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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 14 octobre 2016 24 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalAgriculture & alimentationNumérique

La revue de la semaine #2 : Syrie, médias, Orwell, CETA, lobbies, agriculture

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Locuteur 1Chiffre
    « On a eu 1.000 pouces bleus, alors on est contents parce que c'est un peu un indicateur de... de réussite, et un peu plus de 30.000 visiteurs pour voir ce numéro 1. »
  • 3:30Locuteur 1Chiffre
    « 3.000 d'entre vous ont décidé de s'abonner à ma chaîne Youtube. »
  • 4:30Locuteur 1Fait
    « La première victime dans une guerre, c'est la vérité, disait un journaliste célèbre. »
  • 8:30Locuteur 1Fait
    « Les groupes dits Al-Nosra, qui sont une branche d'Al-Qaïda qui sont les gens qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo. »
  • 10:30Locuteur 1Fait
    « François Hollande n'en a pas les moyens et qui va le suivre et le croire, il n'est pris au sérieux par personne. »
  • 12:30Locuteur 1Fait
    « Les Nord-Américains eux-mêmes ne reconnaissent pas le tribunal pénal international. »
  • 15:30Locuteur 1Fait
    « Les missiles installés en Pologne ne visent que les installations de la... de la sécurité nucléaire russe. »
  • 17:30Locuteur 1Fait
    « Le chef d'état-major des armées américaines a dit que le conflit avec la Russie et la Chine était quasi-inévitable. »
  • 21:00Locuteur 1Chiffre
    « 9 milliardaires possèdent 90% de la presse écrite de ce pays et audiovisuelle. »
  • 26:30Locuteur 1Fait
    « Cet accord avec le Canada, c'est à peu près la même chose que l'accord qui nous est proposé avec les Etats-Unis d'Amérique. »
  • 30:30Locuteur 1Fait
    « Il vous faut 5 kilos de protéines végétales pour produire un kilo de protéines animales. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Alors voilà le numéro 2 de la Revue de la Semaine. Je voudrais remercier tous ceux qui nous ont fait l'amitié de commentaires, de conseils pour le numéro 1. J'espère que vous vous rendrez compte qu'on a essayé d'en tenir le plus grand compte pour ce numéro 2.

On a eu 1.000 pouces bleus, alors on est contents parce que c'est un peu un indicateur de... de réussite, et un peu plus de 30.000 visiteurs pour voir ce numéro 1.

J'espère qu'on sera encore plus nombreux cette fois-ci et du coup, 3.000 d'entre vous ont décidé de s'abonner à ma chaîne Youtube. Alors, je vous donne tous ces chiffres parce que j'ai intérêt à avoir des outils de communication autonomes parce que si je... j'en reste au système informatif, heu... pff, c'est la cata, quoi. cette semaine encore, sur un sujet d'actualité, j'ai payé cher.

C'est pourquoi j'espère que vous ferez vous-mêmes tourner les petites vidéos qu'on a mis au point pour répliquer. Pourquoi ? Cette semaine, l'événement, c'était le bombardement d'Alep.

Bon. Alors, la bataille qui se déroule en Syrie a lieu sur toute une série de fronts, n'est-ce pas ? Et la plupart des gens qui se renseignent un peu, qui essayent de ne pas rester à l'émotion de l'instant, et surtout, qui se méfient des images manipulatrices parce qu'elles le sont toutes en période de guerre, vous le savez comme moi. "La première victime dans une guerre, c'est la vérité", disait un journaliste célèbre.

Bon. Donc, la guerre est une addition de crimes entourée d'images de propagande flatteuses pour le camp qui fait les images. Alors, cette semaine, les Nord-Américains et leurs alliés, c'est-à-dire essentiellement François Hollande, ont mis en circulation toutes sortes d'images qu'il n'était pas difficile de... d'obtenir puisque un bombardement abominable a eu lieu sur l'Est de la capitale, je dis "abominable" parce que ce que tous les bombardements sont abominables, et nous, les Français, on est bien placés pour le savoir parce que, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pour déloger les unités de l'armée allemande et de la SS qui étaient sur notre territoire, les Américains ont bombardé, pour nous libérer, heu... et ont rasé plusieurs villes.

