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interviewBFM TV — BFM Politique (sur Podcast)· 23 janvier 2022 47 min

Éric Ciotti, député "LR", conseiller de Valérie Pécresse sur les questions de sécurité - 23/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:21
Présentateur

C'est votre rendez-vous, vous le savez, le dimanche midi en direct sur BFM TV en compagnie d'Edwige Chevrillon pour BFM Business. Bonjour Edwige. Bonjour Jean-Marc. En compagnie de Jérémy Trottin, chef du service politique de RMC. Bonjour Jérémy. Et bonjour Eric Ciotti. Bonjour. Soyez le bienvenu dans cette émission. Vous êtes député des Alpes-Maritimes et conseiller sur l'autorité de la campagne de Valérie Pécresse. D'aucuns pensent que vous êtes le cerveau derrière les annonces, derrière le comportement, les prises de position de Valérie Pécresse. Nous allons y revenir juste après le journal présenté à midi par Philippe Godin.

0:51
Invité

Et l'actualité de cette mi-journée, c'est la mort d'un militaire français au Mali. Le brigadier Alexandre Martin avait seulement 24 ans. Il faisait partie du 54e régiment d'artillerie de hier. Le camp français où il combattait à Gao a été visé par une attaque aux mortiers. Neuf militaires ont été blessés. Le colonel Pierre Bernard rendait hommage ce matin sur BFM TV à son brigadier.

1:12
Locuteur 1

Alexandre nous a rejoints le 1er septembre 2015. Et dès son arrivée a démontré un excellent état d'esprit et un très bon potentiel. Ses qualités militaires lui ont valu d'être déployées à plusieurs reprises sur l'opération Sentinelle. Mais aussi en Guyane et en Martinique en 2018. Il possédait une très belle expérience opérationnelle puisqu'il était aussi l'année dernière à Djibouti. Et il a été désigné sur l'opération Barkhane grâce à ses qualités et son expérience qui faisait de lui un soldat agile, très déterminé et possédant, comme je l'ai dit, un excellent potentiel.

1:59
Invité

Et le ministère des Armées précise que les auteurs de ces tirs de mortier ont été neutralisés par une patrouille d'hélicoptères. Un député de la République En Marche s'est fait agresser hier dans sa permanence de Perpignan. Romain Gros travaillait avec un conseiller parlementaire du ministre de la Justice quand sa permanence a été prise d'assaut par des manifestants. Un mélange d'antivax et de gilets jaunes.

2:18
Locuteur 2

On a vu des gens qui étaient prêts à en découdre, qui voulaient nous provoquer, nous inciter à des mauvais gestes

2:35
Locuteur 10

et qui eux-mêmes étaient pleins de mauvais gestes. On a quand même subi beaucoup d'insultes, beaucoup de crachats, c'était absolument inouï. Il y a eu des coups progressivement au fur et à mesure, vous savez, ça a duré demi-heure. Heureusement, les voisins se sont un peu effrayés, mais sont venus à nos côtés, notamment pour l'un d'entre eux, notre voisin direct. En réalité, on avait comme une horde, il faut avouer les mots, il faut s'avouer les mots là-dessus, comme une horde de personnes qui n'articulaient aucun argument.

3:04
Invité

Et puis un témoignage exclusif sur BFM TV, celui de cette femme agressée mercredi par le cannibale des Pyrénées, cet ancien militaire qui s'était évadé de son hôpital psychiatrique. Regardez cette vidéo, témoin BFM. C'était mercredi soir, peu avant 22h. On voit ici Jérémy Rimbaud de dos armés, vous le voyez très clairement de son bâton, bâton qu'il va utiliser contre Françoise, cette septuagénaire attaquée alors qu'elle promenait son chien.

3:28
Locuteur 3

J'étais en train de sortir mon petit chien, Gaspard. J'avais décidé de le sortir à 9h alors que je le sors normalement vers 10h, 10h30. Et je quittais l'immeuble, j'ai fermé la porte de l'immeuble, je me suis retournée et je l'ai vu avec le bâton levé. J'ai vu un homme avec un bâton levé. Et immédiatement, le bâton s'est baissé sur moi. Il ne disait rien, il ne parlait pas, mais il me regardait de façon bizarre. C'était un homme qui était... Il tapait, il fallait qu'il tape. Donc là, j'ai compris qu'il voulait me tuer.

4:02
Invité

Un témoignage recueilli par Jean-Bulfried Forkès avec Alexis Meunier. On se donne rendez-vous à 13h pour Affaires suivantes. Pour l'instant, vous retrouvez Jean-Baptiste Boursier, c'est BFM Politique.

4:19
Présentateur

C'est Éric Ciotti qui est l'invité de BFM Politique ce midi. Je vais vous interroger avec Edwige Chevrillon et Jérémy Trottin. Je voudrais commencer avec cette triste nouvelle que nous avons apprise ce matin. La mort d'un soldat français au Mali. Le brigadier Alexandre Martin, membre du 54e régiment d'artillerie de hier, il a été tué à Gao dans une attaque au mortier. Neuf autres soldats ont été blessés au cours de cette attaque. Alexandre Martin est le 58e militaire victime au Mali, au CEL depuis 2013. Éric Ciotti, est-ce qu'il faut rester ? Est-ce qu'il faut continuer ?

4:48
Éric Ciotti

La question n'est pas illégitime. D'abord, je veux exprimer mon émotion, dire à la famille d'Alexandre Martin mon soutien, celui de la nation aussi, et puis dire à ses camarades, aux militaires de l'opération Barkhane, notre reconnaissance. Ils se battent pour notre liberté, pour combattre l'islamisme. La question de la présence, enfin en tout cas de la nature de la présence militaire française se pose au Mali. On est aujourd'hui dans un pays, en tout cas, qui n'accueille pas les militaires avec la reconnaissance qu'ils mériteraient. Avec le gouvernement malien, il y a ces difficultés. Il y a les mercenaires russes du groupe Wagner qui sont sur place.

Donc la nature de notre opération doit sans doute être revisitée. De quelle manière ? Je le pense. Est-ce qu'il faut plus de moyens aériens ? Est-ce qu'il faut plus des opérations ciblées avec des drones ? Est-ce que la présence terrestre est toujours aussi indispensable ? Ce sont des questions qu'il faudra aborder dans la vie.

5:59
Présentateur

Valérie Pécresse, il était lue, devra poser à son arrivée à l'Élysée ?

6:02
Éric Ciotti

Je souhaite que, naturellement, la France reste en première ligne dans ce combat contre l'islamisme. Elle ne peut être seule. Il faut aussi que l'Union européenne participe à ses côtés. Parce que ce que nous faisons protège toute l'Europe, aujourd'hui, de la montée de l'islamisme, de la menace terroriste. Mais il faut interroger notre présence au Mali. En tout cas, les modes de notre présence. Je pense que cette présence de militaires au sol qui sont lourdement exposés, je n'ai pas de réponse à ce stade, mais ce n'est pas une question illégitime.

