Résultats des législatives, chèque alimentaire... Le "8h30 franceinfo" de Marc Fesneau
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Marc Fénault. Bonjour. Pas de majorité absolue, trois ministres du gouvernement au tapis, une assemblée éclatée qui semble ce matin ingouvernable. Qu'est-ce que vous payez ?
Oh, sans doute, quand on est en place depuis cinq ans, il y a une sédimentation de la colère depuis des années, les difficultés qu'ont pu rencontrer les gens au moment de la Covid, les difficultés qu'on traverse aujourd'hui autour de l'inflation et du pouvoir d'achat. Et puis on paye au fond un système démocratique qui est à bout de souffle avec beaucoup de citoyens qui sont très en colère. Qu'ils l'ont d'abord exprimé dans l'abstention, on va dire les choses comme elles sont, puisqu'il y a 54% d'abstention et dans des votes vers les extrêmes.
Et donc ça, c'est à la fois le sujet de ceux qui gouvernent aujourd'hui, c'est difficile de gouverner aujourd'hui pour qui que ce soit d'ailleurs, et c'est ça qu'on paye sans doute.
Une colère aussi dirigée contre Emmanuel Macron ?
Oh, c'est contre le pouvoir en général. Je ne crois pas qu'il faille personnifier les choses, parce qu'après on pourrait dire que terrain par terrain, après tout j'ai été réélu, donc on pourrait dire, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire la lecture, mais c'est une colère de ceux qui sont en place sans doute, une colère vers ceux qui sont en place et tout ce que nous sommes.
Pourtant quand on regarde dans le détail le vote aujourd'hui, dans les duels NUP-Ensemble, 30% des électeurs du RN se sont déplacés pour voter NUP. Il n'y a pas eu un tout sauf Macron qui s'est mis en place ?
Non, non, je ne crois pas que ce soit comme ça qu'il faille faire la lecture. Je pense que chez NUP et au Rassemblement National, se sont exprimés beaucoup de colère à l'endroit de ce que nous sommes, plus que de ce qu'on a fait à mon avis, mais enfin bon, bref, ça on verra dans les semaines qui viennent.
C'est-à-dire une colère contre ce que vous êtes plus que contre ce que vous avez fait ? Parce que nous sommes... Il y a une personnification de la colère.
Non, non, nous, j'ai dit nous, je n'ai pas dit... Non, non, je pense qu'on a un sujet collectif de... Est-ce que dans ce quinquennat, on a pu assez expliquer les choses et il n'y a pas eu des tensions, alors qu'ils sont propres à ce que nous avons fait, et puis peut-être dans une société qui est extrêmement tendue, enfin on l'a vu dans beaucoup de collègues qui étaient en campagne, m'indiquer la tension qu'il y avait au moment des élections et la tension qu'il y a eu dans ces élections législatives. Il y a une énorme colère dans ce pays et elle s'est manifestée une nouvelle fois ce soir. À vrai dire, elle s'était manifestée au premier tour des élections présidentielles.
Quand on regarde bien les choses, plus de 50% avaient voté soit pour LFI, soit pour le Rassemblement National, soit pour des partis qui aient gravité autour de ces formations politiques.
Est-ce que vous trouvez que vous avez été trop parogant, là, avec le recul ?
J'en sais rien. Il y a sans doute une part de cela. Il me semble qu'on avait plutôt fait œuvre, après la crise des Gilets jaunes, d'écouter les citoyens, après les images chancrent parfois. Mais je ne pense pas que ce soit une question d'arrogant. Je pense que les citoyens français ont vécu plusieurs chocs. La crise des Gilets jaunes, la crise de la Covid, qui a été un moment très dur pour eux. Ils vivent maintenant les conséquences de la crise ukrainienne. Et donc ça, ça crée de la tension et de la colère dans le pays.
Elisabeth Borne a été élue, mais d'une courte tête seulement dans le Calvado. 52% des voix. Peut-elle rester en place après ce qui s'est passé ?
