[PODCAST] Comment un ambitieux projet de rénovation a tourné au fiasco
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12ComplaisanteRéponse partielle
C'est le plus haut gratte-ciel de Paris-Intramuros.
- 0:15OuverteRéponse partielle
Pourquoi la tour Montparnasse est-elle déserte depuis 2026 ?
- 0:51OuverteRéponse partielle
Des morceaux de vitres s'écrasent régulièrement au pied de la tour. Pouvez-vous nous décrire la situation ?
- 2:23OuverteRéponse partielle
Comment en est-on arrivé à l'abandon du projet de rénovation ?
- 2:38OuverteRéponse partielle
Pourquoi le projet de la tour Montparnasse a-t-il fait débat dans les années 50-60 ?
- 3:40OuverteRéponse partielle
Quels étaient les arguments en faveur de la construction de la tour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21PrésentateurFait
« La tour Montparnasse est déserte depuis le printemps 2026 et sa rénovation est à l'arrêt. »
- 5:12InvitéChiffre
« On dénombrait à 1,2 million de visiteurs par an pour l'observatoire au 56e étage. »
- 6:13PrésentateurFait
« En 2003, le maire de Paris, Bertrand Delanoé, avait déclaré que s'il avait la possibilité de la détruire, il le ferait. »
- 7:45InvitéFait
« Il y a eu un premier objectif d'avoir une tour rénovée pour les Jeux de Paris 2024. »
- 18:34InvitéChiffre
« LFPI juge que le budget total de la transformation de la tour, estimé autour de 800 millions d'euros, est beaucoup trop élevé. »
Temps de parole
- Invité55 %
- Présentateur26 %
- Invité 218 %
≈ 3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour,
c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
C
'est le plus haut gratte-ciel de Paris-Intramuros. La tour Montparnasse est déserte depuis le printemps 2026 et sa rénovation est à l'arrêt. Des morceaux de verre en tombent régulièrement. Les abords immédiats de la tour sont tristement déserts. Un ambitieux projet de rénovation était sur les rails, mais suite à un désaccord entre les copropriétaires, il a été officiellement abandonné le 23 septembre. Codesources fait le point sur ce dossier avec deux journalistes de l'édition du 75 du Parisien, Thomas Rideau et Paul Abron.
Thomas
Rideau, le dimanche 26 juillet, plusieurs morceaux de vitres de la tour Montparnasse s'écrasent au sol.
Oui, alors c'est pas une première, mais donc des riverains nous appellent à la rédaction pour nous signaler que des morceaux de vitres s'écroulent, s'écrasent au sol, au pied de
la
tour Montparnasse. C'est là qu'on apprend qu'en fait c'est quelque chose qui arrive de manière très régulière. On parle d'une dizaine, quinzaine de fois dans l'année 2026 que des morceaux de vitres s'écroulent au sol. Et en fait c'est surtout lié à l'usure de la tour, totalement abandonnée, désaffectée depuis quelques mois maintenant, depuis le mois de mars. Et donc voilà, c'est des vitres fragilisées qui s'écroulent dans la rue en fait. Toi tu vas sur place, qu'est-ce que tu vois ? C'est très impressionnant, on
s
'y attend pas forcément d'ailleurs, mais il y a plein de petits morceaux de verre un peu partout autour de la tour, dans les rigoles loin du trottoir, dans la rue, même sur la chaussée, même dans les jardins autour. Ils sont absolument innombrables ces morceaux de verre. Je vois même des gens qui les balayent, eux ils me racontent qu'ils le font très régulièrement d'ailleurs. Balayer ces petits morceaux de verre, c'est devenu un peu un élément de leur quotidien. Je rencontre des commerçants, des riverains qui vivent à côté de la tour et qui constatent souvent ces chutes.
Certains me montrent même des vidéos d'attroupements de gens qui viennent voir ce qui est vraiment tombé de la tour, l'arrivée des pompiers qui viennent constater ces chutes de vitres dans la rue. Et au-delà de la question des chutes de vitres, quand on marche aujourd'hui au pied de la tour, ça ressemble à quoi ? Et bien c'est très vide, c'est un peu désertique, on est pourtant en face de la gare Montparnasse qui est extrêmement utilisée, mais malgré tout quand on se rapproche de la tour, il n
'y a
plus personne en fait. Il n
'y a
plus de magasin, il n
'y
a plus rien d'ouvert, tout est fermé, c'est totalement désaffecté. C'est devenu le désert autour de cette immense tour.