Rasé. Le Havre, Yvetot, petite commune du pays de Caux où j'ai eu le bonheur d'habiter, il ne restait plus rien. Et j'en passe.

Caen, Saint-Nazaire, un bon morceau, Brest, Lorient, enfin toutes ces villes ont été bombardées, il y a eu des milliers et des milliers et des milliers de morts, ce qui fait, d'ailleurs, que les parachutistes étaient assez mal accueillis après ça, donc les Français savent ce que c'est que des villes bombardées pour en extraire un ennemi qui s'y cache. Et c'est ce qui arrive avec les différents secteurs de... de la Syrie, et en particulier à Alep où la ville est coupée en deux, il y a la partie Ouest qui est passée sous le contrôle de l'armée régulière et des Russes, appuyée par les Russes, et la partie Est qui est armée par les Nord-Américains et qui compose les groupes dits Al-Nosra, qui sont une branche d'Al-Qaïda qui sont les gens qui ont assassiné les journalistes de Charlie Hebdo.

Et donc, les Russes et les... le gouvernement syrien bombardent, bombardent, alors évidemment, ça donne ce que tout le monde sait quand il y a des bombardements, c'est-à-dire que des immeubles s'effondrent, et de pauvres gens qui sont là, qui n'en peuvent mais parce qu'ils sont victimes deux fois, ceux-là : une première fois parce qu'ils sont opprimés... par les islamistes, et une deuxième parce qu'ils sont bombardés.

Cette situation est commune aux périodes de guerre et elles sont abominables. Je pense qu'il faut le répéter plusieurs fois, parce que sinon, comme je refuse de répéter ce qu'on voudrait me faire dire, on fait comme si je ne trouvais pas abominable un bombardement, mais moi, je n'ai pas de préférence entre les bombardements, c'est ma différence avec beaucoup d'autres qui n'ont plus rien à dire quand il s'agit des bombardements de l'Arabie Saoudite, du Qatar ou des Etats-Unis d'Amérique et qui sont tout d'un coup très bavards quand il s'agit de ceux des Russes. Voilà.

Alors, j'ai fait une émission à Public Sénat, et on me dit : "Que pensez-vous de la déclaration de François Hollande d'après laquelle Vladimir Poutine devra répondre de ses actes devant le tribunal pénal international ?" Bon. Pff.

J'ai répondu : "C'est un bavardage." La bavardage, c'est ce... c'est ce que dit François Hollande, pas les bombardements, évidemment, mais eux, ils ont arrangé l'affaire pour me faire dire que je considérais que c'était du bavardage que de dire que la population d'Alep était bombardée.

Maintenant, je veux quand même que vous compreniez que, en effet, c'est du bavardage, quand on est François Hollande, que de dire qu'on va envoyer Vladimir Poutine au tribunal pénal international. Ça n'a aucun sens. D'abord, parce que François Hollande n'en a pas les moyens et qui va le suivre et le croire, il n'est pris au sérieux par personne et il a discrédité totalement la position de la France ; et puis, une deuxième raison : c'est que dans une guerre, si vous comptez vous rapprocher de la paix en menaçant les protagonistes de les envoyer au tribunal pénal international, c'est clair que vous n'arriverez à rien comme ça.

Et d'ailleurs, les Nord-Américains, les USA, ne demandent rien de semblable et vous savez pourquoi ? C'est parce que les Nord-Américains eux-mêmes ne reconnaissent pas le tribunal pénal international, par conséquent, ils ne proposent pas d'y envoyer quelqu'un, vu qu'ils savent très bien que, du jour où, le tribunal, ils le reconnaîtraient, c'est eux qui iraient devant, et pas seulement pour l'affaire de la Syrie, mais pour des... pour des tas d'autres.

Vous voyez, ce sont des situations qui, si on n'y regarde pas avec discernement, soin et attention, sont embrouillées et peuvent conduire facilement à tomber dans les... les excès de la propagande.

