Agnès Pannier-Runacher
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'invité de Guillaume Durand, avec le Figaro.
Bienvenue pour faire la transition. Un mot avant que nous parlions de la vaccination sur l'attitude de Jean-Luc Mélenchon ?
Moi, par rapport à ce débat, je dirais que la meilleure chose qui pourrait arriver à la France, c'est de ne pas avoir Marine Le Pen au deuxième tour. Tout simplement. Et je trouve un peu mortifère ces discussions pour savoir qui serait en face de Marine Le Pen. Il faut être projet contre projet. Et je crois que ce que nous avons fait au niveau du gouvernement, que ce soit en termes de bilan et ce que nous voulons faire en termes de projet, suffira de mon point de vue à être élue. Et je préférerais l'être contre un candidat plus classique.
C'est bizarre que Castaner dise dans un cas, moi je voterais plutôt Mélenchon que Marine Le Pen. De l'autre côté, Mélenchon répond, moi de toute façon, je n'appelerai pas à voter pour le président de la République, si jamais il se présente.
Personne ne sous-estime les capacités rhétoriques de Jean-Luc Mélenchon. C'est probablement là qu'il excelle le plus. Moi j'aimerais qu'il ait un programme et un projet. Pour le moment, il pose plutôt des problèmes.
Alors, question concernant cette vaccination. C'est vrai qu'il y a eu une accélération considérable ce week-end, 500 000. Je vais vous poser des questions précises parce que les gens, en cette affaire-là, ils ont besoin de pédagogie. Il faut être clair et net. Première question, est-ce qu'il va y avoir ce qu'on appelle le mot étatrosse, des vaccinodromes, dans les semaines qui suivent, avec des vaccins qui vont vraiment, en termes de livraison, accélérer ?
Alors, vous avez des centres de vaccination. Et ça suffit pour vacciner 585 000 personnes en trois jours. Ça fonctionne très bien et ça permet d'être partout sur le territoire. Puisque l'enjeu de la vaccination, c'est aussi qu'elle soit de proximité. Les pharmaciens vont également disposer de doses. Vous avez plus d'un million cinq de doses qui sont livrées chaque semaine. Et nous allons passer le cap des deux millions de doses livrées chaque semaine, d'ici deux semaines.
Madame, soyons, encore une fois, je le dirais précis. Est-ce que vous souhaitez, ce matin, obliger, d'une certaine manière, les soignants, qui sont en contact avec les malades, et quand même la réanimation est au plus haut, à se vacciner ?
Moi, je préfère qu'ils soient vaccinés parce qu'ils le souhaitent. Et c'est un exercice de pédagogie et de discussion avec les soignants. C'est un grand classique, l'hésitation des soignants à se vacciner. C'est un sujet que moi, j'ai rencontré lorsque je travaillais à l'assistance publique, Hôpitaux de Paris, il y a plus de 15 ans, sur la vaccination contre la grippe. Il y a plusieurs vaccins. L'AstraZeneca est un vaccin qui fonctionne très bien. Il faut l'expliquer. Il faut donner les derniers résultats parce que ces résultats sont relativement récents. Et c'est vrai qu'il y a eu des inquiétudes ou plutôt des questionnements.
Aujourd'hui, on a des résultats qui confortent l'idée que c'est un très bon vaccin.
Mais donc ce matin, vous ne voulez pas, enfin, je ne sais pas que vous ne vouliez pas me le dire, mais en fait, il n'y a pas de conseils.
Non, moi, je ne suis pas à l'aise avec l'idée d'obliger les soignants à se vacciner alors qu'ils sont aujourd'hui en première ligne et que ce sont ceux qui, pendant trois jours, ont fait 585 000 vaccinations. Ce sont ceux qui sont en première ligne aujourd'hui pour traiter le Covid et ce sont ceux qu'on salue depuis un an pour l'extraordinaire travail qu'ils font. Et je suis convaincue qu'on va les convaincre de rejoindre ce mouvement de vaccination.
Pour accélérer cette vaccination, autre question précise, est-ce qu'on va arriver sur le marché français ? Marché d'un mot encore un peu, comment peut-on dire, un peu trop technique, un peu trop inhumain ? Mais est-ce qu'on va obtenir ou mettre en branle Spoutnik puis Johnson & Johnson dans les semaines qui viennent en France ?
Alors, le vaccin Johnson & Johnson devrait avoir son autorisation de mise sur le marché pour prendre le terme précis, mais effectivement qu'il autorise à utiliser ce vaccin en France et en Europe parce qu'il donne tous les gages d'efficacité et de sécurité. A priori, ça va dans le bon sens d'ici le 11 mars. Et ensuite, nous attendons des livraisons plus tôt du côté d'avril. S'agissant du vaccin Spoutnik, ils viennent enfin de déposer l'ensemble de leur dossier pour une validation de l'Agence du médicament européen cette semaine, enfin la semaine dernière pour être précise.
Il faut à peu près deux mois pour faire toute la revue du dossier puisque ce n'est pas quelque chose que l'on fait par-dessus la jambe. Encore une fois, efficacité et sécurité. Le problème du vaccin russe, vous le savez, c'est qu'il y a très peu de doses en réalité. Les Russes sont deux fois moins vaccinés que les Européens parce que c'est une production complexe et c'est là où les Russes sont en train de travailler. Donc, ils ne sont pas en capacité de livrer beaucoup de doses dans l'immédiat.
Si je vous pose cette question, c'est parce qu'effectivement, la promesse qui a été faite par le Président de la République, c'est-à-dire de dire qu'en gros tous les Français qui veulent se faire vacciner devraient l'être à peu près à l'été prochain. Est-ce que ce matin, vous nous confirmez que tant est le rythme qui s'accélère, cette promesse sera tenue ?