Les Premières ministres, elle a été nommée par le Président de la République. Il y a une majorité relative, il y a un certain nombre d'actions qui sont à conduire. Donc moi, il me semble que le sujet n'est pas là. Le sujet, c'est qu'est-ce qu'on va faire ? Ce n'est pas une question de personne, notre affaire. Notre question, c'est une question de voir une majorité qui n'existe pas, une majorité absolue qui n'existe pas, une majorité relative qui existe, celle que nous représentons avec Ensemble. Hier soir, au fond, il n'y avait que des gens qui avaient perdu dans cette affaire. Sauf le RN. Le RN crée la surprise hier soir. Mais globalement, le pari de M.
Mélenchon qui était d'être Premier ministre n'est pas réussi. Les LR perdent quasiment la moitié de leur effectif. Donc personne ne peut se réjouir du résultat d'hier soir, pas tant pour ses propres effectifs. Mais aussi parce qu'on est face à une configuration improbable et inédite dans la Ve République, c'est-à-dire qu'une seule majorité relative et pas d'alternative à cette majorité relative.
Cette majorité, vous allez la chercher où, Marc Fénault ? Il manque une grosse quarantaine de députés aujourd'hui pour arriver au seuil des 289. À qui est-ce que vous tendez la main ?
Moi, il me semble que le pays traverse des crises suffisamment profondes. On a des défis immenses, les défis écologiques, les défis budgétaires, les défis inflation et pouvoir d'achat pour essayer, au fond, texte par texte, de regarder quels sont ceux avec lesquels on peut avancer. Parce que je vois bien que d'un bloc sur un autre, je vois mal comment les choses se feraient. Aujourd'hui, j'entends les propos des LR, en tout cas du président des LR, Christian Jacob, qui dit « Nous sommes dans l'opposition ». La question, c'est même pas de savoir si on est dans l'opposition ou pas. Est-ce qu'on a envie ?
Est-ce qu'il y a un appel à la responsabilité qui peut être entendu par les uns et par les autres ? Parce que le pays, le pire pour le pays aujourd'hui, c'est au fond que rien ne puisse se passer à l'Assemblée nationale, puisque beaucoup de choses vont se passer à l'Assemblée nationale. Le vrai risque aujourd'hui, c'est qu'à l'Assemblée nationale, on soit dans un process de paralysie. J'entendais que les filles voulaient déjà déposer une motion de censure. C'est la première, sans doute, d'une longue série. Avant de commencer, ça commence déjà. Et donc, il faut quand même qu'on soit face à...
Il y a à l'Assemblée nationale, j'en connais un certain nombre, j'ai été ministre des Relations avec le Parlement, il y a un certain nombre de parlementaires qui, je l'espère et je le crois, plus que l'espérer... Se trouvent-vous sur quel banc c'est parlementaire ? Il y en a chez les LR, il y en a dans les divers, parce que vous voyez bien que dans une Assemblée, il y a des divers, et puis il y en a sur les bancs de la gauche, le Parti Socialiste en particulier, il y a un certain nombre de gens. Mais l'idée, ce n'est pas de se compromettre.
Les socialistes qui sont dans l'accord de la NUP ou qui étaient en dehors ?
Il y en a dans l'accord de la NUP et il y en a qui étaient en dehors, enfin, vous pourriez... Et avec tout ça, il y en a 40 ou 45 ? Mais je pense que c'est... Oui, enfin, en tout cas, oui, sur les tiages, oui. La question, c'est d'essayer texte par texte, me semble-t-il. On a un sujet, le premier texte qui va arriver, c'est un sujet pouvoir d'achat. J'ai envie de dire, c'est le plus facile.
Pardon, il n'y a presque que des bonnes nouvelles dans le texte pouvoir d'achat. Oui, mais enfin, j'entends que certains déjà disent, mais... Quand va arriver la réforme des retraites, ça va être difficile d'aller trouver des voies à droite et des voies à gauche.
C'est là que la méthode contracte. Le président de la République, d'ailleurs, y avait prêté attention avant l'issue du scrutin du deuxième tour. C'était de dire, il faut qu'on essaye de mettre autour de la table les organisations syndicales, les formations politiques pour dire, est-ce qu'on est capable de bâtir un système de retraite qui permette de s'inscrire dans la durée ? Donc, c'est texte par texte. Oui, évidemment, le texte pouvoir d'achat peut paraître plus simple et plus facile à faire passer. Et on verra sur les autres textes. Qu'est-ce que vous voulez... Il me semble que c'est comme ça qu'il faut agir.