Nous, nous n'avons ni amis, ni intérêts autres que les nôtres, dans cette affaire, nous, Français. Voilà. Et nous, notre intérêt, c'est qu'il faut que la guerre s'arrête.

Et pour que la guerre s'arrête, il faut que soient défaites les troupes qui nous affrontent et qui nous envoient des gens qui posent des bombes chez nous ou qui tuent des rédactions. Voilà. Donc, moi, je ne suis pas du tout d'accord avec M.

Fabius quand il a déclaré que Al-Nosra faisait du bon travail. Je ne vois pas quel genre de bon travail Al-Qaïda peut faire là-bas ou où que ce soit. Vous verrez d'ailleurs, dans les prochains jours, que les mêmes qui poussent des cris à propos des bombardements d'Alep, n'en pousseront aucun quand il s'agira de Mossoul, une grande ville kurde, de l'Irak, qui est actuellement en phase de préparation à l'assaut, et les Français ont installé l'artillerie et ce sont les Français qui coordonnent l'artillerie qui va pilonner cette ville, et ça m'étonnerait que cette artillerie fasse le tri entre les civils et les combattants, hein.

Bien sûr que non. Donc toutes les guerres sont horribles, c'est pourquoi il ne faut pas faire la guerre. Tous les bombardements sont horribles, c'est pourquoi il ne faut pas créer des guerres qui ensuite, rendent nécessaire les bombardements.

Toutes ces leçons de sagesse, que j'aurais répétées 100 fois avant, et 100 fois pendant, ne sont jamais prises en compte. On ne prend en compte que la propagande. Alors, dans cette malheureuse Syrie, que se passe-t-il ?

Les Nord-Américains et leurs alliés ont l'intention de découper ce pays, de manière à pouvoir procéder à des arrangements divers, non seulement pour faire passer les gazoducs et les oléoducs dans des zones contrôlées par les Nord-Américains, mais aussi pour, éventuellement, refaire la carte du coin. Les Turcs, vous ne le savez peut-être pas, ou vous n'y avez pas prêté attention, sont entrés en Syrie. Imaginez-vous un pays qui rentre chez le voisin.

La dernière fois qu'un tel cas s'est produit, c'était l'Irak qui était entré au Koweït. Ça a déclenché une guerre contre l'Irak. Là, il ne se passe rien.

Non seulement les Turcs sont entrés, mais ils sont entrés pour pourchasser les Kurdes, qui, eux, combattent nos ennemis. Vous voyez cette histoire. Et qui soutenons-nous ?

Les Turcs. C'est une histoire de fous. Et les Nord-Américains ont installé des bases dans la partie du pays par laquelle les Turcs sont entrés.

On est en train, donc, de dépecer la Syrie, et chacun y va avec sa propagande. Alors, la dernière remarque à faire, c'est que les Nord-Américains sont très soucieux de faire une propagande très violente contre les Russes et les bacharistes, pour la raison que eux-mêmes ont un énorme problème de crimes de guerre. C'est ce qu'a fait l'Arabie Saoudite au Yemen, où, à force de bombarder, alors ils ont bombardé des hôpitaux au point que les associations ONG qui étaient là ont fini par partir, parce qu'elles ne se sentaient plus en sécurité.

Ensuite, il y a quelques jours, ils ont bombardé un enterrement, en tuant les gens qui se trouvaient là, et tout ça peut être considéré comme des crimes de guerre. Et le crime de guerre, dans la législation, heu, et bien, ça a une définition assez stricte. Et ceux qui arment ou participent ou préparent ce type d'activités sont eux-mêmes passibles de poursuites.

Et les Etats-Unis d'Amérique craignent que, à cause des événements au Yemen, et du fait que c'est eux qui arment les Saoudiens avec nous, les Français, la France, et bien, ça tourne mal pour eux, à leur tour, a être accusés de crimes de guerre. Donc vous voyez, c'est la raison pour laquelle la meilleure attaque, c'est la défense, et ils en imputent aux autres. Nous, les Français, nous ne pouvons pas être d'accord avec la continuation de cette guerre.