6:36
Invité

Le risque aussi est de voir se développer peut-être des milices russes, notamment sur cette zone. C'est un risque supplémentaire pour la France d'avoir d'éventuelles milices russes à cet endroit-là ?

6:46
Éric Ciotti

C'est les forces wagner, les forces privées, manifestement mobilisées par le gouvernement malien. C'est pour ça que je dis qu'on a aussi une heure de vérité avec ce gouvernement malien. Il y a des soldats qui tombent, 58e victime aujourd'hui. Ce n'est pas rien. Et on ne sent pas qu'il y ait cette harmonie indispensable avec les autorités maliennes aujourd'hui. Donc c'est naturellement une source de difficultés supplémentaires dans un territoire déjà extraordinairement complexe.

7:15
Présentateur

Éric Ciotti en une du journal du dimanche ce matin. Les thématiques que vous poussez dans le débat public. J'imagine sans doute un sourire lorsque vous avez découvert la presse. Aujourd'hui, deux pages consacrées au bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron. Avant d'y revenir dans le détail, Gérald Darmanin y est interviewé. Et le ministre de l'Intérieur, au passage, vous étrie. Je vais lire la déclaration, on va la montrer à nos téléspectateurs. Le Guantanamo à la française, c'était votre expression, des républicains. Ça m'inquiète beaucoup. De la part de Zemmour, Le Pen, Mélenchon qui n'ont pas vocation à gouverner, ce n'est pas étonnant.

Mais de la part des gens qui sont censés être garants d'une certaine vérité, ça me choque.

7:47
Éric Ciotti

C'est un élément de langage politicien, très politique de la part de M. Darmanin. Je pense qu'il ferait mieux de se préoccuper de la gravité de la situation. La sécurité, aujourd'hui, reste la première préoccupation des Français. Et on voit que quasiment 70% des Français jugent très sévèrement, négativement, le bilan d'Emmanuel Macron. C'est la cinquième, ça dépend des enquêtes. Enquête Ipsos pour le monde cette semaine. Le sanitaire a repris le dessus dans quelques enquêtes, mais ça dépend. En tout cas, ce que je voudrais dire sur le fond à Gérald Darmanin, c'est qu'il a la mémoire courte. Il était directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2016.

J'étais personnellement le porte-parole de Nicolas Sarkozy. On travaillait étroitement. Et dans le projet de Nicolas Sarkozy, il y avait une mesure forte qui était proposée d'ailleurs au référendum des Français. C'était la rétention de sûreté. C'est ce que je propose, pas plus, pas moins. La rétention de sûreté pour les djihadistes qui sortent de prison, qui ont purgé leur peine, mais qui demeurent dangereux pour notre société. Nous avions défendu ensemble cette proposition. Valérie Pécresse l'a également dans son programme. La seule différence avec M. Darmanin, c'est que moi, je n'ai pas changé et je ne fais pas de la politique politicienne sur ces sujets.

Mais il a toujours comme, vous savez, c'est un peu le dernier moyen de s'en sortir quand on n'a plus d'autres issues pour M. Darmanin. Plutôt que parler des chiffres, il essaie d'attaquer ses adversaires, ses opposants.

9:19
Intervenant

Mais pardon, RICT, on a l'impression que ce soit l'immigration, la sécurité, c'est un peu une obsession chez vous. Vous ne parlez presque que de ça. Et malgré tout, c'est vrai qu'on regarde dans ce sondage qu'on vient de voir à l'instant à l'antenne, ce n'est que la cinquième préoccupation des Français. Il y a d'abord le pouvoir d'achat, il y a la crise sanitaire. Donc est-ce que ce n'est pas une obsession pour vous, votre marque de fabrique ?

9:42
Éric Ciotti

Je crois que c'est une obsession pour beaucoup de Français. Quand on mesure que chaque jour, il y a 800 coups... C'est même pas la sécurité, c'est l'immigration. C'est l'immigration. 800 coups et blessures volontaires sur la sécurité, que sur l'immigration...

9:56
Intervenant

Mais ça, ce n'est pas leur première priorité.

9:58
Éric Ciotti

On ne voit pas les mêmes, sans doute. On ne voit pas les mêmes. Quand on ne vit plus en sécurité, quand on a vu encore ces images terrifiantes du cannibale des Pyrénées, c'est peut-être, je dirais, le degré ultime. Mais ça traduit quoi ? Ça traduit qu'on a fermé des lits de psychiatrie, qu'aujourd'hui, il y a des gens dangereux aussi, qu'on laisse en liberté, qu'on ne surveille pas assez.

10:20
Présentateur

Vous faites un lien, Eric Ciotti, aujourd'hui, entre les moyens à l'hôpital en psychiatrie et ce qui s'est passé à Toulouse.

10:25
Éric Ciotti

Bien sûr. On a fermé, je crois, au cours des dernières années, il y a 40% de lits de psychiatrie. C'est un problème majeur. En prison, on a des gens aujourd'hui qui relèvent de pathologies psychiatriques très importantes. Moi, j'ai demandé, par exemple, qu'il y ait une unité de soins adaptée à la prison de Nice. Le Gardesseau le refuse. On manque de soins en prison parce qu'il y a un défaut de lits de psychiatrie. C'est un sujet majeur. Il n'est pas grand public. On n'en parle pas beaucoup. Mais derrière ces faits de violence de plus en plus gratuites, 800 coups et blessures par jour, il y a aussi ces problématiques liées à la psychiatrie. Tous les spécialistes le reconnaissent.

Mais on n'en parle pas beaucoup. Ce n'est pas très médiatique. J'en conviens.

11:07
Présentateur

D'un mot pour clore au sujet de Gérald Darmanin et de cet entretien. Vous diriez que le bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron, c'est un échec ?

11:14
Éric Ciotti

C'est un angle mort. Ce n'était pas sa préoccupation. Ce n'est pas son sujet. Il ne connaît pas les vraies difficultés des Français. C'est pourquoi ? Parce que ça ne l'intéresse pas ? Vous niez un peu cette réalité sur la difficulté liée à l'immigration, à la sécurité. Ça a été longtemps la première préoccupation. Mais quand il y a ces sujets, ça frappe les plus modestes, qui ne peuvent pas vivre en liberté, quand on ne peut pas sortir de son immeuble, quand on ne peut pas aller faire ses courses pour une personne âgée sereinement. Mais Emmanuel Macron ne connaît pas ce monde. Il n'a jamais été élu. Il n'a jamais tenu une permanence.

On n'est jamais venu en dehors de sa tour d'ivoire élyséenne avec des débats qui sont totalement aseptisés, organisés. Il a fait une table ronde. Sur la sécurité à Nice, il n'y avait que des fans, que des militants, que des élus choisis pour lui poser des questions. Ceux qui sont en marche, ce n'est pas ça la réalité. C'est très intéressant ce que vous dites.

12:10
Présentateur

Si on n'est pas élu de terrain avant de prétendre à la fonction suprême, on n'est pas crédible.

12:13
Éric Ciotti

En tout cas, on connaît moins ces réalités. Parce que quand on nie cette réalité, c'est qu'on n'est pas au contact de nos concitoyens. Pour moi, je le vois dans ma circonscription, dans ma ville, dans mon département. C'est pour beaucoup de Français la première des préoccupations.

