, qu'un milliardaire, en fait. Tu es à la même voix qu'un milliardaire. C'est peut-être un des rares moments où tu as ça. Et que les riches savent se mobiliser. Ils savent se mobiliser. On a bien vu comme ils sont passés de Fillon à Macron très rapidement. Ils savent où sont leurs intérêts. Ils sont minoritaires et ils savent où sont leurs intérêts. La plupart des gens sont majoritaires.
Il y a une partie qui n'est pas claire, qui ne sait pas où sont ses intérêts. Soit parce qu'il ne lit pas les programmes, soit parce qu'il est intoxiqué par ce qu'il voit à la télé, soit parce qu'on leur promet des choses ou on leur dit des choses qui ne sont pas vraies, comme c'est le cas de l'extrême droite, ou soit parce qu'ils ont lâché prise et qu'ils ne croient plus à la politique. Et qu'ils pensent que c'est l'individu qui va tout changer.
Et ça, il y a un gros réinvestissement à faire dans les quartiers populaires et l'éducation populaire qui a été fait, qui a quand même été fait à cette campagne puisqu'on voit des scores assez impressionnants en Seine-Saint-Denis, tu l'as rappelé, et ailleurs.
On a commencé avec Jean-Luc Mélenchon, on va terminer avec le leader de la France Insoumise qui a fait plutôt un beau discours qui sonnait comme un discours d'adieu. Tu as peut-être quelque chose à en dire, Thomas ?
Non, j'ai trouvé, on se souvient où il y avait eu toute une controverse sur le fait qu'il n'avait pas appelé clairement à faire barrage à l'extrême droite. Certains avaient dit qu'il avait été mauvais perdant, etc. Il n'avait pas reconnu tout de suite son score. Il y a eu tout ça. Et là, en fait, il a fait un discours vraiment qui restera, je pense, dans les annales. C'est vraiment s'il prend sa retraite, c'est ce qu'on a cru comprendre. C'est vraiment le discours vraiment de la fin de 10 ans avec le Front de Gauche, de 3 élections présidentielles où chaque fois il a fait encore plus. Donc, c'est un très beau discours, un discours très clair où il a dit un vote en faveur de l'extrême droite.
Donc, on ne pourra pas lui reprocher de jouer sur les deux tableaux. Il a été très clair. Et non, c'était un très beau discours. Et puis, j'ai bien aimé aussi ce passage de relais qu'il a fait à la jeunesse en disant « vous ferez mieux que moi », etc. Bon, c'était assez émouvant. Je veux dire, quand quelqu'un fait campagne comme ça, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, qu'on est différent, etc. Quand vous avez quelqu'un qui fait une campagne de terrain comme ça et vraiment qui arrive à imposer ses idées parce qu'il arrive à convaincre. Vraiment, ce n'est pas quelqu'un qui regarde les sondages et qui fait du buzz.
Il arrive à convaincre qu'il remplit des salles, des places, mais de cette manière-là. Je veux dire, et qu'il continue à faire ses meetings, qu'il envoie ses lieutenants faire d'autres meetings et qu'il remplit des salles. Je veux dire, là, il y a beaucoup Jadot a annulé des meetings. Beaucoup de gens a annulé des meetings. Ils faisaient des meetings, il y avait très peu de personnes. Lui, il remplissait en plusieurs milliers de personnes des salles. C'est impressionnant. Donc, ça a fait vraiment... C'est pour ça qu'on l'a appelé la tortue. C'était vraiment un chemin de croix et puis d'un seul coup, ça a explosé. Et puis à la fin, bon, il est proche du...
Je trouve qu'il a été très bon perdant, en fait. Il a été très bon perdant. C'est aussi pour ça qu'en fait, cette défaite de la gauche est difficile à digérer, en fait, encore plus pour ceux qui défendent des valeurs de gauche parce que là, il y a eu une superbe campagne. La LFI était très, très, très, très, très proche et vous avez un discours de fin qui dit bon, on a tout essayé, on est désolé. Ça va être dur. Donc, c'est pour ça que cette campagne va être un traumatisme. Moi, je pense que cette campagne sera un traumatisme, vraiment. Et on le voit bien, ça ne s'arrête pas sur les réseaux sociaux. Ça va être un traumatisme pour tous les militants de gauche, quel que soit leur parti.
Merci, Thomas Porcher. En tout cas, si le candidat a perdu, ses idées sont victorieuses. Merci à vous aussi d'avoir suivi cet instant, Porcher. Il y a quelques jours, on a lancé une campagne d'abonnement. Si on ne parvient pas à rapidement pérenniser nos finances, on risque de devoir renoncer à notre devoir d'information et de cesser toute activité. Donc, nous avons besoin d'enregistrer 4000 nouveaux abonnements à hauteur de 5 euros par mois ou plus pour garantir la survie du média. C'est un défi que l'on peut aisément relever ensemble. Rendez-vous sur le médiatv.fr slash soutien, spectateurs, abonnés, donateurs et sociaux. On vous dit à très vite.
Jean-Luc Mélenchon