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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 24 juillet 2026 10 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sportInstitutions & électionsImmigration & asile

La Grande Mosquée de Paris : cent ans d'histoire

Au micro : Bérangère BonteSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Comment vous entendez-vous cette visite de 1946 ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut dire d'encadrer les populations musulmanes aussi à cette époque-là ?

  • 6:24OuverteRéponse directe

    450 artisans, racontez-nous. Ils font quoi?

  • 7:32OuverteRéponse directe

    On s'arrête sur l'occupation, la mosquée a caché des juifs et fourni des faux papiers.

  • 8:56OuverteRéponse directe

    S'il y avait un endroit, pour vous, c'est quoi la mosquée de Paris ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:19PrésentateurChiffre
    « entre 70 000 et 100 000 soldats musulmans tués pour la France pendant la guerre 14-18. »
  • 4:20PrésentateurChiffre
    « La ville de Paris met 1,8 million pour acheter le terrain de l'hôpital de la Pitié. »
  • 4:23PrésentateurChiffre
    « crédit de 500 000 francs. »
  • 5:39PrésentateurFait
    « la loi de 1905 garantit la liberté religieuse sauf en Algérie et dans les colonies »
  • 6:59InvitéFait
    « une des toutes premières utilisations du béton armé en tant que technologie du bâtiment. »

Temps de parole

  • Invité59 %
  • Présentateur35 %
  • Présentateur 26 %

5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture France Culture, les matins d'été. Bérangère Bonte. Nous sommes allés ce matin à la mosquée de Paris recueillir pour vous quelques échos sonores de cette fête du monde islamique. Un grand nombre de fidèles se pressent dans les jardins, le patio et les lieux saints autour du vénéré grand jimat et de son excellence Sikadour Ben Gavri, ministre plénipotentiaire du Sud-Saint du Maroc et l'une des personnalités les plus marquantes du monde musulman de Paris. Voilà, reportage de la RTF sur la fin du ramadan. On est en août 1946, la voix de Claude Dargé. Bonjour Adèle Gastel. Bonjour.

Vous êtes journaliste, producteur artistique de l'émission Islam sur France 2 et contributeur de ce livre La grande mosquée de Paris regarde sur cent ans en cent événements qui racontent ce lieu de culte, de culture, de patrimoine aussi à travers de nombreuses archives, témoignages, cent ans qui racontent aussi, on en parlera, les liens entre l'islam et la République française. Je vous voyais écouter cette archive, c'est un lieu touristique. Comment vous entendez-vous cette visite de 1946 ?

1:17
Invité

Ça nous replonge dans une atmosphère qui nous manque aujourd'hui. C'est-à-dire que c'est une atmosphère de reconnaissance, une atmosphère de vivre ensemble. 1947, on sort à peine d'une guerre dans laquelle ceux qu'on appelait jadis les indigènes ont beaucoup contribué.

C'est pour ça que dans ce livre que nous proposons aujourd'hui aux lecteurs, à travers les éditions du Cherche-Midi, il y a par exemple ce beau film de 2006 sur les indigènes qui relatent la contribution des soldats de confession musulmane, pas seulement pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais avant, pendant la Première Guerre mondiale, ce qui constitue d'ailleurs le point de départ du projet de la guerre de 14-18 et le point de départ du projet de la Grande Mosquée de Paris.

2:12
Présentateur

Absolument, Edouard Hériot qui tient à remercier les, je crois que c'est 100 000,

2:19
Invité

entre 70 000 et 100 000.

2:20
Présentateur

soldats musulmans tués pour la France pendant la guerre 14-18. Alors ce qui est paradoxal, d'une certaine façon, c'est qu'il faut le dire, c'était un projet de la France coloniale qui finalement avance après que la France soit devenue, après la séparation d'Église et de l'État, donc qui avance avec une république qui est devenue laïque. Oui. Tout ça, quand on réunit tout ça, comment vous racontez l'histoire ?

