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interviewAssemblée nationale (sur YouTube)· 26 novembre 2025 46 min

🔴 Audition des auteures d’un rapport sur les politiques d’accompagnement à la parentalité

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

juin dernier dans le cadre de la délégation au droits des femmes et il nous intéresse fortement dans le cadre de nos travaux sur la natalité. Euh on est donc vraiment très heureux de pouvoir vous recevoir pour en échanger aujourd'hui et notamment pour voir avec vous sur les propositions que vous formulez sur dans ce rapport sur le fait que la parentalité est parfois voir souvent vécue comme un fardeau principalement par les mères et que c'est de toute évidence un obstacle majeur à la parent à la natalité lorsque l'on ne vit pas une parentalité épanouie Oui, comment se projeter dans un enfant de plus ? Je ne serai pas beaucoup plus longue.

Je vous laisse la parole pour une dizaine de minutes puis nous aurons l'occasion d'échanger sous forme de questions-réponse. Madame Lin, je vous remercie tout d'abord de cette invitation. Je pense que c'est tout à fait précieux de pouvoir relier la question de l'internalité à la question de ce qu'il est convenu maintenant d'appeler la parentalité. même si je pense que ce terme et je crois qu'on y reviendra dans les les questions peut être lui-même euh questionné, mais en tout cas, il n'y a pas de naissance d'enfants sans parents, quelle qu'il soit, quelle que soit la composition parentale.

Mais moi, ma conviction c'est aussi que il n'y a pas d'enfants et de parents en société tout autour. Et quand on a mené cette mission avec euh ma corpporteur Delphine Lingeman, nous avons eu vraiment à cœur de réfléchir à à la fois de porter des constats euh ce que vivent les parents, mais aussi évidemment porter des constats sur les politiques dites d'accompagnement à la parentalité. une notion qui est parfois un petit peu restrictive dans l'idée des gens, parfois qui est remplacé aussi par le terme de soutien la parentalité où là on on imagine que des petits dispositifs mis en place par la CAF pour accompagner un peu aider les parents.

Nous derrière la notion d'accompagnement à la parentalité, on a vraiment voulu englober très largement ce qui s'appelait traditionnellement les politiques familiales, mais aussi peut-être en nous permettant avec cette notion de parentalité de de d'explorer aussi tous les âges de la vie de l'enfant et donc aussi de la vie des parents parce que c'est vrai que les politiques et je pense qu'en traitant de la natalité, vous devez vous en rendre compte, c'est que très souvent les politiques familiales sont un peu réduites au premier âge de l'enfant. Comme si les parents cessaient d'être des parents, mettons à à l'âge aux 3 ans de leur enfant, ça y est, ils rentrent à l'école. Bon, alors que évidemment ce sujet de la parentalité bah il a il est il se pose à tous les âges de la vie.

Donc c'est ce qu'on a essayé de faire, c'est de ne pas se focaliser que sur ces premières années et parler aussi de la question et notamment de l'âge compliqué, de l'adolescence. Donc ça c'était un une première chose qu'on avait à cœur euh c'était cet aspect-là et de voir sous la question des politiques familial aussi bien les questions de pouvoir travailler à la fois les questions classiques, j'ai envie de dire bon d'allocation familiale, de ressources, de service public de la petite enfance parce que c'est central mais aussi par exemple les questions de travail et c'est vrai que quand on vous parle de politique familiale on les relie pas forcément à la question du travail alors que cette questionl Là, on a bien vu que nous dans notre rapport qu'elle était majeure la question de la conciliation, de la vie professionnelle et de la vie parentale et donc bien souvent maternelle. euh bien souvent maternelle parce que et c'est à là que à ça que je vais venir parce que je pense que c'est vraiment le cœur de ce que nous avons essayé de faire, c'est que cette mission, elle nous est confiée dans le cadre de la délégation au droit des femmes avec un angle très net d'emblé qui est qui n'est pas celui de la natalité au départ qui est celui des politiques d'accompagnement à la parent parentalité en sachant que cette parentalité repose encore très très largement sur les femmes dans notre pays.

Donc on a voulu que l'objectif soit de travailler à des mesures pour une parentalité plus égalitaire avec la conviction qu'une parentalité plus égalitaire est une parentalité plus épanouie qui offre de meilleurs droits aux enfants et ce bon voilà à tous les âges de la vie. Euh donc voilà pour un peut-être peut-être qu'on peut arriver au aux questions si ça enfin je pense le mieux c'est de d'arriver au cœur au cœur de des sujets qui vous intéressent. Euh vous mais voilà les angles de notre mission.

Ah juste peut-être pour dire la mission parce que c'est comme c'est la présentation que c'est quand même une mission qui a donné lieu donc s'est écoulé sur 6 mois qui a donné lieu à une quarantaine d'auditions à un voyage j'y reviendrai peut-être en Espagne à Madrid où nous avons pu échanger sur les politiques qui ont été menées notamment en matière de congé paternité porté à égalité avec le congé maternité en Espagne. On a un en un temps très rapide, l'Espagne s'est doté d'un congé maternité et égal au congé maternité. Ça nous a beaucoup intéressé.

Donc ça ça a été aussi voilà dans les travaux de notre mission. Bah c'est une mission classique avec beaucoup d'auditions comme vous les comme vous les faites avec aussi ce déplacement là et je crois que vous avez aussi prévu un un déplacement et je pense que c'est précieux de pouvoir comparer les les modèles. Voilà.

Monsieur le rapporteur, je vous laisse réagir. Merci madame la présidente. Vous dire déjà qu'on est sommes très heureux de de vous accueillir comme l'a fait la présidente, je trouve c'est important.

Il y a beaucoup de travaux parlementaires parfois qui ne se recoupent pas. On a la chance dans cette assemblée d'avoir la capacité de mener des travaux approfondis et c'est important aussi de pouvoir s'en faire l'écho les uns et les autres. Comme c'est une audition politique aujourd'hui parce que vous êtes député.