12:30
Invité

Parce qu'elle conditionne toutes les autres. On a épluché le programme de Valérie Pécresse. Et l'une des mesures chocs de la candidate des Républicains, c'est la territorialisation des peines. C'est-à-dire des peines prononcées plus graves dans certaines zones que dans d'autres. Notamment les quartiers de reconquête républicaine. Est-ce que c'est vraiment une bonne idée ? Est-ce que ce n'est pas la fausse bonne idée ? Est-ce que le risque n'est pas tout simplement que la délinquance se déporte ailleurs ?

12:52
Éric Ciotti

C'est une des réponses. Ce n'est pas la seule réponse, naturellement. Mais elle existe déjà aujourd'hui quand un jugement, un tribunal, peut prononcer la peine d'interdiction de paraître dans des territoires. Mais la peine est peut-être possible, mais est-ce qu'elle peut être efficace ? On interdit à ces personnes de venir sur les territoires. Ça sera à l'appréciation des tribunaux. C'est un outil supplémentaire qu'on veut mettre. Parce qu'il est hors de question qu'on laisse aujourd'hui 500 quartiers devenir des zones de non-droit. où la police n'ose plus y aller, où il y a des infusions.

13:25
Invité

Il y a déjà des élus républicains, des maires de villes tenus par des républicains, qui estiment en fait que c'est tout simplement peut-être déporter la délinquance de ces quartiers vers leurs communes et qui sont visiblement opposés à cette mesure au sein même des républicains.

13:37
Éric Ciotti

Nous avons un projet global qui vise à faire reculer la délinquance avec un volet qui est prioritaire, c'est celui de la réponse pénale, c'est celui du sens de la peine, c'est celui du nombre de places de prison, pas simplement pour faire des prisons, mais pour que les peines prononcées par des tribunaux soient exécutées. Vous avez vu, la semaine dernière, il y a eu une circulaire de l'administration pénitentiaire qui a écrit au président de Cour d'appel, au premier président de Cour d'appel, pour leur dire qu'il ne faut plus incarcérer, donner des instructions aux formations de jugement pour ne plus incarcérer parce que nous n'avons plus de place pour accueillir ceux qui sont condamnés.

Mais c'est totalement délirant.

14:18
Invité

La mesure est maintenue dans le programme. La mesure telle qu'elle est aujourd'hui proposée sera maintenue dans le programme de Valérie Pécresse. Pardon ? La mesure telle qu'elle est proposée aujourd'hui sera maintenue dans le programme de Valérie Pécresse.

14:28
Présentateur

Monsieur Ciotti, je voudrais vous faire écouter Éric Zemmour. Avec une proposition, choc, il veut introduire une notion de défense excusable.

14:38
Locuteur 4

J'introduirai dans notre droit la notion de défense excusable. Avec cette protection juridique, les commerçants, les braquets, les citoyens cambriolés et les policiers en danger auront enfin le droit de riposter aux voyages.

14:57
Présentateur

Vous en dites quoi, Éric Ciotti ? C'est une bonne mesure ?

14:59
Éric Ciotti

La légitime défense, elle existe aujourd'hui. Chacun peut se défendre si sa vie est en danger. Il faut qu'elle soit ce qu'on appelle proportionnée. Ça, c'est le droit, c'est la jurisprudence. Moi, je crois que l'ordre et l'autorité doivent être aujourd'hui garantis par ceux qui portent l'uniforme de la République, par les policiers, par les gendarmes, par les magistrats aussi. Donc, c'est-à-dire que vous ne changerez rien ? Le reste, ça me paraît introduire des menaces et des risques. Ce qu'il faut, c'est réarmer l'État. Ce qu'il faut, c'est que les peines de prison soient exécutées.

Ce qu'il faut, c'est qu'il y ait des enquêtes qui aboutissent, qu'on redonne à la filière d'investigation, à la police judiciaire des moyens.

15:40
Invité

Donc, vous ne bougez pas du tout au concept de légitime défense, même sur la proportionnalité. Dans un cas où, par exemple, une femme qui ne pèse que 50 kilos se fait agresser par un homme de 100 kilos, la proportionnalité est difficile à admettre dans ce cas-là, précisément.

15:53
Éric Ciotti

La légitime défense existe quand sa vie est menacée. Aujourd'hui, elle est reconnue. Elle est reconnue. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? J'avais fait personnellement des propositions pour les policiers. Certaines ont été entendues. C'était même avant 2017, notamment pour les périples meurtriers. On a étendu le champ de la légitime défense. En tout cas, pour limiter cette proportionnalité. Parce que, par exemple, quand il y a un meurtrier en série, dans les cadres des attentats terroristes, il faut que les policiers puissent intervenir avant, même si leur vie personnelle n'est pas engagée. C'était un élément de la jurisprudence. Il a été modifié. Donc, le droit peut être modifié.

Mais, touchons-le quand même avec beaucoup de prudence. Moi, je ne crois pas à la loi de la jungle, à la loi du talion, où chacun se fait à justice soi-même. Parce que ça, ce n'est plus une société, une vie en société.

16:47
Présentateur

Monsieur Ciotti, vous êtes très actif sur les réseaux sociaux. Et là, vous avez beaucoup tweeté ces derniers temps sur les questions d'immigration. Vous avez, par exemple, envoyé une série de messages sur les réseaux que vous avez appelé le chaos migratoire. Vous pensez vraiment, en conscience, en responsabilité, Eric Ciotti, que c'est le chaos migratoire en France ?

17:04
Éric Ciotti

Bien sûr, parce que nous avons franchi des records historiques sur le nombre d'entrées d'étrangers. Les chiffres sur l'immigration de 2021 viennent de tomber. 271 000 titres de séjour, plus de 124 000 demandeurs d'asile. Mais alors, justement, spécifiquement... 400 000 entrées nouvelles en 2021, sans compter les mineurs isolés, sans compter les clandestins. Le ministre de l'Intérieur lui-même parle de 800 000 personnes en France. Ça veut dire qu'il y en a sûrement beaucoup plus. On voit ce qu'il y a derrière cette immigration. Le communautarisme islamiste. On voit ce qu'il y a en matière de délinquance. Moi, je fais le lien, et je le fais depuis longtemps.

25%, 24% des détenus aujourd'hui en prison sont des étrangers. Donc, il y a ces liens. Et aujourd'hui, la cohésion de notre modèle républicain est menacée parce qu'on n'arrive plus à assimiler aux valeurs de la République.

18:04
Présentateur

Précisément sur le droit d'asile, M. Ciotti. J'imagine, vous connaissez les trois principaux pays récipiendaires des demandes d'asile en 2021 ? Afghanistan, Côte d'Ivoire,

18:14
Éric Ciotti

Nigeria, je crois. Bangladesh, au troisième. Bangladesh, alors, sur la Côte d'Ivoire, c'est assez révélateur d'ailleurs, Côte d'Ivoire et Bangladesh, ce sont ce qu'on appelle des pays sûrs. C'est-à-dire, ce sont des pays qui n'ont pas de problème majeur en matière de liberté. Mais ce n'est pas du tout le cas de l'Afghanistan. On les accueille, ça veut dire que ce sont des fraudes aux demandeurs d'asile. Il n'y a aucune raison d'accueillir des personnes qui viennent de la Côte d'Ivoire, d'un pays où il y a des élections.

