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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 19 septembre 2023 11 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalÉconomie & entreprises

ll y a une "submersion" de migrants "au sens propre du terme", estime le sénateur Bruno Retailleau

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Fausse bonne idée ?

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Elles vont être aidées par le gouvernement ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Lampedusa, c'est le drame de ce week-end. Qu'est-ce que, selon vous, la France doit faire ?

  • 1:22RelanceRéponse directe

    Concrètement, je pense que le pacte tel qu'il a été voté par le Conseil européen est une bonne chose ?

  • 1:55RelanceRéponse directe

    Concrètement, je pense que le pacte tel qu'il a été voté par le Conseil européen est une bonne chose ?

  • 3:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous diriez que l'extrême droite a imprimé cette séquence en termes d'images et l'a largement dominé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18PrésentateurFait
    « on va tuer le petit commerce et on va désertifier une fois de plus les zones rurales »
  • 0:54PrésentateurFait
    « penser un seul instant que les grandes surfaces, la grande distribution sont des philanthropes, c'est se tromper »
  • 2:18PrésentateurFait
    « pour ce qui concerne la France, de pouvoir déposer des demandes d'asile dans des pays sûrs, de transit par exemple, mais aussi à l'extérieur de nos frontières »
  • 3:19PrésentateurFait
    « on ne sort pas si, c'est-à-dire que ce sont des vrais centres de rétention »
  • 4:16PrésentateurFait
    « Bien sûr qu'il y a une forme de submersion au sens propre du terme »
  • 4:41Invité politiqueFait
    « l'Italie, ces derniers mois, a reçu presque 200 000 Ukrainiens sans qu'on parle, par exemple, de submersion migratoire »
  • 4:50Invité politiqueChiffre
    « L'Europe a accueilli presque 4 millions d'Ukrainiens sans qu'on parle de submersion migratoire ou d'invasion migratoire »
  • 5:06PrésentateurChiffre
    « En France, c'est pratiquement un demi-million par an, quand on ajoute les demandes d'asile, les titres de séjour, étudiants ou autres, leur groupement familial, plus l'immigration illégale »
  • 5:33PrésentateurFait
    « 200 bateaux, 199 bateaux, en quelques jours, qui partent de Tunisie, les gardes-côtes tunisiens n'ont pas pu ne pas les voir »
  • 5:52PrésentateurChiffre
    « il y a eu un accord, vous savez, avec des millions d'euros à la clé, entre notamment l'Europe, l'Italie et puis la Tunisie »
  • 7:42PrésentateurFait
    « la France, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Didier Leschi, dans un très bon ouvrage, Le Grand Dérangement, est le pays européen le plus avantageux, qui donne le plus d'avantages »
  • 7:50PrésentateurFait
    « les pompes aspirantes, on va en ajouter une »
  • 8:06PrésentateurChiffre
    « 500 000, 1,5 million d'immigrés, aujourd'hui, pointent à l'assurance-chômage »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Bruno Retailleau29 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 7h48, Sonia De Villers, votre invitée et sénateur de Vendée, président du groupe Les Républicains au Sénat.

0:06
Bruno Retailleau

Bonjour, Bruno Rotaillot.

0:07
Présentateur

Bonjour, Sonia De Villers.

0:08
Bruno Retailleau

Je vous ai aperçu, levé les yeux au ciel pendant la chronique de Dominique Seux, la vente à perte des carburants.

0:14
Présentateur

Fausse bonne idée. Fausse bonne idée ? Très franchement, fausse bonne idée pour deux raisons. La première raison, c'est qu'on va tuer le petit commerce et on va désertifier une fois de plus les zones rurales parce que les indépendants qui sont situés non pas dans les grands centres urbains, mais plutôt dans les zones rurales, vont finalement trinquer.

0:31
Bruno Retailleau

Les indépendants, vous parlez des stations-services indépendantes ?