Il faut qu'elle cesse. Et pour la cesser, il faut être écouté. La France n'est plus écoutée, parce que M.

François Hollande est, à... aux yeux de l'univers entier, ce qu'était M.

Blair auprès de... du Président Bush, c'est-à-dire une sorte d'accompagnateur, de caniche qui dit oui à tout ce que dit l'autre.

Rappelez-vous que le premier acte qu'a fait M. Hollande lorsqu'il a été élu Président de la République, c'est de se rendre au sommet de l'OTAN, à Chicago, en 2012, et il a accepté l'installation des missiles anti-missiles que les Etats-Unis d'Amérique installent en Europe, en Pologne pour être plus précis, pour intercepter, disaient-ils à l'époque, les missiles iraniens. Entre temps, la paix a été faite avec l'Iran, dans des conditions d'ailleurs discutables, et on se demande à qui sont destinés ces missiles.

Ben, figurez-vous qu'il y en a qui ont vite compris à qui ils étaient destinés. A eux. C'est des Russes.

Car, évidemment, les missiles installés en Pologne ne visent que les installations de la... de la sécurité nucléaire russe, c'est-à-dire de leurs armements nucléaires.

Ecoutez les gens, peut-être que tout ça, ça peut vous paraître lointain parce que, bon, je pense que pas mal de ceux qui m'écoutent sont plus jeunes que moi, mais, vous savez, quand l'URSS avait installé des missiles à Cuba, ça a failli déclencher la guerre mondiale. Ils étaient à 150 km, ce qui, à l'époque, était une portée tout à fait accessible à un petit missile. Là, nous sommes dans des distances tout à fait comparables, et les Russes savent que les Nord-Américains les menacent.

Au demeurant, le chef d'état-major des armées américaines a dit que le conflit avec la Russie et la Chine était quasi-inévitable, parce que les Nord-Américains sont sur deux fronts : avec la Chine et avec la Russie. Donc j'adjure qu'on comprenne que nous sommes menacés d'une guerre généralisée, et que, on va à la guerre généralisée, en général, par petites étapes où on habitue les opinions, où la propagande de guerre vous fait trouver normal quelque chose que, à froid et de sang-froid, vous ne trouveriez jamais normal. Alors, à froid et de sang-froid, dites-moi quel intérêt nous avons à voir installer des batteries de missiles anti-missiles à l'Est de l'Europe ?

Alors que ceux qui vont prendre les coups en riposte, c'est nous. Ce ne sont pas les Nord-Américains. C'est nous, les Européens, qui prendront les coups en riposte.

Il ne faut pas aller à la guerre. Il faut empêcher la guerre d'avoir lieu. Et il faut donc empêcher l'engrenage, qui, en partant d'Alep, peut nous amener jusqu'aux frontières de la Russie en passant par l'Europe.

Voilà ce que je voulais vous dire. Je vous adjure d'écouter mon discours, c'est celui de quelqu'un qui veut la paix. Je ne suis pas en train de soutenir je ne sais qui contre je ne sais qui.

Je ne m'occupe que de nos intérêts, à nous les Français. Notre intérêt est que la guerre là-bas s'arrête, et qu'elle n'ait pas lieu en Europe. Notre intérêt est que la guerre s'arrête là-bas, et qu'elle n'ait pas lieu en Europe.

On verra ce que sera le jugement de l'Histoire après une période pareille. Moi, je vous renvoie à ce que disait Jean Jaurès avant la Première Guerre mondiale. Il faisait appel auprès de ses concitoyens à la seule chose qui compte : la raison, le discernement.

Ne pas se laisser emporter par les propagandes, les images, on fait dire ce qu'on veut à des images, vous le savez tous, maintenant, surtout la jeune génération qui est beaucoup plus habituée que l'ancienne aux images, et qui a un regard critique dessus. Si vous voulez vraiment lire un livre qui vous... vous fera peur, hein.