Euh chers collègues, peut-être une première question plus politique. Comment vous à travers comment vous regardez-vous cette question de la de la natalité ? On a considéré dans cette commission que l'enjeu n'était pas de dire aux Français qui ne voulaient pas avoir d'enfant d'en avoir et et d'une certaine manière qu'on était certainement pas là pour donner le sentiment qu'on souhaitait à tout prix relancer la natalité en reprenant le contrôle du corps des femmes et cetera.

Et on est arrivé à l'idée finalement que le politique pouvait porter un objectif assez simple, permettre aux Français qui souhaitent avoir des enfants d'en avoir et finalement de répondre à ce décalage entre le désir d'enfant qui reste haut dans le pays et la réalité d'un indice de fécondité en baisse. Et je voulais voilà, c'est une question un peu large, mais comment vous abordez-vous cette question de la natalité d'un point de vue politique et comment vous considérez que le politique peut y répondre sans tomber, j'allais dire dans les écueils que je viens de d'évoquer ? Oui, je vous remercie.

C'est un c'est une question que je me suis un peu posée aussi en étant invité dans le cadre de cette mission. Mission où don je suis membre aussi donc je m'intéresse à ces questions de natalité. Euh mais euh je veux dire presque voilà du coup en préambule euh que moi il me paraît absolument central euh que la question de la natalité soit posée en ces termes-là qui sont que euh pas une femme parce que c'est la question de la natalité, c'est avant tout une question de femme.

En tout cas, pour l'instant, ça reste une question de femme parce que les conséquences de la de du fait de d'enfanter, elles sont encore très largement porté par les femmes, pas seulement dans leur corps bien évidemment. C'est finalement une toute petite chose par rapport à toutes les conséquences sur la vie professionnelle, économique, la santé, la santé mentale des femmes. Et donc la la question qu'on doit se poser, c'est il faut que une femme n'ait plus d'enfants que ce qu'elle ne veut.

Et ça c'est défendre systématiquement le droit des femmes à disposer leur corps en toute situation. Et je le dis parce que les discours natalistes sont souvent des discours qui exercent une pression sur les femmes et sur leurs droits à disposer de leur corps et que pas une femme n'est un enfant de plus que ce qu'elle veut et que pas une femme n'est d'enfant en moins que ce qu'elle voudrait. Voilà.

Et je crois que c'est ça qui doit être le cadre et j'espère que c'est le vôtre. Je me permets juste de souligner que évidemment j'ai regardé avec attention les l'ensemble des personnes auditionnées. Il y a une grande diversité dans vos auditions, mais je voulais quand même souligner le fait que le fait que des personnes qui sont connues pour leur engagement antiég comme le divine le la Rocher soit prévu dans le cadre de ces auditions de cette mission natalité m'interroge fortement.

Euh à c'est voilà une personne qui à la fois est identifiée comme hostile au droits des femmes à disposer de leur corps et qui est aussi identifié comme hostile à certains types de familles à savoir les familles homoparentales. Et je voilà je voulais juste le souligner parce que je suis aussi invitée dans ce cadre-là que de mon de mon point de vue c'est assez contradictoire avec cette façon de formuler l'objectif nataliste qui doit être un objectif que les femmes aient autant d'enfants que ce qu'elles veulent ni plus ni moins. Voilà, donc je le je voulais le dire là.

Après nous, notre mission bien évidemment n'était pas anglée sur les questions de natalité. Donc il y a un certain nombre de questions sur lesquelles je préfère m'en remettre aux études et aux gens que vous auditionnez déjà, qu'on a pu lire aussi hein, mais des démographes qui vont vous dire l'importance par exemple de la question du coût du logement sur le désir d'avoir des enfants, la possibilité de réaliser ce désir et cetera. Par exemple, cette histoire du coût du logement, je pense qu'elle est très importante et que nous dans les politiques d'accompagnement, la parentalité, c'est pas un sujet vraiment qu'on a qu'on a traité sur les voilà les causes euh les corrélations entre euh les la situation économique globale et la natalité, c'est pas je je me prétendrais pas moi avoir une expertise sur le sur le sujet.

Ce que je peux vous dire, c'est que le constat majeur que nous avons fait dans notre euh rapport d'information, c'est le constat d'une inégalité criante qui demeure très très forte dans disons le couple parental euh traditionnel hétérosexuel entre les femmes et les hommes et que cette inégalité dans le couple, il faut bien avoir conscience qu'elle est dans toutes les sphères de l'existence des individus puisque elle est à la fois dans la sphère domestique. et que vous avez encore 71 % des tâches domestiques qui sont réalisées par les femmes, 65 % des tâches parentales qui sont réalisés par les femmes dans le foyer, que vous avez 80 % 85 % pardon des rendez-vous médicaux qui sont pris sur Doctolip qui sont pris par des femmes. Donc tout le monde voit bien ce que ça signifie pour la sphère qui est traditionnellement une sphère renvoyée à l'intime parce qu'elle est la sphère du domestique.

Et ce qu'on a montré, ce qu'on a voulu souligner comme constat dans notre rapport, c'est que cette inégalité là dans la sphère domestique, elle est évidemment une inégalité qui se retrouve également dans la sphère publique, dans la sphère économique, dans la sphère professionnelle et dans la question aussi de la santé des personnes. puisque évidemment ces inégalités là, elles se traduisent aussi par des inégalités de revenus, par un coût économique de la maternité pour les femmes avec notamment ce chiffre très frappant du conseil d'analyse économique, je sais pas si vous les avez rencontrés, mais qui ont sorti ce chiffre de 90 % des inégalités de revenus tout confondus entre les femmes et les hommes sont liés à la question de la parentalité. Donc c'est bien un coût euh voilà, j'ai envie de dire de la de la maternité.