On en parlait tout à l'heure, la percée historique hier soir du RN. 10 fois plus de députés pour le Rassemblement national, 89 députés donc aujourd'hui. C'était une erreur d'avoir fait campagne contre Jean-Luc Mélenchon uniquement.
Enfin, c'est Jean-Luc Mélenchon qui s'est mis en campagne contre nous. Vous faites comme ça que les choses ont commencé. Mais Macron lui a répondu coup pour coup. D'ailleurs, ce n'est pas la question de... Avec ma phrase, on pourrait avoir le sentiment que je veux rejeter sur Jean-Luc Mélenchon. Mais Mélenchon a fait de nous la cible principale et il s'est mis en avant. Au fond, le pari qu'il avait fait n'a pas réussi.
Non mais vous n'avez pas vu venir le RN, clairement.
Personne n'a vu venir. Alors là, pour le coup, y compris dans les sondages, personne n'a vu venir hier soir que le RN serait à 80 ou 90, je crois, siège. Voilà. Parce qu'on en parlait juste avant la prise d'antenne. Il y a quelque chose qui s'est passé de l'ordre de la fin de ce qu'on avait appelé à l'époque le Front Républicain. Manifestement, il y a un certain nombre de gens mûs par une colère qu'on peut comprendre qui, de part et d'autre de l'échiquier, ont été comme ça. Et ça explique une partie du vote au rassemblement du Front Républicain. Vous en êtes pas responsable ? Oui, vous en avez pris votre part. Mais tout le monde...
Je vais vous dire, dans un système démocratique, les élections et le résultat des urnes, tout le monde en est responsable et tout le monde en prend sa part. Mais clairement, les...
La consigne pas claire.
Moi, je vais vous dire... La consigne Jean-Michel Blanquer, l'extrême droite et l'extrême gauche, je vais vous dire, dans la consigne, Roxana Maracignanou qui dit face à une candidate de l'ANUP, Rachel Kéké qui a d'ailleurs été élue, il faut faire un barrage républicain face à elle. C'est la première fois qu'on utilise ces mots à l'envers.
Mais pardon, il me semble que dans un certain nombre d'attitudes, ce n'est pas nous, c'est Jean-Luc Mélenchon qui, par exemple, sur la police, a dit un certain nombre de choses qui donnaient le sentiment qu'on sortait du cadre de la République aussi. Et moi, dans mon propre département, les gens de l'ANUP n'ont pas explicitement appelé à faire barrage au Rassemblement National. La vérité, c'est que la question n'est plus là. La question, c'est de résoudre et d'essayer de répondre à cette colère qui est mue. Parce que ce qu'on avait appelé ce barrage, ce front, enfin, appelez-le comme vous voulez, républicain, il n'existe plus parce qu'on est dans un champ qui est compliqué.
Moi, j'étais un peu étonné d'entendre Jean-Luc Mélenchon hier dire qu'on n'est pas dans le même monde. Bah si, on vit dans le même monde. Et même si on n'est pas d'accord, il va falloir qu'on essaye de résoudre les problèmes du monde. Et donc, je trouve que dès lors qu'on commence à se sortir de l'aspect républicain, de ce que nous devrions avoir en partage, évidemment, on ouvre les portes à toute forme, au fond, de vote.
Marc Fénaud, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, membre du Modem également, et député réélu hier dans le Loir-et-Cher, et l'invité de France Info, 8h41, le fil Info, Valentine Lottesse.
La NUP, la nouvelle alliance de la gauche, devient la première force d'opposition à l'Assemblée nationale avec 133 députés élus. Mais ce résultat ne suffit pas pour obtenir la majorité visée par Jean-Luc Mélenchon. Aucun parti, d'ailleurs, d'opinion à la majorité absolue, pas même la coalition du président. 245 sièges pour Ensemble, il lui en manque donc 44 pour gouverner. Alors, pour faire voter des lois, le gouvernement d'Elisabeth Borne devra trouver des alliés. Les Républicains, avec 64 sièges contre plus de 130 il y a 5 ans, auront une position libre et indépendante vis-à-vis de la majorité présidentielle, assure Aurélien Pradié, secrétaire général du parti, sur France Info ce matin.
Au choix, deux questions pour 20 minutes d'épreuve, c'est le début du Grand Oral. Ce matin, ultime épreuve du bac pour 500 000 lycéens.