C'est Orwell, "1984". Dans Orwell, "1984", vous avez 3 pays qui portent des noms bizarres, qui se font une guerre dont personne ne sait rien, sinon qu'on en entend parler et qu'on appelle sans cesse à la mobilisation. Et c'est un peu ce qu'on vit aujourd'hui avec des grands blocs qui sont en train de se constituer, et les Etats-Unis d'Amérique veulent faire avec l'Europe un grand bloc.

Leur idée, c'est que l'Occident, comme ils disent, est menacée de passer à la dernière place face aux Asiatiques et, heu... aux autres populations émergentes Et donc, il faut que l'Occident, comme ils disent, se regroupe pour former une seule puissance pour faire face aux autres.

Alors, tout ça, c'est une vision, hein. C'est une absurdité. Donc, voilà, c'est ça l'idée des Nord-Américains, et pour que ce monde là fonctionne, avec 3 blocs qui se font face et qui sont en guerre, sans qu'on en connaisse vraiment les raisons, en fait, la raison, c'est la cupidité, c'est le capital accumulé, c'est les profits, et bien, il y a des gens qui s'occupent de faire que les citoyens se tiennent tranquilles, à la niche.

Comment font-ils ? C'est Big Brother, le Grand Frère. Le Grand Frère surveille tout le monde, il y a des caméras partout, moi, quand j'ai lu ça, j'étais jeune homme, on arrivait même pas à imaginer ce que ça pouvait être une caméra qui vous surveille à la maison ou dans la rue.

Ben, maintenant, c'est fait. Et il y a même mieux que la caméra qui vous surveille à la maison ou dans la rue, c'est votre propre téléphone, les gens. Le téléphone avec lequel vous n'arrêtez pas de jouer sans arrêt, là, quand c'est un smartphone, et bien, cette machine là, que vous le vouliez ou non, elle peut se déclencher toute seule pour écouter votre conversation ou vous filmer grâce à la caméra qu'il y a dessus, alors vous me direz : "Je ne vois pas pourquoi ils me filmeraient." Ben oui, je me demande bien pourquoi.

Mais en attendant, ils le font, hein. Et ils ont appris à utiliser des systèmes qui permettent, grâce aux téléphones et grâce aux images prises par les autres, de repérer qui est dans une foule, qui s'y trouve, etc. Et vous-mêmes, vous n'êtes pas toujours très malins, qu'est-ce que vous faites ?

Vous dites qui c'est qui était avec vous, vous marquez les noms, hein, que vous tapez pour les faire reconnaître. Donc, une fois qu'ils ont fait ça, on surveille tout le monde, on a fabriqué une fausse frontière, une fausse raison de guerre, il ne reste plus qu'à voler les mots. Et dans "1984", vous verrez comment le tyran vole les mots.

Alors, il y a un ministère qui s'appelle le ministère de l'Amour. Bon, c'est celui-là qui s'occupe de la guerre. Ils parlent une langue qu'ils appellent la novlangue.

Il y a moins de mots, comme ça, vous avez moins l'occasion de réfléchir, hein, et de penser. Voilà. Et bien, cet univers qu'on appelle orwellien, hein, à cause de ce... de ce livre, "1984", c'est celui qui est en train de se mettre en place sous les yeux.

Alors, les gens, ne vous laissez pas faire, hein. Voilà. Moi, en tout cas, j'aurais fait mon devoir d'intellectuel, j'aurais prévenu à temps.

Je dis moi, et bien d'autres, hein. Parce que vous savez, il y a vraiment beaucoup de gens qui réfléchissent, qui écrivent, qui pensent, qui font des livres, qui décortiquent tout ça, mais, le... le système des mass-médias, lui, évidemment, il enterre tout ça et il conditionne, il prépare les cerveaux, il les dresse, il ment, il fausse, il triche, bon, voilà.

Vous savez, voilà, 9 milliardaires possèdent 90% de la presse écrite de ce pays et audiovisuelle, ce n'est pas rien, hein. Ce n'est pas rien, hein. Ben voilà, c'est comme ça.