Donc moi, c'est là-dessus que je mettre l'accent et quand vous regardez dans le détail, bien c'est les inégalités salariales dont je rappelle que il y a souvent plusieurs chiffres qui circule dans le pays et que quand vous dites 3 4 % d'écart, c'est à poste égal entre femmes et hommes. Donc c'est des pourcentages inexplica et insupportables. Mais que ce qui est par contre très bien explicable et qui est tout aussi insupportable, c'est qu'on monte à 14 % quand on tient compte du fait que les femmes occupent des métiers féminisés qui sont des métiers qui les ramènent à la maternité. le soin euh des enfants, l'éducation, euh la l' métiers d'entretien, les métiers d'aide à la personne qui sont des métiers qui sont liés à euh ce qui est perçu comme une nature féminine.

Là, vous retrouvez avec 14 % d'inégalités de salaire parce que ce sont des métiers moins bien payés par s'occuper par des femmes. Et quand vous tenez compte de la question du temps de travail qui est une question fondamentalement liée à la question de la parentalité, alors là, vous avez des chiffres qui explosent. Et pour des pères de trois enfants et les mères de trois enfants, c'est euh près de 50 %.

Enfin, c'est à 40 % des carart de de salaire. Après, bon, selon les les chiffres, ce qu'on vous dit, c'est qu'en tout cas, quand vous avez un enfant, quand vous êtes un homme et que vous avez un enfant, vous allez plutôt économiquement euh gagner de l'argent, euh augmenter votre temps de travail. Et quand vous avez une femme et vous avez un enfant, vous allez diminuer votre temps de travail rémunéré, j'insiste sur le sujet, parce que en même temps, vous allez avoir un travail non rémunéré qui va s'accroître. enfant après enfant dans la sphère domestique et qui va voilà créer ses inégalités dans les deux champs, le champ professionnel et le champ privé.

Donc c'est là-dessus que à enfin que nous on s'est c'est sur ces constats là qu'on s'est qu'on s'est appuyé. Donc je moi je prétends pas faire des corrélations statistiques avec la question de la natalité, mais juste dire que si on ne voit pas cet éléphant dans la pièce de l'inégalité entre les parents, et bien on loupe ce qui peut être un frein pour des femmes à à l'envie ou à la possibilité de réaliser un désir d'enfant. Voilà.

Merci. Merci beaucoup. Du coup, je vais laisser aussi le le rapporteur réagir.

Cette question du de l'impact fondamental sur la vie professionnelle des femmes et leur capacité à à être légal des hommes d'une part, mais aussi l'impact économique que ça a sur leur vie. C'est un élément qui est souvent revenu hein dans le cadre de nos auditions, qui est effectivement extrêmement bien documenté d'un point de vue d'un point de vue statistique et qui est clairement aujourd'hui l'un des sujets clés sur lesquels on devra agir. Euh on on le on le voit très bien d'ailleurs pour aller un de manière un peu plus globale que la question simplement économique, hein.

On l'a très bien vu dans les statistiques qui nous ont été présentées, que les pays qui sont plutôt de culture patriarcale sont ceux pour lesquels la natalité c'est le plus effondré et n'arrive pas à remonter et qu'au contraire les pays dans lesquels l'égalité homme-femme est la plus présente sont les pays qui résistent le mieux à la chute de la natalité. Ce qui vient tout à fait corréler vos propos. Je voulais juste faire un un petit point par rapport à la présence de l'UD Divine de la Rocher cette semaine dans nos auditions.

On a cherché, comme vous l'avez bien souligné, à avoir des auditions très diversifiées parce qu'on se doit de l'être. C'est pas pour autant qu'on reprend tout dans les recommandations qu'on fait derrière. C'est pas pour autant qu'on est d'accord aussi avec les propos qui sont tenus avec certaines des personnes qui seront auditionnées.

Euh des personnes pour le coup ouvertement militante, très féministe euh n'ont pas souhaité répondre à nos invitations aussi. Et c'est dommage parce que l'objectif était bien d'avoir quelque chose d'excessivement diversifié. Euh moi, j'aurais une question sur le sur l'accompagnement à la parentalité, le burnout parental dont dont on n' pas encore parlé et qui faisait partie de vos travaux.

Euh c'est vrai que quand on a un premier enfant et que l'expérience parentale se passe mal, c'est difficile de se projeter dans un enfant de plus. Qu'est-ce que vous avez pu observer dans vos travaux sur la manière dont les parents et en particulier les mères d'aujourd'hui euh se sentent dans leur parentalité ? Il y a des choses qui des concepts qui petit à petit arrivent un peu plus tous les jours.

On parle de burnout parental, il y a la dépression du postpartum dont on a beaucoup parlé mais il y a la dépression périnatale qui est pas tout à fait la même chose. Il y a des questions de santé mentale, de charge mentale et cetera. Est-ce que aujourd'hui vous avez des chiffres un petit peu plus précis à nous apporter sur le burnout parental au sens médical du terme par exemple, sur les dispositifs de soutien ou d'accompagnement à la parentalité qui permettent de prévenir euh les problèmes graves de santé mentale des parents aujourd'hui.

Est-ce que ça fait partie des pistes sur lesquelles vous avez travaillé ? Je sais pas si le rapporteur voulait réagir d'abord. Oui.

Non non, très rapidement pour rebondir ce que disait même la présidente sur les personnes que nous avons auditionné, moi j'ai considéré que pour pouvoir écrire mon rapport c'est important d'entendre dans la diversité celles et ceux qui qui parlent représentent d'une manière ou d'une autre les familles françaises et le même jour on aitionnera le planning familial. c'est dire quand même la diversité la diversité des personnes auditionnées. Peut-être pour prolonger les questions de la la présidente, on essaie de savoir cette mission d'information finalement euh quel est quels sont les freins pour le devenir parent, le premier enfant et l'enfant de plus ?