0:33
Présentateur

Je parle des stations-services indépendantes. Elles vont être aidées par le gouvernement ? Oui, mais vous voyez, le système est complètement dingue. D'un côté, on crée les conditions de leur perte et ensuite, il faut les subventionner. Voilà le problème du modèle français tel que nous le vivons aujourd'hui. Et la deuxième raison, c'est que penser un seul instant que les grandes surfaces, la grande distribution sont des philanthropes, c'est se tromper. C'est-à-dire que ce qu'ils vont perdre à la pompe, ils vont le gagner à la caisse. C'est tout, c'est tout. Ils feront une sorte de moyenne et d'autres prix augmenteront. Le consommateur ne se apercevra pas, mais il paiera en réalité.

1:09
Bruno Retailleau

Lampedusa, c'est le drame de ce week-end. Qu'est-ce que, selon vous, la France doit faire ? Est-ce qu'elle doit, comme l'a affirmé la ministre des Affaires étrangères, prendre sa part ?

1:22
Présentateur

Moi, je pense que Lampedusa, c'est cette île où se joue l'avenir de l'Europe. Je pense que le chaos migratoire, on le voit bien, irrite de plus en plus les peuples. Et si on n'y apporte pas une réponse qui soit une réponse ferme, déterminée, il y aura des insurrections électorales, comme on l'a déjà vu d'ailleurs en Europe. Et même, quelque part, à Mayotte, puisque, souvenez-vous, il y a 20 ans, Jean-Marie Le Pen, au second tour de l'élection présidentielle, fait 11,8%. 20 ans plus tard, au second tour, dernière présidentielle, sa fille fait près de 60%. Concrètement, Bruno Revaillot ?

Concrètement, je pense que le pacte tel qu'il a été voté par le Conseil européen, par les États, est une bonne chose, notamment pour avoir ces centres de rétention et pour que les dépôts de demandes d'asile soient faits aux frontières de l'Europe. Je pense, moi, pour notre politique migratoire, qu'il faut même envisager, pour ce qui concerne la France, de pouvoir déposer des demandes d'asile dans des pays sûrs, de transit par exemple, mais aussi à l'extérieur de nos frontières. Le problème, c'est que le droit d'asile, aujourd'hui, et en tout cas le pacte européen, a été approuvé en juin par le Conseil, c'est-à-dire par les États, mais il y a une opposition au Parlement.

Mais je pense que la politique de la fermeté paiera, parce que sinon on n'est pas ferme, le problème, c'est que les filières, les mafias, ceux qui pratiquent la traite des êtres humains, il y avait dans un grand journal du soir le témoignage de plusieurs femmes, hier, sans doute vous l'avez lu, Oui, dans le monde. Eh oui, qui montrait... Des propos recueillis par une consœur, Lorraine de Fouché. Bien sûr, qui montrait que pour ces femmes, le viol était quasiment systématique. Eh bien, plus on aura une politique laxiste, plus on nous couragera ces pratiques inhumaines.

Il faut absolument décourager, d'abord par ces moyens-là, donc le dépôt des demandes d'asile aux frontières, la construction de centres de rétention, comme cela a été fait en Grèce, sur l'île de Lesbos, dans des conditions humaines bien sûr, mais on ne sort pas si, c'est-à-dire que ce sont des vrais centres de rétention, si en réalité on ne justifie pas, par exemple, le droit d'asile, le statut de réfugié.

3:28
Bruno Retailleau

Marine Le Pen a parlé de submersion migratoire. Quelques heures après, Éric Ciotti a parlé lui aussi de submersion migratoire. Marion Maréchal s'est rendue sur l'île de Lampedusa, et ça a été en termes d'images des séquences abondantes avec les migrants derrière elle, filmées sur les quais de l'île. Marine Le Pen s'est rendue en Italie. Est-ce que vous diriez que l'extrême droite a, on va dire, imprimé cette séquence en termes d'images et l'a largement dominé ?

3:59
Présentateur

Madame Van der Leyen s'est aussi rendue aux côtés de Madame Mélanie, président du Conseil italien, sur place. Simplement, on voit bien que cette petite île de 6 ou 7 000 habitants, qui reçoit un afflux de presque 10 000 migrants, ça pose un problème. Bien sûr qu'il y a une forme de submersion au sens propre du terme. C'est un qualificatif qu'on doit pouvoir employer compte tenu des proportions. Il y a un problème que je me pose quand même.