Et ce monde là, c'est celui dans lequel vous vivez. Dans lequel je vis, moi, comme vous, sauf que, le plus pénible pour moi, c'est que, en plus, ils me font dire des choses que je ne dis pas. Heu, ils me font penser dans leur petite case, toute petite, où il faut que tout le monde soit à sa place, alors, à Alep, vous êtes soit avec Bachar Al-Assad et Poutine, soit avec ce bon M.

Obama et ce bon M. Hollande. Et là-dedans, évidemment, dans les deux cas, où est la place de l'intelligence ?

Voilà, c'est celle que chacun d'entre nous va se donner. Je voulais vous dire tout ça avant de passer au deuxième point de ma Revue de la Semaine. Bon, le 18 octobre, c'est la réunion du Conseil des ministres européens qui doit délibérer d'une question, l'adoption par l'Europe de ce qu'on appelle le CETA qui est un accord, un traité commercial entre l'Europe et... le Canada.

Bon. Alors, ce jour-là, les ministres vont évidemment dire oui. Vous savez pourquoi ?

Parce que les Allemands disent oui, donc, par conséquent, tous les autres vont dire oui. Et ce traité, même si tout le monde n'a pas fait voter dans son propre pays pour ou contre, que ce soit par les Parlements ou par référendum, pourrait bien s'appliquer sans même, donc, avoir été adopté formellement. Vous vous rendez compte ?

C'est comme ça. C'est ça, les règles de fonctionnement de l'Europe. Alors, pourquoi c'est un problème ?

Ben, parce que cet accord avec le Canada, c'est à peu près la même chose que l'accord qui nous est proposé avec les Etats-Unis d'Amérique, que vous savez, ces accords qui changent de nom sans arrêt, tantôt, ils s'appellent TAFTA, tantôt, ils s'appellent TIPP, tantôt...

Alors, ils n'arrêtent pas de changer de nom, mais tout le monde a compris ce que c'est, c'est un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, là, c'est pareil. Alors, il y a bien des problèmes qui sont posés par ce traité CETA. On nous le présente comme la version sympa, puisque c'est les Canadiens, les Canadiens, c'est des potes, c'est les Québécois dedans, bon, donc ce n'est pas des méchants à côté des Etats-Unis d'Amérique.

Foutaises. La vérité, c'est qu'il suffira à n'importe quelle... entreprise des Etats-Unis de mettre son... de mettre un siège social au Canada, et hop, les marchandises circuleront entre les deux rives de l'Atlantique.

C'est évidemment un cheval de Troie, ce CETA Et surtout, ce qu'il y a de grave, c'est que dedans, il est prévu des tribunaux d'arbitrage. A quoi ils servent ? Ce sont des tribunaux où une entreprise peut porter plainte contre un Etat.

Déjà, c'est assez nouveau. Et elle porte plainte en disant : "Ah, ben, vous avez changé la loi, donc vous m'avez causé du tort, donc il faut me dédommager." Admettons.

Admettons qu'on accepte l'idée qu'une entreprise porte plainte contre l'Etat parce qu'il a changé la loi, mais elle va demander quoi, comme dédommagement ? Vous, ce qu'il vous vient à l'esprit, c'est de vous dire : "Ah, ben, l'entreprise, elle a acheté des machines, elle a fait des investissements, donc c'est normal que on les lui rembourse, si ça a changé." Non, mais ce n'est pas ça qu'ils demandent, eux.

Ils disent : "Attendez, nous on avait l'intention de venir ici pour, par exemple, prendre du pétrole de schiste." Comme c'est le cas dans un cas au Canada. "Et vous avez changé la loi.

Et ben, si vous changez la loi, il faut nous rembourser le bénéfice qu'on comptait faire." Donc, ils n'ont pas fait la moindre chose, mais il faudrait qu'on les dédommage comme si ils les avaient fait, comme s'ils avaient fait du profit dessus. C'est une histoire de fous.

C'est comme ça que l'Etat australien se retrouve confronté aux lobbies du tabac parce que l'Etat australien a changé sa législation et mené des campagnes anti-tabac. Alors les cigarettiers disent : "Ben nous, on avait prévu qu'il y avait tant de millions de cigarettes qui allaient être fumées, elles le sont pas, pouf, vous nous les devez." Voilà.