Comment vous dans votre dans votre rapport vous avez analysé cette cette dicotomie, cette dialectique en on l'appelle comme on veut de il y a des freins pour devenir parents et puis il y a des freins pour l'enfant de plus et comment on traite cette questionl ? que dans la parentalité, vous avez voilà essayé de travailler sur cette différence entre être parent du premier, être parent des suivants pour le dire un peu trivialement. Euh pour avancer dans le débat, au-delà de la question du burnout, il y a la question de l'égalité homme-femme, il y a donc la question du congé.

Euh je me pose la question et je vous la pose euh de ce qui finalement euh serait la bonne manière d'articuler ces différents congés qui il faut bien dire sont un peu complexes. Je pense que si on interrogeait les Français sur leur compréhension de ces différents congés, je suis pas certain qu'il soient tout à fait tout à fait capable de de le faire. Et donc pour faire court et rapide, est-ce que vous êtes pour finalement un congé maternité alors pas plus court qu'aujourd'hui mais qui serait stabilisé avec un congé parental qui sera ensuite partagé entre le père et la mère et qui laisserait le choix finalement au aux familles et aux parents de de se le de se le répartir ou est-ce que vous considérez que pour des enjeux de de sanitaire de santé publique, il faut allonger le congé maternité avec la la la difficulté dont on sait que si Si la mère a un congé maternité plus long et que le père ne prend pas aussi sa charge, on sait que dans les premiers mois se joue quand même beaucoup la les questions d'inégalité.

Donc je sais pas si on a un paradoxe, mais il y a quand même un sujet qui se pose pour à la fois tenir compte de la spécificité de l'accouchement et de ce que ça peut entraîner en terme de de santé. Et en même temps, on sait que se cristallise dans les premières semaines, dans les premiers mois de l'enfant, des inégalités qui vont ensuite se poursuivre. Et on sait par exemple que la mère, c'est à cette occasion qu'elle devient le parent principal.

Et donc comment on peut faire du congé, lui faire enfin faire en sorte que ce congé répond à ce double objectif peut-être contradictoire ? Et dernier euh dernière dernière question peut-être celle du celle du logement. Est-ce que vous avez évoqué ces ce sujet de manière plus précise ?

Est-ce que vous avez des propositions plus concrètes ? Alors euh vous avez euh je pense parfaitement euh raison de lier la question euh en fait la question du burnout et la question euh plus précise des congés et euh et euh et finalement ma conviction c'est ce que vous soulevez comme étant un paradoxe ne l'est pas. Euh la première des choses que chacune femme chaque femme qui a eu un enfant sait c'est qu'un congé maternité n'est pas un congé.

Voilà. D'ailleurs, on a aussi préconisé, ça faisait partie des des choses qu'on a pu entendre dans notre dans les auditions qu'on a mené qui peut paraître très symbolique he mais la question de ce mot du congé par exemple en Espagne, ils ont fait le choix de de ne pas appeler ça un congé euh parce que et en fait quand on change enfin quand on interroge ce mot, on résout un certain nombre de paradoxes. Comme le congé maternité n'est pas un congé, n'est pas une pause, c'est un moment qui expose la femme à une très grande vulnérabilité parce qu'à la fois, elle a besoin de s'arrêter pour se remettre mais que ce congé n'est pas un congé pour se remettre, c'est un congé pour accueillir un enfant.

Et à partir du moment où vous avez cette conviction là, qu'on a mélangé deux choses. La nécessité pour les mères de se remettre de l'accouchement, de découvrir ce que c'est que devenir mère quand c'est le premier enfant, de éventuellement d'allaitter, ce qui est une tâche euh maternelle que les femmes peuvent décider de prendre avec leur enfant. Et le fait et bien d'être là pour accueillir l'enfant à partir du moment où on corrèle les deux. dans la fonction maternelle.

Oui, on crée toutes les conditions à mon sens de ce qu'on va pouvoir appeler aux différents âges de la vie et si elle va avoir des caractéristiques différentes, mais la question d'abord de la dépression postpartome de et puis ensuite quand ça quand on va s'installer l'inégal partage des tâches du burnout parental qui est quand même, il faut le dire bien souvent, un burnout maternel. Euh donc euh il y a eu déjà, je vais pas répéter les choses qui sont dites dans dit dans le rapport des 1000 jours, il faudrait se demander pourquoi les le ce rapport ne n'a pas donné lieu à des préconisations. Mais un des sujets donc il y a des questions évidemment euh de santé, d'accompagnement de santé.

Donc une des choses que nous a rappelé l'audition, notre mission et nos auditions, c'est qu'on a pas toujours le maillage qu'il faut et que là il y a des grandes inégalités territoriales aussi en terme d'accompagnement des femmes, en terme de PMI, en terme de soins, en terme de recours à des à des psychologues et cetera euh pour euh faire face à cette question euh de la détresse psychologique qui peut succéder à la naissance d'un enfant. Euh ça c'est tout un volet que j'ai envie de dire service public de la santé, de l'accompagnement, du repérage. Et en fait, il y a plein de préconisations qui n'ont pas déjà tout été mises en œuvre et auquel je peux vous renvoyer.

Mais il y a une autre dimension et qui est peut-être celle qu'on a le plus travaillé qui est la question de l'isolement, qui est la question des choix qu'on fait, de comment notre société, qu'est-ce qu'elle dit au mère nos sociétés. Euh et c'est pas seulement est-ce qu'il va y avoir des du personnel soignant autour d'elle quand elles vont craquer. C'est en fait il y a pas de personnel paternel autour d'elles quand elles vont craquer.

Et on sait que c'est ça qui va on sait que c'est justement dans les premiers mois que enfin qu'il va y avoir un premier cap au premier mois au 2è mois après l'accouchement. On a aujourd'hui un congé paternité qui quand il est pris dans son ensemble, c'est-à-dire quand les hommes ont eu la possibilité de prendre les 28 jours. Et je n'accepte pas qu'on fasse comme si c'était un droit.

