Harcèlement scolaire: l'interview en intégralité de la ministre de l'Éducation, Anne Genetet
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Expliquez-nous précisément en quoi ça consiste, ce questionnaire d'évaluation.
- 0:30OuverteRéponse directe
Est-ce que vous voulez les responsabiliser plus, les parents d'enfants harceleurs ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut mieux engager les parents dans cette cause ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Est-ce que vous serez à ses côtés, à ceux de Gabriel Attal ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on fait face à cette situation où six directeurs d'établissements sur dix disent avoir été menacés par des parents d'élèves ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Anne GenetetChiffre
« Dans 80% des cas, permettent de lui faire prendre conscience de la gravité des faits et de lui permettre de stopper son comportement. »
- 1:00Anne GenetetFait
« Le harcèlement, s'il est une souffrance terrible pour l'élève qui le subit, c'est aussi un délit qui peut être puni par la loi. »
- 1:30Anne GenetetFait
« Sa fondation est vraiment complémentaire de ce que nous faisons à l'Éducation Nationale. »
- 2:00Anne GenetetChiffre
« Six directeurs d'établissements sur dix disent avoir été menacés par des parents d'élèves l'année dernière. »
- 2:30Anne GenetetPromesse
« Ils auront tout mon soutien. Ils auront le soutien de toute l'institution derrière eux. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et avec nous, madame la ministre de l'éducation nationale, Anne Jeunetay, bonjour, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. C'est un sujet évidemment éminemment important pour beaucoup de familles. Vous allez lancer ce questionnaire d'évaluation.
Expliquez-nous précisément en quoi ça consiste. Merci encore de mettre l'accent sur ce fléau, car c'est vraiment un fléau. Nous avons trop de jeunes aujourd'hui qui sont encore face à un mur du silence, qui n'osent pas parler, avec des adultes parfois qui n'entendent pas leur voix, et donc ce questionnaire a justement pour objectif de leur permettre de parler de manière anonyme.
Mais derrière, ça nous permet, nous, éducation nationale, de repérer dans une classe, dans un établissement, une situation de souffrance, qui nous permet ensuite de lancer une enquête et d'aller jusqu'à la victime, et puis évidemment jusqu'au harceleur et de les sanctionner. Et vraiment, j'insiste, il est important que les adultes qui sont autour de nos jeunes, les professeurs, les parents également, soient sensibles à leurs mots et les fassent parler et les écoutent. Puisque vous parlez des adultes et des parents, il y a les parents d'enfants harceleurs, souvent peu associés au travail qu'il faut conduire.
Est-ce que vous voulez les responsabiliser plus ? Alors, il y a déjà des dispositifs, des mesures qui sont mises en place. Lorsque nous avons un soupçon, lorsqu'un élève témoigne qu'il est victime de harcèlement, à ce moment-là, qu'il nous indique qu'il serait les élèves possiblement harceleurs, nous avons des moyens, des méthodes qui nous permettent d'approcher les élèves ou l'élève harceleur pour entamer un dialogue avec lui.
Et ce dialogue, les moyens que nous utilisons pour dialoguer avec lui, dans 80% des cas, permettent de lui faire prendre conscience de la gravité des faits et de lui permettre de stopper son comportement et d'engager ensuite un dialogue également avec la victime pour aider la victime à se reconstruire, à reprendre confiance en elle. Donc oui, nous avons des moyens de pouvoir entamer un dialogue avec les harceleurs pour leur permettre de cesser leur comportement. Néanmoins, j'ai encore 20% des harceleurs pour lesquels c'est beaucoup plus difficile.
Et là, nous avons évidemment des conseils de discipline, des sanctions disciplinaires qui sont prononcées, un harceleur qui peut être changé d'établissement. Et je veux rappeler que le harcèlement, s'il est une souffrance terrible pour l'élève qui le subit, c'est aussi un délit qui peut être puni par la loi. Est-ce qu'il faut mieux engager les parents dans cette cause ?
Absolument. Le harcèlement est un problème, hélas, systémique. Il n'a pas de frontières, il n'a pas d'horaire.
Et l'école est vraiment le sénacle dans lequel on peut mettre en place un ensemble de mesures qui permettent d'aider la victime à parler et d'aider à repérer les harceleurs. Mais le harcèlement a aussi son déploiement, hélas, en dehors de l'école, sur le trajet de l'école, dans les clubs sportifs, dans les associations, à la maison, la nuit, sur le téléphone mobile, hélas. Et donc c'est pour cela que l'attitude des parents, l'accompagnement des parents est essentiel.
D'où ce clip vidéo que nous avons fait, ton problème, c'est mon problème. Et c'est aussi le problème des parents. Les parents doivent être sensibilisés.
Ils doivent absolument écouter leurs enfants. Et ne pas hésiter à revenir vers nous, Éducation Nationale, parce que c'est ensemble que nous lutterons contre ce fléau. L'ancien Premier ministre et ancien ministre de l'Éducation Nationale, Gabriel Attal, a lancé une association hier, Faire Face, pour parler du harcèlement scolaire qu'il a lui-même vécu.
Est-ce que vous serez à ses côtés ? Est-ce que vous allez travailler ensemble ? Absolument.
J'étais à ses côtés hier pour le lancement de sa fondation. Il sera à mes côtés aujourd'hui. Sa fondation est vraiment complémentaire de ce que nous faisons à l'Éducation Nationale.
Et elle est très importante, puisque lui, il apporte également, par exemple, un soutien. Lorsqu'une famille doit déposer plainte, il y a parfois des besoins d'avocats à leur côté. Toutes les familles n'ont pas les moyens de financer ces avocats.
Et donc, il apportera un soutien de ce point de vue-là. Également, un soutien en termes de formation, formation des enseignants, formation des parents, pour sensibiliser à quoi ressemble le harcèlement. Comment puis-je le repérer ?
Comment puis-je repérer un enfant en souffrance ? Et donc, la fondation Gabriel Attal est vraiment complémentaire de ce que nous faisons avec l'Éducation Nationale. Et c'est ensemble, encore une fois, main dans la main, tout ce que nous devons nous saisir de ce problème et que nous parviendrons à lutter contre ce fléau, à le faire reculer.
Anne Jonté, une dernière question. Un rapport est sorti hier qui a interrogé les directeurs d'établissements. Six directeurs d'établissements sur dix disent avoir été menacés par des parents d'élèves l'année dernière.
Six sur dix. Qu'est-ce qu'on fait face à cette situation ? Alors, je l'ai dit et je veux le redire.
Lorsque nous avons un personnel, un professeur, un directeur d'établissement qui est menacé dans sa fonction, dans son enseignement, qui est contesté, je veux être très claire, pas un soutien ne doit lui manquer. Et il aura tout mon soutien. Ils auront tout mon soutien.
Ils auront le soutien de toute l'institution derrière eux. Et au-delà de ça, il faut que l'ensemble de la société les soutienne. Il n'est pas acceptable que l'école soit contestée.
On peut avoir des désaccords, mais des désaccords courtois, respectueux, qui permettent de construire et de se comprendre et de s'écouter. Mais jamais en contestant et encore moins en étant agressif. Donc je veux les assurer de mon entier soutien, du soutien de l'institution, du soutien de la ministre et de l'éducation nationale.
Et au-delà de ça, j'espère bien du soutien de l'entièreté de notre société.
Anne Genetet