Et il faudrait que ces pays soient classés, ils sont classés, mais il faudrait que la procédure d'examen qui est manifestement systématiquement frauduleuse, avec des récits de vie qui sont tronqués. J'évoquais cette situation récemment avec un magistrat de la Cour nationale du droit d'asile qui me disait qu'on a des récits préécrits par des passeurs, par des filières, par des associations. Il faut arrêter avec la majeur.

19:06
Présentateur

– Je pense que vous dites, OK pour la Côte d'Ivoire, mais vous avez vu que dans les chiffres, puisque vous les connaissez très bien, que l'Afghanistan est très loin en tête. 16 000 asiles, 6 000 pour les suivants, on voit les chiffres à l'antenne. C'est-à-dire que vous, vous en responsabilité, vous dites aux Afghans, aux femmes afghanes, non, la France ne peut plus vous accueillir ?

19:24
Éric Ciotti

– Elle est très loin, il y a 125 000 demandes d'asile, et premières demandes d'asile dans les guichets uniques, ce qu'on appelle les Gouda, 125 000. Donc vous évoquez 16 000 sur l'Afghanistan, c'est moins de 15%. – Et que dites-vous aux Afghans qui font ça de moins ? – Moi je dis que je suis attaché au droit d'asile. Je suis attaché à ce que l'on octroie ce statut très noble, qui fait honneur à la France, à son histoire, il existait avant la République, à ceux qui sont opprimés, à ceux qui sont attaqués pour la défense de leur liberté dans leur pays.

Mais pour maintenir ce système, il faut y extraire ceux qui fraudent avec l'asile, qui utilisent l'asile comme une procédure légale pour l'immigration illégale.

20:07
Présentateur

– Parce que clairement, ce que vous dites, monsieur Chaudet, pardon de vous interrompre, mais ces Afghans qui font cette demande, vous, vous dites, ok, ces demandes peuvent continuer d'exister, nous continuerons, si nous sommes élus, d'accueillir les Afghans qui en font la demande. – Bien sûr, mais moi je ne souhaite pas qu'on arrête l'asile,

20:25
Éric Ciotti

je le dis très clairement. Mais il y a un écart entre ceux qui le méritent réellement, et c'est à nos juridictions de le dire, l'offra en première instance, la Cour nationale du droit d'asile, un appel, on s'interrogeait s'il faut toujours cet appel, parce que pour moi il faut raccourcir les procédures, on met six mois, plus de six mois, pour examiner une demande d'asile. Il faut savoir que l'année dernière, le nombre de statuts de réfugiés a augmenté fortement, plus de 50 000. Trois réponses sur cinq sont rejetées, mais il y en a deux sur cinq qui ont été acceptées. Donc c'est une augmentation, ça veut dire que notre vigilance, elle est sans doute un peu affaiblie là-dessus.

– Jérémy Trottin.

21:08
Invité

– La semaine dernière, vous étiez avec Valérie Pécresse en Grèce, vous êtes allé sur l'île de Samos, vous avez visité un centre, et à ce moment-là, la candidate des Républicains déclare qu'elle souhaite installer des barbelés aux frontières visiblement extérieures de l'Europe pour limiter, voire mettre fin aux flux migratoires. On n'a pas très bien compris la proposition de Valérie Pécresse. – Je vais vous expliquer. – Expliquez-nous, est-ce que Valérie Pécresse, une fois présidente, ira à Bruxelles et demandera qu'on installe des barbelés aux frontières extérieures de l'Europe ?

21:33
Éric Ciotti

– Ce n'est pas Valérie Pécresse qui l'a demandé, ce sont, si vous avez suivi l'actualité, 16 pays de l'Union européenne.

21:39
Invité

– Elle a repris, elle l'a redit sur place.

21:41
Éric Ciotti

– Elle a rencontré la veille le ministre, le Premier ministre grec, M. Mitsotakis, Premier ministre de droite, qui a radicalement changé la politique migratoire de la Grèce et qui a protégé la frontière externe de l'Europe avec la Turquie, a envoyé le drapeau turc à quelques centaines de mètres de l'île de Samos, et il l'a fait en opposant une fermeté de tous les instants aux passeurs et aux migrants, quelquefois envoyés depuis la Turquie, qui arrivaient.

Mais ce que dit Valérie Pécresse est très exactement la reprise de la demande de 16 pays européens qui viennent de rédiger un communiqué après le sommet de Vilnius, c'était le 20 et 21 janvier dernier, cette semaine, qui ont dit, nous, nous voulons que l'Union européenne finance des barrières physiques. Barrières physiques, ça veut dire des murs, ça veut dire des protections, il peut y avoir des barbelés, il y en avait sur l'île de...

22:37
Présentateur

– C'était au portant le choix du mot, c'est ce que vous demandez Jérémy. – Vous savez... – Parce qu'il y a une connotation, vous le savez historiquement, ça veut dire quelque chose.

22:42
Éric Ciotti

– Moi je ne suis pas dans le politiquement correct, voilà. Vous avez ici ces photos, ces gants, ils sont protégés. Ce qu'il faut, c'est empêcher... – Des gants protégés par des barbelés. – Il faut empêcher qu'il y ait des passeurs qui profitent de la naïveté européenne. 16 pays de l'Union européenne qui disent, nous voulons changer de politique migratoire, arrêtons la naïveté, protégeons nos frontières externes. On nous avait annoncé 10 000 agents de Frontex, à peine 3 000 ont été recrutés, donc il y a un retard.

23:14
Présentateur

– Pardon M. Souty, mais vous savez qu'il y a une réalité derrière ça, déjà derrière les mots, et ensuite, à la frontière biélorusse, il y a par exemple des enfants qui sont morts dans les bois de froid, il y a un bébé d'un an, je crois, parce qu'il y avait ces barrières, parce qu'il y avait ces barbelés.

23:27
Éric Ciotti

– Non, aujourd'hui il n'y a plus de morts, parce que justement, la frontière a été protégée. Si on a une Europe passoire, elle va ouvrir...

23:37
Invité

– Mais c'est illusoire de croire que vous allez pouvoir installer des barbelés ou des protections aux frontières de toute l'Europe, c'est impossible.

23:42
Éric Ciotti

– Là où c'est nécessaire, on sait bien qu'il y a des routes migratoires.

23:46
Invité

– Même Donald Trump n'avait pas réussi à l'époque, entre le Mexique et les États-Unis.

23:49
Éric Ciotti

– Valérie Pécresse a rappelé qu'il y avait des points de passage autorisés où on peut contrôler, c'est ce qui se passe en Grèce. – Il y a déjà des murs par ailleurs autour de l'Union Européenne, je précise, il y en a 12, il y a déjà 12 murs. – Vous parlez de l'asile, nous ce que nous demandons avec Valérie Pécresse, c'est que les procédures d'asile soient examinées à la frontière.