Oui, parce que nous avons une augmentation des livraisons du vaccin BioNTech-Pfizer. Et je rappelle que BioNTech-Pfizer a eu une semaine où ils n'ont pas été au rendez-vous en nombre de doses, mais qu'ils ont largement rattrapé, qu'ils ont toujours été au rendez-vous depuis le début de la vaccination. Nous avons le vaccin Moderna qui est en train de nous monter en capacité. Nous avons le vaccin AstraZeneca qui, même sur un plateau, est du côté de 4 millions de livraisons par mois. Et donc, vous voyez bien qu'on est en capacité, effectivement, de vacciner 30 millions de Français d'ici la fin du mois de juin. Nous avons les doses pour ce faire.
Dominique Moézy, dans Les Échos ce matin, dit au fond, cette politique vaccinale, c'est d'une certaine manière la traduction du manque de crédibilité de la politique européenne par rapport à des vaccinations qui ont été plus vite en Israël, en Angleterre, etc. Est-ce qu'il a raison ? Est-ce qu'il a tort ?
Je pense que c'est surtout la traduction de ne pas assez d'Europe. Parce que ce qu'on reproche à l'Union Européenne, c'est de ne pas avoir fait comme les États-Unis avec la BARDA, sauf qu'elle n'en avait pas les compétences ni les moyens. Et que si nous avions été plus loin dans les pouvoirs donnés à l'Union Européenne, sans difficulté, nous aurions pu avoir les mêmes résultats. J'ajoute une chose, le principal producteur de vaccins dans le monde, c'est l'Europe. Je le dis pour tout le monde parce qu'on entend beaucoup parler de la Chine, des États-Unis.
Nous ne sommes pas une puissance de vaccins. Parce qu'on a échoué avec Pasteur, on a échoué avec Sanofi.
Oui, mais néanmoins, nous allons fabriquer quatre des six premiers vaccins qui arriveront sur le marché. Aujourd'hui, nous sommes en capacité de participer à la chaîne de production du vaccin Moderna, du vaccin BioNTech, du vaccin CureVac. Nous serons même le principal site d'enflaconnage et de formulation du vaccin CureVac. Et le vaccin Sanofi est également un vaccin qui est toujours dans la course. Donc, c'est important aussi de redonner des perspectives et des chiffres. L'Union Européenne est effectivement derrière les États-Unis et le Royaume-Uni en termes de vaccination. Et Israël, qui est un petit pays, plus facile de vacciner 10 millions de personnes que d'en vacciner 450 millions.
Mais c'est le quatrième, ce n'est pas le dernier.
Donc, vous nous redites ce matin qu'à l'été, tous les Français qui veulent se faire vacciner seront vaccinés. Mais c'est en tout cas les projections que vous faites et que vous en êtes certaine.
Tout à fait. Nous avons aujourd'hui la capacité de vacciner 30 millions de personnes.
L'été, c'est grand. C'est quoi l'été ? C'est le 15 août, 30 août ? Est-ce qu'on peut avoir une date ?
Alors, vous avez ce qu'a dit le Premier ministre. 10 millions mi-avril, 20 millions mi-mai, 30 millions fin juin. Deux tiers des adultes. Et ensuite, d'ici la fin de l'été. Et l'été, c'est une saison. Donc, c'est fin août, début septembre. Donc, disons début septembre.
L'automne commence le 23 septembre.
Voilà. Donc, vous avez la réponse.
8h26, d'autres questions qui sont aussi importantes ce matin. L'Europe a signé un accord avec Joe Biden concernant justement la fin des taxations sur le vin et sur Airbus. C'est quand même très important pour une grande partie de l'activité dans le sud-ouest, dans la France, en Bourgogne, etc. Il faut s'en réjouir.
Oui, tout à fait. Il faut s'en réjouir parce que c'est d'abord le signe qu'on est capable de trouver des accords sur des sujets commerciaux avec les Etats-Unis. Là où la discussion était bloquée l'année dernière. C'est également une discussion qui montre que la taxation des plateformes numériques n'est plus un sujet tabou aux Etats-Unis. Et que les Etats-Unis eux-mêmes s'interrogent sur la taxation des plateformes numériques comme, je dirais, rééquilibrage logique de la taxation des entreprises. Donc, tout cela va vraiment dans le bon sens.
Vous avez fait des taxations très importantes de 25%.
Sur les viticulteurs en particulier et sur l'aéronautique. Il y a un moment où on n'avait vraiment pas besoin de ça sur l'aéronautique.
Merci Agnès Pagnon-Renaché d'être venue ce matin sur l'antenne de Radio Classique. Je rappelle aussi qu'un projet de loi a été déposé sur les quotas et la présence des femmes dans les conseils d'administration et dans les postes de direction. Et les entreprises, ce qui est important dans cette journée internationale. Donc, des femmes du 8 mars.
Très important et je veux saluer la tribune qui a publié une quarantaine de dirigeants d'entreprises indiquant qu'eux, ils s'engageaient à atteindre 30% de femmes dans leur instance dirigeante et dans leur cadre. Parce que ça montre que c'est possible, y compris dans des entreprises qui sont informatiques ou d'ingénierie comme Capgemini.
Nous avons d'ailleurs une étude de l'OCDE, merci, bonne journée à vous, qui montre qu'il est cité par des économistes ce matin. Donc, la France est au cinquième rang de l'OCDE, derrière la Suède, l'Islande, la Finlande et la Norvège, alors que l'Allemagne est au 29ème rang. Et les Etats-Unis, donc, au 18ème. Il est 8h28, bonne journée à vous, je le disais tout à l'heure.
Agnès Pannier-Runacher