Et donc comme c'était de droit, c'était qu'une question de volonté des pères parce que ce qu'on a constaté qu'effectivement selon le type de poste que vous employez, selon le type d'entreprise dans lequel vous êtes, et bien c'est pas si facile que ça de d'avoir recours aux 28 jours tant qu'ils ne sont pas obligatoires. Si votre employeur a l'obligation de vous les donner parce que c'est de fait vous ne pouvez pas retourner au travail, ce qui est le cas pour les mères pour les h premières semaines au moins elles ne retournent pas au travail. Si on avait cette équivalence-là du côté des hommes, on ne serait pas dans une société qui dit aux maèes au mieux 28 jours après la naissance de votre enfant, vous êtes seul à la maison.

Pas nécessairement remise de l'épreuve de l'accouchement, pas nécessairement euh psychologiquement remise du bouleversement que tout cela induit et vous avez la charge à temps plein d'un enfant seul. Et c'est ça que notre société dit. Et c'est et c'est un et c'est un et c'est un vrai paradoxe parce que par ailleurs et vous l'avez mentionné euh euh on a une société qui a encourager et qui encourageit très bien euh le travail des le fait que l'activité économique des femmes, le fait qu'elles vont retourner au travail et cetera.

Mais du coup, il y a cette idée que on a un congé maternité qui a dont on a souhaité qu'il ne se soit pas trop long pour ne pas éloigner trop longtemps les femmes de du monde du travail sans forcément avoir derrière les services publics qui prennent le relais comme il le faut ou de façon satisfaisante pour les parents. Je rappelle que vous avez un enfant sur 5 aujourd'hui qui est gardé par ses parents faute de mode de garde et quand je dis par ses parents, c'est une erreur, il faut dire par la mère parce que c'est par la mère que c'est le cas. Donc on a fait ce choix d'un congé maternité court, mais on a fait le choix qu'il y ait pas de congé paternité égal au congé maternité et que ça c'est cette double c'est là qui est le paradoxe en réalité.

Et du coup, il n'y aurait rien de paradoxal à dire euh il faut des congés égalitaires pour les parents et après il faut réfléchir à la durée. Et c'est ce qui s'est passé en Espagne. En Espagne, ils avaient pas de congé paternité ou quasiment pas.

Ils sont dit la première des étapes c'est qu'on fait l'égalité entre les deux parents. Et quand nous avons rencontré l'année dernière avec ma collègue Delphine Lingman, nous avons été frappés de voir c'était une on rencontrait une délégation transpartisane et que quel que soit le bord des politiques des personnes qui étaient face à nous, personne ne remettait en cause l'égalité entre le congé paternité et le congé maternité qui leur semblait désormais une évidence, même pas une mesure portée par quelque féministe radical, une évidence dans la société Et maintenant, ils sont en train de réfléchir à en terme de budgétaire, est-ce que on est plutôt est-ce qu'on met le baquet sur les allocations familiale ou sur l'allongement de ce congél ? Voilà, il réfléchissent à est-ce qu'il faut passer de 16 semaines parce qu'ils ont 16 semaines comme nous à 20 semaines.

Mais ils ont commencé par l'égalité. Notre conviction qu'on exprime dans le rapport, vous verrez dans le rapport, on a fait aucune préconisation d'allongement du congé maternité et aucune préconisation. On a dit que on avait un problème avec le congé parental qui est évidemment complètement sous-rémunéré et qui maintient les femmes puisque c'est elles qui le prennent dans des situations de précarité enfin de d' de de d'inégalité économique qui sont inacceptables puisque c'est pour 400 € que vous retrouvez à garder votre enfant et notamment parce que vous n'avez pas eu le mode de garde.

On on a pointé ce ce sujet-là, mais on a préféré plutôt que de parler d'un allongement du congé maternité, on a dit il faut commencer par l'égalité congé paternité, congé maternité. Quand vous faites ça, vous vous répondez à un premier enjeu qui est la question de l'isolement des femmes. Allonger le congé maternité des femmes sans permettre aux femmes d'avoir leur conjoint ou éventuellement leur conjointes à leur côté le plus longtemps possible après la la naissance. c'est prendre le risque de prolonger l'isolement des femmes tout en prolongeant euh leur éloignement d'avec le monde du travail et tout en inscrivant dans le marbre cette euh position de parents principal qui est aussi celle qui leur fait faire des burnouts un peu plus tard parce que dès le la naissance de l'enfant ce qui a été induit c'est que le parent principal celui qui a la charge mentale de tout qui est le pilote dans la dans l'avion qui prend les rendez-vous médicaux qui accompagnent l'enfant, qui pense à acheter les couches et qui et qui en même temps à l'aide et cetera.

Ça c'est la mère et puis le père est maintenu dans une position de parent auxiliaire qu'on n'a pas laissé devenir un parent à part entière. Voilà. Donc voilà, moi c'est mon plédoyer, c'est que je et je dis mon mais je sais que mon Delphine malheureusement n'est pas à mes côtés mais c'est un voilà une conclusion commune de notre rapport.

Nous avons fait le choix de mettre le paquet sur la question du congé paternité. Et si vous me permettez juste de terminer sur l'évolution en cours puisque vous avez le le un nouveau congé de naissance qui est annoncé, euh mon inquiétude vis-à-vis de ce congé de naissance, je pense que il présente un certain nombre de choses insatisfaisantes, c'est-à-dire qu'on pouvait aller plus loin en terme de rémunération, c'est-à-dire qu'on pouvait prévoir plus long et cetera. Mais ma première des inquiétudes, c'est que je en tout cas je n'accepte pas qu'on fasse de ce congé une mesure en faveur de l'égalité parce que ce qui va se passer a priori, il y a pas de raison qu'avec un congé paternité euh qui reste si qui reste quatre fois moins important que le congé maternité au mieux si vous prenez les 28 tout le mois, il y a pas de raison que magiquement euh le congé de naissance soit pris davantage par les pères.

Donc ce qui va se passer, c'est que c'est un congé qui c'est très bien. Vous avez 2 mois pour les pères et 2 mois pour les mères. Mais comme il y a aucune obligation pour les pères, statistiquement, moi je vous mets je parie que vu qu'en plus c'est 70 % du salaire, c'est pas non plus 100 %.