Alors
on va voir comment on en est arrivé là et pourquoi un vaste projet de rénovation a été abandonné fin septembre. Mais d'abord, comme souvent dans Côte-Source, on reprend les choses du début. Le projet de construction de la tour Montparnasse remonte à l'entre-deux-guerres. Il est bloqué pendant la seconde guerre mondiale et dans les années 50 et 60, Paul, ce projet fait débat. Pourquoi ?
Oui, pour plusieurs raisons. Les détracteurs du projet, on estime qu'une immense tour dans Paris, ça va dénaturer finalement le paysage de la capitale qui est caractéristique à Paris avec tous ses monuments, ses bâtiments à hauteur limitée, cinq ou six étages, pas plus. Il y a seulement la tour Eiffel qui dépasse tout. Et puis, il y a aussi un peu cette peur du modèle américain qu'on veut rejeter, ces gratte-ciels qu'on voit se construire les uns après les autres à New York. On refuse un pari qui s'élève vers le ciel et donc ça fait partie des arguments de ceux qui s'opposent au projet.
Mais un homme politique important se prononce en faveur du projet, c'est André Malraux, ministre de la Culture de 1959 à 1969. Il y voit, je cite, un « beffroi contemporain » ou encore un « moderne campanile ». Il signe le permis de construire en 1968.
L
'architecture moderne a entrepris de poser sa marque sur Paris.
L
'ancienne gare Montparnasse, vouée à la pioche, va céder le terrain à une nouvelle construction dotée d'un gratte-ciel de 185 mètres.
La
tour Montparnasse va être érigée à la place de l'ancienne gare Montparnasse, jugée trop petite face à l'augmentation du trafic.
Elle
est rasée. La construction de la tour débute en 1969 et c'est un chantier pharaonique. 130 000 tonnes de béton et de verre, 210 mètres de hauteur, la plus haute tour en Europe. Quand elle est inaugurée, le 18 juin 1973, Paul, dès le départ, elle n'est pas aimée de nombreux Parisiens.
Oui, il
y
a un rejet visuel assez immédiat. Cette tour Montparnasse, qui elle aussi, on peut le dire, rompt la monotonie de Paris. Elle déchire Paris, elle déchire le tissu parisien, c'est une folie. Rapidement, on lui donne des surnoms. La cicatrice, le chicot, la veuve noire, la verrue. Il y a ce rejet. Elle est affublée par tous ses surnoms et il y a à la fois des riverains, des habitants du quartier, mais aussi des intellectuels, des architectes, écrivains, artistes qui se manifestent contre cette tour.
Mais beaucoup y voient un symbole de modernité. Thomas, la tour attire chaque année de très nombreux visiteurs.
C'est vrai que la tour Montparnasse, maintenant, elle fait totalement partie du panorama parisien. C'est dur d'imaginer Paris sans visualiser la tour Montparnasse. C'est vraiment devenu un élément essentiel dans le tourisme parisien. On dénombrait à 1,2 million de visiteurs par an pour l'observatoire au 56e étage. Donc c'est absolument conséquent.
On
sait que c'était beaucoup de touristes étrangers notamment, qui aimaient beaucoup se rendre au sommet de la tour. C'est sans doute de là qu'on avait le meilleur panorama de la ville de Paris. Dans
les années 2000, la tour a besoin d'être rénovée. Paul, pourquoi concrètement ? De quoi souffre la tour Montparnasse ?
En fait, comme de nombreux immeubles des années 70, la tour Montparnasse présente beaucoup d'amiantes. On est au milieu des années 2000. Quand une réflexion commence officiellement à être initiée entre les copropriétaires, concrètement, il va falloir sérieusement songer à un désamiantage de la tour. Ça va devenir indispensable. Et puis, c'est une tour qui commence à être obsolète d'un point de vue technique. Les ascenseurs, les réseaux, elle n'est plus trop aux normes sur le volet énergétique. Et donc, pour toutes ces raisons, il va falloir rénover la tour.