2:47
Invité

Très simplement, on est en plein conflit mondial, on a des acteurs, pas des moindres, on a en face, on a la France avec son empire colonial et on a aussi un empire moribond qui est un peu quand même l'empire ottoman qui est de mèche avec le camp d'en face, pour simplifier, les Turcs et les Allemands contre les Français. Et là, à ce moment-là, les Français se disent oulala, si on laisse faire les Allemands et les Turcs, à ce moment-là, il y aura une mainmise sur l'Afrique du Nord à travers la population musulmane qui, de toute façon, va vers l'Est pour aller au pèlerinage. Et donc, l'intelligence française de l'armée de l'époque se dit on va leur couper la route.

Et c'est là qu'apparaît le premier recteur, qui sera le personnage emblématique, qui sera plus tard le premier recteur de la Grande Mosquée de Paris, Sikadour Ben Gabrit, que vous citiez tout à l'heure dans les archives. Lui, alors, il prend en main cette mission. Il y va, il installe une infrastructure d'hébergement pour les pèlerins nord-africains qui vont aller à la Mecque. Et donc, entre guillemets, en langage militaire, il sécurise un peu le passage des pèlerins musulmans vers la Mecque sous protection française. Et donc, il installe un véritable corridor d'influence française.

4:09
Présentateur

Il y a une loi, donc, l'inauguration, c'est 1926, six ans plus tôt. Là, on découvre que cette construction est extrêmement rapide. On va saluer la prouesse. Mais il y a d'abord la loi de 1920 qui donne à la société des abous et des lieux sains de l'islam la responsabilité de construire une grande mosquée, crédit de 500 000 francs. La ville de Paris met 1,8 million pour acheter le terrain de l'hôpital de la Pitié. Et il y a cette idée, effectivement, de... Est-ce qu'on peut dire d'encadrer les populations musulmanes aussi à cette époque-là ? Les historiens le disent...

4:43
Invité

Le mot ne me dérange pas.

4:45
Présentateur

John Tolan, dans le livre, l'historien le dit comme ça.

4:48
Invité

Oui, mais John Tolan, c'est un des contributeurs dans ce livre fait à partir de collaborations. C'est un livre collectif. John Tolan explique même que l'islam en Europe et il remonte quand même au XIIe siècle avec la toute première traduction du Coran. Donc, oui, alors, là aussi, il y a une intelligence juridique française. Il fallait créer un institut un institut à vocation scientifique qui va devenir un peu, entre guillemets, la Libye pour pouvoir faire des appels aux dents et notamment dans les municipalités coloniales. Donc, c'est comme ça que l'argent arrive. Sinon, on aurait été en infraction de la loi de 1905.

5:34
Présentateur

Oui, mais John Tolan rappelle quand même que justement la loi de 1905 garantit la liberté religieuse sauf en Algérie et dans les colonies et que donc l'État maintient son contrôle des mosquées au nom de la mission civilisatrice.

5:45
Invité

Ça s'est passé comme ça. Ça fait partie des zones d'ombre à aller prospecter. Tout n'est pas en noir et blanc dans nos histoires.

5:57
Présentateur

C'est la force de ce livre de raconter ça.

5:59
Invité

C'est d'ouvrir une possibilité de recherche. C'est d'ouvrir... Ce livre propose des pistes de... Ce n'est pas un livre d'historien. C'est un livre collectif dans lequel plusieurs profils ont contribué.

6:09
Présentateur

Alors, 100 moments des 100 ans. Évidemment, un moment important, la construction et la prouesse parce que cette mosquée est construite en 4 ans. Oui. Quand on pense aux cathédrales. Du béton armé avec des artisans qui viennent de tout le Maghreb.

6:23
Invité

Oui.

6:24
Présentateur

450 artisans, racontez-nous. Ils font quoi?