France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel. Marc Fénaud, face à cette situation de blocage à l'Assemblée nationale, est-ce que vous excluez totalement et entièrement une dissolution de l'Assemblée nationale ?
Ça reste toujours une possibilité constitutionnelle, mais je vais vous dire, quand vous avez un résultat comme celui d'hier, personne ne comprendrait, me semble-t-il, qu'aujourd'hui ou demain matin, on décide de dissoudre l'Assemblée nationale. Après, chacun est mis face à ses responsabilités. Le risque serait une claque supplémentaire encore plus forte ? Il me semble que face à la colère, ne pas... Les électeurs ont tranché, les électeurs sont souverains, et ils ont, au fond, construit une majorité relative, des oppositions diverses, une Assemblée nationale compliquée dans sa gouvernance manifestement.
Si le message qui a été envoyé, vous y répondez par une dissolution, c'est comme un peu ce qui s'était passé sur le référendum européen, c'est le résultat ne me convient pas, je passe par autre chose. La seule question aujourd'hui, devant nous, dans les jours et les semaines qui viennent, c'est de savoir s'il y a, sur les bancs de l'Assemblée nationale, la possibilité de faire avancer les sujets, de faire avancer les textes. Mais ça, c'est la responsabilité qui est la nôtre, d'ensemble, et des composantes d'ensemble. Mais c'est la responsabilité aussi de ceux qui sont en situation de gouverner.
Si un certain nombre d'entre les députés qui sont élus décident, au fond, d'œuvrer au blocage du pays, et de préférer le chaos au travail, alors ça, c'est un autre sujet qui serait devant nous. Mais aujourd'hui, envoyer comme message aux électeurs de « On a bien compris votre message, donc on recommence », il y aurait quelque chose d'assez iconoclaste.
Il y a une question qui se pose, Marc Fénault, c'est celle de la présidence de la Commission des finances depuis 2008, depuis Nicolas Sarkozy, elle est accordée au premier groupe d'opposition de l'Assemblée. Est-ce que vous préférez qu'elle revienne au RN, premier parti d'opposition à les 89 députés, ou à la NUP, dont le groupe majoritaire est la France Insoumise ?
Mais pardon de vous dire, ce n'est pas une question de préférence. Constitutionnellement, c'est le premier groupe d'opposition. Donc on verra quand les groupes sont constitués.
Mais vous préférez la coalition ou le groupe majoritaire ?
Moi, je comprends que chez NUP, il y aura trois groupes. Trois ou quatre, même. Donc ce sera le RN.
A priori, ça ne vous choquerait pas que ce soit, par exemple, Paris Le Pen qui préside cette commission, qui est importante, elle a accès à des données fiscales, elle peut bloquer le gouvernement, elle peut vous contrôler.
Bien sûr que ça me choquerait, mais de même que si la NUP ou si LFI étaient majoritaires, la Constitution s'impose à nous, il ne faut jamais jouer avec les éléments constitutionnels. J'entendais certains, on disait, peut-être qu'on pourrait mettre quelqu'un qui pourrait... La présidence de la Commission des finances à l'Assemblée nationale revient au groupe le plus important de l'opposition. Au groupe et pas à la coalition. Et quand bien même ça ne me plaise pas que ce soit le RN, ça s'impose à nous, ça s'impose à moi. Donc on verra, au moment où les groupes vont se constituer, peut-être qu'il y aura des éléments nouveaux.
Si je comprends bien la NUP, enfin non, LFI a 85 ou 86 députés, et le RN, le RN...
Alors les comptes sont en train d'être affinés.
Les comptes sont... Ce n'est pas qu'ils sont trafiqués, c'est qu'après les gens ont se positionnés.
Pour l'instant, il y a un avantage au RN en termes de groupe.
Non, ça ne me fait pas plaisir, pour répondre à votre question. Mais la question, ce n'est pas le plaisir. La question, c'est la Constitution.
Emmanuel Macron va avoir de plus en plus besoin de ses partis alliés, et notamment le Modem dont vous faites partie, Marc Fénaud. Est-ce que ça veut dire qu'il faut davantage de ministres Modem dans le gouvernement ? Et, j'ajouterais, est-ce qu'il faut le retour de François Bayrou ?