Par moments, il y
a
même eu l'idée de la détruire. Le chantier de cette destruction potentielle a été estimé à 1 milliard d'euros. En 2003, le maire de Paris, Bertrand Delanoé, avait déclaré que s'il avait la possibilité de la détruire, il le ferait. Mais cette piste n'a pas été retenue. Paul, on s'oriente donc vers une rénovation de la tour. Et c'est le début d'un très long feuilleton.
Oui, l'idée, le fantasme de la raser est rapidement écarté de la table pour deux raisons très claires. L'obstacle financier, tu l'as dit, Jules, estimé à 1 milliard d'euros. Et puis, l'obstacle juridique. Bertrand Delanoé, le maire de la ville de Paris, la tour Montparnasse, est une copropriété à 100% privée. Il n'a pas vraiment de pouvoir dans ce dossier-là. Et donc, la réflexion de la rénovation est officiellement initiée au milieu des années 2000. Il faut réunir tous les copropriétaires autour de la table, mettre en place un plan d'action. Et donc, déjà ça, ça prend quelques années. Et les copropriétaires lancent enfin un concours international d'architecture pour métamorphoser la tour.
Et donc ça, ça nous amène au concours en 2017, qui est remporté par la nouvelle AOM, qui est une réunion de plusieurs cabinets d'architecture bien connus à Paris.
Donc ça,
c
'est en 2017. Que se passe-t-il ensuite ?
Une fois que les architectes sont désignés, il faut établir une feuille de route. Il ne
faut
pas oublier qu'il y a toute la phase de curage des amiantages, qui est estimée à deux ans de travaux déjà. Et puis surtout, et c'est le plus important, mettre d'accord tous les propriétaires sur qu'est-ce qu'on fait concrètement dans la tour. Et c'est ça qui va prendre des années. Il y
a
eu un premier objectif d'avoir une tour rénovée pour les Jeux de Paris 2024. Ça a rapidement été écarté. Et aujourd'hui, nous sommes en 2026 et le projet n'a toujours pas avancé.
Le
mercredi 7 janvier 2026, les copropriétaires de la tour signent un protocole qui prévoit la rénovation du socle de la tour, notamment un immense centre commercial complètement à l'abandon aujourd'hui. Le projet qui a été retenu est celui de l'architecte italien Renzo Piano. Un mot d'abord, Paul, sur Renzo Piano. Cet architecte âgé de 89 ans, il a imprimé sa marque sur Paris.
Oui,
Renzo Piano est un architecte italien né en 1937 à Gênes. Il a été lauréat notamment du prestigieux prix Pritzker, qui est considéré comme le prix Nobel de l'architecture. Et il a laissé sa patte, sa marque, son identité à Paris avec plusieurs projets assez emblématiques, notamment le centre Georges Pompidou dans les années 1970 et beaucoup plus récemment, le tribunal de justice de Paris, porte de Clichy, ce gratte-ciel de 160 mètres de haut.
Et donc, quel est son projet pour le centre commercial de la tour Montparnasse ?
Le projet de Renzo Piano prévoit la transformation en profondeur de toute la base de la tour Montparnasse. C'est donc ce socle qui contient le centre commercial et la tour CIT, c'est cette tour cubique au pied de la tour Montparnasse d'environ 12 étages, qui est l'ancien centre international du textile et qui a besoin aussi d'être rénové. Et donc, le projet de l'architecte italien consiste déjà à casser l'effet bunker.
C
'est très bétonné, tout cet ensemble est très bétonné. Et donc, lui, il veut ouvrir, végétaliser, refaire des circulations piétonnes entre la gare Montparnasse, la tour, la rue de Rennes. Aujourd'hui, tout ça est un peu enclavé, laissé à l'abandon, c'est laid. Et donc, il veut redonner de la vie à ce socle ou à la base de la tour Montparnasse en recréant ces rues, ces petits cheminements au niveau zéro des piétons, remplacer le béton, finalement, par des créations paysagères, de la végétalisation, des promenades et surtout qu'il y ait du flux. Et pour ça, il veut diversifier un peu l'offre qu'il y aura à cet endroit-là avec des équipements sportifs.