6:27
Invité

Eh bien, ça commence déjà par une expertise architecturale. Je cite notamment l'architecte Maurice Montou qui, lui, par contre, a travaillé à Alger. Il a vu le siège du gouverneurat d'Alger. D'ailleurs, vous verrez dans les archives, même dans le livre en lui-même, il y a une grande ressemblance, quand même, similitude entre les éléments architecturaux du gouverneurat d'Alger et ceux de la grande mosquée de Paris. Donc, il y avait cette expertise architecturale. Il y avait cette audace utiliser le béton armé. Et c'est quand même une des toutes premières utilisations du béton armé en tant que technologie du bâtiment.

Et il y a aussi le savoir-faire des artisans marocains, notamment dans le domaine des ornements et plus particulièrement du zélige, qui est une pratique qu'on retrouve jusqu'à aujourd'hui. Voilà, le carrelage.

7:13
Présentateur

C'est très prisé, très à la mode. Voilà, très beau, très... Et donc, il y a eu tout ça.

7:18
Invité

Il y a vraiment une vraie concentration de volonté politique, militaire, intellectuelle, artistique. Tout ça a contribué à la réussite de ce projet.

7:30
Présentateur

Dans les moments, encore une fois, je voudrais qu'on s'arrête sur l'occupation, parce que moi, j'apprends que la grande mosquée a caché des juifs et même fourni des faux papiers.

7:38
Invité

Mais ça, on le savait plus ou moins, on ne le savait pas trop, jusqu'en 2010, où, par exemple, le fils d'un des imams de la grande mosquée de Paris, qui était Abdelkader Mesli, il fouille dans ses archives personnelles et il trouve des papiers un peu bizarres. Il fouille, il cherche, il dit tiens, tiens. Et c'est là qu'il découvre que son père, Abdelkader, un imam de la grande mosquée de Paris, avait fourni des faux papiers pour sauver des juifs de France, des nazis. Donc, ce qui lui a coûté cher, après, il a été dénoncé et il s'est retrouvé dans des camps de concentration. Oui, la grande mosquée de Paris a eu un rôle.

Elle était, quand vous regardez, par exemple, le film de Gérard Aurim, La Grande Vadrouille, avec Ludfinez, en 1967, il y a des parachutistes britanniques qui sont touchés dans leur appareil par l'artillerie allemande et donc, ils sont obligés de sauter sur Paris avec leur parachute et ils se disent, mais où est-ce qu'on va se voir ? Où est-ce qu'on va se revoir ? Et là, le chef leur dit, allons à la mosquée. C'est dire à quel point, à l'époque, dans la mentalité des alliés, la Grande Mosquée de Paris était un lieu sécurisant.

8:52
Présentateur

C'est un lieu très visité et on va terminer là-dessus. S'il y avait un endroit, il y a le salon de thé, il y a les jardins, pour vous, c'est quoi la mosquée de Paris ? Est-ce qu'il y a un endroit un peu secret ?

9:03
Invité

Il y a deux endroits. Il y a la salle de prière qui nous rappelle quand même qu'il est dirigée vers la Mecque. On est dans un lieu spirituel et il y a les jardins. Les jardins de la Grande Mosquée de Paris, pour moi, ça fait partie des plus beaux jardins de Paris.

9:15
Présentateur

Avec les fontaines, les arcades et les héliges dont on a parlé. Merci beaucoup. Je rappelle donc la Grande Mosquée, regard sur 100 ans et en 100 événements. Merci beaucoup Adèle Gastel. Merci à vous. On est dans les remerciements. Je tiens à citer toutes ces personnes formidables qui travaillent toute la semaine pour que vous ayez ces matins d'été. Mathilton Fourcade, Victoria, Jérôme Vellemont, Rodi Ecken, Anouk Sevenot, Inès Bouffartix-Sabastia, Salomé Herbst, Romain Rincone-Hernandez à la réalisation, Félicie Faugère, Boris Paczynski, Sam Basquia, Pacast, pardon, au journaux, Alison Vicrobeck à la prise de son, Timothée Hubert et Ruben Karmazine. J'espère que j'ai oublié personne.

Il est 9h sur France Culture. Tout de suite, la grande traversée avec cette semaine sur le champ de bataille de Verdun, Marie Chartron, Anne de Belchins.