C'est le cas d'ailleurs sur l'île de Samos, avant que les personnes n'arrivent dans les pays européens, qu'il y ait la possibilité d'examiner en quelques jours, en quelques heures, leur situation, voir si ce sont réellement des réfugiés qui méritent qu'on les protège ou si ce n'est pas le cas, qu'on les renvoie immédiatement. C'est comme cela qu'on invitera des situations d'inhumanité, où on voit que dans des rues de Paris, il y a des camps dans des conditions d'inhumanité totale. On a vu à Samos aussi ce qui se passait. L'ancien camp, 9000 personnes y ont été dans un camp aux conditions de vie indignes. Aujourd'hui, il y a un traitement qui est beaucoup plus humain.

La fermeté en matière migratoire est gage d'humanité. Mais on n'est pas des gens inhumains, sans cœur. On voit bien qu'il y a des personnes derrière, mais la fermeté protège ces personnes.

24:56
Intervenant

Revenons en France. Oui, juste un point. Je ne sais pas si vous avez vu ce reportage de M6 qui a fait beaucoup réagir. C'est à Roubaix. Vous avez des magasins qui vendent des poupées sans image, sans visage, pour respecter en terminer à ce site une version radicale de l'islam. Comment vous expliquez ça ?

25:20
Éric Ciotti

J'ai réagi personnellement. J'ai réagi avec force. Ça fait partie de ce combat incessant que je veux voir livré contre la montée du communautarisme islamiste. Contre l'islamiste. Ça veut dire qu'il faut que la République se réarme, qu'elle ne tolère pas ses excès. Ce ne sont même pas des excès, ce sont des ignominies qui ne sont en rien conformes à ce qu'est la République. Il faut avoir une volonté de tous les instants beaucoup plus forte que ne l'a exprimé Emmanuel Macron, qui sur ce sujet, malgré de grands discours, a été d'une totale lâcheté et d'une incroyable impuissance.

26:02
Présentateur

M. Ciotti, suite de BFM Politique, en direct, dans un instant.

26:05
Locuteur

A tout de suite.

26:14
Présentateur

Eric Ciotti, l'invité de BFM Politique ce midi sur BFM TV. M. Ciotti, Romain Gruau, parlementaire La République En Marche, dit avoir été frappé au visage hier par des manifestations anti-pass. Il y avait une mobilisation et il a été pris à partie à Perpignan. Est-ce que vous êtes inquiet de cette montée des violences contre les élus et contre les soignants ?

26:31
Éric Ciotti

Bien sûr. Ça traduit aussi la radicalisation d'une partie de la société. Je la condamne très fortement. Ces actes sont naturellement révoltants. Ils doivent être sanctionnés avec force. Il y a beaucoup de délires dans ces manifestations qui traduisent aussi une forme de crise de nerfs collective aujourd'hui dans notre société. Une évolution préoccupante, dangereuse de personnes qui contestent la science, le progrès, le vaccin. J'avoue que j'ai du mal à rentrer et à admettre, à comprendre même ces théories complotistes totalement délirantes et la violence qui en est l'expression ultime.

27:18
Intervenant

Eric Ciotti, demain, c'est le grand jour. Le pass sanitaire cède la place au pass vaccinal qui permet de rentrer dans la plupart des lieux publics. Est-ce que c'est à vos yeux une bonne nouvelle ? On sait qu'il y a eu des débats extrêmement difficiles, houleux, voire violents au Parlement. Est-ce que c'est une bonne nouvelle alors que le nombre de cas de contamination atteint des niveaux jamais atteints jusqu'à présent ?

27:40
Éric Ciotti

Pour être clair, j'ai voté le pass vaccinal comme j'avais voté en juillet le pass sanitaire. Je vous le disais, moi je crois au vaccin, je crois en la science. C'est un élément de protection. Mais quand même, quelle incohérence de la part de ce gouvernement. Pourquoi incohérence ? Une communication depuis Noël sur le pass vaccinal qui rentrera en vigueur un mois plus tard. Et puis, le Premier ministre qui, la semaine dernière, vient nous dire tout va bien, on va relâcher les efforts. Donc il y a en permanence, depuis le début de cette crise, des messages contradictoires. Pourquoi ? Parce que l'exécutif derrière M. Macron, à la demande de M.

Macron, utilise la crise sanitaire comme un instrument de politique politicienne. La réalité, elle est là. Les décisions, elles ne sont pas prises, hélas, en fonction de la situation sanitaire. Elles sont prises pour éviter qu'on parle d'autres sujets et pour faire en sorte que ça soit un argument pour la réélection d'Emmanuel Macron. Je dirais que c'est insupportable et indigne. Comment on peut demander aux Français des efforts au début du mois de janvier et arriver finalement la fleur au fusil fin janvier en disant « Mais non, on va relâcher, on enlève tout ça ». Où est la cohérence ? Les Français n'y comprennent plus rien. C'est l'annonce de candidature ?

On nous a dit que les masques ne servaient à rien au début de la crise. Bon, ça paraît une éternité. Il y a deux ans, on a même eu le président de la République qui, à l'automne… Justement, on ne va pas refaire tout l'historique, s'il vous plaît, M. Chautier, pour gagner du temps. L'automne 2020, il exprimait même un scepticisme sur les vaccins.

29:13
Invité

Vous avez aussi instrumentalisé la question du débat parlementaire sur le pass vaccinal. Il y a eu une joute assez forte, surtout à l'Assemblée nationale. Et finalement, l'amendement que vous avez proposé concernant les meetings, que le pass vaccinal soit demandé pour l'organisation d'un meeting ou pour l'accueil des militants, a été retoqué par le Conseil constitutionnel. Est-ce que ce n'est pas une défaite des Républicains ?

29:36
Éric Ciotti

Nous, nous estimions que quand on demande des efforts aux Français, il faut les demander à tout le monde. Donc ça devait s'appliquer aussi dans des meetings politiques. Le Conseil constitutionnel a estimé le contraire. Ce n'est pas une défaite des Républicains. En estimant que ça portait atteinte à la liberté d'expression, dont acte. Mais le pass vaccinal, il porte aussi atteinte à d'autres libertés. Moi, ce que les Français ne comprennent pas, c'est que les politiques soient traités différemment des citoyens. des « voilà, on ne peut pas aller dans un match, on ne pouvait pas » puisque maintenant, les jauges vont être enlevées. Là aussi, on a changé d'attitude en 15 jours. Très bien.

Mais ce qu'il faut dans cette crise, c'est de la cohérence. On ne voit pas où veut aller le gouvernement. Il n'y a pas d'anticipation. Dans la crise sanitaire comme dans la crise économique, il faudrait qu'on retrouve un peu le temps long, celui de la prévision et pas du coût politicien.