4:28
Bruno Retailleau

Bruno Retailleau, d'autres ont rappelé néanmoins que cette submersion, comme vous dites, c'est un afflux qui a été massif et soudain, mais c'est un afflux qui a été très ramassé dans le temps, et que dans le même temps, l'Italie, ces derniers mois, a reçu presque 200 000 Ukrainiens sans qu'on parle, par exemple, de submersion migratoire. Que l'Europe a accueilli presque 4 millions d'Ukrainiens sans qu'on parle de submersion migratoire ou d'invasion migratoire.

4:56
Présentateur

Sur les 8 premiers mois de l'année, l'Italie a vu doubler, en réalité, ces flux de migration. Et vous savez très très bien l'irritation de tous les peuples européens de ce point de vue-là. En France, c'est pratiquement un demi-million par an, quand on ajoute les demandes d'asile, les titres de séjour, étudiants ou autres, leur groupement familial, plus l'immigration illégale. Eh bien, il y a ce sentiment des peuples qui sont dépossédés. Ils sont dépossédés de ce droit qui leur est propre de pouvoir contrôler les frontières. Et ce que je veux dire, c'est qu'il faudra une politique du donnant-donnant aussi, avec les pays, notamment émetteurs, les pays d'origine. J'ai quand même un doute, moi.

Parce que 200 bateaux, 199 bateaux, en quelques jours, qui partent de Tunisie, les gardes-côtes tunisiens n'ont pas pu ne pas les voir. Donc, quelque chose s'est passé. Il y a eu un accord, vous savez, avec des millions d'euros à la clé, entre notamment l'Europe, l'Italie et puis la Tunisie. Mais quelque chose qui n'est pas normal s'est passé. Et la clé, ce n'est pas seulement le traitement des demandes d'asile, c'est en même temps la clé, elle se trouve dans les pays sources, la pays d'origine. Je veux rappeler quand même que l'Europe est la première puissance humanitaire du monde. Donc, le co-développement de l'Afrique, c'est essentiel.

6:13
Bruno Retailleau

Qu'est-ce qui vous différencie du Rassemblement national ? Qu'est-ce qui vous différencie de l'extrême droite sur ce dossier ? Vous, les Républicains.

6:19
Présentateur

Je pense qu'on a une approche raisonnable des choses. Quand je disais, par exemple, que le Conseil européen avait posé une première pierre, notamment par le traitement des demandes d'asile, voilà une des différences. Simplement, nous ne sommes pas laxistes. Et je ne calque pas mes propos, ni sur la droite, ni sur la gauche, ni sur le Rassemblement national, ni sur M. Macron. Je calque toujours mes propos, vous voyez, sur l'intérêt général. C'est ma boussole, l'intérêt général. Et l'intérêt général nous commande une politique de fermeté, de très grande détermination contre l'immigration.

6:53
Bruno Retailleau

Dans un mois et demi, arrive au Sénat, je rappelle que vous êtes sénateur, président du groupe Léelère au Sénat, arrive la loi sur l'immigration proposée par le gouvernement. Sacha Oulier, que vous connaissez bien, député de la majorité, président de la Commission des lois à l'Assemblée, était notre invité la semaine dernière. Il s'est affiché dans Libération, avec le PS, avec l'Evers, avec le Modem, pour insister, pas de loi sur l'immigration sans un volet de régularisation des travailleurs dans les métiers dits en tension. Est-ce que vous campez sur vos positions ? Est-ce que vous refusez toujours de voter cette loi, si elle maintient ce volet de régularisation ?

7:31
Présentateur

Oui, je voulais vous expliquer pourquoi nous refaisons. D'abord, parce qu'on voit bien que ce qui est important vis-à-vis des mafias, des filières, c'est le signal qu'on émet. Or, la France, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Didier Leschi, dans un très bon ouvrage, Le Grand Dérangement, est le pays européen le plus avantageux, qui donne le plus d'avantages. Bref, les pompes aspirantes, on va en ajouter une. Or, ce qui est grave, là, vous voyez, c'est qu'en droit français, normalement, on ne doit pas donner une prime à la fraude.