Et c'est pareil en Allemagne où le gouvernement allemand est pris à partie par les entreprises qui travaillent dans le nucléaire qui disent : "Ah, ben, nous, on avait prévu de faire tant de millions de kWh grâce aux centrales nucléaires, on ne peut pas les faire, il faut nous les rembourser." Voilà. Donc vous voyez la logique incroyable.

Alors, d'abord, ils demandent à être dédommagés de profits par rapport à des activités qu'ils n'ont pas faites, mais, chose encore plus incroyable, ils osent demander ça à un tribunal d'arbitrage. L'arbitrage, les amis, ce n'est pas la loi, hein. Bon.

Et pourquoi c'est un tribunal d'arbitrage ? Parce qu'ils disent : "Ben, nous on... on ne veut pas dépendre de la loi du pays concerné.

On veut dépendre des usages et des coutumes et heu, des jurisprudences du commerce international." Donc on fabrique un "tribunaux" (sic) rien que pour eux, et dans ce tribunal, ce n'est pas la loi qui s'applique, c'est l'ensemble des références commerciales anglo-saxonnes du monde. Donc vous pouvez voter les lois que vous voulez dans votre pays, ça ne compte plus pour eux.

Et puis vous savez comme moi comment ça se passe. Quand vous vous préparez à voter une loi et que vous apprenez que vous avez des lobbies qui vont vous demander des dédommagements, ben on vous tire par la manche, et puis on vous dit : "Surtout ne faites pas cette loi, ça va vous coûter un bras." Bon, voilà.

C'est donc cette situation là qui va avoir lieu avec le CETA. Alors, bon, voilà l'aspect politique, voilà l'aspect commercial, et maintenant, je viens sur l'aspect qui m'importe particulièrement dans cette affaire, c'est l'impact sur l'agriculture. Parce que tout ça ouvre les vannes, c'est donc la liberté absolue du commerce, vous savez ce que ça a donné pour le lait, hein.

Autrefois, il y avait des quotas, on ne pouvait pas produire plus qu'une certaine quantité, comme ça, on contrôlait les prix. Du jour au lendemain, ils ont dit : "Ah ben, ça, c'est terminé, maintenant, le lait, c'est une marchandise comme les autres, il y a des hauts et des bas." Ben, forcément, quand il y a des hauts, tout le monde investit pour faire du lait l'année suivante ; l'année suivante, il y a trop de lait, plouf, tout s'écroule et il y a des entreprises qui ferment et surtout, je termine là-dessus, aussi, ben, vous avez des milliers de vaches, qu'est-ce que vous croyez qu'ils font ?

Elles ne vont pas à la prairie en retraite, hein. Ils les tuent. Et ça fait des montagnes de carcasses qui sont mises en circulation, c'est encore plus de viande qui circule, encore plus de protéines carnées.

Vous savez que les protéines carnées, c'est le absurde de chez absurde. Il vous faut 5 kilos de protéines végétales pour produire un kilo de protéines animales. C'est les mêmes, hein, il n'y a que le goût qui change, hein.

Mais c'est les mêmes, donc tout ça est absurde. Et bien vous voyez que cette absurdité, qui simplement, fait tourner le commerce va aller en grand. Evidemment, l'agriculture française, du peu qu'il en reste, va y rester.

Mais les gros agrariens français y trouvent leur compte, parce que eux aussi sont sur le marché mondial avec du blé, avec des céréales, donc ils s'en fichent du lait et du reste. En quelque sorte, les gros se sont partagés le marché mondial : "Toi, tu fais ci, moi, je fais ça." Et ainsi de suite.

Et au passage, évidemment, adieu agriculture paysanne, parce que tout ça, c'est des gros rendements, les gros rendements de n'importe quoi, n'importe comment, pas bon, rempli de pesticides et avec des OGM, en veux-tu, en voilà, puisque l'Europe encourage et vient d'autoriser 5 ou 6 variétés nouvelles d'OGM de maïs qui vont maintenant pouvoir être semées librement en Europe, et ces OGM, ils sont insensibles à quoi ? Pas à certains insectes. Ils sont insensibles à certains pesticides.