30:27
Invité

Justement, la levée des jauges le 2 février prochain. Quelles sont les conséquences pour les meetings de Valérie Pécresse ? Elle en a déjà annulé un fin décembre. Il y en a un qui devait être organisé en janvier, il a été repoussé. Où est-ce qu'il aura lieu ? Combien de personnes seront acceptées ? Est-ce que vous délivrerez des masques FFP2, comme on a pu le voir dans les meetings de Jean-Luc Mélenchon ?

30:46
Éric Ciotti

Ce que nous avions dit, c'est que nous respecterions les règles en vigueur, même si ce n'est pas juridique, enfin si ce n'est pas une obligation juridique, que nous respecterions les jauges qui étaient imposées pour les enceintes sportives ou culturelles. Aujourd'hui, il n'y a plus de jauges, donc il n'y aura plus de jauges dans les meetings non plus.

31:04
Invité

Est-ce que vous demanderez le pass vaccinal finalement ? Non, on ne peut pas demander le pass vaccinal dans les meetings.

31:11
Éric Ciotti

C'est contraire à la Constitution. Donc pour le coup, vous l'abandonnez, vous ne le demanderez pas à ce moment-là. Il n'y aura pas des équipements, bien sûr, des masques de protection.

31:17
Présentateur

Vous avez vu les images du meeting d'Éric Zemmour hier à Cannes. Il n'y a pas beaucoup de masques. C'est une erreur, je pense.

31:24
Intervenant

Permettez-moi d'insister. Le pouvoir d'achat ?

31:26
Présentateur

Je voudrais qu'on parle du pouvoir d'achat, Edwige. Le prix à la pompe ?

31:30
Intervenant

Alors le prix, oui, le pouvoir d'achat, c'est la priorité, Éric Ciotti, des Français, on le voit bien, avec les prix de l'énergie qui explosent, que ce soit le pétrole, l'électricité, le blé, la baguette, etc. Qu'est-ce que vous, vous proposeriez, notamment sur les prix de l'énergie, sur le prix de l'essence à la pompe ? Est-ce que justement c'est à l'État de baisser, de faire un geste pour le pouvoir d'achat des Français et de baisser les taxes ?

31:54
Éric Ciotti

Moi je crois déjà qu'il faut alléger les taxes sur les taxes. Notamment, c'est ce que nous proposons sur l'électricité avec Valérie Pécresse, sur la TVA, mais sur l'électricité, moi je crois qu'il faut tout revoir. Il faut tout revoir parce qu'on a une... Les prix régulés, on appelle. La tarification qui est issue de la régulation liée elle-même à une directive européenne n'est plus du tout adaptée. Le prix de l'électricité, il est indexé aujourd'hui sur le prix du gaz. Notamment, qui aujourd'hui augmente parce que...

32:24
Intervenant

Mais est-ce que l'État, est-ce que le gouvernement a fait une erreur quand même ?

32:26
Éric Ciotti

Il y a la tension avec la Russie qui participe aussi à l'augmentation des prix. Donc aujourd'hui, il faut qu'on reprenne un mode de tarification qui soit conforme à la souveraineté nationale. On a une chance extraordinaire en France. C'est d'avoir de l'énergie produite par le nucléaire. C'était la volonté du général de Gaulle et de tous les présidents de la Ve République, sauf François Hollande et Emmanuel Macron, qui ont fragilisé la filière nucléaire.

32:54
Présentateur

Emmanuel Macron, il a annoncé un milliard d'investissements sur le nucléaire, développement de petits réacteurs, il a annoncé la reprise des travaux sur les EPR.

33:00
Éric Ciotti

Il a annoncé, mais il a fait voter à l'Assemblée nationale une loi qui s'appelle la PPE, la programmation juréannuelle de l'énergie, qui ramène la part de l'électricité nucléaire de 80% à 50%. Donc là aussi, on est dans la contradiction permanente.

33:14
Intervenant

Vous êtes pour le maintien à 80% ?

33:16
Éric Ciotti

Bien sûr, bien sûr. C'est un atout extraordinaire. C'est la seule énergie non carbonée. C'est une énergie propre. On a cet atout et on produit. Aujourd'hui, on impose à EDF ce qui est totalement délirant, de vendre à ses concurrents qui n'ont pas eu à financer les investissements dans les centrales où les investissements qui sont à venir, 500 milliards d'euros d'ici 2050, on leur impose de vendre aux concurrents d'EDF l'électricité à 46 euros du terawatt. Et cette électricité, EDF doit l'acheter sur les marchés européens à 120 à 160 euros selon les jours. Et cette électricité, elle est produite par du charbon ou du gaz.

34:02
Présentateur

Monsieur Chaudi, s'il vous plaît, alors des marchés européens, on va venir au marché français, ce que les politiques connaissent par cœur puisque vous y tractez. Vous avez vu l'étude de famille rurale ?

34:09
Éric Ciotti

Pour faire baisser le prix de l'électricité, il faut changer le mode de tarification.

34:12
Présentateur

Vous avez vu l'étude de famille rurale ? Oui, sur le pouvoir d'achat. Les prix des fruits et légumes ont augmenté de 9% entre 2019 et 2021. Famille rurale qui demande en fait un chèque, un chèque fruits et légumes, pour aider les Français les plus modestes. C'est une bonne idée. Est-ce qu'il faut le faire ?

34:27
Éric Ciotti

Moi, je suis contre la politique des chèques. Parce que la politique des chèques, à un moment, il y a toujours quelqu'un qui paye le chèque. Vous faites comment alors ? Moi, je dis qu'il faut baisser. Pour relancer le pouvoir d'achat, il y a deux axes prioritaires sur lesquels nous travaillons avec Valérie Pécresse. Un, c'est la baisse des impôts et des charges, parce que nous sommes le pays au monde qui a ce triste double privilège d'être celui qui a le plus de dépenses publiques et le plus d'impôts et de charges. Donc, il faudra s'attaquer à ce modèle. On ne peut plus continuer à être le pays qui emprunte le plus, qui dépense le plus et qui taxe le plus.

Donc, il faut changer ce modèle pour baisser les impôts et les charges. C'est un objectif. Et puis, il faut augmenter aussi la valorisation du travail. Il faut que ceux qui travaillent puissent tirer le bénéfice de leur effort. C'est pour ça que nous proposons une augmentation du salaire net par la diminution des cotisations VAS pour faire en sorte que le salaire net se rapproche du salaire brut.

35:34
Invité

Vous proposez aussi la défiscalisation totale des heures supplémentaires et le rachat des RTT. Donc, ça, c'est une mesure qui a été annoncée par Valérie Pécresse cette semaine sur BFM TV. C'est une mesure peut-être puissante, mais c'est aussi un petit peu le retour vers le futur. On a l'impression de revoir un petit peu la politique économique ou le pouvoir d'achat qu'avait mis en place à l'époque Nicolas Sarkozy, ce qui fait dire à Bruno Le Maire, le ministre des Finances, que depuis, les Républicains n'ont peut-être pas beaucoup travaillé.