Que les maires continuent à être le salaire le plus bas du couple. Donc qu'est-ce qui va se passer ? Les maires vont le prendre pour allonger un peu leur congé maternité qui est peut-être trop court.

Voilà. Mais ça ne va pas résoudre la question de l'isolement des mères. Ça ne va pas résoudre la question non plus des modes de garde ensuite parce que c'est très court, ça reste très court et ça ne va pas résoudre la question de l'égalité dans le couple qui me semble fondamentale pour inverser les choses et pour redonner de l'envie.

Euh parce que euh les statistiquement, je suis convaincue que les pères le prendront moins et même s'ils le prennent, ils resteront avec un retard de 3 mois sur les mers à du fait du congé paternité. Donc moi, je plaide vraiment à ce que cette question du congé paternité soit soit prise à bras le corps avec une dimension obligatoire comme je l'ai dit pour que en fait ça signifie vraiment qu'ils puissent tous en en bénéficier et avec on y reviendra peut-être si vous si vous ça vous intéresse en très détail mais avec aussi une partie nous on a proposé qu'il a une partie qui soit vraiment prise après le congé maternité pour s'assurer à la fois donc qui a du temps avec la mère après la naissance mais qui est aussi du temps seul avec l'enfant parce que ce qu'on a constaté en Espagne ce que nous ont dit nos homologues espagnols, c'est ben finalement s'il y avait quelque chose à avoir la la réforme marche bien mais le père reste dans un rôle un peu de parents auxiliaire parce que il passe peu de temps seul avec l'enfant et c'est sans doute la différence avec les pays scandinaves que vous allez étudier où le père a vraiment un temps seul avec l'enfant qui est le temps où il rattrape en fait tout tout ce qui s'est tout tous les réflexes dans lesquels il s'était mis de de parents auxiliaires parce que en étant seul avec l'enfant il va lui prendre la charge des des rendez-vous médicaux pendant ce temps-là, des des de la logistique générale de la maison et donc en réalité va prendre une part autonome, un lien autonome avec l'enfant. Donc on est pour ce congé maternité égal au congé maternité avec le plus possible une part réservée aussi euh pour un temps seul avec l'enfant et qui est aussi un grand soulagement pour la mère quand elle reprend le travail de que ça ne signifie pas que reprendre le travail signifie pas que que il a une corrélation entre je reprends ma ma vie professionnelle et je confie mon enfant à des inconnus parce que c'est ça qui se passe aujourd'hui.

Bah de pouvoir dire bah je reprends ma vie professionnelle mais c'est mon conjoint ou ma conjointe qui prend le relais. Euh ça ça peut changer beaucoup de choses. Voilà, j'ai été longue mais c'était vraiment le cœur du de notre sujet.

Merci beaucoup. C'était effectivement pour nous c'est un vrai sujet la question des congés euh et derrière la question des congés c'est combien de temps obligatoire ou facultatif et quelle simultanéité entre le congé de la mère et le congé du père justement euh pour sortir le père de ce rôle de parent accessoire puisque comme le disait le rapporteur tout à l'heure et et comme vous l'avez largement souligné euh bah dans les faits c'est souvent lors des premières semaines et mois de l'enfant que se prenne les habitudes et que derrière il est bien plus compliqué de lutter contre et de rééquilibrer les charges du foyer. Et d'ailleurs, on entend beaucoup hein et ça réagit beaucoup autour de la question de l'égalité homme-femme de dire "Oui, mais les hommes ont quand même de plus en plus pris leur part." Oui.

Dans le couple jusqu'à l'arrivée de l'enfant et à partir de l'arrivée du premier enfant, de fait on voit les inégalité rebondir à nouveau sur les charges domestiques entre l'homme et la femme. Il nous reste peu de temps. Je sais pas si le rapporteur souhaitait poser une dernière question, sinon j'en aurai une aussi.

Non, vous dire déjà s'il y a des des Français qui nous écoutent que que j'ai lu votre rapport avec attention et que j'invite celles et ceux qui nous écoutent à le lire parce qu'il est il est riche et il a vraiment des propositions sur lesquelles on va s'appuyer même si j'ai bien compris chers collègues que c'était pas l'objectif principal de votre rapport mais en tout cas il nourrit notre notre réflexion. Peut-être une question très précise comme ça on sera allé au bout de la question sur le congé. Euh il me semble que euh si on veut que le congé paternité serve aussi à faire du parent du père pardon un parent principal, la possibilité de pouvoir utiliser son congé paternité dans les 6 premiers mois peut créer des effets d'obè et je voulais vous interroger sur la possibilité ou en tout cas la volonté qui est la mienne de peut-être le réduire à à de pouvoir réduire la fenêtre d'utilisation pardon c'est mal dit mais enfin de pouvoir l'utiliser les trois premiers mois de la naissance de l'enfant pour permettre à la fois au père de prendre la charge dès le début, d'accompagner la mère si si elle rencontre effectivement des difficultés, des burnout ou des enjeux de santé importants.

Donc voilà, aujourd'hui c'est 6 mois. Est-ce que 3 mois ne permettrait pas de mieux cibler et de mieux répondre à l'objectif qui doit être assigné et fixé à ce congé paternité ? Oui, moi c'était euh mais mes ma dernière question, ce serait une question de conclusion pour vous.

Si vous aviez trois recommandations qu'il faudrait qu'on reprenne absolument dans le rapport et qui permettrait de relancer selon vous la natalité, euh on vous écoute. Alors sur les 3 mois et 6 mois, à mon avis, il faut faire attention. Moi, je me en plaçant dans un logiciel où on allonge le congé paternité, vous l'aurez compris, c'est ce que je défends.

