"Macron veut convaincre qu’il faut dépenser plus" : Des négociations sous tension à Bruxelles
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Fait
« C'est bien trop cher, bien trop élevé. C'est totalement inacceptable. »
- 2:09Fait
« La France est le premier bénéficiaire de la PAC en Europe. »
- 2:54Chiffre
« La France a touché en 2025 16,4 milliards d'euros de l'Europe, alors qu'elle a contribué à hauteur de 23 milliards d'euros. »
- 3:10Chiffre
« Le soutien de l'Europe a été supérieur à la contribution française de plus d'1,8 milliards d'euros après la crise Covid. »
Temps de parole
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Des milliers de milliards d'euros sur la table et les 27 qui se déchirent sur leur prochain budget. À Bruxelles, la France veut davantage de moyens, notamment pour sa défense, mais l'Allemagne réclame des coupes massives. L'objectif s'entendre avant les élections de 2027. Et ce soir, l'accord paraît bien loin. Depuis Bruxelles, notre correspondante Valérie Astruc avec Lucas de Villepin et Charlotte Sevière. Il est à la tête d'un des pays les plus endettés et pourtant à Bruxelles, Emmanuel Macron veut convaincre ses partenaires qu'il faut dépenser plus pour l'Europe. Préserver la PAC pour les agriculteurs tout en finançant la défense ou l'économie. Le projet de budget prévoit plus de 1800 milliards d'euros pour les six prochaines années, soit une hausse de 30 %.
Mais face à la France, plusieurs grands pays dont l'Allemagne et la Suède refusent tout net. On doit réduire significativement le budget proposé par la Commission. C'est bien trop cher, bien trop élevé. C'est totalement inacceptable. Pour financer ces nouvelles dépenses, Emmanuel Macron met sur la table une piste. Plutôt que d'augmenter les contributions nationales, la France voudrait que l'Europe crée une taxe sur les géants du numérique ou bien sur les jeux en ligne. Que l'Union européenne se dote de ses propres recettes pour pouvoir investir dans l'agriculture, dans la défense, dans l'intelligence artificielle, dans toutes les priorités pour pouvoir avoir une Europe puissance. Le budget européen doit être adopté à l'unanimité. La négociation s'annonce houleuse. Quelles que soient leurs
positions, les dirigeants européens ici veulent tous boucler au plus vite ce budget, c'est-à-dire avant les élections en France, en Italie et en Pologne. Objectif, éviter de tout devoir renégocier avec l'éventuelle arrivée au pouvoir de dirigeants eurosceptiques. La France paierait beaucoup plus qu'elle ne reçoit de l'Europe, c'est l'argument de plusieurs candidats à la présidentielle pour réclamer une baisse de notre contribution. Et pourtant, depuis 2021, en comptant le plan de relance, nous avons reçu davantage que nous avons versé. Et réduire notre participation pourrait pénaliser ceux qui bénéficient en premier de ces aides, et d'abord les agriculteurs. Sigrid de Misouard, Michel Perrier, Louis Quoex. Maxime Yévin produit des céréales, du maïs et des betteraves. Chaque année, il
perçoit une somme importante venue tout droit de l'Union européenne, grâce à la politique agricole commune. Donc sur l'année, je touche 55000 euros, ce qui correspond à 230 euros par hectare environ. La France est le premier bénéficiaire de la PAC en Europe. Pour cet agriculteur, impossible de s'en passer. Pardon. Ça fait plusieurs années d'affilée qu'on est dans le rouge. À un moment donné, se posera la question de si mon métier ne me permet plus de vivre, qu'est-ce que je fais de mon ? On peut pas vivre à crédit toute une vie, c'est pas possible. Au-delà de la PAC, la France a touché en 2025 16,4 milliards d'euros de l'Europe, alors qu'elle a contribué à hauteur de 23 milliards d'euros. Un solde négatif,
donc, de plus de 6 milliards d'euros cette année-là. Mais si on regarde sur une période plus large, le soutien de l'Europe a été supérieur à la contribution française de plus d'1,8 milliards d'euros après la crise Covid, par exemple. Hier à Bruxelles, Marine Le Pen a plaidé pour une baisse des sommes versées par la France au budget européen. Mais pourra-t-elle le faire une fois ? Le montant est voté pour une période de 7 ans et chaque État membre doit tenir ses engagements. Il ne serait pas possible, par exemple, au mois de mai, euh de décider unilatéralement de réduire euh considérablement la contribution française au budget de l'Union européenne. Il faudrait soit demander un budget rectificatif, soit euh négocier un budget en baisse pour l'année 2028.
Si elle arrive au pouvoir, la candidate du Rassemblement national se dit prête à engager un bras de fer avec l'Union européenne.
Emmanuel Macron