35:57
Éric Ciotti

En tout cas, rien n'interdit de prendre les mesures qui ont marché. La défiscalisation des heures supplémentaires sur Nicolas Sarkozy avait eu un effort, un impact très important. Le rachat des RTT, c'est nouveau. C'est totalement été dit. Et ça fera un choc de pouvoir d'achat. Il l'avait fait, ça avait été. Un choc de pouvoir d'achat. Un choc de pouvoir d'achat extrêmement important. Vous savez, je prends l'exemple de la police. Il y a aujourd'hui, certains policiers partent, et c'est là d'ailleurs qu'il y a une supercherie, parce qu'on nous parle souvent des effectifs, mais je prends cet exemple.

Il y a des policiers qui partent deux ans avant, parce qu'on ne leur a pas payé, ils ont accumulé des RTT de façon considérable. On n'a pas payé les heures supplémentaires, elles ont été transformées en RTT. Et ces policiers sont pourtant dans les effectifs. On nous dit qu'on a augmenté les effectifs, mais sur le terrain, il y en a moins. C'est la Cour des comptes qui l'a dit.

36:51
Intervenant

Oui, mais je ne sais pas si vous avez vu Laurent Berger dans le journal du dimanche, qui dit que si on dit moins de cotisations, qu'est-ce que ça fait ? Ça fait moins de droits sociaux, in fine, pour les salariés.

37:01
Éric Ciotti

Il y a dans notre pays 800 milliards d'euros, je crois, de dépenses sociales. C'est 150 milliards d'euros de plus que la moyenne de l'Union européenne. Donc on a un modèle social qui est aujourd'hui extraordinairement généreux. Et il conduit à quoi ? Il conduit à taxer et à imposer beaucoup plus lourdement. Ce qui pèse sur la compétitivité des entreprises. Parce qu'on produit à un coût qui est plus élevé. Donc on ne peut pas être concurrent avec les grands pays qui ont des charges beaucoup plus faibles. Voilà, donc c'est toute une logique qu'il faudra conduire pour enfin avoir le courage aussi d'arrêter avec ce modèle social.

En tout cas, en atténuer les dérives et l'inertie, parce qu'on ne peut pas continuer à dépenser.

37:53
Présentateur

Éric Ciotti, hier, Éric Zemmour était donc en meeting à Cannes-sur-Seine. Avant lui, il y avait ces ralliements. Guillaume Pelletier, ancien vice-président de votre parti. Il y avait Jérôme Rivière, ancien député européen du Rassemblement national. Et Gilbert Collard.

38:08
Éric Ciotti

Jérôme Rivière, je l'ai battu en 2007.

38:09
Présentateur

Et Gilbert Collard. Est-ce que ça vous inquiète ?

38:12
Éric Ciotti

La première circonscription des Alpes-Marie.

38:13
Présentateur

Est-ce que ça vous inquiète ? Est-ce qu'il y aura d'autres départs ? Il avait déjà trahi sa famille politique à l'époque. Est-ce qu'il y aura d'autres départs des Républicains, M. Ciotti ?

38:20
Éric Ciotti

Non, il n'y en aura pas. Moi, je suis un homme de fidélité.

38:23
Présentateur

Mais vous le savez, vous l'affirmez, vous le savez, il n'y aura pas d'autres départs.

38:26
Éric Ciotti

Je suis un homme de fidélité. Je crois à la fidélité en la parole donnée. C'est important dans la vie publique. Je crois dans la fidélité à une famille aussi. Moi, j'appartiens à la famille gaulliste. Je m'y suis engagé au RPR. J'avais 16 ans. Je n'ai jamais changé parce que cette famille, ce n'est pas n'importe laquelle. C'est celle du général de Gaulle. C'était le parti gaulliste. Aujourd'hui, tout le monde est gaulliste. Enfin, à l'époque, il y avait des personnes qui soutenaient le général de Gaulle. Et nous sommes les héritiers de cette histoire, de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, de Georges Pompidou, de Valéry Giscard d'Estaing. Ce n'est pas d'importe quelle formation politique.

39:00
Présentateur

Vous n'y aviez jamais pensé. En 15 secondes, M. Ciotti, voilà pourquoi je vous pose cette question.

39:08
Éric Ciotti

Entre Éric Zemmour et Emmanuel Macron, je vote, je voterai pour Éric Zemmour. Je le dis, je le redis. J'ai du respect et de l'amitié pour Éric Zemmour. Les propositions que je défends ou le constat sur lequel, des fois, je peux me retrouver avec Éric Zemmour. Moi, je ne fais pas partie de ceux qui vont ostraciser Éric Zemmour.

39:30
Présentateur

Est-ce que vous y avez pensé ? À rejoindre Éric Zemmour ?

39:34
Éric Ciotti

Je ne renie en rien aucun des mots que j'ai prononcés. Mais là, elle n'est pas le sujet. Quand on me pose une question, Emmanuel Macron, il n'est pas dans ma famille politique. Moi, ce que je souhaite, c'est la victoire totale de ma famille politique. Donc Éric Zemmour est dans votre famille politique ? Je souhaite la victoire de Valérie Pécresse, ce choix. Moi, je souhaite que pouvoir, et j'en suis convaincu, au second tour, et je me bats à chaque instant pour voter pour Valérie Pécresse. Elle sera au second tour, j'en suis certain, et elle gagnera l'élection présidentielle. Et elle engagera le renouveau de la France.

Vous savez, dans cette élection, quelque part, il y aura trois bulletins Macron. Et il y aura un bulletin pour battre Emmanuel Macron, celui de Valérie Pécresse.

40:22
Présentateur

Marine Le Pen et Éric Zemmour disent absolument l'inverse. Ils disent que voter Macron, voter Pécresse, c'est exactement la même chose.

40:28
Éric Ciotti

Moi, je dis qu'il y aura trois bulletins Macron. Il y aura celui du candidat président, du président candidat, qui fait campagne avec les moyens de l'État. Et puis, il y aura les bulletins de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour. On sait très bien. Et vous le savez. Et vous savez que c'est aussi toute la stratégie de l'Élysée, depuis des années, d'instrumentaliser Marine Le Pen. Voter Marine Le Pen, voter Éric Zemmour, ça veut dire que M. Macron sera réélu. Juste un moment pour comprendre, pour que les choses soient claires. Justement, s'il vous plaît, M. Souti, pour que les choses soient très claires.

41:00
Présentateur

Emmanuel Macron, c'est Valérie Pécresse. Ça veut dire que, pour vous, clairement, s'il vous plaît, Mme Pécresse est plus proche d'Éric Zemmour, de Marine Le Pen, dans ses propositions, dans son projet pour la France, qu'Emmanuel Macron.

41:12
Éric Ciotti

Valérie Pécresse... Oui ou non, M. Souti ? Moi, je ne me situe pas par rapport aux uns aux autres. Bah si, puisque vous vous appelez à voter Zemmour, je dis qu'il y a une seule alternative au maintien d'Emmanuel Macron. Donc vous ne voulez pas répondre à cette question ? 15 ans au pouvoir. Vous ne voulez pas répondre à cette question, M. Souti ? Nous avons nos propositions. Vous savez d'où elles viennent, notre filiation, notre histoire, nos origines. Celle de la droite. Valérie Pécresse est de droite, profondément de droite. Et si je suis à ses côtés, c'est parce que je connais ses convictions. Elle a le courage de porter un programme de réforme. Et elle va battre Emmanuel Macron.