Mais si demain, on régularise massivement, y compris pour des motifs de travail, des gens qui sont arrivés clandestinement, alors, alors, on contrevient à ce principe. Et donc, là, on donne une prime à la fraude. Par ailleurs, 500 000, 1,5 million d'immigrés, aujourd'hui, pointent à l'assurance-chômage.

8:12
Bruno Retailleau

Est-ce que vous savez le taux de chômage ? Et l'hôtellerie, la restauration, cherche 300 000 travailleurs manquants. Bien sûr, bien sûr. Juste un instant. Sacha Ollier a dû à ce micro, a pointé l'hypocrisie des parlementaires de droite, députés et sénateurs, qui, dans leur circonscription, à tour de bras, poussent des demandes de régularisation. Pourquoi ? Parce que des patrons de PME viennent leur supplier des travailleurs. Pourquoi ? Parce que des patrons de restaurants et d'hôtellerie viennent leur supplier. Parce que des patrons d'hôpitaux viennent leur demander de la main-d'œuvre.

8:46
Présentateur

Écoutez, la main-d'œuvre, elle est là, elle est en France. Qu'est-ce que vous faites des 1,4 million jeunes, au moment où je vous parle, qui ne sont ni à l'école, ni en stage, ni en emploi ? Qu'est-ce que vous faites des près de 2 millions de Françaises et de Français qui sont au RSA ? Qu'est-ce que vous faites des près de 3 millions de Français qui pointent au chômage en catégorie A ? Alors, je comprends, moi, qu'il y a un certain nombre de patrons qui aimeraient bien avoir une main-d'œuvre qui soit peu chère, qui fasse une pression, si j'ose dire, sur les salaires en France. Mais il faut rester raisonnable. Je ne veux pas d'une capitulation.

Il faut d'abord remettre au travail ceux qui en sont privés. Et par ailleurs, il existe bien sûr des procédures à la main des préfets, de régularisation ponctuelles, en s'assurant qu'il y ait bien un contrat de travail, en s'assurant qu'il y ait bien une vraie assimilation.

9:32
Bruno Retailleau

Vous êtes catholique et pratiquant.

9:35
Présentateur

Ça, c'est mon domaine réservé, si j'ose dire. J'avais avec Léa Salamé l'habitude de question, comment dirais-je...

9:42
Bruno Retailleau

Vendredi, le pape François prévoit de se recueillir au mémorial dédié aux migrants disparus en mer. Il rencontrera le président de la République française. Et il abordera ce sujet des migrations et de l'immigration. Est-ce que vous considérez, comme Marion Maréchal, que le pape en fait trop sur les migrants ?

10:02
Présentateur

Non, moi je considère que le pape est dans son rôle et qu'il nous donne un idéal de vie. Mais vous voyez bien que...

10:09
Bruno Retailleau

Engageons-nous à être des portes toujours plus ouvertes.

10:12
Présentateur

A dit le pape au mois d'avril. Mais si cet idéal consistait à faire venir en France toute la misère du monde, qu'est-ce qui se passerait ? Il y aurait une insurrection civile, il y aurait de la violence. Donc le pape n'est pas réaliste. Mais je veux dire qu'il y a deux ordres. C'est marrant parce que vous êtes très attaché à la laïcité. Il y a un ordre spirituel, vous voyez, religieux. Et puis il y a un ordre temporel. Et mélanger les deux, c'est ce qu'on appelle, dans une expression populaire, pavé l'enfer de bonnes intentions. Mais tout ça mène à l'enfer malgré tout.

10:39
Bruno Retailleau

Et le président de la République fait bien de se rendre à la messe ?

10:42
Présentateur

Oui, il s'est rendu à la messe du couronnement de Charles III. Charles III, chef d'État, Charles III, patron de l'église anglicane. Pour autant, il n'est pas devenu royaliste. Merci Bruno Retailleau.

10:54
Bruno Retailleau

Et merci Sonia de Villers. 7h59.

ll y a une "submersion" de migrants "au sens propre du terme", estime le sénateur Bruno Retailleau — Bruno Retailleau · Pourquijevote