La question ne se en réalité ne se pose plus vraiment, hein, parce que au fond, si vous voulez qu'il y ait peut-être une partie qui soit prise à l'issue du congé maternité de façon non simultanée avec la mère, bah faut plutôt laisser ces ces 6 mois-là. Je comprends que là, il puisse y avoir la tentation de dire les 3 mois. En fait, je pense que le vrai sujet qui est caché derrière, c'est pas tant la durée que la question de sa frag comment on dit, c'est pas la fragmentation, mais j'ai pas le mot, mais du voilà, c'est le vrai sujet, c'est-à-dire que il y a et on a eu ce débat là sur le congé de naissance à la récemment, voilà, fractionné, merci en hémicycle.

Si vous commencez à dire pour la souplesse il faut fractionner à une semaine, qu'est-ce qui va se passer ? perder la notion de congé parental. Ce qui va se passer, c'est que les pères, y compris dans leur négociation avec leur employeur, ils vont se dire "Je vais prendre une semaine par-ci par là en marge des congés des congés payés et cetera." Et donc ça va être une petite semaine de rab.

Ça va pas du tout être d'abord là vous prenez le risque que ce soit très éloigné de la naissance de l'enfant en réalité. Du coup, vous prenez une semaine à 6 mois 6 mois après la naissance de l'enfant. Donc c'est plus du tout un congé d'accueil de l'enfant.

Euh mais surtout vous vous ce fractionnement, aucune mère ne fractionne son congé maternité. Ça ne vient pas à l'idée d'une euh voilà, elle et après elle se demande si elle prend un congé de naissance derrière et cetera ou si elle prend un congé par enfin voilà congé parental et maintenant il y aura le congé de naissance. Mais euh donc c'est plutôt attention à la question du fractionnement.

Je pense que un mois ça a un sens pour pouvoir dire vous gardez un mois que vous prendrez au retour de la mère dans son son activité professionnelle. Voilà, la fragmentation peut-être en temps partiel est est à mon avis intéressante à regarder aussi en faisant un peu attention. Mais aujourd'hui, les temps partiels et c'est quelque chose que j'ai pas assez souligné sur la question de la veille économique, les temps partiels sont assumés essentiellement par des femmes et ils sont subis. subi soit parce qu'on leur propose des postes à temps partiel alors qu'elles aimeraient des temps pleins.

C'est notamment beaucoup le cas des des mères isolées dont on pense souvent qu'elles ont pas une euh elles sont pas à temps plein parce que leurs horaires le peuvent pas mais souvent c'est aussi qu'elles occupent des métiers où en fait elles n'ont elles n'ont pas la possibilité d'être à temps plein. Mais c'est souvent aussi ça peut être subie par manque de mode de garde. Donc ça, je trouve que se dire que du côté des paires que un temps partiel de retour progressif à l'emploi après le congé maternité mais aussi après le congé paternité, ça a un sens parce que cette réduction temporaire du temps de travail amène à réfléchir sur les rythmes professionnels et parentaux et induit auprès de l'entreprise, auprès de l'employeur ou du monde du travail en général l'idée que quand on devient parent, oui, les horaires peuvent changer.

Voilà. Donc euh moi, j'irai plutôt sur ce côté-là euh que sur la question de du la période chronologique où on peut le prendre. Euh sur les mesures, c'est pas facile mais du coup, j'essaie de voir euh des choses que j'ai pas euh dites.

Bon, il y a évidemment le vous l'aurez compris, la mesure far c'est cette question du congé paternité. Moi, je pense que si elle est reprise, honnêtement, vous avez euh vous avez le commissariat au plan qui en a parlé. vous avez notre mission qu'on a parlé.

Euh si votre mission en parle à un moment où on nous a parlé depuis 2023 de ce congé de naissance qui a créé beaucoup d'espoir dont j'apprends aujourd'hui, je tiens à le dire que voilà, on avait gagné un amendement pour que ce soit dès janvier 2026 alors que c'était prévu en juillet 2027 et que les gens voyaient bien l'arnaque quand on prévoit en juillet 2027 après la présidentielle, le truc annoncé depuis 3 ans. Là, j'apprends que Sénatasse à 2027. Euh voilà, je je pense qu'il y a une une énorme frustration des gens et qu'en plus on n'entend pas voilà les je suis étonnée de voir à quel point le gouvernement n'entend pas ce sujet du congé paternité qui est un sujet qui est pourtant porté par des mouvements.

Donc ça c'est sur après il y a peut-être un volet euh qu'on a moins abordé qui est la question de l'entreprise et avec ma collègue Telfilingman donc nous sommes de deux bords différents par moi je je trouve intéressant de parler de réduction du temps de travail. C'est sûr que c'est pas quelque chose qui fait consensus aujourd'hui dans notre assemblée. Par contre, la question de comment s'organise concrètement le travail et ce qui revient beaucoup, c'est la question des horaires.

Aujourd'hui, tant que vous avez des réunions prévues le matin avant le dépôt à l'école, enfin voilà, avant 9h30, on va dire, le temps de d'arriver au travail et des réunions prévues après 17h, qu'est-ce qui se passe ? Les femmes vont négocier le fait qu'elles ne vont elles vont ne pas aller aux réunions, louper des réunions pour pouvoir aller s'occuper des enfants. Bon là, je prends un un plutôt un cas cadre, voilà, métier cadre, mais voilà, elle témoigne de ça.

Si vous décidez que l'entreprise ne le fait plus, vous n'êtes plus en train de remettre sur les personnes et c'est ça aussi la charge mentale, la négociation permanente entre les obligations professionnelles, les obligations parentales et en réalité cette négociation, c'est toujours finalement les femmes qui la font. et elles le font toujours au détriment de ce qui serait plutôt leur leur avancement de carrière à eux parce que bah elles voilà à un moment et puis peut-être qu'elles ont pas aussi envie de laisser leurs enfants au périscolaire jusqu'à 18h30 même quand elles ont la possibilité. Voilà parce que il y a cette culpabilité là qui repose.