Qui peut imaginer que Mme Le Pen batte Emmanuel Macron ? On sait très bien que ce n'est pas possible. Donc ça veut dire qu'on va avoir 5 années, dans cette hypothèse, que l'on aurait 5 années supplémentaires, 15 ans de pouvoir, Hollande-Macron, Macron-Hollande. Ça, ce n'est pas supportable. Donc je dis à mes amis de droite, et il y en a qui sont séduits par Éric Zemmour, je dis de regarder la réalité des choses. Il ne peut pas battre Emmanuel Macron. Voilà, encore une fois, il y a des constats que je peux partager ou approuver. Mais être président de la République, d'abord, c'est répondre à tous les sujets. À tous les sujets. Il faut avoir un panel.

Vous disiez tout à l'heure que j'ai été obsédé par la sécurité ou l'immigration. Moi, quand j'ai été candidat au Congrès, j'avais des propositions sur la fiscalité, sur le pouvoir d'achat.

42:33
Invité

On va revenir peut-être à vos propos sur Éric Zemmour. Vous avez dit, et vous l'assumez, qu'en cas de duel avec Emmanuel Macron, vous voteriez pour Éric Zemmour. Est-ce que vous voteriez pour Éric Zemmour désormais, maintenant qu'il est soutenu par Gilbert Collard, Damien Rieux, ou encore d'autres cadres du Rassemblement national, M. Ciotti ?

42:50
Éric Ciotti

J'avais dit, tenu ses propos, c'était il y a plusieurs mois. Aujourd'hui, j'ai une certitude et je m'y tiendrai, je voterai pour Valérie Pécresse. Ce n'est pas le sens de ma question.

42:59
Invité

Est-ce que le vote Éric Zemmour est le même depuis qu'il est désormais soutenu par différents cadres du Rassemblement national ?

43:06
Éric Ciotti

C'est le sens de ma réponse. En tout cas, je voterai Valérie Pécresse au second tour pour battre Emmanuel Macron et elle gagnera.

43:14
Intervenant

Éric Zemmour, on a quand même le sentiment, Valérie Pécresse, pour être au second tour, il faut qu'elle rassemble, d'accord ? Donc, on l'a vu avec les centristes et on l'a vu là, avec Laurent Wauquiez, au Puy-en-Velay, pour être plutôt sur la droite de la droite. Est-ce qu'à la force d'avoir une attitude peut-être un peu trop flexible ou faire, certains appellent ça une campagne essuie-glace, les centristes, la droite, vous Éric Zemmour, Laurent Wauquiez, est-ce qu'il n'y a pas un risque un peu de perdre une ligne directrice ? Est-ce que vous vous sentez toujours aussi à l'aise avec une ligne qui n'est pas forcément la vôtre ?

43:46
Éric Ciotti

Mais ce n'est pas parce que des gens nous soutiennent qu'on épouse leur ligne. C'est vrai dans les deux sens que vous dites. Il y a eu des soutiens centristes ce week-end et je m'en réjouis. Pour gagner une élection présidentielle au second tour, il faut rassembler. Il y a deux étapes. Il y a le premier tour qui va se jouer sans doute beaucoup à droite. Et puis, il y aura aussi le moment d'aller devant tous les Français et de rassembler des gens qui sont forcément...

44:11
Présentateur

Est-ce que vous, M. Ciotti, vous êtes plus proche d'Éric Zemmour ou de Jean-Christophe Lagarde ou d'Hervé Morin ?

44:18
Éric Ciotti

Je suis proche de Valérie Pécresse et je me retrouve totalement... C'est compliqué de répondre à ces questions, j'ai l'impression, Éric Ciotti. Qu'est-ce que vous répondez à Jean-Claude Poir ? Excusez-moi, je ne veux pas être offensant, mais pour moi, ces questions, elles n'ont pas de sens. Ah ben si, elles n'ont pas de sens politique. Jean-Christophe Lagarde, il n'est pas candidat à l'élection présidentielle. Je parle d'idées, vous avez bien compris. Vous avez vu ces déclarations au Figaro. Je me retrouve totalement dans le programme et dans les idées de Valérie Pécresse. Et j'instruis, je dénonce totalement ce procès qui est fait, que Valérie Pécresse ne serait pas une femme de droite.

Au contraire, elle a des convictions fortes.

44:52
Invité

Elle est de droite, après elle a le soutien des centristes. Et Jean-Christophe Lagarde a déclaré vendredi dans le Figaro, l'omniprésence d'Éric Ciotti donne une fausse idée de la candidature de Valérie Pécresse, ça la rend unijambiste. Ce n'est quand même pas très sympa de la part de Jean-Christophe Lagarde, quelqu'un qui vient vous soutenir.

45:07
Éric Ciotti

En tout cas, moi je vois la course de Valérie Pécresse et elle est parfaitement équilibrée. Et elle sait... Donc la jambe droite est plus musclée de Valérie Pécresse. Elle sait où elle va parce qu'elle connaît les difficultés des Français. Mais je le redis, Juste pour terminer cette émission, s'il vous plaît, 3 minutes de vote, Macron. Vous nous l'avez dit tout à l'heure, s'il vous plaît.

45:24
Présentateur

Nicolas Sarkozy serait très agacé, selon nos confrères de l'Express, par l'utilisation de l'expression du Karcher par votre candidate. Est-ce que vous lui parlez, vous ? Oui, bien sûr. Je n'ai pas ressenti ça. Pardon ? Je n'ai pas ressenti ça. Vous n'avez pas ressenti ça. Pourquoi est-ce qu'il ne soutient pas officiellement Valérie Pécresse ?

45:41
Éric Ciotti

Nicolas Sarkozy se prononcera. En tout cas, c'est ce qu'il m'a dit. Il vous a dit qu'il allait soutenir Valérie Pécresse ? Je ne vais pas parler à sa place. Moi, j'ai beaucoup de respect. J'ai servi Nicolas Sarkozy. Ça a été un grand président de la République. En temps de crise, sa voix est importante. Mais il vous a dit à vous, Éric Ciotti, qui êtes un proche.

46:01
Présentateur

Je soutiendrai Valérie Pécresse et je le dirai.

46:02
Éric Ciotti

Je ne doute pas qu'il soit engagé dans le soutien à la candidature de Valérie Pécresse qui s'inscrit dans cette logique aussi d'affirmer le bilan qu'il a apporté pour le redressement du pays.

46:15
Présentateur

Merci beaucoup, Éric Ciotti, d'avoir été notre invite et ce ministre dans BFM Politique. Merci Edwige, Jérémy. Voici Affaires suivantes. Philippe Godin, Dominique Rizet. Je vous donne rendez-vous à 18h BFM TVSD. Notre débat, Geoffroy Lejeune, Alice Coffin. À 19h, j'en recevrai un candidat à l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon. À tout à l'heure. Jean-Luc Mélenchon.