François Bayrou, d'abord, il est pleinement dans le jeu politique. Vous le savez, d'ailleurs, il a été très présent dans cette campagne. Il est pleinement, il a un pied de temps, et puis à côté, il est au commissaire au plan. Alors, ce n'est pas au moment où l'Assemblée nationale est dans la situation dans laquelle on est qu'on va faire les maîtres chanteurs. Je le dis très clairement.
Vous n'allez pas demander à Emmanuel Macron des ministres supplémentaires ?
Oui, certes, mais la question, c'est pas... Non, non, c'est une question. Oui, non, mais qu'il faille des ministres du Modem au sein du gouvernement, il y en a déjà, qu'il faille compléter, probablement, mais à la vérité, j'ai du mal. Il y en a une qui a perdu au législatif hier. Oui, j'ai vu, Justine Bénin. Mais la question fondamentale, pardon de le dire comme ça, vous ne me croirez peut-être pas, ça n'est pas d'ajouter du chaos à un moment déjà qui est assez chaotique. Et donc, que le Modem soit représenté, nous aurons un groupe de 46, 48 éléments venant du mouvement démocrate, ça, c'est important, mais en même temps, il semble que dans ce moment-là, tout le monde doit être responsable.
Mais vous dites ce matin qu'il n'y a pas de concurrence, il n'y a pas de jeu d'influence. Il y a toujours des jeux d'ins. Entre le Modem et Horizon d'Edouard Philippe. Il y a toujours des jeux d'influence,
mais je ne pourrais pas faire un appel à la responsabilité comme je l'ai fait ce matin. Si je venais mettre sur la table, dire ce matin, je réclame mon dû. Ce n'est pas la question du dû. La question, c'est d'avoir une équation politique gouvernementale à l'Assemblée Nationale qui fasse figurer ce que nous avions construit au travers d'ensemble et qui fasse plutôt un pacte majoritaire dans lequel le Modem doit avoir toute sa place.
Pour obtenir la majorité que vous appelez de vos voeux à l'Assemblée Nationale, est-ce qu'Emmanuel Macron doit ouvrir le gouvernement à des personnalités de droite et de gauche ?
Sans doute, ça pourrait être un message. Mais au-delà de ça, je pense qu'il faut le faire avec une logique qui soit une logique de construction et pas forcément de logique de démarche individuelle. Où est la frontière entre les deux ? Mais c'est dans cette frontière ténue qu'il faut essayer de trouver les choses. C'est-à-dire qu'il faut que ce soit des gens qui incarnent politiquement des choses, qui puissent être en interaction avec nos concitoyens et qui puissent venir ajouter à l'équation gouvernementale telle qu'elle est construite aujourd'hui.
Marc Fénossur, un tout autre sujet parce que vous êtes ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire avec l'épisode de canicule qu'on est en train de vivre. Est-ce qu'il faut s'attendre à des pertes de rendement pour les agriculteurs ?
En céréales, probablement un peu, mais pas autant parce qu'on est arrivé déjà tard en saison puisque la récolte du blé, enfin des orges déjà a commencé et le blé viendra ensuite. Sans doute, au niveau européen, on va être à peu près à l'étiage qu'on avait prévu. Donc pas d'inquiétude majeure sur les quantités. Après, on a des épisodes de grêle. Et puis sur d'autres cultures, je pense aux prairies notamment. Pour le coup, on risque d'avoir un sujet qui est le sujet malheureusement récurrent en termes de sécheresse. C'est des prairies et du fourrage qui manquent et sans doute de la paille qui manque cette année pour nourrir le bétail. Donc ça, on va avoir un sujet plutôt élevage.
On aura un sujet de baisse relative, mais relative en céréales, mais pas dramatique. La vérité, c'est que l'épisode de canicule qui est en train de se terminer, il vient conclure déjà un épisode de sécheresse assez durable sur un certain nombre de territoires. Donc, ce n'est pas un motif d'inquiétude, mais ça va être un motif de perte pour un certain nombre d'agriculteurs.
Face à la multiplication de ces événements climatiques, est-ce qu'il faut une forme de quoi qu'il en coûte pour les agriculteurs ?