Autrement dit, les autres peuvent en foutre des quantités toujours croissantes, de pesticides, pour tuer les bestioles qui viennent sur les organismes OGM, qui ne sont OGM que pour résister aux pesticides. Donc c'est les mêmes qui produisent les OGM, c'est les mêmes qui produisent les pesticides, et figurez-vous maintenant que c'est les mêmes qui produisent les soins. Puisque derrière cette activité chimique, il y a aussi l'industrie pharmaceutique, donc c'est ce monde de fous auquel il faut mettre un terme et aujourd'hui, pour l'instant, ça veut dire une chose, empêcher le CETA d'être adopté, nous allons donc dans une bataille de longue haleine.

Et je vous signale, les gens, que tout ça, ça se règle en 2017. Alors tâchez de bien choisir la personne à qui vous allez confier le soin de savoir si on signe ou pas pour tous ces trucs, hein. Et ne reprenez pas les mêmes qui vous disent qu'ils ne vont pas le faire, et puis après, ils le font quand même, du moment que Mme Merkel leur a dit qu'il fallait le faire.

Si cette vidéo vous a plu, n'oubliez de vous abonner à - on appelle ça une chaîne, hein - ma chaîne Youtube. Aujourd'hui, c'est la première chaîne d'un homme politique dans ce pays. Voilà, c'est comme ça, puisqu'on est aux alentours des 30.000 abonnés.

La dernière fois, vous avez vu la petite vidéo, toc, 3.000 d'entre vous se sont abonnés. J'espère que vous serez nombreux à le faire, parce que pour moi, il y a un très grand intérêt à ça, c'est que ça me permet une communication directe et que je ne suis plus dans la main des tricheurs, des menteurs, des gens qui font des titres provocateurs pour... pour faire du buzz, hein.

Bon, et vous savez que c'est la principale difficulté à laquelle je me heurte, c'est que je dois autant communiquer sur ce que je voudrais, sur ce que j'analyse, que pour démonter les mensonges à mon sujet, donc imaginez-vous qu'au bout d'un moment, je commence à en avoir marre, et une des... une des décisions que j'ai prise, hein, c'est que il y a un certain nombre d'émissions dans lesquelles je ne mettrai plus jamais les pieds.

Il y en a, vous le savez bien, hein, vous les connaissez déjà, les animateurs, heu, se plaignent à l'antenne de ne pas me voir, mais, hé, ils ne peuvent pas se plaindre, ils savent bien pourquoi je ne viens pas, hein. Je vous le résume : qu'est-ce que je vais aller faire dans une émission, même très écoutée, où les gens qui sont là sont uniquement là pour me déchiqueter, me mettre en pièces ou me coller ensuite, à la faveur, vous savez, d'un mot qui surgit, une étiquette qui n'est pas la mienne et ensuite, je passe des heures à courir derrière pour...

Sur les réseaux sociaux, je ne vous raconte pas le nombre de benêts qu'il peut y avoir aussi, parce que, il y en a un, il a lu le titre, il n'a même pas lu l'article et aussitôt, il jette des grosses larmes : "Comment ça se fait que tu as dit ça, que t'étais..." A la fin, ça se termine que j'étais pour les bombardements en Syrie.

N'importe quoi. Mais vous voyez, il y a un coût, et c'est fait exprès, évidemment, hein. C'est fait pour nuire, pour salir, bon.

Plus vous êtes nombreux à regarder directement ce que je dis, et ben, moins j'ai besoin d'aller chez les autres pour le dire. Voilà la logique dans laquelle je suis, et je compte beaucoup sur vous, parce que là, ce n'est que le début de la campagne des présidentielles, je ne vous dis pas ce que ça va être dans un mois ou dans deux mois. Quand ils auront fini de s’entre-tuer dans les primaires, ils vont s'occuper de moi, alors là, j'ai besoin de vous.