Il prévoit notamment six terrains de sport en toiture, sur des rooftops, avec du paddle, du tennis et du football à cinq, mais aussi des équipements culturels et des commerces. Au
-delà de cette partie du projet, qu'est-ce qui est prévu pour le reste de la tour ? Quels travaux doivent être menés ?
Alors, le projet qui est conçu par cette agence baptisée la nouvelle AOM, elle prévoit une rénovation complète de la tour. Le désamiantage, le curage, ça c'est la première partie pour la mise aux normes, notamment énergétique du bâtiment. Ensuite, il
y a
la refonte intégrale des façades de la tour. Le projet veut des façades vitrées, plus transparentes, plus lumineuses, plus claires. Aujourd'hui, la tour est très sombre et, si on entre un peu dans le détail, ils veulent créer, le long de cette tour, de ces étages, des terrasses et des jardins suspendus et un belvédère végétalisé au sommet. Et donc, tout ça devrait améliorer l'apparence visuelle de la tour ? Clairement, c'est l'objectif principal de remplacer cette façade opaque des années 70 par plus de transparence, de lumière, de végétalisation.
Ce volet esthétique du projet, il vise justement à réconcilier les Parisiens qui ont longtemps critiqué cette tour, ce point d'exclamation tout noir dans Paris. Et donc, il s'agit de rompre aussi, en parallèle. C'est le deuxième objectif, avec la monofonction de la tour. C'était que des bureaux. Et donc, l'idée, c'est que ce soit maintenant une tour qui vive 24 heures sur 24, avec évidemment des bureaux, c'est sa fonction principale, du co-working, des commerces, des restaurants et un hôtel.
Pendant les premiers mois de l'année 2026, la rénovation de la tour Montparnasse semble sur les rails. Et à la fin du mois de mars, la tour est vide, il n'y a plus personne à l'intérieur.
Oui, ça marque clairement une première étape concrète dans l'avancée du projet. Il est enfin en bonne voie. Les préfectures de Paris et d'Île-de-France avaient quelques semaines auparavant exigées d'accélérer justement le calendrier et de fermer rapidement la tour au public et aux salariés qui l'occupent en raison de la présence d'Amiante. Et donc, ils ont imposé un peu cette accélération du projet. Donc, cette fermeture a un peu marqué le lancement de la restructuration complète du gratte-ciel.
Autre conséquence de cette fermeture, c'est le dernier jour de l'observatoire panoramique au 56e étage qui était exploité depuis plusieurs dizaines d'années, qui était visité quotidiennement par des centaines et des milliers de visiteurs. Un des plus beaux points de vue de la capitale. Et donc, le 31 mars 2026, c'était son dernier jour d'ouverture.
Paul,
toi, ce jour-là, tu es sur place. Pour le
Parisien, décris-nous cette vue. On voit tout Paris. On est plus haut que tout le monde. Il n'y a aucun obstacle à 360 degrés. On voit d'un côté le Sacré-Cœur, la Tour Triangle qui est en train de grandir dans le sud de Paris et la Tour Eiffel de plein pied. Et c'est ça qui est assez exceptionnel. Moi, j'ai rencontré des touristes de plein de pays ce jour-là au sommet de la Tour qui me disaient « Nous, on a fait le choix de ne pas monter au sommet de la Tour Eiffel mais plutôt de monter au sommet de la Tour Montparnasse pour avoir la plus belle vue de la Tour Eiffel et je peux le confirmer, la vue est exceptionnelle.
» la Tour est détenue par plusieurs investisseurs privés qui n'ont pas forcément tous les mêmes intérêts. Il y a notamment des banques, des assurances, des mutuelles, BNP, AXA, MGEN. Il y a des particuliers fortunés comme l'homme d'affaires milliardaire fondateur de fric, Xavier Niel. Et il y a aussi un fonds d'investissement baptisé LFPI. Alors, LFPI, de quoi il s'agit et pourquoi est-ce que cette entité est importante dans ce dossier ?
Alors, LFPI, c'est l'acronyme de la Financière Patrimoniale d'Investissement. C'est l'un des principaux copropriétaires de la Tour Montparnasse. Elle détient près de 30% de l'immeuble. Donc, elle est un copropriétaire influent qui pèse et qui peut faire basculer d'un côté comme de l'autre tous les votes en Assemblée Générale et toutes les décisions prises autour de la Tour.