Alors, on l'a fait, puisqu'il y a un texte qui a été voté par l'Assemblée nationale, porté par Julien Denormandie au mois de février. Mon prédécesseur. Mon prédécesseur, qui vise à mettre en place une assurance récolte avec 300 millions supplémentaires apportés par l'État. J'y travaille d'ailleurs dès aujourd'hui pour faire en sorte de mieux garantir des aléas. La vérité, on a des aléas qui sont de plus en plus nombreux. Alors, il y a deux méthodes.
Un, de rendre les systèmes un peu plus résilients, c'est-à-dire d'essayer de protéger au maximum les cultures, par exemple sur la vigne, par exemple sur l'arboriculture, les systèmes anti-grêle, les systèmes anti-gel, des pratiques agricoles qui changent, d'avoir des systèmes de rotation qui permettent d'avoir des cultures qui sont plus résilientes, plus résistantes. Au fond, on manque d'eau. C'est l'accès à l'eau aussi, le sujet. On a besoin d'accès à l'eau. Il faut qu'on entende que sans eau, il n'y a pas d'agriculture. Il suffit d'aller voir dans les pays où il n'y a pas d'eau. Donc on a besoin, de façon apaisée, de se dire, il y a une ressource.
Puis vous voyez bien qu'on a des éclats en plus. C'est-à-dire que la quantité d'eau qui tombe tous les ans est à peu près la même, sauf que vous avez des éclats d'eau. J'étais l'autre jour dans les Yvelines, vous avez 150 mm en une heure. Ce qui est une pluie, c'est même pas tropical, je ne sais pas. C'est une pluie plutôt de type méditerranéen. Donc il faut qu'on régule tout ça. Et puis, ça c'est en amont. Puis en aval, il faut avoir des systèmes assuranciels qui couvrent mieux les difficultés ou les risques des agriculteurs.
Ça veut dire que vous êtes favorable, par exemple, à la création de bassins de rétention d'eau le plus souvent possible. C'est un sujet qui oppose beaucoup certains agriculteurs aux écologistes. Oui, mais si on essayait dans ce... L'eau, il faut la laisser couler. Et si on la bloque là, ce n'est pas une bonne idée pour la nature.
Oui, mais si on essayait dans ces sujets-là... Je simplifie un peu. Oui, mais je vais dire une phrase pour dire ça. Il faut essayer de ne pas simplifier ces sujets-là. Ce n'est pas forcément des grandes étendues d'eau. Quand vous avez 150 millimètres d'eau, au moment où il tombe, pour aller jusqu'à l'embouchure de la Loire pour ce qui est de ma région, il faut à peine 8 jours. Donc c'est une eau qui ne va pas dans les nappes. Parce qu'il y a un trop d'eau.
Donc il faut regarder, et c'est là qu'il faut travailler sérieusement, tranquillement, si je peux dire les choses ainsi, pour regarder quand on a trop d'eau, comment on peut en prélever une partie, pas tout, une partie, pour après, au moment des périodes de disette en eau, faire en sorte qu'on puisse la retrouver en agriculture.
9h moins 10, le fil à info, Valentine Lottès. On vous retrouve dans un instant, Marc Fédon.
C'est le groupe parlementaire le plus nombreux de notre histoire, souligne Marine Le Pen. Le Rassemblement National a multiplié son précédent score au législatif par 11. 89 députés RN siégeront pendant 5 ans. C'est désormais le premier parti d'opposition à l'Assemblée Nationale. Alors, je ne sais pas si le Front Républicain est mort, analyse ce matin le directeur du département politique d'opinion d'IPSO sur France Info, mais il n'a pas fonctionné hier soir. L'hémicycle, désormais, est coupé en trois. Le RN d'un côté donc, le camp du président au milieu avec 245 sièges et à gauche la NUP et ses 133 députés.
Si Kylian Mbappé a envisagé de ne plus jouer avec l'équipe de France après l'Euro de foot 2020, ce n'est pas à cause de son pénalty raté comme l'affirme Noël Legrette, le président de la Fédération Française dans le journal du dimanche, mais à cause du racisme, l'attaquant du PSG remet les points sur l'EI sur Twitter.
France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Marc Fainaut, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire. Vous héritez d'un dossier complexe, car les négociations entre les industriels et les grandes surfaces ont repris, alors qu'elles s'étaient achevées en mars. Les fournisseurs réclament jusqu'à 10% de hausse. Est-ce que vous trouvez ça raisonnable ?