Si à un moment c'est dans la norme et que c'est pas dans la négociation individuelle et qu'il y a aucune entreprise qui fait qui prévoit des temps professionnels un peu obligatoires importants comme les réunions à ces horaires là. Alors, vous donnez la possibilité aux femmes aussi dans le couple de se retourner euh vers le conjoint et dire "Bah du coup euh euh qui y va cette fois-ci et cetera, mais c'est pas forcément euh à elle." Enfin voilà le vous vous n'allez pas créer vous allez vous allez sortir les gens de la la façon de négocier individuellement avec leurs différentes contraintes et quand je dis les gens c'est évidemment les maires donc en gros tout le volet préconisation qu'on peut faire en entreprise où ça c'est des choses quand même relativement simples qui coûtent rien euh les bon je pense qu'on pourrait augmenter le nombre de jours enfants malade et cetera, mais en gros tout ce qu'on arrive à mettre au niveau de l'entreprise voire de la branche voir du code du travail, c'est autant de choses qui seront pas euh qui seront pas au final des choses que des choix que devront faire des choix contraint en fait que feront les mères.

Euh et le dernier aspect parce que je sais pas si vous le du coup c'est vrai que vous vous êtes sur la question de la natalité donc vous devez être centré sur c'est mais vous me parliez de premier enfant 2è enfant 3e enfant et ça il y a un sujet majeur aujourd'hui en France qui est les familles monoparentales la séparation qui devient un parcours classique dans un pour un couple vous avez un quart des familles qui sont monoparentales. Moi, je voulais vous alerter sur quelque chose. C'est assez insupportable d'entendre en fait le le le regard qui est porté sur les familles monoparentales, sur la précarité, d'où vient la précarité des familles monoparentales, d'une précarité qui est construite dans le couple, qui est construite dans cette inégale répartition des tâches parentales.

Or, on entend beaucoup parler de la question des paères après la séparation. Donc, je voulais quand même souligner ça qu'on entend beaucoup. Quand en réalité on constate que des jeunes dont on considère que les comportements sont peut-être délinquants, déviants et cetera, sont peut-être issu de famille monoparentale.

Et là, on remet la pression sur la mère, on dit "Mais qu'est-ce qui se passe ? Elles laissent traîner leurs fils dehors. Où sont les hommes ?" Et je voulais dire à quel point notre société organise le fait que les hommes ne soient pas là à la naissance de l'enfant, que les hommes ne soient pas là dans un rôle qui un rôle de soin, un rôle qui va d'ailleurs être un rôle de prévention vis-à-vis des violences parce que c'est un rôle d'attachement à l'enfant, de changement de couche, de soins, de un rôle nourricsier, un rôle d'éducation au moment où se nou le lien avec l'enfant.

Et souvent quand ce lien est déjà euh fragilisé avec l'enfant euh que il il y a eu une séparation, que parfois même il y a eu des violence dans le cadre de cette séparation vis-à-vis de la mère ou vis-à-vis des enfants, on reparle de la question du père après la séparation en se disant que c'est très important là que la figure du père revienne. Et je voulais alerter, c'est pas vraiment une mesure, mais je voulais signifier que c'est pour ça que je pense qu'il y a beaucoup de choses qui se prennent quand même au début, même si notre rapport justement essayer de parler de la phase de l'adolescence. Mais aujourd'hui, quand on parle de parentalité, aujourd'hui le il y a une pression énorme qui repose sur les parents à qui on demande d'être responsable de la réussite scolaire de leurs enfants alors que c'est peut-être l'échec du système scolaire, de la réussite du bonheur de leur enfant alors que c'est peut-être aussi notre société qui a du mal à fournir du bien-être aux enfants, leur demande d'être responsable de tout et aussi à un moment dans un moment où la société parfois sort les enfants de leur rôle de enfants, en jugeant les enfants, en en faisant des délinquants, des coupables et cetera.

Les parents sont aussi euh et notamment les mères et notamment les mères isolées sont aussi euh euh comment dire pointés du doigt, culpabilisés, rendu responsable de leurs enfants qui ne rentrent pas dans les cases de la société. Et à ce moment-là, on se dit que ce qu'il a manqué euh ce qui manque là, c'est un père et que les mères sont en fait défaillantes qui leur manquent l'autorité. Or, ce qui se passe, ce qui s'est passé avant, c'est qu'on a eu aucune construction d'un lien affectif et qu'on a eu aucune attention à la place des pères, à la naissance.

Donc je voulais souligner et donc on a un certain nombre de de propositions sur les mèes isolées notamment la défiscalisation de la pension alimentaire bon qui va être un sujet qui est un sujet un peu récurrent et cetera mais pour pour souligner le fait que les mesures, il y a des mesures sociofiscales à prendre mais qu'en tout cas les discours sur la la place des parents et cetera, c'est des c'est des choses qui n'ont de sens que si on pose la question de la naissance de l'enfant et qu'on ne les ramène pas à un moment où en un sens c'est trop tard et où en plus on renforce les rôles en demandant au père d'être la loi qui revient alors que la mère, elle est dans un rôle nourrissier depuis des années et se saigne aux quatre veines pour continuer à nourrir son enfant. Donc je voilà, c'est des choses, on a auditionné notamment Cyine Derkai sur le son son livre Laisse pas traîner ton fils qui montre cette stigmatisation des mères isolées. Donc c'est vraiment la double peine.

Elles sont précarisées mais elles sont aussi stigmatisées et on sous-entend qu'en fait il leur manque quelque chose. Il manque un homme à la maison alors qu'en fait on a organisé le fait qu'il y ait pas d'homme à la maison. et qu'en plus l'homme ne soit pas dans un rôle équivalent au sud de la mer à savoir celui du soin de l'affection.

Voilà. Merci beaucoup. Le message est bien passé.

Je conclut très rapidement. Je m'en excuse mais un immense merci d'avoir été présente et de nous permettre de faire le lien entre différentes missions d'information et travaux parlementaires. Ça nous semblait indispensable.

Merci beaucoup.