Pendant longtemps, le représentant de LFPI pour la Tour Montparnasse, c'était Frédéric Lemoss. Qu'est-ce qu
'on
sait sur lui ?
Frédéric Lemoss est un ingénieur de formation. C'est une figure centrale du dossier de la Tour Montparnasse. Un homme d'affaires qui agit pour les intérêts de son employeur mais aussi pour les siens. Un homme d'affaires qui peut parfois être cash. J'ai pu le rencontrer notamment lors d'une réunion autour de l'ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, et de représentants du Grat-de-Ciel en mairie de Paris. C'est quelqu'un de très investi dans ce dossier. Il a présidé pendant près de dix ans le conseil syndical de la copropriété.
C
'est l'un des principaux protagonistes de la Tour qui ont piloté ce projet de réaménagement du
Grat-de-Ciel. Paul, LFPI, donc ce fonds d'investissement, il a un projet dans la Tour Montparnasse, créer un hôtel sur plusieurs étages.
Un projet d'hôtel qui occuperait plusieurs étages entre le 42e et le 45e. On parle d'un hôtel qui serait composé d'une centaine de chambres pour différents budgets mais jusqu'à la suite de luxe.
Au mois de novembre 2025, Frédéric Lemos a été licencié du fonds d'investissement LFPI. Est-ce qu'on en sait plus ?
Est
-ce qu
'on
sait pourquoi ?
D'après la presse spécialisée, nos confrères notamment de Business IMO, Frédéric Lemos a été révoqué de ses fonctions en novembre 2025. Le motif invoqué à l'époque, c'est une implication jugée disproportionnée dans ce dossier de la Tour Montparnasse, disproportionnée par rapport au portefeuille que gère et représente LFPI qui est sur d'autres dossiers immobiliers. Et c'est pour cette raison que Frédéric Lemos aurait été écarté de ses fonctions. Il aurait été trop concentré sur ce dossier au détriment d'une vision d'ensemble.
Paul, Frédéric Lemos va contre-attaquer en essayant de mettre la main en résumé sur le 43ème étage.
Oui, alors, ce 43ème étage est au centre de plusieurs convoitises. LFPI possède déjà les 44ème, 45ème et 46ème étages.
Pour
mener à bien son projet d'hôtel, il a besoin du 43ème. Sauf que, en parallèle, Frédéric Lemos, qui n'est donc plus le représentant de LFPI et qui détient lui-même 20% de cet étage-là, veut aussi ce 43ème étage grosso modo pour faire capoter le projet de son ancien employeur. Que fait Frédéric Lemos ? Il y a tout un stratagème qui va se mettre en place.
C
'est-à-dire que, début mai, on apprend, notamment chez nos confrères du Figaro Immobilier et puis du Monde dans une enquête, que le chanteur Vianney aurait racheté 80% de ce 43ème étage à son copropriétaire, qui est un homme d'affaires, propriétaire de l'enseigne La Brioche Dorée.
Et
en réalité, on comprend après que Vianney est un ami proche de Frédéric Lemos et qui ensuite lui revendra ses 80%.
Une société a été spécialement créée pour pouvoir acheter les 80% de ce 43ème étage. Le nom de cette société est très particulier.
Oui, ce nom, c'est Edmond de Vert. Tout de suite, on pense Edmond Dantès, l'ange vengeur du comte de Montecristo, le roman d'Alexandre Dumas. Mais en fait, ce nom a un autre clin d'œil puisque Vert, c'est le nom aussi du château du patron de LFPI, l'ancien employeur de Frédéric Lemos qu'il avait lui-même licencié plus tôt.
Le château de Vert qui se trouve en Gironde. Et donc, le résultat de cette opération, en tout cas, c'est que le projet d'hôtel de l'EFPI est bloqué.
Comme LFPI ne peut plus mettre la main sur ce fameux 43ème étage, l'effet produit finalement par cette manœuvre, il est assez clair. C'est qu'en mettant la main sur cet étage par un intermédiaire, Frédéric Lemos fait de facto bloquer le projet d'hôtel de son ex-employeur qui ne peut plus réunir tous les étages dont il avait besoin. Et par ailleurs, il faut préciser que Vianney, par la parole de son agent, a totalement démenti être impliqué dans cette opération.