Dès lors que c'est étayé et éclairé par des chiffres précis, et c'est d'ailleurs tout le travail que font les industriels avec la grande distribution. Ça justifie ? Ce n'est pas une question de raisonnable ou pas raisonnable, c'est est-ce que les industriels continuent de trouver un équilibre économique compte tenu des hausses qui sont par ailleurs en amont prises sur la matière première agricole. C'est la seule question qui se pose. Et d'ailleurs, j'ai réuni, j'ai réuni toutes les semaines un comité de suivi des négociations à Egaline dans laquelle j'ai fait un appel à la responsabilité de tous.
Pour les industriels, de faire en sorte que les hausses de prix qu'ils souhaitent voir passer soient étayés par des chiffres, par des coûts, parce que c'est la matière première, mais c'est aussi les emballages, c'est aussi le carburant, donc le transport, enfin bref, tout ça a un effet...
Mais là, comme tout augmente, ça va forcément augmenter ?
Tout ça a un effet de boule de neige, mais croire qu'on peut, on a pris un certain nombre de mesures, on a l'inflation au niveau européen quasiment la plus basse, je crois avec Malte et je ne sais plus quel autre pays. Donc on a plutôt modéré l'inflation, on a beaucoup de pays, on est à 8, 9, 10, 11% d'inflation.
Grâce au bouclier tarifaire sur l'énergie.
Notamment sur le bouclier énergétique qui a été un élément puissant pour faire les choses. Et on voit bien que les prix de l'alimentation sont en train de grignoter tout doucement. Mais vous voyez bien que si vous dites je ne rémunère plus les agriculteurs ou je ne rémunère plus les industriels, vous allez avoir un sujet de rupture.
Mais est-ce que vous dites aux distributeurs il faut renier sur vos marges ?
Tout le travail c'est de dire aux distributeurs là où ils peuvent faire leur part, l'État a fait sa part, c'est plusieurs dizaines de milliards d'euros qu'on a mis sur la table pour essayer de contenir cette inflation. Vous l'avez dit sur le bouclier énergétique en particulier. Que chacun puisse faire sa part dans la chaîne c'est un élément important. Mais on ne peut pas se retrouver dans la situation où des agriculteurs ou des producteurs après avoir entendu beaucoup de discours sur le fait qu'il fallait qu'ils soient pas mieux rémunérés mais rémunérés tout court et se mettre dans la situation où des industriels ne puissent plus faire face aux charges qui sont les leurs.
Donc c'est une responsabilité collective y compris de la grande distribution bien sûr.
Ça veut dire Marc Fénault que le pic de l'inflation dans les rayons des supermarchés est encore devant nous ?
Sans doute par effet de contamination comme je viens de le dire il y aura un chèque ou quelque chose qui ressemblera à un chèque inflation qui sera proposé dans le projet de loi pouvoir d'achat. On est sans doute on peut espérer être au point quasiment culminant désormais mais on voit bien qu'on est sur des éléments qui sont structurellement un peu lourds puisque emballage et énergie c'est des éléments pour l'instant on ne voit pas de détente en termes de coûts donc on est sur des éléments qui sont importants. Alors parfois il faut ramener ça aux centimes ou aux demi-centimes que ça peut produire sur chacun de nos concitoyens c'est ça qu'il faut regarder.
Sur le chèque alimentation les députés du Modem ont signé récemment une tribune pour demander qu'il soit réservé aux produits sains et aux produits non cancérigènes ce sera le cas quand il y aura un jour ?
D'abord le chèque alimentation le chèque alimentaire il viendra plutôt dans la partie ça a été très clairement dit par la première ministre dans la partie octobre-novembre dans le projet de loi de finances là on est dans un chèque urgence inflation qui comprendra évidemment les éléments alimentaires après moi je vais réunir tout le monde il faut réunir les agriculteurs les producteurs il faut réunir les différentes filières il faut réunir parce que ceux disent que du végétal d'autres disent que des produits sous la belle qualité Vous vous dites quoi ? Vous dites pareil ? Est-ce que vous reprenez
ce qu'ont dit vos collègues de Modem c'est votre parti Marc Fénaud sur uniquement des produits sains c'est-à-dire une pomme oui
une pomme bio oui oui d'accord mais une pomme aussi c'est sain moi j'aimerais bien qu'on rentre dans ce débat alors c'est pour ça que moi j'ai pas une religion définitivement arrêtée parce qu'on peut pas à la fois dire qu'il faut écouter les partenaires dire qu'il faut écouter l'ensemble des producteurs et décider comme ça urbi et torbi de ce que serait un produit sain ou pas sain il y a aussi la question de son impact environnemental c'est quand même intéressant de se poser la question de l'impact de tel ou tel produit dans le process est-ce que c'est les produits transformés ou c'est pas les produits transformés et si c'est les produits transformés c'est lesquels vous votre souhait aujourd'hui c'est quoi mon souhait c'est qu'on en fasse d'abord il faut revenir le chèque alimentaire il est là pour permettre au plus modeste d'accéder à une alimentation de qualité deuxième élément ça peut être un levier sur un certain nombre de filières par exemple sur les fruits et légumes mais aller plus loin aujourd'hui et préempter un débat je trouve que ça serait en tant que tel faire du mal au chèque alimentaire et donc préempter le débat sans qu'on en ait complètement les termes quelle est la cible quels sont les moyens et quel est le budget qui est alloué je trouve que ça serait une erreur
est-ce qu'on se trompe si on se dit que ce chèque ne verra jamais le jour ça fait qu'il est en débat il devait être dans la loi pour cette année finalement maintenant
il verra le jour j'ajoute vous avez raison de dire dans le grand débat parce que il est le produit de la convention citoyenne sur le climat le produit de la convention citoyenne sur le climat elle a 3 ans
2 ans
oui mais vous comprenez que c'est assez complexe y compris techniquement parce que votre prédécesseur en 2 ans n'a pas réussi à en définir les contrôles on a travaillé depuis 2 ans sur le sujet mais reconnaissons que c'est un sujet complexe et que par ailleurs des événements complémentaires sont venus il y a eu des événements complémentaires dans l'intervalle donc il peut y avoir eu un peu de retard mais la volonté du gouvernement bien celle-là mais rappelons que la convention citoyenne l'objet principal c'était la question de la lutte contre le changement climatique c'était une des réponses du chèque alimentaire donc il ne faut pas se départir non plus de cette idée-là donc c'est ça qu'il faut mettre sur la table et ça sera l'objet du travail que nous lançons dès cette semaine pour faire en sorte qu'on regarde quel type de produit quelles sont les contraintes au fond qu'on veut lui faire porter à ce chèque alimentaire et je suis sûr qu'on trouvera un chemin il y a les associations de consommateurs il y a les banques alimentaires parfois sont inquiétées par le chèque alimentaire
pardon mais quand Michel-Edouard Leclerc dit il faut impérativement que ce chèque alimentaire puisse être utilisé dans les grandes surfaces vous vous dites non
non mais je n'ai pas dit ça
quand vous dites
c'est un produit de qualité je vous assure que des légumes ça peut être chez Leclerc chez Carrefour ou chez Auchan mais ça ne sera pas tous les rayons excusez-moi une tomate bio elle est bio quel que soit l'endroit où elle est vendue mais une tomate bio qui vient de l'autre bout du monde c'est bien ou pas ?
c'est un autre sujet ça c'est une question de souveraineté c'est une question de souveraineté et ça c'est la question de retrouver notre souveraineté sur les fruits et légumes plus de la moitié de nos fruits et légumes sont importés on a un sujet ça veut dire qu'on a eu une politique depuis des dizaines d'années on a mis de la contrainte sur les producteurs résultat des courses tout vient de l'extérieur enfin la moitié vient de l'extérieur donc ça c'est un problème mais la question c'est bio ou pas bio c'est fruits et légumes pas fruits et légumes c'est quel type de produit carné c'est ça qui compte et quel est le modèle agricole qu'on défend au travers de ça mais par pitié nous posons pas à la grande distribution il y a aussi des gens qui sont des maraîchers il faut qu'on voit si évidemment ceux-là aussi peuvent en bénéficier ce qu'on appelle les circuits courts la question c'est l'alimentation pas le lieu de distribution
merci à vous Marc Féno ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire le remaniement c'est pour quand ? c'est dans les mains du président de la république
donc je ne fais jamais cet exercice-là ni publiquement ni en privé d'ailleurs
merci bonne journée à vous
Marc Fesneau