Et on rappelle que LFPI est un copropriétaire important puisqu'il représente près de 30% de la surface de la tour. Paul, le 21 juillet, à l'occasion d'une assemblée générale des copropriétaires de la tour Montparnasse, LFPI annonce ne plus soutenir le projet de rénovation.
Son projet d'hôtel est bloqué, c'est un premier argument. En parallèle, LFPI juge que le budget total de la transformation de la tour, estimé autour de 800 millions d'euros, est beaucoup trop élevé et déclare à ce moment-là qu'il ne signera pas les résolutions du projet et propose à la place un autre projet plus simple dans la conception, plus sobre, autour de 400 millions d'euros.
Le 23 septembre, les copropriétaires annoncent l'abandon pur et simple de ce projet de rénovation. Thomas, c'est un coup de tonnerre ?
Oui, on ne s'y attendait vraiment pas. On savait qu'il y avait des soucis au niveau du désamientage, que pour LFPI,
c
'était un peu trop élevé la facture. Mais de là à ce que le projet soit abandonné, ce n'était vraiment pas ce qui était prévu en fait. Thomas, que va-t-il se passer maintenant ? C'est un peu toute la question. Il y
a
un nouveau conseil syndical qui s'est créé et qui va très bientôt. On n'a pas encore la date de se réunir et comme on l'a indiqué avec LFPI, mais aussi la MGEN, de nombreux acteurs veulent eux un projet à minima. Il y
a
aussi une échéance qui est très concrète, c'est le 26 novembre, c'est la fin du permis exécutoire des travaux qui devait avoir lieu et on sait très bien que ce permis ne sera pas respecté. Ça veut dire que le projet sur lequel travaillent les copropriétaires depuis 12 ans est définitivement abandonné. Légalement, réglementairement, c'est-à
-dire
que c'est fini. Maintenant, c'est ce projet à court terme mené par LFPI, MGEN, comme on disait, sur ces fameux 400 millions d'euros. Un peu de courage, un peu de désaméantage, c'est vraiment le projet mais à minima. Et sur le
calendrier,
combien de temps ça peut prendre
? C'est une très bonne question, on n
'en
sait pas vraiment beaucoup plus pour le moment. Ce qui est sûr, c'est qu'il
y a
une AG de copro qui va avoir lieu très prochainement, c'est-à-dire vraiment en octobre, début novembre maximum. C'est devant cette AG qu'on va avoir des premiers éléments temporels sur ce nouveau projet qui doit arriver. On ne sait pas encore quel cabinet d'architecte va être choisi, par exemple. La MGEN évoque, par exemple, un délai à 2 à 3 ans pour les premiers travaux préparatoires de cet éventuel nouveau permis. Mais il
y a
encore beaucoup d'hypothèses et on n'est rien de sûr pour le moment. La seule chose dont on est certain, c'est l'abandon du projet de transformation.
Au
lendemain de cette annonce, une reporter du Parisien, Aurélie Duhamel, s'est rendue sur place dans le quartier. Thomas, quel est le sentiment dans l'ensemble
?
Il y
a
une phrase qui revient assez souvent,
c
'est qu'on est abandonné. Les riverains ont vraiment l'impression de payer les pots cassés des mésententes qui ne les concernent pas du tout entre propriétaires. Il y en a même un qui nous parle, qui fait une comparaison avec le Mordor, le royaume maléfique du Seigneur des Anneaux, qui est totalement abandonné. Il y
avait
même des soucis de drogue, de squat, même dans ce centre commercial. Maintenant, les riverains nous disent qu'ils se rendent compte qu'ils vont continuer de vivre encore des années avec une verrue de 210 mètres au plein cœur de Paris.
Merci
à Thomas Rideau et Paul Abran. Cet épisode de Code Source a été produit par Barbara Gouy et Clara Garnier-Amourou. Réalisation, Julien Moncouquiol. Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien. N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode. Vous pouvez nous écrire pour nous faire des retours. Codesource at leparisien.fr et puis on vous invite également à écouter Crime Story, le podcast du Parisien consacré aux affaires criminelles. Un nouvel épisode chaque samedi matin, Crime Story, qui est présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delsenie.